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Le revenu au Canada

2006

75-202-X


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Analyse

Augmentation du revenu après impôt pour la troisième année consécutive

En 2006, le revenu médian après impôt des familles canadiennes de deux personnes ou plus a augmenté de 2,1 % 1  , pour s’établir à 58 300 $, après correction pour tenir compte de l’inflation, selon les nouvelles données de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR).

Le revenu du marché et les paiements de transfert ont contribué à l’augmentation du revenu après impôt. Cette hausse est en accord avec la croissance économique vigoureuse du produit intérieur brut réel qui a augmenté de 2,7 % en 2006. Cette croissance a également été notée dans l’Enquête sur la population active, qui a vu l’emploi augmenter de 2,0 %, tandis que le chômage avait diminué, pour s’établir à 6,3 %, le plus bas en 30 ans.

Les familles de personnes âgées de même que les familles de personnes non âgées ont toutes profité de cette hausse du revenu médian après impôt. Les familles de personnes âgées (celles dont le principal soutien économique était âgé de 65 ans et plus) ont vu leur revenu médian après impôt augmenter de 2,9 % entre 2005 et 2006. Les familles dont le principal soutien économique était âgé de moins de 65 ans ont eu un revenu médian après impôt de 62 000 $ en 2006, en hausse de 1,8 %. Depuis 1996, l’année qui correspond à la fin de la dernière récession, les familles de personnes âgées et celles de personnes non âgées ont connu respectivement une augmentation de 18 % et de 19 % de leur revenu médian après impôt, après correction pour tenir compte de l’inflation.

Graphique 1 Revenu médian après impôt, selon le type de famille économique, Canada, 1976 à 2006

Après être demeuré relativement stable depuis 2002, le revenu médian après impôt des personnes seules a augmenté de 4,6 %, pour s’établir à 22 800 $ en 2006, comparativement à 21 800 $ en 2005. Entre 1996 et 2006, le revenu médian après impôt de ces personnes a augmenté de 23 %.

Les personnes âgées (65 ans et plus) vivant seules avaient un revenu médian après impôt de 20 800 $ en 2006, en hausse de 4,0 % par rapport à 2005. Cette tendance à la hausse s’est poursuivie depuis 1996, alors que le revenu médian après impôt était de 18 200 $, ce qui correspond à une augmentation de 14,3 % pour la période de 1996 à 2006.

Dans le cas des personnes vivant seules âgées de moins de 65 ans, le revenu médian après impôt a augmenté de 4,7 % pour s’établir à 24 600 $ en 2006. Tout comme leurs homologues âgés, leur revenu médian après impôt a suivi une tendance à la hausse depuis 1996, où il s’établissait à 18 900 $, ce qui représente une augmentation de 30 % depuis 1996.

Revenu des familles au niveau provincial : les familles de l’Alberta ont eu le revenu médian le plus élevé pour la troisième année consécutive

Pour la troisième année consécutive, les familles de l’Alberta de deux personnes ou plus ont eu le revenu médian après impôt le plus élevé, soit 70 500 $, suivies par celles de l’Ontario, à 62 400 $, et celles de la Colombie-Britannique, à 60 300 $.

L’exploitation des sables bitumineux en Alberta a continué d’avoir des répercussions économiques importantes 2  , non seulement pour les Albertains, mais aussi pour les habitants de la province voisine, la Saskatchewan. Les familles dans ces deux provinces sont les seules à avoir eu une augmentation significative de leur revenu après impôt. Les familles de l’Alberta ont enregistré une augmentation de 7,0 % de leur revenu médian après impôt, tandis que celles de la Saskatchewan ont enregistré une hausse de 6,3 % par rapport à l’année précédente.

Graphique 2 Revenu médian après impôt, familles de deux personnes ou plus, Canada et provinces, 2005 à 2006

Une augmentation du revenu médian après impôt pour les familles a été observée dans les provinces de l’ouest, mais cette augmentation varie selon le type de familles. L’augmentation du revenu médian après impôt pour les familles de personnes non âgées n’a pas été seulement constatée en Saskatchewan (60 200 $) et en Alberta (75 300 $), mais aussi à Terre-Neuve-et-Labrador (49 800 $) ainsi qu’au Nouveau Brunswick (51 100 $). Le revenu médian après impôt pour les familles de personnes non âgées dans les six autres provinces est resté stable entre 2005 et 2006.

Les familles de personnes âgées du Québec (35 700 $) ont vu leur revenu médian après impôt augmenter en 2006, alors qu’il est demeuré à peu près inchangé pour le reste des familles des personnes âgées au Canada.

Graphique 3 Revenu médian après impôt des familles de personnes âgées et des familles de personnes non âgées, Canada et provinces, 2006
*
Augmentation statistiquement significative par rapport à l'année précédente

Le revenu du marché des familles en âge de travailler s’est amélioré

Une augmentation de 1,8 % du revenu du marché médian pour les familles en âge de travailler (celles dont le soutien économique principal était âgé de moins de 65 ans) a été enregistrée en 2006 (de 65 600 $ à 66 800 $). Le revenu du marché est la somme des gains d’emploi, du revenu placements et du revenu de pension de retraite privée.

Même si le revenu du marché médian des familles de personnes âgées est demeuré à peu près inchangé à 23 300 $ en 2006, on peut observer une augmentation à long terme dans leur revenu du marché. Entre 1996 et 2006, le revenu du marché médian des familles de personnes âgées a augmenté de 40 %, après correction pour tenir compte de l’inflation. Cette hausse reflète en partie la croissance de l’emploi chez les personnes âgées au cours de cette période. Selon l’Enquête sur la population active, le taux d’emploi des personnes âgées de 65 ans et plus s’établissait à 7,9 % en 2006, soit 2,0 points de pourcentage de plus que le taux de 1996 (5,9 %).

Le niveau de revenu du marché continue de varier selon le type de famille. Le revenu du marché médian des familles biparentales avec enfants était de 74 900 $; les couples sans enfants recevaient 65 400 $, tandis que les autres familles de personnes non âgées recevaient 51 700 $.

Le revenu du marché médian des familles monoparentales ayant une femme à leur tête, de 23 100 $, est demeuré à peu près inchangé par rapport à 2005. Toutefois, ce groupe a connu une hausse significative de son revenu du marché par rapport au niveau le plus bas en 30 ans de 8 700 $ enregistré en 1996. La majeure partie de la hausse enregistrée au cours des années de 1996 à 2006 est le résultat de gains plus élevés et de l’augmentation de la proportion de mères qui travaillent.

Les personnes âgées vivant seules ont vu leur revenu du marché médian augmenter de 1 000 $ entre 2005 (5 900 $) et 2006 (6 900 $), tandis que les autres personnes vivant seules n’ont pas enregistré de variation significative de leur revenu du marché médian.

Le revenu du marché ne s’est pas amélioré pour tous les types de familles, parce que la composition du revenu avant impôt selon la source de revenu varie, particulièrement entre les familles de personnes non âgées et les familles de personnes âgées. Le revenu du marché constituait la part la plus importante du revenu avant impôt des familles de personnes non âgées. Pour chaque tranche de 100 $ de revenu total, les familles de personnes non âgées ont reçu 93 $ de revenu du marché et seulement 7 $ en paiements de transfert.

En comparaison, les familles de personnes âgées ont dépendu dans une plus petite mesure du revenu du marché, tirant presque six fois plus de leur revenu total des paiements de transfert que les familles de personnes non âgées. Pour chaque tranche de 100 $ de revenu total en 2006, 39 $ provenaient des paiements de transfert, et seulement 61 $ du revenu du marché.

Graphique 4 Revenu du marché et revenu après impôt médian, selon le type de famille, Canada, 2006

Le revenu du marché médian était en hausse dans les trois provinces de l’Ouest pour les familles en âge de travailler

Au niveau provincial, les familles en âge de travailler de la Saskatchewan ont une augmentation du revenu du marché médian avec une hausse de 9,8 % à 65 900 $ en 2006. Les familles en âge de travailler de l’Alberta ont eu le revenu du marché médian le plus élevé (83 800 $), soit 5,8 % de plus qu’en 2005. Les familles en âge de travailler de la Colombie-Britannique ont vu leur revenu du marché médian augmenter de 5,7 % entre 2005 (64 800 $) et 2006 (68 500 $). Les familles en âge de travailler vivant dans les autres provinces canadiennes n’ont vu presque aucun changement dans leur revenu du marché médian.

Le revenu du marché est étroitement lié à la situation du marché du travail. Selon l’Enquête sur la population active, l’emploi a augmenté de 3,1 % en Colombie-Britannique en 2006. Cette hausse s’apparente à l’augmentation vertigineuse enregistrée en Alberta au cours des deux dernières années. À la fin de 2006, le taux de chômage en Colombie-Britannique avait baissé à presque 4,0 %. Seules l’Alberta et la Saskatchewan avaient un taux de chômage plus faible.

Parmi les familles de personnes âgées, seulement celles de la Colombie-Britannique ont vu leur revenu du marché médian augmenter de façon significative, soit de 16 %, à 30 600 $, en 2006. À travers les dix provinces, il n’y a pas eu une amélioration ou une détérioration significative du revenu du marché médian des personnes âgées vivant seules.

Augmentation des transferts gouvernementaux, pas de changement d’impôts

Les familles canadiennes de deux personnes ou plus, ainsi que les personnes vivant seules, ont profité d’une augmentation des paiements de transfert, mais l’impôt médian qu’elles ont payé est demeuré à peu près inchangé par rapport à 2005. Les transferts gouvernementaux médians des familles ont été de 4 500 $ en 2006 (hausse de 500 $ par rapport à 2005) et la médiane des impôts payés a été de 9 000 $ en 2006, soit le même niveau qu’en 2005. Parmi les personnes vivant seules, les paiements de transfert médians ont augmenté de 100 $ par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 600 $, et l’impôt médian s’est chiffré à 2 100 $ en 2006, soit presque au même niveau qu’en 2005.

En 2006, les transferts gouvernementaux médians des familles dont le principal soutien économique était âgé de moins de 65 ans ont été de 2 800 $, soit une hausse de 400 $ par rapport à 2005. Les transferts gouvernementaux aux familles de personnes âgées sont demeurés à peu près inchangés, à 22 600 $.

Des programmes de prestation existants, comme la prestation fiscale pour enfants, ont été modifiés. Par exemple, la Prestation universelle pour la garde d’enfants, qui est destinée aux enfants de moins de six ans, constitue un nouveau programme qui a vu le jour au milieu de 2006 et qui permet aux familles de toucher 100 $ par mois pour chaque enfant âgé de moins de six ans. Les paiements de transfert aux familles biparentales avec enfants ont augmenté entre 2005 et 2006, en raison de l’avènement de la Prestation universelle pour la garde d’enfants. Les transferts gouvernementaux pour ces familles étaient de 3 300 $, soit 500 $ de plus que l’année précédente.

Parmi les nouvelles prestations gouvernementales de 2006, fédérales et provinciales, on retrouve des programmes en vigueur uniquement pour 2006 tel que la prestation fédérale pour les coûts de l’énergie, grâce à laquelle les familles à faible revenu avec enfants ou les personnes âgées profitent d’une prestation non imposable pour compenser les coûts élevés de l’énergie. On note aussi la remise de l’Alberta au titre des revenus tirés de l’exploitation des ressources, grâce à laquelle chaque résident de l’Alberta qui a produit une déclaration d’impôt en Alberta pour 2004 a reçu une remise de 400 $ en janvier 2006. Cela est le résultat des revenus élevés tirés de l’exploitation des ressources.

Ces changements apportés aux programmes du gouvernement ont fait augmenter le nombre de bénéficiaires d’environ 4,5 % pour les familles de deux personnes ou plus et de 5,9 % pour les personnes seules en 2006. Il s’agit des plus fortes croissances en pourcentage d’une année à l’autre en plus d’une décennie. Environ 7,9 millions de familles (soit 88 %) et 3,8 millions des personnes vivant seules (soit 83 %) ont reçu des transferts gouvernementaux en 2006.

Le montant agrégé des transferts gouvernementaux distribués aux familles a augmenté de 5,9 %. Les estimations venant de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR) suggèrent que 78,2 milliards de dollars ont été transféré aux familles en 2006 comparativement à 73,8 milliards de dollars en 2005. En comparaison, mentionnons la hausse de 2,8 % du montant agrégé distribué aux personnes vivant seules, lequel est passé de 24,7 milliards de dollars en 2005 à 25,3 milliards de dollars en 2006.

La distribution de ces transferts varie selon le type de famille. En fait, pour les familles composées de deux membres ou plus non âgés, les proportions des transferts gouvernementaux aux programmes, comme les prestations d’assurance-emploi (AE), les prestations fiscales pour enfants (PFE) et les prestations du Régime de pensions du Canada (RPC)/Régime de rentes du Québec (RRQ), étaient de 25 %, 23 % et 17 % respectivement en 2006. La proportion restante de 35 % des transferts gouvernementaux pour ce groupe est allée aux programmes comme l’indemnisation des accidents du travail, les crédits de la taxe sur les produits et services (TPS) et de la taxe de vente harmonisée (TVH), les crédits d’impôt provinciaux et territoriaux, la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et l’Allocation au conjoint (SV/SRG/AAC) et l’assistance sociale.

Graphique 5 Composition des transferts gouvernementaux pour les familles de personnes non âgées, Canada, 2006

Une forte proportion des transferts gouvernementaux aux familles de personnes âgées provenait des programmes SV/SRG/AAC (48 %) et RPC/RRQ (43 %), tandis que les 9 % restants étaient alloués aux autres programmes de transfert susmentionnés.

Graphique 6 Composition des transferts gouvernementaux pour les personnes vivant seules de moins de 65 ans, Canada, 2006

Chez les personnes vivant seules de moins de 65 ans, environ le tiers (33 %) des transferts gouvernementaux provenaient de l’assistance sociale, 25 % du RPC/RRQ, 19 % des prestations d’AE, et 10 % d’une indemnisation des accidents du travail. Les 13 % restants revenaient aux autres programmes de transfert énumérés.

À l’instar des familles de personnes âgées, la majorité des transferts gouvernementaux aux personnes vivant seules étaient distribués aux programmes SV/SRG/AAC (52 %) et RPC/RRQ (42 %), tandis que les 7 % restants étaient distribués aux autres programmes de transfert énumérés.

La Prestation pour les coûts de l’énergie du gouvernement fédéral, une prestation non imposable versée une seule fois aux familles à faible revenu avec enfants ou personnes âgées, a eu un effet important sur les transferts en provenance du gouvernement fédéral. Approximativement 1,9 millions de familles ont reçu la Prestation pour les coûts de l’énergie du gouvernement fédéral, ce qui représente un montant agrégé d’environ 426 millions de dollars en 2006. Environ 603 000 canadiens vivant seuls ont reçu cette prestation en 1996 pour une valeur de 75 millions de dollars.

Les modifications apportées au programme de prestations fiscales pour enfants, comme la Prestation fiscale universelle pour la garde d'enfants, ont entraîné une hausse de 3,6 % du nombre de familles qui ont reçu ces transferts en 2006 comparativement à 2005. Le montant agrégé des PFE transféré aux 3,6 millions de familles de bénéficiaires se chiffrait à environ 11,3 milliards de dollars en 2006, soit 9,0 % de plus que l’année précédente.

Hausse des paiements de transfert médians aux familles dans trois des dix provinces

Les paiements de transfert médians ont augmenté pour les familles au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en Alberta en 2006. Des paiements de transfert médians pour Alberta ont doublé, passant de 1 500 $ en 2005 à 3 000 $ en 2006. Cette augmentation marquée est le résultat du programme de Remboursement d'énergie de l'Alberta (en vigueur seulement pour 2006) découlant des revenus importants tirés de l’exploitation des ressources par cette province. Cette remise a été donnée à environ 910 000 familles et représente un montant total d’environ 1.1 milliards de dollars.

Graphique 7 Paiements de transfert médians aux familles, Canada et provinces, 2005 et 2006

Pour les personnes vivant seules, c’est seulement en Alberta qu’on a vu les paiements de transfert médians augmenter entre 2005 et 2006, soit de 400 $ à 600 $. Cette augmentation est elle aussi le résultat du programme de Remboursement d'énergie de l'Alberta (en vigueur seulement pour 2006). Environ 454 000 individus vivant seuls ont reçu cette remise, ce qui représente un montant agrégé d’environ 182 millions de dollars en 2006.

Le système d’impôt et de transfert continue de réduire l’inégalité du revenu

Les paiements de transfert et les régimes fédéral-provinciaux d’impôt sur le revenu contribuent à redistribuer le revenu entre les Canadiens ayant un revenu plus élevé et ceux ayant un revenu plus faible, réduisant ainsi l’inégalité du revenu. Il existe une façon d’illustrer le caractère redistributif du système fiscal canadien, à savoir l’examen du ratio du revenu moyen du quintile supérieur et du revenu moyen du quintile le plus bas (graphique 8). Pour ceci on regarde le revenu du marché pour les conditions sur le marché du travail, le revenu total (pré impôt) pour les effets des paiements de transfert et le revenu après impôt afin de prendre en considération ces deux types d’effets.

À fin d’analyse, les familles ont été divisées également en cinq groupes selon leur revenu après impôt. Chaque groupe représente 20 % des familles et ces groupes sont désignés comme étant des « quintiles ».

En 2006, le revenu du marché moyen des familles du quintile supérieur était 12,3 fois plus élevé que celui du quintile inférieur. Toutefois, les paiements de transfert ont fait baisser ce ratio entre le quintile supérieur et inférieur à 6,7 fois plus élevé pour le quintile supérieur. Après impôt, le revenu moyen des familles du quintile supérieur était 5,4 fois plus élevé que celui de leurs homologues du quintile inférieur.

Graphique 8 Ratio du revenu moyen des familles du quintile supérieur et de celles du quintile inférieur, Canada, 1976 à 2006

L’augmentation du revenu touche quatre des cinq quintiles

Depuis la fin de la récession en 1996, le revenu moyen après impôt des familles est en hausse. Lorsque la population des familles est répartie chaque année en cinq groupes de taille égale ou « quintiles », selon le revenu après impôt en ordre ascendant, on constate que les cinq quintiles ont tous bénéficié dans une certaine mesure des augmentations du revenu après impôt au cours de la dernière décennie. Cependant, ces augmentations ne sont pas distribuées de façon égale à l’intérieur des quintiles.

Les 20 % de familles ayant le revenu après impôt le plus faible ont connu une hausse de leur revenu moyen après impôt de 5,6 % entre 2005 et 2006. Leur revenu moyen après impôt s’établissait à 24 600 $ en 2006, comparativement à 23 300 $ en 2005 et à 19 800 $ en 1996 (soit 24%).

Les familles du deuxième quintile ont eu un revenu après impôt moyen presque deux fois plus élevé que celles du premier quintile. Il en est ainsi depuis 1976. Le revenu après impôt moyen de ce groupe s’est établi à 42 600 $, en hausse de 2,4 % par rapport à 2005 et de 21 % par rapport à 1996.

Les familles des troisième et quatrième quintiles ont aussi profité en 2006 de la conjoncture économique favorable. Le revenu après impôt moyen a augmenté de 2,3 % et 1,8 % entre 2005 et 2006, et a augmenté de 19 % et 20 % respectivement depuis 1996.

Les 20 % des familles ayant le revenu après impôt le plus élevé n’ont pas connu de hausse significative de leur revenu après impôt moyen entre 2005 (130 700 $) et 2006 (133 900 $). Cependant, leur revenu après impôt moyen a augmenté de 27 %, ce qui représente la plus forte croissance pour la période de 1996 à 2006.

Graphique 9 Revenu moyen après impôt par quintiles de revenu après impôt, Canada, 1996, 2005, 2006

Les personnes vivant seules des quintiles inférieur et supérieur n’ont pas enregistré de hausse significative de leur revenu après impôt moyen, tandis que celles des autres quintiles ont profité de la conjoncture économique favorable en 2006. Le revenu après impôt moyen des personnes vivant seules du deuxième quintile a augmenté de 2,6 % entre 2005 et 2006. Celles du quintile intermédiaire ont connu une augmentation de 4,1 % de leur revenu après impôt moyen, celui-ci s’établissant à 23 000 $ en 2006, comparativement à 22 100 $ en 2005. Le revenu après impôt moyen du quatrième quintile a augmenté de 3,1 % entre 2006 et l’année précédente.

Les personnes vivant seules ont aussi profité de la conjoncture économique favorable de la période de 1996 à 2006. Celles du troisième quintile et du quintile supérieur ont connu des hausses assez substantielles, soit 23 % et 29 % respectivement, tandis que celles du premier, du deuxième et du quatrième quintiles ont enregistré des hausses plus modestes de 9,4 %, 15 % et 19 % respectivement.

L’écart d’inégalité continue de s’élargir depuis la dernière récession

L’écart d’inégalité correspond à la différence entre le revenu moyen après impôt du quintile supérieur et celui du quintile inférieur. Malgré que l’écart d’inégalité est resté stable entre 2005 et 2006, il a augmenté de 27 % entre 1996 et 2006 pour les familles de deux personnes ou plus. Parmi les personnes seules, l’écart s’est élargi de 32 % entre 1996 et 2006.

Graphique 10 Écart dans le revenu après impôt, selon le type de famille, Canada, 1976 à 2006

Taux de faible revenu stables malgré le rétrécissement de l’écart de faible revenu familial

En dépit de l’augmentation du revenu après impôt des familles appartenant au quintile inférieur de revenu, le taux de faible revenu familial est demeuré stable entre 2005 et 2006. En 2006, on estime que 633 000 familles canadiennes se situaient en deçà du seuil de faible revenu (SFR) après impôt, ce qui représente 7,0 % de toutes les familles, soit la même proportion qu’en 2005. Les familles en situation de faible revenu avaient besoin, en moyenne, de 7 000 $ pour franchir le seuil de faible revenu, une amélioration par rapport à la moyenne de 2005 qui était de 8 000 $.

Le taux de faible revenu de Statistique Canada mesure le pourcentage de personnes seules et de familles qui se trouvent en deçà du seuil de faible revenu (SFR). Le SFR est le revenu après impôt en deçà duquel la plupart des Canadiens consacrent au moins 20 points de pourcentage de plus que la moyenne à l’alimentation, à l’habitation et à l’habillement.

En 2006, le taux de faible revenu des personnes vivant seules est aussi demeuré stable à 29 %. En moyenne, ces 1,4 millions de personnes seules ont fait face à un écart de faible revenu de 6 500 $, soit un niveau similaire à celui de l’an dernier.

En 2006, le taux de faible revenu des familles habitant en Alberta a diminué par rapport à 2005 pour s’établir à 4,0 %, alors que celui des familles des autres provinces est resté le même. Chez les personnes vivant seules, seulement celles du Manitoba ont connu une baisse du taux de faible revenu par rapport à l’année précédente qui est passé de 31 % à 26 %.

Variation du faible revenu selon le type de famille

Chez les familles de personnes non âgées, l’incidence de faible revenu est demeurée pratiquement inchangée à 7,9 % en 2006. Celle-ci est passée de 8,9 % en 1980 à 13,5 % en 1996 pour redescendre au niveau actuel.

Les familles de personnes âgées – type de famille ayant enregistré l’incidence de faible revenu la moins élevée de 2006 – ont affiché taux de faible revenu relativement stable à environ 2,3 %. Malgré la stabilité récente du taux de faible revenu de ce groupe, les taux de faible revenu des familles de personnes âgées ont continué à diminuer de façon constante depuis 1980, passant de 7,6 % au taux actuel de 2006.

Le taux de faible revenu des familles de personnes âgées a diminué de façon soudaine à la fin des années 1970, principalement en raison des modifications apportées au RCP\RRQ. Depuis le début des années 1980, les familles de personnes âgées ont systématiquement enregistré une fréquence moins élevée de faible revenu que celle des familles de personnes non âgées.

Graphique 11 Faible revenu des familles de personnes âgées et des familles de personnes non âgées de 1976 à 2006

En 2006, le taux de faible revenu des familles monoparentales où le parent est de sexe féminin est demeuré stable à 28 %, ce qui a mis fin à la tendance à la baisse des trois dernières années de leur incidence de faible revenu. Cela représente un peu plus de la moitié du sommet de 53 % atteint en 1996.

L’incidence de faible revenu a toujours été élevée chez les familles monoparentales où le parent est de sexe féminin. En fait, l’incidence de ces familles monoparentales à faible revenu en 2006 est plus de quatre fois aussi élevée que celle des familles biparentales avec enfants.

Même si l’incidence de faible revenu des familles biparentales avec enfants est demeurée inchangée en 2006 par rapport à l’année précédente, l’écart de faible revenu de ces 195 000 familles à faible revenu est passé de 9 300 $ en 2005 à 7 300 $ en 2006.

En 2006, plus des deux tiers (68 %) des 2 millions de familles et personnes vivant seules à faible revenu consistaient en des personnes vivant seules. En réalité, 29 % de celles-ci vivaient sous le seuil de faible revenu.

En 2006, le taux de faible revenu des personnes non âgées vivant seules était un peu plus de deux fois plus élevé que celui des personnes âgées, soit 34 % par rapport à 16 %.

Cette situation était inversée il y a 30 ans, alors que le taux de faible revenu des personnes âgées vivant seules était plus de deux fois supérieur à celui des personnes non âgées vivant seules. Bien que l’incidence de faible revenu chez les personnes âgées vivant seules a baissé à 16 % en 2006 par rapport à 65 % en 1976, le taux des personnes non âgées vivant seules est passé de 31 % en 1976 à 44 % en 1997 avant de baisser à 34 % en 2006.

Graphique 12 Incidence de faible revenu parmi les différents types de famille au Canada, 2006
Graphique 13 Incidence de faible revenu pour les personnes vivant seules, personnes âgées par rapport aux personnes non-âgées, de 1976 à 2006

Personnes à faible revenu

En 2006, 3,4 millions de Canadiens vivaient dans une situation de faible revenu, ce qui représente 10,5 % de la population, soit le même pourcentage que celui de 2005.

En 2006, quelques 760 000 enfants de moins de 18 ans vivaient dans des familles à faible revenu, chiffre inchangé depuis 2005, mais représentant une baisse par rapport aux 1,3 million de 1996. La proportion d’enfants vivant dans des familles à faible revenu a baissé, passant d’un sommet d’environ 18,5 % en 1996 à environ 11,3 % en 2006.

En 2006, environ 307 000 de ces enfants provenant de familles à faible revenu vivaient au sein de familles monoparentales où le parent est de sexe féminin, représentant 40 % de tous les enfants provenant de familles à faible revenu. En 2006, 32 % des enfants provenant de familles monoparentales où le parent est de sexe féminin étaient considérés comme faisant partie d’une famille à faible revenu. Ce pourcentage démontre une amélioration comparativement au sommet atteint en 1996, où 56 % des enfants provenant de telles familles étaient considérés comme faisant partie d’une famille à faible revenu. En comparaison, la proportion d’enfants vivant au sein de familles biparentales considérées à faible revenu est passée de 12,4 % en 1996 à 7,7 % en 2006.

En 2006, près de 16 % des personnes âgées vivant seules vivaient sous le seuil de faible revenu de Statistique Canada. Le taux de faible revenu chez les personnes âgées vivant seules suit une tendance à la baisse amorcée au début des années 1980, tandis que les taux de faible revenu des personnes âgées vivant en famille sont restés relativement stables au fil des années.

Les personnes âgées vivant seules doivent affronter une réalité très différente de celle des personnes âgées qui vivent en famille. En 2006, les personnes âgées vivant seules avaient un taux de faible revenu d’environ 11 fois plus élevé que celles vivant en famille (16 % par rapport à 1,4 %).

En 2006, trois personnes âgées sur quatre vivant seules et ayant un faible revenu étaient des femmes. Parmi ces 179 000 personnes âgées, environ 134 000 étaient des femmes alors que 45 000 étaient des hommes.