Regards sur la société canadienne
Le harcèlement et la discrimination chez le corps professoral et les chercheurs des établissements postsecondaires du Canada

par Darcy Hango

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La présente étude a été financée par Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC).

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Aperçu de l’étude

Le harcèlement et la discrimination peuvent être présents dans tous les milieux de travail canadiens et survenir dans tous les types de professions et tous les lieux, y compris dans les établissements d’enseignement postsecondaire. La présente étude utilise les données de l’Enquête sur le corps professoral et les chercheurs du niveau postsecondaire de 2019 pour examiner le harcèlement et la discrimination subis en milieu de travail par les membres du corps professoral des universités à temps plein et à temps partiel (y compris le personnel enseignant et les chercheurs), les formateurs au niveau collégial, les boursiers postdoctoraux et les étudiants au doctorat dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada. Elle fait la lumière sur certains types de harcèlement précis, la relation entre la personne responsable du harcèlement et la victime, ainsi que les motifs et les types de discrimination. La présente étude examine aussi la question de savoir si les personnes ayant subi du harcèlement ont pris des mesures contre la personne responsable, qui vont de la confrontation de la personne responsable au dépôt d’une plainte officielle.

Les résultats de l’étude sont représentatifs de la population observée dont près de la moitié étaient membres du corps professoral d'une université (49 %), le tiers étaient membres du corps professoral d'un collège (29 %) et le cinquième étaient des étudiants au doctorat (18 %). La proportion restante de 4 % était composée de boursiers postdoctoraux.

  • Les femmes sont 1,5 fois plus susceptibles que les hommes de subir du harcèlement et de la discrimination en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire, une constatation faite pour d’autres milieux de travail et dans la société en général.
  • Les groupes de minorités sexuelles et les personnes ayant une incapacité figurent parmi les personnes les plus susceptibles d’être victimes de harcèlement et de discrimination en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire.
  • Les personnes en situation d’autorité étaient les personnes les plus fréquemment responsables du harcèlement en milieu de travail contre les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux.
  • Dans les cas de harcèlement en milieu de travail contre des professeurs enseignant au collège et à l’université, les collègues et les étudiants étaient les personnes les plus souvent identifiées comme étant les personnes responsables.
  • Les femmes et les hommes, peu importe le poste qu’ils occupaient au sein de leur établissement d’enseignement, étaient plus susceptibles de subir du harcèlement de la part d’un homme que d’une femme.
  • Dans l’ensemble, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de prendre des mesures contre la personne responsable du harcèlement qu’elles ont subi, à l’exception des cas de harcèlement sexuel/d’attention sexuelle non sollicitée et la violence physique.

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Introduction

Le harcèlement et la discrimination peuvent être présents dans tous les milieux de travail canadiens et survenir dans tous les types de professions et tous les lieux, y compris dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Les actes de harcèlement et de discrimination sont variés et peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé et le bien-être des travailleurs, ainsi que sur la durée et la stabilité de leur emploi et leur satisfaction au travail. La portée des conséquences du harcèlement peut aller d’une incidence négative sur l’attitude d’une personne en ce qui a trait à son degré de satisfaction et à son degré d’engagement au travail à une moins bonne santé physique et psychologiqueNote . Le harcèlement et la violence en milieu de travail peuvent également avoir des répercussions sur l’économie dans son ensemble, notamment des coûts associés à l’absentéisme, à une perte de productivité et au roulement du personnelNote .

À ce jour, très peu d’études ont été menées sur le harcèlement en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada. Certaines études récentes ayant examiné le harcèlement et la discrimination dans les universités canadiennes portaient précisément sur une disciplineNote , un établissementNote ou des établissementsNote , une provinceNote ou un type d’établissement d’enseignement postsecondaireNote . Par exemple, une étude a révélé que, chez les membres du corps professoral en science et en génie dans 12 universités canadiennes, les femmes étaient plus susceptibles que leurs collègues masculins d’être victimes d’incivilité, de harcèlement et de discrimination. La même étude a également révélé que, si les femmes racisées ont déclaré seulement légèrement moins de harcèlement que leurs homologues non racisées, les hommes racisés ont déclaré significativement plus de harcèlement et de discrimination que les membres du corps professoral non racisésNote . Une autre étude menée dans une université canadienne a révélé que les femmes au sein du corps professoral étaient plus susceptibles d’être victimes de cyberintimidationNote .

Le harcèlement et la discrimination chez les étudiants au Canada ont été examinés de façon plus approfondie. Une étude récente de Statistique CanadaNote a analysé les comportements sexuels non désirés et la discrimination fondée sur le genre sur les campus canadiens. Elle a révélé l’existence d’un grand nombre de cas de discrimination fondée sur le genre, l’identité de genre et l’orientation sexuelle, déclarée par les étudiants dans les universités et les collèges canadiens, et les femmes étaient plus susceptibles de subir ces comportements que les hommes. Les comportements sexualisés non désirés étaient aussi une grande préoccupation. En effet, 45 % des femmes et 32 % des hommes ont déclaré avoir personnellement subi ces types de comportements au moins une fois dans un lieu d’études postsecondaires au cours de l’année précédente.

Bien que le harcèlement et la discrimination en milieu de travail surviennent dans tous les lieux, certains environnements peuvent présenter un plus grand risque pour les travailleurs que d’autres. Les établissements d’enseignement postsecondaire présentent certaines caractéristiques qui peuvent entraîner un risque accru de harcèlement et de discrimination en milieu de travail. Par exemple, la hiérarchie en ce qui a trait à l’autorité est bien présente (p. ex. des professeurs permanents qui supervisent des étudiants diplômés), et les interactions entre les professeurs, les adjoints à l’enseignement et les étudiants sont nombreusesNote . De plus, les jeunes adultes, qui sont plus susceptibles de subir du harcèlement et de la discriminationNote , représentent une grande partie de la population qui poursuit des études et qui travaille dans les établissements d’enseignement postsecondaire.

La présente étude utilise l’Enquête sur le corps professoral et les chercheurs du niveau postsecondaire (ECPCNP) de 2019 pour contribuer à faire la lumière sur la situation en ce qui concerne le harcèlement et la discrimination subis en milieu de travail par les membres du corps professoral des universités à temps plein et à temps partiel (y compris le personnel enseignant et les chercheurs), les formateurs au niveau collégial, les boursiers postdoctoraux et les étudiants au doctorat dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada (voir la section « Sources de données, méthodes et définitions »). Plus précisément, elle cherche à accroître et à élargir l’ensemble des connaissances sur le harcèlement et la discrimination en milieu de travail dans le monde universitaire.

L’ECPCNP permet de mettre l’accent sur le harcèlement et la discrimination subis par les personnes qui enseignent ou qui mènent des activités de recherche dans le secteur de l’enseignement postsecondaire au Canada, y compris les membres à temps plein et à temps partiel du corps professoral des collèges et des universités, les boursiers postdoctoraux et les étudiants au doctorat. Souvent, les études portant sur ce sujet sont axées sur un de ces groupes, généralement les membres du corps professoralNote . L’une des principales forces de la présente étude est que le harcèlement et la discrimination peuvent être examinés dans différents types d’établissement, différents domaines d’études et différentes provinces, ce qui donne ainsi une meilleure idée d’un sujet auparavant méconnu dans le milieu universitaire canadien. Le harcèlement et la discrimination en milieu de travailNote seront examinés d’un point de vue général, ainsi que des types de harcèlement précis, les relations entre les victimes du harcèlement et les personnes qui en sont responsables, de même que le motif de discrimination et les types de discrimination. Enfin, la présente étude cherche à déterminer si les personnes qui ont subi du harcèlement ont pris des mesures contre la personne responsable du harcèlement, par exemple en confrontant cette dernière ou en déposant une plainte officielleNote .

Les données utilisées dans la présente étude ont été recueillies à l’automne 2019, avant la pandémie de COVID-19. Actuellement, on ne sait pas exactement si certaines des restrictions de la santé publique découlant de la pandémie, comme les mesures de distanciation physique, la perte d’emploi ou le revenu réduit peuvent avoir eu un effet sur les cas de harcèlement et de discrimination sur les campus canadiens. De mars 2020 à juin 2021, la plupart des établissements d’enseignement postsecondaire au Canada ont suspendu l’apprentissage en classeNote , ce qui signifie que le harcèlement et la discrimination résultant d’une interaction en face à face pourraient avoir diminué. À l’inverse, le harcèlement en ligne ou la cyberintimidation pourraient avoir augmenté, car un plus grand nombre d’interactions sont devenues virtuelles avec le passage à l’apprentissage en ligne.

Les données de l’ECPCNP ne permettent pas de faire la lumière sur le harcèlement en ligne, car aucune question sur la cyberintimidation n’a été posée. On signale que le télétravail pourrait freiner les plaintes liées au harcèlement en milieu de travailNote , car il pourrait y avoir moins d’occasions d’observer par hasard le harcèlement de la part des autres.

Les femmes membres du corps professoral et les chercheuses sont environ 1,5 fois plus susceptibles que les hommes de subir du harcèlement en milieu de travail

Dans le cadre de l’ECPCNP, on a interrogé les personnes qui enseignent ou qui mènent des activités de recherche dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada au sujet de leur expérience liée à cinq types de harcèlement au cours de l’année précédente, soit la violence verbale, les comportements humiliants, les menaces (p. ex. le chantage, les menaces à la carrière ou à la réputation, les menaces physiques), la violence physique ainsi que l’attention sexuelle non sollicitée ou le harcèlement sexuelNote .

En 2019, environ le tiers des femmes (34 %) ont déclaré avoir subi au moins un type de harcèlement dans leur établissement d’enseignement postsecondaire (graphique 1)Note . En revanche, environ 1 homme sur 5 (22 %) a déclaré la même choseNote ,Note . Cette différence entre les genres de 12 points de pourcentage est conforme à des études antérieures qui ont examiné le harcèlement dans tous les types de milieux de travail au Canada. Cependant, ces proportions sont plus importantes que dans d’autres milieux professionnels. Une étude de Statistique Canada a révélé que, en 2016, 19 % des femmes canadiennes ont déclaré avoir subi du harcèlement dans leur milieu de travail au cours de l’année précédente, tandis que 13 % des hommes ont déclaré la même choseNote .

Parmi les cinq types de harcèlement inclus dans le cadre de l’enquête, les comportements humiliants étaient les plus fréquemment déclarés, chez 22 % des femmes et 14 % des hommes. Ces comportements étaient suivis de près par les actes de violence verbale, déclarés par 20 % des femmes et 13 % des hommes.

Bien qu’elle ait été moins fréquemment subie, l’attention sexuelle non sollicitée ou le harcèlement sexuel affichait le plus grand écart entre les genresNote . En 2019, 7 % des femmes ont déclaré avoir subi de l’attention sexuelle non sollicitée ou du harcèlement sexuel au cours de l’année précédente, une proportion environ 3,5 fois plus élevée que celle observée chez les hommes (2 %). La fréquence de l’attention sexuelle non sollicitée ou du harcèlement sexuel était également significativement plus grande chez les femmes. Plus précisément, 4 % des femmes ont subi deux cas d’attention sexuelle non sollicitée ou de harcèlement sexuel ou plus au cours de l’année précédente, comparativement à 0,8 % des hommes.

Les femmes ont également subi de la violence verbale et des comportements humiliants à une fréquence significativement plus grande que les hommes. Sur une période d’un an, 12 % des femmes ont déclaré avoir subi deux cas de violence verbale ou plus, comparativement à 7 % des hommes. De même, 12 % des femmes ont déclaré avoir subi plusieurs cas de comportements humiliants, tandis que c’était le cas chez 8 % des hommesNote . Des différences moins importantes ont été observées entre les hommes et les femmes en ce qui concerne les menaces et la violence physique.

Graphique 1 ZZZ

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Type de harcèlement (titres de rangée) et Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de harcèlement Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
Tout type de harcèlement 27,7 33,5Note * 22,0
Comportement humiliant 17,7 21,5Note * 14,1
Violence verbale 16,1 19,8Note * 12,6
Menaces personnelles 7,7 8,4Note * 6,9
Attention sexuelle non sollicitée ou harcèlement sexuel 4,5 7,0Note * 2,1
Violence physique 0,8 0,8 0,7

Les résultats de l’analyse multivariée confirment que, si tous les autres facteurs sont égaux, le fait d’être une femme accroît la probabilité de harcèlement (voir le tableau 7 en annexe).

Les groupes de minorités sexuelles, les personnes autochtones et les personnes ayant une incapacité figurent parmi les personnes les plus à risque de subir du harcèlement

En plus du genre, plusieurs autres caractéristiques sont liées à un risque accru de harcèlement au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les personnes ayant une incapacitéNote , les personnes autochtonesNote et les groupes de minorités sexuelles (c.-à-d. les personnes qui se sont identifiées comme étant gaies ou lesbiennes, bisexuelles ou pansexuelles) ont toutes déclaré avoir subi du harcèlement en milieu de travail à des taux significativement plus élevés. Leur vulnérabilité accrue dans un milieu postsecondaire concorde avec leurs taux globaux de prévalence plus élevés de victimisation criminelle et non criminelle dans l’ensemble des secteurs de la sociétéNote .

Il convient de souligner que la prévalence des déclarations liées au fait d’avoir subi du harcèlement est systématiquement plus élevée chez les femmes, qu’elles aient ou non une incapacité, qu’elles appartiennent ou non à un groupe autochtone ou qu’elles fassent partie ou non d’une population de minorité sexuelle.

La différence la plus importante dans la probabilité d’avoir subi du harcèlement au cours de l’année précédente a été observée entre les personnes ayant une incapacité et les personnes sans incapacité. Tant chez les hommes que chez les femmes, les membres du personnel enseignant et les chercheurs postsecondaires ayant une incapacité affichaient une probabilité d’avoir subi du harcèlement plus de 1,8 fois plus élevée que leurs collègues sans incapacité (46 % par rapport à 26 %). Si c’était le cas tant chez les hommes que chez les femmes, les femmes ayant une incapacité ont subi du harcèlement plus souvent que les hommes (52 % par rapport à 38 %).

Les personnes autochtones ont également subi du harcèlement à un taux plus élevé. En 2019, 40 % des personnes autochtones qui enseignaient ou qui menaient des activités de recherche dans les établissements d’enseignement postsecondaire ont subi une certaine forme de harcèlement au cours de l’année précédente, une proportion de 13 points de pourcentage plus élevée que leurs homologues non autochtones (27 %). Le risque, cependant, était beaucoup plus grand chez les femmes autochtones (45 %) que chez les hommes autochtones (33 %).

Au sein de la population des minorités sexuelles, 42 % des membres du personnel enseignant et des chercheurs bisexuels et pansexuels ont déclaré avoir subi au moins un type de harcèlement dans leur établissement d’enseignement postsecondaire, comparativement à 27 % de leurs collègues hétérosexuels (voir le tableau 1 en annexe). Le risque accru au sein de la population des minorités sexuelles a été observé tant chez les hommes que chez les femmes, à l’exception des femmes lesbiennes, dont le risque était comparable à celui des femmes hétérosexuelles.

Les membres du corps professoral et les chercheurs racisés et non racisés affichaient des taux de harcèlement semblables

Une caractéristique personnelle qui n’est généralement pas liée au risque était l’appartenance à un groupe désigné comme minorité visible. Plus précisément, les membres du personnel enseignant et les chercheurs appartenant à une minorité visible dans les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada n’affichaient pas une probabilité plus élevée d’avoir subi du harcèlement au cours de l’année précédente comparativement à leurs collègues qui n’appartenaient pas à une minorité visible (27 % et 28 %). Cette constatation correspond aux résultats obtenus en matière de harcèlement en milieu de travail au Canada en généralNote et aux cas liés aux comportements sexualisés non désirés des étudiants dans les établissements d’enseignement postsecondaireNote . Des études plus approfondies sont nécessaires pour relever les différences entre des groupes racisés précis.

De plus, les personnes dont la langue maternelle n’était ni le français ni l’anglais ne présentaient pas un risque accru de harcèlement, même si les membres du corps professoral et les chercheurs dont la langue maternelle était l’anglais présentaient un risque légèrement plus élevé de subir du harcèlement que ceux dont la langue maternelle était le français (29 % par rapport à 25 %). Cependant, cette différence était seulement évidente chez les femmes (36 % par rapport à 28 %).

Le risque accru des femmes de subir du harcèlement en milieu de travail s’observe dans tous les domaines et toutes les disciplines

Les résultats de l’ECPCNP donnent à penser que les membres du corps professoral et les chercheurs qui travaillent ou étudient dans les domaines en science, en technologie, en génie ou en mathématiques (STGM)Note sont significativement moins susceptibles (25 %) d’avoir subi du harcèlement que ceux qui travaillent, enseignent ou étudient dans les domaines en SACHES (santé, arts, commerce, sciences humaines, éducation et sciences sociales)Note [ou non-STGM] (29 %).

Cependant, les femmes, peu importe le domaine d’études, sont significativement plus susceptibles que les hommes dans ces domaines de déclarer avoir subi du harcèlement dans leur établissement d’enseignement postsecondaire au cours de l’année précédente. Par exemple, 34 % des femmes dans les domaines en STGM ont subi du harcèlement tandis que chez les hommes dans les domaines en STGM, la proportion était significativement moins importante et se chiffrait à 21 %. Une différence semblable entre les genres a été observée dans les domaines en SACHES (33 % chez les femmes par rapport à 23 % chez les hommes).

Des différences se dégagent également selon le poste occupé au sein des établissements d’enseignement postsecondaire. Par exemple, les professeurs d’université ont déclaré avoir subi du harcèlement plus souvent que les boursiers postdoctoraux (28 % par rapport à 20 %). Cela étant dit, les femmes étaient généralement plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir subi du harcèlement en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire, peu importe leur poste (p. ex. étudiantes au doctorat, professeures), à l’exception notable des boursières postdoctorales et des chercheuses dans les collèges. Dans leur cas, il n’y avait pas de différence significative entre les genres au chapitre des cas de harcèlement.

Les personnes responsables du harcèlement contre les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux se trouvent le plus souvent en situation d’autorité

La relation entre une victime du harcèlement et la personne responsable de ce harcèlement revêt une importance cruciale, car le genre de répercussions peut varier, surtout lorsque la personne responsable exerce une certaine forme d’autorité sur la victime. Plus précisément, les actes de harcèlement perpétrés par des personnes se trouvant en situation officielle d’autorité peuvent influencer le cheminement de carrière des victimes, car elles sont susceptibles d’avoir un certain contrôle sur les perspectives d’avenir de leur cible.

Une situation officielle d’autorité survient notamment lorsque des personnes exercent une autorité directe sur les autres, comme des superviseurs, mais également lorsque des personnes occupent un poste supérieur ne comportant pas nécessairement de fonctions de supervision. Par exemple, un professeur permanent peut se trouver en situation d’autorité par rapport à un professeur adjoint, et un professeur adjoint peut avoir de l’autorité sur un étudiant au doctorat, même en l’absence d’une relation de supervision directe. Des études antérieures montrent que les différences au chapitre du contrôle et du pouvoir sont assez fréquentes dans les cas de harcèlement en milieu de travailNote . Par conséquent, il importe de tenir compte des différences au chapitre du contrôle et du pouvoir, car les cas de harcèlement peuvent grandement varier selon le poste qu’une personne occupe dans son établissement d’enseignement postsecondaire.

Parmi les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux, les deux tiers (66 %) des personnes qui avaient subi du harcèlement ont indiqué que la personne responsable se trouvait en situation d’autorité (graphique 2)Note Note Note . Les collègues ou les pairs occupaient le deuxième rang en ce qui concernait les personnes responsables du harcèlement (32 %). Par ailleurs, 20 % des étudiants au doctorat et des boursiers postdoctoraux ont déclaré avoir subi du harcèlement de la part d’un autre membre du personnel à leur établissement d’enseignement, tandis que 10 % ont affirmé que la personne responsable du harcèlement était un étudiant à qui ils enseignaient ou qu’ils supervisaient. Aucune différence significative entre les genres n’a été observée entre les hommes et les femmes, ce qui donne à penser que les étudiants au doctorat ou les boursiers postdoctoraux des deux genres ont tendance à déclarer des types semblables de relations avec les personnes qui les harcèlent.

Graphique 2 ZZZ

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Personne responsable du harcèlement (titres de rangée) et Étudiants au doctorat et boursiers postdoctoraux, Total, Femmes et Hommes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Personne responsable du harcèlement Étudiants au doctorat et boursiers postdoctoraux
Total Femmes Hommes
pourcentage
Personne en situation d’autorité 65,7 69,4 60,1
Collègue ou pair 32,4 32,5 32,1
Autre membre du personnel de l’établissement d’enseignement 19,7 18,8 21,1
Étudiant à qui j’enseigne ou que je supervise 9,8 9,3 10,4
Membre du public 7,4 7,3 7,7
Inconnu 3,5 2,8 4,6
Autre 1,8 1,4 2,3

Contrairement à la tendance observée chez les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux, les responsables du harcèlement les plus communs contre des professeurs enseignant au collège ou à l’université étaient des collègues ou des pairs (43 %) ou des étudiants à qui ils enseignaient ou qu’ils supervisaient (42 %) (graphique 3). En général, il n’y avait pas de différence marquante entre les hommes et les femmes, à l’exception des actes de harcèlement perpétrés par des étudiants. Les professeures présentaient une probabilité significativement plus élevée de subir du harcèlement de la part des étudiants que les professeurs (46 % par rapport à 38 %). Bien qu’il ait été moins fréquemment déclaré, l’abus d’autorité était tout de même un facteur dans les cas de harcèlement des professeurs de collège et d’université, car plus de 3 professeurs sur 10 ont déclaré avoir subi du harcèlement de la part de personnes se trouvant en situation d’autorité.

Graphique 3 ZZZ

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Personne responsable du harcèlement (titres de rangée) et Professeurs, Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Personne responsable du harcèlement Professeurs
Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
Collègue ou pair 43,2 44,4 41,7
Étudiant à qui j’enseigne ou que je supervise 42,3 45,7Note * 37,7
Personne en situation d’autorité 33,8 33,3 34,4
Autre membre du personnel de l’établissement d’enseignement 13,0 12,2 14,2
Membre du public 4,2 4,6 3,6
Inconnu 3,3 2,7 4,0
Parent d’un étudiant 1,8 2,3 1,1
Autre 1,2 1,4 1,0

Les hommes et les femmes, peu importe le poste qu’ils occupaient dans leur établissement d’enseignement, étaient généralement plus susceptibles de subir du harcèlement de la part d’un homme que d’une femme

En général, tant les hommes que les femmes, peu importe le poste qu’ils occupaient dans leur établissement d’enseignement, étaient plus susceptibles de subir du harcèlement de la part d’un homme que d’une femme (voir le tableau 2 en annexe). Chez les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux, les hommes et les femmes étaient plus susceptibles de subir du harcèlement de la part d’un homme, peu importe l’identité de la personne responsable du harcèlement. Par exemple, les étudiantes au doctorat et les boursières postdoctorales qui ont subi du harcèlement de la part d’un collègue ou d’un pair ont affirmé qu’il s’agissait plus souvent d’un homme que d’une femme (77 % par rapport à 28 %). Une tendance semblable a été observée chez les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux qui ont subi du harcèlement de la part d’un collègueNote .

Chez les professeurs, les femmes ont subi significativement plus de harcèlement de la part d’étudiants que d’étudiantes (68 % par rapport à 41 %). De même, il était beaucoup plus commun pour les professeurs de genre masculin de subir du harcèlement de la part d’un étudiant (67 %) que d’une étudiante (48 %). Les professeurs et les professeures étaient aussi significativement plus susceptibles de subir du harcèlement de la part de collègues et de pairs de genre masculin.

Cependant, lorsque la personne responsable du harcèlement se trouvait en situation d’autorité, il n’y avait aucune différence significative entre les professeurs et les professeures et le genre de la personne responsable du harcèlement.

Les collègues et les pairs étaient plus souvent responsables de l’attention sexuelle non sollicitée à l’égard des étudiants au doctorat et des boursiers postdoctoraux

Pour la plupart des types de harcèlement, les étudiants au doctorat et les boursiers postdoctoraux des deux genres ont déclaré que les personnes se trouvant en situation d’autorité étaient les personnes responsables du harcèlement, à l’exception notable de l’attention sexuelle non sollicitée et du harcèlement sexuel. Dans ces cas, les collègues ou les pairs étaient tout aussi susceptibles que les personnes se trouvant en situation d’autorité d’être identifiés comme les personnes responsables de l’attention sexuelle non sollicitée et du harcèlement sexuel.

Chez les professeurs, les résultats étaient beaucoup plus variés et présentaient des différences selon le genre. Chez les professeures, les étudiants étaient les principales personnes responsables de la violence verbale et des menaces, tandis que les actes d’humiliation et l’attention sexuelle non sollicitée ou le harcèlement sexuel étaient plus souvent commis par un collègue ou un pairNote .

Pour ce qui était des professeurs de genre masculin, les collègues et les pairs étaient plus souvent responsables du harcèlement. C’était également le cas pour la violence verbale, les comportements humiliants et les menaces, mais les personnes se trouvant en situation d’autorité étaient tout aussi susceptibles que les collègues d’être la personne responsable. Lorsque le comportement atteignait le niveau de l’attention sexuelle non sollicitée ou du harcèlement sexuel, les étudiants étaient plus souvent les personnes responsables du harcèlement contre les professeurs de genre masculin. Ce résultat appuie des constatations semblables faites aux États-UnisNote .

Les femmes étaient plus susceptibles de prendre des mesures contre la personne responsable du harcèlement, à l’exception du harcèlement sexuel

Les victimes de harcèlement ne prennent pas toujours des mesures contre les personnes responsables du harcèlement. Certaines victimes peuvent vouloir prendre des mesures, mais décident de ne pas signaler le comportement pour différentes raisons, comme la crainte de représailles de la part de la personne responsable. Cela étant dit, la majorité des femmes et des hommes victimes de harcèlement en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire ont pris des mesures, notamment en confrontant la ou les personnes responsables du harcèlement, en signalant le harcèlement à une personne ayant le pouvoir d’agir, en parlant à une personne au sein de l’établissement d’enseignement ou en déposant une plainte officielle.

Dans l’ensemble, les victimes de genre féminin avaient plus souvent pris des mesures à la suite du harcèlement : 73 % des femmes comparativement à 65 % des hommes (graphique 4). Si les femmes étaient généralement plus susceptibles d’affirmer avoir pris des mesures, certains types de harcèlement étaient plus susceptibles d’entraîner la confrontation de la personne responsable ou le signalement du comportement. Les actes de violence physique entraînaient particulièrement souvent des mesures; 94 % des femmes et 90 % des hommes en prenaient. Venaient ensuite les victimes de menaces (89 % des femmes et 78 % des hommes), suivies des victimes de violence verbale (82 % des femmes et 74 % des hommes) et des comportements humiliants (74 % des femmes et 63 % des hommes).

La tendance des femmes à être plus portées à signaler un cas disparaît lorsqu’il est question de l’attention sexuelle non sollicitée ou du harcèlement sexuel. Si la majorité des victimes ont tout de même pris des mesures à l’égard de ces types de harcèlement, il n’y avait pratiquement aucune différence entre les genres : 71 % des femmes et 72 % des hommes.

Graphique 4 ZZZ

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Type de harcèlement (titres de rangée) et Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de harcèlement Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
Tous les types 70,2 73,4Note * 65,3
Comportement humiliant 69,4 73,5Note * 63,2
Violence verbale 78,6 81,6Note * 73,9
Menaces personnelles 84,3 89,2Note * 78,4
Attention sexuelle non sollicitée ou harcèlement sexuel 70,9 70,6 71,9
Violence physique 92,4 94,4 90,2

Le fait de prendre des mesures contre la personne responsable du harcèlement varie selon la relation et le genre

Dans l’ensemble, le fait de prendre des mesures contre la personne responsable du harcèlement était plus fréquent lorsque cette dernière était le parent d’un étudiant. Dans ces cas-ci, près de 9 victimes de harcèlement sur 10 avaient pris des mesures. À l’inverse, les actes de harcèlement impliquant des personnes se trouvant en situation d’autorité ou des membres du public étaient les moins susceptibles d’entraîner des mesures de la part de la victime (66 % et 67 %).

On peut observer quelques différences entre les genres en ce qui concerne la probabilité de prendre des mesures selon la relation entre la victime et la personne responsable du harcèlement (graphique 5). Plus précisément, environ 76 % des femmes qui ont subi du harcèlement de la part d’un collègue ou d’un pair ont pris des mesures, comparativement à 66 % des hommes. De même, 69 % des femmes qui ont subi du harcèlement de la part d’une personne se trouvant en situation d’autorité ont pris des mesures, tandis que 59 % des hommes ont affirmé la même chose. Pour les autres catégories de personnes responsables, aucune autre différence entre les genres n’a été observée quant au fait de prendre des mesures contre la personne responsable.

Graphique 5 ZZZ

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon Personne responsable du harcèlement (titres de rangée) et Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Personne responsable du harcèlement Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
Parent d’un étudiant 89,2 92,5 79,5
Étudiant à qui j’enseigne ou que je supervise 81,5 83,4 78,5
Autre membre du personnel de l’établissement d’enseignement 74,3 77,3 70,2
Collègue ou pair 72,3 76,3Note * 66,0
Membre du public 67,2 68,7 65,0
Personne en situation d’autorité 65,5 69,4Note * 59,5
Autre 76,8 70,7 87,7
Inconnu 70,4 77,4 64,0

Les résultats révèlent que le fait de prendre des mesures contre la personne responsable du harcèlement dépend de la question de savoir si cette personne était un homme ou une femme (graphique 6). Par exemple, 67 % des hommes comparativement à 73 % des femmes qui ont subi du harcèlement de la part d’un homme ont affirmé avoir pris des mesures. En revanche, 66 % des hommes par rapport à 78 % des femmes qui ont subi du harcèlement de la part d’une femme ont affirmé la même chose. Ainsi, il semble que les femmes sont plus susceptibles de prendre des mesures lorsqu’elles ont subi le harcèlement d’une femme, tandis que les hommes ont pris des mesures plus ou moins équivalentes, peu importe s’ils ont subi le harcèlement d’un homme ou d’une femme.

Graphique 6 ZZZ

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6. Les données sont présentées selon Genre de la personne responsable du harcèlement (titres de rangée) et Hommes (réf.) et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Genre de la personne responsable du harcèlement Hommes (réf.) Femmes
pourcentage
La personne responsable était un homme 67,1 72,8Note *
La personne responsable était une femme 65,8Note  77,7Note *Note 

Des études plus approfondies sont nécessaires. Cependant, d’après les données issues de l’ECPCNP, les femmes qui enseignent, qui étudient ou qui mènent des activités de recherche dans les universités et les collèges canadiens sont généralement plus susceptibles que les hommes de prendre des mesures lorsqu’elles ont subi du harcèlement.

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Expérience de la discrimination

Les femmes étaient plus susceptibles d’avoir été traitées injustement ou d’avoir subi de la discrimination

La discrimination et le harcèlement en milieu de travail sont étroitement liés. Certaines personnes ont avancé que les comportements discriminatoires peuvent se manifester dans certains types de harcèlement, ce qui peut rendre plus difficile le fait de qualifier le comportement de discriminatoire. Par exemple, en ce qui concerne le genre, une femme peut subir de la violence verbale au travail, mais le motif à l’origine du harcèlement peut être lié à la discrimination fondée sur le genre d’une personneNote . Dans le contexte actuel, on mesure la discrimination en demandant aux répondants si, au cours des 12 derniers mois, ils ont été traités injustement ou ont fait l’objet de discrimination dans le poste qu’ils occupaient en raison de leur genre, de leur race, de leur âge, de leur apparence physique, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leurs capacités ou pour toute autre raison.

En 2019, les deux motifs de discrimination les plus fréquemment déclarés par les femmes étaient le sexe (12 %) et l’âge (7 %), tandis que chez les hommes, les plus fréquents étaient la race ou la couleur de la peau, l’appartenance ethnique ou culturelle et l’âge (3 % chacun) (graphique 1 de l’encadré). En général, les femmes ont été traitées injustement ou ont subi de la discrimination au cours de l’année précédente à un taux qui était près du double du taux observé chez les hommes (20 % comparativement à 11 %). Cette tendance est semblable à celle observée dans le cas du harcèlement et s’observait généralement pour toutes les formes de discrimination.

Plus précisément, les femmes ont déclaré des niveaux de discrimination significativement plus élevés que les hommes fondée sur le sexe, l’identité de genre, l’incapacité, l’apparence physique, l’âge et le fait de s’identifier comme parent; les différences les plus importantes étaient liées à l’âge, au sexe et au fait de s’identifier comme parentNote . Des études antérieures sur les responsabilités parentales chez les membres du corps professoral et sur leur avancement professionnel ont révélé que les mères au sein du corps professoral affichaient des taux d’occupation plus faibles d’un poste permanent et étaient plus susceptibles d’être dans une situation contractuelle à temps partiel que les hommes et les femmes sans enfantNote . Si les constatations liées au rôle parental chez les femmes et à l’avancement professionnel pouvaient ne pas correspondre exactement à la question d’être traité injustement et de subir de la discrimination, des analyses supplémentaires ont révélé une forte association entre les femmes qui ont pris un congé parental depuis leur première nomination comme membre du corps professoral et la probabilité d’avoir été traitée injustement ou d’avoir subi de la discrimination en raison de leur identité en tant que parentNote .

Graphique 1 de l’encadré ZZZ

Tableau de données du graphique 1 de l’encadré 
Tableau de données du graphique 1 de l’encadré
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 de l’encadré. Les données sont présentées selon Raison de la discrimination (titres de rangée) et Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Raison de la discrimination Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
Toute raison 15,4 20,1Note * 10,8
Sexe 7,0 12,2Note * 2,0
Âge 4,8 6,6Note * 3,1
Race ou couleur de la peau 3,6 3,9 3,4
Appartenance ethnique ou culturelle 3,3 3,7 2,9
Autre 3,0 3,6Note * 2,4
Nationalité ou statut d’immigrant 2,6 2,6 2,5
Identité en tant que parent 1,8 3,2Note * 0,5
Langue 1,4 1,6 1,3
Apparence physique 1,4 1,9Note * 0,8
Religion 1,2 1,2 1,2
Incapacité 1,2 1,7Note * 0,7
Identité de genre 0,8 1,2Note * 0,5
Orientation sexuelle 0,7 0,5 0,8

Les niveaux de discrimination étaient relativement semblables chez les femmes et chez les hommes dans le cas de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, la religion, la langue, la nationalité ou le statut d’immigrant, l’appartenance ethnique ou culturelle et la race ou la couleur de la peau. Cependant, dans l’ensemble, les différences entre les genres au chapitre de la discrimination demeurent même après la prise en compte d’un large éventail de caractéristiques, comme l’âge, l’orientation sexuelle, l’incapacité et le poste occupé. Autrement dit, la discrimination chez les femmes demeure environ deux fois plus fréquente que chez les hommes (20 % par rapport à 11 %) (voir le tableau 8 en annexe).

La discrimination est plus importante chez les minorités sexuelles et divers groupes ethnoculturels

Les cas de discrimination dans les différents milieux de travail canadiens sont souvent plus nombreux chez certaines populations, peu importe le genre. Cela comprend les personnes ayant une incapacitéNote , les populations transgenres et de diverses identités de genreNote , la population autochtoneNote , les minorités sexuellesNote et les groupes de population désignés comme minorités visiblesNote Note . Ces populations étaient également plus susceptibles de subir de la discrimination dans le monde universitaire (voir le tableau 5 en annexe).

Comme dans le cas du harcèlement, l’une des plus grandes différences a été observée entre les personnes ayant une incapacité et les personnes sans incapacité; les taux de discrimination étaient près de 2,5 fois plus élevés chez les membres du corps professoral et les chercheurs ayant une incapacité (34 %) que chez ceux sans incapacité (14 %). Des différences semblables ont été observées entre la population transgenre et de diverses identités de genre et la population cisgenre. Près de 40 % des membres du personnel enseignant et des chercheurs transgenres et de diverses identités de genre ont affirmé avoir été traités injustement ou avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente, comparativement à 15 % de ceux qui étaient cisgenres.

Les taux étaient également plus élevés chez les membres du personnel enseignant et les chercheurs autochtones; 28 % d’entre eux ont déclaré un certain type de discrimination. C’était le cas de 15 % des membres du personnel enseignant et des chercheurs non autochtones. Chez les personnes appartenant à un groupe de minorité visible, 21 % ont déclaré avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente, comparativement à 14 % des membres du personnel et des chercheurs n’appartenant pas à une minorité visible. Cette différence met en contraste la similitude des taux de harcèlement observés chez les membres du personnel enseignant et les chercheurs des groupes de minorités visibles et chez ceux n’appartenant pas à une minorité visible.

Le fait de s’identifier comme étant gai ou lesbienne présentait aussi un risque plus élevé. La proportion des hommes gais ou des femmes lesbiennes (22 %) qui ont subi de la discrimination était 1,5 fois plus grande que celle observée chez leurs homologues hétérosexuels (14 %). Les femmes bisexuelles ou pansexuelles et les femmes dont l’orientation sexuelle était non classée ailleurs étaient plus susceptibles d’avoir subi de la discrimination que les femmes hétérosexuelles.

La tendance du risque chez les hommes et les femmes variait quelque peu selon certaines caractéristiques. Par exemple, les hommes transgenres ont déclaré significativement plus de discrimination au cours de l’année précédente (44 %) que les hommes cisgenres (11 %). Cette constatation n’a pas été observée chez les femmes.

Les types les plus fréquents de traitement injuste varient entre les hommes et les femmes

Les cas de traitement injuste ou de discrimination comprennent également le fait d’être ignoré par les autres, de se voir confier du travail moins stimulant ou moins intéressant, de recevoir une mauvaise évaluation de rendement ou de se voir refuser une promotion. Ces formes de comportement sont particulièrement préoccupantes, étant donné que la plupart des pays du monde, y compris le Canada, offrent une protection juridique contre la discrimination fondée sur le genre à l’égard des promotionsNote .

En général, parmi les personnes qui ont déclaré avoir été traitées injustement ou avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer s’être vu confier trop de travail (27 % par rapport à 16 %) (graphique 2 de l’encadré). Les hommes, quant à eux, étaient plus susceptibles que les femmes de déclarer s’être vu refuser une promotion ou une formation (25 % par rapport à 19 %). Tant chez les hommes que chez les femmes, le type de discrimination le plus commun était de se faire sentir mal à l’aise : 58 % des femmes et 51 % des hommes ont déclaré ce type de discrimination. Au deuxième rang en ce qui concerne les types de discrimination les plus fréquemment déclarés était le fait d’être ignoré par les autres : près de 40 % des hommes et des femmes ont affirmé avoir subi ce motif de discrimination au cours de l’année précédente.

Graphique 2 de l’encadré ZZZ

Tableau de données du graphique 2 de l’encadré 
Tableau de données du graphique 2 de l’encadré
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 de l’encadré. Les données sont présentées selon Raison du traitement injuste ou de la discrimination (titres de rangée) et Total, Femmes et Hommes (réf.), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Raison du traitement injuste ou de la discrimination Total Femmes Hommes (réf.)
pourcentage
On m’a mis mal à l’aise 55,4 57,8 50,9
J’ai été ignoré par les autres 38,8 39,1 38,2
Les gens parlaient dans mon dos 26,6 24,8 30,0
On m’a donné trop de travail 23,5 27,4Note * 16,5
Ma promotion ou ma formation a été refusée 21,2 18,8Note * 25,5
Autre 19,9 20,2 19,3
J’ai reçu une mauvaise évaluation 17,1 17,3 16,8
On m’a donné un travail moins intéressant 16,2 17,4 14,0
J’ai manqué de soutien 5,6 6,5 3,8
On m’a donné un salaire moindre 1,4 1,6 Note F: trop peu fiable pour être publié
J’ai été exclu 1,4 1,6 1,0

End of text box 2

Conclusion

Le harcèlement et la discrimination sont présents dans tous les milieux de travail canadiens et surviennent dans tous les types d’organisations, et ils affichent des taux de prévalence différents selon le genre et d’autres caractéristiques. Dans le contexte actuel, le harcèlement et la discrimination dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada ont été examinés, en particulier chez les personnes qui enseignent ou qui mènent des activités de recherche dans les collèges et les universités. Au moyen de nouvelles données d’enquête qui portaient sur cette population, la présente étude a révélé de nombreuses situations de déséquilibre entre les genres dans les cas liés au harcèlement et à la discrimination au cours de l’année ayant précédé l’enquête de 2019. Par exemple, un peu plus du tiers des femmes dans l’ensemble des types de postes (professeures, chercheuses, boursières postdoctorales et étudiantes au doctorat) ont déclaré avoir subi du harcèlement dans leur établissement d’enseignement postsecondaire au cours de l’année précédente, tandis qu’un peu plus du cinquième des hommes ont affirmé la même chose. Cette différence entre les genres est conforme à des études antérieures ayant pour objet le harcèlement dans tous les types de milieux de travail au Canada.

Les types de harcèlement les plus communs étaient semblables chez les hommes et chez les femmes, et les femmes subissaient chaque type à un taux plus élevé que les hommes. Les actes de harcèlement les plus communs étaient les comportements humiliants, suivis de la violence verbale, des menaces et de l’attention sexuelle non sollicitée ou du harcèlement sexuel. La différence entre les genres pour l’attention sexuelle non sollicitée ou le harcèlement sexuel est particulièrement grande et correspond à des données recueillies récemment sur la population étudiante des établissements d’enseignement postsecondaireNote . Parallèlement, les personnes les plus fréquemment responsables du harcèlement étaient des personnes en situation d’autorité et des collègues ou des pairs, mais dans ce cas, les expériences des hommes et des femmes sont très semblables. Autrement dit, des personnes occupant des postes semblables étaient responsables du harcèlement qu’ils ont subi. L’exception se rapporte au harcèlement sexuel; les femmes sont plus susceptibles de subir du harcèlement sexuel de la part de collègues ou de pairs, tandis que les hommes sont plus susceptibles de subir du harcèlement sexuel de la part d’étudiants à qui ils enseignent ou qu’ils supervisent.

Les tendances au chapitre de la discrimination en milieu de travail dans les établissements d’enseignement postsecondaire sont très semblables à celles observées pour le harcèlement : les femmes étaient environ deux fois plus susceptibles que les hommes d’avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente et la différence entre les genres demeure même après la prise en compte d’un large éventail de facteurs.

La grande majorité des personnes qui ont subi du harcèlement au cours des 12 mois précédant l’enquête, en quelque qualité que ce soit, ont affirmé avoir pris des mesures concernant le harcèlement. Ces mesures peuvent avoir été de l’un des quatre types suivants : confronter la personne responsable du harcèlement, signaler la personne responsable aux autorités, parler à une personne au sein de l’établissement d’enseignement concernant le harcèlement et déposer une plainte officielle. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de prendre des mesures contre le harcèlement, tandis que certains types de harcèlement ont entraîné davantage de mesures tant chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, les cas de violence physique étaient plus susceptibles d’entraîner la prise de mesures que la violence verbale ou les comportements humiliants. Une constatation importante est ressortie en ce qui concerne l’attention sexuelle non sollicitée et le harcèlement sexuel : les femmes, qui sont beaucoup plus susceptibles que les hommes d’avoir subi du harcèlement sexuel, n’étaient cependant pas plus susceptibles de prendre des mesures.

Les constatations actuelles permettent de faire la lumière sur la situation en ce qui concerne le harcèlement et la discrimination chez les personnes qui enseignent et mènent des activités de recherche dans les établissements canadiens d’enseignement supérieur. D’autres études sont nécessaires pour évaluer les répercussions du harcèlement et de la discrimination sur l’avancement professionnel. Ces études permettraient aussi de comprendre l’incidence possible des fermetures liées à la pandémie de COVID-19 et du passage au travail et à l’enseignement en ligne sur le harcèlement et la discrimination chez les membres du corps professoral, les étudiants diplômés et les boursiers postdoctoraux dans l’ensemble des universités canadiennes, ainsi que le corps professoral dans les collèges canadiens.


Darcy Hango est un chercheur principal au Centre de renseignements et d’innovation en données sociales à Statistique Canada.

Annexe


Tableau 1
Pourcentage de personnes ayant déclaré avoir subi du harcèlement au cours de l'année précédente, selon le genre de la victime, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage de personnes ayant déclaré avoir subi du harcèlement au cours de l'année précédente Total, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
pourcentage
Caractéristique
Genre
Hommes 22,0Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Femmes (réf.) 33,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Âge
20 à 34 ans (réf.) 26,6 20,9 31,7Tableau 1 Note 
35 à 44 ans 28,1 22,7 33,2Tableau 1 Note 
45 à 54 ans 28,8 21,4 35,6Tableau 1 Note 
55 à 64 ans 29,7 24,3 35,8Tableau 1 Note 
65 ans ou plus 21,5Note * 19,3 25,8
Identification autochtone autodéclarée
Non autochtone (réf.) 27,4 21,8 33,2Tableau 1 Note 
Autochtone 39,7Note * 32,6 45,1Note *
Appartenance à une minorité visible
N’appartenant pas à une minorité visible (réf.) 27,9 22,0 33,4Tableau 1 Note 
Appartenant à une minorité visible 27,1 22,0 34,0Tableau 1 Note 
Langue maternelle
Anglais (réf.) 29,3 22,3 35,9Tableau 1 Note 
Français 24,5Note * 20,6 28,1Note *Tableau 1 Note 
Ni le français ni l’anglais 26,2 22,0 31,6Tableau 1 Note 
Plusieurs langues 36,4 28,2 43,2
Identité de genre
Cisgenre (réf.) 27,6 21,9 33,5Tableau 1 Note 
Transgenre ou non binaire 41,9Note * 50,3Note * Note F: trop peu fiable pour être publié
Orientation sexuelle
Hétérosexuel (réf.) 26,6 20,8 32,5Tableau 1 Note 
Lesbienne ou gai 36,1Note * 34,3Note * 40,5
Bisexuel ou pansexuel 42,4Note * 34,3Note * 46,7Note *
Orientation sexuelle, non classée ailleurs 45,1Note * Note F: trop peu fiable pour être publié 45,0
Personnes ayant une incapacité
Non (réf.) 26,3 21,0 31,9Tableau 1 Note 
Oui 45,6Note * 37,7Note * 51,7Note *Tableau 1 Note 
Poste et renseignements sur l’établissement d’enseignement
Poste au sein de l’établissement d’enseignement
Étudiant au doctorat 25,4 20,1 30,4Tableau 1 Note 
Boursier postdoctoral 20,0Note * 16,2 25,3
Chercheur à l’université 26,3 18,9 32,5Tableau 1 Note 
Professeur à l’université (réf.) 28,2 23,1 33,9Tableau 1 Note 
Chercheur au collège 31,4 29,2 33,1
Professeur au collège 29,7 23,1 36,3Tableau 1 Note 
Domaine d’études dans lequel une personne étudie ou travaille
SACHES (non-STGM) (réf.) 28,8 23,1 33,3Tableau 1 Note 
STGM 25,3Note * 20,5 34,1Tableau 1 Note 
Renseignements sur l’établissement d’enseignement
Province de l’établissement d’enseignement (regroupée)
Atlantique 28,2 22,1 35,2Tableau 1 Note 
Québec 25,5 21,0 30,4Tableau 1 Note 
Ontario (réf.) 26,9 21,2 32,6Tableau 1 Note 
Prairies 30,0Note * 22,5 37,6Tableau 1 Note 
Colombie-Britannique 31,1 25,7 36,4Tableau 1 Note 
Territoires Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié

Tableau 2
Genre de la personne responsable du harcèlement, selon le genre de la victime et le poste au sein de l'établissement d'enseignement postsecondaire, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Genre de la personne responsable du harcèlement Étudiants au doctorat et boursiers postdoctoraux, Professeurs, Femmes et Hommes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Étudiants au doctorat et boursiers postdoctoraux Professeurs
Femmes Hommes Femmes Hommes
pourcentage
La personne responsable était un étudiant
La personne responsable était une femme 28,2Tableau 2 Note  35,0Tableau 2 Note  41,4Tableau 2 Note  47,6Tableau 2 Note 
La personne responsable était un homme 79,6 74,2 68,2 66,7
La personne responsable était une personne en situation d’autorité
La personne responsable était une femme 38,1Tableau 2 Note  27,2Tableau 2 Note  49,7 48,4
La personne responsable était un homme 65,7 75,4 60,4 62,9
La personne responsable était un collègue ou un pair
La personne responsable était une femme 27,8Tableau 2 Note  33,6Tableau 2 Note  44,3Tableau 2 Note  44,7Tableau 2 Note 
La personne responsable était un homme 76,6 71,7 65,9 65,9

Tableau 3
Prise de mesures contre le harcèlement, selon le type de mesure et le type de harcèlement, victimes de genre masculin, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Prise de mesures contre le harcèlement Hommes, A confronté la personne responsable, A signalé la personne responsable aux autorités, A parlé à une personne au sein de l’établissement et A déposé une plainte officielle, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes
A confronté la personne responsable A signalé la personne responsable aux autorités A parlé à une personne au sein de l’établissement A déposé une plainte officielle
pourcentage
Violence physique 57,8 64,5 51,4 25,7
Attention sexuelle non sollicitée ou harcèlement sexuel 40,4 27,4 39,2 18,4
Menaces personnelles 34,9 43,7Tableau 3 Note  43,3Tableau 3 Note  15,2
Violence verbale 39,3 34,4Tableau 3 Note  37,4Tableau 3 Note  9,1
Comportement humiliant 31,8 27,6 34,3Tableau 3 Note  9,3
Tous les types 32,9 28,1 32,8Tableau 3 Note  7,6

Tableau 4
Prise de mesures contre le harcèlement, selon le type de mesure et le type de harcèlement, victimes de genre féminin, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Prise de mesures contre le harcèlement Femmes, A confronté la personne responsable, A signalé la personne responsable aux autorités, A parlé à une personne au sein de l’établissement et A déposé une plainte officielle, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Femmes
A confronté la personne responsable A signalé la personne responsable aux autorités A parlé à une personne au sein de l’établissement A déposé une plainte officielle
pourcentage
Violence physique 34,4 77,3 62,5 23,8
Attention sexuelle non sollicitée ou harcèlement sexuel 37,5 29,0 44,3 8,1
Menaces personnelles 36,7 59,1Tableau 4 Note  57,2Tableau 4 Note  15,8
Violence verbale 43,4 42,2Tableau 4 Note  45,1Tableau 4 Note  9,4
Comportement humiliant 36,3 33,2 44,5Tableau 4 Note  7,4
Tous les types 36,1 33,3 40,9Tableau 4 Note  7,1

Tableau 5
Pourcentage de personnes ayant déclaré avoir été traitées injustement ou avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente, selon le genre de la victime, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage de personnes ayant déclaré avoir été traitées injustement ou avoir subi de la discrimination au cours de l’année précédente Total, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
pourcentage
Caractéristique
Genre
Hommes 10,8Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Femmes (réf.) 20,1 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Âge
20 à 34 ans (réf.) 15,5 9,9 20,6Tableau 5 Note 
35 à 44 ans 16,4 10,6 21,8Tableau 5 Note 
45 à 54 ans 15,3 10,3 19,7Tableau 5 Note 
55 à 64 ans 15,3 11,6 19,6Tableau 5 Note 
65 ans ou plus 12,7 12,2 13,7
Identification autochtone autodéclarée
Non autochtone (réf.) 15,1 10,7 19,8Tableau 5 Note 
Autochtone 27,6Note * 19,2Note * 33,6Note *
Appartenance à une minorité visible
N’appartenant pas à une minorité visible (réf.) 13,7 9,2 17,9Tableau 5 Note 
Appartenant à une minorité visible 21,2Note * 15,6Note * 28,9Note *Tableau 5 Note 
Langue maternelle
Anglais (réf.) 15,8 10,0 21,3Tableau 5 Note 
Français 9,4Note * 7,8 11,0Note *
Ni le français ni l’anglais 18,5Note * 13,8Note * 24,6Tableau 5 Note 
Plusieurs langues 22,1Note * 17,0Note * 26,3
Identité de genre
Cisgenre (réf.) 15,3 10,6 20,0Tableau 5 Note 
Transgenre ou non binaire 36,3Note * 44,2Note * Note F: trop peu fiable pour être publié
Orientation sexuelle
Hétérosexuel (réf.) 14,4 10,2 18,7Tableau 5 Note 
Lesbienne ou gai 21,6Note * 17,9Note * 30,4Note *
Bisexuel ou pansexuel 29,8Note * 14,3 37,9Note *Tableau 5 Note 
Orientation sexuelle, non classée ailleurs 32,8Note * Note F: trop peu fiable pour être publié 35,1Note *
Personnes ayant une incapacité
Non (réf.) 13,9 10,1 18,0Tableau 5 Note 
Oui 33,8Note * 22,0Note * 43,0Note *Tableau 5 Note 
Poste et renseignements sur l’établissement d’enseignement
Poste au sein de l’établissement d’enseignement
Étudiant au doctorat 16,8 11,5 21,7Tableau 5 Note 
Boursier postdoctoral 15,0 10,3 21,6Tableau 5 Note 
Chercheur à l’université 18,1 13,0 22,3
Professeur à l’université (réf.) 16,4 10,8 22,7Tableau 5 Note 
Chercheur au collège 18,8 14,1 22,7
Professeur au collège 12,1Note * 9,8 14,4Note *Tableau 5 Note 
Domaine d’études dans lequel une personne étudie ou travaille
SACHES (non-STGM) (réf.) 16,2 11,8 19,6Tableau 5 Note 
STGM 13,7Note * 9,4Note * 21,5Tableau 5 Note 
Renseignements sur l’établissement d’enseignement
Province de l’établissement d’enseignement (regroupée)
Atlantique 15,6 13,0 18,6Tableau 5 Note 
Québec 11,0Note * 8,6 13,6Note *Tableau 5 Note 
Ontario (réf.) 16,2 11,0 21,5Tableau 5 Note 
Prairies 18,7 12,6 24,9Tableau 5 Note 
Colombie-Britannique 17,1 11,3 22,8Tableau 5 Note 
Territoires Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié

Tableau 6
Caractéristiques de l’échantillon, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques de l’échantillon. Les données sont présentées selon Caractéristiques sociodémographiques (titres de rangée) et pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Caractéristique pourcentage
Genre
Hommes 50,6
Femmes 49,4
Âge
20 à 34 ans 21,4
35 à 44 ans 24,6
45 à 54 ans 23,1
55 à 64 ans 21,6
65 ans ou plus 9,4
Identification autochtone autodéclarée
Non autochtone 98,1
Autochtone 1,9
Appartenance à une minorité visible
Non 77,6
Oui 22,4
Langue maternelle
Anglais 51,9
Français 19,8
Ni le français ni l’anglais 25,9
Plusieurs langues 2,4
Identité de genre
Cisgenre 99,5
Transgenre ou non binaire 0,5
Orientation sexuelle
Hétérosexuel 91,8
Lesbienne ou gai 4,0
Bisexuel ou pansexuel 3,5
Orientation sexuelle, non classée ailleurs 0,7
Personnes ayant une incapacité
Non 92,6
Oui 7,4
Poste au sein de l’établissement d’enseignement
Étudiant au doctorat 17,4
Boursier postdoctoral 3,7
Chercheur à l’université 8,2
Professeur à l’université 39,5
Chercheur au collège 0,9
Professeur au collège 27,4
Poste à la fois au collège et à l’université 2,9
Niveau de scolarité le plus élevé atteint
Doctorat acquis 35,2
Diplôme de maîtrise 39,4
Diplôme en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie 3,7
Diplôme de baccalauréat 16,3
Certificat ou diplôme d’un collège, d’un autre établissement non universitaire ou d’une école de métiers 5,3
Domaine d’études dans lequel une personne étudie ou travaille
SACHES (non-STGM) 67,7
STGM 32,3
Province de l’établissement d’enseignement (regroupée)
Atlantique 6,7
Québec 25,2
Ontario 38,8
Prairies 16,3
Colombie-Britannique 12,9
Territoires 0,2

Tableau 7
Probabilité que le répondant ait subi du harcèlement au cours de l’année précédente, régressions logistiques, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilité que le répondant ait subi du harcèlement au cours de l’année précédente Total, Hommes et Femmes, calculées selon effets marginaux unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
effets marginaux
Caractéristique
Genre
Hommes -0,110Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Femmes (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Âge
20 à 34 ans (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
35 à 44 ans -0,001 -0,004 0,001
45 à 54 ans -0,008 -0,029 0,010
55 à 64 ans 0,005 -0,004 0,014
65 ans ou plus -0,062Note * -0,051 -0,079Note *
Identification autochtone autodéclarée
Non autochtone (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Autochtone 0,084Note * 0,068 0,096Note *
Appartenance à une minorité visible
N’appartenant pas à une minorité visible (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Appartenant à une minorité visible 0,024 0,016 0,032
Langue maternelle
Anglais (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Français -0,043Note * -0,013 -0,070Note *
Ni le français ni l’anglais -0,013 0,016 -0,042
Plusieurs langues 0,065 0,054 0,081
Identité de genre
Cisgenre (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Transgenre ou non binaire 0,045 0,158 -0,141
Orientation sexuelle
Hétérosexuel (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Lesbienne ou gai 0,115Note * 0,125Note * 0,071
Bisexuel ou pansexuel 0,121Note * 0,115 0,125Note *
Orientation sexuelle, non classée ailleurs 0,101 0,129 0,076
Personnes ayant une incapacité
Non (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Oui 0,165Note * 0,150Note * 0,186Note *
Poste et renseignements sur l’établissement d’enseignement
Poste au sein de l’établissement d’enseignement
Étudiant au doctorat -0,057Note * -0,060Note * -0,055Note *
Boursier postdoctoral -0,097Note * -0,091Note * -0,109Note *
Chercheur à l’université -0,050Note * -0,062Note * -0,044
Professeur à l’université (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Chercheur au collège 0,015 0,056 -0,013
Professeur au collège 0,014 -0,002 0,030
Domaine d’études dans lequel une personne étudie ou travaille
SACHES (non-STGM) (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
STGM 0,010 -0,009 0,037Note *
Renseignements sur l’établissement d’enseignement
Province de l’établissement d’enseignement (regroupée)
Atlantique 0,020 0,007 0,032
Québec 0,027 0,016 0,036
Ontario (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Prairies 0,038Note * 0,017 0,061Note *
Colombie-Britannique 0,044Note * 0,049Note * 0,041
Territoires -0,007 0,057 -0,061

Tableau 8
Probabilité que le répondant ait subi de la discrimination au cours de l’année précédente, régressions logistiques, 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilité que le répondant ait subi de la discrimination au cours de l’année précédente Total, Hommes et Femmes, calculées selon effets marginaux unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Total Hommes Femmes
effets marginaux
Caractéristique
Genre
Hommes -0,092Note * Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Femmes (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Âge
20 à 34 ans (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
35 à 44 ans 0,020 0,013 0,027
45 à 54 ans 0,010 0,013 0,006
55 à 64 ans 0,021 0,034 0,009
65 ans ou plus 0,011 0,053Note * -0,051
Identification autochtone autodéclarée
Non autochtone (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Autochtone 0,110Note * 0,091Note * 0,131Note *
Appartenance à une minorité visible
N’appartenant pas à une minorité visible (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Appartenant à une minorité visible 0,089Note * 0,072Note * 0,109Note *
Langue maternelle
Anglais (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Français -0,038Note * -0,005 -0,071Note *
Ni le français ni l’anglais 0,007 0,022 -0,010
Plusieurs langues 0,027 0,042 0,012
Identité de genre
Cisgenre (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Transgenre ou non binaire 0,106 0,270Note * -0,087
Orientation sexuelle
Hétérosexuel (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Lesbienne ou gai 0,084Note * 0,076Note * 0,089
Bisexuel ou pansexuel 0,099Note * 0,010 0,144Note *
Orientation sexuelle, non classée ailleurs 0,074 0,052 0,071
Personnes ayant une incapacité
Non (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Oui 0,164Note * 0,106Note * 0,215Note *
Poste et renseignements sur l’établissement d’enseignement
Poste au sein de l’établissement d’enseignement
Étudiant au doctorat -0,020 0,005 -0,045Note *
Boursier postdoctoral -0,025 0,001 -0,052
Chercheur à l’université -0,012 0,022 -0,044
Professeur à l’université (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Chercheur au collège 0,009 0,048 -0,018
Professeur au collège -0,040Note * -0,006 -0,077Note *
Domaine d’études dans lequel une personne étudie ou travaille
SACHES (non-STGM) (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
STGM -0,014 -0,032Note * 0,010
Renseignements sur l’établissement d’enseignement
Province de l’établissement d’enseignement (regroupée)
Atlantique 0,007 0,032Note * -0,020
Québec -0,008 -0,007 -0,006
Ontario (réf.) Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
Prairies 0,029Note * 0,022 0,036Note *
Colombie-Britannique 0,010 0,007 0,014
Territoires -0,033 0,052 -0,111Note *

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Sources de données, méthodes et définitions

L’Enquête sur le corps professoral et les chercheurs du niveau postsecondaire (ECPCNP) menée en 2019 a été parrainée par Innovation, Sciences et Développement économique Canada. L’ECPCNP vise à combler les lacunes en matière de données sur l’équité, la diversité et l’inclusion chez les personnes qui enseignent ou qui mènent des activités de recherche dans le secteur postsecondaire au Canada. Ces personnes comprennent les membres du corps professoral des universités à temps plein et à temps partiel, les formateurs au niveau collégial, les boursiers postdoctoraux et les étudiants au doctorat. L’enquête fournit des estimations de la façon dont diverses caractéristiques de diversité, notamment le genre, l’appartenance à une minorité visible, l’identité autochtone, l’incapacité autodéclarée, l’orientation sexuelle, l’usage des langues officielles et d’autres facteurs peuvent influencer les expériences professionnelles et avoir une incidence sur l’avancement professionnel des répondants à l’enquête appartenant au milieu universitaire au Canada. En l’absence d’une base de sondage complète qui dresserait la liste de l’ensemble des membres du corps professoral, des chercheurs et des établissements postsecondaires, de nombreux fichiers ont été combinés, y compris des fichiers tirés des données fiscales, du recensement, du Système d’information sur les étudiants postsecondaires, et des données sur l’immigration et sur le financement de la recherche, pour créer une base de sondage.

La population observée a été sélectionnée à partir de cette base de sondage. Les poids d’enquête ont été corrigés pour tenir compte des non-répondants. Cependant, ils n’ont pas été calibrés davantage en raison de la non-disponibilité de totaux de contrôle externes qui correspondaient à la couverture de la population observée. Par conséquent, les résultats de l’enquête sont seulement représentatifs de la population observée et pas nécessairement de la population ciblée. En raison de la méthodologie utilisée, les résultats de l’enquête ne peuvent être diffusés pour les établissements postsecondaires individuels.

On a communiqué avec les membres du corps professoral des universités à temps plein et à temps partiel (y compris le personnel enseignant et les chercheurs), les enseignants au niveau collégial, les boursiers postdoctoraux et les étudiants au doctorat par courriel ou par la poste, qui ont été invités à participer à l’enquête en ligne en répondant au questionnaire électronique entre le 7 octobre et le 10 décembre 2019. La taille de l’échantillon est d’environ 27 000 personnes. L’échantillon était réparti uniformément en ce qui concerne le genre (49 % de femmes et 51 % d’hommes), tandis que le pourcentage le plus élevé quant au poste occupé dans un établissement d’enseignement était de 40 % de professeurs à l’université (voir le tableau 6 en annexe). Environ 27 % des répondants étaient des professeurs au niveau collégial, tandis qu’environ 4 % étaient des boursiers postdoctoraux et 18 % étaient des étudiants au doctorat. Les chercheurs dans les collèges et les universités représentaient une minorité de l’échantillon.

Dans l’ECPCNP, des renseignements sur le sexe à la naissance et le genre sont recueillis. Pour des raisons de confidentialité, et compte tenu de la petite taille de la population concernée, il n’est pas possible de publier des données sur la population de diverses identités de genre pour cette enquête. Par conséquent, il a été nécessaire de dériver une variable à deux catégories pour le genre.

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Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques


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