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Le diabète est une maladie chronique grave qui affecte la capacité qu'a l'organisme de produire ou d'utiliser correctement l'insuline1. Il peut donner lieu à diverses complications débilitantes ou qui mettent la vie en danger, comme la maladie cardiaque et l'accident vasculaire cérébral, l'hypertension et le décès prématuré2. Au Canada, le diabète est la cause de loin la plus importante de cécité et l'une des causes principales d'insuffisance rénale et d'amputation des membres inférieurs3. Le diabète, qui est la septième des causes principales de décès, est à l'origine de 25 000 années-personnes de vie perdues avant l'âge de 75 ans2.
En 2005, 1,3 million de Canadiens de 12 ans et plus, soit 4,9 % de la population de ce groupe d'âge, ont déclaré être atteints de diabète (graphique 1). Cette estimation, qui reflète les cas autodéclarés de diabète diagnostiqué par un médecin, est fondée sur des données nationales récentes provenant de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) (voir Source des données). La prévalence du diabète était supérieure à la moyenne nationale dans les quatre provinces de l'Atlantique, soit 6,0 % au Nouveau-Brunswick, 6,3 % à l'Île-du-Prince-Édouard, 6,7 % en Nouvelle-Écosse et 6,8 % à Terre-Neuve-et-Labrador. En Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest, les taux étaient significativement plus faibles que la moyenne nationale, soit 3,9 % et 3,4 %, respectivement.
Graphique 1
Pourcentage de Canadiens chez lesquels un médecin a posé le diagnostic de
diabète, selon la province ou le territoire, population à domicile de 12 ans et
plus, Canada, 2005
Les Canadiens de sexe masculin de 12 ans et plus étaient un peu plus susceptibles (5,4 %) que leurs homologues féminins (4,4 %) de déclarer faire du diabète (tableau 1). Les personnes diabétiques de moins de 45 ans étaient proportionnellement nettement moins nombreuses que celles de 45 ans et plus. Dans l'ensemble, en 2005, environ une personne sur cinq (19,9 %) atteinte de diabète a déclaré prendre de l'insuline (données non présentées).
Tableau 1
Pourcentage de Canadiens chez
lesquels un médecin a posé le
diagnostic de diabète, selon le sexe et
le groupe d'âge, population à
domicile de 12 ans et plus, Canada,
2005
Soins aux diabétiques dans certaines régions
L'obtention de soins appropriés est un élément essentiel du traitement du diabète et de la prévention de complications graves. En 2003, l'Association canadienne du diabète a publié les Lignes directrices de pratique clinique pour la prévention et le traitement du diabète au Canada4. Ces lignes directrices décrivent les types de soins qu'il est recommandé de prodiguer aux personnes atteintes de diabète.
Bien que certains renseignements sur la qualité des soins pour le diabète au Canada soient disponibles1, 5, ils sont fondés sur des études à petite échelle qui ne sont pas toujours représentatives de l'ensemble de la population canadienne. Le questionnaire de l'ESCC de 2005 contenait un ensemble de questions sur les soins pour le diabète. Élaborées par Statistique Canada en collaboration avec l'Agence de santé publique du Canada, ces questions étaient conçues en vue de recueillir des renseignements sur les pratiques en matière de soins aux diabétiques, dont la surveillance des niveaux de glycémie et l'examen des pieds et des yeux (voir Les données).
L'information qui suit sur la détermination du taux d'hémoglobine « A1C », les soins des pieds et les examens des yeux est basée sur le module des soins pour le diabète de l'ESCC de 2005 et reflète les résultats obtenus pour Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, l'Ontario, le Manitoba et le Yukon.
Le test d'hémoglobine « A1C »
Le contrôle de la glycémie est un aspect critique des soins pour le diabète. Ce contrôle, tel que mesuré par le test d'hémoglobine « A1C », est associé à une réduction du risque de complications à long terme. On recommande dans les lignes directrices de pratique clinique qu'un médecin mesure cet indicateur tous les trois mois afin d'assurer l'atteinte ou le maintien des objectifs glycémiques.
En 2005, près des trois quarts (74 %) des participants de 18 ans et plus atteints de diabète ont déclaré avoir fait vérifier leur taux d'hémoglobine « A1C » par un professionnel de la santé au moins une fois au cours de l'année qui a précédé l'enquête (tableau 2). En moyenne, les diabétiques ayant subi le test l'avaient subi 3,4 fois au cours de la période de 12 mois, soit environ une fois tous les trois mois et demi (données non présentées). Les taux étaient comparables pour les hommes et les femmes de 18 ans et plus, ainsi que dans les divers groupes d'âge. Les personnes qui prenaient de l'insuline étaient plus susceptibles d'avoir subi l'examen (83 %) que celles qui n'en prenaient pas (74 %).
Tableau 2
Pourcentage de Canadiens chez lesquels un médecin a posé le diagnostic de diabète ayant déclaré avoir subi des
examens effectués par un professionnel de la santé, selon certaines caractéristiques, population à domicile de 18 ans et
plus, certaines provinces et un territoire, 2005
Parmi la population des diabétiques, la moitié (49,8 %) ont déclaré que leur taux de glucose, ou glycémie, avait été vérifié chaque jour par eux-mêmes ou par un membre de leur famille (tableau 3).
Tableau 3
Soins pour le diabète prodigués par soi-même, par un membre de la famille ou
par un ami, population à domicile de diabétiques de 18 ans et plus, certaines
provinces et un territoire, 2005
Soins des pieds
Les personnes atteintes de diabète ont souvent des problèmes de pieds, comme des ulcères, des lésions et des infections. Si elles ne sont pas traitées comme il convient, ces affections peuvent entraîner des problèmes de santé plus graves, comme la gangrène et la nécessité d'une amputation. Afin de réduire le risque de complications graves et d'améliorer la qualité de vie, un examen annuel des pieds est recommandé pour toutes les personnes atteintes de diabète et des examens plus fréquents pour les personnes à risque élevé. Il est également recommandé dans les lignes directrices d'apprendre aux personnes présentant un risque élevé comment se soigner correctement elles-mêmes.
En 2005, près de la moitié (48 %) des participants diabétiques de 18 ans et plus (de Terre-Neuve-et-Labrador, de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario, du Manitoba et du Yukon) ont indiqué s'être fait examiner les pieds par un professionnel de la santé au moins une fois au cours des 12 mois précédents (tableau 3). En moyenne, on leur avait examiné les pieds 3,7 fois sur une période de 12 mois. Les taux de participation étaient similaires pour les hommes et pour les femmes, ainsi que dans les divers groupes d'âge et de statut socioéconomique. Les personnes qui prenaient de l'insuline étaient plus susceptibles d'avoir subi un examen des pieds (68 %) que celles qui n'en prenaient pas (45 %). Après correction pour tenir compte d'autres facteurs, les participants diabétiques qui utilisaient de l'insuline étaient 2,7 fois plus susceptibles d'avoir subi un examen des pieds effectué par un professionnel de la santé l'année précédente que ceux qui ne prenaient pas d'insuline.
On a également posé aux participants à l'enquête des questions sur les soins des pieds assurés par eux-mêmes ou par un membre de la famille ou un ami. La majorité (65 %) ont dit avoir examiné eux-mêmes leurs pieds ou les avoir fait examiner par un membre de la famille ou un ami au moins une fois au cours des 12 mois précédents pour voir s'ils présentaient des plaies ou des irritations. Au total, 37 % avaient subi cet examen quotidiennement et 17 %, hebdomadairement (tableau 3). Près du tiers des participants à l'enquête ont dit n'avoir jamais eu un examen des pieds.
Examen des yeux
Les personnes atteintes de diabète courent le risque de développer une rétinopathie diabétique, c'est-à-dire une maladie des vaisseaux sanguins de l'œil. Des taux élevés de sucre dans le sang entraînent un affaiblissement des vaisseaux sanguins de l'œil, qui laissent fuir de minuscules quantités de sang ou de liquide, provoquant ainsi un gonflement de la rétine. La vision peut devenir trouble et, dans certains cas, la cécité s'ensuivre. D'après les lignes directrices de pratique clinique, un examen de dépistage de la rétinopathie est recommandé pour toutes les personnes diabétiques au moment où le diabète est diagnostiqué.
La plupart des personnes qui ont répondu aux questions sur les soins pour le diabète (68 %) ont indiqué qu'elles avaient subi au moins un examen des yeux avec dilation des pupilles. Les participants diabétiques de 18 à 44 ans étaient moins susceptibles d'avoir subi un tel examen au cours des 12 derniers mois que les personnes diabétiques plus âgées (tableau 2). Comme pour les autres types de soins, les diabétiques qui prenaient de l'insuline étaient plus susceptibles d'avoir subi un examen des yeux (82 %) que ceux qui n'en prenaient pas (66 %). Après correction pour tenir compte de l'effet d'autres facteurs, les personnes diabétiques qui prenaient de l'insuline étaient 2,7 fois plus susceptibles d'avoir subi un examen des yeux avec dilatation des pupilles que les personnes qui n'en prenaient pas.
Parmi toutes les personnes ayant déclaré avoir subi un examen des yeux, 14 % ont indiqué l'avoir subi dans le mois précédant l'enquête, 58 %, d'un mois à un an plus tôt et 17 %, d'un an à deux ans plus tôt (tableau 4).
Tableau 4
Examen des yeux (avec dilatation
des pupilles) le plus récent,
population de diabétiques de 18 ans
et plus qui ont déjà subi un examen
des yeux avec dilatation des pupilles,
certaines provinces et un territoire,
2005
Les recommandations des LDPC sont-elles suivies?
Les renseignements provenant du module des soins pour le diabète de l'ESCC de 2005 fournissent d'importants éclaircissements concernant les pratiques de soins des diabétiques dans les régions participantes. Dans l'ensemble, la proportion de participants diabétiques à l'enquête qui observent les lignes directrices de pratique clinique varie selon le type de soins. La plupart des patients diabétiques (74 %) avaient fait vérifier leur taux d'hémoglobine « A1C » par un professionnel de la santé au moins une fois au cours de l'année précédant l'enquête et, en moyenne, ceux qui avaient subi ce test s'approchaient de la fréquence recommandée de celui-ci, c'est-à-dire tous les trois mois. La majorité des participants diabétiques observaient aussi les recommandations relatives à l'examen des yeux (avec dilatation des pupilles), mais la moitié seulement satisfaisaient aux recommandations concernant l'examen annuel des pieds. Les taux d'examen des yeux pour le Canada étaient légèrement plus élevés que ceux enregistrés aux États-Unis en 2001, où 66 % seulement des diabétiques interrogés ont indiqué avoir subi un examen des yeux7. Par contre, en ce qui concerne l'examen des pieds, les taux étaient plus faibles au Canada qu'aux États-Unis, où environ 60 % des sujets diabétiques avaient subi un examen annuel des pieds.
Les résultats indiquent que les diabétiques qui prenaient de l'insuline étaient plus susceptibles de recevoir des soins pour le diabète que ceux qui n'en prenaient pas. Dans certains cas, l'utilisation d'insuline peut signifier un état plus avancé de la maladie ou refléter une mauvaise maîtrise de la glycémie.
Fondé sur des données recueillies dans six provinces et territoires, le présent article se veut un premier coup d'oeil aux pratiques en matière de soins des diabétiques, étape essentielle pour mieux comprendre cet aspect de la maladie ainsi que les facteurs ayant une incidence sur l'obtention de soins appropriés.
Une version électronique du présent article, intitulée « Soins pour le diabète » a été diffusée le 13 juin 2006 dans la publication en ligne Usage du tabac et soins pour le diabète : résultats tirés du cycle 3.1 de l'ESCC (2005) qui fait partie de la série Votre collectivité, votre santé : Résultats de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), no 82-621-XWF2006002 au catalogue.
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