Regards sur la société canadienne
Les étudiants étrangers qui deviennent des résidents permanents au Canada

par Yuqian Lu et Feng Hou

Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Le présent article fournit des renseignements sur les effectifs et les caractéristiques des étudiants étrangers au Canada et sur leur taux de transition vers le statut de résident permanent. Les variations de ces taux en fonction des caractéristiques des étudiants et de la cohorte à laquelle ils appartiennent sont également présentées, ainsi que l’influence de ces variations sur le profil des immigrants qui sont d’anciens étudiants étrangers. L’étude est fondée sur une nouvelle base de données administrative, la Base de données sur la dynamique canadienne entre employeurs et employés (BDDCEE).

  • De 1990 à 1994, le Canada a admis 158 000 étudiants étrangers, définis comme des résidents temporaires qui obtiennent un nouveau permis d’études, soit environ 31 000 par an. De 2010 à 2013, près de 385 000 étudiants étrangers ont été admis, soit environ 96 000 par an.
  • Au début des années 1990, les étudiants étrangers étaient plus susceptibles d’être âgés de moins de 18 ans et de fréquenter une école primaire ou secondaire. À la fin des années 2000, ils étaient plus susceptibles d’être âgés de 18 ans à 24 ans et de faire des études au niveau du baccalauréat ou à un niveau supérieur.
  • Entre 20 % et 27 % des étudiants étrangers, selon leur cohorte d’arrivée, ont obtenu le statut de résident permanent au Canada dans les 10 ans ayant suivi l’obtention de leur premier permis d’études.
  • Les taux de transition vers le statut de résident permanent sont plus élevés dans le cas des étudiants étrangers en provenance de pays ayant un PIB par habitant plus faible (comme l’Inde), comparativement à ceux originaires de pays ayant un PIB par habitant plus élevé (comme la Corée du Sud).
  • Près de la moitié (48 %) des immigrants venus au Canada pour la première fois entre 2000 et 2004 en tant qu’étudiants étrangers ont fait une demande d’immigration comme demandeurs principaux dans la catégorie économique; pour ceux arrivés entre 1990 et 1994, la proportion était de 30 %.

Fin de l'encadré

Introduction

Chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants étrangers en provenance de pays du monde entier sont attirés au Canada dans le cadre de la poursuite de leurs études. Depuis les années 1990, leur nombre a connu une croissance rapide. Les étudiants étrangers appartiennent, avec les travailleurs étrangers temporaires et les personnes admises dans le cadre du programme Expérience internationale Canada, à l’une des trois catégories de résidents temporaires profitables à l’économieNote 1. En conformité avec un plan stratégique publié au début 2014, le gouvernement canadien espère attirer 450 000 étudiants étrangers d’ici 2022, ce qui représenterait le double des effectifs actuelsNote 2.

Ce grand nombre d’étudiants étrangers fournit au Canada un bassin important de personnes bien formées, à partir duquel des résidents permanents peuvent être sélectionnés. En 2014, parmi les résidents temporaires étrangers ayant obtenu un permis d’études entre 1990 et 2014, plus de 270 000 (19 %) sont devenus des résidents permanentsNote 3. À la fin des années 2000, Citoyenneté et Immigration Canada a adopté de nouvelles mesures pour attirer les étudiants étrangers ayant un niveau de scolarité élevé et faciliter leur transition vers le statut de résident permanent, notamment en autorisant les étudiants étrangers à rechercher des occasions d’emploi leur permettant d’acquérir l’expérience de travail nécessaire pour présenter une demande de résidence permanenteNote 4.

Les immigrants qui sont arrivés pour la première fois au Canada en tant qu’étudiants étrangers jouissent de certains avantages par rapport aux autres immigrants : ils arrivent au Canada relativement jeunes; les qualifications obtenues dans le cadre de leur formation, contrairement aux diplômes et titres étrangers, sont plus facilement reconnus par les employeurs canadiens; ils ont tendance à mieux maîtriser au moins l’une des deux langues officielles; et ils ont souvent une meilleure connaissance du marché canadien du travail ainsi que des réseaux sociaux susceptibles de faciliter une recherche d’emploi. Pour ces raisons, les entraves à l’immigration devraient être moins nombreuses pour les immigrants qui étaient d’anciens étudiants étrangers que pour ceux qui ont été formés à l’étrangerNote 5. En ce qui concerne le marché du travail, cependant, les résultats des étudiants étrangers qui sont éventuellement reçus comme immigrants varient en fonction d’un certain nombre de caractéristiques comme le niveau de formation, les compétences linguistiques et la région d’origineNote 6. Une meilleure compréhension du profil des étudiants étrangers permet donc de jeter un nouvel éclairage sur la capacité de ces futurs immigrants potentiels à intégrer le marché du travail canadien.

Cet article présente les tendances en matière d’effectifs d’étudiants étrangers au Canada et de taux de transition vers le statut de résident permanent. L’analyse met essentiellement l’accent sur les caractéristiques des étudiants en fonction de leur appartenance à différentes cohortes, chacune d’entre elles étant définie sur la base de l’année au cours de laquelle l’étudiant a reçu son premier permis l’autorisant à étudier au Canada. L’article fournit également des renseignements sur les étudiants étrangers qui obtiennent éventuellement le droit d’établissement (également appelés immigrants reçus).

L’étude est fondée sur les données de la Base de données sur la dynamique canadienne entre employeurs et employés (BDDCEE), une initiative en matière de données visant à apparier les entreprises canadiennes et les personnes qu’elles emploient en exploitant diverses sources de données administratives. Le Fichier des résidents temporaires et le Fichier d’établissement des immigrants font partie de ces sources (voir Sources de données, méthodes et définitions), permettant ainsi aux chercheurs de tirer certaines conclusions quant à la trajectoire d’immigration des étudiants étrangers au Canada.

Les étudiants étrangers au Canada

Dans cet article, le nombre d’étudiants étrangers fait référence au nombre total de personnes venues au Canada avec le statut de résident temporaire et ayant obtenu un permis d’études pour la première fois; on parle alors d’entrée « initiale »Note 7. Le nombre d’étudiants étrangers au Canada a augmenté de manière constante entre le début des années 1990 et le début des années 2010. De 1990 à 1994, le Canada a reçu environ 158 000 étudiants étrangers (environ 31 000 étudiants par an en moyenne). De 2005 à 2009, le nombre d’étudiants étrangers arrivés au Canada a doublé pour s’élever à environ 340 000 (environ 68 000 étudiants par an en moyenne). Ce chiffre a encore augmenté de 2010 à 2013 pour atteindre 385 000 (environ 96 000 étudiants par an en moyenne) (tableau 1).

Tableau 1
Caractéristiques démographiques des étudiants étrangers au moment de l’obtention du premier permis d’études, Canada
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques démographiques des étudiants étrangers au moment de l’obtention du premier permis d’études Date d’obtention du premier permis d’études, 1990 à 1994, 1995 à 1999, 2000 à 2004, 2005 à 2009 et 2010 à 2013, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Date d’obtention du premier permis d’études
1990 à 1994 1995 à 1999 2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2013
pourcentage
Sexe  
Hommes 51 50 51 54 55
Femmes 49 50 49 46 45
Âge à l’époque de l’obtention du premier permis d’études  
Moins de 18 ans 33 25 22 25 21
18 à 24 ans 41 49 55 55 58
25 ans ou plus 26 26 23 21 20
Niveau d'études au moment de l’obtention du premier permis d’études  
Primaire et secondaire 43 28 24 25 22
École de métiers 10 15 15 12 6
Autre formation postsecondaire 21 24 27 25 34
Baccalauréat 10 13 16 19 18
Supérieur au baccalauréat 8 8 8 10 11
Autre 8 12 10 8 8
Pays ou région d’origine  
Europe du Nord et Europe de l’Ouest 17 17 13 13 10
Europe du Sud et Europe de l’Est 5 4 3 4 4
Afrique 8 6 6 7 7
Chine 5 5 15 16 24
Inde 1 1 3 5 13
Japon 11 13 9 6 4
Corée du Sud 3 15 20 19 9
Autres pays asiatiques 26 16 13 14 14
États-Unis 10 9 7 6 4
Autre 13 15 13 11 11
Destination du premier permis d’études  
Provinces de l’Atlantique 5 4 5 6 5
Montréal 13 13 12 11 11
Québec, à l’exclusion de Montréal 7 6 4 4 4
Toronto 11 12 16 16 22
Ontario, à l’exclusion de Toronto 27 21 18 18 21
Prairies 14 14 12 11 10
Vancouver 11 20 20 20 16
Colombie-Britannique, à l’exclusion de Vancouver 13 12 13 13 12
Territoires 0 0 0 0 0
Nombre d’observations 158 000 219 000 330 000 340 000 385 000

Les étudiants étrangers arrivent au Canada à différents âges et fréquentent différents types d’établissements d’enseignement. Par exemple, certains sont admis au Canada dans le cadre d’un programme d’échange d’étudiants au niveau secondaire, tandis que d’autres y viennent en vue d’obtenir un diplôme d’études supérieures dans une université canadienne. Ceux-ci forment donc un groupe hétérogène.

La majorité des étudiants étrangers (de 74 % à 80 % selon la cohorte) sont âgés de moins de 25 ans. Cependant, la proportion de ceux qui sont âgés de 18 à 24 ans a augmenté au fil des cohortes successives, une part croissante des étudiants étrangers atteignant des niveaux de scolarité plus élevés. Au début des années 1990, 43 % des étudiants étrangers étaient venus au Canada pour fréquenter une école primaire ou secondaire, tandis que 18 % étaient venus pour poursuivre des études universitaires. En revanche, au début des années 2010, ils étaient plus nombreux à fréquenter une université (29 %) qu’une école primaire ou secondaire (22 %)Note 8.

La répartition des étudiants en fonction du pays ou de la région d’origine a également considérablement évolué. Notamment, la proportion d’étudiants étrangers en provenance de la Chine et de l’Inde est passée de 6 % au début des années 1990 à 37 % au début des années 2010Note 9, tandis que la proportion des étudiants étrangers originaires des États-Unis et de l’Europe a reculé, s’établissant à 32 % et à 18 %, respectivement. La proportion des étudiants étrangers en provenance de l’Afrique a peu changé, passant de 6 % à 8 % au cours de la même période.

La répartition géographique des étudiants étrangers au Canada suit généralement les tendances observées pour la population des nouveaux immigrants dans son ensemble. La majorité des étudiants étrangers résident en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec, en particulier dans les régions métropolitaines de Toronto, Vancouver et Montréal.

Transition vers le statut de résident permanent

Les étudiants étrangers choisissent de venir au Canada pour différentes raisons. Certains envisagent de retourner dans leur pays d’origine après avoir acquis les qualifications qu’ils sont venus chercher au Canada, tandis que d’autres prévoient d’y rester suffisamment longtemps pour obtenir de l’expérience professionnelle dans le contexte d’une économie avancée. Enfin, d’autres espèrent obtenir le droit d’établissement afin de pouvoir demeurer au Canada en permanenceNote 10.

On peut estimer la proportion d’étudiants étrangers devenus résidents permanents en calculant un taux de transition cumulatif. Ce taux cumulatif, qui peut être calculé pour n’importe quelle cohorte, correspond à la proportion des étudiants étrangers qui obtiennent le droit d’établissement, un certain nombre d’années après avoir obtenu leur premier permis d’étudesNote 11. Par exemple, parmi les étudiants étrangers s’étant vu accorder un premier permis d’études entre 1995 et 1999, environ 15 % étaient devenus résidents permanents dans les cinq années qui ont suivi. Lorsque l’on étend la période d’observation aux 10 premières années après l’obtention d’un permis d’études, cette proportion monte à 20 %, puis à 22 % pour une période de 15 ans (graphique 1).

Description du graphique 1

Le titre du graphique est « Graphique 1 Taux de transition cumulatifs vers un statut de résident permanent parmi les étudiants étrangers ».
Ceci est un graphique linéaire simple.
Il y a au total 21 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 30 avec des mesures à tous les 5 points.
Il y a 4 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage de transition ».
L'axe horizontal s'intitule « Nombre d'années écoulées depuis l'obtention du premier permis d'études ».
Le titre de la série 1 est « 1990 à 1994 ».
La valeur minimale est 2,1 et ceci correspond à « 0 ».
La valeur maximale est 28,8 et ceci correspond à « 19 et 20 ».
Le titre de la série 2 est « 1995 à 1999 ».
La valeur minimale est 1,2 et ceci correspond à « 0 ».
La valeur maximale est 21,9 et ceci correspond à « 15 ».
Le titre de la série 3 est « 2000 à 2004 ».
La valeur minimale est 0,6 et ceci correspond à « 0 ».
La valeur maximale est 25,3 et ceci correspond à « 10 ».
Le titre de la série 4 est « 2005 à 2009 ».
La valeur minimale est 0,5 et ceci correspond à « 0 ».
La valeur maximale est 16,4 et ceci correspond à « 5 ».

Tableau de données pour le graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de transition cumulatifs vers un statut de résident permanent parmi les étudiants étrangers. Les données sont présentées selon Nombre d’années écoulées depuis l’obtention du premier permis d’études (titres de rangée) et 1990 à 1994, 1995 à 1999, 2000 à 2004 et 2005 à 2009, calculées selon pourcentage de transition unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d’années écoulées depuis l’obtention du premier permis d’études 1990 à 1994 1995 à 1999 2000 à 2004 2005 à 2009
pourcentage de transition
0 2,1 1,2 0,6 0,5
1 8,4 4,7 2,3 2,6
2 13,6 8,3 5,0 5,7
3 17,4 10,9 8,8 9,4
4 20,2 13,0 12,4 13,2
5 22,3 14,8 15,5 16,4
6 23,9 16,2 18,3 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
7 25,1 17,6 20,6 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
8 25,9 18,7 22,7 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
9 26,5 19,6 24,2 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
10 27,0 20,3 25,3 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
11 27,4 20,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
12 27,6 21,2 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
13 27,9 21,5 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
14 28,1 21,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
15 28,3 21,9 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
16 28,4 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
17 28,6 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
18 28,7 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
19 28,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
20 28,8 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer Note ...: n'ayant pas lieu de figurer

Parmi les étudiants étrangers appartenant aux cohortes du début des années 1990 (1990 à 1994), de la fin des années 1990 (1995 à 1999) et du début des années 2000 (2000 à 2004), ce sont les premiers qui étaient les plus susceptibles de devenir des résidents permanents au Canada. En effet, au cours des 10 années ayant suivi l’obtention de leur premier permis d’études, 27 % de la cohorte du début des années 1990 étaient devenus des résidents permanents, les proportions  correspondantes pour les cohortes de la fin des années 1990 et du début des années 2000 étaient de 20 % et 25 % respectivement. Les taux de transition des étudiants étrangers de la cohorte de la fin des années 2000 au cours des cinq années ayant suivi l’obtention de leur permis d’études étaient semblables à ceux de la cohorte du début des années 2000, mais des données seront nécessaires au cours des années à venir afin de vérifier si cette tendance se poursuivra sur des périodes d’observation plus longues.

Non seulement les taux de transition sont différents entre les cohortes, mais ils varient également en fonction de caractéristiques sociodémographiques comme le sexe, l’âge, le niveau de scolarité et le pays d’origine. L’analyse de ces caractéristiques sociodémographiques se fonde aussi sur une période de 10 ans après l’obtention du premier permis d’études (tableau 2).

Tableau 2
Taux de transition cumulatifs vers un statut de résident permanent dans les dix années suivant l’obtention du premier permis d’études
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de transition cumulatifs vers un statut de résident permanent dans les dix années suivant l’obtention du premier permis d’études Date d’obtention du premier permis d’études, 1990 à 1994, 1995 à 1999 et 2000 à 2004, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Date d’obtention du premier permis d’études
1990 à 1994 1995 à 1999 2000 à 2004
pourcentage
Sexe  
Hommes 28 21 26
Femmes 26 19 24
Âge au moment de l’obtention du premier permis d’études  
Moins de 18 ans 33 26 24
De 18 à 24 ans 20 16 25
25 ans ou plus 30 24 28
Niveau d'études au moment de l’obtention du premier permis d’études  
Primaire et secondaire 31 25 25
École de métiers 25 10 13
Autres études postsecondaires 23 17 26
Baccalauréat 22 21 32
Supérieur au baccalauréat 33 42 49
Autre 21 14 15
Pays ou région d’origine  
Europe du Nord et Europe de l’Ouest 14 13 16
Europe du Sud et Europe de l’Est 38 35 36
Afrique 38 46 55
Chine 61 57 47
Inde 47 53 55
Japon 7 6 6
Corée du Sud 23 12 14
Autres pays asiatiques 36 24 32
États-Unis 20 16 16
Autre 24 17 17

Dans toutes les cohortes d’étudiants étrangers, les hommes ont tendance à avoir des taux de transition plus élevés que les femmes, l’écart étant de deux points de pourcentage. Pour ce qui est des différences selon les groupes d’âge, les taux de transition étaient plus faibles chez les étudiants étrangers qui avaient obtenu leur premier permis d’études entre 18 ans et 24 ans, mais seulement pour les cohortes du début et de la fin des années 1990. Au sein de la cohorte du début des années 2000, les taux étaient plus stables d’un groupe d’âge à l’autre, ceux-ci variant de 24 % à 28 %.

En ce qui concerne le niveau de scolarité, les étudiants étrangers de la cohorte du début des années 2000 qui suivaient un programme au niveau du baccalauréat ou à un niveau supérieur affichaient des taux de transition plus élevés que ceux inscrits à des programmes d’autres niveaux. En outre, les taux de transition pour les étudiants universitaires ont augmenté au fil du temps pour les différentes cohortes. En effet, près de la moitié (49 %) des étudiants étrangers appartenant à la cohorte du début des années 2000 ayant effectué des études supérieures ont obtenu la résidence permanente au Canada dans les 10 années suivantes, alors que cette proportion s’établissait à 33 % et à 42 %, respectivement, pour les cohortes du début et de la fin des années 1990. Le taux de transition chez les étudiants étrangers venus au Canada pour étudier au niveau du baccalauréat a également augmenté, passant d’environ 22 % à 32 %.

Ces augmentations sont le résultat de différentes modifications apportées au système des points utilisé pour la sélection des immigrants au cours des années 1990 et 2000. Ces modifications ont renforcé les exigences en matière de formation et de capacités linguistiques pour la sélection des immigrants de la catégorie économique et ont donc probablement profité aux étudiants étrangers venus au Canada pour poursuivre une formation universitaire.

Les taux de transition varient également en fonction du pays ou de la région d’origine. Les étudiants étrangers originaires des pays d’Europe du Nord et d’Europe de l’Ouest, des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud affichent des taux de transition inférieurs à ceux venus d’Europe du Sud et d’Europe de l’Est, des autres régions d’Asie et d’Afrique. On observe en particulier que les taux de transition parmi les étudiants indiens, africains et chinois sont environ trois fois plus élevés que ceux des étudiants originaires d’Europe du Nord, d’Europe de l’Ouest et des États-Unis.

Ces importantes variations du taux de transition selon le pays ou la région d’origine peuvent être expliquées par des différences en matière de développement économique, de possibilités d’emploi et d’environnement social et politique. Il est possible que les étudiants étrangers en provenance de pays affichant un niveau de développement économique et un environnement sociopolitique moins favorables soient plus motivés à obtenir le statut de résident permanent au Canada.

Cette hypothèse est appuyée par la relation entre les taux cumulatifs de transition des étudiants étrangers au bout de 10 ans et le produit intérieur brut (PIB) par habitant (en dollars américains constants de 2005) de leur pays d’origine (graphique 2). Dans ce graphique, chaque bulle représente un pays source. La position de la bulle indique la situation du pays selon le logarithme du PIB par habitant et le taux de transition des étudiants étrangers au Canada arrivés entre 1990 et 2004. La taille de la bulle correspond au nombre d’étudiants. Plus le PIB par habitant du pays d’origine est faible, plus le taux de transition vers le statut de résident permanent parmi les étudiants étrangers au Canada est élevéNote 12.

Description du graphique 2
Tableau de données pour le graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de transition vers un statut de résident permanent dans les dix années suivant l'obtention du premier permis d'études. Les données sont présentées selon Pays de naissance (titres de rangée) et Logarithme du PIB par habitant, Pourcentage de transition dix ans après l’obtention du premier permis d’études, Taille de l’échantillon et Valeurs prédites par la régression, calculées selon pourcentage de transition unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pays de naissance Logarithme du PIB par habitant Pourcentage de transition dix ans après l’obtention du premier permis d’études Taille de l’échantillon Valeurs prédites par la régression
pourcentage de transition
Royaume-Uni et colonies 10,4 26,5 16 345 12,2
Autriche 10,4 9,8 1 440 12,0
Belgique 10,4 14,4 2 864 12,2
Luxembourg 11,1 17,5 126 5,7
Tchécoslovaquie 9,6 35,7 311 19,3
République tchèque 9,2 23,2 706 22,5
République slovaque 8,8 32,7 578 25,5
Danemark 10,6 6,0 2 563 9,9
Estonie 8,7 25,0 132 27,2
Lettonie 8,4 28,9 159 29,4
Lituanie 8,5 34,8 184 28,6
Finlande 10,3 6,2 2 682 12,9
France 10,3 15,6 39 804 12,5
République fédérale d’Allemagne 10,4 8,4 21 569 12,3
Grèce 9,7 25,5 909 17,8
Hongrie 9,0 27,1 1 385 24,2
République d’Irlande 10,4 22,8 941 12,0
Italie 10,2 16,5 2 842 13,3
Malte 9,4 17,6 74 20,4
Pays-Bas 10,4 14,1 2 948 11,6
Norvège 10,9 5,9 2 232 7,4
Pologne 8,6 47,5 2 198 27,5
Portugal 9,7 53,0 607 18,2
Açores 10,2 55,6 18 13,4
Espagne 10,0 7,1 2 954 15,6
Îles Canaries 10,4 0,0 3 12,0
Suède 10,4 5,9 5 116 11,9
Suisse 10,8 10,2 6 163 8,8
Union des républiques socialistes soviétiques 8,3 44,6 166 30,3
Croatie 8,9 43,2 192 25,0
Yougoslavie 7,8 60,4 1 000 34,4
Turquie 8,6 29,3 3 367 27,4
République démocratique d’Allemagne 10,3 0,0 7 13,2
Slovénie 9,5 36,5 96 19,5
Bosnie-Herzégovine 7,2 59,6 94 39,6
Arménie 6,9 77,2 92 42,4
Azerbaïdjan 6,8 49,1 53 43,2
Bélarus 7,6 58,6 249 36,2
Géorgie 6,7 26,0 50 44,4
Kazakhstan 7,8 47,0 266 34,9
Kirghizstan 6,0 43,8 48 50,3
Moldavie 6,4 62,4 133 47,3
Russie 8,3 42,4 3 532 30,6
Tadjikistan 5,5 21,4 28 54,5
Turkménistan 7,3 31,6 19 38,8
Ukraine 7,2 48,7 1 761 39,8
Ouzbékistan 6,1 44,9 89 49,6
Serbie et Monténégro 7,8 75,8 33 34,8
République serbe 7,8 70,0 10 35,0
République du Kosovo 8,0 100,0 3 32,9
Macédoine, ex-République yougoslave 7,7 69,9 73 35,2
Albanie 7,5 56,0 125 37,1
Andorre 10,1 12,5 16 14,2
Bulgarie 7,9 59,4 751 33,6
Gibraltar 10,4 57,1 7 12,3
Islande 10,7 13,1 496 9,6
Liechtenstein 10,3 0,0 21 12,4
Monaco 11,7 32,5 40 0,5
Roumanie 8,2 65,5 1 460 31,4
Saint-Marin 10,4 0,0 3 11,6
Égypte 7,0 52,4 1 609 42,1
Malawi 5,3 17,3 197 57,0
Zambie 6,4 35,3 550 47,1
Zimbabwe 6,2 35,1 890 48,9
République d’Afrique du Sud 8,4 53,5 3 275 29,3
Namibie 8,0 23,1 78 32,7
République unie de Tanzanie 5,6 36,6 1 163 53,6
Algérie 7,9 61,7 1 177 34,0
Kenya 6,2 38,3 2 842 48,4
Maroc 7,4 61,0 6 114 38,3
Tunisie 7,8 51,7 3 899 35,1
Ouganda 5,6 34,4 541 53,9
Angola 6,8 17,1 158 43,3
Lesotho 6,3 7,0 115 47,8
République du Botswana 8,3 9,1 526 30,1
Burundi 5,1 60,1 301 58,0
République fédérale du Cameroun 6,8 55,4 1 799 43,8
République du Tchad 5,9 29,7 172 51,2
République centrafricaine 5,7 42,7 131 52,8
République démocratique du Congo 5,1 54,9 910 58,5
République populaire du Congo 7,4 45,0 260 38,2
République populaire du Bénin 6,2 50,4 677 48,4
Éthiopie 4,9 46,8 489 60,2
Érythrée 5,6 61,8 34 53,7
République du Gabon 8,9 28,7 1 047 24,7
Gambie 6,1 20,3 133 49,8
Ghana 6,0 50,4 1 970 50,3
République de Guinée 5,7 43,8 729 53,5
Guinée-Bissau 6,1 37,5 16 49,8
République de Côte d’Ivoire 6,8 51,0 1 599 43,1
Libéria 5,0 36,7 60 59,2
Libye 8,8 23,5 3 035 25,7
Madagascar 5,7 37,5 432 53,4
République du Mali 5,9 49,0 594 51,1
Mauritanie 6,3 30,3 188 47,9
Mozambique 5,4 27,4 62 55,7
République du Niger 5,5 41,7 343 54,7
Nigeria 6,4 59,2 2 541 47,1
Guinée équatoriale 8,5 12,1 58 28,6
Rwanda 5,5 48,0 325 55,2
Sénégal 6,5 48,0 1 622 45,9
Sierra Leone 5,7 54,2 153 53,2
République démocratique de Somalie 5,8 57,7 267 52,7
République de Djibouti 6,8 40,0 125 43,6
Sahara occidental 6,6 0,0 2 45,2
République démocratique du Soudan 6,5 46,4 183 46,5
Swaziland 7,6 10,2 127 36,4
République du Togo 6,0 58,0 402 50,8
Burkina Faso 5,8 52,0 502 52,2
Afrique (non répertorié ailleurs) 10,4 0,0 6 11,9
Sri Lanka 6,8 57,4 1 618 43,1
République populaire de Chine 7,1 50,2 67 823 41,3
Taïwan 6,8 26,8 28 850 43,4
Hong Kong 9,9 28,2 29 802 16,4
Inde 6,3 53,3 14 174 47,5
Israël 9,8 33,5 2 916 17,4
Japon 10,4 6,5 73 506 11,9
Liban 8,5 59,6 1 989 29,0
Pakistan 6,3 45,1 4 428 47,5
Syrie 7,2 58,7 445 40,2
Bangladesh 5,8 55,2 2 891 52,6
Autorité palestinienne (Gaza/Cisjordanie) 7,1 43,4 152 40,8
Chypre 9,9 21,3 230 16,7
République d’Indonésie 7,0 19,7 5 208 41,8
Iran 7,7 53,4 5 933 35,3
Irak 6,5 60,8 263 46,2
Jordanie 7,6 44,0 925 36,9
Koweït 10,1 36,2 966 14,4
Philippines 6,9 53,0 2 706 42,8
Arabie Saoudite 9,4 14,4 2 846 20,3
Myanmar (Birmanie) 4,9 44,8 174 60,6
Malaisie 8,3 15,4 6 504 30,4
Singapour 9,9 15,2 3 859 16,3
Afghanistan 5,2 75,8 62 57,9
Bahreïn 9,7 20,3 311 18,4
Bhoutan 6,9 5,5 181 42,8
Brunei 10,2 23,4 244 13,8
Cambodge 5,8 56,3 396 52,3
République démocratique populaire de Corée 6,3 20,4 54 47,6
République de Corée 9,6 13,8 101 607 19,1
Laos 5,8 33,9 109 52,6
Macao 9,7 24,4 623 18,5
République populaire de Mongolie 6,6 35,2 54 45,2
Oman 9,3 10,0 241 21,4
Népal 5,6 35,9 529 54,2
Qatar 10,7 18,6 231 9,3
Thaïlande 7,7 11,5 4 511 35,7
Tibet 7,1 100,0 2 41,2
République socialiste du Vietnam 6,1 54,6 3 845 49,3
République du Yémen 6,6 34,7 251 44,9
République démocratique populaire du Yémen 6,3 100,0 1 47,5
Émirats arabes unis 10,2 33,3 1 456 13,4
Asie (non répertorié ailleurs) 6,0 14,9 47 50,1
Australie 10,4 8,6 8 346 12,2
Nouvelle-Zélande 10,0 14,8 1 914 15,1
Nauru 8,9 0,0 2 25,0
Papouasie-Nouvelle-Guinée 6,7 19,8 101 44,2
États-Unis 10,5 17,0 58 974 11,2
Mexique 8,9 9,2 32 690 25,1
Canada 10,3 16,3 129 12,9
Groenland 10,4 2,4 41 12,2
Saint-Pierre-et-Miquelon 10,3 1,8 57 12,7
Bélize 8,0 15,2 165 32,9
Costa Rica 8,2 29,3 652 30,9
Salvador 7,7 48,6 407 35,3
Guatemala 7,6 28,4 479 36,6
Honduras 7,1 35,4 288 40,7
Nicaragua 6,6 33,3 249 45,7
République de Panama 8,3 24,3 440 30,3
Bermudes 11,0 4,8 1 985 6,5
Jamaïque 8,3 47,5 2 935 30,3
République de Trinité-et-Tobago 8,9 40,9 2 721 25,1
La Barbade 9,2 27,9 1 214 22,4
Anguilla 9,2 4,5 22 22,6
Antigua et Barbuda 9,1 16,1 299 23,4
Îles Bahamas 9,9 7,3 1 552 16,6
Îles Caïmans 10,8 6,6 137 8,2
Dominique 8,3 38,6 324 30,7
Grenade 8,3 73,9 586 30,7
Montserrat 9,0 49,0 49 24,3
Nevis 10,3 10,0 20 12,5
Saint-Kitts-et-Nevis 8,9 26,6 139 25,0
Sainte-Lucie 8,5 34,9 764 28,9
Saint-Vincent et Grenadines 8,0 60,4 553 32,6
Îles Turks et Caicos 9,8 8,5 47 17,6
Îles vierges britanniques 10,1 4,4 45 14,9
Cuba 8,0 35,1 405 33,3
République dominicaine 7,9 32,5 314 33,7
Antilles néerlandaises 9,7 20,5 73 18,0
Guadeloupe 10,3 25,9 259 12,5
Haïti 6,2 52,5 1 504 48,9
Martinique 10,3 26,3 274 12,6
Porto Rico 9,9 17,5 80 16,7
Îles vierges américaines 10,5 21,4 14 11,3
Aruba 10,0 25,9 27 15,1
Argentine 8,3 34,3 1 962 30,0
Brésil 8,4 12,9 11 774 29,7
Guyane 7,3 56,5 825 39,2
Chili 8,7 21,7 1 688 27,0
Colombie 8,0 19,0 8 668 32,8
Pérou 7,8 42,2 1 196 34,9
Uruguay 8,5 45,9 259 29,0
Venezuela 8,6 24,2 4 873 28,0
Bolivie 6,9 30,8 305 42,9
Surinam 8,0 56,8 74 32,8
Équateur 7,8 26,5 894 34,8
Guinée française 9,5 55,0 20 19,5
Paraguay 7,2 25,2 163 40,3
Fidji 8,1 45,1 195 32,4
Nouvelle-Calédonie 10,3 19,1 47 13,2
Vanuatu 10,3 19,0 21 12,8
Les Salomons 10,3 27,3 11 12,9
Îles Soloman 10,4 0,0 1 11,9
Tuvalu 10,3 0,0 3 12,7
Commonwealth des Mariannes du Nord 7,5 22,2 9 37,6
Kiribati 7,7 25,0 4 35,5
Guam 7,0 0,0 5 41,8
États fédérés de Micronésie 10,4 0,0 1 11,6
Îles Cook 8,8 0,0 3 25,7
Wallis et Futuna 10,2 100,0 1 13,4
Samoa américaines 7,4 0,0 1 38,3
Samoa occidentales 7,5 17,6 17 37,5
Polynésie française 10,4 15,9 63 12,4
Tonga 7,7 17,4 23 35,5
République des Maldives 7,7 11,6 43 35,5
Île Maurice 8,3 59,3 805 30,2
La Réunion 10,4 15,0 207 12,2
Seychelles 9,2 41,0 78 22,6
Comores 6,5 31,1 61 46,4
Mayotte 7,5 50,0 2 37,7
Îles du Cap-Vert 7,4 18,2 22 38,6
Îles Falkland 10,3 0,0 2 12,7
Sao Tomé-et-Principe 6,6 50,0 4 45,4
République démocratique du Timor-Oriental 5,9 0,0 1 51,5

Caractéristiques des immigrants qui sont des anciens étudiants étrangers

Après avoir considéré la taille et les caractéristiques de la population des étudiants étrangers et les facteurs associés à leur transition vers le statut de résident permanent, nous poursuivons l’analyse de certaines caractéristiques associées aux étudiants étrangers devenus résidents permanents.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, le système de points utilisé par le Canada pour la sélection des résidents permanents de la catégorie de l’immigration économique a été modifié au cours des années 2000. Plus précisément, les demandeurs principaux relevant de cette catégorie reçoivent des points supplémentaires s’ils font partie du groupe d’âge le plus actif, s’ils maîtrisent une langue officielle, s’ils ont une expérience professionnelle au Canada et s’ils détiennent un diplôme universitaireNote 13. Des changements dans les caractéristiques des étudiants étrangers devenus résidents permanents au Canada ont été observés dans les années ayant suivi la mise en œuvre de ces modifications.

Parmi les étudiants étrangers ayant obtenu le droit d’établissement, on constate une augmentation du nombre de leurs années d’études au Canada. Notamment, la proportion d’entre eux ayant fait au moins trois années d’études au Canada est passée de 57 % pour la cohorte du début des années 1990 à 79 % pour la cohorte du début des années 2000. L’allongement de la durée des études rend compte de la proportion croissante d’étudiants étrangers qui fréquentent un établissement postsecondaire plutôt qu’une école primaire ou secondaire, ainsi que de l’augmentation de leur profil d’âge (tableau 3).

Tableau 3
Caractéristiques des immigrants qui sont des anciens étudiants étrangers, au moment de l’obtention du droit d’établissement
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Caractéristiques des immigrants qui sont des anciens étudiants étrangers Date d’obtention du premier permis d’études, 1990 à 1994, 1995 à 1999 et 2000 à 2004, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Date d’obtention du premier permis d’études
1990 à 1994 1995 à 1999 2000 à 2004
pourcentage
Nombre d'années d’études au Canada avant l’obtention du droit d’établissement  
2 ans ou moins 42,6 33,6 20,6
3 à 4 ans 40,5 42,9 52,7
5 ans ou plus 16,9 23,5 26,7
Possédaient un permis de travail au Canada avant l’obtention du droit d’établissement  
Avec un niveau élevé de compétences 19,8 18,1 22,3
Avec un niveau faible de compétences 4,1 2,5 3,6
Niveau de compétences inconnu 17,2 16,8 25,0
Ne possédaient aucun permis de travail 58,9 62,5 49,1
Âge au moment de l’obtention du droit d’établissement  
Moins de 18 ans 24,8 19,1 9,7
De 18 à 24 ans 23,6 18,7 19,6
25 ans et plus 51,6 62,2 70,8
Niveau de scolarité au moment de l’obtention du droit d’établissement  
Primaire et secondaire 43,1 31,4 21,5
École de métiers 5,3 2,9 2,1
Autres études postsecondaires 15,4 16,7 20,1
Baccalauréat 17,0 25,9 35,4
Supérieur au baccalauréat 19,2 23,1 20,8
Connaissance d'une langue officielle du Canada au moment de l’obtention du droit d’établissement  
Langue maternelle anglaise 17,9 15,6 10,2
Langue maternelle française 6,6 8,2 7,1
Autre langue maternelle, parlaient l’anglais 54,6 55,1 62,6
Autre langue maternelle, parlaient le français 3,6 3,0 2,0
Autre langue maternelle, parlaient le français et l’anglais 5,1 8,5 11,3
Ne parlaient ni le français ni l’anglais 12,3 9,8 6,8
Catégorie d’immigration  
Économique, demandeur principal 30,0 39,3 47,7
Économique, conjoint(e) ou personne à charge 32,1 25,8 22,0
Regroupement familial 30,4 27,7 22,5
Réfugié 4,7 6,6 7,7
Autre 2,9 0,6 0,1
Nombre d’observations 41 000 44 000 71 000

Par ailleurs, la proportion des anciens étudiants étrangers âgés de 25 ans ou plus au moment de l’obtention du droit d’établissement est passée de 52 % pour la cohorte du début des années 1990 à 71 % pour la cohorte du début des années 2000, et la proportion de ceux qui étaient détenteurs d’un grade universitaire est passée de 36 % à 56 %, respectivement. La proportion de ceux qui ont obtenu un permis de travail avant leur établissement a également augmenté au fil des cohortesNote 14.

Enfin, des changements d’une cohorte à l’autre ont eu lieu dans les catégories d’admission pour l’obtention du statut de résident permanent. Plus particulièrement, entre la cohorte du début des années 1990 et celle du début des années 2000, la proportion des anciens étudiants étrangers qui ont obtenu leur statut de résident permanent à titre de demandeurs principaux de la catégorie de l’immigration économique est passée de 30 % à 48 %. Cette tendance coïncide avec la modification des politiques d’immigration mentionnée précédemment ainsi qu’avec l’évolution générale des caractéristiques de la population des étudiants étrangers au CanadaNote 15.

En somme, au cours des années 1990 et 2000, les immigrants qui étaient auparavant des étudiants étrangers ont allongé la durée de leurs études au Canada, sont devenus plus susceptibles d’avoir fait des études postsecondaires, plus susceptibles d’avoir obtenu un permis de travail avant leur établissement, et plus susceptibles d’être dans la vingtaine au moment de l’obtention de leur droit d’établissement. La question de savoir si ces changements ont, par la suite, amélioré les résultats de ce groupe sur le marché du travail devra faire l’objet d’une recherche ultérieure.

Conclusion

Cette étude a montré que le nombre d’étudiants étrangers au Canada a graduellement augmenté depuis les années 1990 et que les caractéristiques de cette population ont évolué au fil du temps. Une proportion croissante d’étudiants étrangers arrivent au pays à 18 ans ou plus pour poursuivre des études universitaires. La répartition des régions d’origine a également évolué. Alors que le Japon et les États-Unis constituaient les deux principaux pays d’origine dans les années 1990, ils ont été remplacés par la Corée du Sud et la Chine au début des années 2000, puis par la Chine et l’Inde au début des années 2010.

Cette étude a également examiné les taux de transition des étudiants étrangers vers le statut de résident permanent. Selon la cohorte d’arrivée au Canada, entre 20 % et 27 % des étudiants étrangers sont devenus résidents permanents dans les 10 ans ayant suivi l’obtention de leur premier permis d’études. Cependant, les taux de transitions variaient considérablement selon le pays d’origine. Les étudiants étrangers en provenance des pays les moins développés (ayant un PIB plus faible par habitant) affichaient généralement des taux de transition plus élevés que ceux originaires de pays ayant un PIB par habitant plus élevé.

Enfin, entre le début des années 1990 et le début des années 2000, les modalités de transition vers le statut de résident permanent des étudiants étrangers ont connu un changement majeur. Au fil du temps, les anciens étudiants étrangers sont devenus de plus en plus nombreux à demander le statut de résident permanent à titre de demandeur principal plutôt qu’à titre conjoint ou personne à charge dans le cadre de la catégorie de l’immigration économique ou de la catégorie du regroupement familial. Dans le même ordre d’idées, les anciens étudiants étrangers sont plus nombreux à devenir résidents permanents à un âge d’activité maximale, à maîtriser une langue officielle du Canada ou les deux, et à avoir obtenu de l’expérience professionnelle et un grade universitaire au Canada.

Yuqian Lu est chercheuse et Feng Hou, chercheur principal, à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de Statistique Canada.

Début de l'encadré

Sources de données, méthodes et définitions

Sources de données

La Base de données sur la dynamique canadienne entre employeurs et employés (BDDCEE) est la principale source de données pour cette étude. La BDDCEE est une banque de données d’appariement entre les entreprises et les employés créée et maintenue par Statistique Canada offrant des liens avec divers ensembles de données administratives et contenant différents renseignements sur les entreprises canadiennes et les personnes qu’elles emploient.

Aux fins de l’étude, deux sources de données de la BDDCEE ont été utilisées pour élaborer le fichier d’analyse. La première source est le Fichier des résidents temporaires (RT) de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), qui renferme des données sociodémographiques et administratives tous les résidents non permanents du Canada. Parmi ces derniers, les étudiants étrangers ont été définis comme quiconque a un jour possédé un permis d’études délivré par CIC.

La deuxième source de données est le Fichier d’établissement des immigrants (FEI), qui renferme les caractéristiques socioéconomiques, au moment de leur établissement, des immigrants arrivés au Canada depuis 1980. Dans le cadre de cette étude, nous avons tenu compte des caractéristiques suivantes au moment de l’établissement : niveau le plus élevé de scolarité, catégorie d’immigration, langue maternelle et connaissance autodéclarée des langues officielles.

Dans cet article, le nombre d’étudiants étrangers fait référence au nombre total d’étudiants étrangers venus au Canada et ayant obtenu un permis d’études pour la première fois; on parle alors également du nombre d’entrées « initiales ». La plupart des rapports statistiques publiés par CIC incluent, parmi les étudiants étrangers, ceux dont le permis a été renouvelé ou qui sont revenus au Canada après en être sortis; les chiffres de cette étude ne sont donc pas comparables avec ceux des rapports officiels de CIC.

Fin de l'encadré

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