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Caractéristiques et résultats sur le marché du travail des immigrants formés à l'étranger
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- Acronymes
- Introduction
- Profil des immigrants de 25 à 64 ans formés à l'étranger
- Situation des immigrants de 25 à 64 ans formés à l'étranger sur le marché du travail
- Les immigrants travaillent-ils dans leur domaine d'études?
- Résumé et conclusions
- Tableaux et graphiques
- Annexes
- Références
- Renseignements supplémentaires
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Situation des immigrants de 25 à 64 ans formés à l'étranger sur le marché du travail
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La présente section propose un aperçu de la situation des immigrants formés à l'étranger sur le marché du travail par rapport à celle des immigrants ayant fait leurs études au Canada et des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires. Pour les besoins de la présente étude, la situation sur le marché du travail est évaluée en fonction du statut d'emploi, du nombre d'heures de travail et des gains.
Concepts relatifs à la situation sur le marché du travail – Recensement de 2006
Le taux d'emploi d'un groupe donné est le nombre de personnes occupées dans ce groupe pendant la semaine (du dimanche au samedi) avant le jour du recensement (le 16 mai 2006), exprimé en pourcentage de la population de ce groupe.
Les travailleurs à temps plein toute l'année sont les personnes de 25 à 64 ans qui travaillaient de 49 à 52 semaines en 2005, à raison de 30 heures ou plus par semaine.
Les gains correspondent au revenu reçu au cours de l'année civile 2005 par les personnes de 25 à 64 ans sous forme de salaires et traitements, de revenu net de l'exploitation d'une entreprise non agricole non constituée en société ou de l'exercice d'une profession, et de revenu net provenant d'un emploi autonome agricole.
Les gains médians sont les niveaux des gains qui séparent la population en deux parties égales, c'est-à-dire que la moitié de la population reçoit moins que le montant donné, et l'autre moitié reçoit plus. Pour analyser l'inégalité du revenu, nous préférons utiliser le revenu médian au lieu du revenu moyen car, dans le cas du revenu moyen, les personnes à revenu élevé peuvent relever la moyenne.
Veuillez noter que les personnes sans revenu sont exclues du calcul.
Taux d'emploi
Selon le Recensement de 2006, environ les trois quarts des immigrants du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) formés à l'étranger étaient occupés en 2006 (graphique 1.4). Ce taux était inférieur à celui des immigrants formés au Canada et des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires, soit environ 82 % dans les deux cas.
Comme le mentionnent différentes études, le désavantage relatif des immigrants sur le marché du travail tient pour une bonne part au fait que souvent, les compétences acquises par les immigrants dans leur pays d'origine ne sont pas directement transférables à l'économie d'accueil. La plupart des études montrent que les employeurs canadiens accordent peu d'importance à l'expérience de travail acquise à l'étranger. Certains peuvent y voir un acte discriminatoire, mais de nombreuses personnes soutiennent que les employeurs, n'ayant aucune façon d'évaluer la valeur de cette expérience de travail acquise à l'étranger, en font tout simplement abstraction. Autrement dit, la transférabilité de l'expérience acquise à l'étranger peut constituer l'un des facteurs qui influent sur l'intégration des immigrants au marché du travail canadien, au même titre que la transférabilité de la scolarité acquise à l'étranger (Reitz, 2007).
D'autres facteurs influencent la situation des immigrants sur le marché du travail, notamment la reconnaissance des titres de compétences acquis à l'étranger, le niveau de scolarité, l'étendue de l'expérience acquise à l'étranger et au Canada, la qualité différente de l'enseignement dans certains pays, les barrières linguistiques et les difficultés connexes, la force des réseaux sociaux, la connaissance du marché du travail canadien et la discrimination, réelle ou perçue comme telle (Gilmore et Le Petit, 2008).
Les taux d'emploi semblent augmenter selon le temps écoulé depuis leur établissement au pays. En effet, comme le montre le graphique 1.4, les immigrants très récents formés à l'étranger étaient moins susceptibles que leurs homologues établis au pays depuis une plus longue période d'indiquer être occupés en 2006. Tel que mentionné par Gilmore et Le Petit dans une étude récente sur l'intégration des immigrants sur le marché du travail, un facteur pouvant jouer un rôle dans ce plus faible taux d'emploi est le manque général d'expérience de travail au Canada parmi les immigrants très récents formés à l'étranger comparativement à leurs homologues établis au pays depuis plus longtemps. Cette expérience relativement limitée se reflète en partie dans leur âge : environ 38 % des immigrants très récents formés à l'étranger étaient âgés de 25 à 34 ans en 2006, comparativement à environ 17 % des immigrants récents et 3 % des immigrants de longue date.
Par contre, tant les immigrants récents (79 %) que de longue date (77 %) ayant poursuivi leurs études à l'étranger affichaient des taux d'emplois semblables à ceux de leurs homologues formés au Canada et des Canadiens de naissances ayant fait des études postsecondaires (tous deux à environ 82 %) (graphique 1.4). L'âge de ces immigrants étaient en général beaucoup plus proche de celui des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires, ce qui, avec le temps écoulé depuis leur établissement, leur a probablement procuré des outils et de l'expérience de travail au Canada et a ainsi accru leurs chances d'obtenir un emploi (Gilmore et Le Petit, 2008).
Il se peut également que plus longtemps un immigrant est incapable d'exercer une profession dans son domaine de spécialisation, plus il est susceptible de subir l'« atrophie des compétences », ce qui réduit ses chances de trouver du travail dans son domaine de spécialisation (Lochhead, 2002). D'autres facteurs, dont la conjoncture économique pendant une période d'établissement donnée, jouent un rôle à cet égard.
Nous avons mentionné plus haut qu'en 2006, un peu moins du quart des immigrants très récents formés à l'étranger étaient aux études, à temps plein ou à temps partiel. Au chapitre de l'emploi, les gains, le type et la qualité du travail des étudiants peuvent différer sensiblement de ceux des autres personnes actives. C'est pourquoi nous analysons séparément la situation de ces deux groupes sur le marché du travail.
Comme on pouvait sans doute s'y attendre, les personnes du principal groupe d'âge actif qui étaient aux études en 2006 enregistraient des taux d'emploi inférieurs. C'était le cas, en particulier, des immigrants formés à l'étranger qui vivaient au pays depuis cinq ans ou moins. Comme le montre le tableau 12, 58 % des immigrants du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) formés à l'étranger qui étaient aux études en 2006 étaient occupés, contre 71 % des immigrants qui n'étaient pas aux études.
Conditions de travail et gains
Les écarts entre les gains des immigrants et ceux des travailleurs nés au Canada ont fait l'objet d'importants travaux de recherche. Au moment d'entrer sur le marché du travail canadien, de nombreux immigrants ont d'abord du mal à trouver un emploi à temps plein toute l'année ainsi qu'à obtenir un emploi relativement bien rémunéré (Statistique Canada, 2008b).
Il peut exister des écarts dans les gains si des personnes travaillent à temps partiel ou une partie de l'année seulement. Afin de tenir compte de ces facteurs, notre analyse porte sur les travailleurs à temps plein toute l'année du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) ayant travaillé de 49 à 52 semaines en 2005, à raison de 30 heures ou plus par semaine.
Emploi à temps plein toute l'année
Selon le Recensement de 2006, 1,1 million d'immigrants du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) ayant obtenu leur plus haut niveau de scolarité à l'extérieur du Canada étaient occupés en 2005 et avaient des gains supérieurs à 0. De ce nombre, environ 53 % (ou 594 100) travaillaient à temps plein toute l'année (graphique 1.5).
De façon générale, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de travailler à temps plein durant toute l'année en 2005 : cette année-là, environ 60 % des immigrants masculins formés à l'étranger occupaient un emploi à temps plein toute l'année, contre à peu près 46 % des femmes.
Les résultats du Recensement de 2006 montrent que plus un immigrant vit au Canada depuis longtemps, plus il est susceptible de déclarer être occupé à temps plein durant toute l'année. Comme le montre le graphique 1.5, environ 40 % des immigrants très récents formés à l'étranger occupaient en 2005 un emploi à temps plein toute l'année, comparativement à 57 % des immigrants récents. Avec une proportion de 60 %, les immigrants établis au pays depuis plus de dix ans étaient aussi susceptibles que les immigrants formés au Canada (60 %) et que les Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires (63 %) de déclarer en 2005 être occupés à temps plein durant toute l'année. Comme nous l'avons mentionné plus haut, le fait de vivre au Canada depuis plus longtemps a probablement fourni aux immigrants de longue date les outils et l'expérience de travail au pays qui ont permis d'améliorer leurs chances de trouver un emploi.
Il est important de noter que la probabilité d'être occupé à temps plein durant toute l'année peut ne pas être entièrement attribuable au temps écoulé depuis l'établissement au pays; le changement dans la composition des immigrants au cours des différentes périodes d'établissement, les conditions sur le marché du travail ainsi que d'autres facteurs peuvent également contribuer aux différences entre les groupes.
Gains provenant d'un emploi à temps plein toute l'année
Toutefois, même en travaillant le même nombre d'heures pendant le même nombre de semaines, les immigrants des deux sexes formés à l'étranger gagnaient, en général, moins que les immigrants formés au Canada et que les travailleurs nés au Canada ayant fait des études postsecondaires. Dans l'ensemble, comme le montre le graphique 1.6, les immigrants du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) formés à l'étranger qui travaillaient à temps plein toute l'année ont déclaré des gains médians de 40 800 $, comparativement à 49 000 $ pour les immigrants formés au Canada et à 49 300 $ pour les Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires et travaillant à temps plein toute l'année.
Ces résultats semblent corroborer l'observation suivante : « Les faibles gains des immigrants sont souvent attribués à la spécificité du capital humain, c'est-à-dire que les compétences acquises grâce à l'éducation ou à l'expérience de travail dans le pays d'origine ne sont pas directement transférables au pays d'accueil. Il s'ensuit que des immigrants apparemment qualifiés occupent des emplois faiblement rémunérés. » (Statistique Canada, 2008b).
Les barrières linguistiques et la discrimination, réelle ou perçue comme telle, statistique1 ou fondée sur les préférences ou les goûts2, peuvent aussi influer sur les gains des immigrants par rapport à ceux des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires (Picot et Hou, 2009). Oreopoulos (2008) a constaté, par exemple, que les demandeurs d'emploi portant un nom à consonance anglaise et possédant de l'expérience au Canada étaient beaucoup plus susceptibles d'être convoqués à une entrevue (toutes autres caractéristiques professionnelles et personnelles étant identiques) que ceux qui portaient un nom à consonance asiatique et possédaient une expérience acquise à l'étranger. Toutefois, on ignore si ce phénomène dénote une forme de discrimination ou les préoccupations des employeurs concernant les aptitudes linguistiques ou d'autres caractéristiques des immigrants (Picot et Hou, 2009).
Comme nous l'avons observé plus haut, il existe un lien entre le nombre d'années passées au Canada et les gains des immigrants. L'analyse des données de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes par Bonikowska, Green et Riddell (2008) révèle que sur le marché du travail canadien, le rendement de l'expérience de travail acquise à l'étranger est très faible, voire parfois nul. C'est l'expérience de travail au Canada qui compte dans la croissance des gains. Lorsqu'on tient compte uniquement de leur expérience de travail au Canada, les gains des immigrants se rapprochent davantage de ceux des Canadiens de naissance possédant le même nombre d'années d'expérience. En effet, comme le montre le tableau 13, les écarts entre les gains des immigrants formés à l'étranger et ceux des travailleurs nés au Canada s'amenuisaient en fonction du temps écoulé depuis l'arrivée au pays. Les résultats du Recensement de 2006 montrent qu'en 2005, les immigrants très récents âgés de 25 à 64 ans gagnaient, en moyenne, 67 cents pour chaque dollar gagné par les travailleurs nés au Canada ayant fait des études postsecondaires, comparativement à environ 81 cents pour les immigrants récents et à 91 cents pour les immigrants établis au pays depuis plus de dix ans.
Encore une fois, comme nous l'avons observé plus haut, la diminution de la taille de l'écart entre les gains peut ne pas être entièrement attribuable au temps écoulé depuis l'établissement au pays; le changement dans la composition des immigrants au cours des différentes périodes d'établissement, les conditions sur le marché du travail ainsi que d'autres facteurs peuvent également contribuer aux différences entre les groupes.
Un autre élément d'explication tient aux écarts dans les niveaux de compétence, surtout entre les immigrants formés à l'étranger et ceux qui ont fait une partie ou la totalité de leurs études au Canada (Bonikowska, Green et Riddell, 2008). En 2005, en effet, les gains médians des immigrants de longue date formés au Canada étaient nettement supérieurs (50 100 $) à ceux des immigrants formés à l'étranger (44 900 $); ils étaient même légèrement supérieurs à ceux des travailleurs nés au Canada ayant fait des études postsecondaires (49 300 $) (tableau 13).
Les résultats du Recensement de 2006 montrent aussi que les immigrants de 25 à 64 ans formés à l'étranger qui n'étaient pas aux études en 2006 étaient plus susceptibles que les immigrants qui étaient aux études d'avoir trouvé un emploi à temps plein toute l'année (57 % contre 43 %) et de déclarer des gains plus élevés (41 200 $ contre 37 500 $) (tableau 13).
Résumé
Comme le montrent les données du Recensement de 2006, environ les trois quarts des immigrants du principal groupe d'âge actif (de 25 à 64 ans) formés à l'étranger étaient occupés en 2006, ce qui était inférieur au taux d'emploi des immigrants formés au Canada et des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires, soit environ 82 % dans les deux cas.
Comme le mentionnent différentes études, ce désavantage relatif tient pour une bonne part au fait que, souvent, les compétences acquises par les immigrants dans leur pays d'origine ne sont pas directement transférables à l'économie d'accueil. Plusieurs facteurs, dont la reconnaissance des titres de compétences acquis à l'étranger, le niveau de scolarité, l'étendue de l'expérience acquise à l'étranger et au Canada, la qualité différente de l'enseignement dans certains pays, les barrières linguistiques et les difficultés connexes, la force des réseaux sociaux, la connaissance du marché du travail canadien et la discrimination, réelle ou perçue comme telle, peuvent aussi influencer la situation des immigrants sur le marché du travail par rapport à celle des Canadiens de naissance ayant fait des études postsecondaires.
Au moment d'entrer sur le marché du travail canadien, de nombreux immigrants ont d'abord du mal à trouver du travail ainsi qu'à obtenir un emploi relativement bien rémunéré. Bon nombre de nouveaux venus formés à l'étranger poursuivent leurs études afin d'accroître leur scolarité et leur expérience acquises au Canada. En 2006, parmi les immigrants très récents formés à l'étranger, un peu plus d'un sur cinq (22 %) était aux études, comparativement à environ 12 % des immigrants récents et à 7 % des immigrants de longue date âgés de 25 à 64 ans et formés à l'étranger.
Même en travaillant le même nombre d'heures pendant le même nombre de semaines, les immigrants formés à l'étranger gagnaient, en général, moins que les immigrants formés au Canada et que les travailleurs nés au Canada ayant fait des études postsecondaires. En effet, les immigrants formés à l'étranger qui travaillaient à temps plein toute l'année ont déclaré en 2005 des gains médians de 40 800 $, comparativement à 49 000 $ pour les immigrants formés au Canada et à 49 300 $ pour les Canadiens de naissance travaillant à temps plein toute l'année.
Notes
- Lorsqu'il est difficile d'obtenir des renseignements sur la productivité ou les aptitudes linguistiques de la personne et que l'employeur prend une décision d'embauche, par exemple, en fonction de sa notion (réelle ou perçue comme telle, exacte ou erronée) des caractéristiques, comme les aptitudes linguistiques ou la productivité, du groupe auquel appartient la personne plutôt que de celles de la personne (Picot et Hou, 2009).
- Lorsque les employeurs, les clients ou les collègues préfèrent des personnes d'un groupe plutôt que d'un autre, indépendamment des critères fondés sur la productivité, l'éthique du travail, etc. (Picot et Hou, 2009).
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