Immigrants exerçant des professions réglementées

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Par Danielle Zietsma

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En 2006, on dénombrait 3,6 millions d'immigrants dans la population active du Canada, dont bon nombre possédaient un niveau de scolarité élevé. Depuis quelques années, le niveau de scolarité des nouveaux immigrants augmente à un point tel qu'en 2006, 42 % des immigrants qui étaient arrivés au Canada depuis 2001 étaient titulaires d'un grade universitaire. Parallèlement, 16 % des Canadiens de naissance possédaient un grade universitaire. Outre leur niveau de scolarité élevé, beaucoup de ces immigrants possédaient également une expérience de travail à l'étranger.

L'un des principaux objectifs de la politique d'immigration du Canada est de combler les lacunes qui existent sur le marché du travail. En raison du vieillissement de la génération du baby­boom, certaines pénuries de main­d'œuvre sont apparues sur le marché canadien du travail, particulièrement dans les professions liées aux soins de santé (comme les médecins, les infirmières, les pharmaciens) et dans les postes de direction. On prévoit que les pénuries se poursuivront à mesure que les baby­boomers quitteront le marché du travail (Ressources humaines et Développement des compétences Canada, 2007). Certaines prévisions laissent supposer que les immigrants pourraient représenter la presque totalité de la croissance de la population active, dès 2011 (Statistique Canada, 2003).

Malgré leur niveau de scolarité élevé, beaucoup de nouveaux immigrants doivent se débattre sur le marché du travail. En 2006, les immigrants qui étaient établis au Canada depuis moins de 10 ans présentaient des taux de chômage plus élevés et des taux d'emploi plus faibles que les Canadiens de naissance. De plus, nombre de ces immigrants ne parvenaient pas à trouver de l'emploi dans les domaines qu'ils avaient choisis. En outre, depuis quelques années, les immigrants sont devenus plus susceptibles de vivre en situation de faible revenu (Picot, Hou et Coulombe, 2007).

Les nouveaux immigrants au Canada indiquent qu'ils éprouvaient plusieurs difficultés sur le marché canadien du travail, les plus importantes étant le manque d'expérience de travail au Canada, le manque de contacts sur le marché de l'emploi et les titres de compétences étrangers non reconnus (Schellenberg et Maheux, 2007). D'autres sources laissent entendre que les nouveaux arrivants ne savent peut­être pas faire reconnaître leurs compétences, que les employeurs ne connaissent peut­être pas suffisamment les titres de compétences étrangers, et qu'il y a peut­être de véritables différences de qualité des titres de compétences étrangers par rapport aux titres de compétences nationaux (Kustec, Thompson et Xue, 2007).

Pour de nombreuses professions, l'embauche est fondée sur la décision de l'employeur, qui estime que le candidat possède une combinaison acceptable d'études et d'expérience pour effectuer le travail. Pour les personnes qui cherchent du travail dans les professions réglementées, un autre obstacle s'ajoute. Les professions réglementées sont régies par des organismes provinciaux de réglementation ou des associations professionnelles, et elles comportent des exigences très précises à propos des titres de compétences requis pour exercer la profession. La présente étude est axée sur les professions réglementées, car il existe un lien évident entre les attestations de diplômes et la capacité de répondre aux exigences de la profession.

De nombreuses professions pour lesquelles les immigrants ont reçu une formation sont réglementées, notamment le génie, la médecine, les soins infirmiers et l'enseignement. Pour les immigrants qui désirent exercer une profession réglementée, la pratique de cette profession à l'extérieur du Canada est considérée comme insuffisante, et ils doivent prouver que leurs titres de compétences étrangers répondent aux normes canadiennes.

En 2006, parmi le 1,5 million d'immigrants ayant fait des études universitaires et qui étaient en âge de travailler (âgés de 15 ans ou plus), 41 % avaient étudié dans des domaines qui conduisent habituellement à une profession réglementée, comparativement à 39 % des diplômés universitaires qui sont Canadiens de naissance.

La présente étude examine dans quelle mesure, en 2006, les immigrants ayant étudié dans des domaines qui conduisent habituellement à une profession réglementée exerçaient cette profession (voir Source des données et définitions). Par exemple, dans quelle mesure les immigrants titulaires d'un diplôme en génie réussissent­ils à trouver un poste d'ingénieur? L'étude examine ensuite dans quelle mesure ce taux d'appariement varie d'une province à l'autre et selon le pays d'origine de l'immigrant et le nombre d'années passées au Canada. Enfin, elle considère le type de travail accompli par les personnes qui n'exercent pas la profession pour laquelle ils avaient étudié.

1,8 million de diplômés dans les domaines d'études conduisant à des professions réglementées

En 2006, il y avait 1,8 million de titulaires d'un grade universitaire au Canada dans des domaines d'études qui conduisent habituellement à l'exercice d'une profession réglementée. De ce nombre, 208 700 étaient des immigrants ayant étudié au Canada et 403 900 étaient des immigrants ayant étudié à l'étranger (tableau 1).

Les immigrants ayant un diplôme dans un domaine d'études réglementé qui avaient étudié à l'extérieur du Canada présentaient un taux de chômage qui était beaucoup plus élevé que celui des immigrants titulaires d'un diplôme semblable qui avaient étudié au Canada. En 2006, les immigrants ayant étudié à l'étranger dans des domaines réglementés présentaient un taux de chômage de 7,0 %, alors que les immigrants ayant obtenu un diplôme au Canada dans un domaine d'études réglementé présentaient un taux de chômage de 4,2 %, ce qui représentait un écart de 2,8 points de pourcentage.

Diplômés en génie plus nombreux parmi les immigrants

En 2006, la répartition des domaines d'études différait entre les immigrants et les personnes nées au Canada. Parmi les immigrants ayant étudié dans un domaine qui conduit habituellement à une profession réglementée, plus de la moitié (52 %) des diplômés ayant étudié à l'étranger étaient titulaires d'un diplôme en génie (tableau 2). Parmi les personnes nées au Canada, l'enseignement arrivait au premier rang des domaines d'études (47 %) et le génie, au deuxième rang (17 %).

Immigrants ayant étudié à l'étranger : moins susceptibles de travailler dans leur domaine d'études

Les immigrants ayant étudié à l'étranger dans des domaines qui conduisent habituellement à des professions réglementées étaient moins susceptibles d'exercer ces professions, comparativement aux Canadiens de naissance. En 2006, parmi les personnes occupées, 62 % des Canadiens de naissance exerçaient la profession réglementée pour laquelle ils avaient reçu une formation, par rapport à seulement 24 % des immigrants ayant étudié à l'étranger.

Le nombre d'années que les immigrants avaient vécues au Canada ainsi que l'endroit où ils avaient étudié influaient sur leur aptitude à trouver de l'emploi dans la profession réglementée pour laquelle ils avaient étudié. En 2006, quel que soit le nombre d'années vécues au Canada, les immigrants qui avaient étudié au Canada présentaient des taux d'appariement beaucoup plus élevés que ceux qui avaient étudié à l'étranger (graphique A). Ceux qui étaient arrivés au Canada en 1996 ou avant et qui étaient titulaires d'un diplôme canadien présentaient des taux d'appariement qui étaient deux fois plus élevés que ceux de leurs homologues ayant étudié à l'étranger. En fait, les taux d'appariement augmentaient pour les immigrants ayant étudié à l'étranger et ceux ayant étudié au Canada lorsqu'ils étaient établis au Canada depuis plus longtemps.

Bien que les différences dans les taux d'appariement des immigrants ayant étudié au Canada et de ceux ayant étudié à l'étranger et qui sont établis au Canada depuis le même nombre d'années indiquent que les immigrants ayant étudié au Canada ne se heurtent pas à l'obstacle de la reconnaissance des titres de compétences étrangers (et sont moins susceptibles de posséder une expérience de travail à l'étranger), elles reflètent également d'autres facteurs. Par exemple, les différences peuvent également indiquer que ces immigrants sont plus susceptibles de parler une langue officielle avec davantage de facilité, de mieux connaître le marché canadien du travail et d'avoir établi davantage de réseaux qui les aident à trouver de l'emploi.

Pour mettre l'accent sur la reconnaissance des titres de compétences étrangers, on a exclu de l'échantillon pour le reste de l'étude les immigrants qui ont obtenu leur grade universitaire au Canada.

Immigrants ayant étudié à l'étranger : moins susceptibles de trouver de l'emploi dans les professions pour lesquelles ils ont reçu une formation

Les Canadiens de naissance et les immigrants ayant étudié à l'étranger dans les professions réglementées du domaine de la santé présentaient généralement les taux d'appariement les plus élevés (tableau 3). Ces professions sont notamment la médecine, l'érgothérapie, la chiropratique et les sciences infirmières. Tandis que ces domaines présentaient des taux d'appariement élevés pour les Canadiens de naissance, il n'en était pas toujours de même pour les immigrants ayant étudié à l'étranger. Les immigrants qui avaient reçu une formation de chiropraticien présentaient un taux d'appariement comparable à celui des Canadiens de naissance (84 % contre 87 %). Les immigrants qui avaient reçu une formation en soins infirmiers et en ergothérapie présentaient des taux d'appariement inférieurs à ceux de leurs homologues qui étaient Canadiens de naissance (56 % comparativement à 73 % pour les infirmières; et 65 % comparativement à 82 % pour les ergothérapeutes), mais ils présentaient néanmoins certains des taux d'appariement les plus élevés parmi les immigrants ayant étudié à l'étranger.

Parmi les professions de la santé, la médecine vétérinaire présentait l'un des taux d'appariement les plus bas pour les immigrants (29 % contre 83 % pour les Canadiens de naissance). Parmi les Canadiens de naissance qui avaient étudié en dentisterie, 90 % exerçaient la profession de dentiste, comparativement à 44 % des immigrants.

Les immigrants qui avaient étudié en droit à l'extérieur du Canada présentaient le taux d'appariement le plus bas parmi tous les domaines d'études conduisant à une profession réglementée. Alors que 69 % des Canadiens de naissance qui avaient étudié en droit exerçaient la profession d'avocat, le pourcentage correspondant était de 12 % pour les immigrants; les Canadiens de naissance titulaires d'un diplôme en droit étaient ainsi presque six fois plus susceptibles que les immigrants d'exercer la profession d'avocat.

Pour les immigrants, le génie était le domaine d'études le plus courant dans les professions réglementées. Parmi les 157 900 immigrants qui avaient étudié en génie et qui étaient occupés, 30 000 étaient ingénieurs, soit un taux d'appariement de 19 %. Un peu plus de Canadiens de naissance diplômés avaient étudié en génie (167 300), mais ils présentaient un taux d'appariement plus de deux fois plus élevé que celui des immigrants (42 %).

Tandis que 92 % des Canadiens de naissance qui avaient étudié la médecine exerçaient la profession de médecin en 2006, les immigrants ayant étudié dans le même domaine étaient moins susceptibles d'exercer cette profession (56 %).

Taux d'appariement selon la province

Alors que les taux d'appariement parmi les Canadiens de naissance étaient semblables d'une province à l'autre, les taux d'appariement des immigrants ayant étudié à l'étranger étaient plus variés (tableau 4). Les taux d'appariement provinciaux des Canadiens de naissance se situaient entre 59 % et 65 %, alors que pour les immigrants, ils atteignaient un creux de 19 % au Québec et un sommet de 60 % à Terre­Neuve­et­Labrador.

Les immigrants ayant étudié à l'étranger et qui vivaient dans les provinces canadiennes les plus populaires parmi les immigrants (Ontario, Colombie­Britannique et Québec) présentaient les taux d'appariement les plus bas. Les immigrants au Québec étaient les moins susceptibles de faire carrière dans leur domaine d'études : 19 % des immigrants exerçaient la profession réglementée la plus couramment associée à leur domaine d'études. La Colombie­Britannique arrivait au deuxième rang avec un taux d'appariement de 22 %, puis l'Ontario, avec un taux de 24 %. Dans toutes ces provinces, les taux d'appariement des immigrants correspondaient à moins de la moitié des taux d'appariement des Canadiens de naissance dans leur province respective.

Terre­Neuve­et­Labrador présentait le taux d'appariement le plus élevé pour les immigrants (60 %), soit trois points de pourcentage de moins que les Canadiens de naissance de la province. Toutefois, leur nombre était faible : 605 au total.

Bien que la combinaison de domaines d'études puisse avoir une incidence sur les taux d'appariement provinciaux globaux, d'autres facteurs, comme la répartition des immigrants selon leur arrivée au Canada, pourraient également affecter les taux d'appariement globaux. Plus particulièrement, les provinces affichant une concentration plus élevée de nouveaux immigrants pourraient présenter des taux d'appariement inférieurs à celles ayant une concentration plus élevée d'immigrants qui sont établis au Canada depuis plus de 10 ans, puisque les nouveaux immigrants sont moins susceptibles d'exercer la profession réglementée pour laquelle ils ont reçu une formation.

Le Québec, dont le taux d'appariement était le plus bas, présentait également la plus forte proportion d'immigrants qui avaient étudié pour exercer une profession réglementée (42 %) et s'étaient établis au Canada après 2001 (graphique B). Ailleurs, les résultats étaient moins clairs. En général, les provinces de l'Atlantique présentaient des proportions plus élevées d'immigrants qui s'étaient établis au Canada avant 1996. Les taux d'appariement des immigrants étaient également supérieurs à la moyenne nationale en Saskatchewan et en Alberta, qui sont des régions où le marché du travail était solide en 2006. Le taux d'appariement de l'Ontario pour les immigrants ayant étudié à l'étranger reflétait la moyenne nationale, s'établissant à 24 %. Par contre, le Québec et la Colombie­Britannique présentaient des taux d'appariement inférieurs à la moyenne nationale.

Les immigrants ayant les taux d'appariement les plus élevés avaient étudié dans des pays dont le système d'éducation et la langue d'enseignement étaient semblables à ceux du Canada

Les immigrants ayant les taux d'appariement les plus élevés avaient étudié dans des pays anglophones, l'anglais étant la langue officielle parlée par la majorité des Canadiens. En fait, ces immigrants présentaient des taux d'appariement très semblables à ceux des Canadiens de naissance. Les immigrants qui avaient étudié en Irlande, en Nouvelle­Zélande et en Afrique du Sud affichaient des taux d'appariement semblables au taux de 62 % enregistré dans le cas des Canadiens de naissance, alors que le taux d'appariement pour tous les immigrants était de 24 %. Les immigrants d'Australie et du Royaume­Uni présentaient également des taux d'appariement qui étaient bien supérieurs à la moyenne (tableau 5).

À l'autre extrémité de l'échelle, les immigrants présentant les taux d'appariement les plus bas avaient souvent obtenu leur diplôme dans les pays en développement (tableau 6). Les immigrants qui avaient étudié au Kazakhstan affichaient le taux d'appariement le plus faible : 7 % d'entre eux exerçaient la profession réglementée associée.

Quelles sont les professions des personnes non appariées?

Les personnes non appariées sont les diplômés universitaires qui ont étudié pour exercer une profession réglementée, mais qui occupent une autre profession. Selon les taux d'appariement de 62 % pour les Canadiens de naissance et de 24 % pour tous les immigrants, il reste une fraction substantielle de personnes des deux groupes qui n'ont pas été appariées. Au total, en 2006, il y avait environ 365 000 Canadiens de naissance diplômés et 216 000 immigrants ayant étudié à l'étranger qui exerçaient des professions auxquelles leurs études ne conduisent habituellement pas.

Les deux principales professions exercées par les immigrants non appariés en 2006 étaient dans les services professionnels ayant trait aux sciences naturelles et appliquées, suivis des professions techniques liées aux sciences naturelles et appliquées, ce qui représentait 33 % des immigrants non appariés (tableau 7).

Les deux professions suivantes étaient celles liées au travail de bureau et à la vente et aux services. Vingt­six pour cent des immigrants non appariés exerçaient ces professions, lesquelles ne requièrent normalement pas de diplôme.

Parmi les Canadiens de naissance, les professions les plus courantes exercées par les personnes non appariées en 2006 étaient « autres directeurs » (ce qui comprend les directeurs qui ne font pas partie des cadres supérieurs), suivis des enseignants et des professeurs. Les professions de bureau étaient parmi les 10 principales professions exercées par les Canadiens de naissance diplômés non appariés (6 % des Canadiens de naissance). Les immigrants non appariés, cependant, étaient encore plus susceptibles d'exercer des professions de bureau (16 % d'entre eux occupaient des emplois de bureau). Les professions liées à la vente et aux services représentaient moins de 1 % des postes parmi les Canadiens de naissance travaillant hors de leur domaine d'études, comparativement à 10 % pour les immigrants.

Ainsi, il semble qu'une proportion beaucoup plus élevée d'immigrants hautement qualifiés que de Canadiens de naissance diplômés exercent des professions exigeant moins d'instruction que le niveau de scolarité qu'ils ont atteint. On peut examiner cette hypothèse plus directement en attribuant aux professions des niveaux de compétence (voir, par exemple, Galarneau et Morissette, 2008).

Les Canadiens de naissance non appariés sont­ils plus susceptibles que les immigrants non appariés d'exercer des professions hautement spécialisées?

La Classification nationale des professions (CNP) du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences classifie non seulement les professions, mais elle associe également à chacune de ces professions un niveau de compétence. Il existe quatre principaux niveaux de compétence : grade universitaire; études collégiales ou formation en apprentissage; études secondaires; brève démonstration du travail (par exemple, une démonstration de la façon d'utiliser une caisse enregistreuse ou de servir des repas à des clients). Les diplômés universitaires exerçant des professions qui requièrent un niveau de scolarité inférieur à l'université sont considérés comme étant « surqualifiés » pour leur poste.

Étant donné que toutes les personnes de l'échantillon sont titulaires d'un grade universitaire, le pourcentage de celles exerçant des professions qui requièrent un niveau de scolarité inférieur à l'université constitue le taux de surqualification. En 2006, 57 % des Canadiens de naissance diplômés non appariés étaient surqualifiés, comparativement à 77 % des immigrants (tableau 8).

Pour ce qui est de l'exercice des professions qui ne requièrent aucune formation scolaire (c'est-à-dire les professions ne nécessitant qu'une brève démonstration du travail), les immigrants non appariés étaient presque trois fois plus susceptibles d'exercer ces professions. Tandis que 11 % des immigrants non appariés occupaient ces types d'emplois en 2006, cela était le cas de 4 % des Canadiens de naissance non appariés.

Résumé

La présente étude révèle qu'en 2006, les immigrants qui avaient étudié à l'étranger en vue d'exercer une profession réglementée étaient moins susceptibles d'occuper cette profession, comparativement aux immigrants qui avaient étudié au Canada et aux personnes nées au Canada.

En 2006, on dénombrait 284 000 immigrants occupés ayant étudié à l'étranger dans des domaines qui conduisent normalement à des professions réglementées. De ce nombre, 24 % exerçaient une profession pour laquelle ils avaient reçu une formation. Par contre, 163 000 immigrants ayant étudié au Canada avaient reçu une formation scolaire dans le but d'exercer une profession réglementée, et leur taux d'appariement s'établissait à 53 %. Le taux d'appariement chez les Canadiens de naissance était de 62 %.

Les immigrants ayant étudié à l'étranger étaient moins susceptibles d'exercer les professions réglementées pour lesquelles ils avaient obtenu un diplôme, mais cet écart se rétrécissait lorsqu'ils étaient établis au Canada depuis plus longtemps. Cependant, même après 10 années vécues au Canada, les immigrants ayant reçu une formation à l'étranger présentaient un taux d'appariement de 27 points de pourcentage inférieur à celui des Canadiens de naissance, alors que celui des immigrants ayant étudié au Canada était inférieur de 6 points de pourcentage.

Le taux d'appariement variait également selon la profession réglementée pour laquelle une personne avait fait des études. Les immigrants ayant étudié dans le domaine de la santé présentaient des taux d'appariement supérieurs à ceux avaient étudié pour être des enseignants, des ingénieurs et des avocats. Tandis que les taux d'appariement pour les médecins et infirmières ayant étudié à l'étranger étaient tous deux de 56 %, le taux était beaucoup plus bas pour ceux qui avaient reçu une formation en enseignement (20 %), et il était encore plus bas pour ceux qui avaient reçu une formation en génie (19 %), qui était le domaine d'études le plus courant parmi les immigrants ayant étudié à l'étranger. Les immigrants qui étaient diplômés en droit présentaient le taux d'appariement le plus bas de tous les domaines d'études (12 %).

À l'échelle provinciale, les taux d'appariement étaient les plus élevés pour les immigrants dans l'est du Canada, particulièrement à Terre­Neuve­et­Labrador (les taux étant semblables à ceux des Canadiens de naissance). Les taux d'appariement des immigrants se situaient également au­dessus de la moyenne nationale en Saskatchewan et en Alberta, dont les marchés du travail étaient solides en 2006. Par contre, le Québec et la Colombie­Britannique présentaient des taux d'appariement inférieurs à la moyenne nationale, tandis que l'Ontario affichait un taux correspondant à la moyenne nationale.

Les immigrants ayant étudié à l'étranger et qui n'exerçaient pas les professions réglementées qui sont habituellement associées à leur domaine d'études occupaient souvent des emplois dans les services professionnels ayant trait aux sciences naturelles et appliquées et des professions techniques liées aux sciences naturelles et appliquées. Toutefois, de grandes proportions de ces immigrants exerçaient également des professions de bureau et des professions liées à la vente et aux services, malgré leur niveau de scolarité élevé.

Dans cette étude, alors que tous les immigrants non appariés ayant étudié à l'étranger étaient titulaires d'un grade universitaire qui pouvait conduire à une profession réglementée, beaucoup d'entre eux présentaient, en 2006, un niveau de scolarité considérablement supérieur au niveau habituellement requis pour les emplois qu'ils avaient obtenus. Cinquante­sept pour cent des Canadiens de naissance non appariés étaient surqualifiés, alors que ce pourcentage était de 77 % dans le cas des immigrants non appariés. En outre, les immigrants ayant étudié à l'étranger occupaient plus souvent un emploi peu spécialisé. En 2006, 11 % des immigrants ayant étudié à l'étranger exerçaient des professions dont le niveau de compétence exigeait une brève démonstration du travail mais aucune formation scolaire, comparativement à seulement 4 % des Canadiens de naissance.

Dans l'ensemble, ces résultats concordent avec les études qui indiquent certains des obstacles auxquels doivent faire face les immigrants ayant étudié à l'étranger qui désirent exercer au Canada la profession qu'ils ont choisie. Les résultats d'une enquête menée auprès des employeurs canadiens par le Forum des politiques publiques révèlent que de nombreux employeurs prennent leurs décisions d'embauche en fonction de leur perception que les titres de compétences ou l'expérience ne sont pas équivalents, mais ils ne les vérifient pas (Forum des politiques publiques, 2004). Les résultats de l'enquête indiquent également que de nombreux employeurs, particulièrement ceux dans les professions réglementées, n'accordent pas autant de valeur à l'expérience de travail à l'étranger qu'ils n'en accordent à l'expérience de travail au Canada. D'autres recherches indiquent que la moindre valeur accordée à l'expérience de travail des immigrants à l'étranger joue un rôle dans l'écart des gains entre les immigrants et les Canadiens de naissance (Green et Worswick, 2002).

Source des données et définitions

À moins d'indication contraire, toutes les données sont tirées du Recensement de la population de 2006 de Statistique Canada. Puisque les données du recensement sont arrondies de façon aléatoire au 0 ou 5 le plus près, les nombres ne reflètent pas tous les totaux, et ils peuvent différer légèrement d'un tableau à l'autre.

Qui est compris dans cette étude?
Les immigrants et les personnes nées au Canada qui répondent à tous les critères suivants :

  • non­pensionnaire d'établissement institutionnel
  • âgé de 15 ans ou plus
  • titulaire d'un grade universitaire
  • ayant étudié dans un domaine qui conduit habituellement à une profession réglementée au Canada
  • occupé
  • immigrant ayant obtenu un diplôme universitaire à l'extérieur du Canada
  • n'étant pas un cadre supérieur (car aucun renseignement relatif au niveau de compétence n'est disponible pour ce groupe)

Professions réglementées dans toutes les provinces canadiennes et choisies pour cette étude :

  • Architectes
  • Avocats
  • Chiropraticiens
  • Comptables
  • Dentistes
  • Diététistes et nutritionnistes
  • Enseignants
  • Ergothérapeutes
  • Infirmières autorisée
  • Ingénieurs
  • Médecins
  • Optométristes
  • Pharmaciens
  • Physiothérapeutes
  • Vétérinaires

Remarque sur les professions réglementées : Les professions qui sont réglementées par les provinces ou par les associations professionnelles le sont généralement, car elles comportent une responsabilité relative à la santé publique ou visant la protection des consommateurs ou des clients. Pour cette raison, les exigences relatives au niveau de scolarité et toute autre exigence supplémentaire sont clairement définies, et l'autorisation d'exercer ne peut être obtenue que si la personne répond clairement aux exigences.

Pour les professions réglementées qui ont été choisies aux fins de la présente étude, les exigences d'emploi détaillées figurent à l'annexe I. Certaines professions réglementées au Canada ont été exclues de l'étude en raison du petit nombre d'immigrants ayant étudié ou travaillant dans ces domaines.

Bien qu'un petit nombre de Canadiens de naissance aient étudié à l'étranger (moins de 150 000 sur plus de trois millions), ces personnes ont été laissées dans le groupe des Canadiens de naissance, car elles sont peu nombreuses et n'affectent pas les résultats globaux.

Le principal indicateur utilisé dans cette étude est le taux d'appariement, soit le nombre total de personnes qui exercent les professions réglementées sélectionnées, divisé par le nombre total de personnes occupées ayant étudié dans les domaines qui les conduiraient habituellement à l'exercice de ces professions1. (Voir l'annexe II pour consulter une liste des domaines d'études qui constituent un appariement avec les professions de la Classification nationale des professions, telles qu'elles sont définies par Ressources humaines et Développement des compétences Canada.)


Notes

  1. Les taux d'appariement chez les immigrants sont liés à plusieurs facteurs qui dépassent la portée de la présente étude : reconnaissance des titres de compétences étrangers, reconnaissance de l'expérience de travail à l'étranger, caractéristiques personnelles, situation du marché du travail et choix personnels (par exemple, le désir de renouveler ses compétences pour exercer une profession réglementée au Canada).

Documents consultés

FORUM DES POLITIQUES PUBLIQUES. 2004. Bringing Employers into the Immigration Debate: Survey and Conference, novembre, 100 p., (consulté le 10 février 2010).

GALARNEAU, Diane, et René MORISSETTE. 2008.  « Scolarité des immigrants et compétences professionnelles requises », L'emploi et le revenu en perspective, vol. 9, no 12, décembre, no 75-001-XIF au catalogue de Statistique Canada, (consulté le 10 février 2010).

GREEN, David A., et Christopher WORSWICK. 2002. Entry Earnings of Immigrant Men in Canada: The Roles of Labour Market Entry Effects and Returns to Foreign Experience, University of British Columbia, Department of Economics, document préparé pour Citoyenneté et Immigration Canada. 

KUSTEC, Stan, Eden THOMPSON et Li XUE. 2007. « Foreign credentials: The tools for research », Canadian Issues, printemps, p. 26 à 30, (consulté le 10 février 2010).

PICOT, Garnett, Feng HOU et Simon COULOMBE. 2007. Le faible revenu chronique et la dynamique du faible revenu chez les nouveaux immigrants, no 11F0019MIF au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, 43 p., « Direction des études analytiques : documents de recherche », no 294, (consulté le 10 février 2010).

RESSOURCES  HUMAINES  ET DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES CANADA (RHDCC). 2007. Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015), (consulté le 10 février 2010).

SCHELLENBERG, Grant, et Hélène MAHEUX. 2007.  « Perspectives des immigrants sur leurs quatre premières années au Canada : faits saillants des trois vagues de l'Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada », Tendances sociales canadiennes, édition spéciale, no 11-008-XWF, (consulté le 10 février 2010).

STATISTIQUE CANADA. 2003. Profil changeant de la population active du Canada, no 96F0030XIF2001009 au catalogue de Statistique Canada, « Série "Analyses", Recensement de 2001 », Ottawa,  (consulté le 10 février 2010).

Auteur

Danielle Zietsma est au service de la Division de la statistique du travail. On peut la joindre au 613-951-4243 ou à perspective@statcan.gc.ca.

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