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Septembre 2004

Vol. 5, no. 9

L'emploi et le revenu en perspective

La génération sandwich
Cara Williams

Pour plusieurs personnes, il peut s’avérer difficile de concilier travail et foyer. Chez celles qui ont des enfants et qui travaillent à plein temps, la vie peut être particulièrement trépidante : elles doivent organiser les activités des enfants, planifier du temps pour être en famille, tout en s’en consacrant pour elles-mêmes. Pour certaines, la vie se complique davantage en raison des soins qu’elles doivent dispenser à des parents ou à d’autres proches qui vieillissent. Ces personnes forment la génération sandwich : elles sont coincées entre les exigences souvent conflictuelles des soins à prodiguer aux enfants et des soins à donner aux personnes âgées.

Bien que le nombre total de membres de la génération sandwich soit relativement modeste, leurs rangs sont susceptibles de grossir. L’une des raisons en est le vieillissement des enfants du baby-boom, lequel entraînera une forte hausse de la proportion de personnes âgées dans la population. En effet, les projections démographiques révèlent qu’en 2026, 1 Canadien sur 5 aura 65 ans ou plus, comparativement à 1 sur 8 en 2001. Un autre facteur porte sur les taux de fécondité moins élevés, ce qui pourrait signifier qu’il y aura moins d’adultes pour s’occuper des personnes âgées. Un troisième facteur est la formation tardive des familles (mariage et naissances), ce qui fait en sorte que les membres les plus âgés de la famille ont besoin de soins alors que les enfants font encore partie du ménage. En effet, le report du mariage et des enfants ainsi que la baisse des taux de fécondité alliés à une espérance de vie accrue signifient que le couple marié moyen a peut-être plus de parents vivants que d’enfants (Preston, 1984).

Les médias ont souligné les sacrifices que les membres de la génération sandwich doivent consentir sur le plan financier et personnel (Anderson, 1999; Immen, 2004; Kleiman, 2002). Certains analystes ont, pour leur part, indiqué que la génération sandwich est peu nombreuse et que les conséquences négatives sont exagérées (Fredriksen et Scharlach, 1999). D’autres croient que la plupart des soins apportés aux personnes âgées par les membres de la famille se définissent davantage comme de l’« aide » et que la prestation de soins à forte intensité est très limitée (Rosenthal et Stone, 1999). Il existe toutefois, à ce jour, peu de données empiriques pour le Canada. Le présent article utilise les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2002 pour examiner les soins dispensés aux aînés par les personnes âgées de 45 à 64 ans qui ont encore des enfants à la maison. L’analyse porte sur les types de soins, le temps qui y est consacré, les conséquences sur les personnes qui apportent leur aide à la fois sur le plan professionnel et personnel, ainsi que les ressources dont ces mêmes personnes pourraient bénéficier (voir Source des données et définitions).

Concilier les soins aux enfants et aux personnes âgées n’est pas un phénomène nouveau

Dispenser des soins à des personnes âgées apparentées n’est pas un phénomène nouveau et, jusqu’à tout récemment, les familles jouaient un rôle déterminant à cet égard (Ward-Griffin et Marshall, 2003). Il n’était pas rare de voir trois générations se côtoyer dans un même ménage, les soins de base étant donnés par la femme du foyer qui se trouvait entre deux âges. Bien qu’il existe des similitudes frappantes entre les soins qui étaient alors prodigués et ceux qui le sont aujourd’hui, il y a une différence cruciale évidente : aujourd’hui, la majorité des femmes en âge de travailler qui ne sont pas âgées ont un emploi rémunéré et ne sont pas des femmes au foyer à plein temps. Toutefois, bien que les parents aient assisté à l’élaboration de services pour les soins aux enfants, il existe peu de soutien officiel pour le nombre croissant d’hommes et de femmes entre deux âges qui s’occupent de personnes âgées1.

Comment les familles s’en sortent-elles? Selon certaines recherches, les femmes consacrent plus de temps aux soins des enfants et aux travaux ménagers, tandis que les hommes consacrent davantage de temps au travail rémunéré. Mais que se passe-t-il lorsque les soins aux personnes âgées entrent en jeu? Qui est le plus susceptible de dispenser les soins, l’homme ou la femme? Ou la responsabilité est-elle partagée?

Presque 3 personnes sur 10 font partie de la génération sandwich

Selon l’ESG de 2002, environ 2,6 millions de personnes âgées de 45 à 64 ans avaient des enfants de moins de 25 ans vivant avec elles. Parmi ces dernières, environ 302 000 étaient des parents seuls et les autres vivaient avec un conjoint. Environ 27 % apportaient aussi des soins à une personne âgée sous une forme ou une autre. Ces personnes forment la génération sandwich (figure).

La vaste majorité des personnes dispensant des soins aux aînés les prodiguaient à leurs parents ou à leurs beaux-parents. Environ 25 % des soins étaient destinés à d’autres personnes apparentées, à des amis, à des voisins ou à des collègues de travail (données non présentées).

Certains se sentent très coincés…

Pour certains, il peut être stressant de s’occuper à la fois des enfants et de personnes âgées apparentées, particulièrement lorsque les enfants sont jeunes ou qu’ils sont plusieurs. La situation peut devenir encore plus compliquée lorsqu’il faut s’occuper de plus d’une personne âgée (graphique).

La vaste majorité des personnes qui avaient des enfants et qui prenaient soin d’une personne âgée étaient occupées : plus de 8 sur 10 ont déclaré que le travail représentait leur principale activité au cours des 12 derniers mois. Cela se compare avec seulement 65 % des personnes qui donnaient des soins à un aîné mais qui n’avaient pas d’enfant à la maison. Il peut être difficile de concilier travail et famille. Toutefois, l’ESG a démontré que la plupart des gens (82 %) qui travaillaient tout en s’occupant des enfants et de personnes âgées étaient généralement satisfaits de l’équilibre qu’ils avaient atteint (tableau 1).

S’occuper d’une personne âgée pouvait entraîner des changements dans l’horaire de travail, le refus d’une offre d’emploi ou une baisse de revenu. Environ 1 travailleur sur 7 appartenant à la génération sandwich avait réduit ses heures de travail au cours des 12 mois précédents, 20 % avaient modifié leur horaire de travail et 10 % avaient subi une perte de revenu (tableau 2).

On a souvent dépeint les travailleurs de la génération sandwich comme des personnes incapables de faire face à leurs autres responsabilités parce qu’elles s’occupent d’une personne âgée (Immen, 2004). Toutefois, les résultats démontrent ici que seulement un peu plus de 1 travailleur sur 10 âgés de 45 à 64 ans qui s’occupaient d’une personne âgée, avec ou sans enfants à la maison, éprouvait de la difficulté à assumer ses autres responsabilités.

Types de soins

L’ESG de 2002 a permis d’examiner le nombre mensuel d’heures consacrées à quatre activités se rapportant aux soins des personnes âgées : les soins fournis à la maison (travaux ménagers, préparation des repas), les soins fournis à l’extérieur de la maison (entretien de la cour, entretien extérieur de la maison), le transport (conduire la personne à ses rendez-vous, faire l’épicerie) et les soins personnels (le bain, l’habillage). L’enquête a démontré que, bien que la fréquence de la prestation de soins soit comparable, les travailleurs de la génération sandwich consacraient en moyenne 19,6 heures par mois à ces activités, tandis que ceux sans enfant à la maison y consacraient 26,4 heures, presque 7 heures de plus (tableau 3). Les deux groupes consacraient environ le même nombre d’heures par semaine à leur emploi, soit 41,7 heures dans le cas des travailleurs faisant partie de la génération sandwich et 40,8 heures dans le cas de ceux sans enfant à la maison.

Intensité des soins

Bien que deux personnes puissent consacrer environ le même temps aux soins d’un aîné, les tâches peuvent varier. Par exemple, une personne qui reçoit des soins peut n’avoir besoin d’aide que pour les tâches extérieures telles que la tonte du gazon, tandis qu’une autre peut requérir de l’aide pour les besoins élémentaires de la vie quotidienne tels que le bain, l’habillage ou l’alimentation. Les heures qui y sont consacrées fournissent un indicateur de l’intensité. Les travailleurs de la génération sandwich qui consacrent 8 heures ou moins par mois aux soins des personnes âgées peuvent être considérés comme des personnes dispensant des soins à faible intensité, tandis que ceux qui y consacrent plus de temps peuvent être considérés comme des personnes apportant des soins à forte intensité. Les conséquences sur la personne varient considérablement en fonction de ces regroupements.

Les personnes qui faisaient partie du groupe prodiguant des soins à forte intensité étaient plus susceptibles d’en subir des effets sur la santé, ce qui n’a rien d’étonnant. En fait, 76 % d’entre elles se sentaient stressées, comparativement à 67 % de leurs homologues qui donnaient des soins à faible intensité (tableau 4). Environ 9 % des membres du groupe dispensant des soins à faible intensité ont vu leurs habitudes de sommeil être perturbées et 7 % ont vu leur état de santé général être affecté, comparativement à 22 % et à 23 % respectivement des membres du groupe apportant des soins à forte intensité (tableau 5). Environ la moitié de ceux faisant partie du groupe dispensant des soins à forte intensité ont dû modifier leurs activités sociales et 43 %, leurs projets de vacances. Ces personnes étaient également beaucoup plus susceptibles que leurs homologues donnant des soins à faible intensité de se sentir constamment stressées (20 % contre 9 %).

Les membres du groupe dispensant des soins à forte intensité étaient aussi beaucoup plus susceptibles d’éprouver des problèmes liés au travail. Ils étaient trois fois plus susceptibles de modifier leur horaire de travail et plus de deux fois plus susceptibles de réduire leurs heures de travail ou de subir une baisse de revenu.

Les femmes plus impliquées dans la prestation de soins

Les femmes assument une grande partie des soins donnés aux enfants dans les ménages biparentaux, même lorsque les deux parents font partie de la population active (Silver, 2000). Il en va de même pour les soins donnés aux personnes âgées en ce qui a trait à la vraisemblance de fournir des soins et à l’exécution des tâches les plus intensives telles que le bain, l’habillage et la préparation des repas (Ward et Spitze, 1998; Marks, 1998).

Parmi les quelque 1,3 million d’hommes âgés de 45 à 64 ans ayant des enfants non mariés à la maison, environ 25 % dispensaient des soins à des personnes âgées. Dans le cas des femmes, le pourcentage était d’environ 32 %. Le temps qui y était consacré variait aussi selon le sexe. Ainsi, les femmes qui occupaient un emploi, qui avaient des enfants à la maison et qui prenaient soin d’une personne âgée y consacraient deux fois plus d’heures par mois que leurs homologues masculins (29 contre 13). Cela pourrait s’expliquer en partie par le type de soins dispensés. Par exemple, l’entretien extérieur de la maison était le plus souvent effectué par les hommes (69 %). Il en allait de même pour l’aide au transport, dont 65 % était offerte par les hommes. Inversement, les femmes étaient plus susceptibles d’assurer les soins personnels que les hommes (79 % contre 22 %) et les tâches à l’intérieur de la maison telles que la préparation des repas et le ménage (65 %). On retrouvait cette même tendance chez les personnes qui ne s’occupaient que de personnes âgées (tableau 3).

Conséquences sur la vie personnelle

Deux courants d’opinions sont apparus quant aux conséquences personnelles de la prestation de soins à la fois aux aînés et aux enfants. Selon certaines recherches, les personnes en question ne se sentent pas plus pressées ou stressées que les autres, car les aspects négatifs de la prestation de soins sont compensés par l’accroissement de l’estime de soi (Centre on Aging, s.d.). Inversement, les deux rôles peuvent conduire à une surcharge, à une mauvaise santé, à un stress accru et à une incapacité de trouver un équilibre dans la vie (Marks, 1998; Centre on Aging, s.d.). De plus, plusieurs enfants adultes trouvent difficile, du point de vue affectif, de s’occuper de leurs parents vieillissants. Cette situation peut être stressante à la fois pour celui qui dispense les soins et pour celui qui les reçoit, particulièrement à mesure que la santé se détériore, ce qui requiert plus de soins (Miller, 1981).

L’ESG de 2002 soutient les deux courants d’opinions. Par exemple, les travailleurs de la génération sandwich étaient nettement plus susceptibles de se sentir stressés (70 %) que ceux qui prodiguaient uniquement des soins aux personnes âgées (64 %) ou ceux qui n’avaient aucune responsabilité relativement aux soins desenfants ou des aînés (61 %) (tableau 1). Toutefois, bien que stressés, 95 % des travailleurs de la génération sandwich se sentaient satisfaits de la vie en général, soit pratiquement la même proportion que ceux ayant moins de responsabilités.

Pour bien des gens, la prestation de soins revêt des aspects positifs. Plus de 60 % de ceux qui dispensaient des soins avaient l’impression de rendre un peu de ce que la vie leur avait donné et 70 % avaient l’impression que leurs liens avec la personne âgée s’en trouvaient renforcés (tableau 6). Bien que la prestation de soins puisse être difficile à combiner avec les autres obligations et responsabilités, seulement 5 % environ la percevait comme un fardeau extrême.

Toutefois, la prestation de soins laisse souvent peu de temps pour les activités sociales ou les vacances. Plus d’un tiers ont jugé nécessaire de réduire leurs activités sociales, et un quart ont dû modifier leurs projets de vacances. Souvent, un appel à l’aide peut survenir pendant la nuit et la personne doit quitter la maison pour prêter main-forte. Environ 13 % des personnes qui fournissaient des soins ont vu leurs habitudes de sommeil se modifier, et le même pourcentage de personnes ont senti que leur santé s’en trouvait affectée d’une façon ou d’une autre. Tandis que 1 travailleur sur 10 de la génération sandwich a subi une perte de revenu, 4 sur 10 ont engagé des dépenses supplémentaires telles que la location d’équipement médical ou l’achat de téléphones cellulaires.

Que désirent les personnes qui donnent des soins?

Les gens qui sont occupés à maintenir l’équilibre entre les enfants, le travail et les soins aux personnes âgées ont exprimé le désir d’avoir du soutien. Des programmes en milieu de travail pourraient répondre à certaines attentes, alors que des politiques gouvernementales pourraient répondre à d’autres. Le soutien en milieu de travail comprend des horaires flexibles, la possibilité de faire du télétravail et d’obtenir de l’information sur les ressources communautaires ainsi que sur la santé et le vieillissement en général (Wagner, 2003). Toutefois, en dépit de l’inquiétude en ce qui a trait au spectre de l’absentéisme au travail ainsi que des coûts et de la perte de productivité qui y sont associés, les programmes de soins aux aînés sont moins susceptibles d’être offerts que les programmes de soins aux enfants et, même lorsqu’ils le sont, ils sont peu utilisés (Wagner, 2003). L’Enquête sur le milieu de travail et les employés de 1999 (qui exclut les administrations publiques) a révélé que 7 % des employés (802 700 personnes) avaient accès à des services de garde d’enfants mais que seulement 78 800 (un peu moins de 10 %) y avaient recours. Bien que moins d’employés aient eu accès à des services en matière de soins aux personnes âgées (394 300), le taux d’utilisation n’était que légèrement plus élevé, soit environ 13 % (données non présentées).

Selon certaines recherches, plusieurs raisons expliquent la fréquence des faibles taux d’utilisation des services liés aux soins des personnes âgées en milieu de travail. Souvent, les programmes ne répondent pas convenablement aux besoins des personnes qui reçoivent des soins ou qui les prodiguent. Certaines recherches par groupes de discussion révèlent que les personnes qui donnent des soins peuvent tenter de dissimuler leurs responsabilités en matière de prestation de soins, de crainte qu’elles ne gênent leur carrière. De plus, la culture du milieu de travail peut ne pas être propice à l’utilisation de tels programmes même lorsqu’ils sont offerts (Wagner, 2003).

Les attentes de toutes les personnes dispensant des soins aux aînés, qu’elles aient ou non des enfants à la maison, étaient très semblables. Par exemple, les deux groupes étaient également susceptibles de vouloir une compensation ou un allégement fiscal, de l’information sur les incapacités et les maladies de longue durée, ou l’accès à des services de consultation (tableau 7). Toutefois, certaines différences émergeaient. Parmi les personnes qui travaillaient, celles qui avaient des enfants étaient plus susceptibles de sentir qu’elles pourraient mieux s’acquitter de leurs fonctions si des services de relève étaient offerts que celles qui ne devaient s’occuper que d’une personne âgée (52 % contre 46 %). Les premières étaient également plus susceptibles de vouloir un horaire de travail ou d’études flexible (46 % contre 36 %).

Résumé

En 2002, environ 712 000 Canadiens âgés de 45 à 64 ans étaient coincés entre les responsabilités ayant trait à l’éducation des enfants et celles liées à la prestation de soins à des personnes âgées. Pour plus de 8 de ces personnes sur 10, le travail rémunéré s’ajoutait au fardeau. Ces dernières trouvaient que le fait de s’occuper d’une personne âgée affectait leurs conditions de travail : 15 % ont dû réduire leurs heures, 20 % ont dû modifier leur horaire et 10 % ont subi une baisse de revenu. Comme il fallait s’y attendre, ces personnes en sentaient aussi le poids sur leur santé et leur vie sociale.

Toutefois, la prestation de soins n’a pas que des conséquences négatives. Plus de 60 % des gens qui travaillaient et s’occupaient d’une personne âgée tout en ayant encore des enfants à la maison avaient l’impression que prendre soin d’un aîné était simplement une façon de redonner ce qu’ils avaient reçu, et 70 % ont déclaré que les liens s’en trouvaient renforcés. Même si ces personnes étaient aussi susceptibles que les autres travailleurs d’être satisfaites de l’équilibre qu’elles avaient trouvé entre le travail et le foyer, elles étaient beaucoup plus susceptibles de se sentir stressées en général. En outre, elles étaient nettement plus susceptibles de désirer un régime de travail flexible ou des services de relève afin de pouvoir offrir de meilleurs soins.

Les personnes qui consacraient plus de huit heures par mois aux soins des aînés étaient plus susceptibles d’en ressentir les effets que celles qui y consacraient huit heures ou moins. Parmi les personnes dispensant des soins à forte intensité, la moitié ont dû modifier leurs activités sociales et environ 35 % ont dû changer leur horaire de travail.

Source des données et définitions

La source des données utilisées dans le présent article est l’Enquête sociale générale (ESG) de 2002 sur le soutien social et le vieillissement (cycle 16). La population cible comprenait toutes les personnes âgées de 45 ans et plus au 31 décembre 2001 vivant dans les ménages privés, dans les 10 provinces. Les données ont été recueillies entre février et décembre 2002. L’échantillon a été choisi parmi les répondants à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2001.

Aux fins de cet article, la population visée était composée de personnes âgées de 45 à 64 ans s’occupant à la fois des enfants et d’une personne âgée. On a considéré que ces personnes appartenaient à la génération sandwich si elles dispensaient des soins à une personne de plus de 65 ans et avaient des enfants célibataires de moins de 25 ans vivant à la maison. Les travailleurs de la génération sandwich avaient pour principale activité un emploi rémunéré ou une entreprise au cours des 12 mois précédents.

Cette étude porte sur les modules de l’enquête ayant trait aux soins fournis. Ces modules comprennent les types de soins donnés aux personnes âgées, les heures qui y étaient consacrées et les conséquences. La prestation de soins sous forme de soutien affectif n’a pas été incluse. Quatre types d’activités ont été retenus. Les soins personnels comprenaient l’aide pour le bain, la toilette, le nettoyage et la coupe des ongles de doigts ou d’orteils, le brossage des dents, la coupe des cheveux et la coiffure, de même que l’habillage. Les soins fournis à la maison comprenaient la préparation des repas et la vaisselle, le ménage, la lessive et la couture. Les soins fournis à l’extérieur de la maison englobaient l’entretien de la maison et les travaux extérieurs. Le transport comprenait faire l’épicerie ou acheter d’autres articles essentiels, fournir du transport, ou faire les opérations bancaires d’une personne âgée ou payer ses factures.

Limites des données

Bien qu’il y ait sans aucun doute des personnes de moins de 45 ans qui font partie de la génération sandwich, elles n’ont pas été incluses dans la population étudiée au cycle 16. On a laissé entendre que les personnes moins âgées prodiguant des soins peuvent être susceptibles de percevoir plus d’aspects négatifs qui en découlent parce que leurs enfants sont plus jeunes. Toutefois, selon certaines recherches, le groupe des 45 à 64 ans est le plus susceptible de dispenser des soins à des parents vieillissants (Wisensale, 1992). Afin d’établir si l’âge des enfants avait une incidence sur les réponses, on a examiné les données du cycle 16 portant sur les travailleurs de la génération sandwich ayant des enfants de moins de 15 ans. Les résultats ont démontré qu’il n’y avait pas de différence entre ceux ayant des enfants plus jeunes et la population visée. En outre, les questions portant sur l’incidence de la prestation de soins n’ont pas été posées à un peu plus de 10 % (81 000; chiffre pondéré) des travailleurs de la génération sandwich lorsque la personne à qui ils apportaient des soins était décédée au cours des 12 mois précédents. Pour cette raison, il se peut qu’il y ait un biais dans les réponses portant sur l’incidence des soins. Enfin, étant donné que les questions portant sur les conséquences de la prestation de soins n’étaient posées qu’à ceux qui dispensaient des soins aux personnes âgées, il n’est pas possible d’établir une comparaison entre ces derniers et l’ensemble de la population âgée de 45 à 64 ans. Par conséquent, le principal groupe de référence était composé de personnes âgées de 45 à 64 ans qui donnaient des soins aux aînés mais qui n’avaient pas d’enfant à la maison. Lorsque des données existent (tableau 1), des comparaisons avec les personnes ne prodiguant pas de soins aux aînés et n’ayant pas d’enfant à la maison ont été effectuées.

Notes

  1. Outre l’Enquête sociale générale de 2002, qui ne tient compte que des personnes âgées de 45 à 64 ans, le recensement fait état de la croissance récente des membres de la génération sandwich âgés de 25 à 64 ans; ceux-ci représentaient un peu plus de 2 millions de personnes en 2001, comparativement à 1,7 million en 1996. Dans le contexte du recensement, on entend par personne de la génération sandwich une personne qui dispense des soins à des enfants de 15 ans et moins tout en s’occupant d’une personne âgée.

Documents consultés

  • ANDERSON, Tom. « Taking a bite out of the sandwich generation », USA Today, novembre 1999, vol. 128, no 2654, p. 18 et 19.

  • CENTRE ON AGING. Research snapshot on the sandwich generation: Caregiving and stress, Victoria, University of Victoria, s.d., Internet : www.coag.uvic.ca/publications/snapshots.htm.

  • FREDRIKSEN, Karen I., et Andrew E. SCHARLACH. « Employee family care responsibilities », Family Relations, avril 1999, vol. 48, no 2, p. 189 à 196.

  • IMMEN, Wallace. « Caught in the ‘sandwich ’ », Globe and Mail, 17 mars 2004, p. C1 et C2.

  • KLEIMAN, Carol. « Sandwich generation needs support », The London Free Press, 29 avril 2002, « Business section ».

  • MARKS, Nadine F. « Does it hurt to care? Caregiving, work-family conflict and midlife well-being », Journal of Marriage and the Family, novembre 1998, vol. 60, no 4, p. 951 à 966.

  • MILLER, Dorothy A. « The ‘sandwich’ generation: Adult children of the aging », Social Work, septembre 1981, p. 419 à 423.

  • PRESTON, Samuel H. « Children and the elderly in the U.S. », Scientific American, décembre 1984, vol. 251, no 6, p. 44 à 49.

  • ROSENTHAL, Carolyn J., et Leroy O. STONE. How much help is exchanged in families? Towards an understanding of discrepant research findings, Hamilton (Ontario), McMaster University, 1999, Program for Research on Social and Economic Dimensions of an Aging Population (SEDAP), document de recherche no 2.

  • SILVER, Cynthia. « Être présent : le temps que les couples à deux soutiens passent avec leurs enfants », Tendances sociales canadiennes, no 11-008-XPF au catalogue de Statistique Canada, été 2000, no 57, p. 25 à 29.

  • WAGNER, Donna L. Workplace programs for family caregivers: Good business and good practice, San Francisco, Family Caregiver Alliance, National Center on Caregiving, 2003, monographie, Internet : www.caregiver.org.

  • WARD, Russell, et Glenna SPITZE. « Sandwiched marriages: The implications of child and parent relations for marital quality in midlife », Social Forces, décembre 1998, vol. 77, no 2, p. 647 à 666.

  • WARD-GRIFFIN, Catherine, et Victor W. MARSHALL. « Reconceptualizing the relationship between ‘public’ and ‘private’ eldercare », Journal of Aging Studies, 2003, vol. 17, p. 189 à 208.

  • WISENSALE, Steven K. « Toward the 21st century: Family change and public policy », Family Relations, octobre 1992, vol. 41, no 4, p. 417 à 422.

Article intégral en format PDF

Auteur

Cara Williams est au service de la Division de l’analyse des enquêtes auprès des ménages et sur le travail. On peut la joindre au (613) 951-6972 ou à perspective@statcan.gc.ca.


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Date de modification : 2014-05-14 Avis importants