Regards sur la société canadienne
Recoupements entre les inondations et la défavorisation : étude sur les quartiers
Début du texte
Introduction
Les inondations, causées par de fortes précipitations, des ondes de tempêtes côtières et d’autres événements météorologiques, sont devenues une réalité de plus en plus fréquente pour une grande partie de la population canadienne. Représentant 2 milliards de dollars par an en dommages structuraux aux habitations, les inondations sont la principale catastrophe naturelle au Canada; elles sont plus courantes que les tremblements de terre, les tornades et même les feux de forêt. De plus, on s’attend à ce que le risque d’inondation continue de croître au cours des prochaines décennies, en grande partie en raison des effets des changements climatiques.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat explique que les changements climatiques peuvent intensifier le cycle de l’eau, ce qui entraîne une augmentation des fortes précipitations et des inondations associéesNote 1. En effet, la hausse du niveau de la mer et les précipitations plus importantes signifient qu’une plus grande superficie de terres au Canada est maintenant exposée aux inondations. En 2024, 80 % des villes canadiennes étaient situées sur des plaines inondablesNote 2.
Selon l’étendue des dommages, le rétablissement à la suite d’une inondation peut prendre des semaines, voire des mois. Pour les personnes et les familles, il s’agit souvent d’évaluer les dégâts, de communiquer avec les compagnies d’assurance, de remplacer les effets personnels détruits, de réparer les biens et de procéder au nettoyage général (y compris la gestion des moisissures). Composer avec les inondations demande du temps et de l’argent, et peut être particulièrement difficile pour les populations vulnérables sur le plan socioéconomique. Dans ces cas, un rétablissement complet peut ne pas être possible, car les répercussions financières se prolongent dans le temps; ce qui cause un tort socioéconomique durable. En plus du risque de préjudices à long terme, les populations vulnérables peuvent également être plus susceptibles que d’autres familles canadiennes de vivre dans des régions sujettes aux inondations.
Pour examiner les problèmes d’exposition aux inondations et les disparités socioéconomiques au niveau des quartiers, le présent article s’appuie sur l’Indice canadien de défavorisation multiple (ICDM) [voir l’encadré]Note 3 ainsi que les données du recensement sur le revenu au niveau des quartiers. Cette étude vise à répondre aux deux questions suivantes : 1) Quelles sont les caractéristiques démographiques et socioéconomiques des régions qui ont été touchées par des inondations au cours des quatre dernières années? 2) Ces régions inondées ont-elles connu des changements dans les niveaux de défavorisation socioéconomique entre 2016 et 2021?
Des cartes de l’étendue des inondations ont été obtenues auprès du Service de géomatique d’urgence (SGU) de Ressources naturelles CanadaNote 4 pour les années 2017 à 2020 (c.-à-d. la période entre les recensements). Par souci de cohérence, seules les provinces figurant sur les cartes des inondations ont été incluses dans la présente étude (c.-à-d. la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick) [carte 1].

Description de la carte 1
L’élément visuel comprend cinq cartes présentant l’étendue des inondations dans le nord de l’Alberta, le sud de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, le sud du Manitoba, l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec, et le sud du Nouveau-Brunswick. Le rouge désigne les régions qui ont été touchées par des inondations entre 2017 et 2020, le bleu représente l’eau tandis que le vert indique les provinces. Par exemple, cette carte montre les inondations dans l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec survenues le long de la frontière provinciale. Même si les cartes présentent des zones plus petites au Manitoba et au Nouveau-Brunswick, elles mettent en évidence d’importantes inondations au Manitoba, où 32,7 % des quartiers ont été touchés par des inondations au cours de la période à l’étude, et au Nouveau-Brunswick, où 17,6 % des quartiers ont connu plusieurs années d’inondations. Cette carte ne précise pas le nombre d’inondations survenues ou la proportion d’inondations selon la région.
Source : Ressources naturelles Canada, Cartes de l’étendue des inondations, 2017 à 2020.
Qu’est-ce que l’Indice canadien de défavorisation multiple
L’Indice canadien de défavorisation multiple (ICDM) a été créé en 2016 afin de mieux comprendre les inégalités grâce à différentes mesures du bien-être social, y compris en matière de santé, d’éducation et de justice.
L’ICDM mesure la défavorisation par zone en fonction de quatre dimensions socioéconomiques, soit l’instabilité résidentielle, la composition ethnoculturelle, la dépendance économique et la vulnérabilité situationnelle. Les données sont agrégées au niveau de l’aire de diffusion (AD), soit une petite région géographique de recensement qui est relativement stable et composée d’environ 400 à 700 habitants; ce qui correspond approximativement à un quartier dans la plupart des villes.

Description de la figure 1
La première dimension est l’instabilité résidentielle, laquelle comprend les indicateurs suivants : proportion de logements qui sont situés dans un immeuble d’appartements, proportion de personnes vivant seules, proportion de logements dont l’occupant est propriétaireFigure 1 Note 1, proportion de la population qui a déménagé au cours des cinq années précédentes, proportion de la population qui est mariée ou qui vit en union libreFigure 1 Note 1 et revenu médian des ménages en 2021Figure 1 Note 1.
La deuxième dimension est la composition ethnoculturelle, laquelle comprend les indicateurs suivants : proportion de la population qui est née à l’étranger, proportion de la population qui déclare faire partie d’une minorité visible, proportion de la population qui ne connaît aucune des deux langues officielles (isolement linguistique), nombre moyen de personnes par pièce et proportion de la population qui est composée d’immigrants récents (arrivés dans les cinq ans ayant précédé le recensement).
La troisième dimension est la dépendance économique, laquelle comprend les indicateurs suivants : proportion de la population qui est active sur le marché du travail (15 ans et plus)Figure 1 Note 1, proportion de la population qui est âgée de 65 ans et plus, rapport emploi-populationFigure 1 Note 1, rapport de dépendance (la population de 0 à 14 ans et de 65 ans et plus divisée par la population de 15 à 64 ans) et proportion de la population qui reçoit des transferts gouvernementaux.
La quatrième dimension est la vulnérabilité situationnelle, laquelle comprend les indicateurs suivants : proportion de personnes qui déclarent être Autochtones, proportion de logements qui nécessitent des réparations majeures, proportion de la population de 25 à 64 ans sans diplôme d’études secondaires, proportion de familles monoparentales et valeur médiane du logement en dollarsFigure 1 Note 1.
- Note 1
-
Cet indicateur a été codé en sens inverse, c’est-à-dire qu’il a été codé à l’inverse de la mesure. Par exemple, la proportion de la population qui est mariée ou qui vit en union libre devient la proportion de la population qui est célibataire, divorcée, séparée ou veuve.
Notes : L’ordre dans lequel les dimensions sont placées est tel que la dimension à gauche explique l’écart en pourcentage le plus marqué dans les données, et la dimension à droite, l’écart en pourcentage le moins prononcé. Les territoires sont exclus.
Source : Statistique Canada, Indice canadien de défavorisation multiple, 2021.
Les inondations sont plus fréquentes dans les régions rurales que dans les centres urbains
Entre 2017 et 2020, un peu moins de 1 quartier sur 10 inclus dans l’étude (c.-à-d. 9,3 % des aires de diffusion, ou AD) a été touché par des inondations (tableau 1). Cela se traduit par 4 829 quartiers inondés sur une période de trois ans. Ces mêmes quartiers ont souvent été touchés à plusieurs reprises par des inondations; 41 % des zones inondées ont subi deux inondations ou plus au cours de la période à l’étude.
| Total | Régions rurales et urbaines Tableau 1 Note 2 | Province | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Région rurale | Centre de population de petite ou de moyenne taille (1 000 à 99 999 habitants) | Centre de population de grande taille (100 000 habitants ou plus) | Colombie-Britannique | Alberta | Manitoba | Ontario | Québec | Nouveau-Brunswick | ||
| nombre | ||||||||||
|
||||||||||
| Total des aires de diffusion Tableau 1 Note 1 | 52 014 | 9 565 | 10 833 | 27 650 | 7 848 | 6 203 | 2 223 | 20 465 | 13 805 | 1 470 |
| pourcentage | ||||||||||
| Pas d’inondation | 90,7 | 77,8 | 91,3 | 95,2 | 92,3 | 97,8 | 67,3 | 96,0 | 84,2 | 74,9 |
| Au moins une inondation entre 2017 et 2020 Tableau 1 Note 3 | 9,3 | 22,2 | 8,7 | 4,8 | 7,7 | 2,2 | 32,7 | 4,0 | 15,8 | 25,1 |
| Une inondation entre 2017 et 2020 | 5,5 | 13,2 | 5,5 | 2,3 | 7,7 | 2,2 | 20,2 | 2,2 | 7,9 | 7,5 |
| Deux inondations ou plus entre 2017 et 2020 | 3,8 | 9,0 | 3,2 | 2,4 | 0,0 | 0,0 | 12,5 | 1,8 | 7,9 | 17,6 |
Les quartiers en région rurale comptent parmi les plus vulnérables aux inondations; près de la moitié (48,4 %) des zones inondées se trouvent à l’extérieur de centres de population. Ces régions comprennent les petites villes et les villages, les parties rurales des régions métropolitaines de recensement (p. ex. les domaines fonciers) et les terres plus éloignées. Autrement dit, plus du cinquième (22,2 %) des régions rurales ont été touchées par des inondations, comparativement à 4,8 % dans les grandes régions urbaines. Les régions rurales étaient également plus susceptibles d’avoir connu plusieurs années d’inondations; 9,0 % des aires rurales de diffusion ayant été touchées au cours de plus d’une année pendant la période à l’étude.
Selon les cartes de l’étendue des inondations, le nombre de collectivités ayant subi des inondations variait d’une province à l’autre. Par exemple, environ le tiers (32,7 %) des quartiers du Manitoba ont été touchés par des inondations au cours de la période à l’étude; 3,5 fois plus que la moyenne nationale de 9,3 %. Certaines provinces ont en outre déclaré plusieurs années d’inondations, comme le Nouveau-Brunswick, où 17,6 % des quartiers ont été touchés par plusieurs années d’inondations.
Les quartiers touchés par les inondations sont plus susceptibles d’enregistrer des niveaux plus élevés de dépendance économique et de vulnérabilité situationnelle
Le revenu des ménages à lui seul n’était pas lié à la vulnérabilité aux inondations; les différences en matière d’inondation n’étant pas significatives selon les quintiles de revenu. Plus précisément, les inondations ont touché 8,9 % des quartiers du quintile de revenu le plus faible (c.-à-d. des revenus de ménages avant impôt variant de 7 982 $ à 39 569 $) et 7,3 % du quintile de revenu le plus élevé (c.-à-d. des revenus de ménages de quartier supérieurs à 69 338 $) [tableau 2]. Au fil du temps, les inondations n’ont généralement pas eu d’incidence notable sur le revenu avant impôt. Deux exceptions sont à souligner : l’Alberta et le Manitoba. Les collectivités inondées de ces deux provinces ont connu des baisses du revenu avant impôt entre 2016 et 2021. Cela dit, le revenu est en lui-même insuffisant pour véritablement rendre compte de la diversité socioéconomique. Il est impossible de saisir pleinement la vulnérabilité ou la stabilité financière sans considérer les types de sources de revenus, les conditions de logement, ainsi que les actifs et les dettes qui ne sont pas pris en compte dans le revenuNote 5.
| Total des aires de diffusion Tableau 2 Note 1 | Pas d’inondation | Au moins une inondation | |
|---|---|---|---|
| nombre | pourcentage | ||
Sources : Ressources naturelles Canada, Cartes de l’étendue des inondations, 2017 à 2020. Statistique Canada, Fichiers des limites du Recensement de 2016; Indice canadien de défavorisation multiple, 2016. |
|||
| Quintile de revenu | |||
| 1 - le plus faible | 10 711 | 91,1 | 8,9 |
| 2 | 10 555 | 88,8 | 11,2 |
| 3 | 10 136 | 89,8 | 10,2 |
| 4 | 9 138 | 91,8 | 8,2 |
| 5 - le plus élevé | 8 681 | 92,7 | 7,3 |
| Désignation rurale ou urbaine manquante | 2 793 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| Indice canadien de défavorisation multiple (ICDM) | |||
| Dépendance économique | |||
| 1 - les moins défavorisés | 9 404 | 93,0 | 7,0 |
| 2 | 9 843 | 91,7 | 8,3 |
| 3 | 9 946 | 90,7 | 9,3 |
| 4 | 9 715 | 90,3 | 9,7 |
| 5 - les plus défavorisés | 9 140 | 88,6 | 11,4 |
| Désignation rurale ou urbaine manquante | 3 966 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| Composition ethnoculturelle | |||
| 1 - les moins défavorisés | 8 695 | 82,4 | 17,6 |
| 2 | 9 161 | 86,0 | 14,0 |
| 3 | 9 688 | 91,9 | 8,1 |
| 4 | 10 164 | 94,6 | 5,4 |
| 5 - les plus défavorisés | 10 340 | 97,7 | 2,3 |
| Désignation rurale ou urbaine manquante | 3 966 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| Instabilité résidentielle | |||
| 1 - les moins défavorisés | 9 558 | 89,5 | 10,5 |
| 2 | 9 445 | 89,0 | 11,1 |
| 3 | 9 494 | 89,7 | 10,3 |
| 4 | 9 471 | 92,2 | 7,8 |
| 5 - les plus défavorisés | 10 080 | 93,9 | 6,1 |
| Désignation rurale ou urbaine manquante | 3 966 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
| Vulnérabilité situationnelle | |||
| 1 - les moins défavorisés | 9 763 | 93,0 | 7,0 |
| 2 | 9 863 | 91,4 | 8,6 |
| 3 | 9 821 | 90,2 | 9,8 |
| 4 | 9 670 | 89,8 | 10,2 |
| 5 - les plus défavorisés | 8 931 | 89,9 | 10,1 |
| Désignation rurale ou urbaine manquante | 3 966 | ... n'ayant pas lieu de figurer | ... n'ayant pas lieu de figurer |
En adoptant une approche plus large, on constate que les inondations ont touché de façon disproportionnée les quartiers présentant des niveaux plus élevés de dépendance économique. Elles ont en particulier frappé les collectivités les plus dépendantes sur le plan économiqueNote 6 — désignées comme telles suivant une dépendance à l’égard de la main-d’œuvre et aux transferts gouvernementaux (p. ex. l’aide sociale, l’assurance-emploi, la Sécurité de la vieillesse), ainsi qu’un rapport élevé de dépendance (enfants et personnes âgées) — lesquelles étaient 1,6 fois plus susceptibles d’avoir connu au moins une inondation en 2016 que les quintiles les moins dépendants sur le plan économique (tableau 2).
Un autre indicateur de défavorisation est la vulnérabilité situationnelle, selon laquelle les ménages vivent dans des logements dont les besoins en matière de réparations sont plus grands et dont la valeur sur le marché est plus faible, ainsi que la composition de la population associée à la vulnérabilité financière (p. ex. personnes ayant un niveau de scolarité plus faible, familles monoparentales). Encore une fois, les collectivités présentant des niveaux élevés de vulnérabilité situationnelle étaient les plus susceptibles de faire face à une inondation; leur proportion touchée par une ou plusieurs inondations (10,1 %) était plus élevée que la proportion des collectivités présentant des niveaux plus faibles de vulnérabilité situationnelle (7,0 %) [tableau 2].
En revanche, les collectivités caractérisées par une instabilité résidentielle, comme celles ayant une grande mobilité résidentielle et un plus grand nombre de locataires par rapport aux propriétaires, n’étaient pas plus à risque d’inondation. En fait, l’inverse a été observé. Les collectivités peu instables sur le plan résidentiel étaient plus susceptibles d’avoir été touchées par une inondation pendant la période à l’étude : 10,5 % par rapport à 6,1 % dans les collectivités présentant des niveaux élevés d’instabilité résidentielle (tableau 2).
Ce qu’il advient de la composition socioéconomique des collectivités inondées au cours de la période suivant leur rétablissement
Au cours de la période suivant leur rétablissement, les collectivités inondées — peu importe leur niveau de défavorisation économique avant les inondations — ont constaté des améliorations économiques. Ce constat était plus prononcé dans les grandes régions urbaines, où la défavorisation liée à la dépendance économique a diminué; les quintiles moyens de défavorisation ayant connu un léger recul en 2021, s’établissant à 2,94 en 2016 pour se fixer à 2,78. En comparaison, le quintile moyen de dépendance économique est passé de 2,76 en 2016 à 2,79 en 2021 pour les régions urbaines n’ayant pas été touchées par des inondations (graphique 1.1).
Cela pourrait être en quelque sorte attribué à l’aide financière et aux assurances gouvernementales à la suite de catastrophes, qui peuvent fournir à la population canadienne du soutien pour se rétablir et s’adapter à l’avenir. La Stratégie nationale d’adaptation du Canada tient compte de la façon dont les collectivités vulnérables ont besoin d’un accès à des ressources supplémentaires et d’un soutien à la relance.
Malgré l’amélioration de la situation de dépendance économique dans les zones inondées, ces quartiers ont connu une augmentation des niveaux de vulnérabilité dans d’autres dimensions. L’instabilité résidentielle notamment, laquelle n’était pas associée à un risque accru d’inondation, a augmenté à la suite d’inondation, principalement dans les régions rurales. Plus précisément, les régions rurales et les centres de population de petite et de moyenne tailles qui ont été touchés par les inondations ont connu une augmentation plus marquée de l’instabilité résidentielle au cours de la période à l’étude (respectivement 2,19 à 2,38 et 3,24 à 3,36), comparativement aux collectivités qui n’ont pas connu d’inondation (respectivement 2,19 à 2,31 et 3,29 à 3,36). Du côté des collectivités urbaines, l’instabilité résidentielle est demeurée inchangée après la survenue d’inondations (graphique 1.2).
Les collectivités touchées par les inondations ont connu des changements minimes en ce qui concerne les niveaux de défavorisation liés à la vulnérabilité situationnelle entre 2016 et 2021. Les collectivités rurales ont observé des améliorations au fil du temps pour cette dimension de la défavorisation, mais cette tendance était constante, qu’elles aient ou non été frappées par des inondations.

Tableau de données du graphique 1
| 2016 | 2021 | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Quintile moyen | Intervalle de confiance de 95 % | Erreur-type | Quintile moyen | Intervalle de confiance de 95 % | Erreur-type | |||
| limite inférieure | limite supérieure | limite inférieure | limite supérieure | |||||
| quintile | ||||||||
| Notes : 1 - les moins défavorisés, 5 - les plus défavorisés. Les barres d’erreur représentent les intervalles de confiance de 95 %.
Source : Statistique Canada, Indice canadien de défavorisation multiple, 2016 et 2021. |
||||||||
| 1.1 Indice canadien de défavorisation multiple – Dépendance économique | ||||||||
| Pas d’inondation | ||||||||
| Total | 2,96 | 2,95 | 2,98 | 0,01 | 3,01 | 3,00 | 3,02 | 0,01 |
| Région rurale | 3,27 | 3,24 | 3,31 | 0,03 | 3,35 | 3,32 | 3,38 | 0,03 |
| Centre de population de petite ou de moyenne taille (1 000 à 99 999 habitants) | 3,29 | 3,26 | 3,31 | 0,03 | 3,33 | 3,30 | 3,36 | 0,03 |
| Centre de population de grande taille (100 000 habitants ou plus) | 2,76 | 2,74 | 2,77 | 0,02 | 2,79 | 2,78 | 2,81 | 0,02 |
| Au moins une inondation | ||||||||
| Total | 3,20 | 3,16 | 3,24 | 0,04 | 3,06 | 3,02 | 3,11 | 0,04 |
| Région rurale | 3,27 | 3,21 | 3,33 | 0,06 | 3,16 | 3,10 | 3,22 | 0,06 |
| Centre de population de petite ou de moyenne taille (1 000 à 99 999 habitants) | 3,42 | 3,33 | 3,51 | 0,09 | 3,24 | 3,15 | 3,33 | 0,09 |
| Centre de population de grande taille (100 000 habitants ou plus) | 2,94 | 2,86 | 3,01 | 0,07 | 2,78 | 2,70 | 2,86 | 0,08 |
| 1.2 Indice canadien de défavorisation multiple – Instabilité résidentielle | ||||||||
| Pas d’inondation | ||||||||
| Total | 3,05 | 3,04 | 3,06 | 0,01 | 3,03 | 3,02 | 3,04 | 0,01 |
| Région rurale | 2,19 | 2,17 | 2,21 | 0,02 | 2,31 | 2,29 | 2,33 | 0,02 |
| Centre de population de petite ou de moyenne taille (1 000 à 99 999 habitants) | 3,29 | 3,27 | 3,32 | 0,03 | 3,36 | 3,34 | 3,39 | 0,03 |
| Centre de population de grande taille (100 000 habitants ou plus) | 3,20 | 3,18 | 3,22 | 0,02 | 3,11 | 3,09 | 3,13 | 0,02 |
| Au moins une inondation | ||||||||
| Total | 2,75 | 2,71 | 2,79 | 0,04 | 2,87 | 2,83 | 2,91 | 0,04 |
| Région rurale | 2,19 | 2,15 | 2,24 | 0,04 | 2,38 | 2,33 | 2,42 | 0,04 |
| Centre de population de petite ou de moyenne taille (1 000 à 99 999 habitants) | 3,24 | 3,16 | 3,32 | 0,08 | 3,36 | 3,28 | 3,44 | 0,08 |
| Centre de population de grande taille (100 000 habitants ou plus) | 3,31 | 3,23 | 3,39 | 0,08 | 3,32 | 3,24 | 3,40 | 0,08 |
Conclusion
Les événements météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles, comme les inondations, peuvent être extrêmement perturbateurs, tant pour les personnes et les familles que pour les collectivités. La présente analyse vise à examiner les niveaux de défavorisation des quartiers ayant été touchés par des inondations, comparativement aux régions n’ayant pas subi de tels dommages causés par l’eau, pour explorer les disparités socioéconomiques potentielles.
Le processus de rétablissement à la suite d’une catastrophe liée au climat peut entraîner plusieurs conséquences pour les collectivités. La présente étude suggère que le paysage socioéconomique après une inondation est mixte, soulignant l’importance de diverses dimensions, notamment les différences urbaines ou rurales et provinciales; par exemple, l’instabilité résidentielle s’est aggravée à la suite d’une inondation, surtout dans les régions rurales. Toutefois, des améliorations des niveaux de dépendance économique ont été observées pour les collectivités touchées par des inondations.
De futures recherches pourraient approfondir ces recoupements, et examiner si d’autres événements météorologiques extrêmes, comme les feux de forêt et les tremblements de terre, suivent des tendances semblables au chapitre des risques et du rétablissement.
Sources de données, méthodes, définitions et limites
La présente étude utilise les données des recensements de la population de 2016 et 2021 (quintiles de population calculés à l’échelle de l’aire de diffusion) et l’Indice canadien de défavorisation multiple (ICDM). L'ICDM est dérivé au niveau de l’aire de diffusion (AD), soit une petite région géographique du recensement qui est relativement stable et composée d’environ 400 à 700 habitants. Les notes inférieures et le classement par quintile associé correspondent aux régions les moins défavorisées, tandis que les notes plus élevées et les classements par quintile se rapportent aux régions où le niveau de défavorisation est plus élevé.
Des cartes accessibles au public mesurant l’étendue des inondations à partir de l’imagerie satellitaire ont été obtenues auprès du Service de géomatique d’urgence (SGU) de Ressources naturelles Canada, pour les années 2017 à 2020 (c.-à-d. la période entre les recensements). On a utilisé ArcGIS PRO (ESRI) pour déterminer les AD chevauchant les zones inondées.
La présente analyse porte sur la défavorisation liée à la dépendance économique, qui se rapporte à la dépendance à l’égard de la main-d’œuvre et utilise des indicateurs comme le rapport de dépendance (les populations âgées de 0 à 14 ans et de 65 ans et plus divisées par la population âgée de 15 à 64 ans), et la proportion de la population ne faisant pas partie de la population active.
Limites
L’ICDM 2021 est un indice transversal fondé sur les microdonnées du Recensement de la population de 2021. Il faut faire preuve de prudence au moment d’interpréter les comparaisons entre les données de 2016 et de 2021. Puisque des méthodologies légèrement différentes ont servi à la création des indices pour l’ICDM de 2016, les quintiles ont été utilisés pour comparer les données entre les années de recensement. L’ICDM fait l’objet des mêmes limites que le recensement en ce qui concerne les taux de réponse et le biais de non-réponse, et est sujet aux mêmes erreurs non dues à l’échantillonnage.
Une autre limite des données sur les inondations est qu’elles sont fondées sur l’étendue des inondations mesurée par satellite, plutôt que sur des renseignements autodéclarés indiquant si un logement a effectivement subi une inondation. Cette approche ne tient peut-être pas compte des inondations qui se produisent sous la surface, comme une inondation d’un logement à la suite d’une période de forte pluie.
Documents consultés
Charkraborty, Liton et coll. 2022. « Exploring spatial heterogeneity and environmental injustices in exposure to flood hazards using geographically weighted regression », Environmental Research, vol. 210, no 112982.
Gouvernement du Canada. 2023. Stratégie nationale d’adaptation du Canada.
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. 2021. Climate change widespread, rapid, and intensifying.
Johnston, Craig et coll. 2024. « Risque d’inondation et crédit hypothécaire résidentiel », Banque du Canada, Portail sur le système financier.
Ressources naturelles Canada. 2024. « Inondations et débâcles des rivières ».
Sparling, Erik et coll. 2024. « Renverser la vapeur : la transparence en matière de risques d’inondation, moteur de l’équité au Canada », Institut climatique du Canada.
Statistique Canada. 2024. L’Indice canadien de défavorisation multiple : guide de l’utilisateur.
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