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Explorer la portée de l’Allocation canadienne pour enfants : Deux stratégies de surveillance des taux de couverture
Début du texte
L’engagement de Statistique Canada à l’égard de la sécurité des données
Conformément à son mandat, Statistique Canada accorde la plus haute importance à la protection des renseignements statistiques de nature délicate. Différentes politiques, directives et lignes directrices sont en vigueur pour garantir la sécurité des données.
- L’accès aux données par les employés de Statistique Canada nécessite une justification et doit être approuvé par la haute direction (directeur et échelons supérieurs). L’accès aux données par les employés est également limité dans le temps et fait l’objet d’un suivi.
- L’environnement
des technologies de l’information (TI) est sécurisé:
- L’accès par les employés de Statistique Canada est contrôlé au moyen d’un nom d’utilisateur et de groupes de sécurité.
- Les employés ont uniquement accès aux variables dont ils ont besoin.
- Seuls quelques employés ayant pour tâche d’anonymiser les données ou d’effectuer des couplages d’enregistrements ont accès aux identifiants directs. De plus, les identifiants directs sont toujours conservés dans des fichiers distincts.
- Selon les lignes directrices sur la confidentialité, seules les données agrégées non confidentielles sont diffusées à l’extérieur de Statistique Canada. Des règles de suppression ou d’arrondissement sont appliquées aux données agrégées afin de réduire le risque de divulgation.
Résumé
La participation au système fiscal est une condition préalable à l’admissibilité et à la réception des nombreux programmes de prestations sociales du Canada. Chaque année, près de 1 personne au Canada sur 10 ne remplit pas sa déclaration de revenus dans les délais prévus et se prive ainsi, au moins temporairement, de prestations auxquelles elle pourrait avoir droit. L’Allocation canadienne pour enfants (ACE), qui a remplacé la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE) en juillet 2016, est une prestation gouvernementale mensuelle non imposable versée aux familles qui dépend du revenu et du nombre d’enfants dans la famille. Cette étude porte sur la couverture de l’ACE à l’aide de deux stratégies de suivi du taux de couverture. Elle s’inscrit dans le cadre des travaux menés actuellement par plusieurs organisations fédérales pour examiner la portée du système d’imposition et de prestations. Ce document permet de conclure que les différentes approches de suivi des taux de couverture permettent de tirer des leçons importantes pour comprendre la couverture de l’ACE.
Faits saillants
Conformément à son mandat, Statistique Canada accorde la plus haute importance à la protection des renseignements statistiques de nature délicate. Différentes politiques, directives et lignes directrices sont en vigueur pour garantir la sécurité des données.
- Taux de couverture des enfants — D’après la statistique de l’état civil pour les enfants âgés de 12 à 130 mois, le taux de couverture en mars 2021 allait de 95 % à 97 %. De même, le taux de couverture selon les données démographiques allait de 95 % à 97 % pour les enfants âgés de 1 à 10 ans en juillet 2021. Ces statistiques témoignent des efforts consentis pour intégrer les enfants dès leur inscription à la naissance au programme de l’ACE.
- Taux de non-déclaration des parents — Le taux de non-déclaration des parents d’enfants âgés de 1 à 10 ans allait de 7,5 % à 10,1 % en juillet 2021. Le taux de non-déclaration des parents d’enfants de la cohorte de naissances de mars 2021 (âgés de 0 à 22 mois) se situait de 1,1 % à 8,6 %.
- Taux de couverture parentale — En juillet 2021, le taux de couverture parentale pour les enfants âgés de 0 à 22 mois allait de 85 % à 94 %.
- Aspects mensuels — Les taux de déclaration s’améliorent au fur et à mesure que l’année avance. Cela signifie que la moyenne annuelle des taux de déclaration sous-estime le véritable taux de couverture, et qu’il serait pertinent d’utiliser les taux observés à la fin de l’année du programme (juin), voire à une date ultérieure. Les taux d’admissibilité fluctuent d’environ 10 points de pourcentage chaque année. Par exemple, ils se sont établis à 85,0 % en juillet 2021, soit au début du programme pour l’année, et ont augmenté progressivement pour se chiffrer à 94,5 % en juin 2022. Cette fluctuation s’explique principalement par le fait que les parents admissibles produisent leur déclaration après la date limite habituelle du 30 avril.
- Amélioration du taux de déclaration des nouveaux parents au fil du temps — Le taux de déclaration des nouveaux parents est faible. Bien qu’il soit normal que les parents d’enfants âgés de 1 à 3 mois aient un taux de déclaration plus faible en raison du temps requis pour l’inscription et des délais de traitement des paiements, il est tout de même surprenant qu’il faille attendre de 8 mois à 1 an pour combler le retard en matière d’inscription, de réception des déclarations et de calcul des prestations pour la majorité des bénéficiaires de l’ACE.
- Pandémie — Afin de lutter contre les difficultés économiques liées à la pandémie, une période de grâce de 3 mois a été accordée aux bénéficiaires de l’ACE pour la production de leur déclaration. Par la suite, le mois où le plus faible taux de déclaration a été observé est passé de juillet 2020 à octobre 2020. En fin de compte, la tendance en matière de non-déclaration a refait surface lorsque ces paiements d’urgence ont cessé.
Introduction
Depuis 2016, d’importants progrès ont été réalisés pour s’assurer que les ménages difficiles à joindre reçoivent toutes les prestations auxquelles ils ont droit. Étant donné que près de 1 personne au Canada sur 10 ne produit pas sa déclaration de revenus (Bureau du vérificateur général du Canada, 2022), certaines prestations ne sont pas réclamées ou sont réclamées avec un retard considérable, y compris l’Allocation canadienne pour enfants (ACENote ). Malgré une couverture potentiellement incomplète, l’ACE aurait permis de sortir 782 000 enfants de la pauvreté de 2015 à 2020 (Emploi et Développement social Canada, 2022). Afin de s’assurer que les programmes existants comme l’ACE ont pleinement les retombées voulues, le présent document examine la couverture du programme.
Dans le but de surveiller le programme de l’ACE, deux approches peuvent être utilisées : l’approche du taux de participation et l’approche du taux d’utilisationNote . L’approche du taux de participation, qui est utilisée dans d’autres contextes par Statistique Canada, mesure la proportion de familles participantes ou « admissibles » au programme, telles que les immigrants qui reçoivent la prestation divisée par la population totale d’immigrants vivant au Canada. L’Agence du revenu du Canada (ARC) utilise une approche similaire pour les populations autochtones vivant dans les réserves et à l’extérieur de celles-ci. Le taux de participation dans ces deux cas est utilisé pour examiner la participation de certaines sous-populations au programme.
La deuxième approche, recommandée par le Bureau du dirigeant principal des données d’Emploi et Développement social Canada (EDSC), repose sur le taux d’utilisation. Il s’agit du rapport du nombre total de bénéficiaires qui reçoivent une prestation au nombre total de personnes admissibles à cette prestation. Les bénéficiaires sont définis comme les parents qui ont reçu au moins un versement de l’ACE. Cette approche permet d’estimer le montant total des prestations non réclamées. Une limite de cette approche est qu’elle ne prend pas en compte les personnes considérées comme non admissibles.
Le présent document comble cette lacune en faisant appel à une troisième approche, à savoir l’approche du taux de couverture de la population, qui utilise les enfants comme unité d’analyse. Cette approche diffère des précédentes, car elle regroupe les enfants admissibles et non admissibles dans le calcul des données. Le taux de couverture est calculé en divisant le nombre total d’enfants figurant dans le fichier administratif de l’ACE par la population totale estimée d’enfants au Canada. Les taux de couverture sont complétés par les taux de non-déclaration des parents et par un indicateur combiné qui intègre à la fois les estimations de la non-déclaration et de la couverture des enfants dans un seul indicateur.
La section suivante fournit des détails supplémentaires sur la méthodologie, les données et les indicateurs utilisés dans cette analyse. Elle présente ensuite les résultats pour les mois de prestation au cours de la période de janvier 2019 à décembre 2022 pour les enfants de moins de 18 ansNote . Enfin, elle examine les forces et les faiblesses de chaque indicateur, fournit des mises en garde quant à l’interprétation des résultats et énumère les sujets qui pourraient nécessiter une étude plus approfondie.
Aperçu de l’Allocation canadienne pour enfants
L’Allocation canadienne pour enfants (ACE) a remplacé la Prestation fiscale canadienne pour enfants en juillet 2016. Il s’agit d’un versement mensuel non imposable et lié aux ressources, destiné aux familles avec enfantsNote Note . En 2023, les familles admissibles recevaient 491,91 $ par mois pour chaque enfant âgé de 0 à 17 ans, à quelques exceptions près énumérées ci-dessous.
La prestation est calculée en juillet de l’année en cours et versée mensuellement jusqu’en juin de l’année suivante. Elle est généralement versée entre le 15e et le 20e jour du mois, sauf en décembre, où elle est versée plus tôtNote .
Réponse à la pandémie
En réponse à la pandémie, trois mesures temporaires ont été adoptées à l’égard de l’ACE afin d’apporter un soutien immédiat aux familles. En 2020, une période de grâce de trois mois a été accordée pour les déclarations tardives en raison des difficultés supplémentaires liées à la déclaration de revenus pendant la pandémie. La réévaluation des personnes admissibles à l’ACE, qui a normalement lieu en juillet, a été reportée à octobre 2020. Les personnes qui auraient déjà reçu l’ACE mais qui n’avaient pas encore produit leur déclaration ont reçu des paiements d’urgence calculés temporairement sur la base des revenus de l’année précédente pour ces mois, avant le retour à la normale. La deuxième mesure de soutien, introduite en mai 2020, a offert à toutes les familles un paiement supplémentaire ponctuel. Enfin, la dernière mesure de soutien consistait en un supplément pour les jeunes enfants, versé en quatre paiements trimestriels supplémentaires de 300 $ par enfant de moins de 6 ansNote , pour un total de 1 200 $ par enfant pour les familles dont le revenu du ménage était inférieur à 120 000 $.
Méthodes, données et indicateurs clés
Afin d’évaluer la portée de l’ACE, il est essentiel de comparer le nombre d’enfants qui sont admissibles à la prestation ou qui sont exclus en raison du revenu élevé de leurs parents à la population totale d’enfants. Pour ce faire, il faut obtenir la meilleure estimation possible de la population d’enfants. Les enfants en situation de garde partagée apparaissaient deux fois dans les données de l’ACE, une fois avec chaque parent, mais ont été pondérés de nouveau pour ne compter qu’une seule fois au total dans le calcul des taux de couverture.
Les approches actuelles qui utilisent les ménages ou les familles comme unité d’analyse peuvent entraîner des biais. Conformément à la recommandation d’un récent rapport interne d’EDSC, les enfants de moins de 18 ans seront utilisés comme unité d’analyse. Le recensement constitue la meilleure source de données pour obtenir une estimation précise de la couverture de l’ACE, car il fournit les meilleures estimations du nombre d’enfants dont les parents ont reçu l’ACE, du nombre d’enfants admissibles à l’ACE et du nombre d’enfants dans la population.
Cependant, les données du recensement ne sont disponibles que tous les cinq ans et ne peuvent donc pas fournir directement des données actuelles pour le suivi de la couverture. Pour pallier ce problème, il est important de s’appuyer sur les sources de données administratives de l’ACE afin de fournir le numérateur nécessaire (enfants connus de l’Agence du Revenu du Canada) pour le taux de couverture, combiné à des estimations démographiques tirées d’autres sources qui serviront de dénominateur.
Statistique Canada reçoit chaque mois des fichiers de l’ACE qui contiennent des renseignements sur les principaux responsables des soins d’un enfant et sur leurs enfants. Pour chacun d’entre eux, le fichier de l’ACE contient la date de naissance, l’admissibilité, le sexe, le montant des prestations, le revenu net et le statut de déclaration de l’année précédente.
La population des enfants peut être estimée à l’aide de plusieurs sources. Le Programme des estimations démographiquesNote et le fichier des naissancesNote de la statistique de l’état civil permettent d’estimer deux taux de couverture de base : le taux de couverture d’après les estimations démographiques et le taux de couverture selon la statistique de l’état civilNote . Les enfants ont été considérés comme étant nés au Canada si leurs parents étaient des non-immigrants ou, dans le cas de parents immigrants, si leur date de naissance était postérieure à la date d’immigration.
Le Programme des estimations démographiques produit des estimations de la population après le recensement en utilisant des études de couverture d’un échantillon représentatif de personnes, en tenant compte de la croissance naturelle de la population et du solde migratoire. Il s’agit d’une estimation de tous les enfants qui habitent actuellement au Canada. L’un des avantages de cette source de données est qu’elle est publiée en temps opportun tous les trimestres et que les données sont disponibles sur demande pour des points de référence mensuels. Cette source estime le nombre total de personnes vivant au Canada à une date de référence donnée et comprend les immigrants, les résidents permanents et les résidents temporaires. Elle contient des caractéristiques telles que l’âge, le sexe et la province ou le territoire de résidence et comprend les nouveaux arrivants au Canada, mais exclut les enfants dont le décès ou le départ est connu.
Le fichier des naissances de la statistique de l’état civil enregistre toutes les naissances survenues au Canada au cours d’une année donnée (bien que, dans de rares cas, les naissances ne soient pas enregistrées). Il s’agit d’une estimation de tous les enfants nés au Canada. Les naissances survenues à l’extérieur du Canada sont exclues des fichiers des naissancesNote . Le fichier contient des renseignements sur le lieu de naissance, la date de naissance et le sexe de l’enfant ainsi que le lieu de résidence de la mère, mais ne tient pas compte des enfants nés ailleurs qui pourraient actuellement habiter au Canada.
Indicateurs
Indicateur A : taux de couverture des enfants
Les deux taux de couverture mentionnés ci-dessus tiennent compte des enfants admissibles ou non à l’ACE en raison d’un revenu parental élevé, et leur nombre est divisé par la population totale selon chaque estimation démographique. Cette proportion est représentée dans le diagramme de Venn ci-dessous (figure 1) par le cercle rouge divisé par le cercle gris. Elle correspond à la proportion de la population d’enfants (ou des naissances) connue de l’Agence du revenu du Canada (ARC) à un moment donné. Les enfants inconnus de l’ARC peuvent être ceux dont les parents n’ont pas fait de demande d’ACE au moment de l’enregistrement de la naissance ou ceux dont les parents n’ont pas enregistré leur naissance à leur arrivée au CanadaNote .
Indicateur B : taux de non-déclaration des parents
Les taux de non-déclaration sont des compléments d’information utiles aux deux estimations de base du taux de couverture. Ce deuxième indicateur mesure la proportion d’enfants connus de l’ARC dont les parents n’ont pas encore produit de déclaration, divisée par l’ensemble des enfants connus, comme représenté à la figure 1, selon la formule C/(C + D). Cette statistique reflète la proportion de parents n’ayant pas encore produit leur déclaration, même si cela peut interrompre le versement de leurs prestations.
Indicateur C : taux de couverture des parents
Le dernier indicateur tient compte à la fois de l’aspect de l’inscription et de l’aspect de la déclaration en examinant la proportion globale de la population d’enfants admissibles qui reçoivent la prestation ou qui en ont été exclus en raison du revenu élevé de leurs parents. Il combine les deux effets liés à la non-inscription des enfants et à la non-déclaration et devrait donner une idée de l’incidence des obstacles à ces deux mécanismes. Toutefois, il ne s’agit pas d’une mesure exacte du nombre de personnes qui auraient assurément droit à la prestation si elles s’étaient inscrites et avaient produit une déclaration, puisque certaines personnes pourraient être exclues en raison du seuil de revenu familial élevé net ajusté.
Figure 1 début

Description du figure 1
Le titre de la figure est « Population d’enfants connus de l’Agence du revenu du Canada et ceux dont les parents ont produit une déclaration, 2021 ».
La figure est composée de trois cercles superposés délimitant quatre sections distinctes qui portent les lettres A, B, C et D.
Le premier cercle est gris. Il représente l’ensemble de la population des enfants.
Le deuxième cercle est jaune. Il représente la population des enfants dont les parents ont produit une déclaration.
Le troisième cercle est rouge. Il représente les enfants connus de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Au total, 97,8 % des enfants au Canada sont connus de l’ARC.
La section qui porte la lettre D correspond à la combinaison des cercles rouge et jaune et représente les enfants dont les parents ont produit une déclaration et qui sont connus de l’ARC. Ces enfants ont droit à des prestations ou en sont exclus en raison du revenu élevé de leurs parents. Ils représentent 93,8 % de la population des enfants.
La section qui porte la lettre C correspond à la partie du cercle rouge qui n’est pas superposée au cercle jaune. Elle représente la population des enfants connus de l’ARC, mais dont les parents n’ont pas produit de déclaration. Ces enfants représentent 4,0 % de la population des enfants.
La section qui porte la lettre B correspond à la partie du cercle jaune qui n’est pas superposée au cercle rouge. Elle représente les enfants dont les parents ont produit une déclaration et qui ne sont pas connus de l’ARC.
La section qui porte la lettre A correspond à la partie du cercle gris qui n’est superposée à aucun autre cercle. Elle représente les enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration et qui ne sont pas connus de l’ARC.
Les sections qui portent les lettres A et B représentent 2,2 % de la population totale d’enfants.
Figure 1 fin
Les trois indicateurs, combinés aux deux définitions de la population (estimations démographiques et statistique de l’état civil — naissances), offrent six façons distinctes de surveiller la couverture de l’ACE dans l’univers de la population d’enfants. Les dimensions explorées et comparées ici sont le mois de la prestation, le mois de naissance de l’enfant (ou la cohorte de naissance) et l’âge de l’enfant (en mois ou en années). Il importe de noter qu’il existe de nombreuses autres dimensions qu’il serait souhaitable de prendre en compte pour mettre en évidence les différences entre les indicateurs. Cependant, les méthodes décrites dans le présent document reposent sur la présence des dimensions d’intérêt à la fois dans le fichier administratif de l’ACE et dans les données sur les naissances ou les estimations démographiques. À titre d’exemple, certains éléments relatifs à la géographie et à l’âge des parents pourraient être examinés, mais il ne serait pas possible d’examiner de nombreux concepts sociodémographiques d’intérêt, à moins d’utiliser des méthodes différentes. Le tableau A.1 en annexe résume ces six indicateurs de couverture. Ils seront abordés individuellement après un examen général des taux globaux de non-déclaration.
Taux de non-déclaration chez les familles ayant des enfants inscrits
Des différences au sein de la population admissible à l’ACE peuvent être observées au cours de l’année et au sein des différents groupes sociodémographiques. Le tableau 1 présente les variations mensuelles du nombre et des taux de déclaration implicite des familles ayant au moins un enfant admissible. Au cours de l’année de programme 2021-2022, le nombre de familles a légèrement augmenté, passant de 3 636 060 à 3 643 190, ce qui représente une hausse de 0,2 %.
L’augmentation du nombre de familles admissibles ne va pas de soi. En effet, chaque mois, de nombreux enfants atteignent l’âge limite du programme ou décèdent, ce qui fait en sorte que leur famille devient non admissible si l’enfant en question était le dernier à être admissible. De plus, certaines familles deviennent non admissibles lorsqu’elles émigrent du Canada. À l’inverse, de nombreuses familles s’inscrivent au programme au fil du temps, y compris celles qui ont eu un nouveau-né et celles qui ont immigré au Canada. Les variations du nombre moyen d’enfants par famille peuvent également influer sur le nombre total. À la suite de l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie, les migrations internationales ont été le principal facteur de la croissance démographique de 2,7 % observée en 2022, soit la plus élevée depuis 1957 (Statistique Canada, 2023a). Cela pourrait également aider à expliquer pourquoi le nombre de familles ayant au moins un enfant admissible a principalement augmenté de 2021 à 2022.
Le nombre de familles qui ne répondent pas aux exigences de production de déclaration diminue systématiquement au cours de chaque année de programme, ce qui entraîne une baisse progressive du taux de non-déclaration en cours d’année. Le nombre de ces familles a diminué de plus des deux tiers, passant de 411 850 en juillet 2021 à 115 860 en juin 2022. Cela représente une baisse de 8,1 points de pourcentage du taux sur une période de 11 mois. Malgré le fait que certaines personnes ne déclarent pas leurs revenus avant la date limite, bon nombre d’entre elles finissent par le faire et obtiennent ainsi les prestations auxquelles elles ont droit au cours de l’année du programme. Étant donné que les paiements de l’ACE sont rétroactifs, tous les bénéficiaires ne ressentent pas nécessairement le besoin de produire une déclaration à temps, ce qui soulève les questions suivantes : « Est-ce réellement un problème si certaines personnes ne produisent par leur déclaration à temps? Lequel des taux est le plus utile pour différentes analyses?»
En ce qui concerne la deuxième question, les taux annuels peuvent sous-estimer le nombre réel de personnes qui finissent par recevoir l’ACE, selon le mois utilisé pour le calcul. Il y aurait un taux de réception plus élevé en juin comparativement à juillet et au début de l’année du programmeNote . Les différences correspondent au nombre de déclarants retardataires qui reçoivent des paiements rétroactifs après avoir produit leur déclaration. Toutefois, étant donné que la déclaration tardive n’entraîne aucune pénalité, il est difficile de savoir comment interpréter les variations observées selon les périodes de l’année.
| Mois de la prestation | Familles ayant au moins un enfant admissible | N'ont pas répondu aux exigences de production de déclaration | Taux de non-déclaration |
|---|---|---|---|
| nombre | pourcentage | ||
|
Notes : Au moment du traitement de ce mois de prestation. La déclaration est obligatoire pour le principal responsable de l’enfant et son conjoint ou partenaire, le cas échéant. Le nombre total correspond à toutes les personnes qui avaient au moins un enfant admissible de juillet 2021 à juin 2022. Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, 2021 à 2022. |
|||
| Juillet 2021 | 3 636 060 | 411 850 | 11,3 |
| Août 2021 | 3 630 240 | 315 410 | 8,7 |
| Septembre 2021 | 3 628 960 | 255 580 | 7,0 |
| Octobre 2021 | 3 629 680 | 219 660 | 6,1 |
| Novembre 2021 | 3 632 780 | 196 080 | 5,4 |
| Décembre 2021 | 3 635 460 | 180 210 | 5,0 |
| Janvier 2022 | 3 640 130 | 164 760 | 4,5 |
| Février 2022 | 3 642 070 | 154 070 | 4,2 |
| Mars 2022 | 3 646 720 | 146 720 | 4,0 |
| Avril 2022 | 3 643 840 | 135 690 | 3,7 |
| Mai 2022 | 3 643 190 | 123 780 | 3,4 |
| Juin 2022 | 3 635 720 | 115 860 | 3,2 |
| Total | 4 020 300 | 115 860 | 2,9 |
Les familles admissibles à l’ACE ne sont pas uniformément réparties entre tous les groupes sociodémographiques. Le tableau 2 résume ces différences entre le taux de non-déclarationNote et les proportions de la population dans le fichier de l’ACE et dans les déclarations de revenus (T1). Cette première évaluation de la couverture des sous-populations d’intérêt révèle que l’âge, le sexe et la région géographique jouent un rôle important dans les habitudes de déclaration.
Il n’est pas évident à première vue que le montant de la prestation reflète le taux de déclaration, comme le montrent les importantes variations des prestations supplémentaires selon les provinces et les territoiresNote . Toutefois, une analyse plus approfondie est nécessaire pour faire ressortir les divers facteurs qui déterminent les taux de déclaration, le montant des prestations et la réduction de la pauvreté.
| Caractéristiques sociodémographiques | Proportion selon le T1 | Proportion selon l’Allocation canadienne pour enfants | Taux de non-déclaration à l’Allocation canadienne pour enfants |
|---|---|---|---|
| nombre | |||
Source : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants et T1, 2021. |
|||
| Toutes les personnes ou tous les couples connus de l’Agence du revenu du Canada | 29 258 650 | 4 144 050 | 164 060 |
| pourcentage | |||
| Tous | 100,0 | 100,0 | 4,0 |
| Sexe | |||
| Hommes | 47,5 | 5,4 | 4,7 |
| Femmes | 52,5 | 94,7 | 3,9 |
| Groupe d’âge | |||
| 19 à 24 ans | 8,2 | 1,8 | 3,0 |
| 25 à 44 ans | 32,4 | 68,8 | 3,5 |
| 45 à 64 ans | 33,6 | 29,1 | 5,2 |
| 65 ans et plus | 25,8 | 0,3 | 2,2 |
| État matrimonial | |||
| Veuf ou veuve | 5,4 | 0,8 | 4,3 |
| Divorcé(e) | 4,0 | 3,3 | 3,4 |
| Séparé(e) | 3,9 | 8,3 | 3,7 |
| Célibataire | 31,4 | 14,5 | 4,1 |
| Marié(e) ou en union libre | 55,3 | 72,3 | 3,8 |
| Statut de citoyenneté | |||
| Canadien | . indisponible pour toute période de référence | 78,3 | 4,2 |
| Résident permanent | . indisponible pour toute période de référence | 19,2 | 3,2 |
| Résident temporaire | . indisponible pour toute période de référence | 1,6 | 2,6 |
| Personne protégée | . indisponible pour toute période de référence | 0,8 | 2,9 |
| Nombre d’enfants | |||
| Aucun | 77,8 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| Un | 9,3 | 28,7 | 4,7 |
| Deux | 9,0 | 27,7 | 3,6 |
| Trois ou plus | 3,8 | 43,7 | 3,8 |
| Province ou territoire de résidence | |||
| Nouvelle-Écosse | 1,5 | 2,4 | 3,9 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 1,2 | 1,3 | 3,9 |
| Île-du-Prince-Édouard | 0,3 | 0,4 | 3,4 |
| Nouveau-Brunswick | 1,3 | 2,0 | 2,9 |
| Québec | 14,4 | 22,8 | 2,2 |
| Ontario | 42,6 | 38,3 | 4,7 |
| Manitoba | 2,5 | 3,8 | 3,6 |
| Saskatchewan | 3,1 | 3,4 | 2,9 |
| Alberta | 17,0 | 12,9 | 4,5 |
| Colombie-Britannique | 15,4 | 12,3 | 4,6 |
| Yukon | 0,1 | 0,1 | 7,8 |
| Territoires du Nord-Ouest | 0,2 | 0,1 | 6,3 |
| Nunavut | 0,3 | 0,2 | 5,4 |
Enfin, ces taux sont calculés en tenant compte uniquement des personnes qui sont connues de l’ARC comme étant des parents. Il est donc difficile de connaître avec exactitude la population réelle des parents d’enfants inconnus de l’ARC qui ne produisent pas de déclaration et, par conséquent, d’évaluer la taille de la population qui ne bénéficie pas des prestations auxquelles elle pourrait avoir droit. Les indicateurs suivants constituent un point de départ et contribuent à atténuer ce problème.
Indicateur A : taux de couverture des enfants connus de l’Agence du revenu du Canada
Le premier indicateur, soit le taux de couverture des enfants connus de l’ARC, est présenté en tant que proportion du nombre total d’enfants. Ce taux montre l’exhaustivité de l’inscription en se fondant sur deux ensembles de données : les estimations démographiques et la statistique de l’état civil. Par souci de clarté, tous les mois de prestations et tous les mois de naissance ne sont pas présentés dans les deux premiers graphiques. Quelques mois ont été choisis pour aider le lecteur à distinguer clairement les deux populations d’analyse : les mois de prestation de juillet et de juin et les cohortes de naissances de mars sont représentés visuellement (le mois de mars a été choisi au hasard, alors que juillet et juin marquent le début et la fin de l’année du programme).
A.1 Taux de couverture selon les estimations démographiques
Les jeunes enfants, c’est-à-dire ceux âgés de moins de 1 an, affichent des taux de couverture plus faibles. Cependant, comme les données sont agrégées par année d’âge, une partie de la variation entre les enfants de 1 mois et ceux de 11 mois, observée dans le graphique 1, est masquée. Cela pourrait signifier que les taux de couverture de l’ACE pour les enfants les plus jeunes s’améliorent lorsqu’on compare les données démographiques. La deuxième observation notable est que le taux de couverture total des enfants âgés de 1 à 5 ans est d’environ 96 %. Il n’y a aucune tendance claire entre les années, mais il semble que le taux de couverture augmente légèrement à mesure que les enfants plus âgés sont pris en compte dans cette tranche d’âge.
Graphique 1 début

Description du graphique 1
Le titre du graphique est « Couverture de la population pour les mois de prestation de juin et juillet par âge en années, 2019 à 2022 ».
Le graphique contient six lignes qui portent les étiquettes « juillet 2019 », « juin 2020 », « juillet 2020 », « juin 2021 », « juillet 2021 » et « juin 2022 », qui représentent le mois de prestation.
L’axe vertical représente le pourcentage de couverture de la population des enfants connus de l’Agence du revenu du Canada, allant de 70 % à 100 %.
L’axe horizontal représente l’âge des enfants en années, allant de 0 à 10 ans.
Pour les six mois de prestations, les taux de couverture s’élevaient de 72 % à 78 % pour les enfants âgés de 0 an. Pour les enfants âgés de 1 an, la couverture augmente rapidement pour atteindre 95 % à 98 % pour chaque mois de prestation.
Le taux de couverture total pour les enfants âgés de 1 à 10 ans se situe de 96 % à 98 %.
Sources : Statistique Canada, données administratives sur l’Allocation canadienne pour enfants et estimations démographiques, 2019 à 2022.
Graphique 1 fin
A.2 Taux de couverture selon la statistique de l’état civil
Le graphique 2 présente le taux de couverture selon la statistique de l’état civil pour 10 cohortes de naissances du mois de mars, nées de 2012 à 2021. Le taux de couverture s’est chiffré en moyenne à environ 95 % pour les enfants de plus de 1 an. Cela signifie que la proportion d’enfants nés au Canada intégrés dans le système est relativement stable.
La deuxième observation importante concerne toutes les cohortes de naissances de mars : les nouveau-nés âgés de 1 à 12 mois ont des taux de couverture plus faibles. En 2019, pour les enfants de 1 mois, ce taux s’est chiffré à son niveau le plus bas, soit 20 %. Deux explications possibles sont les délais de traitement des documents d’inscription et le fait que les parents attendent la prochaine période de production des déclarations pour inscrire leur bébé afin de bénéficier de l’ACE. Étant donné que les paiements sont rétroactifs, dans certains cas plusieurs années après la date d’admissibilité, la déclaration ou l’inscription tardive n’entraîne pas de pénalité financière importante.
Graphique 2 début

Description du graphique 2
Le graphique s’intitule « Taux de couverture des naissances pour les cohortes nées au mois de mars, 2019 à 2022 ».
Le graphique contient 10 lignes qui portent les étiquettes « mars 2012 » à « mars 2021 », représentant chaque mois de naissance.
L’axe vertical représente le pourcentage du taux de couverture des naissances, allant de 10 % à 100 %.
L’axe horizontal représente l’âge au mois de mars pour chaque année. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de 0 à 130 mois.
De 2019 à 2022, le taux de couverture des enfants âgés de 1 à 2 mois se chiffre à environ 20 %, tandis qu’il se chiffre à environ 98 % après 10 mois.
Après 10 mois, le taux de couverture de l’Allocation canadienne pour enfants est stable, s’élevant autour de 96 %.
Sources : Statistique Canada, Allocation canadienne pour enfants, données administratives, 2012 à 2021, et statistique de l’état civil, 2012 à 2021.
Graphique 2 fin
En inversant les dates d’âge et de prestation dans le tableau 3 afin de représenter le profil d’âge observé pour quelques mois de prestation, cette tendance devient plus claire. Pour les nouveau-nés, l’ACE exige que les parents produisent leur déclaration et inscrivent leur enfant afin de recevoir les prestations. Dans le cas des enfants de moins de 1 an, la variation du taux de couverture s’explique surtout par un retard dans les dates d’inscription des nouveau-nés. Le taux de couverture pour les enfants de 12 mois est semblable à celui de l’ensemble de la population d’enfants, soit environ 95 %. De 2019 à 2022, le taux de couverture des enfants âgés de 1 mois se situe environ à 20 %, sa valeur minimale se chiffrant à 3 % en juin 2021, et sa valeur maximale, à 30 % vers la fin de 2021.
Le groupe des enfants de 2 mois passe d’un minimum de 60 % en 2019 à un maximum de 70 % en 2022. Cela signifie que 60 % à 70 % des enfants sont inscrits au moment où l’ARC traite les données pour le mois suivant l’âge de 2 mois. La plupart des personnes inscrivent leur nouveau-né peu après sa naissance, mais le traitement de l’inscription dans le système peut prendre du temps et les paiements de l’ACE sont calculés plusieurs jours avant le début du mois.
| Âge en mois | Mois de la prestation | |||
|---|---|---|---|---|
| Janvier 2019 | Janvier 2020 | Janvier 2021 | Janvier 2022 | |
| pourcentage | ||||
| Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, 2019 à 2022, et statistique de l’état civil, 2018 à 2021. | ||||
| 1 | 17,9 | 20,6 | 25,8 | 22,5 |
| 2 | 62,8 | 71,0 | 70,8 | 76,1 |
| 3 | 75,8 | 82,8 | 83,8 | 86,3 |
| 4 | 84,0 | 89,1 | 89,1 | 91,5 |
| 5 | 89,2 | 92,2 | 92,4 | 93,4 |
| 6 | 92,2 | 93,1 | 93,8 | 94,1 |
| 7 | 93,9 | 94,0 | 94,8 | 95,1 |
| 8 | 94,5 | 94,3 | 95,3 | 95,5 |
| 9 | 94,8 | 94,6 | 95,2 | 95,9 |
| 10 | 95,4 | 94,9 | 95,1 | 96,3 |
| 11 | 95,9 | 95,4 | 95,7 | 97,0 |
| 12 | 95,5 | 95,7 | 95,6 | 97,0 |
Indicateur B : enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration ou l’ont produite en retard
Une fois que l’enfant a été inscrit et que les parents ont produit leur déclaration, pour conserver leur admissibilité, les parents doivent produire une déclaration chaque année par la suite. Le prochain indicateur porte sur la proportion de la population d’enfants connus de l’ARC dont les parents n’ont pas produit de déclaration. Cet indicateur révèle le nombre de parents qui pourraient produire leur déclaration en retard ou ne pas la produire du tout au cours des années suivantes, ce qui constitue un deuxième obstacle à l’obtention des prestations.
B.1 Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration, selon les estimations démographiques
En examinant les taux de non-déclaration des parents d’enfants vivant au Canada de 2020 à 2022, il est possible de constater que ces taux sont très faibles pour toutes les catégories d’âge de 1 à 5 ans. Le pourcentage de parents qui ne déclarent pas leurs revenus avant le mois de juin de chaque année se situe entre 1,0 % et 2,0 %. Ces pourcentages augmentent pour atteindre 5,8 % au mois de juillet, ce qui témoigne des déclarations tardives des personnes qui ont omis de produire leur déclaration avant la date limite du mois d’avril et qui inscrivent leurs enfants tardivement. Cela semble indiquer que le taux de déclaration des parents diminue légèrement à mesure que les enfants vieillissent. Cependant, sans une analyse plus approfondie, il est difficile de tirer des conclusions permettant de cerner le rôle joué par la pandémie et divers autres facteurs pour cette cohorte précise.
Graphique 3 début

Description du graphique 3
Le graphique s’intitule « Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration pour les mois de prestations de juin et juillet, selon les estimations démographiques, 2019 à 2022. »
Le graphique contient six lignes correspondant aux mois de prestation de juin et juillet de 2019 à 2022.
L’axe vertical représente le pourcentage de parents qui n’ont pas produit de déclaration, allant de 1 % à 11 %.
L’axe horizontal représente l’âge de l’enfant en années. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de 0 à 10 ans.
Les taux de non-déclaration des parents sont plus élevés pour les mois de prestation de juillet 2019 et juillet 2021.
Les taux de non-déclaration des parents pour juillet 2019 s’établissent à 7,5 % pour les enfants âgés de 0 an et augmentent pour atteindre 9,2 % pour les enfants âgés de 10 ans.
Les taux de non-déclaration des parents pour les mois de prestation de juillet 2021 s’établissent à 7,5 % pour les enfants âgés de 0 an et augmentent pour atteindre environ 10 % pour les enfants âgés de 10 ans.
Les taux de non-déclaration des parents pour les mois de prestation de juin 2020 à 2022 et juillet 2020 s’établissent de 1,8 % à 2,6 %. Ils diminuent pour s’établir de 1,2 % à 1,6 % pour les enfants âgés de 1 an, puis augmentent de manière constante pour atteindre 2,0 % à 2,4 % pour les enfants de 10 ans.
Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, 2019 à 2022, et estimations démographiques, 2019 à 2022.
Graphique 3 fin
B.2 Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration, selon la statistique de l’état civil
Le taux d’enfants nés au Canada dont les parents n’ont pas produit de déclaration a légèrement augmenté chez les cohortes de naissances du mois de mars. La tendance annuelle de la déclaration tardive est confirmée dans le graphique ci-dessous, où l’on observe un sommet pour la cohorte de naissances de mars 2012, qui passe de moins de 3 % à 10 % alors que ces enfants ont de 124 à 125 mois. À l’inverse, les creux augmentent progressivement pour atteindre un pourcentage de 2 % à 4 % de non-déclarants, selon l’âge de l’enfant concerné. Il semble que le taux de non-déclaration soit légèrement plus élevé pour les parents d’enfants de 96 mois à 108 mois que pour ceux des parents d’enfants de 12 à 24 mois. Une explication possible pourrait être que les taux de non-déclaration diminuent chez les parents plus récents. Une autre possibilité serait que, à mesure que les enfants vieillissent, leurs parents deviennent moins dépendants de la prestation (ou plus conscients du fait qu’une déclaration tardive n’a pas de conséquences durables) ou, pour d’autres raisons, trouvent plus difficile de produire leur déclaration à temps.
Graphique 4 début

Description du graphique 4
Le graphique s’intitule « Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration de mars 2012 à mars 2021, selon la statistique de l’état civil, 2019 à 2022 ».
Le graphique contient 10 lignes correspondant aux mois de naissance des enfants, allant de mars 2012 à mars 2021 pour les années 2019 à 2022.
L’axe vertical représente le pourcentage de parents qui n’ont pas produit de déclaration, allant de 1 % à 11 %.
L’axe horizontal représente l’âge en mois des enfants de chaque groupe. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de 0 à 130 mois.
Chaque groupe de mois de naissance comprend 48 mois d’observations, représentant l’âge en mois des enfants pour chaque mois de janvier 2019 à janvier 2023.
Le taux de non-déclaration des parents augmente et diminue de manière cyclique tous les 12 mois environ.
Le taux de non-déclaration des parents a généralement tendance à augmenter avec l’âge des enfants.
Le pourcentage de non-déclaration des parents se situe de 1,6 % à 11 %.
Graphique 4 fin
Indicateur C : taux de couverture des parents
Le dernier indicateur combine les retards d’inscription et les comportements de non-déclaration afin de calculer la proportion d’enfants dont les parents sont admissibles à l’ACE (ou en sont exclus en raison de revenus élevés). Il combine les deux effets examinés précédemment et présente à la fois le taux de couverture et les effets annuels de la non-déclaration dans le même graphique. Cet indicateur pourrait également être appelé « taux d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration ». Cette approche est semblable à celles qui utilisent la famille comme unité d’analyse, bien que celle-ci utilise plutôt l’enfant comme unité d’analyse.
C.1 Enfants ayant droit à l’Allocation canadienne pour enfants ou dont les parents ont des revenus élevés, selon les estimations démographiques
Les estimations démographiques montrent que l’admissibilité des enfants de plus de 1 an est plus uniforme au fil du temps, bien qu’elle affiche des baisses notables en juillet de chaque année. Du sommet de juin au creux de juillet, la proportion de déclarants a diminué de 9 points de pourcentage. Lorsque l’obligation de production de déclarations au titre du programme est reportée à l’exercice suivant, les parents de 9 % des enfants n’ont pas encore déclaré leurs revenus, ce qui entraîne une interruption des prestations. Il y a des différences de 3 points de pourcentage entre les parents d’enfants âgés de 1 an et ceux d’enfants âgés de 5 ans, comme le montre le graphique ci-dessous (l’écart entre les points rouges et les points verts).
Graphique 5 début

Description du graphique 5
Le graphique s’intitule « Pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration, 2019 à 2022 ».
L’axe vertical représente le pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration, allant de 60 % à 100 %.
L’axe horizontal représente le mois de prestation pour chaque année. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de janvier 2019 à janvier 2023.
Le graphique contient 11 lignes représentant les enfants âgés de 0 à 10 ans au cours de la période de janvier 2019 à janvier 2023, regroupés par âge.
Le pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration se situe de 86 % à 96 % pour tous les groupes d’âge de 1 à 10 ans et suit approximativement la même tendance.
Le pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration est plus faible pour les enfants âgés de 0 an que pour les autres groupes d’âge. Ce pourcentage s’est chiffré de 68 % à 78 % pour la période de janvier 2019 à janvier 2023.
Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, 2019 à 2022, et estimations démographiques, de 2019 à 2022.
Graphique 5 fin
C.2 Enfants ayant droit à l’Allocation canadienne pour enfants ou dont les parents ont des revenus élevés, selon la statistique de l’état civil
Le dernier indicateur examine la couverture des enfants dont les parents ont produit une déclaration par rapport à la population totale d’enfants. La plupart des enfants ont été inscrits à l’ACE et ont des parents qui produisent leur déclaration à temps pour que l’ARC puisse calculer les montants des prestations pour la nouvelle année du programme (87 % pour juillet 2021). Au fil de l’année du programme, ce taux augmente à mesure que de plus en plus de parents produisent leur déclaration, et il atteint 94 % en juin 2022. Le taux diminue à nouveau en juillet, lorsque la nouvelle déclaration devient obligatoire. Ces tendances n’étaient pas facilement observables à partir des données démographiques en raison de l’absence de distinction entre les mois.
Graphique 6 début

Description du graphique 6
Le graphique s’intitule « Pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration pour les cohortes de mars d’enfants nés au Canada, 2019 à 2022 ».
Le graphique contient 10 lignes regroupant les cohortes d’enfants inscrits nés en mars de chaque année de 2012 à 2021.
L’axe vertical représente le pourcentage d’enfants inscrits dont les parents ont produit une déclaration, allant de 10 % à 100 %.
L’axe horizontal représente l’âge en mois des enfants inscrits. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de 0 à 130 mois.
Chaque groupe de mois de naissance comprend 48 mois d’observations représentant l’âge en mois des enfants chaque mois de janvier 2019 à janvier 2023.
Au cours des 10 premiers mois, le pourcentage d’enfants inscrits augmente d’environ 65 % pour passer de 20 à 30 % à 95 %.
Les cohortes d’enfants plus âgés suivent une tendance régulière de croissance, suivie d’un léger plateau, puis d’une baisse tous les 12 mois. Par la suite, les pourcentages de parents ayant produit une déclaration varient de 86 % à 95 %.
On observe une légère tendance à la baisse du pourcentage d’enfants inscrits en fonction de leur âge en mois.
Plus les enfants sont âgés, moins ils sont susceptibles d’être inscrits; le pourcentage d’enfants inscrits nés en mars 2012 et qui étaient âgés de 124 mois s’est établi au point le plus bas, environ 84 % d’entre eux étant inscrits.
Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, 2019 à 2022, et statistique de l’état civil, 2012 à 2022.
Graphique 6 fin
Le graphique 7 examine la tendance selon des tranches d’âge de 1 an. Il y a clairement la présence d’une variation périodique chaque année. Elle est attribuable au fait qu’au début de chaque nouvelle année du programme, en juillet, les personnes qui n’ont pas produit de déclaration l’année précédente deviennent non admissibles jusqu’à ce qu’elles répondent à l’exigence de déclaration. Pendant la période de la pandémie de COVID-19, il y a eu plusieurs modifications des conditions d’admissibilité au programme, y compris la mise en place d’une période de grâce de trois mois avant la suspension des prestations. Ces changements ont contribué à repousser de trois mois le creux observé en juillet et à atténuer le creux observé en octobre, une fois que les paiements d’urgence ont cessé.
Au cours de certaines années, les baisses sont plus marquées en juillet et l’écart entre le creux et le sommet est plus important. Le taux de déclaration des parents ayant des enfants admissibles à l’ACE était plus élevé en 2019 (87,2 %) qu’en 2022 (85,5 %). Enfin, l’écart entre le creux et le sommet varie d’une année à l’autre. Cependant, comme le montre le graphique précédent, il semble que le taux de déclaration maximal se situe de 94 % à 95 % chaque année.
Graphique 7 début

Description du graphique 7
Le titre du graphique est « Statut de déclaration des parents des enfants au mois de leur anniversaire, 2019 à 2022 ».
Le graphique contient 11 lignes correspondant à l’âge en mois des enfants des déclarants. Elles portent des étiquettes de 12 à 132 mois, par tranches de 12 mois.
L’axe vertical représente le pourcentage de non-déclaration des parents, allant de 1 % à 11 %.
L’axe horizontal représente les mois de janvier et juillet de chaque année. Il s’agit d’un axe en pointillés allant de janvier 2019 à janvier 2023.
Les taux de non-déclaration atteignent leur sommet chaque année en juillet (ou en septembre pour 2020) avant de diminuer lentement jusqu’en juin de l’année suivante.
Les sommets des taux de non-déclaration ont tendance à devenir de plus en plus élevés, à l’exception de septembre 2020.
Le taux le plus élevé de non-déclaration est observé en juillet 2022, atteignant 11 % pour les enfants âgés de 120 mois. Le taux le plus faible de non-déclaration a été observé le mois précédent, en juin 2022, où le taux de non-déclaration s’est chiffré à 1,2 % pour les enfants âgés de 12 mois.
Sources : Statistique Canada, Allocation canadienne pour enfants, données, 2019 à 2022, et statistique de l’état civil, de 2012 à 2022.
Graphique 7 fin
Discussion
Cette dernière section permet de comparer et d’analyser les deux ensembles de données (estimations démographiques et statistique de l’état civil) et les trois indicateurs (A : taux de couverture des enfants connus de l’ARC; B : taux d’enfants dont les parents ne produisent pas de déclaration; et C : taux d’enfants admissibles à l’ACE ou dont les parents ont un revenu élevé). Chaque approche met en lumière un aspect différent de la couverture de l’ACE et examine quelques avantages et limites de chacune. Ensemble, les données et les indicateurs offrent de nouvelles possibilités afin de surveiller le système de prestations de l’ACE au Canada.
Estimations démographiques
Les estimations démographiques comprennent tous les enfants vivant au Canada à un moment donné. Bien que ces données présentent des avantages considérables par rapport à celles de la statistique de l’état civil, elles peuvent également inclure des enfants qui ne sont pas admissibles au régime fiscal et de prestations canadiennes, comme certains résidents temporaires. La granularité sociodémographique est plus limitée que dans les données de la statistique de l’état civil. En effet, les estimations ne sont pas ventilées par âge en mois, ce qui rend leur précision potentielle inférieure à celle de la statistique de l’état civil.
Même si les estimations démographiques, qui sont publiées tous les trimestres, ne sont pas toujours actuelles, elles sont publiées plus souvent que les données de la statistique de l’état civil. Le deuxième problème lié à l’actualité des données découle du fait que les données démographiques sont fondées sur le recensement et sur des études de couverture. Autrement dit, plus l’année du recensement s’éloigne, qui n’a lieu que tous les cinq ans, moins les estimations sont exactes. Enfin, elles ne comprennent pas de données par mois d’âge, mais offrent plutôt une perspective sur le mois de prestation en question, ce qui peut présenter un avantage supplémentaire pour l’ARC, car cela fournirait des renseignements du point de vue de la prestation des programmes.
L’un des avantages des estimations démographiques par rapport à la statistique de l’état civil est qu’elles permettent d’inclure les immigrants et les enfants qui sont des résidents temporaires. En intégrant toutes les personnes vivant au Canada, la couverture est fondée sur les limites géographiques du Canada plutôt que sur les naissances.
Statistique de l’état civil
Le programme de la statistique de l’état civil ne tient compte que des enfants nés au Canada et l’actualité de ses données est limitée. En revanche, la granularité des données est supérieure, puisque ces données comprennent le mois de naissance ainsi que certains renseignements sociodémographiques. La population potentiellement pertinente pour la surveillance de l’ACE est plus large que celle des enfants nés au Canada. Par conséquent, il est difficile de tenir compte de la mobilité des personnes, tant pour les Canadiens que pour les ressortissants étrangers.
À titre d’exemple, les Canadiennes qui accouchent à l’étranger peuvent ne pas être inscrites et, dans certaines circonstances, les enfants nés au Canada ne sont pas inscrits. En outre, les immigrants récents et les travailleurs temporaires qui amènent de jeunes enfants au Canada pourraient ne pas être pris en compte dans les taux de couverture calculés à partir de la statistique de l’état civil. Enfin, le problème lié à la mobilité limite davantage l’applicabilité au-delà du mois de naissance en question.
Cela souligne une deuxième limite concernant l’actualité et la période de référence des données. Premièrement, les données de la statistique de l’état civil ne sont publiées qu’une fois par an. Deuxièmement, les données indiquent que les enfants ne sont pas souvent inscrits au cours de leur première année de vie et qu’il peut donc s’écouler plusieurs années avant que les données représentent avec exactitude le nombre de naissances survenues au cours d’une période donnée. De plus, plus l’année de naissance est éloignée, moins les estimations sont précises pour les enfants plus âgés. Les enjeux liés à la mobilité ainsi que les inexactitudes des données administratives et la non-déclaration peuvent aussi jouer un rôle. Cela pourrait expliquer pourquoi le graphique 4 laisse entendre que le taux de non-déclaration augmente à mesure que les enfants vieillissent.
Malgré ces deux désavantages, le niveau de granularité accru des données obtenu grâce à l’utilisation du mois de naissance et des renseignements sociodémographiques tirés des données administratives constitue une amélioration utile. Cette approche augmente la capacité de mesurer les taux de couverture du point de vue du bénéficiaire, car elle utilise la date de naissance de l’enfant pour définir la période de référence. Cela permet également de dégager les tendances durant la première année de vie.
Taux de couverture des enfants connus de l’Agence du revenu du Canada
Le taux de couverture des enfants donne une idée de l’ensemble de la population étudiée, qu’il s’agisse des enfants nés au Canada ou des enfants vivant au Canada. Il englobe d’autres personnes que celles qui reçoivent ou qui devraient être admissibles aux prestations et pourrait aider l’ARC à déterminer dans quelle mesure elle réussit à classer les personnes admissibles et celles qui ne le sont pas. Comme il a été indiqué, cette mesure est particulièrement utile pour analyser les nouveau-nés, pour lesquels l’indicateur A.1 (Taux de couverture selon les estimations démographiques) est plus informatif que l’indicateur A.2 (Taux de couverture selon la statistique de l’état civil), qui se limite aux variations d’une année à l’autre.
Taux d’enfants dont les parents ne produisent pas de déclaration
Lorsqu’on examine les variations mensuelles résultant d’un changement de politique ou d’un changement économique plus vaste à l’aide de séries chronologiques courtes, le taux de non-déclaration de l’indicateur B.1 (Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration [estimations démographiques]) et l’indicateur B.2 (Enfants dont les parents n’ont pas produit de déclaration de revenus [statistique de l’état civil]) seraient tous les deux extrêmement utiles selon le point de vue adopté. L’indicateur B.1 peut être plus utile du point de vue des bénéficiaires et du taux d’inscription des nouveau-nés, alors que l’indicateur B.2 se concentre sur les variations de la déclaration d’une année à l’autre. Ce dernier montre la sensibilité de ces flux mensuels, basés sur le mois de versement des prestations par rapport aux changements de politique, comme l’a illustré le changement lié aux paiements d’urgence durant la pandémie et au rattrapage des déclarations une fois que ces paiements ont cessé.
Taux d’enfants ayant droit à l’Allocation canadienne pour enfants ou dont les parents ont des revenus élevés
Le taux de déclaration des parents d’enfants bénéficiaires de l’ACE combine ces deux mesures. Cette approche pour calculer le taux de déclaration des parents est semblable à d’autres approches axées sur l’analyse à l’échelle des ménages. Elle offre une perspective intéressante sur les tendances des bénéficiaires qui ne sont pas prises en compte par les autres indicateurs. Toutefois, étant donné qu’une analyse plus approfondie des bénéficiaires a été réalisée ailleurs, elle n’a pas été soulignée dans le présent rapport. Son principal avantage est qu’il offre une vue d’ensemble combinée du taux de non-déclaration et du taux de couverture des enfants en intégrant les baisses de déclaration dans le taux de couverture, comme le montre le graphique 6.
Conclusion
Le présent document a décrit trois nouveaux indicateurs qui reposent sur deux sources de données différentes, soit les estimations démographiques et la statistique de l’état civil, afin de fournir de nouveaux renseignements sur les taux de couverture de l’ACE en utilisant les enfants comme unité d’analyse. Une première série de taux de couverture a été calculée en divisant le nombre total d’enfants figurant dans le fichier administratif de l’ACE par la population totale estimée d’enfants au Canada. Les taux de couverture ont ensuite été complétés en utilisant des renseignements sur les taux de non-déclaration des parents et en intégrant les estimations de la non-déclaration et de la couverture des enfants dans un seul indicateur.
On peut tirer deux principales conclusions de ce rapport. Premièrement, le taux d’inscription de nouveau-nés est assez faible, mais les inscriptions rattrapent le reste de la population au moment où l’enfant atteint l’âge d’un an. La granularité accrue de l’analyse des enfants nés au Canada aide à mieux comprendre la population âgée de moins d’un an et à comparer les nouveaux arrivants et les autres personnes. Cela signifie que le programme d’ACE intègre les nouveau-nés dans le programme rapidement après leur inscription. Deuxièmement, les aspects mensuels du programme de l’ACE font en sorte que l’analyse gagne à tenir compte du mois de versement de la prestation dans le calcul des taux de couverture et à préciser la période choisie.
Cette analyse comporte toutefois certaines mises en garde et limites, qui pourraient aider à interpréter les limites de ces conclusions. Tout d’abord, il existe des différences récurrentes entre les taux de couverture et les taux d’admissibilité calculés ici pour l’ACE et ceux calculés pour d’autres programmes de prestations. Étant donné que le montant de la prestation de l’ACE constitue un incitatif important dans la production d’une déclaration, les taux de déclaration des parents (la déclaration étant l’une des conditions pour être admissible à l’ACE) devraient être légèrement plus élevés que ceux observés dans ce document.
Une autre mise en garde est que les données administratives sont toujours incomplètes lorsqu’il est question de déterminer et d’évaluer les raisons qui peuvent inciter les gens à ne pas participer, que ce soit en décidant de ne pas s’inscrire ou en ne produisant pas de déclaration. Quelques raisons possibles comprennent le manque de connaissances ou de renseignements, la difficulté à comprendre le programme, la méfiance à l’égard du gouvernement ou des déclarations politiques et l’absence de besoin. En dépit des limites inhérentes à l’utilisation des données administratives, les taux de couverture peuvent néanmoins brosser un tableau utile.
Par ailleurs, la population bénéficiant des allocations spéciales pour enfants (ASE) a été exclue de cette analyse. L’un des objectifs de l’ACE est de réduire la pauvreté chez les enfants, et l’évaluation de l’efficacité du programme est limitée lorsque certains enfants vulnérables sont exclus. Cette limitation liée aux données pourrait s’expliquer par le fait qu’il est plus pratique d’organiser les données par programme de prestations plutôt que par population d’enfants. Cependant, il serait possible de les inclure dans de futures recherches en tenant compte des données fournies par les produits des ASE.
L’analyse indique que les déclarations de revenus varient en fonction du mois de déclaration dans le cas des personnes qui déclarent tardivement et en fonction de l’âge des enfants. La structure du fichier offre également une période de déclaration plus longue de cinq mois que celle généralement observée avec la période de référence des déclarations de fin décembre utilisée dans d’autres recherches. Chaque année, l’ARC traite de nombreuses déclarations correspondant à différentes années : au cours de la période de traitement de 2022, elle a traité 31,3 millions de déclarations, mais seulement 29,5 millions concernaient l’année d’imposition 2021 (gouvernement du Canada, 2025). Les autres concernaient des années antérieures.
De nombreux domaines de recherche pourraient être explorés afin d’améliorer la portée et l’évaluation de l’ACE et ainsi combler certaines des lacunes du présent document. En voici quelques-uns :
- Analyse sociodémographique: l’intégration de données administratives, comme la statistique de l’état civil, permettrait d’examiner les données avec une granularité accrue, ce qui pourrait aider à mieux comprendre les profils des personnes et des familles qui produisent une déclaration et de celles qui ne le font pas. Des travaux sont en cours pour étudier la situation des immigrants et des populations autochtones, mais il est possible d’en faire davantage.
- La comparaison entre les provinces et les territoires serait une autre approche intéressante, qui pourrait intégrer une modélisation économique afin de mieux cerner la relation entre les facteurs régionaux et les prestations supplémentaires propres à chaque province ou territoire.
- Une étude longitudinale pourrait également permettre de déterminer si ce sont les mêmes personnes qui produisent leur déclaration tardivement chaque année (p. ex. les travailleurs autonomes qui ont une date de déclaration plus tardive) et qui finissent par rattraper leur retard. Une étude permettrait de déterminer si les interruptions intermittentes de déclaration sont liées à des événements de la vie (p. ex. naissances, déménagements dans d’autres villes, perte d’emploi, divorces ou autres traumatismes). Ces évaluations pourraient permettre de proposer différentes stratégies d’intervention.
- Parcours d’entrée et de sortie du système de prestations : en ce qui concerne les études longitudinales, comprendre comment les prestations sont versées aux enfants dont la famille connaît des changements dus à un décès, à un divorce ou à un déménagement pourrait permettre de mieux comprendre comment les familles accèdent aux prestations de façon irrégulière et de s’assurer que celles qui en ont besoin les reçoivent.
- Le couplage de microdonnées pourrait contribuer à enrichir le profil sociodémographique de la population inconnue de l’ARC et à mieux comprendre les populations. Par exemple, lors du Recensement de 2021, environ 48 000 enfants ne figuraient dans aucun dossier administratif et semblaient inconnus de l’ARC. Les caractéristiques socioculturelles de cette population pourraient être examinées.
Enfin, l’objectif de l’évaluation du taux de couverture et du taux d’utilisation est de déterminer si les seuils et les critères d’admissibilité exacts de la politique sont respectés. Toutefois, il convient de faire valoir que l’évaluation des seuils et des critères d’admissibilité devrait se faire dans l’optique d’une politique visant à réduire la pauvreté chez les enfants au Canada. Le passage du taux d’utilisation au taux de couverture s’inscrit dans cette logique, puisqu’il permet d’examiner à la fois les personnes admissibles à une prestation et celles qui ne le sont pas. Des travaux supplémentaires pourraient être menés pour examiner l’incidence des modifications éventuelles de ces critères d’admissibilité sur l’élimination complète de la pauvreté chez les enfants au Canada.
Références
Brown, E. M. et V. Tarasuk. (2019). « Money speaks: Reductions in severe food insecurity follow the Canada Child Benefit ». Preventive medicine, 129, 105876.
Bureau du vérificateur général du Canada. (2022). « L’accès aux prestations pour les populations difficiles à joindre ». Rapports de la vérificatrice générale du Canada au Parlement du Canada. Lien : https://www.oag-bvg.gc.ca/internet/docs/parl_oag_202205_01_f.pdf.
Emploi et Développement social Canada. (2022). Les familles partout au Canada profiteront d’une augmentation de l’Allocation canadienne pour enfants — Canada.ca.
Gouvernement du Canada (2025). À propos de l’Agence du revenu du Canada. Statistiques sur les déclarations de revenus des particuliers pour la période de production 2025 — Canada.ca.
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Milligan, K. et M. Stabile. (2011). « Do child tax benefits affect the well-being of children? Evidence from Canadian child benefit expansions ». American Economic Journal: Economic Policy, vol. 3, no 3, p. 175 à 205.
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Robson, J. et S. Schwartz. (2020). « Who doesn’t file a tax return? A portrait of non-filers ». Canadian Public Policy, vol. 46, no 3, p. 323 à 339.
Shafer, K., C. Scheibling et M. A. Milkie. (2020). « The division of domestic labor before and during the COVID‐19 pandemic in Canada: Stagnation versus shifts in fathers’ contributions ». Canadian Review of Sociology/Revue canadienne de sociologie, vol. 57, no 4, p. 523 à 549.
Statistique Canada. (2022). « Estimations de la population du Canada : âge et sexe, 1er juillet 2022 ». 28 septembre 2022. Le Quotidien. Lien : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/220928/dq220928c-fra.htm.
Statistique Canada. (2023a). Estimations de la population du Canada : croissance démographique record en 2022. Le Quotidien. Lien : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/230322/dq230322f-fra.htm.
Statistique Canada. (2023b). Enquête canadienne sur le revenu, 2021. Le Quotidien. Lien : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/230502/dq230502a-fra.htm.
Annexe
| Indicateur | Dénominateur | Date de référence | Points forts | Points faibles | Diagramme de Venn |
|---|---|---|---|---|---|
| A. Taux de couverture des enfants | |||||
| A.1 Tous les enfants connus de l’Agence du revenu du Canada (ARC) | Estimations démographiques | Date de prestation | Accorde la priorité à tous les enfants au Canada, indépendamment de leur citoyenneté ou de leur statut d’immigration | Peut inclure des résidents du Canada qui n’ont pas droit aux prestations | Enfants connus de l’ARC/cercle gris |
| A.2 Uniquement les enfants nés au Canada connus de l’ARC | Statistique de l’état civil - Naissances | Date de naissance | Accorde la priorité aux enfants nés au Canada | Peut exclure des enfants qui ont besoin d’aide | Enfants connus de l’ARC/cercle gris |
| B. Taux de non-déclaration des parents | |||||
| B.3 Parents admissibles et à revenu élevé qui ne produisent pas de déclaration et dont les enfants sont connus de l’ARC | Estimations démographiques | Date de prestation | Permet d’enquêter sur les personnes qui ont droit aux prestations, mais qui ne les reçoivent pas | Sous-estime le taux réel de non-déclaration en ne tenant compte que des personnes connues de l’ARC | C / C+D |
| B.4 Parents admissibles et à revenu élevé qui ne produisent pas de déclaration et dont les enfants nés au Canada sont connus de l’ARC | Statistique de l’état civil - Naissances | Date de naissance | Permet d’enquêter sur les personnes qui ont droit aux prestations pour enfants nés au Canada, mais qui ne les reçoivent pas | Sous-estime le taux réel de non-déclaration en ne tenant compte que des personnes connues de l’ARC | C / C+D |
| C. Taux de couverture des parents | |||||
| C.5 Tous les parents admissibles et à revenu élevé d’enfants connus de l’ARC | Estimations démographiques | Date de prestation | Accorde la priorité à tous les parents au Canada, indépendamment de leur citoyenneté ou de leur statut d’immigration | Peut inclure des résidents du Canada qui n’ont pas droit aux prestations | Enfants dont les parents ont produit une déclaration/cercle gris |
| C.6 Uniquement les parents admissibles et à revenu élevé d’enfants nés au Canada connus de l’ARC | Statistique de l’état civil - Naissances | Date de naissance | Accorde la priorité aux parents d’enfants nés au Canada | Peut exclure des parents d’enfants qui ont besoin d’aide | Enfants dont les parents ont produit une déclaration/cercle gris |
| Sources : Statistique Canada, fichier administratif de l’Allocation canadienne pour enfants, statistique de l’état civil, données fiscales T1, recensement et estimations démographiques. | |||||
| Ensemble de données | Type de données | Fréquence | Description | Force du couplage avec l’ACE | Faiblesse du couplage avec l’ACE | Indicateur |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
||||||
| Allocation canadienne pour enfants | Administratives | Tous les mois | Contient des données sur les enfants et les bénéficiaires potentiels de l’ACE, y compris certaines données sociodémographiques et les montants des prestations fédérales | . indisponible pour toute période de référence | . indisponible pour toute période de référence | . indisponible pour toute période de référence |
| Estimations démographiques | Estimation | Publié tous les trimestres, mais des estimations mensuelles sont disponibles quelques mois après la date de référence | Fournit une estimation de la population résidant actuellement au Canada | Taux d’utilisation de la population, données plus actuelles | L’estimation ne permet pas le couplage avec des microdonnées | Taux d’utilisation |
| Données fiscales T1 | Administratives | Tous les ans (fichier cumulatif reçu quatre fois à différentes dates de référence) | Contient des renseignements sur tous les déclarants canadiens qui ont fait l’objet d’une évaluation à un moment donné | Possibilité de recenser les personnes qui ont déjà produit une déclaration, mais qui ne figurent pas actuellement dans le fichier de l’ACE; comprend des renseignements sur les immigrants | Les données annuelles ne permettent pas de faire des comparaisons d’un mois à l’autre | Taux de couplage, taux d’utilisation |
| Recensement | Recensement | Tous les 5 ans | Recensement de l’ensemble de la population | Peut fournir des renseignements sur la population inconnue de l’Agence du revenu du Canada | Effectué uniquement tous les cinq ans; le couplage est faible pendant les années intermédiaires | Taux de couplage |
| Statistique de l’état civil | Administratives | Tous les ans, peut fournir une ventilation par mois et par province ou territoire de naissance | Enregistre toutes les naissances au Canada chaque année, y compris la date de naissance, les parents, le sexe et le lieu de naissance | Fournit un dénombrement complet des jeunes enfants, y compris certains qui sont potentiellement inconnus de l’Agence du revenu du Canada | La qualité des données diminue à mesure que l’on s’éloigne de l’année de naissance; ne comprend pas les immigrants, ne tient pas compte des décès |
Taux de couverture des enfants |
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