Publications

    Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation

    Les expériences des jeunes sur le marché du travail après la fin des études : l'effet des cheminements scolaires au fil du temps

    Chapitre 3
    Variables

    Avertissement Consulter la version la plus récente.

    Informations archivées

    Les informations archivées sont fournies aux fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elles ne sont pas assujetties aux normes Web du gouvernement du Canada et n'ont pas été modifiées ou mises à jour depuis leur archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

    3.1 Cheminement scolaire

    Dans notre analyse, la principale variable indépendante est le cheminement scolaire qu'empruntent les jeunes vers le marché du travail après avoir quitté les études à temps plein. Nous analysons les cinq cycles afin de brosser un tableau aussi complet que possible; ainsi, décembre 2007 est la dernière date à laquelle nous évaluons la situation au regard de la scolarité. Nous avons mesuré treize parcours scolaires possibles, en tenant compte du décrochage définitif des études secondaires, d'une pause entre la fin des études secondaires et le début des études postsecondaires, ainsi que du plus haut niveau de scolarité atteint. Les treize parcours sont répartis en trois grandes sections : 1) pas d'études postsecondaires, 2) passage direct aux études postsecondaires et 3) passage indirect aux études postsecondaires.

    Le groupe « pas d'études postsecondaires » comprend les jeunes ayant décroché des études secondaires sans jamais les reprendre pour obtenir leur diplôme d'études secondaires ou suivre une autre formation (parcours 1 – décrocheurs du secondaire), ceux qui ont reçu une « deuxième chance » en retournant aux études secondaires après avoir décroché pour obtenir un diplôme d'études secondaires (parcours 2 – raccrocheurs du secondaire, pas d'études postsecondaires) et ceux dont le plus haut niveau de scolarité en décembre 2007 était un diplôme d'études secondaires seulement (parcours 3 – diplôme d'études secondaires seulement). Les jeunes de ce dernier groupe n'ont jamais décroché du secondaire.

    Le deuxième groupe comprend les jeunes qui n'ont jamais décroché du secondaire et qui sont passés directement (en moins de quatre mois1) aux études postsecondaires après avoir obtenu leur diplôme d'études secondaires. Cette catégorie comprend cinq cheminements : les jeunes qui ont entrepris des études postsecondaires mais les ont abandonnées (sortants du postsecondaire) (parcours 4); ceux qui ont obtenu un diplôme d'une école de métiers ou un autre diplôme (parcours 5)2; ceux qui ont obtenu un diplôme d'études collégiales, suivi ou non par un grade universitaire (parcours 6); enfin, les jeunes qui sont entrés directement à l'université après avoir obtenu un diplôme d'études secondaires (parcours 7). Ce dernier parcours sert de catégorie de référence dans toutes les analyses, car il s'agit du parcours le plus courant au sein de cet échantillon; de plus, l'analyse révèle que ce parcours offre aux jeunes les meilleures perspectives d'emploi.

    Le troisième groupe comprend les jeunes ayant emprunté un cheminement scolaire non linéaire. Ce groupe comprend cinq parcours, dont celui des jeunes qui sont retournés aux études après avoir décroché du secondaire et qui ont obtenu leur diplôme d'études secondaires avant de passer aux études postsecondaires (raccrocheurs du secondaire, études postsecondaires partielles) (parcours 8). Dans ce parcours, environ le tiers des jeunes n'ont jamais obtenu de titre d'études postsecondaires. Les quatre autres parcours, ceux des « stoppeurs », comprennent les jeunes qui n'ont jamais décroché du secondaire, mais qui ont reporté (de plus de quatre mois) leur passage aux études postsecondaires après avoir terminé leurs études secondaires (parcours 9), les sortants du postsecondaire (parcours 10), les jeunes qui possèdent un diplôme d'une école de métiers ou autre (parcours 11), ceux qui possèdent un diplôme d'études collégiales (parcours 12) et ceux qui possèdent au moins un baccalauréat (parcours 13)3.

    3.2 Résultats sur le marché du travail

    Les résultats sur le marché du travail sont liés à la dernière date de fréquentation scolaire à temps plein (donnée sur une base mensuelle). Par exemple, le cycle 1 de l' Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) a été mené en 2000, mais les données sur le marché du travail ont été déclarées pour 1999. De même, le cycle 2 a été mené en 2002, mais on connaît les données sur le marché du travail de 2001. Les cinq cycles successifs produisent donc des renseignements sur le marché du travail pour les années 1999, 2001, 2003, 2005 et 2007. En l'occurrence, le plan se présente comme suit : aux jeunes adultes ayant quitté les études au plus tard en décembre 2002 correspondent des renseignements spécifiques sur le marché du travail selon le nombre d'années depuis la date de fin de leurs études. Par exemple, pour créer les variables du marché du travail au moment 1 (un an ou deux après la fin des études), nous avons attribué aux répondants qui ont quitté les études en 1997 et 1998 le statut à l'égard des gains ou de l'emploi de 1999 selon le cycle 1; nous avons attribué à ceux qui ont quitté les études en 1999 et 2000 les données sur le marché du travail de 2001 (cycle 2) et à ceux qui ont quitté les études en 2001 et 2002, les données de 2003 (cycle 3). Pour créer les mesures correspondantes au moment 2 (cinq ou six ans après la fin des études), nous avons attribué respectivement aux répondants qui ont quitté les études en 1997-1998, 1999-2000 ou 2001-2002, les caractéristiques du marché du travail en 2003, 2005 ou 2007.

    3.2.1 Emploi pendant toute l'année

    Le premier résultat sur le marché du travail que nous examinons est l'emploi. En l'occurrence, il s'agit d'une mesure dichotomique indiquant si le répondant a travaillé pendant une année entière (12 mois) durant la période de référence, c'est-à-dire pendant une année entière au moment 1 (un an ou deux après la fin des études) ou au moment 2 (cinq ou six ans après la fin des études). Nous avons retenu l'emploi pendant toute l'année afin d'évaluer la stabilité de l'emploi après la fin des études, puisque les personnes occupées pendant 12 mois sont susceptibles d'occuper un emploi assez stable, ce qui témoigne peut-être de la réussite sur le marché du travail.

    3.2.2 Gains

    Les gains ou salaires annuels de toutes sources constituent la deuxième variable dépendante. Bon nombre d'études antérieures utilisent les gains annuels comme indicateur important des résultats sur le marché du travail (voir Betts, Ferrall et Finnie, 2007; Finnie, 1999; Green et Riddell, 2001; Walters, 2004). Selon Finnie (1999, p. 16), les gains annuels représentent un « rate of pay (as opposed to actual earnings received) which automatically adjusts for irregular work patterns over the course of the year ». Cette approche, plutôt que celle des gains hebdomadaires ou horaires, convient donc à l'objet du présent document puisqu'il s'agit d'évaluer la stabilité des gains.

    À l'instar de l'emploi, nous mesurons les gains à deux moments donnés : au moment 1 (un an ou deux après la fin des études), puis au moment 2 (cinq ou six ans après la fin des études). Afin de comparer les gains sur plusieurs années, nous avons indexé les gains annuels en fonction de l'année 2006 à l'aide de l'Indice des prix à la consommation. De plus, pour réduire l'asymétrie de la répartition, nous utilisons un logarithme des gains dans toutes les analyses.

    3.3 Variables de contrôle

    En nous inspirant des études publiées sur l'éducation et les résultats sur le marché du travail, nous avons tenu compte, dans nos modèles analytiques, de facteurs autres que le cheminement scolaire. Ces mesures de contrôle sont regroupées sous trois grands thèmes : 1) caractéristiques contextuelles et démographiques, 2) facteurs liés aux études secondaires et 3) facteurs contemporains présents durant l'année pour laquelle on mesure les résultats sur le marché du travail. Il y a trois mesures contextuelles : le sexe du répondant (1 s'il s'agit d'une femme, 0 s'il s'agit d'un homme), le lieu de naissance (1 pour les personnes nées au Canada, 0 pour toutes les autres) et le niveau de scolarité des parents (qu'il s'agisse du père ou de la mère), réparti comme suit : sans diplôme d'études secondaires (catégorie de référence), diplôme d'études secondaires seulement, études postsecondaires partielles, et diplôme d'études postsecondaires. Pendant les études secondaires, il existe deux facteurs importants qui ont une incidence sur le niveau de scolarité et sur les gains futurs : le fait de travailler pendant les études et les notes moyennes. Le nombre d'heures travaillées par semaine pendant les études secondaires est réparti en quatre catégories : zéro heure (catégorie de référence), de une à moins de 10 heures, de 10 à moins de 20 heures, et plus de 20 heures par semaine. De même, les notes scolaires moyennes pendant la dernière année d'études secondaires sont réparties en quatre grandes catégories : élevées (80 % à 100 %), moyennement élevées (70 % à 79 %, catégorie de référence), moyennes (60 % à 69 %) et faibles (59 % ou moins).

    Enfin, nous avons pris en compte des facteurs contemporains mesurés durant la même année que les résultats sur le marché du travail. Nous avons ainsi retenu sept facteurs différents qui ont une incidence sur la situation sur le marché du travail : l'âge (mesuré en mois); la mobilité résidentielle (le fait de déménager de la province d'études après l'obtention du diplôme d'études secondaires); la présence d'enfants dans le ménage; l'état matrimonial (le fait d'être marié ou de vivre en union de fait, ou non); la présence d'un état physique ou mental chronique limitant le travail; la province de résidence (les provinces de l'Atlantique, le Québec, l'Ontario (catégorie de référence) ou l'Ouest); et la taille de la population de la collectivité où vivait le répondant. Pour les régressions des gains, nous avons utilisé une variable de contrôle supplémentaire : le nombre de mois travaillés durant l'année. Cette dernière covariable est importante puisque les travailleurs très instruits ont tendance à travailler un plus grand nombre de semaines par année; faute de prendre en compte le nombre de semaines travaillées, on risquerait donc de surestimer les effets de l'éducation (Riddell et Sweetman, 2000).


    Note

    1. Une période de quatre mois est utilisée comme seuil pour déterminer si un répondant a repoussé sa participation à un programme d'enseignement postsecondaire, car le cheminement direct habituel entre les études secondaires et postsecondaires se fait à l'automne, soit environ quatre mois après la remise, au printemps, des diplômes secondaires.
    2. Malheureusement, en raison de la petite taille d'échantillon, les certificats professionnels (programmes d'apprentissage enregistrés) ont été combinés à d'autres types de diplômes comme les licences professionnelles en comptabilité, services bancaires et assurances, de même qu'aux certificats des écoles de commerce privées et à l'attestation d'une spécialisation professionnelle. En conséquence, l'effet indépendant d'un certificat professionnel sur les résultats anticipés du marché du travail ne peut être évalué.
    3. Le cheminement des stoppeurs qui ont obtenu un diplôme collégial avant un diplôme universitaire a dû être combiné au cheminement universitaire des stoppeurs en raison de la petite taille de l'échantillon.

     

     

    Date de modification :