Évolution des professions
Une autre façon d’analyser l’évolution de l’emploi pendant le repli et la période de reprise subséquente est d’étudier la variation de l’emploi entre les professions, encore là en examinant les professions procycliques, contracycliques, celles ayant connu une croissance à la fois durant le repli et la reprise, et celles ayant subi une baisse durant le repli et la repriseNote 1.
La plupart des catégories de profession étaient procycliques. Bien que les catégories « transformation, fabrication et services d’utilité publique » et « métiers, transport et machinerie et domaines apparentés » aient subi des pertes (graphique A.1), elles ont récupéré environ 50 % des emplois perdus au cours de la période de reprise qui a suivi. De même, la catégorie « gestion » a perdu 4 % de ses emplois et en a récupéré 1 % lors de la reprise. D’autres professions procycliques ont gagné plus d’emplois au cours de la période de reprise qu’elles n’en avaient perdu pendant la récession. L’emploi dans les professions du secteur de la santé a diminué de moins de 1 % pendant le repli, mais il a ensuite connu une croissance relativement forte de 9 % lors de la reprise.

Les professions dans la catégorie « sciences sociales, enseignement, administration publique et religion » ont affiché une augmentation de presque 3 % pendant la récession et la période de reprise. Aucun des groupes de professions n’a subi un recul soutenu pendant toute la période, et un groupe s’est révélé contracyclique, soit celui de la catégorie « arts, culture, loisirs et sports ».
Depuis janvier 2011, les niveaux d’emploi dans les groupes de professions ont augmenté à divers degrés (tableau A.1). Le groupe « sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés » a connu la plus forte hausse, soit 114 000 emplois. Vient ensuite le groupe « métiers, transport et machinerie et domaines apparentés » avec 105 000 emplois. Cette croissance s’est surtout concentrée dans les services professionnels, scientifiques et techniques. Cependant, les entreprises de cette industrie ont également perdu en même temps de nombreux emplois administratifs (affaires, finance et administration), ce qui explique pourquoi l’emploi a peu varié au cours de cette période dans les services professionnels, scientifiques et techniques.
Tableau A.1
Variation de l'emploi selon la profession, janvier 2011 et février 2013
| Janvier 2011 | Février 2013 | Variation | ||
|---|---|---|---|---|
| en milliers | en milliers | pourcentage | ||
| Emploi total, toutes les professions | 17 233,5 | 17 696,4 | 462,9 | 2,7 |
| Gestion | 1 509,2 | 1 502,9 | -6,3 | -0,4 |
| Affaires, finance et administration | 3 154,4 | 3 157,4 | 3,0 | 0,1 |
| Sciences naturelles et appliquées | 1 243,5 | 1 357,2 | 113,7 | 9,1 |
| Secteur de la santé | 1 137,7 | 1 183,3 | 45,6 | 4,0 |
| Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion | 1 599,1 | 1 659,2 | 60,1 | 3,8 |
| Arts, culture, sports et loisirs | 525,0 | 595,2 | 70,2 | 13,4 |
| Vente et services | 4 178,3 | 4 261,6 | 83,3 | 2,0 |
| Métiers, transport et machinerie | 2 529,5 | 2 634,0 | 104,5 | 4,1 |
| Professions propres au secteur primaire | 539,9 | 557,4 | 17,5 | 3,2 |
| Transformation, fabrication et services d'utilité publique | 817,0 | 788,2 | -28,8 | -3,5 |
| Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2011 et 2013. CANSIM, tableau 282-0093. | ||||
Enfin, pour déterminer quelles compétences sont actuellement en demande, il peut être utile de savoir quels sont les niveaux de compétences associés aux professions qui connaissent la plus forte croissance. Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) classe les professions en quatre groupes en fonction du niveau de compétences requis :
- les professions en gestion;
- les professions qui exigent habituellement des études universitaires;
- les professions qui exigent des études collégiales ou une formation en apprentissage;
- les professions qui exigent des études secondaires ou une formation propre à une profession et les professions pour lesquelles une formation en cours d’emploi est habituellement fournie.
Au cours des deux années ayant suivi la reprise (janvier 2011 à janvier 2013, les professions qui exigent des études collégiales ou une formation en apprentissage ont affiché la hausse la plus marquée de l’emploi, tant en chiffres absolus (267 000) qu’en pourcentage (5 %)Note 2. Les professions qui exigent des études universitaires ont connu une croissance de 120 000 emplois (4 %) au cours de cette période. L’augmentation a été moins forte dans le cas des professions qui exigent des études secondaires ou moins (62 000 ou 1 %), alors que le nombre de professions en gestion a diminué légèrement (-1 % ou 18 000 personnes) au cours de cette période.
Notes
- Comme on ne dispose pas de données comparables sur les classifications de l’emploi pour la période antérieure à 1991, il a été impossible d’établir des statistiques similaires basées sur les professions pour le début des années 1990 et le début des années 1980.
- Cette analyse n’a pu être étendue à février 2013 parce que les données désaisonnalisées à partir desquelles les compétences ont été dérivées n’étaient pas disponibles. Par conséquent, l’analyse sur l’évolution de l’emploi par catégorie de compétences est basée sur des données non désaisonnalisées sur la période de deux ans allant de janvier 2011 à janvier 2013.
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