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Ensemble du Canada

Au cours des 34 dernières années, les personnes à faible revenu ont représenté jusqu'à 16 % et aussi peu que 9 % de la population, selon la période et la ligne de faible revenu utilisé.

En 2000, les estimations de la taille de la population à faible revenu étaient semblables pour les trois seuils de faible revenu : les seuils de faible revenu (SFR), la mesure de faible revenu (MFR) et la mesure du panier de consommation (MPC). La MFR estimait à 3,8 millions le nombre de personnes ayant un faible revenu, comparativement à 3,7 millions selon le SFR et à 3,6 millions selon la MPC.

De 2000 à 2007, la population à faible revenu a diminué de plus de 500 000 personnes selon le SFR et la MPC, tandis qu'elle a augmenté de 500 000 selon la MFR. Ces résultats s'expliquent par le fait que les seuils du SFR et de la MPC sont déterminés à un moment précis, alors que le seuil de la MFR est toujours déterminé par la population actuelle. Par conséquent, les résultats indiquent que bien que la population à faible revenu soit plus petite que par le passé selon le SFR et la MPC, les gains des personnes à faible revenu n'ont par ailleurs pas augmenté autant que le revenu médian selon la MFR.

De 2007 à 2009, cette longue tendance à la baisse de l'incidence du faible revenu selon le SFR et la MPC s'est stabilisée, et dans certains cas, a commencé à s'inverser. Les niveaux de 2008 et de 2009 selon le SFR et la MPC sont légèrement plus élevés qu'en 2007, mais ils représentent le deuxième taux annuel le plus faible des 34 dernières années. En dépit de la variation non statistiquement significative du SFR entre 2007 et 2008, puis encore une fois entre 2008 et 2009, tout compte fait, une série de tests plus poussés révèlent une légère tendance haussière du faible revenu pendant cette période.

Faible revenu chez les groupes socio-économiques

L'incidence du faible revenu varie en fonction des groupes de personnes, comme les personnes âgées, les enfants, les personnes vivant dans les familles monoparentales (parents seuls), les immigrants récents, les Autochtones hors réserve, les personnes ayant des limitations d'activités et les personnes seules non âgées. On a constaté que bon nombre de ces personnes ont un risque accru de faible revenu persistant (Burstein, 2005). Ces groupes de personnes ne suivaient pas tous la même tendance que celle que nous avons observée pour l'ensemble du Canada.

Les parents seuls

Les parents seuls ont enregistré une significative baisse à long terme de l'incidence du faible revenu entre 1996 et 2009. Les taux de faible revenu chez les parents seuls ont fluctué de 40 % à 50 % pendant plus de 20 ans de 1976 à 1996, selon le SFR et la MFR. De 1996 à 2009, le taux a dégringolé, passant de 50 % à environ 20 %. Fait intéressant, cette tendance des taux plus bas pour les parents seuls a été précédée par une réduction de l'écart relatif et de la gravité de leur faible revenu à compter du milieu des années 1980.

Malgré une légère augmentation globale du faible revenu au Canada de 2007 à 2009, le faible revenu pour les parents seuls n'a pas augmenté de 2007 à 2008. Au lieu de cela, il a continué de descendre en suivant une tendance amorcée au milieu des années 1990 et qui coïncidait avec une hausse de la participation à la vie active des parents seuls. Par conséquent, la tendance du faible revenu chez les parents seuls était différente de celle de l'ensemble de la population. Ce recul était accompagné d'une croissance de la taille relative du secteur des services en 2008, qui a tendance à employer plus de femmes que d'hommes.

Les personnes âgées

Pendant 20 ans, de 1976 jusqu'au milieu des années 1990, le taux de faible revenu pour les personnes âgées a diminué continuellement et significativement, pour passer de 30 % à moins de 10 % selon le SFR et la MFR, principalement en raison de l'augmentation du revenu de pensions et des transferts gouvernementaux. Le taux a continué de diminuer de 1996 à 2007 selon le SFR (baisse de 5 points de pourcentage) et la MPC (baisse de 1 point de pourcentage de 2000 à 2007), tandis qu'il a augmenté d'environ six points de pourcentage selon la MFR. Ces résultats portent à croire que depuis 1996, les personnes âgées n'ont cessé de faire des progrès par rapport à la répartition des revenus de 1992 et du panier de consommation, mais qu'elles ont perdu du terrain par rapport aux revenus des personnes non âgées. Ces constats ressortent également du fait que la croissance du revenu médian des personnes non âgées a été plus rapide que celle des personnes âgées après 1996, tandis qu'avant 1996, le revenu médian des personnes âgées augmentait par rapport aux personnes non âgées. De 2007 à 2009, on a observé une légère hausse du taux de faible revenu pour les personnes âgées selon les trois lignes. De petites hausses semblables ont été enregistrées par les personnes âgées pendant les récessions du début des années 1980 et des années 1990.

Les enfants

La tendance générale de l'incidence du faible revenu pour les enfants suivait de près la tendance nationale de 1976 à 20091. Malgré une baisse non significative de l'incidence selon le SFR, le taux, l'écart relatif et la gravité ont tous augmenté légèrement selon la MFR et la MPC de 2007 à 2008. De 2008 à 2009, le taux du SFR a ensuite diminué encore, alors que le taux a augmenté légèrement selon la MFR, et de façon plus prononcée selon la MPC.

Les personnes seules non âgées

De fortes incidences soutenues du faible revenu de plus de 30 % sont survenues chez les personnes seules non âgées de 1976 à 2009. Pendant toute la décennie des années 1990, le taux de faible revenu a atteint un sommet de près de 40 %, qui coïncidait avec le taux de chômage élevé dans ce groupe. Depuis, le taux est retombé à environ 35 % selon les trois lignes. Une petite augmentation a été relevée entre 2007 et 2008, aussi bien chez les hommes que les femmes. Une légère baisse est ensuite survenue selon les trois seuils entre 2008 et 2009.

Les immigrants récents

Le faible revenu chez les immigrants récents se chiffrait au taux relativement faible de 10 % dans la seconde partie des années 1970 et a augmenté pendant les années 1980, pour atteindre environ 20 %, puis un sommet de près de 30 % au milieu des années 1990. Depuis, il est redescendu, pour tomber au-dessous de 20 % en 2005, une baisse qui coïncidait avec les augmentations du nombre de semaines travaillées. En 2006 et en 2007, une tendance haussière du taux de faible revenu pour les immigrants récents a été observée selon le SFR et la MFR, tandis que leur taux de faible revenu sous la MPC a continué de fléchir. Les trois lignes ont enregistré des augmentations de l'incidence du faible revenu de 2007 à 2008, puis ils sont demeurés relativement stables en 2009.

Les Autochtones hors réserve

Entre 1996 et 2009, le taux de faible revenu des Autochtones hors réserve a diminué de plus de 10 % par rapport à un sommet de près de 30 % en 1996. Le taux selon la MFR est stable depuis 2000, alors que le taux selon le SFR et la MPC a continué de tomber. De 2007 à 2008, les taux étaient stables ou en légère baisse, mais ils ont augmenté selon toutes les lignes de 2008 à 2009, principalement sous l'effet d'une réduction de l'activité sur le marché du travail.

Les personnes ayant des limitations d'activités

De 2000 à 2009, le taux de faible revenu des personnes ayant des limitations d'activités a diminué d'environ 3 points de pourcentage selon le SFR et de 2 points de pourcentage selon la MPC, tandis que le taux a augmenté de 2 points de pourcentage selon la MFR. Ces résultats portent à croire que les personnes ayant des limitations d'activités gagnent du terrain par rapport aux normes établies, mais que leurs revenus médians perdent du terrain par rapport aux revenus actuels des autres Canadiens.

Provinces et régions métropolitaines

De 2000 à 2009, des replis de l'incidence et de l'écart relatif de la population à faible revenu sont survenus dans les provinces de l'Alberta, de Terre-Neuve-et-Labrador, de l'Île-du-Prince-Édouard et dans les villes d'Edmonton et de Calgary, parallèlement à la croissance économique observée dans ces régions pendant cette période. Des améliorations significatives du faible revenu pour les enfants et les parents seuls sont survenues dans la plupart des provinces et des villes au cours de la dernière décennie. Toutefois, certains sous-groupes de la population ont enregistré des incidences du faible revenu supérieures à la moyenne. Par exemple, en Alberta, et surtout à Edmonton, où les revenus se sont améliorés de façon spectaculaire, le faible revenu des parents seuls est demeuré élevé.

Les classements relatifs de la population à faible revenu en 2009 par province sont très difficiles, compte tenu des signaux conflictuels entre les trois seuils et quatre mesures2, et aucun classement définitif n'est possible. Toutefois, il est évident qu'aucune province n'avait une incidence, un écart ou une gravité statistiquement plus faible que l'Alberta en 2009. L'Î.-P.-É. était en deuxième position, et la réduction du faible revenu dans cette province était également très forte de 1976 à 2009. Terre-Neuve-et-Labrador, le Manitoba et la Saskatchewan suivaient, et il est difficile d'établir une distinction entre ces provinces. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse suivaient les provinces susmentionnées en ce qui concerne la comparaison du faible revenu, et la situation de faible revenu était un peu mieux qu'en Ontario. Le Québec et la Colombie-Britannique avaient les plus fortes incidences du faible revenu des provinces.

Persistance

Une proportion significative de faible revenu annuel est de nature passagère au Canada. Le tiers des personnes qui ont un faible revenu se sortent de cette situation l'année suivante. Les deux tiers restants avaient encore un faible revenu l'année suivante, mais très peu d'entre eux (moins de 1,4 % selon la MPC, 2,1 % selon le SFR et moins de 3,5 % selon la MFR) auraient un faible revenu pendant six ans ou plus.

Néanmoins, plus de 20 % des Canadiens ont un faible revenu à un moment ou un autre pendant une période de six ans. Pour les personnes qui ont eu un faible revenu pendant la période de 2002 à 2007, la durée moyenne du faible revenu était d'environ 2,4 ans (2,3 ans selon la MPC, 2,4 selon le SFR et 2,5 selon la MFR). Cela représente une légère baisse de la persistance selon le SFR et une persistance stable selon la MFR comparativement à la période de 1993 à 1998.

Trois groupes de personnes avaient un faible revenu de façon plus persistante que les autres. Les plus évidents étaient les parents seuls et les personnes non âgées hors famille et, dans une moindre mesure, les personnes ayant des limitations d'activités. Ces groupes étaient les plus susceptibles d'avoir un faible revenu pendant six ans et, une fois dans une situation à faible revenu, d'y rester le plus longtemps. Cependant, leur persistance moyenne a diminué de presque une année complète au cours des 15 dernières années. De plus, selon le SFR, la proportion du faible revenu continu pendant six ans a diminué de plus de 20 %, pour atteindre 6 %.

La persistance du faible revenu a significativement diminué en Alberta, au Québec et dans les grandes villes de ces deux provinces ces dernières années. En Alberta en général, et à Edmonton et Calgary en particulier, la persistance du faible revenu s'est faite très rare. Cependant, la situation s'est détériorée en Colombie-Britannique, mais la durée du faible revenu n'a pas semblé particulièrement longue dans cette province. Par ailleurs, des périodes relativement longues de faible revenu ont été observées dans les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, ainsi que dans la ville de Winnipeg.

De 2007 à 2009, la proportion de Canadiens à faible revenu quittant leur situation de faible revenu au bout d'un an a diminué selon le SFR et la MPC, et est demeurée stable selon la MFR. Par ailleurs, la proportion de la population entrant dans la catégorie du faible revenu a augmenté selon les trois lignes.


Nota

1. On considère qu'un enfant est dans une situation à faible revenu lorsqu'il vit dans une famille ou un ménage dont le revenu est inférieur au seuil.

2. Les quatre mesures sont l'incidence, l'écart relatif, la gravité et la persistance du faible revenu.

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