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Les dangers pour la santé de l'exposition à la fumée de tabac secondaire (FTS) sont bien documentés1.   Au début du XXIe siècle, les restrictions sur l'usage du tabac ont commencé à se répandre, les provinces et les grandes villes adoptant des dispositions législatives et des règlements pour bannir la cigarette dans les endroits publics (tableau A en annexe). En 2003, de tels règlements étaient en vigueur dans plus de 300 municipalités au Canada2.

La multiplication des restrictions sur l'usage du tabac dans les lieux publics soulève une question importante : Quel est le lien entre les interdictions prévues dans la loi et la consommation de tabac à la maison? Citant le modèle du « dernier refuge », les opposants à ces dispositions législatives sont d'avis que les restrictions dans les lieux publics, et plus particulièrement à l'occasion d'activités récréatives, entraînent une hausse de la consommation de tabac à la maison et, par conséquent, augmentent l'exposition à la FTS des membres de la famille non-fumeurs3. Par contre, les défenseurs des dispositions législatives antitabac maintiennent que les interdictions de fumer dans les lieux publics favorisent les restrictions sur l'usage du tabac à la maison. Cela est conforme au « modèle de diffusion sociale », selon lequel les interdictions de fumer dans les lieux publics sensibilisent davantage les fumeurs aux effets nocifs de la FTS, ce qui fait qu'ils imposent volontairement des interdictions chez eux3.

Plusieurs études ont démontré que les restrictions en milieu de travail sont liées à une prévalence plus faible de la consommation de tabac chez les travailleurs, ainsi qu'au renoncement au tabac4-9. Même si les répercussions des restrictions à la maison n'ont pas été étudiées de façon aussi exhaustive3,6,10-12, certains résultats montrent qu'elles comportent un lien encore plus étroit avec le renoncement au tabac que les interdictions en milieu de travail6.

Généralement, les études des liens entre les interdictions de fumer et le renoncement au tabac portent uniquement sur le renoncement en tant que résultat. Toutefois, selon le modèle transthéorique (MTT)13,14, les fumeurs passent par cinq étapes distinctes dans leur démarche en vue de renoncer à la cigarette. Les défenseurs du MTT prétendent que l'examen des interdictions en rapport avec les « étapes du changement » représente une mesure plus sensible des progrès réalisés. Ces cinq étapes sont les suivantes : précontemplation, contemplation, préparation, action, maintien.

  • Les fumeurs qui sont à l'étape de la précontemplation n'ont pas de plans pour abandonner la cigarette dans un avenir prévisible. Il se peut qu'ils souhaitent cesser de fumer, mais ils n'envisagent pas sérieusement de le faire.

  • À l'étape de la contemplation, les fumeurs reconnaissent leur problème et songent sérieusement à le régler, généralement au cours des six mois qui suivent. Ces fumeurs n'abandonneront pas nécessairement la cigarette au cours des six mois suivants, et ils peuvent demeurer à l'étape de la contemplation pendant longtemps.

  • L'étape de la préparation comporte un engagement ferme de cesser de fumer. Les fumeurs qui sont rendus à ce stade ont pris certains moyens pour modifier leur comportement et ont des plans dans l'immédiat pour cesser de fumer.

  • À l'étape de l'action, les fumeurs ont cessé de fumer. Généralement, l'étape de l'action est définie comme une période d'abstinence allant d'un jour à six mois.

  • Le maintien est l'étape pendant laquelle les ex-fumeurs déploient des efforts pour prolonger leur abstinence et cesser définitivement de fumer.

Le présent article décrit la mesure dans laquelle les fumeurs au Canada font face à des restrictions à la maison depuis 2000. On explore les facteurs liés à la probabilité que les fumeurs vivent et travaillent dans des environnements où l'usage de la cigarette est restreint. Un deuxième objectif consiste à déterminer si les restrictions sur l'usage du tabac à la maison et au travail sont liées à des étapes particulières du changement chez les fumeurs et les anciens fumeurs. Des données longitudinales servent à déterminer si l'imposition de nouvelles restrictions sur l'usage du tabac est liée à l'abandon du tabac et à une intensité plus faible d'usage du tabac.

Méthodes
Définitions
Résultats
Discussion

Méthodes

Sources des données

Transversales
Les estimations transversales de la prévalence de l'usage de la cigarette et des restrictions sur l'usage du tabac sont tirées de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC)15. L'enquête, qui est menée chaque année depuis 1999, porte sur la population à domicile de 15 ans et plus dans les dix provinces. Elle exclut les résidents des territoires et les résidents à temps plein d'établissements. Toutes les interviews sont menées par téléphone, et les réponses par procuration ne sont pas acceptées.

Les données sont recueillies en deux vagues : de février à juin et de juillet à décembre. Un fichier annuel est produit, en plus d'un fichier pour chaque vague. Les tendances quant aux taux d'usage du tabac utilisées dans le présent article sont fondées sur les fichiers annuels pour 2000 à 2005 et sur le fichier de la première vague pour 2006. Les tailles des échantillons de participants étaient les suivantes :

Année
Taille de l'échantillon
Fumeurs
2000
20 415
5 632
2001
21 788
5 612
2002
23 341
5 443
2003
21 300
4 876
2004
20 275
4 438
2005
20 840
4 394
2006 (vague 1)
9 954
2 075

 

En  2005, le taux de réponse à l'échelle des ménages a été de 79,2 %, et à l'échelle des personnes, de 84,1 %, soit un taux de réponse global de 66,6 %.

Longitudinales
Les analyses des associations entre les restrictions sur l'usage du tabac et l'abandon de la cigarette sont fondées sur les données longitudinales de la composante des ménages de l'Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP). L'ENSP, qui a commencé en 1994-1995, sert à recueillir des données concernant la santé des Canadiens, tous les deux ans. La composante des ménages englobe la population âgée de 12 ans et plus vivant dans des ménages privés dans les dix provinces, sauf les personnes vivant dans les réserves indiennes, les territoires, les bases des Forces canadiennes et certaines régions éloignées.

En 1994-1995, 20 095 participants ont été sélectionnés pour le panel longitudinal. Le taux de réponse de ce panel a été de 86,0 %, soit 17 276 participants qui ont été interviewés tous les deux ans. Sur la base de ces 17 276 personnes, les taux de réponse pour les cycles subséquents ont été les suivants : 92,8 % pour 1996-1997 (cycle 2); 88,3 % pour 1998-1999 (cycle 3); 84,8 % pour 2000-2001 (cycle 4); 80,5 % pour 2002-2003 (cycle 5); et 77,4 % pour 2004-2005 (cycle 6). Aux fins de ces analyses, on a utilisé le fichier « carré » longitudinal du cycle 6 (2004-2005), qui comprend des enregistrements pour tous les membres déclarants du panel original, peu importe si on a obtenu des renseignements à leur sujet à tous les cycles subséquents.

Des descriptions plus détaillées du plan de l'échantillon et des méthodes d'interviews de l'ENSP figurent dans des rapports publiés16,17.

Techniques d'analyse
Les estimations de la prévalence de l'usage de la cigarette et des restrictions sur l'usage du tabac de 2000 à 2006 ont été fondées sur des données transversales pondérées provenant de l'ESUTC.

À partir des données de l'ESUTC de 2005, on a eu recours à des totalisations croisées et à la régression logistique pour étudier les caractéristiques associées au fait, pour un fumeur, de vivre et  de travailler dans des environnements comportant des restrictions sur l'usage du tabac. a aussi servi à déterminer si la présence ou l'absence de restrictions à la maison et au travail était liée au fait que les fumeurs et les anciens fumeurs se situaient aux premières ou aux dernières « étapes du changement ».

Les rapports entre les restrictions et l'abandon de la cigarette sur une période de deux ans ont été examinés à partir des données tirées des cycles 1 à 6 (1994-1995 à 2004-2005) de l'ENSP. Ces analyses reposaient sur le « regroupement d'observations répétées », combiné à la régression logistique.

Les liens entre les restrictions en milieu de travail et l'abandon du tabac ont été fondés sur quatre cohortes d'observations regroupées. La première période pour ces cohortes était 1996-1997, 1998-1999, 2000-2001 et 2002-2003, et la deuxième comprenait les interviews de suivi respectives, deux ans plus tard. Pour chaque cohorte, on a sélectionné tous les fumeurs occupés âgés de 15 ans et plus qui n'avaient pas déclaré de restrictions sur l'usage du tabac dans leur milieu de travail pendant la première période. (L'ENSP de 1994-1995 ne comprenait pas la question sur les restrictions sur l'usage du tabac au travail.) Ces fumeurs ont été considérés comme ayant abandonné la cigarette si, au cours de l'interview de suivi deux ans plus tard, ils ont indiqué ne pas fumer. Les tailles d'échantillons étaient les suivantes :

Cohorte
Première
période
Deuxième Période
Fumeurs occupés
sans restrictions
en milieu de travail
(Première période)
Personnes occupées
ayant cessé de fumer
(Deuxième période)
1
1996-1997
1998-1999
448
50
2
1998-1999
2000-2001
423
71
3
2000-2001
2002-2003
282
43
4
2002-2003
2004-2005
211
43
Total
1 364
207


À partir de cet ensemble regroupé d'observations, on a examiné l'abandon de la cigarette en rapport avec l'imposition de nouvelles restrictions en milieu de travail. Les taux d'abandon chez les fumeurs qui ont déclaré des restrictions complètes et partielles sur l'usage du tabac pour la deuxième période ont été comparés aux taux d'abandon chez ceux qui ont continué de ne déclarer aucune restriction. Étant donné que le renoncement au tabac et les nouvelles restrictions en milieu de travail n'ont été pris en compte qu'à la fin de la période de deux ans, on ne sait pas si l'abandon de la cigarette s'est produit avant ou après l'imposition des nouvelles restrictions. Toutefois, cela ne constitue pas une limite grave, étant donné que les travailleurs abandonnent souvent la cigarette en prévision de restrictions à venir en milieu de travail5.

On a eu recours à la régression logistique pour déterminer si les associations entre les nouvelles restrictions en milieu de travail et l'abandon de la cigarette subsistaient lorsque l'intensité de l'usage du tabac, la profession et les caractéristiques socioéconomiques étaient prises en compte. Ces variables de contrôle ont été mesurées pour la première période.

On a eu recours à une approche légèrement différente pour examiner les associations entre l'abandon de la cigarette et l'imposition de nouvelles restrictions sur l'usage du tabac à la maison. Plutôt que de poser une question explicite concernant les restrictions sur l'usage du tabac à la maison, on a demandé aux participants de l'ENSP si un membre du ménage « fume habituellement à l'intérieur de la maison ». Dans cette analyse, un fumeur a été défini comme vivant dans une maison sans fumée si la réponse à cette question était « non ». Toutefois, les résultats pouvaient facilement être confondus, parce qu'il arrive souvent qu'un ménage devienne sans fumée après que l'un de ses membres a abandonné la cigarette. Il a par conséquent été nécessaire d'examiner les données de trois cycles consécutifs de l'ENSP, afin d'établir si l'abandon de la cigarette s'était produit une fois que la maison était devenue sans fumée.

Cette analyse a été fondée sur quatre cohortes d'observations regroupées. La première période de ces cohortes englobait 1994-1995, 1996-1997, 1998-1999 et 2000-2001, et la deuxième comprenait l'interview de suivi, deux ans plus tard. Chaque cohorte était constituée des fumeurs qui ont déclaré ne pas vivre dans une maison sans fumée au cours de la première période et qui ont continué à fumer au cours de la deuxième période. Ils ont été définis comme vivant dans une « maison devenue sans fumée récemment » si, pour la deuxième période, ils ont indiqué vivre dans une maison sans fumée. La situation à la troisième période a servi à calculer les taux d'abandon de la cigarette.

Cohorte
Première
période
Deuxième
période
Troisième
période
Fumeurs de la première et de la deuxième période ne vivant pas dans une maison sans fumée au cours de la première période
Personnes ayant
cessé de fumer
(Troisième période)
1
1994-1995
1996-1997
1998-1999
2 732
288
2
1996-1997
1998-1999
2000-2001
2 349
294
3
1998-1999
2000-2001
2002-2003
1 913
300
4
2000-2001
2002-2003
2004-2005
1 469
222
Total
8 463
1 104


                      
Les taux d'abandon (à la troisième période) chez les fumeurs ayant indiqué vivre dans une « maison devenue sans fumée récemment » (à la deuxième période) ont été comparés à ceux des fumeurs qui ont continué de vivre (à la deuxième période) dans une maison qui n'était pas sans fumée. On a eu recours à la régression logistique pour déterminer si les associations entre le fait de vivre dans une « maison devenue sans fumée récemment » et l'abandon de la cigarette subsistaient lorsque l'intensité de l'usage du tabac et les caractéristiques socioéconomiques étaient prises en compte. Toutes ces variables de contrôle ont été mesurées pour la première période.

Afin de tenir compte des effets du plan d'enquête de l'ESUTC et de l'ENSP, on a estimé les erreurs-types et les valeurs p et on a exécuté des tests d'hypothèse au moyen de la méthode du bootstrap18-20. Le niveau de signification a été établi à p < 0,05. Pour l'analyse longitudinale, le recours à des techniques bootstrap fondées sur le plan de sondage pour les observations répétées, qui élimine le problème de dépendance dans les observations concernant les mêmes personnes, a fait en sorte que la variance n'a pas été sous-estimée21.

Début de la section

Définitions

Les fumeurs ont été définis à partir de la question suivante : « Actuellement, fumez-vous la cigarette tous les jours, à l'occasion ou jamais? » Ceux qui ont indiqué fumer tous les jours ou à l'occasion ont été définis comme des fumeurs.

Les anciens fumeurs étaient les participants qui ont déclaré avoir fumé au moins 100 cigarettes au cours de leur vie, mais ne pas fumer actuellement.

Pour les analyses fondées sur les données de l'ESUTC, les restrictions sur l'usage du tabac à la maison ont été déterminées à partir de la question suivante : « Est-il permis de fumer la cigarette à l'intérieur de votre maison? » À ceux qui ont répondu « oui », on a demandé : « Est-ce qu'il y a des restrictions sur l'usage de la cigarette à l'intérieur de votre maison? ». Les fumeurs ont été définis comme vivant dans une maison :

  • comportant des restrictions complètes sur l'usage du tabac s'ils avaient répondu « non » à la première question;
  • c omportant des restrictions partielles sur l'usage du tabac s'ils avaient répondu « oui » à la première question et « oui » à la deuxième;
  • ne comportant aucune restriction sur l'usage du tabac s'ils avaient répondu « oui » à la première question et « non » à la deuxième.

Dans le cadre de l'ENSP, on demande aux participants si « un membre du ménage fume habituellement à l'intérieur de la maison ». Les fumeurs ont été définis comme vivant dans une maison sans fumée si la réponse à cette question était « non ».

Dans le cadre de l'ESUTC et de l'ENSP, on pose aux fumeurs occupés la question suivante : « À votre lieu de travail, quelles (sont/étaient) les restrictions sur l'usage du tabac? » Les choix (lus aux participants) étaient les suivants :

  1. Complètement défendu.
  2. Permis seulement dans des endroits désignés.
  3. Défendu seulement en certains endroits.
  4. Pas défendu du tout.

Les fumeurs qui ont indiqué le premier choix ont été classés comme faisant face à des restrictions complètes sur l'usage du tabac au travail; ceux qui ont indiqué le deuxième ou le troisième choix ont été classés comme étant soumis à des restrictions partielles sur l'usage du tabac; et ceux qui ont indiqué le quatrième choix ont été classés comme n'étant soumis à aucune restriction. L'ENSP de 1994-1995 ne comprenait pas cette question, et en 1996-1997, elle a été posée uniquement aux fumeurs quotidiens.

Dans l'ESUTC de 2005, les questions suivantes ont servi à classer les fumeurs dans les trois premières catégories des étapes du changement :

  1. Envisagez-vous sérieusement de cesser de fumer au cours des six prochains mois?
  2. Envisagez-vous sérieusement de cesser de fumer au cours des 30 prochains jours?
  3. Au cours de la dernière année, combien de fois n'avez-vous pas fumé pendant au moins 24 heures parce que vous essayiez de cesser de fumer?

Les fumeurs qui ont répondu « non » à la première question ont été définis comme étant à l'étape de la précontemplation. Ceux qui ont répondu « oui » à la première question et soit « non » à la deuxième ou « zéro » à la troisième ont été définis comme étant à l'étape de la contemplation. L'étape de la préparation a été définie comme correspondant à une réponse positive aux questions 1 et 2 et à une réponse supérieure à zéro à la question 3. Les deux dernières étapes du changement ont été fondées sur les anciens fumeurs qui avaient cessé de fumer au cours des cinq dernières années : ceux qui avaient cessé au cours des six derniers mois ont été définis comme étant à l'étape de l'action; autrement, ils ont été définis comme étant à l'étape du maintien.

Dans le cadre de l'ESUTC, on a déterminé l'intensité de l'usage du tabac en demandant aux fumeurs combien de cigarettes ils avaient fumé chaque jour la semaine précédente. À partir de ces réponses, on a déterminé la consommation quotidienne moyenne de cigarettes. Les fumeurs occasionnels qui n'avaient pas fumé au cours des 30 derniers jours ont été exclus. Dans le cadre de l'ENSP, on a demandé aux fumeurs quotidiens combien de cigarettes ils fumaient par jour. On a défini quatre catégories d'intensité de l'usage du tabac : élevée (25 ou plus), modérée (10 à 24), faible (moins de 10) et fumeur occasionnel.

Tant pour l'ESUTC que pour l'ENSP, les participants ont été regroupés en catégories de niveau de scolarité selon le plus haut niveau atteint. Les catégories de réponse différaient dans une certaine mesure entre les deux enquêtes.

Tant pour l'ESUTC que pour l'ENSP, la profession a été définie comme une profession de col blanc (employé administratif, professionnel et de bureau), une profession dans les ventes ou le service et une profession de col bleu, selon la Classification type des professions de 199122.

Pour les analyses à partir des données de l'ENSP, les groupes de revenu du ménage ont été obtenus en calculant le ratio du revenu total du ménage provenant de toutes les sources au cours des 12 mois précédents et le seuil de faible revenu (SFR) de Statistique Canada propre au nombre de personnes dans le ménage, à la taille de la collectivité et à l'année d'enquête. Ces ratios de revenu corrigés ont par la suite été regroupés en quintiles (5 groupes comprenant chacun le cinquième de la population totale).

Début de la section

Résultats

Prévalence de l'usage de la cigarette et restrictions sur l'usage du tabac

Entre 2000 et 2006, la prévalence de l'usage de la cigarette (quotidien et occasionnel) au Canada a diminué de près de sept points, passant de 24,4 % à 17,7 % (graphique 1). Au cours de la même période, le pourcentage de fumeurs indiquant qu'ils vivaient dans une maison où l'usage du tabac était complètement interdit est passé de 27 % à 43 %, les hausses les plus marquées s'étant produites entre 2001 et 2004 (graphique 2). La hausse a été encore plus prononcée dans les ménages ayant un enfant de moins de 15 ans; de 2001 à 2004, le pourcentage est passé de 35 % à 55 %.

Outre les 40 % de fumeurs qui ont indiqué une interdiction complète de fumer à la maison en 2005 (graphique 2), 26 % ont déclaré des restrictions partielles (graphique 3). Lorsqu'on leur a demandé dans quelle mesure l'usage du tabac était restreint, la majorité (71 %) qui ont indiqué des restrictions partielles ont mentionné que l'usage du tabac était permis seulement dans certaines pièces (données non présentées).

Par ailleurs, la grande majorité des fumeurs occupés faisaient face à des restrictions au travail : 42 % ont indiqué que l'usage du tabac était complètement défendu; 37 % ont indiqué qu'il était permis seulement dans des endroits désignés; 9 % ont indiqué qu'il était défendu seulement en certains endroits; et seulement 12 % ont indiqué qu'il n'était pas défendu du tout (graphique 3). Des problèmes méthodologiques empêchent l'estimation de tendances significatives en ce qui a trait aux restrictions complètes en milieu de travail, mais il est possible de déterminer le pourcentage de fumeurs occupés qui ont indiqué ne faire face à aucune restriction. En 1998-1999, lorsque la même question a été posée dans le cadre de l'ENSP, 24 % des fumeurs occupés ont indiqué qu'il n'existait aucune restriction au travail (données non présentées), soit le double de l'estimation de l'ESUTC de 2005.

Caractéristiques des fumeurs qui font face à des restrictions

En 2005, les fumeurs de sexe masculin étaient plus susceptibles que leurs homologues de sexe féminin de déclarer que l'usage du tabac était complètement interdit à la maison : 43 % comparativement à 36 % (tableau 1).

La probabilité que des fumeurs déclarent une interdiction complète à la maison diminuait avec l'âge, passant de 54 % pour les 15 à 24 ans à 22 % pour les personnes âgées (65 ans et plus).

L'imposition de restrictions sur l'usage du tabac à la maison était liée au niveau de scolarité. Moins du quart (24 %) des fumeurs n'ayant pas de diplôme d'études secondaires vivaient dans une maison où la cigarette était complètement bannie, comparativement à 42 % de ceux ayant un diplôme du niveau postsecondaire.

Comme il est indiqué précédemment, la présence d'enfants constituait un déterminant particulièrement important de l'interdiction totale de la cigarette à la maison; 55 % des fumeurs dont le ménage comprenait un enfant de moins de 15 ans vivaient dans une maison sans fumée, comparativement à 33 % de ceux chez qui aucun enfant n'habitait.

Lorsqu'ils sont examinés à l'intérieur d'un modèle multivarié, les liens entre ces caractéristiques sociodémographiques et l'interdiction complète de fumer à la maison se maintenaient généralement, à une exception près, à savoir que lorsque ces autres facteurs étaient pris en compte, les fumeurs plus âgés étaient aussi susceptibles que les 35 à 44 ans de déclarer une interdiction complète.

En milieu de travail, les fumeuses étaient plus susceptibles que leurs homologues de sexe masculin de déclarer des interdictions complètes de fumer : 49 % comparativement à 38 % (tableau 2). Comparativement aux 35 à 44 ans, les fumeurs plus jeunes et plus âgés étaient moins susceptibles de déclarer des interdictions complètes en milieu de travail.

Comme c'était le cas pour les restrictions à la maison, le fait de déclarer une interdiction de fumer en milieu de travail était lié au niveau de scolarité. Le pourcentage de travailleurs occupés ayant déclaré des interdictions complètes allait de 30 % pour ceux qui n'avaient pas de diplôme d'études secondaires, à 53 % de ceux qui avaient un diplôme du niveau postsecondaire.

La profession était liée aux restrictions sur l'usage du tabac en milieu de travail. Les fumeurs occupant des emplois de col blanc et dans les ventes ou le service étaient plus susceptibles que ceux occupant des emplois de col bleu de déclarer des interdictions complètes au travail.

Même lorsqu'elles sont examinées dans un modèle multivarié, les associations entre ces caractéristiques sociodémographiques et les restrictions sur l'usage du tabac en milieu de travail subsistent.

Restrictions sur l'usage du tabac et étapes du changement

Les questions de l'ESUTC de 2005 ont permis de classer les fumeurs actuels et les anciens fumeurs selon les cinq étapes du changement proposées dans le modèle transthéorique13,14. La situation aux diverses étapes a été examinée en rapport avec les restrictions sur l'usage du tabac à la maison et au travail (tableau 3).

Dans les maisons où la cigarette était complètement interdite, 44 % du groupe combiné des fumeurs et des anciens fumeurs (avaient cessé de fumer au cours des cinq dernières années) se trouvaient aux premières étapes (précontemplation ou contemplation), comparativement à 70 % de ceux qui vivaient dans une maison sans restriction. En outre, dans les maisons sans fumée, 42 % se situaient aux dernières étapes (action ou maintien), comparativement à seulement 15 % de ceux vivant dans une maison sans aucune restriction.

Les restrictions sur l'usage du tabac en milieu de travail étaient aussi liées à l'étape du changement où se situaient les fumeurs et les anciens fumeurs (tableau 3), même si les associations n'étaient pas aussi étroites que dans le cas des restrictions à la maison. Dans les lieux de travail où la cigarette était complètement interdite, 53 % des fumeurs se situaient à l'étape de la précontemplation ou de la contemplation, comparativement à 62 % de ceux qui ne faisaient face à aucune restriction. En outre, 33 % du groupe combiné des fumeurs et des anciens fumeurs dans les milieux de travail où la cigarette était complètement interdite se trouvaient à l'étape de l'action ou du maintien, comparativement à 22 % de ceux n'ayant déclaré aucune restriction au travail.

Le rapport entre le fait de vivre dans une maison sans fumée et de se trouver aux deux premières ou aux deux dernières étapes du changement a été examiné dans des modèles multivariés tenant compte du sexe, de l'âge, du niveau de scolarité et de la présence d'enfants dans le ménage (tableau 4). Les associations observées dans le cadre de l'analyse bidimensionnelle ont subsisté lorsque ces variables étaient prises en compte. De même, les associations entre les interdictions de fumer en milieu de travail et le fait de se situer aux premières et aux dernières étapes du changement ont subsisté dans l'analyse multivariée (tableau 5).

L'interdiction précède l'abandon

Les données longitudinales des six premiers cycles de l'ENSP (1994-1995 à 2004-2005) ont servi à déterminer si l'imposition de nouvelles restrictions sur l'usage du tabac était liée à l'abandon de la cigarette. Les personnes ayant cessé de fumer ont été définies comme celles qui ont indiqué fumer pour un des cycles (première période), mais qui, lorsqu'elles ont été interviewées à nouveau deux ans plus tard (deuxième période), ont indiqué ne pas fumer.

L'avènement de nouvelles interdictions de fumer en milieu de travail a été lié à l'abandon de la cigarette. Au total, 27 % des fumeurs qui ont déclaré n'être sujet à aucune restriction en milieu de travail pendant la première période, mais qui ont indiqué que la cigarette était complètement interdite au travail dans le cadre de l'interview de suivi, deux ans plus tard, avaient cessé de fumer (données non présentées). Il s'agit de plus du double du taux d'abandon de 13 % chez les fumeurs qui ont continué de ne faire face à aucune restriction au travail. Même lorsque les autres facteurs de confusion éventuels étaient pris en compte, l'association persistait (tableau 6).

L'ENSP ne comporte pas de question explicite concernant les restrictions sur l'usage du tabac à la maison. On demande plutôt aux participants si un membre du ménage « fume habituellement à l'intérieur de la maison ». Pour cette analyse, on a considéré qu'un fumeur vivait dans une maison sans fumée si la réponse à cette question était « non ». Il semble toutefois courant qu'une maison devienne sans fumée après que l'un des membres du ménage a cessé de fumer. C'est donc dire que pour établir clairement l'ordre temporel des événements, il a été nécessaire d'examiner les données pour trois cycles consécutifs de l'ENSP et, par conséquent, de s'assurer que l'abandon s'était produit une fois que la maison était devenue sans fumée. L'analyse est fondée sur les fumeurs qui ont indiqué ne pas vivre dans une maison sans fumée au premier cycle (première période) et qui ont continué de fumer au deuxième cycle (deuxième période). Les fumeurs ont été définis comme vivant dans une « maison devenue sans fumée récemment » si, au moment de la deuxième période, ils ont indiqué que leur maison était sans fumée. L'usage du tabac au troisième cycle (troisième période) a servi à calculer les taux d'abandon. Parmi les fumeurs dans les « maisons devenues sans fumée récemment » (à la deuxième période), 20 % avaient cessé de fumer (à la troisième période), comparativement à 13 % de ceux qui ont continué de vivre dans une maison qui n'était pas sans fumée (à la deuxième période) (données non présentées). La probabilité plus forte de cesser de fumer pour les fumeurs des « maisons devenues sans fumée récemment » persistait lorsque les effets d'autres facteurs de confusion éventuels étaient contrôlés (tableau 7).

Restrictions sur l'usage du tabac et intensité de l'usage de la cigarette

Les restrictions à la maison et en milieu de travail étaient aussi liées à une consommation plus faible de cigarettes. En 2005, les fumeurs vivant dans une maison sans fumée consommaient en moyenne 9 cigarettes par jour, comparativement à 15 par jour pour ceux faisant face à des restrictions partielles, et à 16 par jour pour ceux vivant dans une maison sans restriction (graphique 4). La relation était à peu près la même pour les interdictions en milieu de travail. Les fumeurs dans les milieux de travail où la cigarette était complètement interdite fumaient en moyenne 12 cigarettes par jour, ceux où elle était interdite partiellement, 14 par jour, et ceux ne faisant face à aucune restriction en milieu de travail, 17 par jour.

Les données longitudinales de l'ENSP ont révélé que, même s'ils continuaient de fumer, les fumeurs quotidiens qui faisaient face à de nouvelles restrictions à la maison avaient tendance à diminuer leur consommation. Parmi les fumeurs quotidiens qui ne vivaient pas dans une maison sans fumée au cours du premier cycle (première période), ceux qui ont déclaré que leur maison était sans fumée à l'occasion de l'interview de suivi (deuxième période) fumaient en moyenne 2,0 cigarettes de moins par jour que deux ans plus tôt. En comparaison, ceux qui ont continué de vivre dans une maison qui n'était pas sans fumée consommaient 0,4 cigarette de moins par jour (données non présentées).

Parmi les fumeurs quotidiens occupés ayant déclaré un milieu de travail sans restrictions à la première période, ceux qui ont déclaré des restrictions complètes à la deuxième période fumaient en moyenne 2,1 cigarettes de moins par jour. La consommation quotidienne moyenne de cigarettes de ceux qui ne faisaient face à aucune restriction n'avait pas changé (données non présentées).

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Discussion

De 2000 à 2006, la prévalence de l'usage de la cigarette au Canada a diminué de près de 7 points, passant de 24,4 % à 17,7 %. Au cours de la même période, les fumeurs ont fait face à un nombre croissant de restrictions relativement aux endroits où ils pouvaient fumer. Des dispositions législatives visant à interdire l'usage du tabac dans les lieux publics ont été adoptées dans les provinces et de nombreuses collectivités au pays (tableau A en annexe). Les interdictions publiques peuvent avoir incité des personnes à diminuer leur consommation de tabac à la maison.

Selon l'Enquête nationale sur la santé de la population de Statistique Canada, en 1996-1997, 86 % des personnes de 15 ans et plus au Canada étaient conscientes que la fumée de tabac secondaire pouvait causer des problèmes de santé chez les non-fumeurs; parmi les fumeurs, 75 % étaient conscients de cette situation. Toutefois, à ce moment-là, seulement 17 % des fumeurs ont déclaré que leur maison était sans fumée. En 2006, la proportion était de 43 %, et même plus élevée, soit 55 %, dans le cas des fumeurs vivant avec des enfants, une constatation qui a été observée dans d'autres études10,11,23,24.

Les interdictions publiques peuvent contribuer à transmettre un message clair aux fumeurs et aux non-fumeurs. Elles peuvent avoir rehaussé le sentiment de responsabilité personnelle des fumeurs et les avoir incités à accepter, ou même imposer, des restrictions chez eux, afin de protéger les membres de leur famille et leurs invités non fumeurs. Par ailleurs, les interdictions publiques peuvent avoir contribué à affermir la position des non-fumeurs en leur fournissant des justifications pour l'imposition de restrictions similaires chez eux, particulièrement en présence d'enfants.

Les données de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada montrent que les interdictions complètes de fumer, tant à la maison qu'au travail, étaient liées à une probabilité réduite de se situer aux « étapes [initiales] du changement » proposées par le modèle transthéorique (MTT), et à une plus grande probabilité de se trouver aux dernières étapes. Selon les principes de base du MTT, à chaque étape, les fumeurs pèsent le pour et le contre du passage à l'étape suivante. Les restrictions sur l'usage du tabac peuvent faire pencher la balance du côté des avantages. Par exemple, le fait de devoir fumer à l'extérieur, particulièrement pendant le froid hiver canadien, peut inciter les fumeurs à envisager de cesser de fumer et dissuader les anciens fumeurs de fumer à nouveau. Les restrictions à la maison peuvent être particulièrement utiles pour les anciens fumeurs. Des études du taux de récidive ont déterminé que l'exposition des anciens fumeurs à la cigarette peut favoriser la rechute25. Cela est particulièrement vrai dans le cas des occasions sociales. Toutefois, s'il existe une interdiction de fumer à la maison, cette exposition est réduite. Enfin, les restrictions sur l'usage du tabac peuvent faire en sorte que les fumeurs se sentent ostracisés, ce qui peut les motiver dans leur décision de changer leur comportement.

Des cycles consécutifs de données longitudinales de l'Enquête nationale sur la santé de la population montrent que les fumeurs dans une « maison devenue sans fumée récemment » étaient plus susceptibles d'avoir abandonné la cigarette deux ans plus tard que ceux vivant dans une maison qui n'était pas sans fumée. De même, parmi les fumeurs occupés, l'imposition de nouvelles restrictions en milieu de travail a été liée à l'abandon de la cigarette. Et même parmi les personnes qui ont continué de fumer quotidiennement, les nouvelles restrictions à la maison et au travail ont été liées à une consommation réduite de cigarettes.

Limites

Certaines limites doivent être prises en compte lorsqu'on interprète les résultats de cette étude. Les estimations de la prévalence des restrictions sur l'usage du tabac sont fondées sur les données autodéclarées. La désirabilité sociale peut inciter les participants à déclarer des restrictions à la maison, même lorsque de telles restrictions n'existent pas, particulièrement s'il y a des enfants dans le ménage. En 2000, un examen des ouvrages publiés a permis de déterminer une concordance générale entre la déclaration par les parents de l'exposition des enfants à la fumée de tabac secondaire et les mesures biologiques26. Toutefois, une étude américaine plus récente fondée sur des ménages comptant deux adultes ou plus a permis de relever des incohérences dans les interdictions de fumer déclarées par 12 % des ménages27.

Les questions de l'ESUTC et de l'ENSP concernant les restrictions sur l'usage du tabac des ménages différaient. Celles de l'ESUTC ont permis de déterminer si l'usage de la cigarette à la maison était complètement interdit, partiellement restreint ou pas restreint du tout. Dans le cadre de l'ENSP, on a seulement demandé aux participants si un membre du ménage fumait régulièrement dans la maison. Les fumeurs qui ont répondu négativement à cette question ont été classés comme vivant dans une maison sans fumée. Dans l'analyse longitudinale, un lien plus étroit avec l'abandon de la cigarette aurait pu être observé s'il avait été possible de comparer les fumeurs vivant dans des maisons où des restrictions étaient imposées et ceux vivant dans des maisons où la cigarette n'était pas interdite du tout.

La définition de l'abandon de la cigarette utilisée dans les analyses longitudinales exigeait seulement que les personnes qui avaient déclaré initialement être des fumeurs déclarent qu'elles ne fumaient plus deux ans plus tard. Par conséquent, ce groupe pouvait inclure des personnes qui avaient cessé de fumer le jour avant l'interview de suivi, ainsi que celles qui n'avaient pas fumé depuis près de deux ans. On ne sait pas dans quelle mesure cette diversité parmi les anciens fumeurs a eu des répercussions sur les associations avec les restrictions sur l'usage du tabac.

Les taux de prévalence de la présente étude ont été fondés sur des données de l'ESUTC. La prévalence de l'usage de la cigarette peut aussi être estimée à partir de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de Statistique Canada, ainsi que de la composante transversale de l'ENSP. Même si les tendances fondées sur les données de l'ESUTC sont similaires à celles se dégageant des deux autres enquêtes, à savoir que la prévalence diminue, les taux de tabagisme calculés à partir des données de l'ESUTC sont constamment plus faibles28. Les questions concernant l'usage du tabac de l'ESCC et de l'ENSP sont posées dans le contexte d'une enquête générale sur la santé, plutôt que d'une enquête portant particulièrement sur l'usage du tabac. Une étude effectuée pour déterminer pourquoi les taux diffèrent laisse supposer que les personnes sont plus inclinées à parler de l'usage du tabac lorsque le sujet fait partie d'une enquête plus large29.

Les restrictions sur l'usage du tabac en milieu de travail ont été mesurées à partir de questions posées aux participants occupés et visant à déterminer si l'usage du tabac était complètement défendu dans leur milieu de travail, permis uniquement dans des endroits désignés, défendu seulement en certains endroits, ou pas défendu du tout. Le but visé par la question est de mesurer les restrictions sur l'usage du tabac en milieu de travail. De manière assez inattendue, les données de l'ESUTC montrent une baisse marquée depuis 2004 dans le pourcentage de fumeurs qui répondent « complètement défendu » et une hausse marquée de ceux qui répondent « permis uniquement dans des endroits désignés ». Toutefois, un essai qualitatif récent de cette question mené auprès de groupes de discussion a révélé que, dans certains cas, si des zones à l'extérieur sont désignées pour les fumeurs, les participants indiquent la deuxième catégorie, même si l'usage du tabac est complètement défendu à l'intérieur. À partir de 2007, le libellé de cette question sera modifié pour éviter la confusion.

Conclusion

Le débat visant à déterminer si les comportements en matière de santé dépendent davantage de choix individuels ou de variables structurelles remonte à loin30,31. Même si l'abandon de la cigarette est évidemment une décision individuelle, des restrictions sur l'usage du tabac peuvent faciliter la prise de décision. L'adoption de dispositions législatives en vue de restreindre l'usage du tabac dans les lieux publics a coïncidé avec des augmentations du pourcentage de fumeurs déclarant des restrictions à la maison. De même, les restrictions sur l'usage du tabac, tant à la maison qu'en milieu de travail, sont liées à l'abandon de la cigarette. Ainsi, les interdictions de fumer dans les lieux publics peuvent inciter des personnes à adopter des pratiques similaires chez eux, ce qui aura pour effet, en dernier ressort, de réduire la prévalence de l'usage de la cigarette.