Série de documents de recherche – Revenu
Un profil des travailleurs dans le secteur du soutien à l’itinérance

par Kiran Toor

Date de diffusion : le 23 septembre 2019

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Résumé

Cette étude vise à établir un profil des travailleurs du domaine du soutien à l’itinérance. Les travailleurs sont classés dans ce groupe selon leur profession et leur industrie d’emploi. Diverses caractéristiques socioéconomiques de ces travailleurs sont présentées, fondées sur les données du Recensement de la population de 2016. Ces renseignements sont présentés selon la région géographique, l’âge, le sexe, le plus haut niveau de scolarité, l’identité autochtone et l’appartenance à une minorité visible. L’étude traite aussi des caractéristiques d’emploi, des gains et de la situation de faible revenu. L’étude se conclut par une discussion sur les limitations des données auxquelles on a accès, et sur les domaines potentiels de recherche future.

Introduction

Chaque Canadien a droit d’avoir accès à un logement sûr et abordable. Or, un certain nombre de Canadiens vivent en situation d’itinérance. L’Observatoire canadien sur l’itinérance définit l’itinérance comme « la situation dans laquelle se trouve une personne, une famille ou une collectivité qui n’a pas de logement stable, sûr, permanent et adéquat, ou qui n’a pas de possibilité, les moyens ou la capacité immédiate de s’en procurer unNote 1 ».

Les recherches sur l’itinérance effectuées à ce jour portent essentiellement, et à juste titre, sur la détermination et la compréhension des causes de l’itinérance ou sur l’évaluation des programmes d’intervention. Or, peu de travaux cherchent à déterminer qui sont ces personnes qui fournissent les services destinés aux personnes sans abri. Certaines industries et professions procèdent à des analyses du marché de l’emploi, mais peu d’analyses, voire aucune, ne portent particulièrement sur le groupe de travailleurs venant en aide aux sans-abri qui sera appelé, pour les besoins de cet article, le secteur du soutien à l’itinérance.

Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance doivent composer avec de nombreuses difficultés, notamment la prise en charge de clients compliqués et la gestion d’événements traumatisants. La nature de leur travail peut mener à un épuisement professionnel, au stress traumatique, l’usure de compassion et au roulement de personnel. Ces difficultés affectent la personne et influent sur l’organisation du secteur du soutien à l’itinérance. Il vaut la peine de faire état des séquelles connexes sur la santé mentale, dans ce contexte, puisqu’elles peuvent jouer un rôle dans les caractéristiques relatives à la démographie et à l’emploi observées dans le secteurNote 2.

Cet article vise à établir le profil des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance en déterminant les professions et les industries qui apportent ce type de soutien. L’analyse se penchera sur les caractéristiques relatives à la démographie, à la scolarité et à l’emploi pour brosser un portrait des personnes qui travaillent dans le secteur. Afin de mieux comprendre la qualité des réponses reçues de la part de clients sans abri de différentes régions, le nombre de membres du personnel compétents et chevronnés du secteur du soutien servira d’approximation.

Comme nous l’expliquerons ci-dessous, le secteur du soutien à l’itinérance correspond au point d’intersection entre l’industrie des « Services communautaires d’alimentation et d’hébergement, services d’urgence et autres secours » et de l’une des deux professions de « travailleurs sociaux » et de «travailleurs des services sociaux et communautaires ». Cette définition comporte des lacunes, puisqu’elle pourrait inclure certains travailleurs qui ne fournissent pas de services aux sans-abri et en exclure d’autres qui le font. Cette association industrie-profession a, toutefois, l’avantage de chevaucher précisément le domaine qui nous intéresse et d’englober les travailleurs de soutien à l’itinérance, puisqu’il n’existe actuellement aucune autre méthode permettant de repérer ces travailleurs de manière plus sélective.

Début de la boîte de texte

Les présents travaux ont été réalisés en partenariat avec Emploi et Développement social Canada (EDSC). En 2018, EDSC a chargé Statistique Canada de préparer des tableaux statistiques et un court texte décrivant les caractéristiques connues des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance. Les constatations qui en ont été tirées ont été traitées pour mieux présenter les résultats, et devraient s’avérer utiles à un plus vaste public intéressé par ce domaine.

Fin de la boîte de texte

Utilisation du Recensement de la population de 2016 pour établir le profil du secteur du soutien à l’itinérance

Le Recensement de la population de 2016, dont les données ont été utilisées aux fins de cette étude, recueille des données sur l’emploi au moyen du questionnaire détaillé qui est rempli par un échantillon de 25 % des ménages privés du Canada. La grande taille de l’échantillon permet de procéder à une analyse détaillée de secteurs relativement petits de la population active, dont celui du soutien à l’itinérance. Les données du Recensement de la population comprennent des caractéristiques démographiques, ainsi que diverses variables liées à l’emploi, qui permettent de mieux comprendre le secteur.

Le secteur du soutien à l’itinérance apporte de l’aide aux personnes vivant dans l’itinérance et à celles ayant accès à des services ciblés qui s’adressent aux personnes à risque de connaître une crise du logement. Des variables du marché de l’emploi servent à créer une approximation du secteur du soutien à l’itinérance par le recours à deux systèmes normalisés de classification des industries et des professions : le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) et la Classification nationale des professions (CNP). Le SCIAN et le CNP permettent de repérer les travailleurs en fonction des caractéristiques de leur employeur et de leur emploi, respectivement.

Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance appartiennent à l’industrie des « services communautaires d’alimentation et d’hébergement, services d’urgence et autres secours » (SCIAN, 6242), qui fournit nourriture, hébergement, soins et conseils aux personnes ayant besoin d’une aide urgente et aux victimes de conflits ou de catastrophes survenus au pays ou à l’étrangerNote 3. Il se trouve également des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance dans la profession « travailleurs sociaux » (CNP, 4152), dont les principales activités consistent habituellement à fournir une thérapie et des conseils pour répondre aux besoins et aux problèmes rencontrés par des particuliers, des familles et des collectivités. Enfin, les « travailleurs des services sociaux et communautaires » (CNP, 4212) correspondent aussi à la définition des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, puisqu’ils gèrent et mettent en place des programmes d’aide sociale et des services communautairesNote 4.

Les travailleurs de ces catégories d’industries et de professions fournissent évidemment du soutien aux personnes itinérantes au Canada. Toutefois, il est aussi évident qu’elles peuvent également apporter du soutien à des personnes qui ne sont pas aux prises avec l’itinérance. En tenant compte de cette situation, un travailleur du secteur du soutien à l’itinérance est défini comme une personne qui œuvre au sein de l’industrie des « services communautaires d’alimentation et d’hébergement, services d’urgence et autres secours » en tant que « travailleur social » ou « travailleur des services sociaux et communautaires ». Cette association industrie-profession chevauche de façon plus précise les services qui ciblent le soutien à l’itinérance au Canada. Pour le reste de l’article, tout ce qui aura trait au secteur du soutien à l’itinérance se rapportera aux emplois qui se situent à ce point d’intersection particulier entre industrie et professions. Il n’existe pas de données sur les industries et les professions d’un deuxième ou d’un troisième emploi. Cette définition pourrait, par conséquent, ne pas englober les travailleurs employés dans des industries du secteur du soutien à l’itinérance qui ont plus d’un emploi, les travailleurs embauchés temporairement par des agences ou d’autres entrepreneurs, ou des bénévoles.

Il faut aussi remarquer que le rétrécissement de la population de cette intersection procure une approximation de la population ciblée du secteur du soutien à l’itinérance, mais que l’application d’une méthode fondée uniquement sur des variables du marché de l’emploi mènera possiblement à l’exclusion de travailleurs exerçant d’autres professions qui pourraient en fait fournir des services aux personnes sans abri, et ce, en raison de l’attention portée exclusivement sur l’intersection de la CNP et du SCIAN en particulier.

Cela étant dit, puisque les travailleurs sociaux et les travailleurs des services sociaux et communautaires représentent une bonne part du secteur du soutien à l’itinérance, des comparaisons entre les deux professions dans l’ensemble des industries seront effectuées pour rendre compte des différences d’une industrie à l’autre, et mieux comprendre les caractéristiques des travailleurs du secteur du soutien.

Les résidents de refuges se trouvaient principalement dans les grands centres de population urbains

Pour dresser un portrait général des régions qui ont eu besoin de services de soutien susceptibles d’être fournis par le secteur du soutien à l’itinérance, le nombre de personnes vivant dans un refuge au moment du Recensement de la population de 2016 a été déterminé.

Le dénombrement des résidents de refuges tiré du Recensement de la population ne correspond pas nécessairement aux personnes ayant reçu des services fournis par le secteur du soutien à l’itinérance. Toutefois, parmi les 22 190 résidents inscrits dans des refuges, 7 sur 10 ont indiqué séjourner dans un refuge pour personnes sans adresse fixe (15 505)Note 5. Il est probable que les résidents qui vivent dans ces types de refuges aient reçu des services de la part de travailleurs de l’industrie des « services communautaires d’alimentation et d’hébergement, services d’urgence et autres secours ». En comparaison, selon une étude réalisée par Emploi et Développement social Canada (EDSC), fondée sur les données du Système d’information sur les personnes et les familles sans abri (SIPFSA), un nombre estimé de 129 000 personnes ont vécu dans des refuges d’urgence à un moment ou à un autre en 2016Note 6.

Selon les données présentées au tableau 1, en mai 2016, l’Ontario comptait 2 résidents de refuges sur 5 (39,6 %) et l’Alberta, 1 sur 5 (19,1 %). La grande majorité des résidents de refuges (81,2 %) se trouvaient dans de grands centres de population urbains comme Toronto (22,4 %), Calgary (11,2 %) et Vancouver (10,2 %).

Une comparaison entre le nombre de travailleurs connus du secteur du soutien à l’itinérance et le nombre de résidents de refuges montre que l’Ontario comptait 2 235 travailleurs de soutien à l’itinérance (le nombre le plus élevé de l’ensemble des provinces et territoires) pour ses 8 790 résidents de refuges. La Colombie-Britannique comptait 1 385 travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance et 4 025 résidents de refuges. Le Québec se situe au troisième rang en matière de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, le nombre étant de 1 090 pour 3 035 résidents de refuges. L’Alberta, malgré son deuxième rang en matière de résidents de refuges (4 235), se classe au quatrième rang pour ce qui est des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance (795).

Il est difficile de tirer des conclusions raisonnables dans des régions où le nombre de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance ou les résidents de refuges sont relativement faibles, comme certaines provinces de l’Atlantique et les territoires.


Tableau 1
Répartition des travailleurs par région géographique, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par région géographique Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 1 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 1 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 1 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 1 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Canada 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Provinces de l’Atlantique 1 299 080 6,5 335 5,3 4 650 7,5 10 480 6,7
Terre-Neuve-et-Labrador 286 035 1,4 95 1,5 1 250 2,0 1 940 1,2
Île-du-Prince-Édouard 85 270 0,4 15 0,2 205 0,3 995 0,6
Nouvelle-Écosse 514 080 2,6 115 1,8 1 650 2,7 4 830 3,1
Nouveau-Brunswick 413 695 2,1 110 1,7 1 545 2,5 2 715 1,7
Québec 4 529 765 22,7 1 090 17,3 14 125 22,7 30 760 19,8
Ontario 7 579 080 38,0 2 235 35,4 24 400 39,2 56 785 36,5
Manitoba 710 835 3,6 220 3,5 2 750 4,4 7 945 5,1
Saskatchewan 633 325 3,2 175 2,8 2 160 3,5 5 500 3,5
Alberta 2 467 410 12,4 795 12,6 7 020 11,3 17 920 11,5
Colombie-Britannique 2 670 700 13,4 1 385 22,0 6 805 10,9 24 870 16,0
Territoires 66 060 0,3 80 1,3 320 0,5 1 365 0,9
Yukon 23 495 0,1 10 0,2 170 0,3 480 0,3
Territoires du Nord-Ouest 25 570 0,1 55 0,9 110 0,2 420 0,3
Nunavut 17 000 0,1 15 0,2 40 0,1 465 0,3
Taille du centre de population
Grands centres de population urbains 12 091 895 60,6 4 080 64,7 37 215 59,8 85 025 54,6
Centres de population moyens 1 743 955 8,7 625 9,9 6 390 10,3 18 605 12,0
Petits centres de population 2 431 240 12,2 760 12,1 8 205 13,2 22 800 14,7
Régions rurales 3 689 165 18,5 840 13,3 10 425 16,8 29 195 18,8
Régions métropolitaines de recensement (RMR) sélectionnées
Montréal 2 308 565 11,6 575 9,1 6 320 10,2 13 885 8,9
Toronto 3 404 195 17,1 870 13,8 9 300 14,9 18 575 11,9
Vancouver 1 449 815 7,3 805 12,8 3 060 4,9 10 980 7,1

La plus grande part des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance se trouvait en Ontario et en Colombie-Britannique.

Le tableau 1 donne un aperçu de la distribution géographique du secteur du soutien à l’itinérance, les travailleurs sociaux et les travailleurs des services sociaux et communautaires. Au Recensement de la population de 2016, on dénombrait 6 305 travailleurs employés dans le secteur du soutien à l’itinérance à l’échelle nationale. Ces personnes représentaient 2,9 % de l’ensemble des travailleurs sociaux (62 235) et des travailleurs des services sociaux et communautaires (155 625) au pays.

La majorité des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance se trouvait en Ontario (35,4 %) et en Colombie-Britannique (22,0 %). Parmi les provinces de l’Atlantique (5,3 %), c’est en Nouvelle-Écosse (1,8 %) et au Nouveau-Brunswick (1,7 %) que les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance étaient les plus nombreux, tandis que dans les territoires (1,3 %), c’était dans les Territoires du Nord-Ouest (0,9 %). Dans l’ensemble des industries, la plus grande part des travailleurs sociaux était concentrée en Ontario (39,2 %) et au Québec (22,7 %). La tendance est la même chez les travailleurs des services sociaux et communautaires, ceux-ci étant principalement situés en Ontario (36,5 %) et au Québec (19,8 %).

Ce sont les provinces les plus peuplées qui affichaient le plus grand nombre de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance. La plupart des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance se trouvaient dans les grands centres urbains (64,7 %), suivi des régions rurales (13,3 %)Note 7. De même, la plupart des travailleurs sociaux ont déclaré résider dans de grands centres urbains (59,8 %) et des régions rurales (16,8 %), et les travailleurs des services sociaux et communautaires, dans de grands centres urbains (54,6 %) et des régions rurales (18,8 %).

Toronto (13,8 %), Vancouver (12,8 %) et Montréal (9,1 %) font partie des RMR comptant les plus importants pourcentages de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance. Toronto (14,9 % et 11,9 %, respectivement) et Montréal (10,2 % et 8,9 %, respectivement) tendent également à afficher les plus grands pourcentages de travailleurs sociaux et de travailleurs des services sociaux et communautaires.

Les femmes étaient plus nombreuses dans le secteur du soutien à l’itinérance

Le tableau 2 présente des renseignements sur le secteur du soutien à l’itinérance, les travailleurs sociaux et les travailleurs des services sociaux et communautaires, selon l’âge et le sexe. On y voit que 3 travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sur 4 (76,5 %) étaient des femmes, une proportion qui dépasse celle des femmes dans toutes les autres professions (48,2 %). Les travailleurs sociaux (84,9 %) et les travailleurs des services sociaux et communautaires (77,6 %) de toutes les industries tendent également à compter un grand nombre de femmes.

Parmi l’ensemble des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, plus de 1 sur 4 (28,0 %) était âgé de 25 à 34 ans, et 1 sur 5 était âgé de 35 à 44 ans (20,4 %) ou de 45 à 54 ans (20,8 %). Chez les plus jeunes travailleurs du secteur (15 à 24 ans), les femmes étaient majoritaires (80,0 %). Plus de 1 femme sur 4 (28,3 %) était âgée de 25 à 34 ans dans le secteur du soutien à l’itinérance. Le nombre de travailleuses sociales (28,6 %) et de travailleuses des services sociaux et communautaires (26,7 %) du même groupe d’âge était du même ordre dans leurs professions respectives.


Tableau 2
Répartition des travailleurs par âge et sexe, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par âge et sexe Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 2 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 2 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 2 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 2 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Sexe
15 ans et plus 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
15 à 24 ans 2 982 790 14,9 625 9,9 1 490 2,4 18 335 11,8
25 à 34 ans 4 063 170 20,4 1 765 28,0 17 100 27,5 40 960 26,3
35 à 44 ans 4 006 255 20,1 1 290 20,4 17 025 27,4 34 620 22,2
45 à 54 ans 4 344 380 21,8 1 315 20,8 14 410 23,2 32 520 20,9
55 à 64 ans 3 432 795 17,2 1 065 16,9 9 725 15,6 23 620 15,2
65 ans et plus 1 126 865 5,6 250 4,0 2 485 4,0 5 570 3,6
Femmes
15 ans et plus 9 613 285 100,0 4 825 100,0 52 845 100,0 120 800 100,0
15 à 24 ans 1 464 995 15,2 500 10,4 1 400 2,6 13 750 11,4
25 à 34 ans 1 977 815 20,6 1 365 28,3 15 110 28,6 32 225 26,7
35 à 44 ans 1 963 500 20,4 930 19,3 14 670 27,8 26 910 22,3
45 à 54 ans 2 137 435 22,2 1 050 21,8 12 070 22,8 25 710 21,3
55 à 64 ans 1 623 680 16,9 790 16,4 7 840 14,8 18 240 15,1
65 ans et plus 445 865 4,6 195 4,0 1 760 3,3 3 975 3,3
Hommes
15 ans et plus 10 342 970 100,0 1 480 100,0 9 390 100,0 34 825 100,0
15 à 24 ans 1 517 795 14,7 125 8,4 90 1,0 4 590 13,2
25 à 34 ans 2 085 360 20,2 395 26,7 1 990 21,2 8 740 25,1
35 à 44 ans 2 042 755 19,8 360 24,3 2 355 25,1 7 710 22,1
45 à 54 ans 2 206 945 21,3 265 17,9 2 345 25,0 6 805 19,5
55 à 64 ans 1 809 120 17,5 280 18,9 1 885 20,1 5 380 15,4
65 ans et plus 680 995 6,6 55 3,7 730 7,8 1 595 4,6

La plus forte concentration d’hommes dans le secteur du soutien à l’itinérance est celui des 25 et 34 ans (26,7 %), ce qui est similaire à une proportion de 25,1 % chez les travailleurs des services sociaux et communautaires de toutes les industries et moins que la proportion chez les travailleurs sociaux (21,2 %). Cela pourrait s’expliquer par le fait que dans les professions susceptibles de soutenir les personnes sans abri, une plus jeune cohorte d’hommes et de femmes est plus susceptible de travailler plus particulièrement dans le secteur du soutien à l’itinérance que dans les autres industries.

La plupart des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance étaient titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’une école de métiers, d’un collège ou d’un autre établissement non universitaire

Comme le montre le tableau 3, plus de 2 travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sur 5 (44,4 %) étaient titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’une école de métiers, d’un collège ou d’un autre établissement non universitaire, et 1 sur 4 (27,4 %) détenaient un grade universitaire.

Puisque le secteur du soutien à l’itinérance se compose largement de travailleurs sociaux et de travailleurs des services sociaux et communautaires, il est intéressant de comparer ces professions d’une industrie à l’autre. Pour la moitié de tous les travailleurs sociaux (49,7 %), le baccalauréat était leur plus haut niveau de scolarité atteint, et environ 1 travailleur social sur 3 (31,0 %) était titulaire d’un grade ou d’un certificat supérieur au baccalauréat. Ces statistiques semblent concorder avec les normes actuelles en matière de scolarité, puisque le baccalauréat est une exigence pour devenir travailleur social.


Tableau 3 
Répartition des travailleurs par plus haut certificat, diplôme ou grade, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par plus haut certificat Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 3 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 3 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 3 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 3 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Plus haut certificat, diplôme ou grade 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Aucun certificat, diplôme ou grade 2 275 265 11,4 300 4,8 25 0,0 6 590 4,2
Diplôme d’études secondaires ou certificat équivalent 5 212 570 26,1 1 000 15,9 1 875 3,0 23 235 14,9
Certificat ou diplôme d’une école de métiers, d’un collège ou d'un autre établissement non universitaire 7 015 930 35,2 2 800 44,4 10 080 16,2 69 775 44,8
Baccalauréat 3 660 985 18,3 1 725 27,4 30 935 49,7 42 800 27,5
Grade ou attestation universitaire supérieur au baccalauréat 1 791 505 9,0 485 7,7 19 320 31,0 13 230 8,5

La répartition du plus haut niveau de scolarité est pratiquement la même dans le cas des travailleurs des services sociaux et communautaires que dans celui du secteur du soutien à l’itinérance, où la plupart des travailleurs des services sociaux et communautaires (44,8 %) détenaient un certificat ou un diplôme d’une école de métiers, d’un collège ou non universitaire, et le quart (27,5 %), un baccalauréat. Selon les données du Recensement de la population de 2016, les travailleurs sociaux tendent à avoir un niveau de scolarité plus élevé, en moyenne, que les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance et les travailleurs des services sociaux et communautaires.

La plupart des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance ayant fait des études postsecondaires avaient étudié en commerce, en gestion ou en administration publique

Selon les données présentées au tableau 4, parmi les 5 005 employés du secteur du soutien à l’itinérance ayant fait des études postsecondaires, plus de 1 sur 3 (37,0 %) a indiqué que son principal domaine d’études était le commerce, la gestion ou l’administration publique, et la plupart d’entre eux ont déclaré des domaines d’études liées à l’administration publique ou aux des services sociaux (30,2 %). En outre, plus de 1 travailleur du secteur du soutien à l’itinérance sur 4 (28,6 %) a dit avoir étudié en sciences sociales et des comportements, ou en droit.

Parmi toutes les professions de travailleur social, une proportion encore plus grande (73,9 %) a déclaré le commerce, la gestion ou l’administration publique comme principal domaine d’études. Venaient ensuite les sciences sociales et des comportements et le droit (15,0 %). Près du tiers des travailleurs des services sociaux et communautaires (30,4 %) ont indiqué avoir eu pour principal domaine d’études les sciences sociales et des comportements, le droit, ou le commerce, la gestion ou l’administration publique (30,7 %), alors que 15,5 % ont mentionné la santé et les domaines connexes.


Tableau 4
Répartition des travailleurs ayant fait des études postsecondaires, par principal domaine d’études, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs ayant fait des études postsecondaires Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 4 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 4 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 4 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 4 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Travailleurs ayant fait des études postsecondaires 12 468 425 100,0 5 005 100,0 60 335 100,0 125 800 100,0
Éducation 727 620 3,6 240 3,8 1 265 2,0 8 845 5,7
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications 490 615 2,5 125 2,0 220 0,4 2 330 1,5
Sciences humaines 639 275 3,2 280 4,4 1 430 2,3 7 085 4,6
Sciences sociales et des comportements, et droit 1 449 220 7,3 1 430 22,7 9 030 14,5 38 215 24,6
Sciences de la famille et de la consommation/sciences humaines 256 515 1,3 385 6,1 1 505 2,4 12 385 8,0
Psychologie 229 130 1,1 335 5,3 3 315 5,3 10 970 7,0
Sciences sociales 512 315 2,6 490 7,8 3 355 5,4 9 910 6,4
Commerce, gestion et administration publique 2 671 150 13,4 1 850 29,3 44 605 71,7 38 585 24,8
Administration publique et professions en services sociaux 193 540 1,0 1 510 23,9 42 840 68,8 28 485 18,3
Commerce, gestion, marketing et services de soutien connexes 2 473 045 12,4 335 5,3 1 755 2,8 10 090 6,5
Architecture, génie et technologies connexes 2 635 120 13,2 135 2,1 240 0,4 2 410 1,5
Santé et domaines connexes 1 750 735 8,8 640 10,2 2 465 4,0 19 505 12,5
Services personnels, de protection et de transport 789 415 4,0 180 2,9 435 0,7 4 525 2,9

La plupart des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance étaient mariés ou en union libre, et avaient des enfants

Le type de ménage et la situation dans la famille de recensement procurent des renseignements sur la présence de familles de recensement au sein du ménage et sur la situation des particuliers dans chaque famille de recensement. Selon le tableau 5, dans le secteur du soutien à l’itinérance, plus de la moitié des travailleurs (56,1 %) se trouve dans un ménage, au sein d’une famille de recensement comportant un couple marié ou en union libre. Parmi les travailleurs vivant dans une famille comptant un couple, 3 sur 5 (60,5 %) vivaient dans une famille où des enfantsNote 8 étaient présents.

Pour ce qui est de l’ensemble des travailleurs sociaux, 2 sur 3 (67,8 %) vivaient dans un ménage d’une famille de recensement comptant un couple marié ou en union libre, ce qui constitue une proportion légèrement plus élevée que celle des travailleurs des services sociaux et communautaires (61,6 %). Parmi les types de famille de recensement comptant un couple marié ou en union libre, 2 travailleurs sociaux (66,3 %) et travailleurs des services sociaux et communautaires (64,6 %) sur 3 vivaient dans des ménages comptant des enfants. Cette proportion légère plus faible de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance vivant dans des ménages comptant des enfants, comparativement aux travailleurs des services sociaux et communautaires et aux travailleurs sociaux, pourrait s’expliquer par le fait que les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sont plus jeunes.


Tableau 5
Répartition des travailleurs par situation dans la famille de recensement, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par situation dans la famille de recensement Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 5 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 5 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 5 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 5 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Situation dans la famille de recensementTableau 5 Note 5 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Couple marié ou en union libre 13 812 910 69,2 3 535 56,1 42 200 67,8 95 890 61,6
Avec enfants 9 151 300 45,9 2 140 33,9 27 960 44,9 61 975 39,8
Sans enfants 4 661 610 23,4 1 400 22,2 14 240 22,9 33 910 21,8
Parent seul 1 995 250 10,0 915 14,5 7 070 11,4 22 330 14,3
Mère seule 1 208 105 6,1 830 13,2 6 455 10,4 19 360 12,4
Père seul 787 150 3,9 85 1,3 605 1,0 2 965 1,9
Ménage comptant plusieurs familles de recensement 876 270 4,4 230 3,6 1 825 2,9 6 470 4,2
Ménage hors famille de recensement 3 271 825 16,4 1 625 25,8 11 140 17,9 30 940 19,9
Ménage d’une personne 2 290 860 11,5 1 075 17,0 8 825 14,2 20 925 13,4

Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sont plus susceptibles de vivre au sein de ménages de famille de recensement monoparentaux (14,5 %) que la population active (10,0 %). Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sont notamment plus de deux fois plus susceptibles d’être des femmes monoparentales (13,2 %) que l’ensemble des travailleurs (6,1 %). Le pourcentage de travailleurs des services sociaux et communautaires (14,3 %) étant des parents monoparentaux se révélait relativement du même ordre que celui des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, tandis que cette proportion était d’à peine 1 sur 10 (11,4 %) chez les travailleurs sociaux.

Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance (25,8 %) ayant dit vivre dans un ménage hors famille de recensement étaient plus nombreux que l’ensemble des travailleurs (16,4 %), les travailleurs sociaux (17,9 %) et les travailleurs des services sociaux et communautaires (19,9 %). Les ménages hors famille de recensement se composent de personnes vivant seules ou d’un groupe de deux personnes ou plus vivant ensemble sans constituer une famille de recensement en fonction de leurs liens.

Un plus grand nombre de membres de minorités visibles et d’Autochtones travaillaient dans le secteur du soutien à l’itinérance

Le tableau 6 présente les données sur l’appartenance à une minorité visible chez les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, les travailleurs sociaux et les travailleurs des services sociaux et communautaires. On y constate que 1 travailleur du secteur du soutien à l’itinérance sur 5 (19,6 %) a indiqué appartenir à une minorité visible, une proportion plus élevée que chez les travailleurs sociaux (14,8 %) et les travailleurs des services sociaux et communautaires (17,6 %) de toutes les industries, et en concordance avec l’ensemble de la population active (21,3 %). En outre, 1 travailleur du secteur sur 10 (10,6 %) a indiqué avoir une identité autochtone; cette proportion est pratiquement la même que celle observée chez les travailleurs des services sociaux et communautaires (10,7 %), mais plus élevée que celle de l’ensemble des travailleurs sociaux (7,5 %) et celle de la population active totale (4,0 %).


Tableau 6
Répartition des travailleurs selon l'appartenance à une minorité visible et l'identité autochtone, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs selon l'appartenance à une minorité visible et l'identité autochtone Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 6 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 6 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 6 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 6 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Minorité visible 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Appartenant à une minorité visible 4 245 800 21,3 1 235 19,6 9 240 14,8 27 395 17,6
N’appartenant pas à une minorité visible 15 710 450 78,7 5 070 80,4 52 995 85,2 128 230 82,4
Identité autochtone 796 170 4,0 670 10,6 4 690 7,5 16 710 10,7
Pas d'identité autochtone 14 914 280 74,7 4 400 69,7 48 305 77,6 111 520 71,7

Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance étaient plus susceptibles de travailler à temps partiel

Comme le montre le tableau 7, la proportion de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance occupant un emploi à temps partiel (27,8 %) en 2015 était supérieure à celle de l’ensemble de la population active (22,5 %) et des travailleurs des services sociaux et communautaires (23,3 %), et près du double de celle des travailleurs sociaux (14,0 %) ayant indiqué travailler à temps partiel, et ce, tous sexes confondus.


Tableau 7
Répartition des travailleurs par durée de l’emploi et sexe, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par durée de l’emploi et sexe Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 7 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 7 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 7 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 7 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Sexe
Total – 15 ans et plus 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
N’a pas travaillé en 2015 595 240 3,0 205 3,3 1 095 1,8 4 100 2,6
A travaillé à temps plein en 2015 14 871 495 74,5 4 350 69,0 52 445 84,3 115 280 74,1
A travaillé à temps partiel en 2015 4 489 515 22,5 1 750 27,8 8 695 14,0 36 250 23,3
Femmes
Femmes – 15 ans et plus 9 613 285 100,0 4 825 100,0 52 845 100,0 120 800 100,0
N’a pas travaillé en 2015 312 135 3,2 165 3,4 930 1,8 3 280 2,7
A travaillé à temps plein en 2015 6 484 870 67,5 3 230 66,9 44 365 84,0 88 855 73,6
A travaillé à temps partiel en 2015 2 816 275 29,3 1 430 29,6 7 550 14,3 28 665 23,7
Hommes
Hommes – 15 ans et plus 10 342 965 100,0 1 480 100,0 9 395 100,0 34 825 100,0
N’a pas travaillé en 2015 283 105 2,7 45 3,0 165 1,8 820 2,4
A travaillé à temps plein en 2015 8 386 625 81,1 1 120 75,7 8 075 85,9 26 425 75,9
A travaillé à temps partiel en 2015 1 673 240 16,2 320 21,6 1 145 12,2 7 580 21,8

Compte tenu des différences en matière de participation des hommes et des femmes dans le secteur du soutien à l’itinérance, un examen du statut d’employé à temps plein ou à temps partiel peut fournir des renseignements plus détaillés. Dans le secteur du soutien à l’itinérance, 1 femme sur 3 (29,6 %) et 1 homme sur 5 (21,6 %) ont indiqué travailler à temps partiel en 2015.

Comparativement au secteur du soutien à l’itinérance, chez les femmes, des pourcentages plus faibles de travailleuses sociales (14,3 %) et de travailleuses des services sociaux et communautaires (23,7 %) de l’ensemble des industries ont indiqué travailler à temps partiel. Chez les hommes, le pourcentage de travailleurs sociaux (12,2 %) ayant indiqué travailler à temps partiel était plus faible que dans le secteur du soutien à l’itinérance.

Les gains moyens des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance étaient inférieurs à ceux de l’ensemble des travailleurs canadiens

En ce qui a trait aux gains, les traitements, les salaires et les commissions constituaient le principal indicateur évalué. Cette catégorie tient compte des types de rémunération liés plus communément à un emploi rémunéré, comme les traitements ou salaires réguliers, les pourboires, les gratifications, les commissions et d’autres prestations de l’employeur ou du syndicat. Aux fins de comparabilité, nous présentons le revenu d’emploi, qui comprend également le revenu provenant d’un travail autonome. Le tableau 8 présente un sommaire des gains et des échelons de revenu des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, des travailleurs sociaux et des travailleurs des services sociaux et communautaires.

Presque tous les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance (96,6 %) ont touché un revenu d’emploi en 2015, et 95,6 % ont touché des traitements, salaires et commissions. Chez les travailleurs sociaux (95,7 %) et les travailleurs des services sociaux et communautaires (94,3 %), la proportion de travailleurs ayant touché des traitements, salaires et commissions est presque identique à celle des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance.

Les traitements, salaires et commissions médians des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance s’élevaient à 32 707 $, un montant inférieur à celui touché par les travailleurs sociaux (59 494 $) et les travailleurs des services sociaux et communautaires (37 716 $) de l’ensemble des industries. Chez les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, les traitements, salaires et commissions médians étaient également inférieurs à ceux de l’ensemble des travailleurs exerçant d’autres professions (38 269 $).

Les traitements, salaires et commissions médians parmi les travailleurs sociaux de l’ensemble des industries étaient presque le double de ceux des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance. Cela pourrait s’expliquer en partie par les différences quant au niveau de scolarité et le fait que l’emploi à temps partiel est chose courante dans le secteur du soutien à l’itinérance.


Tableau 8
Répartition des travailleurs par gains et situation de faible revenu, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par gains et situation de faible revenu Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre, pourcentage et en dollars unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau 8 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau 8 Note 2 Travailleurs sociauxTableau 8 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau 8 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Total – Personnes de 15 ans et plus 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Personnes ayant un revenu 19 726 915 98,9 6 290 99,8 62 145 99,9 154 940 99,6
Personnes touchant un revenu d’emploi 18 820 750 94,3 6 090 96,6 61 085 98,2 149 670 96,2
Personnes touchant des salaires et traitements 17 434 920 87,4 6 025 95,6 59 570 95,7 146 735 94,3
Personnes considérées comme étant en situation de faible revenu 19 750 120 100,0 6 090 100,0 60 970 100,0 149 510 100,0
Personnes en situation de faible revenu (MFR-ApI)Tableau 8 Note 5 1 782 710 9,0 585 9,6 1 710 2,8 12 080 8,1
en dollars
Revenu d’emploi médian ($) 36 693 32 635 59 010 37 452
Traitements, salaires et commissions médians ($) 38 269 32 707 59 494 37 716

Dans le secteur du soutien à l’itinérance, 1 travailleur sur 10 était en situation de faible revenu

La mesure de faible revenu après impôt (MFR-ApI) peut servir à évaluer le revenu d’un particulier par rapport à un pourcentage fixe (50 %) de la médiane du revenu après impôt rajusté selon la taille du ménageNote 9. Les personnes dont le revenu du ménage est inférieur à un certain seuil applicable sont considérées comme étant dans une situation de faible revenu. Une analyse de la proportion de travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance qui se trouvent dans une telle situation de faible revenu donne un aperçu du marché de l’emploi pour la population de « travailleurs pauvres » du secteur.

Il est possible de constater, dans le tableau 8, que chez les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, environ 1 sur 10 (9,6 %) était en situation de faible revenu, une proportion comparable à celle de l’ensemble des travailleurs (9,0 %). Beaucoup moins de travailleurs sociaux (2,8 %) affichaient un faible revenu, mais chez les travailleurs des services sociaux et communautaires (8,1 %), la proportion ayant un faible revenu se rapproche du secteur du soutien à l’itinérance.

Limites des données et de l’analyse

Le Recensement de la population recueille des données sur le principal emploi des particuliers, plus précisément au cours de la semaine de référence du dimanche 1er mai au samedi 7 mai 2016. Ainsi, les données sur les industries et les professions ne couvrent pas d’autres emplois occupés par les particuliers qui pourraient en avoir plus d’un. Ce problème pourrait avoir une incidence particulière sur les données des travailleurs à temps partiel, une situation plus fréquente dans les emplois du secteur du soutien à l’itinérance. Lorsqu’une personne n’a pas travaillé pendant la semaine de référence, mais a occupé un emploi pendant une certaine période depuis le 1er janvier 2015, les données sur les industries et les professions ont trait à l’emploi occupé pendant la plus longue période. Compte tenu de cette situation, 5 635 des 6 305 travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance occupaient un emploi durant la semaine de référence.

De plus, il est impossible d’évaluer correctement les taux de roulement, les postes à pourvoir et la permanence des emplois dans le secteur du soutien à l’itinérance à partir des seules variables du marché de l’emploi disponibles dans le Recensement de la population et la majorité des autres enquêtes sociales.

Le recours aux codes des industries et des professions a permis de classifier de façon plus générale le secteur du soutien à l’itinérance, ce qui ne revient pas à dire que ce regroupement des industries et des professions englobe tous les emplois qui apportent un soutien à l’itinérance. Dans une certaine mesure, une concentration sur le secteur du soutien à l’itinérance en particulier entraîne une sous-estimation de la taille du secteur. D’autres emplois, dans d’autres catégories des industries et professions, pourraient apporter un soutien à l’itinérance, mais il est difficile de les repérer systématiquement à l’aide des variables du marché de l’emploi à notre disposition.

Le statut d’employé à temps partiel et à temps plein est indiqué pour l’année 2015. Ainsi, pour les personnes occupant un emploi durant la semaine de référence, le statut d’employé à temps plein ou à temps partiel ne correspond peut-être pas à l’emploi occupé durant la semaine de référence. De même pour le revenu, la période de référence est l’année civile 2015. Les différences quant à ces rapports font en sorte que le revenu rapporté en 2015 par une personne ne correspond pas nécessairement aux variables du marché de l’emploi provenant du recensement.

Les chiffres du Recensement de la population sur la population vivant dans des refuges ne sont pas une représentation réelle de l’itinérance au Canada. Par exemple, les personnes qui vivent dans une voiture ou qui font de la « navigation sofa » (itinérance masquée) ne sont pas dénombrées. De plus, les personnes qui vivent dans les parcs ou d’autres zones sans refuge, peut-être plus nombreuses compte tenu de la saison du jour du recensement, ne sont pas non plus dénombrées lorsque seule la population des refuges le jour du recensement est prise en compte. Le nombre de résidents de refuges dénombrés au Recensement de la population ne se limite pas aux refuges réservés aux résidents sans adresse fixe (qui procurent un refuge d’urgence à court terme), mais comprend aussi les refuges pour femmes battues et leurs enfants ou d’autres refuges et centres d’hébergement offrant des services d’aide, où les résidents pourraient ne pas nécessairement recevoir des services de travailleurs de l’industrie des « services communautaires d’alimentation et d’hébergement, services d’urgence et autres secours ».

Conclusion et prochaines étapes de l’analyse du secteur du soutien à l’itinérance

La plupart des travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance se trouvent dans les grands centres urbains, avec des concentrations marquées dans les villes de Toronto, de Vancouver et de Montréal.

Les résultats montrent que l’effectif du secteur du soutien à l’itinérance est majoritairement composé de femmes et de travailleurs des groupes d’âge plus jeunes. Les travailleurs de ce secteur ont fait des études postsecondaires et sont titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’une école de métiers, d’un collège ou d’un autre établissement non universitaire, tout comme les travailleurs des services sociaux et communautaires. La plupart des travailleurs sociaux ont en revanche un baccalauréat ou un grade de niveau supérieur. Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance sont tout aussi susceptibles d’appartenir à une minorité visible que dans l’ensemble de la population active, mais la part des Autochtones au sein du secteur est beaucoup plus élevée que dans la population active. De manière générale, les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance indiquent faire partie d’un ménage comptant un couple marié ou en union libre et des enfants, et sont plus susceptibles d’être des femmes monoparentales que dans tout autre emploi. Les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance tendent également à travailler à temps partiel et à gagner moins que les travailleurs sociaux et les travailleurs des services sociaux et communautaires de toutes les industries, ainsi que tous les travailleurs.

La prochaine étape de cette analyse pourrait consister à effectuer des couplages entre recensements afin d’observer la longévité d’un emploi dans le secteur du soutien à l’itinérance. Cela pourrait faire la lumière sur la rétention d’emploi et indiquer si le bénévolat est prédominant dans le secteur. Pousser plus avant cette analyse pourrait aussi comporter l’intégration de données des fichiers de déclarations de rémunération T4 montrant les niveaux de traitements et les employeurs sur de multiples années. Il permettrait de déceler les tendances historiques à observer et d’obtenir des renseignements sur les occupants d’emplois multiples et la durée de l’emploi, ainsi que l’employeur à ajouter. Il serait, en outre, possible d’élaborer davantage en tenant compte de la répartition selon un plus jeune âge chez les travailleurs du secteur du soutien à l’itinérance, pour savoir s’il s’agit là d’un groupe de relève pour les emplois dans les groupes de professions plus généraux.

Il est également possible que certaines personnes travaillant dans des refuges étaient auparavant en situation d’itinérance. Un couplage du Système d’information sur les personnes et les familles sans abri (SIPFSA), qui renferme des données sur l’occupation des refuges, avec le Recensement de la population permettrait de cerner la population cible afin de mieux comprendre le secteur du soutien à l’itinéranceNote 10. Ce couplage pourrait en outre mettre en évidence les communautés qui manquent de soutien en comparant la répartition des travailleurs à celle des personnes sans abri.

Appendice


Tableau A1
Répartition des travailleurs par région métropolitaine de recensement, certaines industries et professions, 2016
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des travailleurs par région métropolitaine de recensement Tous les travailleurs, Secteur du soutien à l'itinérance, Travailleurs sociaux et Travailleurs des services sociaux et communautaires, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Tous les travailleursTableau A1 Note 1 Secteur du soutien à l'itinéranceTableau A1 Note 2 Travailleurs sociauxTableau A1 Note 3 Travailleurs des services sociaux et communautairesTableau A1 Note 4
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
Canada 19 956 250 100,0 6 305 100,0 62 235 100,0 155 625 100,0
Régions métropolitaines de recensement (RMR)
St. John’s 122 320 0,6 50 0,8 655 1,1 940 0,6
Halifax 241 390 1,2 75 1,2 850 1,4 1 905 1,2
Moncton 84 650 0,4 20 0,3 305 0,5 540 0,3
Saint John 69 775 0,3 15 0,2 245 0,4 505 0,3
Saguenay 85 170 0,4 15 0,2 430 0,7 595 0,4
Québec 465 845 2,3 105 1,7 1 745 2,8 3 180 2,0
Sherbrooke 115 875 0,6 35 0,6 485 0,8 845 0,5
Trois-Rivières 81 130 0,4 20 0,3 255 0,4 790 0,5
Montréal 2 308 565 11,6 575 9,1 6 320 10,2 13 885 8,9
Ottawa–Gatineau 765 590 3,8 280 4,4 2 340 3,8 4 975 3,2
Ottawa–Gatineau (partie du Québec) 190 565 1,0 50 0,8 650 1,0 1 270 0,8
Ottawa–Gatineau (partie de l’Ontario) 575 030 2,9 230 3,6 1 685 2,7 3 705 2,4
Kingston 89 545 0,4 35 0,6 325 0,5 905 0,6
Belleville 54 865 0,3 10 0,2 180 0,3 805 0,5
Peterborough 65 190 0,3 65 1,0 285 0,5 940 0,6
Oshawa 214 000 1,1 80 1,3 725 1,2 1 785 1,1
Toronto 3 404 195 17,1 870 13,8 9 300 14,9 18 575 11,9
Hamilton 419 385 2,1 80 1,3 1 620 2,6 2 885 1,9
St. Catharines–Niagara 218 715 1,1 100 1,6 745 1,2 1 755 1,1
Kitchener–Cambridge–Waterloo 308 795 1,5 90 1,4 970 1,6 2 570 1,7
Brantford 74 645 0,4 25 0,4 250 0,4 785 0,5
Guelph 92 835 0,5 35 0,6 340 0,5 665 0,4
London 274 785 1,4 125 2,0 1 075 1,7 2 790 1,8
Windsor 170 430 0,9 35 0,6 745 1,2 1 235 0,8
Barrie 116 855 0,6 40 0,6 345 0,6 935 0,6
Grand Sudbury 91 155 0,5 30 0,5 455 0,7 1 160 0,7
Thunder Bay 66 705 0,3 25 0,4 585 0,9 1 175 0,8
Winnipeg 451 980 2,3 125 2,0 1 935 3,1 5 105 3,3
Regina 143 430 0,7 80 1,3 640 1,0 1 365 0,9
Saskatoon 179 235 0,9 60 1,0 730 1,2 1 400 0,9
Lethbridge 68 155 0,3 30 0,5 225 0,4 835 0,5
Calgary 866 895 4,3 260 4,1 2 515 4,0 5 210 3,3
Edmonton 809 165 4,1 215 3,4 2 565 4,1 6 025 3,9
Kelowna 112 595 0,6 35 0,6 340 0,5 825 0,5
Abbotsford–Mission 101 355 0,5 75 1,2 205 0,3 1 020 0,7
Vancouver 1 449 815 7,3 805 12,8 3 060 4,9 10 980 7,1
Victoria 214795 1,1 95 1,5 710 1,1 2 505 1,6

Références

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