Regards sur la société canadienne
Vivre seul au Canada

par Jackie Tang, Nora Galbraith et Johnny Truong

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Début de l’encadré

La publication Regards sur la société canadienne, qui paraît aujourd’hui, présente une étude fondée sur les données du Recensement de 2016, dans laquelle on examine les caractéristiques des personnes vivant seules au Canada. Dans le cadre de cette étude, on utilise aussi les données de l’Enquête sociale générale de 2017 sur la famille, afin d’analyser les relations familiales et le bien-être de cette population particulière.

Fin de l’encadré

Aperçu de l’étude

La présente étude repose sur les données du Recensement de la population et de l’Enquête sociale générale de 2017 sur la famille et vise à examiner les caractéristiques de la population vivant seule au Canada. En plus d’étudier les caractéristiques démographiques et socioéconomiques des personnes qui vivent seules, on examine leurs caractéristiques sur le plan du logement, leurs antécédents conjugaux, leurs relations familiales et certains indicateurs de leur bien-être.

  • Le nombre de personnes vivant seules au Canada a plus que doublé au cours des 35 dernières années, passant de 1,7 million en 1981 à 4,0 millions en 2016. Les personnes vivant seules représentaient 14 % de la population de 15 ans et plus vivant dans des ménages privés en 2016, comparativement à 9 % en 1981.
  • Ces dernières décennies, le nombre de personnes vivant seules a augmenté le plus rapidement chez les adultes de 35 à 64 ans. Compte tenu de cette tendance, les personnes vivant seules en 2016 étaient plus susceptibles d’être de sexe masculin et d’être séparées ou divorcées que par le passé.
  • Les caractéristiques socioéconomiques des personnes qui vivent seules ainsi que leurs caractéristiques sur le plan du logement diffèrent de celles des personnes qui vivent avec d’autres. Par exemple, les personnes vivant seules étaient plus de deux fois plus susceptibles que les personnes vivant avec d’autres de vivre dans un appartement en copropriété en 2016.
  • Même si elles vivent seules dans leur lieu de résidence habituel, les personnes vivant seules peuvent néanmoins entretenir des liens étroits avec des êtres chers : en 2017, la majorité de ces personnes avaient au moins un enfant, et le tiers de celles de 20 à 34 ans entretenaient une relation de couple vivant chacun chez soi.
  • La plupart des jeunes adultes qui vivaient seuls en 2017 avaient l’intention de former une union ou d’avoir un enfant, ce qui laisse supposer qu’ils considèrent ce mode de vie comme étant temporaire.

Introduction

Les données du Recensement de 2016 ont révélé que, pour la première fois dans l’histoire canadienne, les ménages comptant une seule personne étaient le type de ménages le plus répandu, dépassant les ménages formés d’un couple ayant des enfantsNote . Des tendances similaires ont été observées dans d’autres pays ces dernières annéesNote . La popularité grandissante du fait de vivre seul comme mode de vie a transformé de nombreux aspects de la société canadienne, plus particulièrement le marché du logement — où l’on observe une demande croissante de logements individuels plus petits — et le marché du commerce de détail, dans lequel le nombre de biens et de services à la consommation destinés aux personnes vivant seules a augmenté.

Parallèlement à l’augmentation du nombre de personnes vivant seules, des questions ont été soulevées concernant l’incidence possible de ce mode de vie sur la prévalence de l’isolement social et de la solitude au sein de la société, plus particulièrement chez les personnes âgées. Certaines données indiquent que les personnes qui vivent seules sont généralement plus susceptibles de déclarer être isolées socialement ou éprouver de la solitude que celles qui vivent avec d’autres personnesNote . La génération du baby-boom atteint actuellement le troisième âge. Il est possible que la prochaine génération de personnes âgées soit plus à risque d’éprouver de l’isolement social, étant donné que les baby-boomers ont eu moins d’enfants en moyenne que les générations précédentes. Les baby-boomers ont aussi affiché des taux plus élevés de dissolution de leurs unions, ce qui peut avoir une incidence sur la fréquence de leur contact avec leurs enfantsNote .

Comme la prévalence des personnes vivant seules a augmenté au fil du temps, on s’attend à ce que ces personnes présentent des caractéristiques plus diversifiées. Les personnes qui vivent seules peuvent présenter des caractéristiques socioéconomiques et familiales très différentes, de même que diverses caractéristiques en matière de logement, selon l’étape où elles en sont dans leur vie et selon que ce mode de vie ait été le résultat d’un choix ou de circonstancesNote . Étant donné que le ménage représente l’une des principales unités décisionnelles au sein de la sociétéNote , les tendances relatives aux caractéristiques des personnes qui vivent seules pourraient jouer un rôle de plus en plus important dans l’évolution de la société, de la culture et de l’économie du Canada au cours des années à venir.

En s’appuyant sur des analyses antérieures des personnes vivant seules au CanadaNote , la présente étude porte sur deux grandes questions : « Quelles sont les caractéristiques des personnes qui vivent seules au Canada? » et « De quelle façon cette population a-t-elle évolué au fil du temps? » On utilise les données du Recensement de la population du Canada et de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2017 sur la famille pour étudier les personnes vivant seules au sein de ménages privés. À partir des données du recensement, l’étude traite d’abord des changements dans la taille et la composition démographique de la population vivant seule au fil du temps. Dans la section suivante, on compare la situation socioéconomique et la situation en matière de logement des personnes qui vivent seules avec celles des personnes qui vivent avec d’autres. Enfin, dans le but de mieux comprendre les diverses expériences des personnes vivant seules, on utilise les données de l’ESG de 2017 afin d’examiner les caractéristiques en matière de fécondité des personnes qui ont ce mode de vie, ainsi que leurs caractéristiques conjugales, certains indicateurs de leur bien-être et leurs intentions en ce qui a trait à l’avenir. Pour obtenir plus de renseignements sur la conception de l’étude, voir l’encadré Sources des données, méthodes et définitions.

La prévalence des personnes vivant seules a augmenté rapidement au cours du XXe siècle

Depuis le début du XXe siècle, la taille moyenne des ménages au Canada a diminué pour passer de 5,0 personnes en 1901Note à 2,4 personnes en 2016. Parallèlement à la réduction de la taille des ménages, la proportion des ménages composés d’une seule personne a augmenté rapidement, passant de 7 % en 1951 à 28 % en 2016, le niveau le plus élevé jamais enregistré. Comment cela s’est-il produit?

Au cours des premières décennies suivant la Confédération, les ménages canadiens avaient tendance à être relativement nombreux et diversifiés en ce qui a trait à leur composition, comprenant souvent plusieurs générations d’une même famille, des parents lointains, des enfants en famille d’accueil, des domestiques, des journaliers et des chambreursNote . Graduellement, une nucléarisation des ménages s’est produite, ce qui a fait en sorte que les familles de recensement sont devenues plus susceptibles de vivre par elles-mêmesNote . Parallèlement, les personnes hors famille de recensement ont de plus en plus choisi de vivre seulesNote .

Après la Deuxième Guerre mondiale, la période allant du début des années 1950 à la fin des années 1970 a été celle où l’on a enregistré la hausse la plus rapide du nombre de personnes vivant seules. Une part de cette augmentation s’explique simplement par les changements dans la structure de la population canadienne : l’importante génération du baby-boom a commencé à entrer dans l’âge adulte, au moment où le fait de vivre seul est devenu un mode de vie possible pour la première fois. En outre, les importants progrès réalisés au chapitre de l’espérance de vie des femmes par rapport à celle des hommes au cours de cette période ont entraîné une hausse du nombre de femmes âgées vivant seules à la suite du décès de leur conjoint. Toutefois, la majeure partie de l’augmentation de la popularité du fait de vivre seul comme mode de vie au cours de cette période peut s’expliquer par l’évolution des attitudes et des préférencesNote . Des changements sociaux, comme le divorce sans égard à la fauteNote , l’émergence d’une nouvelle période transitoire entre le départ du foyer des parents et le fondement d’une famille, l’urbanisation et la croissance rapide connexe du nombre de tours d’habitationNote , les progrès technologiques au foyerNote , de même que l’expansion des programmes de bien-être social et de logements publics, ont permis à un plus grand nombre de personnes de vivre seules si elles le souhaitaientNote .

Au milieu des années 1980, la nouvelle capacité de vivre seul et la préférence croissante pour ce mode de vie étaient bien ancrées dans la société canadienne. De nombreux chercheurs qui se sont intéressés au phénomène à ce moment-là se sont demandé si la tendance croissante vers des ménages comptant une seule personne prendrait fin une fois que les plus jeunes membres de la génération du baby-boom entreraient dans l’âge adulteNote . Toutefois, comme permettront de le montrer les sections ci-après, on a observé une croissance continue de la prévalence des personnes vivant seules au cours des décennies qui ont suivi.

Un nombre relativement plus élevé d’hommes et de personnes séparées ou divorcées vivent seuls aujourd’hui

Le nombre de personnes vivant seules au Canada a plus que doublé au cours des 35 dernières années, passant de 1,7 million en 1981 à 4,0 millions en 2016. Au cours de la même période, la proportion de la population de 15 ans et plus qui vivait seule au sein de ménages privés a augmenté pour passer de 9 % à 14 %. Cette croissance s’est produite dans toutes les régions du pays, mais plus particulièrement au Québec (voir l’encadré Le Québec : la province comptant le plus de personnes vivant seules au Canada).

La composition selon l’âge et le sexe de la population vivant seule a aussi changé considérablement au cours des dernières décennies (graphique 1). En 1981, plus de trois fois plus de femmes âgées (65 ans et plus) que d’hommes âgés vivaient seules, et le nombre de femmes de 35 à 64 ans vivant seules était plus élevé que le nombre d’hommes de ce groupe d’âge qui vivaient seuls. Au cours des décennies qui ont suivi, le nombre d’hommes vivant seuls a augmenté plus rapidement que le nombre de femmes vivant seules, particulièrement chez les 35 ans et plus. En 2016, le nombre d’hommes de 35 à 64 ans vivant seuls était plus élevé que le nombre de femmes du même groupe d’âge vivant seules, et l’écart entre les sexes parmi les personnes âgées vivant seules s’est rétréci pour s’établir à un ratio de 2,2 femmes âgées vivant seules pour chaque homme âgé vivant seul.

Graphique 1 Number of persons living alone by age and sex, 1981 and 2016

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Âge (titres de rangée) et Hommes, Femmes, 1981 et 2016, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Âge Hommes Femmes
1981 2016 1981 2016
nombre
15 ans 70 165 65 175
16 ans 240 290 270 255
17 ans 895 575 1 130 565
18 ans 3 125 2 295 4 365 2 455
19 ans 6 690 4 970 8 585 5 350
20 ans 11 170 8 200 12 455 8 110
21 ans 15 115 11 475 15 585 10 490
22 ans 18 460 14 750 18 165 12 860
23 ans 21 380 19 080 19 845 16 120
24 ans 23 125 23 125 20 345 19 335
25 ans 23 460 27 570 19 630 21 790
26 ans 23 640 30 260 19 405 23 335
27 ans 22 860 31 540 17 870 23 595
28 ans 21 705 32 280 16 465 23 645
29 ans 20 655 32 820 15 285 23 335
30 ans 19 540 33 925 14 060 23 500
31 ans 18 045 33 485 12 525 22 935
32 ans 17 075 32 440 11 750 22 080
33 ans 15 910 31 005 11 040 21 050
34 ans 15 540 30 400 10 420 20 275
35 ans 12 895 30 130 8 355 19 555
36 ans 11 610 28 885 7 480 18 560
37 ans 11 025 27 270 7 110 17 315
38 ans 10 300 26 250 6 735 16 735
39 ans 9 510 25 990 6 115 16 470
40 ans 9 045 25 945 5 685 16 245
41 ans 8 365 25 455 5 655 16 250
42 ans 7 970 24 970 5 490 16 145
43 ans 7 750 25 245 5 325 16 500
44 ans 7 405 26 575 5 320 17 275
45 ans 7 570 28 670 5 710 19 140
46 ans 7 815 28 810 5 935 19 780
47 ans 7 555 29 270 6 140 20 130
48 ans 8 095 29 750 6 745 21 340
49 ans 8 400 31 390 7 435 23 075
50 ans 8 795 34 705 8 040 25 985
51 ans 8 825 38 485 8 570 29 365
52 ans 8 695 40 260 9 020 31 920
53 ans 8 745 40 715 9 810 33 960
54 ans 8 980 40 950 10 675 35 645
55 ans 8 865 41 520 11 630 37 890
56 ans 8 870 41 240 12 725 39 570
57 ans 9 045 40 590 13 870 40 605
58 ans 8 755 40 310 14 920 42 160
59 ans 8 920 39 600 16 650 43 585
60 ans 8 685 38 570 17 485 44 130
61 ans 8 475 37 850 18 325 46 145
62 ans 7 675 35 965 17 730 46 455
63 ans 7 555 34 570 18 620 46 255
64 ans 7 675 32 920 20 280 45 925
65 ans 7 980 32 435 21 765 46 535
66 ans 8 520 30 975 24 105 46 780
67 ans 8 285 29 965 24 285 47 915
68 ans 8 105 29 380 24 580 49 375
69 ans 7 815 28 745 24 560 50 500
70 ans 7 530 23 795 24 900 43 375
71 ans 7 565 22 365 24 460 42 385
72 ans 7 115 21 325 24 595 42 450
73 ans 6 860 19 845 23 940 41 795
74 ans 6 375 18 375 23 070 39 545
75 ans 6 130 17 225 22 320 39 055
76 ans 5 940 15 600 21 355 37 130
77 ans 5 625 14 975 20 410 36 700
78 ans 5 210 14 145 18 730 36 085
79 ans 4 770 13 340 16 855 34 345
80 ans 4 315 12 840 15 725 34 670
81 ans 3 810 11 855 13 860 33 210
82 ans 3 250 11 505 12 215 31 455
83 ans 2 830 11 215 10 660 30 955
84 ans 2 510 10 325 9 180 29 680
85 ans 2 115 9 725 7 640 27 805
86 ans 1 830 8 490 6 375 25 230
87 ans 1 470 7 345 5 000 22 045
88 ans 1 290 6 410 3 870 19 935
89 ans 995 5 460 2 950 16 790
90 ans 760 4 475 2 260 14 400
91 ans 625 3 630 1 635 12 025
92 ans 460 2 820 1 130 9 655
93 ans 330 2 200 770 7 410
94 ans 235 1 580 475 5 605
95 ans 140 1 130 335 3 800
96 ans 100 720 215 2 735
97 ans 65 410 140 1 620
98 ans 35 290 85 1 060
99 ans 15 175 70 695
100 ans et plus 45 100 120 970

Même si le nombre de personnes vivant seules a augmenté dans tous les groupes d’âge au fil du temps, la hausse la plus rapide s’est produite chez les adultes de 35 à 64 ans (graphique 2). Dans ce groupe d'âge, la proportion de personnes vivant seules s’est accrue pour passer de 8 % en 1981 à 13 % en 2016. Cette hausse rend compte du fait que le nombre de personnes de ce groupe d’âge vivant seules a augmenté plus rapidement que le nombre de personnes vivant avec d’autres au cours de cette période (graphique 3).

Graphique 2 Proportion of the population that is living alone, by age group, 1981 and 2016

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Groupe d'âge (titres de rangée) et 1981 et 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge 1981 2016
pourcentage
15 ans et plus 9,2 13,9
20 à 34 ans 8,1 10,1
35 à 64 ans 7,6 12,9
65 ans et plus 26,4 25,7

Graphique 3 Growth in the number of persons living alone and the number of persons living with others, by age group, 1981 and 2016

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Groupe d'âge (titres de rangée) et Personnes vivant seules et Personnes vivant avec d'autres, calculées selon croissance en pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge Personnes vivant seules Personnes vivant avec d'autres
croissance en pourcentage
15 ans et plus 136,1 48,0
20 à 34 ans 31,1 3,3
35 à 64 ans 227,3 80,2
65 ans et plus 149,4 158,2

Par contre, la proportion de personnes âgées qui vivaient seules a diminué légèrement au cours de la même période, étant donné que le nombre de personnes âgées qui vivaient avec d’autres a augmenté plus rapidement. Malgré cette popularité croissante du fait de vivre seul comme mode de vie à des âges plus jeunes au fil du temps, ce mode de vie demeure le plus répandu parmi les personnes âgées : plus du quart d’entre elles (26 %) vivaient seules en 2016.

Les tendances au chapitre de l’âge ont évolué différemment chez les hommes et les femmes

De 1981 à 2016, la proportion de personnes de 25 à 64 ans qui vivaient seules a augmenté, tant chez les hommes que chez les femmes, mais la croissance a été plus rapide chez les hommes (graphique 4). La proportion de femmes de 65 ans et plus qui vivaient seules a diminué au cours de la période dans tous les groupes, sauf les plus âgés, tandis que la proportion d’hommes âgés vivant seuls a augmenté de façon générale.

Graphique 4 Proportion of the population that is living alone by age and sex, 1981 and 2016

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Âge (titres de rangée) et 1981, 2016, Hommes , Femmes et Hommes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Âge 1981 2016
Hommes Femmes Hommes Femmes
pourcentage
15 ans 0,0 0,0 0,1 0,0
16 ans 0,1 0,1 0,1 0,1
17 ans 0,4 0,5 0,3 0,3
18 ans 1,3 1,9 1,1 1,2
19 ans 2,9 3,8 2,3 2,6
20 ans 4,8 5,3 3,7 3,8
21 ans 6,5 6,7 5,1 4,9
22 ans 8,2 7,9 6,6 6,0
23 ans 9,5 8,7 8,4 7,3
24 ans 10,4 8,9 10,1 8,6
25 ans 10,8 8,9 11,8 9,5
26 ans 10,8 8,6 13,0 10,1
27 ans 10,7 8,2 14,0 10,5
28 ans 10,5 7,8 14,7 10,6
29 ans 10,2 7,4 14,8 10,3
30 ans 9,7 6,9 14,9 10,1
31 ans 9,1 6,3 14,7 9,8
32 ans 8,6 5,9 14,2 9,4
33 ans 7,9 5,5 13,7 8,9
34 ans 7,7 5,1 13,5 8,6
35 ans 7,4 4,8 13,3 8,2
36 ans 7,0 4,6 12,8 7,9
37 ans 6,8 4,4 12,4 7,5
38 ans 6,5 4,3 12,1 7,3
39 ans 6,4 4,2 11,9 7,2
40 ans 6,3 4,0 11,8 7,1
41 ans 6,2 4,2 11,6 7,1
42 ans 6,0 4,2 11,6 7,1
43 ans 6,1 4,2 11,6 7,3
44 ans 6,0 4,3 12,0 7,5
45 ans 6,0 4,6 12,4 7,9
46 ans 6,3 4,9 12,5 8,2
47 ans 6,2 5,2 12,9 8,5
48 ans 6,4 5,4 13,2 9,0
49 ans 6,6 6,0 13,7 9,6
50 ans 6,9 6,4 14,2 10,3
51 ans 7,0 6,8 14,8 10,8
52 ans 7,2 7,5 15,0 11,5
53 ans 7,3 8,0 15,2 12,2
54 ans 7,7 8,9 15,7 13,1
55 ans 7,6 9,5 15,7 13,8
56 ans 7,8 10,5 15,9 14,7
57 ans 8,1 11,5 16,1 15,4
58 ans 8,1 12,7 16,1 16,2
59 ans 8,3 14,0 16,3 17,1
60 ans 8,4 15,3 16,4 17,8
61 ans 8,6 16,7 16,3 18,9
62 ans 9,0 18,4 16,4 19,8
63 ans 9,2 20,1 16,5 20,7
64 ans 9,4 21,8 16,3 21,4
65 ans 9,9 23,5 16,5 22,2
66 ans 10,5 25,7 16,2 23,0
67 ans 10,7 27,2 16,2 24,1
68 ans 11,2 29,1 16,0 24,9
69 ans 11,8 31,3 15,9 25,9
70 ans 12,1 33,0 16,0 26,9
71 ans 12,8 34,6 16,0 28,0
72 ans 13,4 37,0 15,9 29,0
73 ans 13,9 38,3 15,8 30,3
74 ans 14,3 40,0 16,2 31,4
75 ans 15,1 41,3 16,4 32,6
76 ans 16,1 43,0 16,2 33,8
77 ans 16,8 44,6 16,6 35,5
78 ans 17,5 45,8 17,1 37,4
79 ans 18,5 46,9 17,6 38,6
80 ans 19,4 47,1 17,9 40,7
81 ans 19,9 47,8 18,5 42,6
82 ans 20,7 48,6 19,8 44,1
83 ans 21,4 48,5 20,7 45,9
84 ans 22,5 48,0 21,4 48,1
85 ans et plus 23,4 43,3 26,8 53,9

Ces développements rendent compte de deux tendances sociales importantes qui se sont produites au cours des 35 dernières années. L’augmentation relativement importante de la prévalence du fait de vivre seul comme mode de vie chez les hommes ces dernières décennies est en partie liée au taux croissant de dissolution des unions qui a été enregistré au cours de cette période. Bien que le partage des responsabilités parentales suite à une séparation ou un divorce soit à la hausse, les enfants demeurent plus susceptibles d’avoir le domicile de leur mère en tant que principal lieu de résidence.Note Suite à une séparation ou un divorce, les pères sont donc plus susceptibles de vivre seuls au moins pendant une certaine période. La diminution de la proportion de femmes âgées vivant seules découle en grande partie de la hausse de l’espérance de vie des hommes ces dernières décennies, ce qui s’est traduit par un nombre relativement plus faible de femmes âgées vivent seules parce qu’elles sont veuvesNote . En ce qui concerne les hommes, toutefois, l’amélioration de l’espérance de vie a aussi fait augmenter la prévalence du fait de vivre seul comme mode de vie à des âges plus avancés. Par conséquent, l’écart dans la prévalence du fait de vivre seul comme mode de vie entre les sexes s’est rétréci pour les personnes âgées ces dernières années : en 2016, les hommes représentaient 32 % des personnes âgées vivant seules, comparativement à 23 % en 1981.

Les tendances quant à l’amélioration de l’espérance de vie des hommes et à l’augmentation des taux de dissolution des unions ont eu pour effet de modifier le profil de l’état matrimonial des personnes vivant seules. De 1981 à 2016, la proportion de personnes vivant seules qui étaient veuves a diminué pour passer de 33 % à 22 %, tandis que la proportion de celles qui étaient séparées ou divorcées a augmenté pour passer de 21 % à 31 %. La hausse du nombre de personnes séparées ou divorcées vivant seules a été la plus importante parmi les personnes âgées : de 1981 à 2016, la proportion de personnes âgées vivant seules qui étaient séparées ou divorcées a plus que triplé, passant de 9 % à 32 % (graphique 5).

Graphique 5 Distribution of the population living alone by legal marital status and age group, 1981 and 2016

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon État matrimonial légal (titres de rangée) et Groupe d'âge et année, 15 ans
et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans, 65 ans
et plus, 1981 et 2016, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
État matrimonial légal Groupe d'âge et année
15 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
1981 2016 1981 2016 1981 2016 1981 2016
pourcentage
Marié(e)Tableau de Note 1 2,0 2,1 1,2 1,7 2,6 2,2 2,1 2,1
Jamais marié(e) 44,4 45,8 81,9 93,5 37,0 52,3 14,8 13,4
Séparé(e) ou divorcé(e) 20,6 30,5 16,6 4,4 37,1 39,2 8,7 32,3
Veuf(ve) 33,0 21,6 0,4 0,4 23,3 6,4 74,4 52,2

Compte tenu des différences au chapitre de l’espérance de vie entre les sexes et du fait que les femmes ont tendance à épouser des hommes plus âgés qu’elles, l’état matrimonial prédominant des personnes âgées vivant seules diffère selon le sexe. Parmi tous les groupes d’âge, en 2016, les hommes vivant seuls étaient plus susceptibles que les femmes vivant seules de ne jamais avoir été mariés. Le veuvage était l’état matrimonial le plus répandu chez les femmes âgées qui vivaient seules en 2016 (60 %), tandis que le fait d’être séparé ou divorcé était plus répandu chez les hommes âgés qui vivaient seuls (41 %)Note .

Les jeunes adultes vivant seuls présentent des taux de scolarité et d’activité sur le marché du travail relativement élevés

Les profils socioéconomiques des personnes vivant seules et des personnes vivant avec d’autresNote diffèrent selon qu’ils sont mesurés en fonction du niveau de scolarité, de l’activité sur le marché du travail ou de l’abordabilité du logement. Au sein de la population qui vit seule, on observe également des différences nettes quant à la situation socioéconomique des adultes plus jeunes par rapport aux adultes plus âgés, ce qui rend compte de la diversité des réalités et des expériences quotidiennes des personnes qui vivent selon ce mode de vie.

Tout comme la population en général, la population vivant seule est devenue plus scolarisée au fil du temps. Toutefois, les personnes vivant seules affichent des tendances différentes quant au niveau de scolarité atteint par rapport à celles enregistrées par les personnes qui vivent avec d’autres. Les jeunes adultes qui vivaient seuls en 2016 étaient plus susceptibles d’avoir un diplôme collégial ou universitaire que leurs homologues du même groupe d’âge qui vivaient avec d’autres. Cela était particulièrement le cas des jeunes femmes de 25 à 34 ansNote , parmi lesquelles 77 % de celles qui vivaient seules avaient un certificat ou un diplôme collégial ou universitaire, comparativement à 67 % de celles qui vivaient avec d’autres. En revanche, la situation inverse est observée à des âges plus avancés, les personnes vivant seules étant moins susceptibles d’avoir un certificat ou un diplôme collégial ou universitaire que celles vivant avec d’autres, et ce, peu importe le sexeNote . Des tendances similaires sont ressorties au chapitre de l’activité sur le marché du travail : les jeunes adultes vivant seuls affichaient des taux plus élevés d’activité sur le marché du travailNote en 2016 que leurs homologues du même groupe d’âge qui vivaient avec d’autres, alors que la situation inverse a été observée chez les adultes plus âgés (graphique 6).

Graphique 6 Labour force participation rate, persons living alone and persons living with others, by age group, 2016

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6. Les données sont présentées selon Mode de vie (titres de rangée) et Groupe d'âge, 15 ans
et plus, 20 à
34 ans, 35 à
64 ans et 65 ans
et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mode de vie Groupe d'âge
15 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
pourcentage
Personnes vivant seules 54,1 88,7 73,9 11,5
Personnes vivant avec d'autres 67,0 82,1 79,7 16,2

Les jeunes adultes qui poursuivent des études supérieures sont généralement plus susceptibles d’avoir leur premier enfant à un âge plus avancéNote , ce qui augmente peut-être la probabilité qu’ils vivent seuls comparativement à ceux qui ont atteint un niveau de scolarité inférieur. En revanche, les personnes plus âgées vivant seules sont peut-être plus susceptibles que les adultes plus jeunes d’adopter ce mode de vie par suite du décès d’un conjoint ou de circonstances imprévues, comme la dissolution d’une union.

Les coûts de logement mensuels de près de la moitié des jeunes adultes vivant seuls étaient considérés comme étant inabordables

Les personnes qui vivent seules doivent s’acquitter de dépenses comme celles liées au logement, aux services publics, à l’alimentation et aux loisirs à l’aide d’un seul revenu dans la plupart des cas, tandis que celles qui vivent au sein d’un ménage composé d’autres personnes peuvent bénéficier d’économies d’échelle pour la gestion de ces dépensesNote . Il est possible que la gestion des coûts du logement représente un fardeau financier plus lourd pour les personnes qui vivent seules que pour celles qui vivent avec d’autres.

La proportion des ménages comptant une seule personne et dont les coûts mensuels de logementNote sont considérés comme étant inabordables (c’est-à-dire qu’ils représentent au moins 30 % du revenu mensuel moyen du ménage) en 2016 représentait plus du double de la proportion des autres types de ménages (41 % par rapport à 17 %). Les coûts du logement étaient particulièrement élevés pour les jeunes adultes qui vivaient seuls en 2016 : les coûts de logement de près de la moitié (48 %) des personnes de 20 à 34 ans vivant seules étaient considérés comme étant inabordables. Cette tendance s’explique en partie par le fait que les jeunes adultes qui vivent seuls étaient plus susceptibles que leurs homologues plus âgés de vivre dans des régions urbaines, où les coûts du logement ont tendance à être plus élevés.

Parmi les personnes vivant seules en 2016, 1 sur 5 vivait dans un appartement en copropriété

Les personnes qui vivent seules affichent des préférences et des besoins différents en matière de logement de ceux des personnes qui vivent avec d’autres. Même si les maisons individuelles non attenantes étaient le type de logement le plus répandu au Canada, les personnes vivant seules étaient plus susceptibles de vivre dans des immeubles d’appartements de différentes configurations (graphique 7). Comme en ce qui concerne les autres caractéristiques de la population qui vit seule, le type de logement prédominant variait selon l’âge : les personnes âgées qui vivaient seules étaient plus susceptibles de vivre dans une maison individuelle non attenante (39 %) que leurs homologues de 20 à 34 ans (18 %). Cette constatation s’explique vraisemblablement par le fait que de nombreux adultes plus âgés qui vivaient seuls étaient veufs et occupaient encore la maison qu’ils avaient auparavant partagée avec leur conjoint ou leur conjointeNote .

Graphique 7 Proportion of the population aged 15 and over living in selected dwelling types, persons living alone and persons living with others, 2016

Tableau de données du graphique 7 
Tableau de données du graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 7. Les données sont présentées selon Type de logement (titres de rangée) et Personnes vivant seules et Personnes vivant avec d'autres, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de logement Personnes vivant seules Personnes vivant avec d'autres
pourcentage
Maison individuelle non attenante 32,4 63,9
Appartement dans un immeuble de cinq étages et plus 17,7 6,2
Appartement dans un immeuble de moins de cinq étages 32,6 11,0
Appartement ou logement de plain-pied dans un duplex 5,9 5,5
Autres logements 11,2 13,4

Les personnes vivant seules affichaient un taux plus faible de propriétéNote que les autres ménages en 2016. Cette différence peut rendre compte de la difficulté financière plus grande que présente l’accès à la propriété pour une personne qui vit seule. Il peut aussi s’agir d’une question de préférence : pour certaines personnes qui jouissent de la plus grande liberté associée au fait de vivre seules, il est possible que la location soit plus attrayante parce qu’elle comporte plus de souplesse. Cela étant dit, les taux de propriété de la population vivant seule ont augmenté au fil du temps, passant de 32 % en 1981 à 50 % en 2016, et cette croissance a été plus rapide que celle observée pour tous les autres principaux soutiens du ménage (passant de 70 % en 1981 à 75 % en 2016). La propriété a augmenté le plus rapidement parmi les femmes de 20 à 34 ans vivant seules, chez qui les taux ont plus que triplé de 1981 (8 %) à 2016 (27 %), une hausse qui peut être liée à l’augmentation du niveau de scolarité et de l’activité sur le marché du travail des jeunes femmes au cours de cette période.

Cette hausse générale de la propriété au cours des 35 dernières années chez les personnes vivant seules pourrait être liée à l’augmentation de l’offre d’appartements en copropriétéNote au cours de la période. Les appartements en copropriété ont tendance à être plus économiques et à offrir de plus petites pièces d’habitation que les autres formes de propriété, ce qui les rend peut-être plus accessibles et attrayants pour les personnes qui vivent seules. Parmi les personnes vivant seules qui étaient propriétaires de leur résidence en 2016, 28 % possédaient un appartement en copropriété, soit plus du triple de la proportion enregistrée en 1981 (7 %). Dans l’ensemble, le cinquième (20 %) des personnes vivant seules résidaient dans un appartement en copropriété en 2016, qu’elles louaient ou possédaient, et ce type de logement était le plus répandu chez les jeunes adultes (graphique 8).

Graphique 8 Proportion of persons living alone and persons living with others who live in a condominium, by age group, 2016

Tableau de données du graphique 8 
Tableau de données du graphique 8
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 8. Les données sont présentées selon Mode de vie (titres de rangée) et Groupe d'âge, 15 ans
et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans et 65 ans
et plus, calculées selon percent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Mode de vie Groupe d'âge
15 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
percent
Personnes vivant seules 20,2 27,3 18,8 18,5
Personnes vivant avec d'autres 9,7 12,3 8,3 11,7

Les données du recensement qui précèdent montrent que les caractéristiques de la population vivant seule ont évolué considérablement au cours des dernières décennies. Au cours de la même période, la composition des familles est aussi devenue plus diversifiée, souple et complexe. La prévalence croissante des unions libres signifie que l’état matrimonial légal ne peut pas rendre pleinement compte des antécédents conjugaux des personnes qui vivent actuellement seules. L’augmentation du partage des responsabilités familiales à la suite de la dissolution d’une union et la hausse du nombre de personnes entretenant une relation de couple vivant chacun chez soiNote , parmi d’autres tendances, ont fait en sorte qu’un plus grand nombre de personnes partagent leur temps entre au moins deux résidences. Par suite de ces changements, on s’attend à ce qu’une proportion considérable de personnes vivant seules puissent aussi entretenir des liens familiaux étroits avec des personnes avec lesquelles elles vivent ou passent du temps de façon régulière (par exemple, des jeunes enfants ou des partenaires qui ne résident pas avec elles). Ces importants liens sociaux ont, de toute évidence, une incidence sur leur vie au quotidien, même si ces personnes vivent habituellementNote seules. En outre, de nombreuses étapes, comme la formation d’une union ou le fait d’avoir un enfant, arrivent de plus en plus tardivement, ce qui fait en sorte que les jeunes adultes vivant seuls sont peut-être plus susceptibles que les autres personnes vivant seules de considérer le fait de vivre seul comme un mode de vie temporaire.

Dans le reste du présent article, on s’appuie sur les données de l’ESG de 2017 sur la famille pour examiner les caractéristiques conjugales des personnes de 20 ans et plus qui vivent seules, de même que leurs caractéristiques en matière de parentalité et de fécondité.

La plupart des personnes qui vivent seules ont déjà eu un partenaire et ont au moins un enfant

Selon les données de l’ESG de 2017, la majorité (72 %) des personnes de 20 ans et plus vivant seules ont déjà été mariées ou ont déjà vécu en union libre (tableau 1). Autrement dit, la plupart des personnes vivant seules en 2017 n’ont pas toujours vécu seules. Comme on pouvait s’y attendre, les personnes plus jeunes vivant seules, c’est-à-dire celles de 20 à 34 ans, étaient moins susceptibles d’avoir déjà été en couple (35 %) que leurs homologues plus âgées (90 % de celles de 65 ans et plus).


Tableau 1
Certaines caractéristiques en matière de conjugalité et de fécondité de la population vivant seule, selon le groupe d'âge et le sexe, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 1 Certaines caractéristiques en matière de conjugalité et de fécondité de la population vivant seule Groupe d'âge, 20 ans et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans, 65 ans et plus, proportion, Intervalle de confiance de 95  %, de et à, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge
20 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  %
de à de à de à de à
pourcentage
A déjà été en couple (marié ou en union libre)
Les deux sexes 72,2 70,8 73,5 34,7 31,1 38,6 69,4 67,1 71,5 90,0 88,7 91,2
Hommes 62,5 60,1 64,7 29,8 25,3 34,7 64,7 61,5 67,7 84,8 81,5 87,5
Femmes 79,7Tableau 1 Note  78,1 81,3 41,4Tableau 1 Note  35,4 47,6 74,8Tableau 1 Note  71,9 77,5 92,1Tableau 1 Note  90,6 93,3
S'est séparé ou a divorcé au cours des 20 dernières années
Les deux sexes 29,9 28,6 31,3 30,1 26,6 33,9 46,4 44,1 48,8 13,2 11,9 14,7
Hommes 34,8 32,7 37,0 25,6 21,4 30,4 46,1 43,0 49,3 20,6 17,6 23,9
Femmes 26,1Tableau 1 Note  24,5 27,8 36,1Tableau 1 Note  30,2 42,4 46,8 43,6 50,1 10,3Tableau 1 Note  8,9 12,0
A au moins un enfant
Les deux sexes 54,6 53,1 56,1 4,7 3,2 6,7 46,4 44,1 48,7 82,9 81,2 84,5
Hommes 43,1 40,7 45,4 6,3 4,2 9,5 41,9 38,8 45,0 75,3 71,5 78,7
Femmes 63,6Tableau 1 Note  61,7 65,6 2,5Tableau 1 Note  1,1 4,9 51,7Tableau 1 Note  48,2 55,2 85,9Tableau 1 Note  84,0 87,7

Peu importe l’âge, les hommes vivant seuls étaient significativement moins susceptibles que leurs homologues de sexe féminin d’avoir déjà été en couple. Les hommes de 35 ans et plus vivant seuls étaient aussi généralement moins susceptibles d’avoir que les femmes du même groupe d’âge vivant seules d’avoir été le parent biologique, par alliance ou adoptif d’au moins un enfant, ce qui laisse supposer qu’ils sont plus à risque de souffrir d’isolement social, parce qu’ils entretiennent moins de liens avec un parent proche (voir l’encadré Seul, mais pas nécessairement solitaire : le lien entre le fait de vivre seul et le bien-être). Dans l’ensemble, toutefois, la plupart des personnes vivant seules en 2017 avaient au moins eu un enfant (55 %). Comme dans le cas des antécédents conjugaux, les personnes âgées vivant seules étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir au moins eu un enfant (83 %) que les jeunes adultes vivant seuls (5 %).

Après la dissolution d’une union, lorsque de jeunes enfants sont présents, il peut être difficile pour les personnes qui ne partagent pas une résidence principale avec leurs enfants de renégocier les modalités de garde partagée, la prise de décisions en général et les dépenses, parmi d’autres tâches importantes qui incombent aux parentsNote . Relativement peu de personnes âgées et de jeunes adultes vivant seuls ont la charge d’un enfant (18 ans ou moins) issu d’une relation précédente, mais cette situation est plus répandue chez les personnes de 35 à 64 ans vivant seules. Selon les données de l’ESG de 2017, près de la moitié (46 %) des personnes de 35 à 64 ans qui vivaient seules avaient vécu une séparation ou un divorce au cours des 20 dernières années. Parmi elles, environ 1 sur 5 (ou 93 460) avait la charge d’au moins un enfant issu d’une union précédente. La plupart (59 %) de ces personnes ont indiqué que leur enfant avait vécu avec elles pendant une certaine période au cours des 12 derniers mois (graphique 9)Note . La vie avec un enfant, même de façon périodique seulement, est susceptible d’avoir une incidence sur les décisions et les habitudes de consommation des personnes vivant seules sur le plan du logement, de l’ameublement, des loisirs, de l’alimentation et d’autres produits de première nécessité.

Graphique 9 Actions taken in the last 12 months, population aged 35 to 64 who were living alone, and had separated or divorced in the last 20 years, with at least one dependent child in 2017

Tableau de données du graphique 9 
Tableau de données du graphique 9
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 9. Les données sont présentées selon Actions (titres de rangée) et proportion, Intervalle de confiance de 95 % , de et à, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Actions proportion Intervalle de confiance de 95 %
de à
pourcentage
A versé une pension alimentaire 24,4 19,4 30,2
A vu son enfantTableau de Note 1 au moins une fois par semaine 47,5 37,5 57,7
A pris des décisions importantes concernant la santé, la religion ou l'éducation de son enfant, conjointement avec son ex-conjoint(e) ou ex-partenaire ou à tour de rôle avec celui-ci ou celle-ci 50,0 39,9 60,1
A communiqué avec son enfantTableau de Note 1 au moins une fois par semaine par téléphone, messagerie texte, courriel ou communication vidéo 74,0 64,0 82,0
A vécu avec son enfant pendant une certaine période 58,8 47,8 68,9

Outre le fait de partager une maison de temps à autre, il existe d’autres façons de maintenir l’engagement et le contact auprès d’un enfant à la suite d’une séparation ou d’un divorce. Parmi les personnes de 35 à 64 ans vivant seules et ayant un enfant à charge, une grande majorité (74 %) ont indiqué qu’elles communiquaient avec leur enfant au moins une fois par semaine lorsque celui-ci n’était pas avec elles, par téléphone, par messagerie texte, par courriel ou par communication vidéo. En outre, près de la moitié ont indiqué qu’elles : a) participaient aux processus de décision concernant la santé, la religion ou l’éducation de leur enfant à charge (50 %); ou b) voyaient leur enfant au moins une fois par semaine lorsque celui-ci ne vivait pas avec elles (48 %). Les personnes séparées ou divorcées qui vivent seules peuvent aussi contribuer financièrement à l’éducation de leur enfant : près du quart (24 %) des personnes âgées de 35 à 64 ans séparées ou divorcées ayant un enfant à charge versaient une pension alimentaire en 2017.

Le tiers des jeunes adultes vivant seuls entretenaient une relation de couple vivant chacun chez soi

Les personnes vivant seules peuvent entretenir une relation de couple avec une personne qui réside ailleurs. Dans le cadre de l’ESG, les personnes qui n’étaient pas mariées et qui ne vivaient pas en union libre, mais qui entretenaient une relation de couple avec une personne qui vivait dans un autre logement au moment de l’enquête ont été considérées comme entretenant une relation de couple vivant chacun chez soi. Selon les données de l’ESG de 2017, 17 % des personnes de 20 ans et plus vivant seules entretenaient ce genre de relation (tableau 2). La présence d’un partenaire de vie est susceptible d’avoir une incidence sur la routine des personnes qui vivent habituellement seules, et plus particulièrement sur leurs comportements en matière de déplacements et de consommation (par exemple, si elles rendent visite à leur partenaire au cours de l’année).


Tableau 2
Proportion de la population vivant seule qui entretient une relation de couple vivant chacun chez soiTableau 2 Note 1, selon le groupe d'âge et le sexe, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion de la population vivant seule qui entretient une relation de couple vivant chacun chez soi Groupe d'âge, 20 ans et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans, 65 ans et plus, proportion, Intervalle de confiance de 95 % , de et à, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge
20 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  %
de à de à de à de à
pourcentage
Dans une relation de couple vivant chacun chez soi
Les deux sexes 16,5 15,4 17,7 33,4 29,4 37,5 20,2 18,2 22,1 6,2 5,2 7,3
Hommes 22,5 20,5 24,7 33,8 28,6 39,4 23,1 20,2 26,2 12,1 9,7 15,1
Femmes 11,9Tableau 2 Note  10,6 13,4 32,8 27,0 39,2 16,8Tableau 2 Note  14,1 19,5 3,9Tableau 2 Note  3,0 4,9

Les jeunes adultes sont plus nombreux à entretenir une relation de couple vivant chacun chez soiNote , et on observe également cette situation parmi les personnes qui vivent seules. Parmi les personnes vivant seules qui n’étaient pas mariées et qui ne vivaient pas en union libre, 1 sur 3 (33 %) de celles de 20 à 34 ans entretenait une relation de couple vivant chacun chez soi, comparativement à 20 % de celles de 35 à 64 ans et à 6 % des personnes âgées. Même si ce genre de relation était tout aussi répandu chez les jeunes adultes des deux sexes, les hommes plus âgés vivant seuls étaient significativement plus susceptibles d’entretenir une relation de couple vivant chacun chez soi que leurs homologues de sexe féminin. Par exemple, parmi les personnes âgées vivant seules, les hommes étaient trois fois plus susceptibles d’entretenir une relation de couple vivant chacun chez soi que les femmes (12 % par rapport à 4 %).

La plupart des jeunes adultes vivant seuls n’ont pas l’intention de continuer à vivre seuls

Même si le fait de vivre seul comme mode de vie a gagné en popularité chez les jeunes adultes ces dernières années, la majeure partie des jeunes adultes vivant seuls semblent considérer ce mode de vie comme étant temporaire. Lorsqu’on leur a demandé leurs intentions pour l’avenir, la plupart des personnes de 20 à 34 ans qui vivaient seules et qui n’étaient pas en couple en 2017 ont indiqué qu’elles étaient ouvertes à l’idée de vivre en union libre à l’avenir (72 %) ou qu’elles avaient l’intention de se marier ou de se remarier (60 %) (tableau 3). En outre, la plupart des jeunes adultes vivant seuls ont indiqué qu’ils avaient l’intention d’avoir un enfant (ou un autre enfant) (67 %)Note un jourNote .


Tableau 3
Intention de former une union au sein de la population vivant seuleTableau 3 Note 1, selon le groupe d'âge et le sexe, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Intention de former une union au sein de la population vivant seule Groupe d'âge, 20 ans et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans, 65 ans et plus, proportion, Intervalle de confiance de 95 % , de et à, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge
20 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  %
de à de à de à   de   à
pourcentage
A l'intention de se marier ou de se remarier
Les deux sexes 15,8 14,6 17,2 59,7 54,5 64,7 17,5 15,5 19,8 1,9 1,4 2,7
Hommes 23,6 21,2 26,1 57,9 51,3 64,2 21,4 18,2 24,9 4,3 2,5 6,7
Femmes 10,8Tableau 3 Note  9,4 12,4 62,1 53,5 70,0 13,4Tableau 3 Note  11,0 16,2 1,2Tableau 3 Note  0,7 1,9
Envisage de vivre en union libre
Les deux sexes 33,6 32,0 35,3 72,0 66,8 76,4 46,5 43,8 49,1 11,8 10,5 13,3
Hommes 48,0 45,3 50,8 72,9 66,0 78,5 53,9 50,1 57,7 22,9 19,3 26,8
Femmes 23,8Tableau 3 Note  22,0 25,7 70,7 62,7 77,6 38,5Tableau 3 Note  35,2 42,0 7,9Tableau 3 Note  6,6 9,4

Le fait de se remettre en couple — que ce soit à la suite du décès d’un conjoint ou d’un partenaire ou de la dissolution d’une union — est en hausse chez les personnes âgées, mais les taux demeurent relativement faiblesNote . Comme il a été mentionné précédemment, la plupart des personnes âgées vivant seules avaient vécu en couple par le passé. Cela pourrait expliquer dans une certaine mesure pourquoi les personnes âgées vivant seules étaient moins susceptibles que leurs homologues plus jeunes d’avoir l’intention de former une union (en se mariant ou en vivant en union libre). Cela étant dit, un nombre croissant de personnes âgées choisissent de vivre en union libre lorsqu’elles se remettent en coupleNote . Compte tenu de cette tendance, les personnes âgées vivant seules étaient six fois plus susceptibles d’indiquer qu’elles pourraient vivre en union libre à l’avenir (12 %) que d’indiquer qu’elles avaient l’intention de se marier ou de se remarier (2 %). Chez les personnes âgées vivant seules, les hommes étaient significativement plus susceptibles que les femmes d’avoir l’intention de former une union.

Conclusion

Étant donné que le nombre de personnes vivant seules au Canada a augmenté au fil du temps, les caractéristiques de cette population sont devenues plus diversifiées. Ces dernières décennies, le fait de vivre seul comme mode de vie a gagné en popularité chez les adultes jeunes et ceux âgés de 35 à 64 ans, chez les hommes de tous les âges et pour les deux sexes à la suite d’une séparation ou d’un divorce. Compte tenu de ces changements, les cheminements menant au fait de vivre seul comme mode de vie et les intentions pour l’avenir se sont aussi diversifiés. Pour certaines personnes, le fait de vivre seul est considéré comme un mode de vie transitoire avant de fonder une famille. Pour d’autres personnes, ce mode de vie est devenu plus permanent, ce qui n’était pas nécessairement planifié ou souhaité mais qui s’est produit en raison des circonstances. Le fait de vivre seul comme mode de vie peut constituer une préférence pour d’autres personnes. Même si elles vivent seules, de nombreuses personnes entretiennent des liens étroits avec des personnes qui leur sont chères, comme des enfants issus d’une relation précédente ou un partenaire avec qui elles ne vivent pas. Les réalités de la vie quotidienne et les défis relatifs au fait de vivre seul varient selon les antécédents d’une personne et l’étape où elle en est dans sa vie.

Même si les personnes qui vivent seules ont des expériences différentes, la présente étude a permis de déterminer qu’elles ont aussi de nombreuses expériences communes. Peu importe l’âge ou le sexe, les personnes qui vivent seules sont moins susceptibles d’être propriétaires de leur résidence et sont plus susceptibles de vivre dans un appartement en copropriété que les personnes qui vivent avec d’autres. Les personnes vivant seules sont également plus susceptibles d’éprouver des difficultés financières, comme des coûts de logement inabordables, que les personnes qui peuvent bénéficier des économies d’échelle associées au fait de vivre avec d’autres. Étant donné que le fait de vivre seul représente le mode de vie d’un segment de plus en plus important de la population canadienne, les demandes en matière de logement et les problèmes d’abordabilité associés à ce mode de vie pourraient prendre de l’ampleur au sein de la société.

Les personnes vivant seules continueront-elles d’être le principal type de ménage à l’avenir? Même si le rythme de croissance des ménages comptant une seule personne a ralenti ces dernières décenniesNote , rien n’indique clairement que ce mode de vie diminuera en importance au cours des années à venir, que ce soit au CanadaNote ou dans d’autres pays industrialisésNote . Étant donné que le pic du vieillissement de la population au Canada devrait être atteint au cours des 20 prochaines annéesNote , la proportion de la population vivant seule devrait continuer à augmenter, simplement en raison du fait que le fait de vivre seul comme mode de vie est plus répandu chez les personnes âgées. Par ailleurs, l’ère des médias sociaux a grandement facilité ce mode de vie, parce qu’elle permet à un plus grand nombre de personnes de communiquer facilement avec le monde extérieur, même si elles vivent seules.

Cela étant dit, plusieurs tendances sociales pourraient ralentir la croissance de ce mode de vie à l’avenir. Étant donné que l’espérance de vie des hommes converge avec celle des femmes, un plus grand nombre de personnes âgées pourraient être en mesure de continuer à vivre avec leur conjoint ou leur partenaire jusqu’à des âges de plus en plus avancés. Comme le démontre la présente étude, cette tendance a déjà mené à une baisse substantielle de la proportion de femmes âgées vivant seules au cours des dernières décennies. Par ailleurs, étant donné que les caractéristiques des personnes âgées sont de plus en plus diversifiées sur le plan ethnoculturelNote , d’autres modes de vie, comme la vie avec des parents dans un ménage multigénérationnel, pourraient gagner en popularité. À tous les âges, l’augmentation des coûts du logement dans les centres urbains au pays pourrait entraîner une augmentation de la popularité du fait de vivre avec des colocataires, comme solution de rechange au fait de vivre seul pour des raisons financières. Dans l’ensemble, toutefois, il est raisonnable de s’attendre à ce que, au cours des années à venir, la société canadienne soit de plus en plus modelée en fonction des préférences et des besoins diversifiés des personnes qui vivent seules.

Jackie Tang est analyste, Nora Galbraith est analyste principale et Johnny Truong est agent de la production et de la diffusion des données à la Division de la démographie de Statistique Canada.

Début de l’encadré

Sources des données, méthodes et définitions

Sources des données

Les données utilisées dans le présent article sont tirées du Recensement de la population (1981 à 2016) et de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2017 (cycle 31).

De plus amples renseignements sur le recensement figurent dans le Guide du Recensement de la population, 2016, produit no 98-304-X au catalogue de Statistique Canada.

L’ESG est une enquête transversale volontaire qui vise la population de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement et résidant dans l’une des 10 provinces canadiennes. Les données de l’ESG sont recueillies sur différents thèmes chaque année. Le cycle de la famille fait généralement l’objet d’une collecte tous les cinq ans. Le taux de réponse global à l’enquête a été de 52,4 %, ce qui correspond à un échantillon de 20 602 répondants. Le présent article est axé sur la population de 20 ans et plus, qui est représentée par un échantillon de 19 902 répondants. Consultez la page Enquête sociale générale — Famille de 2017 (cycle 31) pour obtenir de plus amples renseignements.

Méthodes

Afin d’assurer la confidentialité des réponses recueillies lors du Recensement de la population, un processus d’arrondissement aléatoire a servi à modifier les valeurs déclarées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque les données sont totalisées ou regroupées, il est possible que la valeur totale ne corresponde pas à la somme des valeurs individuelles puisque le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, peut ne pas correspondre à 100 %.

Afin de tenir compte du plan d’échantillonnage complexe de l’ESG, toutes les analyses sont pondérées au moyen de poids des personnes. Toutes les proportions ont été évaluées en fonction de la variance d’échantillonnage au moyen de poids de rééchantillonnage (poids bootstrap standards) générés par Statistique Canada. Les intervalles de confiance de 95 % ont été calculés au moyen de SUDAAN PROC CROSSTAB, que ce soit grâce à la méthode de transformation logit ou, pour les proportions estimées de 5 % ou moins, grâce à la méthode de calcul des intervalles de confiance de proportions faibles. Les intervalles de confiance sont publiés dans des tableaux, tout comme un indicateur permettant de déterminer si les différences sont significatives lorsque p < 0,05. Ces indicateurs sont fondés sur la vérification des hypothèses individuelles dans SUDAAN PROC DESCRIPT.

Les proportions figurant dans le présent article qui ont été calculées à partir des données de l’ESG l’ont été au moyen d’un dénominateur qui comprend tous les cas de non-réponse partielle pour la caractéristique d’intérêt. Les cas de non-réponse partielle ne représentaient pas plus de 5 % du chiffre non pondéré pour la caractéristique d’intérêt. Pour être diffusées, les proportions devaient avoir un dénominateur non pondéré d’au moins 15.

Définitions

À moins d’indication contraire, les statistiques figurant dans le présent article qui sont tirées du recensement se limitent à la population de 15 ans et plus vivant dans des ménages privés. Étant donné que la population de 15 à 19 ans qui vit seule est très petite, l’analyse des tendances selon le groupe d’âge présentée dans cet article est axée sur la population de 20 ans et plus. De même, les statistiques figurant dans le présent article qui sont tirées de l’ESG se limitent à la population de 20 ans et plus des 10 provinces ne vivant pas en établissement.

On peut examiner les modes de vie du point de vue de la personne, de la famille ou du ménage. Le nombre de ménages comptant une seule personne est égal au nombre de personnes vivant seules.

Dans le recensement, la définition du fait de vivre seul est fondée sur les concepts de lieu de résidence habituel et de situation des particuliers dans le ménage. Chaque personne est comptée comme résidant dans un et un seul logement et dans un ménage. Les situations de vie à temps partiel ne sont pas prises en compte. Par conséquent, il est possible que de nombreuses personnes classées dans la catégorie des personnes vivant seules dans le cadre du recensement vivent avec des membres de la famille ou d’autres personnes pendant une partie de l’année. Le recensement présente un instantané de la situation des particuliers dans le ménage le jour du recensement; il ne rend pas compte de la durée pendant laquelle une personne a vécu seule ni du caractère temporaire du mode de vie de cette personne.

Des règles similaires concernant le lieu de résidence habituel sont appliquées dans l’ESG pour classer les personnes qui vivent seules dans diverses catégories. Toutefois, à partir des données recueillies sur les antécédents conjugaux et parentaux dans le cadre de l’ESG, le temps passé avec les enfants et les intentions à venir en ce qui a trait au fait d’avoir des enfants ou à la formation d’une union, il est possible d’obtenir un aperçu plus détaillé de la situation des personnes classées dans la catégorie des personnes vivant seules.

Fin de l’encadré

Début de l’encadré

Le Québec : la province comptant le plus de personnes vivant seules au Canada

Au Québec, 18 % de la population de 15 ans et plus vivait seule en 2016, soit la proportion la plus élevée parmi toutes les provinces et tous les territoires. Par ailleurs, parmi l’ensemble des provinces et des territoires, c’est le Québec qui a affiché la croissance la plus forte de la prévalence des personnes vivant seules depuis 1981, passant d’une proportion inférieure à la moyenne nationale à une proportion de plus en plus supérieure à celle-ci en 2016 (graphique 10).

Graphique 10 Proportion of the population aged 15 and over that is living alone, Canada and Quebec, 1981 to 2016

Data table for Graphique 10 
Tableau de données du graphique 10
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 10. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Canada et Québec, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Canada Québec
pourcentage
1981 9,2 8,7
1986 10,0 10,1
1991 10,9 12,1
1996 11,7 13,7
2001 12,5 15,2
2006 13,0 15,9
2011 13,5 16,9
2016 13,9 17,7

Un examen des régions infraprovinciales du Canada révèle une tendance similaire. Parmi les régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada, trois RMR du Québec comptaient les proportions les plus fortes des personnes vivant seules, à savoir Trois-Rivières (21 %), Sherbrooke (20 %) et Québec (20 %).

La prévalence plus grande du fait de vivre seul comme mode de vie au Québec ne peut pas être uniquement attribuable à sa structure d’âge plus vieille. En fait, la prévalence de personnes vivant seules aux âges les plus avancés (85 ans et plus) est relativement faible au Québec : les taux d’occupation de logements collectifs, comme des maisons de retraite et des résidences assistées, sont significativement plus élevés dans la province qu’ailleurs au CanadaNote .

De façon générale, certaines conditions économiques et sociales doivent être présentes pour que le fait de vivre seul devienne un mode de vie prévalent au sein d’une sociétéNote . Certains ont soutenu que de nombreux progrès réalisés sur le plan socioculturel et économique au Québec à partir du XXe siècle — que l’on a appelés la Révolution tranquille — comprenaient une évolution vers une orientation plus individualiste, ce qui peut avoir mené un plus grand nombre de personnes à vivre seules par choixNote . Par ailleurs, les coûts du logement sont relativement moindres dans les RMR du QuébecNote , ce qui pourrait faciliter la décision des personnes optant pour ce mode de vie. Le Québec offre aussi un crédit d’impôt aux personnes qui vivent seules sous certaines conditionsNote , ce qui pourrait favoriser ce mode de vie dans une certaine mesure.

Fin de l’encadré

Début de l’encadré

Seul, mais pas nécessairement solitaire : le lien entre le fait de vivre seul et le bien être

Les liens sociaux jouent un rôle important dans la satisfaction à l’égard de la vie et la santé des personnesNote . Certaines données laissent croire que les personnes qui vivent seules sont généralement plus susceptibles de dire qu’elles souffrent d’isolement social ou de solitude que celles qui vivent avec d’autresNote . Les résultats de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2017 révèlent que les personnes vivant seules déclaraient des niveaux autoévalués plus faibles en matière de santé, de santé mentale et de satisfaction à l’égard de la vie dans l’ensemble comparativement aux personnes vivant avec d’autres, et ce, peu importe le sexe ou le groupe d’âge (tableau 4).


Tableau 4
Indicateurs du bien-être subjectif, selon le sexe, le groupe d'âge et les modalités de vie, 2017
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Indicateurs du bien-être subjectif Groupe d'âge, 20 ans et plus, 20 à 34 ans, 35 à 64 ans, 65 ans et plus, proportion, Intervalle de confiance de 95 % , de et à, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge
20 ans et plus 20 à 34 ans 35 à 64 ans 65 ans et plus
Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  % Proportion Intervalle de confiance de 95  %
de à de à de à de à
pourcentage
Les deux sexes
Évaluation de la santé comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 49,2Tableau 4 Note  47,7 50,7 62,4 58,2 66,5 49,8Tableau 4 Note  47,6 52,1 43,3 41,1 45,5
Personnes vivant avec d'autres 57,8 56,8 58,8 66,1 63,9 68,3 58,2 56,8 59,5 43,2 41,3 45,2
Évaluation de la santé mentale comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 59,8Tableau 4 Note  58,4 61,3 58,3Tableau 4 Note  54,1 62,4 57,7Tableau 4 Note  55,4 59,9 62,7 60,5 64,7
Personnes vivant avec d'autres 64,9 63,9 65,9 64,9 62,7 67,1 65,5 64,1 66,9 62,9 60,9 64,9
Niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie dans l'ensembleTableau 4 Note 1
Personnes vivant seules 61,0Tableau 4 Note  59,6 62,5 57,2Tableau 4 Note  52,8 61,4 54,4Tableau 4 Note  52,1 56,6 69,3Tableau 4 Note  67,1 71,4
Personnes vivant avec d'autres 72,0 71,0 73,0 67,6 65,4 69,6 72,8 71,4 74,1 76,8 74,8 78,6
Hommes
Évaluation de la santé comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 50,1Tableau 4 Note  47,8 52,5 63,5 58,1 68,5 49,4Tableau 4 Note  46,2 52,6 40,8 36,6 45,0
Personnes vivant avec d'autres 57,7 56,3 59,1 67,4 64,2 70,4 57,8 55,8 59,7 43,2 40,4 46,0
Évaluation de la santé mentale comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 59,3Tableau 4 Note  56,9 61,6 62,9 57,6 67,9 57,9Tableau 4 Note  54,7 61,0 58,9 54,8 62,9
Personnes vivant avec d'autres 66,4 65,0 67,8 67,7 64,6 70,8 67,2 65,3 69,0 62,2 59,3 65,0
Niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie dans l'ensembleTableau 4 Note 1
Personnes vivant seules 57,0Tableau 4 Note  54,6 59,4 60,3 55,1 65,3 52,9Tableau 4 Note  49,5 56,3 62,2Tableau 4 Note  58,1 66,1
Personnes vivant avec d'autres 71,7 70,2 73,1 66,4 63,3 69,4 73,1 71,1 75,0 75,8 73,1 78,4
Femmes
Évaluation de la santé comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 48,5Tableau 4 Note  46,5 50,4 61,0 54,4 67,3 50,4Tableau 4 Note  47,2 53,5 44,2 41,6 46,9
Personnes vivant avec d'autres 57,9 56,5 59,3 64,9 61,8 67,8 58,6 56,8 60,4 43,2 40,4 46,2
Évaluation de la santé mentale comme très bonne ou excellente
Personnes vivant seules 60,3Tableau 4 Note  58,3 62,2 52,1Tableau 4 Note Tableau 4 Note  45,8 58,4 57,4Tableau 4 Note  54,2 60,5 64,1Tableau 4 Note  61,5 66,7
Personnes vivant avec d'autres 63,4Tableau 4 Note  61,9 64,8 62,1Tableau 4 Note  58,9 65,2 63,9Tableau 4 Note  62,0 65,7 63,7 60,8 66,6
Niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie dans l'ensembleTableau 4 Note 1
Personnes vivant seules 64,2Tableau 4 Note Tableau 4 Note  62,2 66,1 53,0Tableau 4 Note  46,4 59,4 56,0Tableau 4 Note  52,8 59,2 72,1Tableau 4 Note Tableau 4 Note  69,4 74,6
Personnes vivant avec d'autres 72,3 70,9 73,6 68,7 65,6 71,7 72,5 70,8 74,1 77,8 75,2 80,3

Toutefois, on ne devrait pas présumer que le fait de vivre seul entraîne la solitude ou l’isolement social, parce que le lien entre ces phénomènes est complexe. D’autres caractéristiques corrélées, comme l’âge, l’état matrimonial, la situation économique et le contexte culturel, peuvent jouer un rôle plus important dans le bien-être d’une personne que son mode de vie particulierNote .

Même si le fait de vivre seul peut parfois être synonyme de solitude pour certaines personnes, l’isolement peut néanmoins être allégé ou évité grâce à des contacts étroits avec des amis, des membres de la famille et des voisinsNote . Les résultats de l’ESG ne corroborent pas la perception selon laquelle les veuves ne sont pas heureuses : parmi toutes les personnes vivant seules, les femmes âgées étaient les plus susceptibles de déclarer des niveaux élevés de satisfaction à l’égard de la vie en 2017 (72 %), beaucoup plus que leurs homologues de sexe masculin du même groupe d’âge (62 %). Ces résultats font écho à des résultats antérieurs observés pour le CanadaNote laissant supposer que de nombreuses femmes âgées qui vivent seules peuvent éviter l’isolement social en participant activement aux activités de leur collectivité et en rencontrant d’autres personnes de façon régulière. Étant donné que les personnes âgées qui ont de forts liens sociaux sont moins susceptibles d’avoir besoin de services de santé, l’Organisation mondiale de la Santé préconise la participation sociale et la connectivité comme outils clés permettant d’améliorer la santé physique des personnes âgéesNote .

Fin de l’encadré

Renseignements additionnels

Informations supplémentaires

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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