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Tendances de la prévalence du cancer au Canada

Publication : Rapports sur la santé 2012:23(1) /rapportssurlasante

Auteurs : Larry F. Ellison et Kathryn Wilkins

Données :Registre canadien du cancer couplé à ceux de la Base canadienne de données sur l'état civil – Décès

Les taux de prévalence sur cinq ans ont augmenté pour la plupart des cancers entre le 1er janvier 1997 et le 1er janvier 2008. Les taux de cancer du foie et de cancer de la thyroïde ont connu des augmentations relativement importantes, tandis que ceux du cancer du larynx et du cancer du col de l'utérus ont diminué. La plus grande divergence entre les sexes a été observée dans les taux de cancer du poumon, ceux-ci ayant légèrement diminué chez les hommes, mais continué d'augmenter chez les femmes.

Pour l'ensemble des cancers, le taux de prévalence sur cinq ans au début de 2008 était de 1 490 cas par tranche de 100 000 personnes. Le plus répandu était le cancer de la prostate (610 cas pour 100 000 personnes). À titre comparatif, les taux de prévalence correspondants pour les cancers de la thyroïde (53,1), du col de l'utérus (32,5), du larynx (10,0) et du foie (6,2) étaient considérablement moins élevés.

En général, les services de soins en cancérologie requis dans les cinq premières années suivant le diagnostic comprennent le traitement primaire et les soins de soutien, puis un suivi clinique étroit pour détecter une éventuelle récurrence.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une hausse du taux de prévalence, dont le vieillissement de la population, une meilleure détection de la maladie grâce aux progrès des méthodes de dépistage, un recours accru au dépistage, une augmentation du nombre de facteurs de risque de maladie sous-jacents et une augmentation du taux de survie au cancer.

Si l'on combine tous les cancers, environ la moitié des taux annuels moyens déclarés d'augmentation de la prévalence sur cinq ans est attribuable au vieillissement. Cependant, si l'on observe chaque cancer séparément, le rôle du vieillissement varie considérablement de l'un à l'autre. Par exemple, seulement 20 % de l'augmentation de la prévalence du cancer du foie peut être attribuée au vieillissement.

Le taux de prévalence sur cinq ans pour l'ensemble des cancers a augmenté de 2,1 % par année entre 1997 et 2008.

L'augmentation annuelle moyenne du taux de prévalence sur cinq ans des cancers du foie et de la thyroïde était plus de deux fois plus élevée que pour toute autre forme de cancer.

Le taux de prévalence du cancer du foie sur cinq ans a augmenté de 8,3 % par année et le taux de cancer de la thyroïde a connu une augmentation annuelle moyenne de 7,9 %, c'est-à-dire de 3,7 % de 1997 au commencement de 2000, et de 9,5 % de 2000 à 2008. L'augmentation du cancer du foie a été plus marquée chez les hommes, mais celle du cancer de la thyroïde a été plus forte chez les femmes.

Parmi les cancers examinés dans le cadre de cette étude, il n'y a que les cancers du larynx et du col de l'utérus qui ont montré une baisse du taux de prévalence. Le taux moyen annuel de diminution de la prévalence du cancer du larynx et du cancer du col de l'utérus sur cinq ans était, respectivement, de 1,9 % et de 1,5 %.

Le taux de prévalence du cancer de la prostate, la forme de cancer la plus répandue au Canada, a crû considérablement, surtout en raison du vieillissement de la population pendant la période étudiée. En effet, le taux de prévalence du cancer de la prostate sur cinq ans a augmenté de 3,0 % par année de 1997 à 2008.

De fortes hausses du taux de prévalence du cancer de la prostate ont été observées chez les hommes de tous les groupes d'âge en dessous de 70 ans. C'est entre 40 et 49 ans que l'augmentation du taux annuel moyen est la plus marquée. L'ampleur de l'augmentation diminue successivement pour chaque groupe plus âgé par la suite.

L'augmentation de la prévalence du cancer du sein – qui vient au deuxième rang des cancers les plus répandus et, chez les femmes, au premier rang – a été plus modérée. Le taux annuel d'augmentation de la prévalence du cancer du sein sur cinq ans était environ trois fois plus élevé avant le début de 2001 (2,3 %) qu'après (0,7 %). Sur toute cette période, le taux de prévalence sur cinq ans a augmenté de 1,3 % par année en moyenne.

Le cancer colorectal et le cancer du poumon ont été, respectivement, les troisième et quatrième cancers les plus répandus. De 1997 à 2008, la prévalence du cancer colorectal sur cinq ans a augmenté d'en moyenne 2,3 % annuellement, c'est-à-dire de 2,5 % par année jusqu'au début de 2003 et, ensuite, de 1,9 % par année. C'est chez les personnes de 20 à 39 ans que l'augmentation du taux de cancer colorectal a été la plus marquée.

Quant au cancer du poumon, le taux de prévalence sur cinq ans a augmenté de 2,6 % par année depuis le début de 2005, en hausse par rapport à un taux inférieur à 1 % un an avant cette période. Sur l'ensemble de la période observée, le taux a augmenté d'en moyenne 1,3 % par année.

Pour ce qui est du cancer du poumon, les variations du taux de prévalence divergeaient entre les sexes. Chez les hommes, le taux a diminué légèrement, c'est-à-dire de 0,3 % par année, mais chez les femmes, il a augmenté de 3,0 % par année. Cet écart s'explique par un recul plus marqué de la prévalence de l'usage de la cigarette chez les hommes depuis le milieu des années 1960.

Article intégral

Pour en savoir davantage sur cet article, communiquez avec Kathryn Wilkins (613-951-1769; kathryn.wilkins@statcan.gc.ca), Division de l'analyse de la santé.