Les diplômés universitaires ayant des niveaux de compétence moindres en littératie et en numératie

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par Darcy Hango

[Communiqué dans Le Quotidien] [Article intégral en PDF]

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Début du texte

Début de l'encadré

Aperçu de l’étude

Cet article examine la proportion d’adultes de 25 à 65 ans titulaires d’un diplôme universitaire qui se trouvent dans les niveaux inférieurs de l’échelle de compétence en littératie, en numératie, ou les deux, et les facteurs les plus susceptibles d’être associés à des niveaux moindres en littératie ou en numératie chez les diplômés universitaires. Dans cet article, les personnes se trouvant dans les niveaux inférieurs en littératie et en numératie sont définies comme celles ayant obtenu un niveau 2 ou moins (sur 5 niveaux) dans les tests administrés aux répondants qui ont participé au Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA).

  • Parmi tous les adultes canadiens âgés de 25 à 65 ans en 2012, 49 % se situaient dans les niveaux inférieurs de l’échelle de compétence en littératie, 55 % se situaient dans les niveaux inférieurs de l’échelle de compétence en numératie, et 43 % se situaient dans les niveaux inférieurs de l’échelle de compétence en littératie et en numératie.
  • Les diplômés universitaires étaient moins susceptibles que les autres niveaux de scolarité d’être situés dans des niveaux de compétence moindres. Par exemple, 27% des diplômés universitaires se situaient dans les niveaux inférieurs de compétence en littératie, comparativement à 88% de ceux ayant moins d’un diplôme d’études secondaires.
  • Les diplômés universitaires nés à l’étranger étaient plus susceptibles d’être situés dans les niveaux inférieurs en littératie ou en numératie. Par exemple, 45% d’entre eux se situaient dans les niveaux inférieurs en littératie, comparativement à 16% des diplômés universitaires nés au Canada.
  • Parmi les diplômés universitaires nés au Canada, la proportion ayant des niveaux moindres en littératie et en numératie variait en fonction de divers facteurs tels que l’âge, le domaine d’études, et le nombre de livres à la maison à l’âge de 16 ans (variable indiquant le degré de capital culturel).
  • Les diplômés universitaires nés au Canada se trouvant dans des niveaux de compétence moindres étaient tout aussi susceptibles d’occuper un emploi que ceux qui se trouvaient dans les trois niveaux les plus élevés, mais ceux qui occupaient un emploi étaient cependant moins susceptibles de travailler comme professionnels ou gestionnaires.

Fin de l'encadré

Introduction

Un niveau plus élevé de scolarité est généralement associé à de plus grands avantages, particulièrement sur le marché du travail, tant à court terme qu’à plus long termeNote de bas de page 1. Par exemple, une étude récente fondée sur une cohorte de personnes aux premières étapes de leur carrière en 1991 laisse supposer que les hommes canadiens titulaires d’un baccalauréat gagnaient 728 000 $ de plus en moyenne que leurs homologues titulaires d’un diplôme d’études secondaires sur une période de 20 ans. Dans le cas des femmes, la différence entre les niveaux de scolarité élevés et faibles était moins grande, mais substantielle, à environ 442 000 $Note de bas de page 2. Parallèlement, d’autres recherches mesurant les compétences plus directement laissent supposer que des facteurs comme la littératie peuvent aussi avoir des répercussions importantes sur les gainsNote de bas de page 3. D’autres études ont déterminé que plus de la moitié de l’effet de la scolarité sur les gains peut être expliquée par des facteurs cognitifs (comme la littératie)Note de bas de page 4. Des données plus récentes montrent aussi que des compétences cognitives plus grandes, comme la littératie et la numératie, font augmenter les gains — un effet présent dans plus de 20 paysNote de bas de page 5.

Même s’il est bien connu que la scolarité est étroitement liée au marché du travail, on s’aperçoit de plus en plus que les compétences cognitives, séparément et en combinaison avec la scolarité, sont des déterminants importants de la réussite sur le marché du travail. Par conséquent, la connaissance du niveau de compétences, comme la littératie et la numératie, ainsi que du niveau de scolarité, peut contribuer à notre compréhension de la réussite sur le marché du travailNote de bas de page 6. À cette fin, la présente étude examinera les personnes titulaires d’un diplôme universitaire, mais dont les scores obtenus en littératie ou en numératie se situaient dans les niveaux inférieurs. Les résultats récents du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) laissent supposer que, même si les diplômés universitaires ont des niveaux plus élevés de compétences en littératie et en numératie que leurs homologues moins scolarisés, une certaine proportion de diplômés universitaires au Canada se situe à un niveau 2 ou à un niveau inférieur du point de vue des compétences en littératie ou en numératie. En 2012, environ 27 % des diplômés universitaires âgés de 25 à 65 ans se situaient au 2e niveau de compétences ou à un niveau inférieur pour la littératie, tandis que la proportion était de 31 % pour la numératieNote de bas de page 7.

Ce groupe plus scolarisé, mais qui se retrouve au bas de l’échelle de la répartition des compétences, représente ceux qui, outre les titres de scolarité requis, n’ont peut-être pas l’ensemble de compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail. Étant donné que le nombre de titulaires de grades universitaires continue d’augmenter au Canada, il se peut que les employeurs valorisent d’autres qualités, peut-être moins tangibles, comme les compétences en littératie ou en numératie. Ainsi, les différences dans les compétences en littératie et en numératie pourraient expliquer pourquoi des personnes ayant des antécédents scolaires similaires diffèrent parfois du point de vue de leurs résultats sur le marché du travail.

Dans le présent article, de nouvelles données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) sont utiliséesNote de bas de page 8. Le PEICA est une grande enquête qui a recueilli des données sur les compétences en traitement de l’information auprès de jeunes et d’adultes de 16 à 65 ans au Canada et dans 23 autres pays, en 2011 et 2012 (voir Sources de données, méthodes et définitions). Le présent article commence par des statistiques descriptives concernant la proportion de personnes qui se trouvaient dans les niveaux inférieurs de l’échelle de compétence en littératie, en numératie, ou les deux. La deuxième partie de l’article porte sur les caractéristiques des diplômés universitaires ayant des niveaux de compétences moindres, en mettant l’accent sur la population née au Canada. La troisième section du document examine dans quelle mesure des niveaux de compétences moindres pourraient être liées à des résultats plus faibles au chapitre de l’emploi chez les diplômés universitaires.

Des niveaux plus élevés de compétences en littératie et en numératie parmi les diplômés universitaires

Dans le cadre du PEICA, chaque répondant a été évalué afin de mesurer les compétences en traitement de l’information, et a obtenu des scores en numératie et en littératie sur une échelle de mesure allant de 0 à 500. Dans le cas de la littératie, les répondants ont été évalués sur leur capacité de comprendre des textes écrits (imprimés et numériques). Dans le cas de la numératie, les répondants ont été évalués sur leur capacité de comprendre de l’information mathématique « afin de gérer les exigences mathématiques dans un éventail de situations de la vie quotidienne »Note de bas de page 9. Sur la base de ces scores, les répondants peuvent être classés par niveaux (allant du niveau inférieur à 1 au niveau 5). Plus le niveau est élevé, plus les répondants sont capables de traiter des données complexes et de comprendre des représentations complexes.

Puisque l’accent est mis sur les diplômés universitaires dans cette étude, lesquels ont typiquement des niveaux plus élevés de littératie et de numératie en moyenne, il convient de qualifier les individus qui se situent au niveau 2 ou moins comme étant dans les niveaux « inférieurs » de l’échelle de compétence en littératie ou en numératie. Les diplômés universitaires se situant en dessous du niveau 3 n’ont peut-être pas maîtrisé les bases essentielles de la littératie nécessaires pour atteindre des niveaux plus élevés de rendement. En contrepartie, celles qui se trouvent au niveau 3 et aux niveaux supérieurs obtiennent généralement des résultats plus positifs dans les domaines économique, social et scolaire, et pourraient donc être mieux équipés pour occuper des emplois professionnels ou de gestion pour lesquels une formation universitaire est souvent requiseNote de bas de page 10.

En ce qui a trait à la littératie, les personnes se situant au niveau 2 ou à un niveau moindre sont moins susceptibles d’entreprendre des tâches qui nécessitent l’intégration d’information de sources multiples et plus susceptibles d’avoir uniquement la capacité d’entreprendre des tâches de complexité limitée, comme la localisation d’éléments d’information dans de petites sections de texte.

En ce qui a trait à la numératie, les personnes se situant au niveau 2 ou à un niveau inférieur sont moins susceptibles de pouvoir traiter et comprendre des données mathématiques complexes et d’utiliser des modèles mathématiques. Elles sont également moins susceptibles d’avoir recours à des stratégies de résolution de problèmes, et sont plus susceptibles d’avoir uniquement la capacité d’effectuer des opérations mathématiques plus simples (Voir Sources de données, méthodes et définitions)Note de bas de page 11.

Pour l’ensemble de la population âgée de 25 à 65 ans, 49 % des personnes avaient un score en littératie de niveau 2 ou moins, tandis que 55 % avaient un score en numératie de niveau 2 ou moins (graphique 1). Environ 43 % des Canadiens de 25 à 65 ans ont obtenu un score de niveau 2 ou moins à la fois en littératie et en numératie.

Graphique 1 de Regards sur la société canadienne, article 14094

Description du graphique 1

Comme il fallait s’y attendre, il existe une relation positive entre le niveau de scolarité et les compétencesNote de bas de page 12. Non seulement les personnes acquièrent-elles davantage de compétences et améliorent-elles leurs compétences lorsqu’elles suivent un programme d’enseignement, mais ces programmes sont aussi sélectifs au départ au chapitre des compétences. Par exemple, des travaux récents ont démontré le lien entre de plus grandes compétences en lecture à l’âge de 15 ans et la fréquentation de l’université à l’âge de 21 ansNote de bas de page 13. Par ailleurs, les personnes ayant fait des études universitaires sont plus susceptibles de travailler dans des professions qui nécessitent l’utilisation de compétences plus complexesNote de bas de page 14.

On a établi le même rapport dans le PEICA. Par exemple, 27 % des répondants au PEICA âgés de 25 à 65 ans et titulaires d’un diplôme universitaire avaient des compétences en littératie situées dans les niveaux inférieurs (niveau 2 ou moins). Cette proportion passait à 48 % pour les titulaires d’un diplôme d’études postsecondaires inférieur au baccalauréat, à 60 % pour les titulaires d’un diplôme d’études secondaires et à 88 % pour ceux ayant un niveau inférieur à un diplôme d’études secondaires. Une tendance semblable est ressortie entre les catégories de niveau de scolarité pour la numératie, même si les proportions (au niveau 2 ou moins) étaient plus élevées dans chaque catégorie (de 32 % chez les diplômés universitaires à 91 % chez ceux n’ayant pas de diplôme d’études secondaires). Enfin, la proportion de personnes de 25 à 65 ans qui se trouvaient à la fois dans les niveaux moindres de littératie et de numératie variait aussi selon la scolarité, passant de 22 % chez les diplômés universitaires à 85 % chez ceux n’ayant pas de diplôme d’études secondaires.

Les immigrants diplômés universitaires sont plus susceptibles d’être situés dans les niveaux inférieurs de littératie et de numératie

Étant donné qu’une proportion relativement importante de diplômés universitaires au Canada sont nés à l’étranger (environ 4 sur 10), les scores obtenus par les immigrants peuvent influer sur l’ensemble des résultats des diplômés universitaires. Il convient aussi de souligner que tous les répondants ont subi les tests du PEICA en français ou en anglais (y compris les immigrants), ce qui signifie que leurs résultats pourraient dépendre de leur connaissance de la langue du test (81 % des répondants nés à l’étranger qui étaient titulaires d’un diplôme universitaire qui avaient une langue maternelle autre que l’anglais ou le français).

Parmi les diplômés universitaires, environ 45 % de ceux nés à l’étranger étaient situés dans les niveaux inférieurs en littératie (niveau 2 ou moins), tandis que 16 % de ceux nés au Canada étaient dans la même situation (graphique 2). Les résultats pour la numératie étaient semblables : 46 % des immigrants avaient une numératie située à un niveau inférieur (niveau 2 ou moins), tandis que la proportion était de 23 % chez les diplômés nés au Canada. Par ailleurs, 36 % des diplômés universitaires nés à l’étranger affichaient à la fois une numératie et une littératie se situant dans des niveaux inférieurs, comparativement à 12 % de la population universitaire née au Canada. La différence entre les immigrants et les personnes nées au Canada, toutefois, était considérablement réduite lorsque seuls les immigrants ayant obtenu leur diplôme d’une université canadienne étaient pris en considération (voir Résultats selon le lieu des études et le statut d’immigrant).

Graphique 2 de Regards sur la société canadienne, article 14094

Description du graphique 2

Puisque le PEICA a été administré dans d’autres pays, certaines comparaisons internationales sont possibles, notamment avec les États-Unis. Les comparaisons montrent que, dans les deux pays, les proportions de diplômés universitaires dans les niveaux inférieurs en numératie et en littératie étaient relativement semblables (graphique 3). Parmi tous les diplômés universitaires aux États-Unis, 22 % se trouvaient dans les niveaux inférieurs en littératie (comparativement à 27 % au Canada), 31 % se trouvaient dans les niveaux inférieurs en numératie (32 % au Canada), et 18 % se trouvaient dans les niveaux inférieurs dans ces deux domaines (22 % au Canada). L’écart entre les immigrants et ceux nés dans le pays, toutefois, était moindre aux États-Unis — le résultat de taux relativement plus élevés parmi ceux nés aux États-Unis (par rapport aux Canadiens de naissance) et des taux relativement moindres parmi les immigrants aux États-Unis (en comparaison avec leurs homologues au Canada).

Graphique 3 de Regards sur la société canadienne, article 14094

Description du graphique 3

La compréhension des raisons qui font que les immigrants ont des scores plus faibles en numératie et en littératie nécessiterait un examen de la langue, de l’origine ethnique et du lieu des études, entre autres facteurs. Dans un avenir rapproché, les résultats pour les immigrants (et les Autochtones) seront examinés de façon plus exhaustive dans d’autres rapports thématiques. Dans le reste de la présente analyse, seuls les répondants nés au Canada sont inclus, étant donné que les facteurs énoncés ci-dessus ne sont peut-être pas aussi pertinents pour expliquer pourquoi certains diplômés universitaires nés au Canada ont des niveaux plus faibles de compétence en littératie et en numératie.

Caractéristiques associées à des niveaux de compétence moindres en littératie et en numératie chez les diplômés universitaires nés au Canada

Comme il a été observé précédemment, un certain nombre de diplômés universitaires nés au Canada ont obtenu un niveau 2 ou un niveau inférieur dans les tests du PEICA (16 % en littératie et 23 % en numératie). La présente section examine les caractéristiques associées aux diplômés universitaires nés au Canada qui ont des niveaux de compétence moindres en littératie ou en numératie. Les caractéristiques personnelles sont examinées, ainsi que les variables des antécédents familiaux et des antécédents scolaires (tableau 1).

Tableau 1
Proportion de diplômés universitaires nés au Canada âgés de 25 à 65 ans qui avaient un niveau 2 ou moins dans l'échelle des niveaux de compétence, selon diverses caractéristiques socioéconomiques
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion de diplômés universitaires nés au Canada âgés de 25 à 65 ans qui avaient un niveau 2 ou moins dans l'échelle des niveaux de compétence Niveau 2 ou moins, littératie et Niveau 2 ou moins, numératie, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Niveau 2 ou moins, littératie Niveau 2 ou moins, numératie
pourcentage
Sexe  
Hommes (réf.) 13,6 16,8
Femmes 16,2 26,8Note *
Groupe d'âge  
25 à 29 ans 12,3 19,5
30 à 34 ans 11,3 17,4
35 à 39 ans (réf.) 8,6 17,4
40 à 44 ans 13,7 21,2
45 à 49 ans 14,2 22,0
50 à 54 ans 17,9Note * 26,8
55 à 59 ans 23,8Note * 29,0Note *
60 à 65 ans 23,9Note * 29,3Note *
Première langue parlée (langue maternelle)  
Anglais (réf.) 12,7 20,6
Français 18,5Note * 24,0
Autre 23,8Note * 30,3
Province de résidence  
Terre-Neuve-et-Labrador 15,7 23,6
Île-du-Prince-Édouard 15,1 24,5
Nouvelle-Écosse 15,1 22,6
Nouveau-Brunswick 17,6 27,5
Québec 19,4Note * 25,2
Ontario (réf.) 13,0 20,0
Manitoba 17,3 28,6
Saskatchewan 13,1 20,3
Alberta 13,0 20,4
Colombie-Britannique 12,3 21,0
Niveau de scolarité des parents  
Niveau inférieur à un diplôme d'études secondaires (réf.) 26,6 34,7
Au moins un ayant un diplôme d'études secondaires 18,8 26,8
Au moins un ayant fait des EPS inférieures au baccalauréat 11,7Note * 18,7Note *
Au moins un ayant un diplôme universitaire 11,5Note * 18,0Note *
Nombre de livres à la maison à 16 ans  
10 ou moins (réf.) 30,9 39,1
11 à 25 20,5 30,5
26 à 100 17,0 24,0Note *
101 à 200 14,4Note * 20,8Note *
Plus de 200 8,6Note * 15,4Note *
Domaines d'études  
STGM (réf.) 9,4 11,5
Sciences humaines, langues et arts 17,9Note * 29,4Note *
Sciences sociales, commerce et droit 13,1 20,9
Formation des enseignants et sciences de l'éducation 22,2Note * 29,1Note *
Santé et bien-être 15,5 26,5Note *
Niveau de scolarité  
Baccalauréat (réf.) 16,0 23,4
1er diplôme spécialisé (médecine, médecine vétérinaire, médecine dentaire, optométrie, droit, théologie) 13,1 19,3
Maîtrise et doctorat 13,2 19,9

Caractéristiques personnelles

Certaines caractéristiques personnelles pouvant être liées à des compétences moindres en littératie et en numératie chez les diplômés universitaires nés au Canada. Celles-ci comprennent le sexe, l’âge, la langue et la province.

Tout d’abord, les proportions de ceux ayant une numératie de niveau 2 ou moins étaient plus élevées chez les femmes (27 % comparativement à 17 % chez les hommes)Note de bas de page 15. Toutefois, des proportions semblables de femmes et d’hommes avaient une littératie de niveau 2 ou moins (14 % pour les hommes et 16 % pour les femmes)Note de bas de page 16.

Des différences sont aussi ressorties entre les groupes d’âge, même parmi les diplômés universitairesNote de bas de page 17. Les taux de ceux ayant un niveau 2 ou moins en littératie et en numératie étaient les plus bas chez ceux âgés de 35 à 39 ans (avec des pourcentages de 9 % en littératie et de 17 % en numératie). Parallèlement, les pourcentages les plus élevés se retrouvaient chez les 55 ans et plus, environ le quart de cette population ayant des niveaux moindres de littératie et près du tiers, des niveaux moindres de numératie.

Étant donné que cette analyse se limite aux diplômés universitaires nés au Canada, la majorité de ces personnes avaient l’anglais (66 %) ou le français (27 %) comme langue maternelle, tandis que les 7 % qui restent en avaient une autre. Parmi ces personnes dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français, les trois quarts avaient des parents nés à l’extérieur du Canada; il s’agit donc de Canadiens de deuxième génération. Dans cette population, 24 % se trouvaient dans les niveaux inférieurs en littératie, comparativement à 13 % pour ceux qui déclaraient l’anglais comme langue maternelle. À 19 %, les personnes ayant le français comme langue maternelle avaient aussi un taux significativement plus élevé que les personnes dont la langue maternelle était l’anglais. Sur le plan de la numératie, toutefois, les différences entre les trois groupes n’étaient pas significatives.

Le rapport pancanadien du PEICA a permis de déterminer que, parmi toutes les personnes au Canada âgées de 16 à 65 ans, les niveaux moyens de littératie et de numératie étaient les plus élevés en Alberta et les plus faibles à Terre-Neuve-et-LabradorNote de bas de page 18. Toutefois, en ce qui a trait à la probabilité d’avoir une littératie ou une numératie de niveau inférieur pour les diplômés universitaires nés au Canada, il y avait peu de variation entre les provinces. La seule exception était le Québec, qui avait des taux plus élevés de diplômés universitaires dans des niveaux inférieurs de littératie par rapport à l’Ontario (19 % comparativement à 13 %).

Antécédents familiaux

Comme il est indiqué ci-dessus, l’acquisition de compétences en numératie et en littératie est un processus complexe, qui découle de l’interaction entre des expériences de vie complexes, y compris les expériences de travail, les décisions en matière d’éducation, les capacités individuelles et les antécédents familiaux. Le niveau de scolarité des parents est un aspect des antécédents familiaux qui a été recueilli dans le cadre du PEICA.

Les liens entre la scolarité des parents et celle des enfants sont bien fondésNote de bas de page 19. Les parents plus scolarisés peuvent avoir des compétences plus grandes en littératie et en numératie à transmettre à leurs enfants. Les avantages sont aussi évidents chez les diplômés universitaires : dans le cas de la numératie, par exemple, plus du tiers des diplômés universitaires dont les parents n’avaient pas terminé d’études secondaires avaient un niveau 2 ou moins en numératie, comparativement à moins du cinquième de ceux dont les parents étaient diplômés universitaires. Les résultats étaient semblables pour la littératie.

Parmi les autres caractéristiques importantes liées aux antécédents familiaux figure l’accès au capital culturel à un jeune âge. On croit que l’exposition à diverses sources de stimulation intellectuelle pendant l’enfance a des répercussions positives sur les résultats scolairesNote de bas de page 20. Dans le cadre du PEICA, on obtient une approximation de ces sources de capital culturel au moyen du nombre estimé de livres à la maison au moment où les répondants fréquentaient l’école secondaire. La disponibilité de matériel de lecture peut être profitable pour développer et acquérir des compétences, particulièrement des compétences en lecture, au moment du passage à la vie adulte. Même parmi les personnes nées au Canada qui avaient un diplôme universitaire, tous n’avaient pas accès à une masse critique de livres à la maison lorsqu’ils avaient 16 ans. Environ 32 % des diplômés universitaires de 25 à 65 ans nés au Canada ont indiqué qu’ils avaient plus de 200 livres chez eux lorsqu’ils avaient 16 ans, tandis que 6 % avaient accès à 10 livres ou moins.

Comme il fallait s’y attendre, les diplômés universitaires nés au Canada qui avaient 10 livres ou moins à la maison à l’âge de 16 ans étaient plus susceptibles de se retrouver dans les niveaux inférieurs en littératie (31 %). Cette proportion diminuait d’un groupe à l’autre, pour s’établir à 9 % dans le cas des diplômés universitaires qui avaient plus de 200 livres. Le même constat a été effectué en ce qui a trait à la numératie : la proportion qui se trouvaient dans les niveaux inférieurs chez ceux qui avaient 10 livres ou moins était de 39 %, un taux significativement plus élevé que pour ceux qui avaient de 101 à 200 livres (21 %) et ceux qui avaient plus de 200 livres (15 %).

Antécédents scolaires

Il se peut que les personnes acquièrent davantage de compétences dans certains programmes d’enseignement ou que les étudiants ayant de meilleures compétences se concentrent dans certains types de programmes. Par conséquent, le type d’expérience scolaire peut aussi être un déterminant des compétences en littératie et en numératie chez les adultes. Les résultats sont comparés pour cinq types de programmes d’enseignement.

Tant pour la littératie que la numératie, les proportions les moins élevées de personnes ayant un niveau 2 ou inférieur se retrouvaient chez les diplômés d’un programme en sciences, en technologies, en génie, en mathématiques et en sciences informatiques, aussi appelés STGM (9 % pour la littératie et 12 % pour la numératie). En ce qui a trait à la numératie, les différences entre les diplômés des programmes STGM et d’autres types de programmes d’enseignement étaient prévisibles, la plupart des programmes faisant généralement intervenir des techniques mathématiques plus complexes, et les diplômés de ces programmes étant plus susceptibles d’occuper des emplois leur permettant de maintenir ces compétences. Toutefois, même dans le cas de la littératie, la proportion obtenue par les diplômés des programmes STGM était significativement moins élevée que celle obtenue par les diplômés des programmes de formation des enseignants et des sciences de l’éducation (22 %), et les diplômés en sciences humaines, langues et arts (18 %). Cette constatation pourrait faire ressortir la nature plus sélective des programmes STGM, particulièrement en ce qui a trait aux compétences nécessitant une plus grande capacité en mathématiquesNote de bas de page 21.

Enfin, aucune différence significative n’a été déterminée entre les diplômés ayant un baccalauréat et ceux ayant une maîtrise ou un doctorat, ou encore ceux ayant obtenu un premier diplôme spécialisé (p. ex., en médecine, en médecine dentaire ou en optométrie).

Certaines des variables abordées ci-dessus sont reliées. Par exemple, le niveau de scolarité des parents est étroitement corrélé avec le nombre de livres à la maison à l’âge de 16 ans. Toutefois, lorsque les variables sont prises ensemble dans des modèles de régression logistique (avec une variable dépendante égale à 1 si le répondant est situé au niveau 2 ou inférieur, et égale à 0 autrement), les différences selon le sexe, le groupe d’âge, le nombre de livres à la maison à l’âge de 16 ans et le domaine d’études demeurent significatives. Par contre, les différences selon la première langue parlée et le niveau de scolarité des parents n’étaient plus significatives. Dans ce dernier cas, cela vient probablement de l’association étroite entre la scolarité des parents et d’autres variables de contrôle, particulièrement le nombre de livres à la maison à l’âge de 16 ans et l’âge (c.-à-d. que les répondants plus âgés sont moins susceptibles d’avoir des parents titulaires d’un diplôme universitaire).

Résultats au chapitre de l’emploi des diplômés universitaires situés dans les niveaux de compétence moindres

Dans cette section, les liens entre les niveaux de compétence plus faibles et les résultats au chapitre de l’emploi sont examinés pour les adultes âgés de 25 à 65 ans nés au Canada et titulaires d’un diplôme universitaire. Plus précisément, deux questions sont examinées : 1) les diplômés universitaires ayant des niveaux de compétence moindres en numératie ou en littératie sont-ils moins susceptibles d’occuper un emploi que ceux ayant des compétences plus élevées? et 2) parmi ceux qui sont occupés, ceux ayant des compétences moins grandes en littératie et en numératie sont-ils moins susceptibles de travailler dans des professions hautement qualifiées?

On peut répondre aux deux questions au moyen de modèles multivariés. Dans les modèles d’emploi, la variable dépendante est égale à 1 si le répondant est occupé et égale à 0 autrement. Trois ensembles de variables dépendantes sont alors appliqués. Dans le premier ensemble, seulement une variable est incluse, indiquant si le répondant a des compétences de niveau 2 ou moins en littératie (ou en numératie). Dans les modèles subséquents, les variables démographiques et celles liées à la scolarité sont incluses pour tenir compte des facteurs autres que les compétences qui peuvent influer sur la probabilité d’emploi. Des modèles séparés sont appliqués pour la littératie et la numératieNote de bas de page 22.

Les résultats du premier modèle montrent que le fait d’avoir un niveau 2 ou moins en littératie était associé à une diminution de 10 points de pourcentage de la probabilité d’être occupé par rapport à ceux qui avaient des compétences de niveau 3 ou plus (tableau 2). Autrement dit, les diplômés universitaires qui avaient un niveau 2 ou moins affichaient une probabilité de 79 % d’être occupés, comparativement à 89 % chez ceux ayant un niveau 3 ou plus. Les résultats pour la numératie plus faible étaient semblables, ceux ayant un niveau 2 ou moins en numératie affichant une réduction de 8 points de pourcentage de la probabilité d’emploi (ou 81 %, comparativement à 89 % pour ceux ayant des compétences de niveau 3 ou plus).

Tableau 2
Lien entre les niveaux de compétence et la probabilité d'occuper un emploi, diplômés universitaires nés au Canada âgés de 25 à 65 ans
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Lien entre les niveaux de compétence et la probabilité d'occuper un emploi Modèle 1, Modèle 2 et Modèle 3(figurant comme en-tête de colonne).
  Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
Variables indiquant les niveaux de compétence seulement Facteurs démographiques ajoutés Facteurs liés à la scolarité ajoutés
Effets marginaux de la probabilité d'occuper un emploiNote 1 points de pourcentage
Littératie (réf. : niveau 3 ou plus)  
Niveau 2 ou moins -9,8Note * -4,1 -3,5
Probabilités prédites pourcentage
Niveau 3 ou plus 88,9 91,3 91,4
Niveau 2 ou moins 79,0 87,2 87,9
Numératie (réf. : niveau 3 ou plus) points de pourcentage
Niveau 2 ou moins -8,0Note * -3,9 -3,2
Probabilités prédites pourcentage
Niveau 3 ou plus 89,2 91,5 91,6
Niveau 2 ou moins 81,2 87,7 88,4

Toutefois, lorsque d’autres variables démographiques ou scolaires sont incluses dans le modèle, la différence entre les personnes moins qualifiées et plus qualifiées diminue au point de devenir non significative. Cela laisse supposer que, dans le cas de l’emploi, de plus faibles niveaux en littératie et en numératie ne sont pas liés à la probabilité d’être occupé — du moins chez les diplômés universitaires nés au Canada.

Des modèles semblables peuvent être utilisés parmi la population occupée pour déterminer si des plus faibles niveaux de compétence sont associés à une probabilité plus faible d’être occupé dans des professions nécessitant habituellement un diplôme universitaire (soit des « professionnels ») ou dans des professions de la gestion. En 2012, 85 % des diplômés universitaires nés au Canada qui avaient un emploi travaillaient dans de telles professionsNote de bas de page 23.

Les résultats du premier modèle (avec uniquement la variable des compétences comme variable explicative) montrent que, parmi les diplômés universitaires qui occupaient un emploi en 2012, ceux ayant des compétences de niveau 2 ou moins en littératie ou en numératie avaient une probabilité de 8 ou 10 points de pourcentage moins élevée, respectivement, que ceux ayant des compétences plus grandes de travailler comme professionnels ou gestionnaires (tableau 3). Lorsque ces résultats sont exprimés sous forme de proportions, 82 % des diplômés universitaires occupés ayant un niveau 2 ou inférieur en littératie travaillaient comme professionnels ou gestionnaires, comparativement à 90 % chez les diplômés universitaires occupés ayant un niveau 3 ou plus. Dans le cas de la numératie, les résultats étaient de 82 % chez ceux ayant un niveau 2 ou moins et de 91 % chez ceux ayant un niveau 3 ou plus.

Tableau 3
Lien entre les niveaux de compétence et la probabilité d'occuper un emploi à titre de gestionnaire ou professionel, diplômés universitaires nés au Canada âgés de 25 à 65 ans qui occupaient un emploi
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Lien entre les niveaux de compétence et la probabilité d'occuper un emploi à titre de gestionnaire ou professionel Modèle 1, Modèle 2 et Modèle 3(figurant comme en-tête de colonne).
  Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3
Variables indiquant les niveaux de compétence seulement Facteurs démographiques ajoutés Facteurs liés à la scolarité ajoutés
Effets marginaux du fait d'être occupé dans des professions qualifiéesNote 1 points de pourcentage
Littératie (réf. : niveau 3 ou plus)  
Niveau 2 ou moins -8,4Note * -8,3Note * -7,2
Probabilités prédites pourcentage
Niveau 3 ou plus 90,5 91,5 93,2
Niveau 2 ou moins 82,0 83,2 85,9
Numératie (réf. : niveau 3 ou plus) points de pourcentage
Niveau 2 ou moins -9,6Note * -9,5Note * -7,5Note *
Probabilités prédites pourcentage
Niveau 3 ou plus 91,3 92,3 93,7
Niveau 2 ou moins 81,7 82,8 86,2

Toutefois, et contrairement aux résultats pour l’emploi, l’effet associé aux compétences ne disparaît pas entièrement une fois les autres variables incluses dans le deuxième ou le troisième modèle (du moins dans le cas de la numératie). À partir des résultats du troisième modèle, par exemple, les diplômés universitaires ayant des compétences de niveau 2 ou moins en numératie affichaient une probabilité d’emploi dans des professions qualifiées d’environ 8 points de pourcentage moins élevée que les personnes ayant des compétences de niveau 3 ou plus, même une fois prises en compte les autres variables démographiques et scolaires. Les résultats pour la littératie, toutefois, indiquent qu’une fois les facteurs scolaires pris en compte dans le modèle 3, les répercussions de la littératie sur la probabilité de travailler dans une profession qualifiée deviennent non significatives.

Ces résultats montrent que les diplômés universitaires ayant des niveaux différents de compétences sont tout aussi susceptibles d’être occupés, mais pas nécessairement aussi susceptibles d’occuper le même type d’emploi puisque ceux qui se trouvent dans les niveaux inférieurs de compétence (au moins dans le cas de la numératie) sont significativement moins susceptibles de travailler dans des professions qualifiées que leurs homologues qui ont des compétences plus élevéesNote de bas de page 24. Ces résultats rendent compte des associations entre les variables, mais n’indiquent pas nécessairement un lien de cause à effet. Autrement dit, le fait que les personnes occupées soient moins susceptibles de travailler dans des professions qualifiées lorsqu’elles ont des compétences de moindre niveau ne signifie pas nécessairement que ces personnes avaient des compétences plus faibles au départ. Le type d’emploi peut aussi avoir des répercussions sur les compétences, par exemple, si les travailleurs n’utilisent pas les compétences habituellement acquises à l’université sur une base régulière, ils peuvent les perdre dans une certaine mesure. D’autres recherches seront nécessaires pour comprendre la dynamique entre les compétences plus faibles et les professions peu qualifiées.

Conclusion

Les compétences comme la littératie et la numératie sont des facteurs importants de l’intégration économique des diplômés universitaires. Par conséquent, le fait que les diplômés ayant des niveaux de scolarité similaires ont des degrés divers de réussite sur le marché du travail devient un important domaine de préoccupation, non seulement pour les employés potentiels, mais pour les employeurs et la société en général. En 2012, environ 16 % des diplômés universitaires âgés de 25 à 65 ans nés au Canada ont obtenu un score de niveau 2 ou moins en littératie (sur les cinq catégories déterminées par le PEICA) et 23 % ont obtenu un score de niveau 2 ou moins en numératie.

En ce qui a trait aux caractéristiques les plus associées à de plus faibles niveaux de compétence chez les diplômés universitaires nés au Canada, trois constatations ont une importance particulière : les individus plus âgés étaient plus susceptibles de se retrouver dans des niveaux moindres de compétence que leurs homologues plus jeunes; le domaine d’études des diplômés universitaires était un autre facteur explicatif important, puisque les diplômés des STGM affichaient des niveaux plus élevés de compétence; et plus le nombre de livres à la maison lorsque le répondant était âgé de 16 ans était élevé, moins celui-ci était susceptible de se retrouver dans des niveaux de compétence moindres à l’âge adulte. Ces résultats laissent supposer que ceux qui profitent d’un niveau plus élevé de capital culturel pendant leur jeunesse finissent par avoir des compétences plus élevées en littératie et en numératie, même à l’intérieur de la population des diplômés universitaires.

Même si des niveaux moindres de compétence en littératie et en numératie ne semblaient pas affecter les probabilités d’emploi des diplômés universitaires, elles comportaient un lien avec le type de profession des personnes occupées. Plus précisément, ceux dont le niveau de compétence était moindre (particulièrement en numératie) affichaient une probabilité d’au moins 8 points de pourcentage moins élevée de travailler comme gestionnaires ou professionnels, même une fois pris en compte les autres facteurs démographiques et scolaires. Ces résultats ne fournissent pas de réponses claires permettant de déterminer pourquoi certains diplômés universitaires se retrouvent avec des compétences moindres à l’âge adulte, puisque les scores de niveau de compétences sont le résultat d’une vaste gamme d’expériences scolaires, personnelles et de travail. Ils peuvent toutefois contribuer à expliquer pourquoi un certain degré d’inadéquation peut exister entre certains diplômés universitaires et le type de profession qu’ils occupent.

Darcy Hango est chercheur au Centre de la statistique de l’éducation de Statistique Canada.

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