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    Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation : documents de recherche

    Espérances et résultats sur le marché du travail des titulaires de doctorat des universités canadiennes

    Section 5 Résultats des diplômés sur le marché du travail

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    Dans la présente section, nous examinons les taux d'emploi, les revenus et les professions des titulaires de doctorat deux ans après l'obtention de leur diplôme. Ces renseignements étant tirés de l'Enquête nationale auprès des diplômés (END), ils concernent les diplômés qui vivaient encore en Amérique du Nord en 2007, plutôt que l'ensemble des diplômés de 2005. Ceux qui vivaient encore au Canada ou aux États-Unis en 2007 comptaient pour 83 % de la promotion de 2005.

    Les taux d'emploi varient selon le domaine d'études

    En 2007, quatre diplômés sur cinq étaient des travailleurs salariés, 5 % étaient des travailleurs autonomes et 6 % étaient en chômage. Huit pour cent des diplômés étaient inactifs, dont la majorité (environ 5 % de l'ensemble) était encore aux études. Abstraction faite de ces diplômés, le taux de chômage atteignait 7 % pour l'ensemble des diplômés, mais il variait considérablement selon le domaine d'études. Les diplômés en sciences humaines enregistraient un taux de chômage de 16 %, soit le double de celui des diplômés du domaine suivant, le génie (8 %) (tableaux A.13 et A.14 en annexe).

    Les taux d'emploi à temps partiel étaient aussi très élevés pour certains domaines d'études. Abstraction faite des diplômés encore aux études, 8 % des diplômés occupés travaillaient à temps partiel (tableau A.15 en annexe). Les diplômés en génie enregistraient le taux d'emploi à temps partiel le plus faible (2 %) et les diplômés en sciences humaines, le plus élevé (18 %).

    En 2007, deux ans après l'obtention de leur diplôme, le revenu médian des titulaires de doctorat était de 65 000 $

    Le revenu médian de l'ensemble des diplômés était de 65 000 $; les diplômés qui se situaient au 25e centile gagnaient 48 387 $ et ceux qui se situaient au 75e centile, 79 000 $ (graphique 9).

    En outre, les revenus des diplômés varient considérablement selon les domaines d'études (graphique 9). En 2007, les diplômés en sciences de la vie touchaient le revenu médian le plus faible, soit 55 000 $, de même que le plus faible revenu au 25e centile, soit 41 500 $. Voilà qui tranche avec les résultats de l'Enquête auprès des titulaires d'un doctorat (ETD) selon lesquels, en 2004-2005 et 2005-2006, les diplômés en sciences humaines s'attendaient à toucher les revenus les plus faibles. En 2007, les diplômés en sciences humaines gagnaient un revenu médian de 60 000 $, à égalité avec celui des diplômés en informatique, mathématiques et sciences physiques et supérieur à celui auquel ils s'attendaient au moment de l'obtention de leur diplôme. Par contre, ils touchaient le plus faible revenu au 75e centile (69 000 $). Les diplômés en enseignement et autres domaines d'études touchaient les revenus les plus élevés (80 000 $). Cet avantage au chapitre des gains est en partie attribuable à l'expérience de travail antérieure car, dans l'ensemble des domaines d'études, les titulaires d'un doctorat en enseignement avaient l'âge médian le plus élevé au moment d'obtenir leur diplôme.

    Graphique 9 Revenu des diplômés aux 25e, 50e et 75e centiles, selon le domaine d'études

    Encadré 3 :
    Dans quelle mesure le revenu attendu correspond-il au revenu réel?

    Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, le couplage des données de l'ETD et de l'END permet d'évaluer l'utilité de certaines mesures saisies lors de l'ETD. Comme les répondants à l'ETD entraient à peine sur le marché du travail, on a obtenu des résultats par approximation en leur demandant quel était leur revenu attendu s'ils avaient des projets d'emploi précis. En comparant ces attentes au revenu réel de 2007 (indiqué ici en dollars de 2005), on constate, surtout aux niveaux inférieurs, que les attentes des diplômés étaient bien en deçà des gains médians déclarés deux ans plus tard (graphique 10). Au-delà d'une tranche de revenu de 35 000 $ à 44 000 $, les revenus attendus semblent correspondre à peu près au revenu médian réel, compte tenu d'une certaine croissance des revenus au cours des deux années écoulées entre l'ETD et l'END.

    Graphique 10 Revenu attendu et revenu réel des diplômés ayant déclaré un revenu attendu en 2005 et qui étaient occupés en 2007

    Fin de l'encadré

    En matière de revenu, il existe des écarts entre les hommes et les femmes ainsi qu'entre les immigrants et les Canadiens de naissance

    Au chapitre du revenu, on observe également des écarts entre les hommes et les femmes ainsi qu'entre les immigrants et les Canadiens de naissance. Dans l'ensemble des domaines d'études, les hommes touchaient un revenu médian de 65 000 $, contre 61 000 $ pour les femmes. C'est chez les diplômés en enseignement et autres domaines d'études, ainsi qu'en sciences de la vie, que l'écart au titre du revenu médian était le plus important (environ 8 000 $). Chez les diplômés en enseignement et autres domaines, les hommes étaient mieux rémunérés que les femmes mais, chez les diplômés en sciences de la vie, les femmes gagnaient plus que les hommes, soit 57 000 $ contre 49 462 $. Il existe un écart significatif (7 000 $) dans un seul autre domaine, celui de la psychologie et des sciences sociales. On ignore dans quelle mesure l'écart est attribuable au choix d'un domaine d'études spécifique au sein de ces catégories agrégées.

    Par ailleurs, le revenu médian était comparable entre les sexes chez les diplômés en génie, en informatique, mathématiques et sciences physiques ainsi qu'en sciences humaines (tableau A.16 en annexe).

    En 2007, les diplômés nés au Canada gagnaient un revenu médian de 64 000 $, contre 60 000 $ pour les diplômés nés à l'étranger. On observe également des écarts significatifs chez les diplômés en sciences humaines ainsi qu'en enseignement et autres domaines d'études, où les diplômés nés au Canada gagnaient environ 5 000 $ de plus que leurs homologues nés à l'étranger (tableau A.17 en annexe).

    En 2007, les diplômés qui comptaient effectuer un stage postdoctoral gagnaient moins que les autres

    Le fichier couplé END-ETD permet d'approfondir l'examen des revenus des diplômés. Dans leur examen des résultats des diplômés, Bayard et Greenlee (2010) observent que les gains des titulaires d'un doctorat ne sont pas tellement différents de ceux des titulaires d'une maîtrise, même si les titulaires d'un doctorat investissent beaucoup plus dans leur apprentissage. Chez les hommes, les titulaires d'une maîtrise et ceux d'un doctorat gagnaient un revenu médian de 65 000 $, alors que chez les femmes, les titulaires d'un doctorat gagnaient 5 000 $ de plus que les titulaires d'une maîtrise1. Toutefois, lorsqu'on utilise uniquement les données de l'END, il n'est pas possible de distinguer les titulaires de doctorat qui effectuaient un stage postdoctoral en 2007. Même si l'enquête demandait aux diplômés d'indiquer s'ils étaient encore aux études ou s'ils occupaient un emploi, on peut, au mieux, établir que le stage postdoctoral se situe quelque part entre les deux.

    L'ETD pose deux questions concernant les études postdoctorales. La première s'adresse uniquement aux diplômés qui ont déjà des projets précis; on leur demande si l'emploi ou les études qu'ils entreprendront consistent en un stage postdoctoral. La deuxième s'adresse à tous les diplômés; on leur demande s'ils comptent poursuivre des études postdoctorales. Ni l'une ni l'autre ne permet de mesurer parfaitement les activités des diplômés entre 2005 et 2007, mais elles révèlent une distinction importante entre les diplômés (graphique 11). Alors que le revenu médian des diplômés était de 65 000 $ en 2007, celui des diplômés qui comptaient effectuer un stage postdoctoral était de 54 000 $, comparativement à 72 000 $ pour les autres, soit un écart de 18 000 $. On observe l'écart le plus important chez les diplômés en sciences de la vie, où ceux qui prévoyaient effectuer un stage postdoctoral gagnaient un revenu médian de 45 000 $ seulement, comparativement à 72 000 $ pour les autres. Il existe donc un écart important entre les diplômés qui prévoyaient effectuer un stage postdoctoral et ceux qui comptaient entrer directement sur le marché du travail. Le couplage des deux fichiers montre que de ne pas tenir compte des diplômés qui effectuent un stage postdoctoral a pour effet de sous-estimer les gains des titulaires de doctorat.

    Graphique 11 Revenu médian des diplômés en 2007 selon l'intention d'effectuer ou non des études postdoctorales et selon le domaine d'études

    5.1 Quels sont les emplois des titulaires de doctorat?

    Comme les études de doctorat exigent un investissement important, souvent complété par un investissement d'égale importance de la part d'une administration publique, il importe de savoir si ces investissements sont rentables. Le revenu des diplômés constitue un indicateur de la valeur accordée par la société à certaines compétences. Un autre indicateur est la concordance ou la non-concordance entre le niveau de scolarité exigé pour l'emploi et le niveau de scolarité atteint. Les travailleurs dont l'investissement en capital humain n'est pas encore reconnu ou n'était pas nécessaire à l'emploi qu'ils occupaient en 2007 sont surqualifiés. On peut donc considérer la surqualification comme la sous-utilisation du capital humain par l'économie, ou encore comme un surinvestissement dans certaines compétences de la part du diplômé et de l'administration publique.

    Nous avons utilisé deux définitions pour distinguer les personnes surqualifiées. La première est un indicateur fondé sur l'opinion du diplômé selon laquelle il est surqualifié ou non pour le poste qu'il occupe. Nous avons établi la deuxième définition en comparant le niveau de scolarité du répondant (soit un doctorat) au niveau de scolarité nécessaire pour obtenir l'emploi. Si l'emploi n'exige pas de doctorat, le répondant est considéré comme surqualifié. Les résultats figurent dans le graphique 12 ci-dessous.

    Graphique 12 Proportion de diplômés surqualifiés pour l'emploi occupé, selon deux définitions différentes et selon le domaine d'études

    Dans l'ensemble, et pour chaque domaine d'études, les diplômés occupés étaient moins nombreux à se dire surqualifiés (première définition) qu'à déclarer ne pas avoir eu besoin d'un doctorat pour obtenir leur emploi (deuxième définition). Environ un diplômé sur cinq (19 %) estimait être surqualifié, contre 30 % qui déclaraient ne pas avoir eu besoin d'un doctorat pour obtenir leur emploi.

    On observe des écarts appréciables selon les domaines d'études. Les diplômés en génie étaient les plus susceptibles de se dire surqualifiés pour leur poste (28 %), alors que les diplômés en enseignement ou autres domaines étaient les plus susceptibles d'affirmer que leur emploi exigeait un niveau de scolarité inférieur au doctorat (43 %). Quant aux diplômés en sciences de la vie, ils étaient les moins susceptibles d'être surqualifiés (16 % selon la première définition, 21 % selon la deuxième).

    C'est chez les diplômés en enseignement et autres domaines, ainsi qu'en sciences humaines, qu'on observe l'écart le plus important entre les deux définitions, ces diplômés étant respectivement 21 % et 16 % plus nombreux à être considérés comme surqualifiés selon la deuxième définition.

    La sous-utilisation des diplômés a également une incidence sur les gains. Les diplômés occupés qui se disent surqualifiés pour leur emploi (première définition) touchaient un revenu médian qui était de 5 000 $ inférieur à celui des autres diplômés. On observe des écarts significatifs entre les diplômés surqualifiés et non surqualifiés en psychologie et sciences sociales (5 000 $), en sciences humaines (17 000 $) ainsi qu'en enseignement et autres domaines d'études (14 000 $). Les diplômés en sciences de la vie, en génie ainsi qu'en informatique, mathématiques et sciences physiques n'enregistraient pas d'écart dans le revenu médian selon qu'ils étaient surqualifiés ou non (tableau A.18 en annexe).

    La majorité des diplômés travaillent dans le secteur de l'enseignement

    Une autre façon d'examiner les résultats consiste à déterminer dans quels secteurs d'activité et dans quelles professions travaillent les diplômés. L'examen de l'emploi par secteur d'activité révèle que les diplômés sont regroupés dans un petit nombre de secteurs et que certains secteurs sont étroitement liés à certains domaines d'études.

    La plupart des diplômés (56 %) étaient occupés dans les services d'enseignement; la grande majorité d'entre eux travaillant à l'université (87 %). Dans les services d'enseignement, les diplômés en sciences humaines ainsi qu'en enseignement et autres domaines enregistraient les taux d'emploi les plus élevés (respectivement 77 % et 76 %), alors que les diplômés en génie enregistraient le taux d'emploi le plus faible (34 %).

    Les autres secteurs d'activité figurant parmi les principaux employeurs de titulaires de doctorat étaient les services professionnels, scientifiques et techniques (13 %), les services de santé et l'assistance sociale (13 %), l'administration publique (7 %) et la fabrication (4 %). Aucun autre secteur d'activité ne comptait plus de 2 % des diplômés occupés (voir la liste complète dans le tableau A.19 en annexe).

    Le secteur d'emploi variait selon le domaine d'études (tableau 5). Par exemple, 13 % des diplômés en génie étaient occupés dans le secteur de la fabrication et 28 % des diplômés en psychologie et sciences sociales, dans les services de santé et l'assistance sociale; dans l'ensemble, cependant, ces deux secteurs d'activité n'employaient que 17 % des titulaires de doctorat de la promotion de 2005.

    Tableau 5
    Répartition des titulaires de doctorat selon le domaine d'études et le secteur d'emploi
    Domaines d'études Fabrication Services professionnels, scientifiques et techniques Services d'enseignement Soins de santé et assistance sociale Administrations publiques
    pourcentage
    Tous les domaines d'études 4 13 56 13 7
    Sciences de la vie 4 14 51 19 8
    Génie 13 31 34 x 9
    Mathématiques, informatique et sciences physiques 7 18 56 4 7
    Psychologie et sciences sociales x 5 54 28 9
    Sciences humaines x 4 77 2 3
    Éducation et autres domaines d'études x 7 76 6 5
    Signe conventionnel dans le tableau
    x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
    Note : Exclut les travailleurs non rémunérés, les répondants qui poursuivent des études et ceux ne faisant pas partie de la population active.
    Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des diplômés (promotion de 2005).

    Note

    1. Bayard, Justin et Greenlee, Judith. 2010. L'obtention d'un diplôme au Canada : profil, situation sur le marché du travail et endettement des diplômés de la promotion de 2005, produit 81-595-MWF2009074 au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, Statistique Canada et Ressources humaines et Développement des compétences Canada, 79 p.
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