Regards sur la société canadienne
Résultats sur le marché du travail des diplômés des universités des Provinces maritimes

par Diane Galarneau, Christine Hinchley et Aimé Ntwari

Début de l’encadré

Aperçu de l’étude

Dans la présente étude, on utilise un nouvel ensemble de données longitudinales combinant les informations du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) avec celles de l’impôt sur le revenu des particuliers afin d’examiner les résultats sur le marché du travail des diplômés des universités des Provinces maritimes (l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick). Dans le cadre de cette étude pilote, les résultats de six cohortes de jeunes ayant obtenu leur diplôme d’une université des Provinces maritimes entre 2006 et 2011 sont examinés, soit 37 425 titulaires d’un grade de premier cycle (baccalauréat) et 6 740 titulaires d’un grade supérieur (maîtrise ou doctorat).

  • De 2006 à 2011, au moins 95 % des diplômés des universités des Provinces maritimes ont déclaré un revenu d’emploi durant l’année suivant l’obtention de leur diplôme, ce qui laisse supposer que la majorité d’entre eux ont occupé un emploi rémunéré au cours de cette année.
  • Un an après l’obtention d’un baccalauréat, les membres de la cohorte de 2009 (qui ont obtenu leur diplôme à la suite de la récession de 2008-2009) affichaient des revenus d’emploi 8 % plus faibles que leurs homologues de la cohorte de 2008.
  • Les cohortes subséquentes n’ont pas repris le terrain perdu. Les titulaires d’un baccalauréat, ayant obtenu leur diplôme en 2010 et 2011, ont aussi obtenu des gains plus faibles au cours de leur première année par rapport à la cohorte des diplômés de 2008.
  • Comparativement à la cohorte de 2008, les gains durant la première année des diplômés de la cohorte de 2011 étaient moins élevés pour les hommes et les femmes, pour ceux qui ont quitté les Provinces maritimes et ceux qui y sont restés, et pour la plupart des domaines d’études.
  • Environ les deux tiers des diplômés résidaient toujours dans les Provinces maritimes un an après l’obtention de leur diplôme. Les titulaires d’un diplôme en éducation étaient les plus susceptibles de demeurer dans les Provinces maritimes, tandis que les diplômés en architecture, génie et services connexes étaient les moins susceptibles d’y rester.

Fin de l’encadré

Introduction

Les transitions des diplômés postsecondaires entre les études et le marché du travail et le « succès » relatif de ces transitions ont toujours été un sujet d’intérêt pour les décideurs, les étudiants, leurs familles et les établissements postsecondaires. Même si des niveaux de scolarité plus élevés sont habituellement associés à de meilleurs résultats sur le marché du travailNote 1 , les études postsecondaires exigent temps et argent, de sorte que les diplômés n’obtiennent peut-être pas toujours les résultats escomptés, particulièrement lors de récessionsNote 2.

Statistique Canada a récemment élaboré la Plateforme de couplage longitudinal en éducation (PCLE), qui permet de combiner les données administratives du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) avec d’autres bases de données afin de suivre les diplômés dans le temps et ainsi de mieux comprendre leurs résultats sur le marché du travail après l’obtention d’un diplôme (voir les « Sources de données, méthodes et définitions »). Un projet piloteNote 3 a récemment été entrepris à l’aide de la PCLE afin d’examiner les résultats des diplômés des universités des Provinces maritimes de 2006 à 2011 en combinant les données du SIEP de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick avec celles de l’impôt sur le revenu des particuliersNote 4. Au fil des ans, plusieurs sources de données seront ajoutées à la plateforme, ce qui permettra de mieux comprendre les facteurs expliquant l’accès, la poursuite et la réussite des études postsecondaires, de même que les résultats des diplômés sur le marché du travail.

À l’aide de ce nouvel ensemble de données, le présent article examine les résultats des diplômés des universités des Provinces maritimes sur le marché du travail, en portant une attention particulière à l’année d’obtention du diplôme. Tant au Canada qu’à l’échelle internationale, l’économie a connu d’importants changements entre 2006 et 2011, en raison des récessions survenues au Canada, aux États-Unis et en Europe, de la crise financière et des variations du prix des matières premières. Ces événements pourraient avoir affecté l’offre d’emplois non seulement dans les Provinces maritimes, mais partout au Canada, de sorte que les diplômés ayant accédé au marché du travail avant et après la récession de 2008-2009 n’ont peut-être pas fait face aux mêmes défis. Le nouvel ensemble de données représente donc une occasion unique de comparer les résultats économiques des diplômés ayant obtenu leur diplôme entre 2006 et 2008 à ceux des cohortes subséquentes.

Plus précisément, le présent article analyse le revenu d’emploi et les prestations d’assurance-emploi des diplômés universitaires. L’article présente également un aperçu de certains indicateurs de qualité d’emploi comme la syndicalisation (à partir des cotisations syndicales), la participation à un régime de retraite (à partir des cotisations à un régime de retraite privé) et la proportion de diplômés universitaires employés dans les industries de services à faible valeur ajoutée. Les résultats sont présentés selon la cohorte, mais également selon le sexe, le niveau de scolarité (en différenciant les titulaires d’un grade de premier cycle et ceux d’un grade supérieur) et le domaine d’études. L’analyse se concentre sur les personnes ayant obtenu leur diplôme avant l’âge de 35 ansNote 5, ayant produit une déclaration d’impôt sur le revenu et n’ayant pas poursuivi leurs études à temps plein après l’obtention de leur diplômeNote 6. Les personnes ayant déclaré un revenu provenant d’un travail autonomeNote 7 ont été exclues.

Les données d’impôt comportent également des informations sur le lieu de résidence des diplômés à différents moments dans le temps. Cette information peut être utilisée dans le calcul d’un taux de rétention régional qui correspond, dans le présent article, au nombre de diplômés qui résidaient toujours dans l’une des trois Provinces maritimes un an après l’obtention de leur diplôme, en proportion de tous les diplômés ayant obtenu un diplôme dans les universités des Provinces maritimes. Les taux de rétention sont présentés dans un encadré à la fin de l’article (voir « Rétention des diplômés des universités des Provinces maritimes ») selon le lieu d’origine, le sexe et le domaine d’études.

Profil des diplômés des universités des Provinces maritimes

La présente analyse est fondée sur une population de 37 425 personnes de moins de 35 ans (ou environ 6 200 personnes chaque année) ayant obtenu un grade de premier cycle (c.-à-d. un diplôme de baccalauréat) des universités de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick et répondant aux critères mentionnés ci-dessus. L’échantillon comprend également 6 740 personnes (environ 1 100 par année) ayant obtenu un grade supérieur (maîtrise ou doctorat) au cours de la même périodeNote 8 .

De cette population de diplômés, près des deux tiers (62 %) étaient des femmes. La proportion était semblable pour les deux niveaux de scolarité examinés (soit les grades de premier cycle et les grades supérieurs) et pour l’ensemble des cohortes. Un peu plus de 5 % des titulaires d’un baccalauréat ont obtenu leur diplôme à l’Île-du-Prince-Édouard, 58 %, en Nouvelle-Écosse et 37 %, au Nouveau-Brunswick. Parmi les titulaires d’un grade supérieur, 2 % l’ont obtenu à l’Île-du-Prince-Édouard, 77 %, en Nouvelle-Écosse et 21 %, au Nouveau-Brunswick.

Au niveau du baccalauréat, plus des trois quarts (78 %) des femmes ont obtenu leur grade dans quatre domaines d’études, tandis qu’un peu plus des deux tiers (69 %) des hommes provenaient de quatre disciplines (graphique 1). Les domaines les plus courants variaient également selon le sexe. Parmi les femmes, les principaux domaines (en ordre décroissant) étaient la santé et les domaines connexes; les sciences sociales et de comportements, et le droit; le commerce, la gestion et l’administration publique ainsi que l’éducation. Parmi les hommes, les principaux domaines étaient le commerce, la gestion et l’administration publique; l’architecture, le génie et les services connexes; les sciences sociales et de comportements, et le droit ainsi que les sciences humaines.

Graphique 1 Répartition des diplômés universitaires de moins de 35 ans des Provinces maritimes, selon le domaine d’études et le niveau de scolarité, toutes les cohortes de 2006 à 2011

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1.1 et 1.2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1.1 et 1.2. Les données sont présentées selon Domaine d'études (titres de rangée) et Grade de premier cycle (baccalauréat) et Grade supérieur (maîtrise ou doctorat), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Domaine d'études Grade de premier cycle (baccalauréat) Grade supérieur (maîtrise ou doctorat)
pourcentage
Hommes
Autre 0,7 0,2
Agriculture, ressources naturelles et conservation 2,2 3,8
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications 2,3 0,2
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 5,0 8,6
Sciences physiques et de la vie, et technologies 5,8 9,6
Santé et domaines connexesTableau de Note 2 6,6 5,2
Éducation 8,3 9,4
Sciences humaines 8,8 5,4
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau de Note 1 15,3 5,2
Architecture, génie et services connexes 16,0 21,6
Commerce, gestion et administration publique 29,0 30,8
Femmes
Autre 0,6 0,4
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 0,8 5,7
Agriculture, ressources naturelles et conservation 1,5 5,0
Architecture, génie et services connexes 2,4 5,7
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications 3,0 0,4
Sciences physiques et de la vie, et technologies 5,5 7,1
Sciences humaines 8,3 3,3
Éducation 16,9 30,1
Commerce, gestion et administration publique 18,6 18,3
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau de Note 1 20,6 9,1
Santé et domaines connexesTableau de Note 2 21,8 15,1

Au niveau du grade supérieur (maîtrise et doctorat), 73 % des femmes diplômées provenaient de quatre domaines d’études, tandis que c’était le cas de 71 % de leurs homologues masculins. Encore une fois, les principaux domaines variaient selon le sexe. Parmi les femmes, les quatre principaux domaines étaient les mêmes que ceux des femmes titulaires d’un baccalauréat, mais l’éducation occupait le premier rang au lieu de la santé et des domaines connexes. Parmi les hommes, le commerce, la gestion et l’administration publique, de même que l’architecture, le génie et les services connexes sont demeurés parmi les quatre domaines d’études les plus populaires, suivis des sciences physiques et de la vie, et des technologies ainsi que de l’éducation.

La plupart des diplômés ont rapporté un revenu d’emploi au cours de la première année suivant l’obtention de leur diplôme

Au cours de la première année suivant l’obtention de leur diplôme, la plupart des diplômés occupaient un emploi rémunéré à un moment ou à un autre : au moins 95 % d’entre eux ont indiqué un revenu d’emploi dans leur déclaration de revenus (tableau 1). Cette proportion était semblable pour chaque cohorte de diplômés et pour les deux niveaux de scolarité.

Tableau 1
Certains indicateurs du marché du travail concernant les diplômés des universités des Provinces maritimes un an après l’obtention du diplôme, selon la cohorte et le niveau de scolarité, 2006 à 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Certains indicateurs du marché du travail concernant les diplômés universitaires des Provinces maritimes un an après l’obtention du diplôme Cohorte, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, calculées selon nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Cohorte
2006 2007 2008 2009 2010 2011
nombre
Grade de premier cycle (baccalauréat) 6 110 6 645 6 310 6 280 5 915 6 165
Proportion de diplômés pourcentage
Recevant une rémunération 97,1 97,0 97,1 96,9 96,7 96,6
Recevant des prestations d’assurance-emploi 14,1 13,0 15,3 17,5 16,9 15,3
Recevant des prestations d’aide sociale 0,3 0,5 0,4 0,6 0,5 0,4
  nombre
Grade supérieur (maîtrise ou doctorat) 995 965 1 080 1 165 1 230 1 305
Proportion de diplômés pourcentage
Recevant une rémunération 96,0 94,8 95,8 95,7 95,9 96,6
Recevant des prestations d’assurance-emploi 12,6 11,9 13,4 14,2 13,8 14,6
Recevant des prestations d’aide sociale 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4

La proportion de titulaires d’un baccalauréat ayant reçu des prestations d’assurance-emploi un an après l’obtention de leur diplôme a augmenté pour passer de 14 % à 18 % entre les cohortes de 2006 et de 2009, mais elle a diminué pour s’établir à 15 % pour la cohorte la plus récente (2011)Note 9. Des tendances semblables ont été observées parmi les cohortes de diplômés ayant des grades supérieurs, même si ces cohortes étaient moins susceptibles de déclarer avoir reçu des prestations d’assurance-emploi. Très peu de diplômés ont reçu des prestations d’aide sociale au cours de l’année suivant l’obtention de leur diplôme (moins de 1 % pour l’ensemble des cohortes et les deux niveaux de scolarité).

Recul des gains d’emploi au cours de la première année à partir de la cohorte de 2009

De 2006 à 2008, les gains médians obtenus au cours de la première annéeNote 10 par les titulaires d’un baccalauréat sont demeurés relativement constants, se situant à environ 35 000 $ (tableau 2). Au cours de la même période, ils sont passés de 53 200 $ à 56 100 $ parmi les titulaires d’un grade supérieur.

Tableau 2
Résultats sur le marché du travail des diplômés des universités des Provinces maritimes un an après l’obtention du diplôme, selon la cohorte et le niveau de scolarité, 2006 à 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Résultats sur le marché du travail des diplômés universitaires des Provinces maritimes un an après l’obtention du diplôme Cohorte, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, calculées selon nombre et dollars constants de 2012 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Cohorte
2006 2007 2008 2009 2010 2011
nombre
Grade de premier cycle (baccalauréat) 6 110 6 645 6 310 6 280 5 915 6 165
  dollars constants de 2012
Gains d'emploi médiansTableau 2 Note 1 34 800 35 800 35 200 32 400 32 900 32 300
Catégories de gains pourcentage
0 $ 3,0 3,0 2,9 3,1 3,3 3,4
10 000 $ ou moins 8,3 8,4 8,5 9,0 8,4 8,5
De 10 001 $ à 30 000 $ 29,5 28,3 30,2 34,0 33,2 33,7
De 30 001 $ à 50 000 $ 35,4 34,0 32,1 29,4 30,0 31,1
Plus de 50 000 $ 23,8 26,3 26,4 24,5 25,1 23,3
Proportion de diplômés  
Travaillant dans les industries de services à faible valeur ajoutéeTableau 2 Note 2 15,0 15,1 16,3 18,7 17,0 17,6
Déclarant des cotisations syndicales 37,5 37,1 36,2 37,6 39,5 36,0
Déclarant des cotisations à un régime de pension agréé 36,2 36,9 37,4 35,8 35,0 31,8
  nombre
Grade supérieur (maîtrise ou doctorat) 995 965 1 080 1 165 1 230 1 305
  dollars constants de 2012
Gains d'emploi médiansTableau 2 Note 1 53 200 52 900 56 100 51 600 51 600 52 200
Catégories de gains pourcentage
0 $ 4,5 5,7 4,2 4,3 4,1 3,4
10 000 $ ou moins 3,5 4,1 3,2 5,2 5,3 4,6
Entre 10 001 $ et 30 000 $ 11,6 10,4 11,6 13,7 13,4 14,6
Entre 30 001 $ et 50 000 $ 25,1 24,9 20,8 24,0 24,4 23,8
Plus de 50 000 $ 55,3 54,9 60,2 52,8 52,8 53,6
Proportion de diplômés  
Travaillant dans les industries de services à faible valeur ajoutéeTableau 2 Note 2 5,9 6,9 7,2 8,5 7,1 5,7
Déclarant des cotisations syndicales 47,8 48,8 53,2 51,4 49,7 51,5
Déclarant des cotisations à un régime de pension agréé 51,4 51,9 55,2 53,0 51,2 48,9

Les années 2008 et 2009 ont été caractérisées par le plus important ralentissement économique depuis le début des années 1990 au Canada. De 2008 à 2009, les gains obtenus par les diplômés lors de la première année ont diminué de 8 %, tant chez les titulaires d’un baccalauréat que chez les titulaires d’un grade supérieur. Ces variations représentaient un recul de près de 3 000 $ pour les titulaires d’un baccalauréat, et une baisse de 4 500 $ pour les titulaires d’un grade supérieur. Les cohortes subséquentes de 2010 et 2011 n’ont pas repris le terrain perdu.

Ces tendances étaient semblables pour les hommes et les femmes (graphique 2). Dans les deux cas, les gains obtenus lors de la première année ont diminué entre la cohorte de 2008 et celle de 2009, et les cohortes subséquentes n’ont pas repris le terrain perduNote 11.

Graphique 2 Gains d'emploi médians des diplômés universitaires des Provinces maritimes un an après l’obtention du diplôme, selon la cohorte, le sexe et le niveau de scolarité, 2006 à 2011

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Cohorte, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, calculées selon dollars constants de 2012 (en milliers) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Cohorte
2006 2007 2008 2009 2010 2011
dollars constants de 2012 (en milliers)
Hommes Grade de premier cycle (baccalauréat) 37,3 37,6 37,1 34,4 34,5 34,2
Grade supérieur
(maîtrise ou doctorat)
54,4 54,0 56,9 51,2 49,3 51,5
Femmes Grade de premier cycle (baccalauréat) 33,3 34,7 33,8 31,0 32,0 31,0
Grade supérieur
(maîtrise ou doctorat)
53,0 52,1 55,8 52,2 53,1 52,3

Même si la plupart des diplômés occupaient un emploi à un moment ou à un autre pendant la première année suivant l’obtention de leur diplôme, les données ne fournissent aucune indication permettant de déterminer si l’emploi était à temps plein ou à temps partiel ou s’il était occupé pendant une partie de l’année ou toute l’année. Le nouvel ensemble de données sur les diplômés des universités des Provinces maritimes ne fournit pas non plus de renseignements quant au nombre d’heures travaillées au cours de l’année, pas plus qu’il ne précise si l’emploi se situe dans le même domaine d’études. Cependant, il est possible d’obtenir des précisions supplémentaires en examinant la répartition des diplômés dans les différentes catégories de gains d’emploi.

De 2006 à 2011, la proportion des titulaires d’un baccalauréat gagnant entre 0 $ et 10 000 $ est demeurée relativement stable d’une cohorte à l’autre, variant entre 11 % et 12 %.

La proportion des diplômés gagnant entre 10 001 $ et 30 000 $ a augmenté de 4 points de pourcentage entre la cohorte de 2006 et celle de 2009, l’augmentation la plus marquée ayant été observée entre les cohortes de 2008 et 2009. En revanche, la proportion des diplômés gagnant entre 30 001 $ et 50 000 $ a diminué au cours de la même période, tandis que la proportion gagnant plus de 50 000 $ a fluctué entre 23 % et 26 %.

Des tendances semblables ont été observées parmi les titulaires d’un grade supérieur, soit une augmentation dans la catégorie de gains allant de 10 001 $ à 30 000 $ et une diminution dans les deux catégories de gains les plus élevées; la plupart des variations étant survenues entre les cohortes de 2008 et 2009.

Les variations dans les catégories de gains pourraient être attribuables à une réduction des heures de travail d’une cohorte à l’autreNote 12 , ou encore à une proportion plus élevée de diplômés occupant des emplois faiblement rémunérés. Les données d’impôt ne fournissent aucun renseignement sur les heures de travail, mais en contiennent sur les industries dans lesquelles les diplômés sont embauchés. Il est donc possible d’obtenir plus de précisions en examinant la proportion de travailleurs dans les industries de services à faible valeur ajoutée, qui sont définies dans le présent article comme étant celles du commerce de détail, de l’hébergement et des services de restauration et des autres services. En moyenne, les emplois dans ces industries offrent des salaires moins élevés et moins d’avantages sociaux que les emplois des autres secteursNote 13.

La proportion des titulaires d’un baccalauréat travaillant dans de telles industries a augmenté pour passer de 15 % à 19 % entre les cohortes de 2006 et 2009, la majeure partie de cette augmentation s’étant produite entre les cohortes de 2008 et 2009. Parmi les titulaires d’un grade supérieur, cette même proportion était plus faible et n’a que peu fluctué au cours de cette période. Il se peut donc que la proportion de titulaires d’un baccalauréat dans des emplois faiblement rémunérés ait augmenté en raison d’une détérioration des conditions du marché du travail. Cependant, les données ne permettent pas de connaître les raisons pour lesquelles une personne travaille dans une industrie donnée.

Enfin, le taux de syndicalisation et la participation à un régime de retraite privé sont deux autres indicateurs importants de la qualité des emplois disponibles dans le nouvel ensemble de données sur les diplômés des universités des Provinces maritimes. À l’aide des données d’impôt, il est possible de déterminer de façon approximative le taux de syndicalisation en utilisant la proportion de diplômés ayant déclaré des cotisations syndicales. Cette proportion a fluctué sans toutefois afficher de tendance à la hausse ou à la baisse d’une cohorte à l’autre. Il convient de noter que les titulaires d’un grade supérieur étaient plus susceptibles de déclarer des cotisations syndicales (dans des proportions se situant entre 48 % et 53 %) que les titulaires d’un baccalauréat (entre 36 % et 40 %).

De même, le nombre de diplômés participant à un régime de retraite privé peut être estimé en utilisant la proportion de diplômés ayant déclaré des cotisations à un régime de pension agréé. Cette proportion a fluctué d’une cohorte à l’autre au cours de l’année suivant l’obtention d’un diplôme, variant entre 32 % et 37 % pour les titulaires d’un baccalauréat, et entre 49 % et 55 % pour les titulaires d’un grade supérieur.

Le recul des gains de la première année entre les cohortes s’est produit dans la plupart des domaines d’études

Les gains obtenus lors de la première année suivant l’obtention du diplôme varient considérablement selon les domaines d’étudesNote 14. Les hommes titulaires d’un baccalauréat de la cohorte de 2008, par exemple, avaient des gains médians de 37 100 $ au cours de la première année, mais ceux-ci variaient entre 55 700 $ pour les diplômés dans le domaine de la santé et les domaines connexesNote 15 et 14 700 $ pour les diplômés des arts visuels et d’interprétation et les technologies des communications (tableau 3). Il convient cependant de noter que tous les diplômés n’occupaient pas nécessairement un emploi correspondant à leur domaine d’étudeNote 16.

Tableau 3
Gains d'emploi médians de la première annéeTableau 3 Note 1 des diplômés des universités des Provinces maritimes, selon le sexe, le niveau de scolarité et le domaine d’études, cohortes de 2008 et 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Gains d'emploi médians de la première année des diplômés universitaires des Provinces maritimes Hommes, Femmes, Gains médians de la première année, Proportion de diplômés, Gains médians de la première année , Cohorte de 2008, Cohorte de 2011, Cohortes de 2008 à 2011 et Cohortes combinées de 2006 à 2011, calculées selon dollars constants de 2012, variation en pourcentage et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Hommes Femmes
Gains médians de la première année Proportion de diplômés Gains médians de la première année Proportion de diplômés
Cohorte de 2008 Cohorte de 2011 Cohortes de 2008 à 2011 Cohortes combinées de 2006 à 2011 Cohorte de 2008 Cohorte de 2011 Cohortes de 2008 à 2011 Cohortes combinées de 2006 à 2011
dollars constants de 2012 variation en pourcentage pourcentage dollars constants de 2012 variation en pourcentage pourcentage
Grade de premier cycle (baccalauréat)  
Tous les domaines d’études 37 100 34 200 -7,8 100,0 33 800 31 000 -8,3 100,0
Éducation 42 900 33 800 -21,2 8,3 39 200 29 900 -23,7 16,9
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications 14 700 20 200 37,4 2,3 16 700 17 200 3,0 3,0
Sciences humaines 22 200 20 900 -5,9 8,8 18 300 19 100 4,4 8,3
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau 3 Note 2 27 300 26 800 -1,8 15,2 24 900 22 100 -11,2 20,6
Commerce, gestion et administration publique 36 100 35 100 -2,8 29,1 34 200 33 800 -1,2 18,6
Sciences physiques et de la vie, et technologies 27 800 26 300 -5,4 5,8 21 500 21 100 -1,9 5,6
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 41 700 38 400 -7,9 5,1 28 500 21 600 -24,2 0,8
Architecture, génie et services connexes 53 900 51 700 -4,1 16,0 51 200 52 800 3,1 2,4
Agriculture, ressources naturelles et conservation 39 900 31 800 -20,3 2,1 25 900 19 800 -23,6 1,5
Santé et domaines connexesTableau 3 Note 3 55 700 41 600 -25,3 6,6 65 600 62 000 -5,5 21,8
Autre Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Grade supérieur (maîtrise ou doctorat)  
Tous les domaines d’études 56 900 51 500 -9,5 100,0 55 800 52 300 -6,3 100,0
Éducation 69 400 70 300 1,3 9,4 63 100 63 500 0,6 30,0
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique
Sciences humaines 42 200 24 500 -41,9 4,8 25 500 28 900 13,3 3,4
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau 3 Note 2 46 800 44 800 -4,3 5,3 52 800 40 000 -24,2 9,0
Commerce, gestion et administration publique 60 300 56 200 -6,8 31,0 56 700 53 200 -6,2 18,4
Sciences physiques et de la vie, et technologies 42 800 32 900 -23,1 5,5 38 200 39 100 2,4 6,9
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 55 900 44 400 -20,6 7,9 49 200 37 900 -23,0 5,7
Architecture, génie et services connexes 49 500 51 000 3,0 19,2 50 900 47 900 -5,9 5,9
Agriculture, ressources naturelles et conservation 49 400 40 000 -19,0 3,8 42 300 32 100 -24,1 4,9
Santé et domaines connexesTableau 3 Note 3 59 100 59 900 1,4 5,2 60 800 57 700 -5,1 15,2
Autre Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Parmi les femmes titulaires d’un baccalauréat de la même cohorte, la médiane était de 33 800 $ pour l’ensemble des diplômés, mais variait entre 65 600 $ dans la santé et les domaines connexes et 16 700 $ dans les arts visuels et d’interprétation et les technologies des communications. Des écarts semblables de revenu d’emploi étaient également observés parmi les diplômés des autres cohortes.

Dans la plupart des domaines d’études, les gains de la première année ont diminué entre les cohortes de 2008 et 2011. Les hommes titulaires d’un baccalauréat en santé ou dans un domaine connexe (-25 %) et en éducation (-21 %) ont enregistré les baisses les plus marquées. Quant à leurs homologues féminines, ce sont les titulaires d’un diplôme en mathématiques, en informatique et en sciences de l’information et en éducation (-24 % dans les deux domaines) qui ont affiché les reculs les plus importants.

Parmi les hommes titulaires d’un grade supérieur, les baisses les plus importantes ont été enregistrées en sciences humaines (-42 %), en sciences physiques et de la vie (-23 %) et en mathématiques, en informatique et en sciences de l’information (-21 %). D’importantes baisses ont également été notées parmi leurs homologues féminines titulaires d’un grade supérieur en sciences sociales et de comportements, et en droit (-24 %), en agriculture, en ressources naturelles et en conservation (-24 %) de même qu’en mathématiques, en informatique et en sciences de l’information (-23 %).

Les gains de la première année ont aussi diminué pour les diplômés qui ont quitté les Provinces maritimes

Même si tous les diplômés qui font l’objet de l’étude ont obtenu leur diplôme dans l’une des trois Provinces maritimes, environ le tiers d’entre eux avaient changé de région de résidence un an après l’obtention de leur diplômeNote 17 . Une bonne partie d’entre eux provenaient en fait de l’extérieur des Provinces maritimes, ce qui laisse supposer que certains sont retournés vivre dans leur région d’origine (pour obtenir plus de détails sur la région de résidence après l’obtention du diplôme, voir « Rétention des diplômés des universités des Provinces maritimes »). Il est important d’examiner les gains de la première année des diplômés en fonction de leur lieu de résidence, compte tenu du fait que les conditions du marché du travail peuvent varier d’une région à l’autre.

Les diplômés des universités des Provinces maritimes ayant quitté la région avaient des gains d’emploi médians plus élevés au cours de leur première année que ceux qui sont demeurés dans les Provinces maritimes (tableau 4). Ces écarts reflètent de nombreux facteurs, comme les différences dans les caractéristiques des diplômés qui sont partis comparativement à ceux qui sont restés, les différences dans les conditions économiques dans l’ensemble des régions ainsi que le coût de la vie.

Tableau 4
Gains d'emploi médians de la première annéeTableau 4 Note 1 des diplômés des universités des Provinces maritimes, selon la cohorte, le sexe, le niveau de scolarité et la région de résidence un an après l’obtention du diplôme, de 2006 à 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Gains d'emploi médians de la première année des diplômés universitaires des Provinces maritimes Cohorte, Variation entre les cohortes de 2008 et 2011, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, calculées selon gains médians de la première année (dollars constants de 2012) et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Cohorte Variation entre les cohortes de 2008 et 2011
2006 2007 2008 2009 2010 2011
gains médians de la première année (dollars constants de 2012) pourcentage
Grade de premier cycle (baccalauréat)
Hommes selon la région de résidence
Provinces maritimes 34 500 35 400 35 800 32 700 32 700 32 400 -9,5
Extérieur des Provinces maritimes 43 400 41 900 40 800 39 300 39 300 40 100 -1,7
Femmes selon la région de résidence
Provinces maritimes 32 500 33 200 32 900 31 400 31 500 30 500 -7,3
Extérieur des Provinces maritimes 36 100 38 800 36 200 30 100 33 400 33 600 -7,2
Grade supérieur (maîtrise ou doctorat)
Hommes selon la région de résidence
Provinces maritimes 50 100 53 300 55 800 50 500 49 100 50 500 -9,5
Extérieur des Provinces maritimes 57 600 55 500 59 100 52 600 51 000 54 100 -8,5
Femmes selon la région de résidence
Provinces maritimes 51 700 51 500 55 300 53 200 54 100 51 500 -6,9
Extérieur des Provinces maritimes 54 700 53 600 56 500 51 000 51 700 53 800 -4,8

Que les diplômés aient quitté ou non les Provinces maritimes, les gains de la première année ont cependant diminué de façon semblable entre les cohortes de 2008 et de 2011. Seuls les hommes titulaires d’un grade supérieur qui sont partis (-2 %) ont affiché une baisse des gains moins prononcée que ceux qui sont restés (-10 %).

Des gains plus faibles après 2008 pour les diplômés d’un baccalauréat, même après la prise en compte d’autres facteurs

Quels sont les facteurs pouvant expliquer le recul des gains de la première année des diplômés des universités des Maritimes? La récession économique de 2008-2009 pourrait être une explication, mais il pourrait également y avoir eu un changement dans les caractéristiques des diplômés d’une cohorte à l’autre. Pour isoler l’impact potentiel de la récession, on a estimé un modèle tenant compte de l’année d’obtention du diplôme et des différences entre cohortes sur le plan des caractéristiques démographiques et du domaine d’études (tableau 5)Note 18 .

Tableau 5
Écart entre les gains d'emploi de la première année de la cohorte de 2008 et des autres cohortes parmi les diplômés des universités des Provinces maritimes, selon le niveau de scolaritéTableau 5 Note 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écart entre les gains d'emploi de la première année de la cohorte de 2008 et des autres cohortes parmi les diplômés universitaires des Provinces maritimes Grade de premier cycle (baccalauréat), Grade supérieur (maîtrise ou doctorat), Écart non ajusté, Écart ajusté, Modèle A et Modèle B, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Grade de premier cycle (baccalauréat) Grade supérieur (maîtrise ou doctorat)
Écart non ajusté Écart ajusté Écart non ajusté Écart ajusté
Modèle A Modèle B Modèle A Modèle B
pourcentage
Cohorte  
2006 -1,9 -1,8 -0,6 -5,8 -3,7 1,7
2007 -0,5 0,6 0,7 -15.8Note * -13,1 -8,2
2008 (réf.)   Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer   Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2009 -7.6Tableau 5 Note  -7.3Tableau 5 Note  -7.8Tableau 5 Note  -9,8 -8,1 -9,4
2010 -7.7Tableau 5 Note  -7.2Tableau 5 Note  -10.0Tableau 5 Note  -13,6 -9,8 -8,4
2011 -10.1Tableau 5 Note  -8.5Tableau 5 Note  -11.1Tableau 5 Note  -3,2 2,1 0,5

Parmi les titulaires d’un baccalauréat, le recul des gains lors de la première année est demeuré significatif pour les trois cohortes qui ont obtenu leur diplôme après 2008. Cela appuie l’idée selon laquelle le ralentissement de 2008-2009 a peut-être joué un rôle dans la baisse des gains des titulaires d’un baccalauréat lors de la première année. Même après avoir tenu compte des caractéristiques démographiques et du domaine d’études, les étudiants du baccalauréat qui ont obtenu leur diplôme en 2009 ont gagné 8 % de moins que ceux qui ont obtenu leur diplôme en 2008, tandis que ceux qui ont obtenu leur diplôme en 2010 et en 2011 ont gagné 10 % et 11 % de moins, respectivement. Toutefois, parmi les titulaires d’un grade supérieur, les variations des gains de la première année entre la cohorte de 2008 et les cohortes subséquentes n’étaient pas significativesNote 19.

Avec le temps, les diplômés de la cohorte de 2009 ont-ils repris le terrain perdu?

Les gains des titulaires d’un baccalauréat ont été suivis pendant trois ans afin de voir si les diplômés de la cohorte de 2009, qui affichaient des gains significativement plus faibles que leurs homologues des cohortes précédentes, ont éventuellement repris le terrain perduNote 20 .

Les gains des titulaires d’un baccalauréat des cohortes de 2006 et de 2007 ont suivi une trajectoire semblable au cours des trois premières années suivant l’obtention de leur diplôme, et ce tant pour les hommes que pour les femmes (graphique 3). Cependant, les deux cohortes suivantes, soit celles de 2008 et 2009, ont obtenu un revenu d’emploi moins élevé durant les trois années d’observation comparativement aux cohortes précédentes; la baisse la plus importante a été enregistrée pour la cohorte de 2009. L’écart entre les cohortes ne s’est pas rétréci au cours des années subséquentes. Cela signifie que les diplômés de la cohorte de 2009 ont subi une baisse de leurs gains, non pas seulement lors de la première année, mais aussi au cours des années suivantes.

Graphique 3 Gains d'emploi médians des diplômés universitaires des Provinces maritimes au cours des trois années suivant l'obtention du diplôme, hommes et femmes titulaires d'un grade de premier cycle (baccalauréat), cohortes de 2006 a 2009

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3.1 et 3.2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3.1 et 3.2. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Nombre d’années après l’obtention du diplôme, 1 an, 2 ans et 3 ans, calculées selon dollars constants de 2012 (en milliers) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Nombre d’années après l’obtention du diplôme
1 an 2 ans 3 ans
dollars constants de 2012 (en milliers)
Hommes
2006 41,0 47,3 51,7
2007 41,0 47,6 51,9
2008 40,0 46,1 50,1
2009 37,2 43,7 48,0
Femmes
2006 37,4 43,1 45,7
2007 38,9 43,8 45,8
2008 37,2 41,0 42,8
2009 34,9 39,3 41,9

D’autres études ont documenté la pénalité salariale associée au fait d’être entré sur le marché du travail pendant les années de récessionNote 21 . Les conséquences persistantes associées au fait d’entrer sur le marché du travail pendant un ralentissement économique peuvent varier selon le degré d’activité économique suivant la récession. Même si la présente étude ne fait pas une évaluation formelle du rôle de la récession, nos résultats appuient à tout le moins la notion selon laquelle les conditions économiques observées peu après l’obtention du diplôme ont pu avoir un impact sur les diplômés des universités des Provinces maritimes.

Conclusion

Cet article a présenté les résultats sur le marché du travail des diplômés des universités de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick qui ont obtenu leur diplôme entre 2006 et 2011, à partir d’un nouvel ensemble de données. La PCLE, qui a servi à l’élaboration de ce nouvel ensemble de données, continuera de se développer de sorte que le même type d’analyse sera bientôt possible à l’échelle pancanadienne.

Les résultats de la présente étude indiquent que, même si la plupart des titulaires d’un baccalauréat des universités des Provinces maritimes étaient employés à un moment ou à un autre au cours de l’année suivant l’obtention de leur diplôme, les gains des diplômés de 2009, 2010 et 2011 étaient plus faibles, durant cette première année, que ceux de leurs homologues des cohortes précédentes. L’impact de l’année d’obtention du diplôme est demeuré significatif même après la prise en compte des différences sur le plan des caractéristiques démographiques et des domaines d’études entre les cohortes. Les gains de la première année étaient également plus faibles pour les titulaires d’un grade supérieur après 2008, mais le déclin n’était pas significatif après la prise en compte d'autres facteurs.

Le nouvel ensemble de données a également montré que pour certains diplômés, l’écart des gains n’a pas diminué avec le temps : trois ans après avoir obtenu leur diplôme, les titulaires d’un baccalauréat de la cohorte de 2009 gagnaient toujours moins que ceux qui avaient obtenu leur diplôme en 2008. Les données futures permettront de déterminer si l’écart finira par rétrécir avec le temps.

Enfin, la PCLE permet également d’examiner les tendances en matière de rétention des diplômés des universités des Provinces maritimes. Les résultats de la présente étude indiquent que les deux tiers des diplômés résidaient toujours dans les Provinces maritimes un an après l’obtention de leur diplôme. Ce sont les diplômés du domaine de l’éducation qui étaient les plus susceptibles de demeurer dans la région, tandis que ceux du domaine de l’architecture, du génie et des services connexes étaient les moins susceptibles d’y demeurer.

Diane Galarneau, Christine Hinchley et Aimé Ntwari sont analystes à la Section des projets spéciaux liés aux études postsecondaires, au Centre de la statistique de l’éducation de Statistique Canada.

Début de l’encadré

Sources de données, méthodes et définitions

Le Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) fournit des données annuelles détaillées sur les inscriptions et grades obtenus auprès des établissements postsecondaires au Canada (universités et collèges), selon le domaine d’études et certaines variables démographiques. Cependant, les données du SIEP ne fournissent aucun renseignement sur les résultats des diplômés sur le marché du travail, comme l’activité sur le marché du travail après l’obtention du diplôme ou le revenu d’emploi. Cette information est cependant disponible dans des ensembles de données administratives comme les fichiers de données fiscales.

La Plateforme de couplage longitudinal en éducation (PCLE) de Statistique Canada a été élaborée afin de permettre de combiner l’information du SIEP, de même que les données du Système d’information sur les apprentis inscrits, avec d’autres ensembles de données. Une étude pilote s’appuyant sur la PCLE a été entreprise afin de coupler les données annuelles sur les diplômés du SIEP pour les universités des Provinces maritimes (pour les années de déclaration de 2006 à 2012) à certaines variables des données d’impôt du fichier de la famille T1 (FFT1) (années civiles de 2006 à 2012). Le FFT1 a l’avantage de comprendre un grand nombre d’observations et de renseignements détaillés sur les sources de revenus; il comporte toutefois peu d’information sur les caractéristiques démographiques et celles du marché du travail. Par exemple, il ne fournit aucune information sur le nombre d’heures travaillées, le nombre de mois travaillés ou les caractéristiques liées aux professions.

Alors que l’ensemble des données de la présente étude pilote comprend des renseignements pour tous les diplômés universitaires, l’étude actuelle se concentre sur ceux qui avaient moins de 35 ans lorsqu’ils ont obtenu leur diplôme. Certains ajustements ont été apportés aux dossiers du SIEP afin de simplifier le jumelage des diplômés du SIEP aux données d’impôt, de même que l’interprétation des résultats des diplômés.

Pour améliorer la comparabilité des résultats entre les diplômés, certains types de diplômés ont été exclus de l’échantillon s’ils répondaient à l’un des critères suivants : il leur manquait un dossier d’impôt, ils étaient retournés à l’école à temps plein ou ils avaient un revenu provenant d’un travail autonome. L’étude se concentre sur deux des plus importants groupes de diplômés universitaires : ceux ayant obtenu un baccalauréat (ou un grade de premier cycle) et ceux ayant obtenu une maîtrise ou un doctorat (ou un grade supérieur). Les titulaires d’une maîtrise ou d’un doctorat ont été regroupés pour s’assurer que la taille de l’échantillon était suffisante. Le tableau 6 montre le nombre de diplômés de moins de 35 ans qui font partie de l’échantillon.

Tableau 6
Nombre de diplômés des universités des Provinces maritimes de moins de 35 ans dans la population étudiée, selon la cohorte et le nombre d’années après l’obtention du diplôme, cohortes de 2006 à 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre de diplômés universitaires des Provinces maritimes de moins de 35 ans dans la population étudiée Nombre d’années après l’obtention du diplôme, 1 an, 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans et 6 ans, calculées selon nombre de diplômés unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Nombre d’années après l’obtention du diplôme
1 an 2 ans 3 ans 4 ans 5 ans 6 ans
nombre de diplômés
Cohorte  
2006 7 105 6 030 5 315 4 835 4 500 4 240
2007 7 610 6 455 5 675 5 175 4 795 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2008 7 390 6 330 5 645 5 100 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2009 7 445 6 405 5 680 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2010 7 145 6 125 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
2011 7 470 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer

Fin de l’encadré

Début de l’encadré

Rétention des diplômés des universités des Provinces maritimes

Connaître la proportion de diplômés des universités des Provinces maritimes qui demeurent dans la région après l’obtention de leur diplôme (le taux de rétention des diplômés universitaires dans la région des Maritimes) est une information importante pour les gouvernements provinciaux puisque les diplômés universitaires comptent parmi les Canadiens les plus mobilesNote 22 .

Les taux de rétention dans l’année suivant l’obtention du diplôme ont été examinés selon la région d’origine, le sexe et le domaine d’études; ils sont fondés sur les diplômés qui ont produit une déclaration de revenus valide, n’ont déclaré aucun revenu provenant d’un emploi autonome et n’ont pas poursuivi leurs études à temps plein. Toutes les cohortes ont été combinées, puisque les taux de rétention variaient peu selon la cohorte.

On s’attend généralement à des taux de rétention plus élevés chez les diplômés qui résidaient déjà dans les Provinces maritimes au moment de leur admission, compte tenu des liens familiaux, d’amitié et autres qu’ils y ont tissés. À l’inverse, les étudiants provenant d’autres provinces et territoires du Canada ou de l’extérieur du pays devraient être plus susceptibles de retourner vivre dans leur lieu d’origine déclaré au moment de l’admission, de sorte que ces derniers pourraient au contraire afficher des taux de rétention plus faibles.

Les taux de rétention des titulaires d’un baccalauréat avaient tendance à être plus élevés parmi les femmes (70 %) que parmi les hommes (64 %) (graphique 4). Tel qu’attendu, les taux de rétention étaient les plus élevés pour les titulaires d’un baccalauréat dont le lieu de résidence au moment de l’admission était les Provinces maritimes (83 % pour les femmes et 77 % pour les hommes), tandis qu’ils étaient les plus faibles pour ceux et celles qui résidaient ailleurs au Canada au moment de l’admission (15 % pour les hommes et les femmes). Parmi les personnes provenant de l’extérieur du pays (et qui ont produit une déclaration de revenus après l’obtention de leur diplôme), plus de la moitié sont demeurées dans les Provinces maritimes après l’obtention de leur diplôme (51 % des femmes et 56 % des hommes)Note 23 . Des tendances semblables ont été observées parmi les titulaires d’un grade supérieur.

Graphique 4 Taux de rétention des diplômés universitaires des Provinces maritimes un an après l'obtention du diplôme, selon le niveau de scolarité et la région d'origine, toutes les cohortes de 2006 a 2011

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4 Région d'origine (au moment de l'admission), Total, Provinces maritimes, Reste du Canada et À l’extérieur du Canada, calculées selon taux de rétention (en pourcentage) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région d'origine (au moment de l'admission)
Total Provinces maritimes Reste du Canada À l’extérieur du Canada
taux de rétention (en pourcentage)
Hommes titulaires d’un grade de premier cycle (baccalauréat) 64,0 77,4 14,8 55,7
Femmes titulaires d’un grade de premier cycle (baccalauréat) 70,0 83,4 15,3 51,0
Hommes titulaires d’un grade supérieur (maîtrise ou doctorat) 54,2 73,2 17,3 44,1
Femmes titulaires d’un grade supérieur (maîtrise ou doctorat) 60,5 82,1 16,9 45,5

Des taux de rétention élevés peuvent également être liés aux principales industries et professions que l’on retrouve dans une région, de même qu’aux fluctuations économiques dans ces industries. De même, les possibilités d’emploi offertes par certaines industries des autres régions du Canada peuvent aussi expliquer pourquoi certains diplômés choisissent de partir.

Cela explique en partie pourquoi les taux de rétention varient également selon le domaine d’études. Les diplômés des programmes d’éducation, par exemple, présentaient les taux de rétention les plus élevés, peu importe le sexe ou le niveau de scolarité (graphique 5). D’autres domaines d’études comme les mathématiques, l’informatique et les sciences de l’information; les sciences humaines ainsi que la santé et les domaines connexes affichaient également des taux de rétention relativement élevés à la fois chez les hommes et les femmes. En revanche, les taux de rétention des diplômés des programmes d’architecture, de génie et services connexes étaient les plus faibles parmi les femmes, et à l’avant-dernier rang parmi les hommes. La prospérité économique de l’Ouest canadien de 2007 à 2012, favorisée par l’exploitation des ressources naturelles, pourrait avoir attiré un certain nombre de diplômés des universités des Provinces maritimes pendant ces années.

Graphique 5 Taux de rétention des diplômés universitaires des Provinces maritimes un an apres l'obtention du diplôme, selon le niveau de scolarité et le domaine d'études, toutes les cohortes de 2006 a 2011

Tableau de données du graphique 5
Tableau de données du graphique 5.1 et 5.2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5.1 et 5.2. Les données sont présentées selon Domaine d’études (titres de rangée) et Grade supérieur (maîtrise ou doctorat) et Grade de premier cycle (baccalauréat), calculées selon taux de rétention (pourcentage) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Domaine d’études Grade supérieur (maîtrise ou doctorat) Grade de premier cycle (baccalauréat)
taux de rétention (pourcentage)
Hommes
Agriculture, ressources naturelles et conservation 47,4 56,7
Architecture, génie et services connexes 41,4 57,0
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 58,5
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau de Note 1 42,9 61,1
Commerce, gestion et administration publique 52,5 63,1
Santé et domaines connexesTableau de Note 2 53,6 64,2
Sciences humaines 63,0 66,0
Sciences physiques et de la vie, et technologies 50,0 69,6
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 65,1 72,0
Éducation 85,4 80,8
Femmes
Architecture, génie et services connexes 40,4 45,0
Arts visuels et d’interprétation, et technologie des communications Note x: confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique 55,1
Agriculture, ressources naturelles et conservation 45,0 67,1
Sciences sociales et de comportements, et droitTableau de Note 1 58,7 66,1
Commerce, gestion et administration publique 52,3 67,1
Sciences physiques et de la vie, et technologies 54,5 68,2
Santé et domaines connexesTableau de Note 2 56,1 70,6
Sciences humaines 55,2 71,1
Mathématiques, informatique et sciences de l’information 40,8 72,2
Éducation 80,2 83,3

Fin de l’encadré

Notes

Renseignements additionnels

Articles connexes

Sources de données

Références bibliographiques

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