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La création des connaissances et l'innovation par la recherche et le développement d'un personnel hautement qualifié ont de plus en plus d'importance dans l'économie mondiale. Le gouvernement du Canada a déclaré que notre population doit améliorer son avantage sur le plan du savoir pour soutenir la concurrence mondiale et promouvoir la croissance économique. L'une des principales stratégies menant à l'atteinte de cet objectif est la formation des titulaires de doctorat.

Les diplômés du doctorat forment la nouvelle génération de professeurs qui donnent des cours avancés dans les collèges et les universités et jouent un rôle essentiel dans la transmission de connaissances actuelles aux étudiants, en particulier ceux du deuxième et troisième cycle. Comme les études doctorales se caractérisent par la conception, la mise en œuvre et l'interprétation de recherches, elles constituent également d'importants ajouts au bassin de chercheurs en éducation, dans les marchés et dans le secteur public. Par leurs recherches, ces chercheurs contribuent à la création de connaissances dans une variété de domaines et à l'innovation des produits et des processus.

Chaque cohorte d'étudiants au doctorat fait également augmenter le niveau de capital humain à l'échelle nationale. Le niveau de scolarité de la main-d'œuvre détermine la mesure dans laquelle de nouvelles technologies peuvent être adoptées et le volume de capital utilisé dans la production. Une étude a révélé que l'augmentation du niveau de scolarité de la main-d'œuvre aux États-Unis comptait pour le tiers de la croissance de l'économie américaine des 50 dernières années 1. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a remarqué que le Canada montrait un faible pourcentage de personnes ayant un diplôme d'études avancées, surtout en sciences.

Dans ce contexte, il est important de comprendre le cheminement scolaire qui amène les étudiants à poursuivre des études doctorales, les obstacles auxquels ils se heurtent, et le rendement de l'investissement supplémentaire qu'exigent ces études avancées.

L'Enquête auprès des titulaires d'un doctorat (ETD) est une source essentielle de données nationales qui permet de mieux comprendre le développement de l'offre de titulaires de doctorat au Canada. L'ETD est une enquête annuelle menée auprès des diplômés du doctorat qui a été réalisée pour la première fois au cours de l'année universitaire 2003-2004. Elle saisit des données sur la durée des études ayant mené à l'obtention du diplôme, le financement des étudiants, et les caractéristiques démographiques des diplômés. Cette enquête fournit également des renseignements sur les projets d'avenir des diplômés du doctorat, notamment leurs perspectives d'emploi et leur intention de poursuivre leurs études. De plus, cette enquête contient de l'information sur le marché du travail concernant le stock de ces diplômés hautement spécialisés dans divers domaines, le pourcentage d'étudiants étrangers et la migration des diplômés canadiens et étrangers.

Les États-Unis procèdent à une étude semblable (appelée « Survey of Earned Doctorates ») depuis 1958. Comme un bon nombre de questions de l'ETD au Canada ont été calquées sur l'enquête américaine auprès des titulaires d'un doctorat, il est facile et pratique d'établir des comparaisons avec les données des États-Unis pour mettre les statistiques canadiennes en perspective.

Notes sur les données

L'Enquête auprès des titulaires d'un doctorat (l'ETD) est un questionnaire remis à tous les diplômés qui obtiennent un doctorat dans un établissement canadien où l'on remet des doctorats, si bien que l'ETD se veut un recensement des diplômés du doctorat. Selon les résultats de l'enquête de 2004-2005, 3 979 diplômés ont reçu un questionnaire. Sur ceux qui en ont reçu un, 54 % y ont répondu, comparativement à 60 % l'année précédente. On estime qu'environ 1 % des diplômés du doctorat (ou 44 diplômés) avaient été exclus de la base de sondage en raison d'une non-réponse de la part de l'établissement ayant attribué leur doctorat. Il s'agit d'une grande amélioration par rapport à l'année précédente, alors qu'environ 9 % des diplômés d'un programme d'études doctorales avaient été exclus de l'enquête. Les comparaisons directes du nombre de diplômés d'une année à l'autre ne seront donc pas entièrement précises.

Les réponses à l'enquête ont été pondérées, ce qui a permis d'ajuster pour la non-réponse de façon à mieux refléter les caractéristiques de la population telles que données par les établissements d'attribution des doctorats. Une restriction de l'ETD est qu'elle ne couvre pas les Canadiens diplômés d'un programme d'études doctorales d'un pays étranger. Donc, bien que l'enquête représente les diplômés d'un programme d'études doctorales canadien, elle ne représente pas tous les Canadiens ayant obtenu un diplôme de doctorat.

Pour nous conformer aux dispositions de confidentialité, nous avons condensé les domaines d'études dans certains tableaux pour que les échantillons soient assez volumineux pour être publiés. Malgré cela, il y a tout de même des cas où le nombre insuffisant de diplômés dans une catégorie nous empêche de consigner les pourcentages. Les domaines d'études ont été condensés comme suit :

Liste détaillée Liste condensée
Sciences agricoles Sciences de la vie
Sciences biologiques
Sciences de la santé
Génie Génie
Informatique et mathématiques Sciences physiques
Chimie
Autres sciences physiques
Psychologie Sciences sociales
Sciences sociales
Sciences humaines Sciences humaines
Éducation Autres programmes
Domaines professionnels/autres

Tendances dans le nombre de diplômés du doctorat

Le nombre d'étudiants qui ont obtenu leur doctorat d'une université canadienne est demeuré stable au cours des dernières années, de l'ordre de 4 000 diplômés 2 . L'année universitaire 2004-2005 ne fait pas exception, environ 4 000 étudiants ayant obtenu un diplôme de doctorat d'un établissement canadien. D'après le recensement de 2001, les titulaires de doctorat constituaient 0,41 % de la population canadienne. Toutefois, ce niveau est inférieur à celui de 0,72 % affiché aux États-Unis au cours de la même année.

Graphique 1
Pourcentage de titulaires de doctorat parmi la population, États-Unis et Canada

Bien que le nombre de diplômés ait stagné à 4 000 au cours des dernières années, le nombre d'inscriptions aux programmes de doctorat a augmenté considérablement. Entre 2000 et 2004, le nombre d'inscriptions à des programmes de doctorat a crû à un taux moyen de près de 7 % par année. Au cours de l'année universitaire 2004-2005, on a recensé plus de 34 000 étudiants inscrits à l'une ou l'autre des années d'un programme de doctorat. L'Association des universités et collèges du Canada (AUCC) attribue la croissance du nombre d'inscriptions à deux facteurs. Le premier est une augmentation du nombre de professeurs dans les établissements canadiens, qui a fait augmenter la capacité de formation des étudiants au doctorat dans les établissements. Le deuxième est une hausse du niveau de financement des étudiants au doctorat grâce aux bourses de recherche et aux mécanismes d'aide financière aux étudiants fournis par les gouvernements et les universités. L'augmentation du nombre d'inscriptions signifie que l'on devrait observer une hausse proportionnelle du nombre de diplômés du doctorat dans un avenir proche 3.

En dépit de la croissance récente du nombre d'inscriptions, le Canada se classe assez bas à l'échelle internationale pour le nombre de titulaires de doctorat. L'OCDE produit un rapport sur le pourcentage de la population ayant obtenu un diplôme d'un programme de recherche avancée à l'âge typique d'obtention de ce diplôme. L'OCDE utilise l'âge typique d'obtention du diplôme dans les différents pays afin de permettre les comparaisons entre les pays qui ont des systèmes d'éducation différents, en particulier aux cycles supérieurs. Bien que ces statistiques ne reflètent pas avec précision la population entière, elles sont utiles à des fins comparatives. À 0,8 % de la population, le Canada se situe bien en deçà de la moyenne de l'OCDE de 1,3 % 4.

Graphique 2
Pourcentage de titulaires de doctorat parmi la population à l'âge de la fin des études

Domaine d'études des diplômés du doctorat

À peu près un cinquième des diplômés (21 %) de 2004-2005 étaient inscrits en sciences biologiques. Le génie et les sciences humaines représentaient chacun plus de 10 % des diplômés. Comme c'était le cas en 2003-2004, des pourcentages similaires ont également terminé leurs études en psychologie (9 %), en sciences sociales (8 %) et en éducation (9 %).

Les sciences physiques, les sciences de la vie, les sciences sociales et le génie, qui, ensemble, forment la vaste catégorie des « sciences et génie », ont constitué plus de 75 % des diplômés du doctorat au Canada. Aux États-Unis, cette même catégorie constituait 68 % des diplômés. Il y a eu plus de diplômés du doctorat en éducation aux États-Unis qu'au Canada (14 % par rapport à 9 % au Canada). Le tableau 1 de l'annexe contient une liste complète des diplômés au Canada selon le domaine d'études.

Graphique 3
Répartition des diplômés du doctorat selon le domaine d'études au Canada et aux États-Unis

Différences entre les sexes chez les diplômés du doctorat

La répartition selon le sexe des diplômés masculins et féminins était un peu plus équitable en 2004-2005 qu'au cours de l'année précédente. En 2004-2005, près de 46 % des diplômés étaient des femmes, comparativement à près de 43 % l'année précédente. Bien que les différences entre les sexes aient été moins prononcées globalement, il y avait quand même d'importantes différences d'un domaine d'études à l'autre. Le génie était le domaine où les hommes prédominaient le plus, tandis que la psychologie était devenue le domaine de prédilection des femmes.

Une partie de la hausse du pourcentage de femmes s'explique par des augmentations considérables dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes. En informatique et mathématiques, ainsi qu'en sciences physiques, le nombre de femmes diplômées a augmenté beaucoup plus vite que le nombre d'hommes diplômés. Entre les années universitaires 2003-20045 et 2004-2005, le pourcentage de femmes ayant obtenu un diplôme en informatique et mathématiques a crû de près de 49 %. De même, le pourcentage de femmes ayant obtenu un diplôme en sciences physiques a crû de plus de 23 % 6 .

Les étudiants étrangers présents dans les universités canadiennes étaient, de façon disproportionnée, de sexe masculin. Si on exclut de la population les étudiants étrangers et ceux qui détenaient un visa, le pourcentage de femmes diplômées d'un programme de doctorat au Canada dépassait légèrement 50 %. Cette statistique se compare à la proportion de 47 % des diplômés canadiens de l'année universitaire 2003-2004 qui étaient de sexe féminin.

Aux États-Unis, les femmes représentaient 45 % des diplômés du doctorat (par rapport à 46 % au Canada) au cours de l'année universitaire 2004-2005. Il s'agit de la dixième année de suite où le pourcentage de diplômés du doctorat de sexe féminin aux États-Unis était supérieur à 40 %.

Graphique 4
Pourcentage de diplômés du doctorat de sexe féminin selon le domaine d'études

Près d'un quart des diplômés du doctorat au Canada étaient étudiants étrangers ou détenteurs d'un visa

Au cours de l'année universitaire 2004-2005, environ 23 % des diplômés étaient étudiants étrangers ou détenteurs d'un visa et représentés de façon disproportionnée en génie et en sciences physiques. Plus de 42 % des étudiants diplômés en génie et plus de 32 % des diplômés en sciences physiques étaient étudiants étrangers ou détenteurs d'un visa. À l'inverse, moins de 12 % des diplômés en sciences sociales et moins de 17 % des diplômés en sciences humaines étaient étrangers ou détenteurs d'un visa. Il est possible que ces statistiques indiquent que les étudiants étrangers s'intéressaient aux domaines techniques offrant les meilleures perspectives d'emploi dans leur pays d'origine et où l'obstacle linguistique est moins difficile à surmonter. Il se peut également que les étudiants étrangers s'intéressaient moins aux programmes canadiens proposant un contenu régional, comme les sciences humaines.

Un pourcentage notable de Canadiens ont poursuivi leurs études doctorales comme étudiants étrangers dans un établissement américain. Le Canada était le cinquième pays d'origine en importance des diplômés de doctorat étrangers des universités américaines. Au cours de l'année universitaire 2004-2005, les Canadiens comptaient 556 diplômés aux États-Unis, soit 1,3 % de l'ensemble des diplômés des universités américaines ayant obtenu leur doctorat au cours de cette année. Plus de 61 % des étudiants canadiens dans les universités américaines ont déclaré qu'ils avaient l'intention de demeurer aux États-Unis après l'obtention de leur diplôme. Cela représente une perte d'environ 340 titulaires de doctorat pour le Canada.

Les États-Unis représentent une destination de choix pour de nombreux étudiants étrangers, en particulier ceux qui proviennent des nouvelles économies. Environ 35 % des diplômés du doctorat aux États-Unis étaient étrangers ou détenteurs d'un visa 7 . Le Canada comptait un pourcentage de diplômés étrangers inférieur (12 points de pourcentage plus bas) à celui des États-Unis en 2004-2005.

Le doctorat peut être un investissement à long terme

L'âge de la fin du diplôme reflète l'âge de l'étudiant au moment de son inscription et le temps dont il a eu besoin pour obtenir son diplôme. L'âge moyen d'un diplômé du doctorat était de 36 ans, et la durée moyenne nécessaire pour obtenir un doctorat était de cinq ans et neuf mois, bien que celle-ci puisse varier considérablement d'un domaine d'études à l'autre. Les diplômes de sciences sociales sont ceux qui demandaient le plus de temps, une année complète de plus que la moyenne globale. Les sciences humaines et la psychologie affichaient également une durée d'études supérieure à la moyenne. Par contre, en génie, les études duraient en moyenne cinq ans seulement. La chimie, l'informatique et les mathématiques, et les sciences de la santé exigeaient relativement peu de temps elles aussi.

Dans certains domaines, il semble que les étudiants se soient inscrits uniquement après avoir acquis de l'expérience de travail. L'âge moyen à l'inscription était supérieur à 30 ans dans des domaines comme l'agriculture, l'éducation, les sciences de la santé, les sciences humaines, et les domaines professionnels/autres. Il semble que les étudiants des domaines scientifiques comme la chimie aient complété leur doctorat immédiatement après leurs années d'études initiales.

Selon le domaine d'études, on observait un haut niveau de corrélation entre le temps nécessaire pour terminer les études et l'âge moyen à l'obtention du diplôme, avec quelques exceptions notables. Les étudiants en éducation étaient les plus vieux diplômés, à 45 ans, en dépit d'un programme de durée moyenne. De même, les diplômés des domaines professionnels/autres et des sciences agricoles étaient plus vieux que la moyenne à la fin de leurs études, bien que la durée de ces programmes se situe dans la moyenne. Par contraste, les étudiants en sciences biologiques faisaient partie des plus jeunes diplômés, même si leur programme d'études avait une durée moyenne.

Graphique 5
Âge moyen des diplômés au début et à la fin de leurs études

Les universités étaient les principales sources d'aide financière pour les étudiants au doctorat

Les diplômés ont déclaré qu'ils avaient eu recours à de multiples sources pour financer leurs études. La majorité des étudiants avaient reçu de l'aide financière de l'université ou de l'établissement où ils avaient poursuivi leurs études doctorales. Près de 65 % des étudiants ont déclaré qu'ils avaient reçu une bourse d'études ou de recherche de leur université, 63 % avaient occupé un poste d'assistant à l'enseignement, et 32 % avaient occupé un poste d'assistant à la recherche. Des bourses d'études et de recherche ont également été attribuées par des conseils de recherche nationaux, les gouvernements provinciaux et d'autres sources. De plus faibles pourcentages d'étudiants (25 % à 40 %) ont également déclaré avoir financé leurs études à l'aide de prêts, de leur épargne personnelle, de leurs gains d'emploi, et des gains ou épargne d'un membre de leur famille (conjoint, partenaire ou autre membre de la famille).

Les diplômés devaient également mentionner la principale source de financement de leurs études (graphique 6). Les bourses d'études et de recherche de toutes sources confondues avaient été la principale source d'aide financière de 56 % des diplômés, tandis que les postes d'assistant à la recherche et à l'enseignement étaient la principale source d'aide financière de près de 18 % des diplômés. Les autres sources citées parmi les principales sources d'aide financière étaient les gains personnels pendant les études supérieures, l'épargne personnelle ou les gains ou épargne d'un membre de la famille, les prêts, et un remboursement ou l'aide de l'employeur.

Graphique 6
Principale source d'aide financière pour les études supérieures

On observe quelques différences dans la principale source d'aide financière entre les sexes. Les femmes étaient plus nombreuses à avoir reçu des bourses d'études et de recherche que les hommes, mais les hommes étaient plus nombreux à avoir occupé un poste d'assistant à l'enseignement ou à la recherche pour financer leurs études. Les femmes étaient également davantage portées à se servir de leurs gains personnels ou de leur épargne ou des gains ou épargne d'un membre de leur famille. Cependant, étant donné la répartition inégale des sexes entre les domaines d'études, il est difficile de tirer des conclusions sur les sexes sans d'abord tenir compte du choix de programme.

Un moins grand nombre de titulaires de doctorat étaient endettés à la fin de leurs études

Les diplômés de 2004-2005 étaient moins susceptibles d'avoir accumulé des dettes d'études que ceux de l'année précédente. En 2004-2005, 59 % des étudiants ont déclaré qu'ils n'avaient pas de dettes après leurs études supérieures, et 50 % n'avaient pas de dettes ni à la fin de leurs études supérieures ni à la fin de leurs études de premier cycle. Les statistiques des diplômés du doctorat de l'année précédente s'établissaient à 56 % et à 46 % respectivement.

Bien que le pourcentage de diplômés ayant des dettes d'études ait diminué par rapport à l'année précédente, le pourcentage d'étudiants qui devaient plus de 20 000 $ après leur baccalauréat ou leur doctorat est demeuré assez semblable. En tout, 15 % des diplômés de 2004-2005 ont déclaré qu'ils devaient plus de 20 000 $ à la suite de leurs études supérieures.

Parmi les domaines d'études, ce sont les sciences physiques et le génie qui montraient le plus fort pourcentage (70 %) de diplômés sans dettes d'études supérieures, tandis que les sciences sociales et humaines sont les domaines qui montraient le moins de diplômés qui n'avaient pas de dettes d'études supérieures. En outre, près d'un cinquième des diplômés dans les sciences sociales et humaines avaient accumulé plus de 20 000 $ de dettes.

Graphique 7
Endettement des diplômés du doctorat selon le domaine d'études

Un plus grand pourcentage d'étudiants au doctorat aux États-Unis, 67 % des diplômés, ont déclaré qu'ils n'avaient pas de dettes à la suite de leurs études supérieures (comparativement à 59 % au Canada). Toutefois, un pourcentage semblable de diplômés (51 % comparativement à 50 % au Canada) ont indiqué qu'ils n'avaient pas de dettes à la suite de leurs études de premier cycle et de leurs études supérieures. Un plus grand pourcentage d'étudiants aux États-Unis (20 % par rapport à 15 % au Canada) ont déclaré des dettes d'études supérieures de plus de 20 000 $.

De nombreux diplômés du doctorat avaient des projets fermes à l'obtention de leur diplôme

Près des trois quarts des diplômés du doctorat (73 %) en 2004-2005 ont déclaré avoir des projets fermes, soit d'emploi, soit d'autres études, à mettre à exécution après l'obtention de leur diplôme. Près de 20 % des diplômés ont déclaré qu'ils reprendraient un poste qu'ils avaient occupé avant de terminer leurs études, et près de 53 % des diplômés avaient pris un engagement définitif de commencer à travailler ou de poursuivre leurs études dans un nouvel environnement. Les autres diplômés (27 %) n'avaient pas de projets fermes après l'obtention de leur diplôme : 7 % étaient en négociation avec un employeur, 18 % étaient à la recherche d'un poste mais n'avaient pas de perspectives précises, et 1 % n'avaient pas de projets, ni pour le travail ni pour les études.

Les diplômés en sciences sociales, en sciences de la vie, et en sciences physiques étaient les plus susceptibles d'avoir des projets fermes, environ 75 % de ces diplômés ayant des projets fermes pour après l'obtention de leur diplôme. Les diplômés en sciences humaines étaient les moins nombreux à avoir des projets fermes, moins de 57 % d'entre eux ayant l'intention de retourner chez un employeur, ou ayant pris un engagement certain à travailler ou à étudier ailleurs.

Un pourcentage semblable de diplômés de l'année précédente avaient déclaré avoir des projets fermes à l'obtention de leur diplôme. Au cours de l'année universitaire 2003-2004, 74 % des diplômés avaient des projets fermes, et une autre tranche de 7 % étaient en négociation.

Aux États-Unis, un pourcentage comparable de diplômés (71 %, comparativement à 73 % au Canada) avaient, à l'obtention de leur diplôme, des projets fermes d'emploi ou d'études.

La majorité des diplômés du doctorat travailleront en recherche- développement ou en enseignement

Les diplômés ayant des projets fermes sur le plan professionnel ont fait part de leurs principales activités pour l'année à venir. Près de 38 % des diplômés ont déclaré qu'ils effectueraient de la recherche-développement, et le tiers des diplômés occuperaient un emploi en enseignement. Plus de 22 % des diplômés allaient travailler dans les services professionnels. Il y avait d'importantes différences dans les activités d'un domaine d'études à l'autre, les diplômés en sciences étant davantage attirés par la recherche-développement (50 % à 60 %), et ceux en sciences humaines par l'enseignement (72 %).

Graphique 8
Principale activité d'emploi des diplômés du doctorat selon le domaine d'études

On a également demandé aux diplômés de nous faire connaître le secteur de l'économie dans lequel ils allaient travailler. Les industries de services ont été mentionnées le plus souvent comme employeur des titulaires de doctorat, 54 % des diplômés ayant des projets fermes d'emploi en éducation, 16 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques, 13 % en santé et en aide sociale, 8 % en administration publique, et 6 % dans toutes les autres industries de services. Seulement 4 % des diplômés avaient des projets fermes d'emploi dans une industrie de production de biens. Le génie est la seule exception à cette tendance, 23 % des diplômés ayant des projets fermes de travail dans une industrie de production de biens.

Le revenu attendu des diplômés du doctorat a augmenté

Parmi les diplômés ayant des projets fermes d'emploi, près de 64 % s'attendaient à ce que leur rémunération annuelle soit de 55 000 $ ou plus. Il s'agit d'une hausse de près de quatre points de pourcentage par rapport à l'année précédente 8. Le nombre de diplômés qui s'attendaient à gagner moins de 35 000 $ est demeuré inchangé par rapport à l'année précédente, à 12 %. On a remarqué d'importantes différences de la rémunération attendue entre les divers domaines d'études. La catégorie « autres domaines d'études » (qui comprend l'éducation, les domaines professionnels et autres) est celle qui contenait le plus important pourcentage de diplômés qui s'attendaient à gagner plus de 55 000 $, suivie du génie. C'est en sciences humaines que l'on a observé le plus faible pourcentage de diplômés prévoyant se situer dans la fourchette de rémunération supérieure.

Graphique 9
Revenu attendu des diplômés du doctorat ayant des projets fermes d'emploi, selon le domaine d'études

Poursuite de la formation ou des études chez les diplômés du doctorat

Près des trois quarts des diplômés ayant des projets fermes d'études ont déclaré qu'ils le feraient dans le cadre d'une bourse d'études postdoctorales. Le pourcentage de bourses d'études postdoctorales était le plus élevé chez les diplômés en sciences humaines (92 %).

Plus de 90 % des diplômés de tous les domaines, à l'exception des sciences sociales, ont déclaré que leurs principales activités pendant la poursuite de leurs études seraient reliées à la recherche-développement. Sur l'ensemble des diplômés en sciences sociales poursuivant leurs études, 14 % le feraient dans le domaine des services professionnels, tandis que 83 % opteraient pour la recherche-développement. Globalement, seulement 4 % des diplômés poursuivant leurs études le feraient dans les services professionnels, et 4 % choisiraient un autre domaine.

Les diplômés ont déclaré avoir obtenu du financement d'une variété de sources pour poursuivre leurs études. Ces sources comprenaient des organismes de financement (47 %), des industries et des entreprises (8 %), des collèges et universités (24 %), et des fondations privées et sans but lucratif (5 %). On observait des différences considérables quant aux sources de financement d'un domaine d'études à l'autre. Les diplômés en génie étaient plus susceptibles d'être subventionnés en majorité par une industrie ou une entreprise que les diplômés des autres domaines d'études.

Les diplômés poursuivant leurs études étaient plus portés à le faire dans un milieu universitaire. En tout, 86 % des diplômés ont déclaré qu'ils avaient l'intention de poursuivre leurs études dans un établissement d'enseignement, 7 % dans le secteur gouvernemental, et 6 % dans le secteur privé.

Pays de résidence prévu des diplômés du doctorat

La mobilité internationale des diplômés est importante étant donné la nature internationale des recherches universitaires. Près de 23 % des diplômés du doctorat en 2004-2005 planifiaient habiter à l'extérieur du Canada après l'obtention de leur diplôme. Cette proportion était relativement semblable à celle de l'année universitaire 2003-2004, alors que 21 % des diplômés du doctorat avaient affirmé leur intention de quitter le pays.

Quoique 46 % des diplômés ayant l'intention de partir étaient nés au Canada, ce groupe ne représentait que 18 % des diplômés du doctorat nés au Canada. À l'inverse, bien que les Américains constituaient un faible pourcentage de ceux qui avaient l'intention de demeurer au Canada, ce groupe représentait 60 % de l'ensemble des diplômés au Canada nés aux États-Unis. Un pourcentage encore plus important de diplômés nés à l'extérieur du Canada ou des États-Unis, plus de 72 %, avaient l'intention de demeurer au Canada après l'obtention de leur doctorat.

Comparativement à ceux qui avaient l'intention de demeurer au Canada, les diplômés qui prévoyaient aller habiter ailleurs étaient plus nombreux à avoir des projets fermes de travail. Plus de la moitié de ceux qui prévoyaient partir avaient des projets fermes d'emploi dans leur pays de destination, tandis que seulement 29 % de ceux qui prévoyaient rester au Canada avaient des projets fermes de travail. D'un autre côté, les diplômés qui prévoyaient poursuivre leurs études étaient plus susceptibles de le faire au Canada. Seulement 27 % de ceux qui avaient l'intention de partir prévoyaient des études postdoctorales, tandis que près de 46 % de ceux qui planifiaient rester ont déclaré qu'ils poursuivraient leurs études.

Les diplômés qui avaient un conjoint étaient moins portés à avoir l'intention de partir, de même que ceux qui avaient des personnes à charge. Plus de 27 % des diplômés sans personnes à charge prévoyaient partir, tandis que seulement 13 % des diplômés ayant des personnes à charge prévoyaient quitter le Canada. Les hommes étaient plus portés à partir que les femmes.

Les diplômés en sciences de la vie et en sciences physiques étaient plus portés à avoir l'intention de quitter le Canada que les diplômés des autres domaines, surtout ceux de la catégorie « autres », où les diplômés étaient les moins susceptibles de partir. Environ 27 % des diplômés en sciences de la vie et 34 % des diplômés en sciences physiques planifiaient aller vivre à l'extérieur du Canada, tandis que seulement 15 % des diplômés en sciences sociales et 13 % des diplômés dans « d'autres » domaines avaient l'intention de partir. Ces statistiques sont sans doute influencées en partie par le nombre d'étudiants étrangers et détenteurs de visa inscrits dans les divers domaines, sauf que les sciences de la vie comptaient un pourcentage relativement faible d'étudiants étrangers, tandis que les étudiants en génie, ceux où le pourcentage d'étudiants étrangers était de loin le plus élevé, affichaient un pourcentage de diplômés ayant l'intention de quitter le Canada inférieur à la moyenne.

Graphique 10
Diplômés du doctorat nés à l'étranger et pourcentage ayant l'intention de quitter le Canada selon le domaine d'études

Tableau 1
Pourcentage de diplômés du doctorat prévoyant rester au Canada ou partir