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  1. Qualité de l'emploi des immigrants au Canada
  2. Sécurité et éthique de l'emploi
  3. Revenu et avantages liés à l'emploi
  4. Heures de travail et équilibre entre le travail et la vie personnelle
  5. Stabilité et sécurité d'emploi ainsi que protection sociale
  6. Dialogue social et rapports en milieu de travail
  7. Mise en valeur des compétences et apprentissage continu
  8. Nature intrinsèque du travail

1   Qualité de l'emploi des immigrants au Canada

Qu'entend-on par qualité de l'emploi? Pour répondre à cette question, le présent rapport utilise un cadre de la qualité de l'emploi 1  actuellement en voie d'élaboration par un groupe de travail d'organismes statistiques et d'organismes internationaux, y compris les Nations Unies et l'Organisation internationale du Travail (voir le cadre de la qualité de l'emploi ci-après pour plus de détails). Le cadre utilisé ici, qui reconnaît que le travail comporte une vaste gamme d'avantages et d'aspects négatifs pour les personnes et les sociétés, et que les attentes des personnes et les propensions sociales à l'égard du travail varient en nombre égal, demeure vaste et comporte de nombreux aspects et indicateurs. Il est conçu principalement pour mesurer la qualité de l'emploi dans la perspective de la personne ou du travailleur.

Le présent rapport utilisera ce cadre pour présenter des données qui jettent de la lumière sur les similitudes et les différences au chapitre de la qualité de l'emploi entre les travailleurs immigrants et ceux nés au Canada. Le rapport vise à documenter la qualité de l'emploi des immigrants et des personnes nées au Canada sur le marché du travail canadien. Il n'y a pas de mesures de modélisation ou de contrôle dans le présent rapport pour tenir compte des différences dans l'ancienneté, la profession ou la scolarité, dont on sait qu'elles comportent un lien avec certains de ces indicateurs de la qualité de l'emploi. Même si des renvois à des articles ou à des sources peuvent être utilisés pour tenter de comprendre les différences entre les résultats des immigrants et ceux des personnes nées au Canada sont fournis, le rapport en tant que tel, n'est pas conçu pour répondre à ces questions. Toutefois, un rapport à venir de Statistique Canada examinera ces indicateurs et les diverses caractéristiques qui y sont liées, grâce à une modélisation analytique plus rigoureuse.

Dans nombre de cas, les données du présent rapport sont présentées selon la période d'établissement de l'immigrant : jusqu'à cinq ans avant l'interview, plus de cinq ans et jusqu'à dix ans avant l'interview et plus de dix ans avant. Les données sont présentées séparément pour les personnes occupées du principal groupe d'âge actif (c.-à-d. celles de 25 à 54 ans) et pour les travailleurs plus âgés (55 ans et plus). La majeure partie de l'analyse, toutefois, sera axée sur le principal groupe d'âge actif.

Données sur l'immigration de l'Enquête sur la population active

À partir de janvier 2006, cinq questions additionnelles ont été ajoutées à l'Enquête sur la population active (EPA), afin d'identifier les immigrants et de déterminer quand ils se sont établis au Canada (année et mois pour ceux qui se sont établis au cours des cinq années précédentes), ainsi que le pays où ils ont atteint leur plus haut niveau de scolarité au-delà des études secondaires. Les questions sont les suivantes : 

Dans quel pays... est-il/elle né(e)?

… est-il/elle, ou a-t-il/elle déjà été, un(e) immigrant(e) reçu(e) au Canada?

En quelle année... est-il/elle devenu(e) un(e) immigrant(e) pour la première fois?

Quel mois?

Dans quel pays... a-t-il/elle obtenu son certificat ou diplôme le plus élevé?

Étant donné que ces questions se retrouvent dans l'EPA tous les mois, les analystes et les chercheurs disposent de séries de données continues qu'ils peuvent utiliser pour suivre les modèles et les tendances de l'emploi des immigrants.

Définitions générales : 

Principal groupe d'âge actif : Le groupe des 25 à 54 ans. Ces personnes sont plus susceptibles d'avoir terminé leurs études et d'être disponibles pour travailler à temps plein et moins susceptibles d'être à la retraite que les 15 à 24 ans ou les 55 ans et plus.

Emploi principal : À moins d'indications contraires, toutes les mentions de « profession » ou d'« emploi » d'un travailleur dans le présent rapport ont trait à l'emploi principal, c'est-à-dire celui qui compte le plus grand nombre habituel d'heures de travail par semaine.

Une liste complète de définitions figure à l'appendice I.

1.1  Contexte

Le présent rapport est le dernier d'une série de rapports analytiques sur le marché du travail des immigrants canadiens, et repose sur des données de l'Enquête sur la population active (EPA) et d'autres sources. Les rapports précédents, qui étaient fondés sur des données de 2006 à 2007, ont montré que les immigrants qui se sont établis au cours des dix années précédentes avaient des taux plus faibles d'emploi et des taux plus élevés de chômage que leurs homologues nés au Canada. Les immigrants qui se sont établis plus de dix ans avant leur participation à l'enquête avaient des taux généralement comparables à ceux des personnes nées au Canada.

Dans l'un des rapports de la série, il a été déterminé que les immigrants de 25 à 54 ans qui étaient nés en Asie du Sud-Est – peu importe le moment de leur établissement – ou les immigrants nés en Europe qui se sont établis plus de cinq ans auparavant, avaient des résultats sur le marché du travail comparables ou supérieurs à ceux des personnes nées au Canada. Les immigrants nés ailleurs avaient généralement des taux d'emploi plus faibles et des taux de chômage plus élevés, peu importe le moment de leur établissement.

Dans un autre rapport de la série, qui analyse les taux d'emploi en 2007 des immigrants de 25 à 54 ans titulaires de diplômes ou de grades postsecondaires, on a déterminé que ceux qui s'étaient établis au cours des cinq années précédentes avaient des taux d'emploi plus faibles s'ils avaient acquis leur scolarité postsecondaire à l'extérieur de l'Amérique du Nord ou de l'Europe. Les immigrants titulaires de diplômes universitaires du Canada, des États-Unis ou de l'Europe qui se sont établis au Canada plus de cinq ans auparavant avaient des taux d'emploi comparables aux titulaires de diplômes universitaires nés au Canada.

Les rapports précédents sur les immigrants sur le marché du travail ont reconnu que l'expérience d'un immigrant sur le marché du travail dépasse le fait d'être simplement occupé ou non.

1.1.1  Difficultés pour les immigrants sur le marché du travail canadien

Au Canada, les difficultés qu'éprouvent les immigrants – et particulièrement ceux qui se sont établis plus récemment au pays – à trouver un emploi ou à trouver un emploi correspondant à leurs antécédents et leurs expériences, sont bien documentées 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7 , 8 . Ces difficultés comprennent, sans ordre précis : la reconnaissance des titres acquis à l'étranger; le niveau comparatif de scolarité; le niveau et la durée de l'expérience acquise à l'étranger et au Canada; les différences dans la qualité de la scolarité dans certains pays; les barrières linguistiques et difficultés connexes; les différents niveaux d'efficacité des réseaux sociaux; ainsi que les connaissances et les données concernant le marché du travail canadien. Ces questions sont particulièrement importantes pour ceux qui se sont établis plus récemment.

1.1.2  Contexte de la qualité de l'emploi

Afin de mettre en contexte la comparaison des caractéristiques de la qualité de l'emploi entre les immigrants et les personnes nées au Canada, il est important de comprendre les similitudes ou les différences dans les données démographiques générales, les niveaux de scolarité et la profession correspondant à l'emploi principal.

L'âge des travailleurs immigrants, leur période d'établissement, leur sexe, la taille de l'entreprise où ils travaillent, leur niveau de scolarité et leur groupe professionnel, notamment, peuvent différer et diffèrent souvent de ceux des travailleurs nés au Canada. Étant donné que ces variables contextuelles comportent divers niveaux d'association avec les indicateurs de la qualité de l'emploi dont il est question dans le présent rapport, par exemple, les salaires et les avantages non salariaux, l'ancienneté et la syndicalisation, elles sont présentées à l'appendice II, afin de permettre une meilleure compréhension des différences. Un prochain rapport de Statistique Canada portera sur ces indicateurs et sur les diverses caractéristiques qui y sont associées, grâce à une modélisation analytique plus rigoureuse.

1.2  Cadre de la qualité de l'emploi

Même si on a toujours utilisé la rémunération pour évaluer la qualité de l'emploi, il existe beaucoup d'autres mesures qui peuvent servir à cette fin 9 , 10  . Les horaires de travail et les conditions d'emploi, la permanence de l'emploi, les avantages non salariaux, la syndicalisation et la formation en cours d'emploi formelle et informelle figurent parmi ces autres caractéristiques de la qualité de l'emploi.

Le présent rapport utilise le Cadre pour la mesure statistique de la qualité de l'emploi actuellement en voie d'élaboration par un groupe d'organismes statistiques d'un certain nombre de pays développés en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que l'Organisation internationale du Travail (OIT) et les Nations Unies (ONU) 11  . Les différents aspects et les indicateurs statistiques disponibles au niveau national pour les immigrants et les personnes nées au Canada sont présentés dans le tableau suivant.

Dans le présent rapport, on utilise trois sources principales de données pour les indicateurs de la qualité de l'emploi : l'Enquête sur la population active (EPA 2008), l'Enquête sur le milieu de travail et les employés (EMTE 2005) et l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC 2003 et 2005). Les définitions détaillées de ces indicateurs figurent à l'appendice I.

2   Sécurité et éthique de l'emploi

2.1  La proportion d'immigrants ayant subi une blessure liée au travail en 2003 et 2005 était plus faible que pour les non-immigrants

En 2005, 2,6 % des immigrants occupés de 25 à 54 ans avaient subi une blessure limitant leur activité au travail au cours des 12 mois précédents, ce qui est plus faible que la proportion pour les travailleurs nés au Canada (3,9 %). Cette proportion a peu changé par rapport à 2003, les pourcentages de travailleurs déclarant des blessures au travail s'établissant à 2,7 % et 4,2 % respectivement. Les données sur les blessures pour 2003, sur la base du groupe professionnel, se trouvent à l'appendice III.

Chez les travailleurs plus âgés, la tendance était similaire. En 2005, 1,9 % des immigrants occupés de 55 ans et plus déclaraient avoir subi une blessure limitant leur activité au travail au cours des 12 mois précédents, comparativement à 3,0 % des travailleurs plus âgés nés au Canada.

3   Revenu et avantages liés à l'emploi

Parmi toutes les mesures de la qualité de l'emploi, la rémunération est celle sur laquelle l'analyse a toujours porté principalement, dans le contexte canadien à tout le moins. Une rémunération horaire plus élevée est couramment liée à un bien-être personnel et socioéconomique collectif accru. Un certain nombre d'études canadiennes, dont de nombreuses sont fondées sur les données du recensement, ont porté de façon exhaustive sur les différences de gains entre les immigrants et les personnes nées au Canada; quatre d'entre elles font ressortir des gains plus élevés pour les personnes nées au Canada par rapport aux immigrants, même si les écarts ont souvent tendance à rétrécir à mesure que s'allonge la période d'établissement 12 , 13 , 14 , 15 .

3.1  Indicateurs liés à la rémunération

3.1.1  Les employés de 25 à 54 ans nés au Canada gagnaient 2,28 $ de plus l'heure que les immigrants

En 2008, la rémunération horaire moyenne des employés du principal groupe d'âge actif nés au Canada s'établissait à 23,72 $, alors que la rémunération horaire moyenne des employés immigrants se fixait à 21,44 $ – un écart de 2,28 $ l'heure (tableau 2). Il existe un écart, peu importe quand les immigrants se sont établis, mais il est le plus prononcé dans le cas des immigrants qui se sont établis au cours des cinq années précédentes (5,04 $) et le plus étroit dans le cas de ceux qui se sont établis plus de dix ans auparavant (1,32 $).

L'écart était plus grand pour les employés titulaires d'un diplôme universitaire. Lorsque l'on compare les immigrants de 25 à 54 ans titulaires de diplômes universitaires et leurs homologues nés au Canada, on note un écart de 5 $ dans la rémunération horaire en 2008 (25,32 $ comparativement à 30,33 $). Même s'il est plus étroit, il existe encore un écart entre les immigrants titulaires d'un diplôme universitaire qui se sont établis plus de 10 ans auparavant et les titulaires de diplômes nés au Canada (27,86 $ comparativement à 30,33 $).

Le fait d'avoir occupé son emploi actuel depuis une période relativement courte peut signifier une rémunération plus faible par rapport à tous les employés. Par exemple, les employés de 25 à 54 ans nés au Canada qui occupaient leur emploi actuel depuis moins de cinq ans gagnaient 2,36 $ de moins que les employés nés au Canada, peu importe leur ancienneté (tableau 2). Lorsque l'on compare les employés nés au Canada et les employés immigrants qui se sont établis au cours des cinq années précédentes, pour une ancienneté de cinq ans et moins dans les deux groupes, l'écart dans la rémunération horaire moyenne s'établit à 3,33 $ et est plus faible que dans le cas de tous les employés nés au Canada et des employés immigrants plus récents, quelle que soit leur ancienneté (5,04 $).

3.1.2  Les employés immigrants de 55 ans et plus avaient une rémunération horaire similaire aux personnes nées au Canada

En 2008, la rémunération horaire moyenne des employés immigrants plus âgés était inférieure de 63 cents à celle de leurs homologues nés au Canada (appendice IV). Lorsque l'on examine les résultats pour les immigrants plus âgés qui se sont établis plus de dix ans auparavant, c'est-à-dire la grande majorité des travailleurs immigrants plus âgés, l'écart est négligeable, à 12 cents de l'heure.

3.1.3  Proportion plus grande d'immigrants que d'employés nés au Canada qui gagnaient moins de 10 $ l'heure

Lorsque l'on va au-delà de la rémunération moyenne et que l'on examine la répartition des salaires des employés, on a un meilleur aperçu des différences entre les immigrants et les personnes nées au Canada.

En 2008, la proportion d'immigrants gagnant moins de 10 $ l'heure était 1,8 fois plus élevée que pour les personnes nées au Canada (graphique 1). À l'autre extrémité du spectre, on notait une proportion plus faible d'immigrants que de personnes nées au Canada gagnant 35 $ ou plus l'heure.

Les écarts les plus importants dans la répartition de la rémunération ont été notés entre les employés nés au Canada et les immigrants qui se sont établis au cours des cinq années précédentes. En 2008, par exemple, la proportion de ces immigrants qui gagnaient moins de 10 $ l'heure était presque trois fois plus élevée que pour les employés nés au Canada, et la proportion de ces employés immigrants qui s'étaient établis plus récemment et qui gagnaient 35 $ ou plus l'heure était beaucoup plus faible que pour les personnes nées au Canada (graphique 1).

En 2008, même les proportions d'employés immigrants qui se sont établis au Canada il y a plus de dix ans et qui gagnaient moins de 10 $ l'heure étaient supérieures à celles des personnes nées au Canada, et la proportion gagnant 35 $ ou plus l'heure était inférieure à celle des employés nés au Canada (tableau 2).

Les comparaisons des salaires sur la base des groupes professionnels se trouvent à l'appendice III.

3.2  Avantages non salariaux

Les avantages non salariaux représentent une mesure de la qualité de l'emploi, étant donné qu'ils se rapportent non seulement aux avantages personnels futurs et à la sécurité financière de la famille (p. ex., assurance-vie et régime de retraite), mais aussi à la santé et au bien-être actuels (p. ex., soins dentaires, couverture médicale supplémentaire).

3.2.1  Proportion d'employés immigrants ayant une couverture de soins de santé prolongés et une assurance-soins dentaires similaires à celles des employés nés au Canada

En 2005, la proportion d'employés immigrants ayant une couverture de soins de santé prolongés et une assurance-soins dentaires de leur employeur était similaire à celle des employés nés au Canada. Cela est vrai pour les immigrants peu importe leur période d'établissement (tableau 2) ou grand groupe professionnel (appendice III).

Pour ce qui est des autres avantages non salariaux, et plus particulièrement les régimes de retraite et l'assurance-vie, toutefois, la proportion d'immigrants y ayant accès par l'entremise de leur employeur était plus faible que pour leurs homologues nés au Canada. En 2005, l'écart entre les employés immigrants et les employés nés au Canada bénéficiant d'un régime de retraite parrainé par l'employeur se situait à 8,6 points de pourcentage – 28,4 % comparativement à 37,0 % (tableau 2). Lorsque l'on compare les personnes nées au Canada et les immigrants qui se sont établis plus de dix ans auparavant, on note encore un écart de 5,0 points de pourcentage.

Dans le cas des employés ayant une assurance-vie de leur employeur, on a noté un écart de 8,1 points de pourcentage; 56,9 % pour les immigrants et 65,0 % pour les personnes nées au Canada (tableau 2). Même les employés immigrants qui se sont établis plus de dix ans auparavant avaient un taux plus faible d'assurance-vie parrainée par l'employeur que les employés nés au Canada.

3.2.2  Les employés immigrants du principal groupe d'âge actif avaient un nombre légèrement inférieur de jours de congé annuels en 2005

En 2005, les employés du principal groupe d'âge actif nés au Canada étaient admissibles à une moyenne de 15,4 jours de vacances, ce qui est légèrement supérieur aux 14,2 jours auxquels les employés immigrants avaient droit (tableau 2). L'écart au chapitre des vacances entre les personnes nées au Canada et les immigrants qui se sont établis il y a plus de dix ans était encore plus petit, à 0,6 jour.

Parmi les employés plus âgés, le nombre de jours de vacances pour les immigrants était légèrement plus élevé que pour les travailleurs plus âgés nés au Canada, particulièrement ceux qui se sont établis au Canada plus de dix ans auparavant (18,1 jours comparativement à 16,9 jours; appendice IV). Il convient de souligner que le nombre de jours de vacances auxquels un travailleur a droit comporte un lien étroit avec son ancienneté dans son emploi actuel (tant pour les personnes nées au Canada que pour les immigrants), une des caractéristiques de la qualité de l'emploi décrites à la section 5.

4   Heures de travail et équilibre entre le travail etla vie personnelle

Les heures de travail, qu'elles soient excessivement longues ou courtes, peuvent avoir des répercussions significatives sur le bien-être des personnes et des familles. Les modalités relatives au temps de travail, par exemple, les horaires souples, sont aussi importantes pour évaluer le niveau d'équilibre entre le travail et la vie personnelle.

4.1  Heure de travail

4.1.1  Les immigrants ont travaillé en moyenne un nombre légèrement supérieur d'heures chaque semaine que les personnes nées au Canada

En 2008, le nombre moyen hebdomadaire d'heures travaillées par les immigrants dans leur emploi principal était supérieur de 0,2 heure à celui des travailleurs nés au Canada (tableau 3). L'écart était plus grand pour les immigrants qui se sont établis plus de dix ans auparavant.

Les immigrants plus âgés étaient encore plus susceptibles d'avoir une semaine de travail moyenne plus longue que leurs homologues nés au Canada (appendice IV). Ceux qui se sont établis il y a plus de dix ans travaillaient habituellement en moyenne 0,9 heure de plus par semaine que les travailleurs plus âgés nés au Canada.

4.1.2  La proportion d'immigrants et de personnes nées au Canada ayant de longues semaines de travail en 2008 était similaire

En 2008, près d'un travailleur sur dix de 25 à 54 ans (9,4 % de ceux nés au Canada, 9,1 % des immigrants) travaillait habituellement 50 heures ou plus par semaine dans son emploi principal (tableau 3). Les immigrants établis depuis les cinq dernières années étaient les moins susceptibles (6,2 %) d'avoir de longues semaines de travail en 2008, tandis que ceux qui se sont établis avant 1998 étaient les plus susceptibles d'avoir de longues semaines de travail (10,0 %).

On a noté peu de différences dans la proportion d'immigrants et de personnes nées au Canada effectuant 15 heures de travail ou moins (3,8 % comparativement à 3,6 %) en 2008.

4.1.3  Des proportions similaires d'immigrants et de personnes nées au Canada occupaient plus d'un emploi

Le fait de travailler à plus d'un emploi peut être considéré comme un indicateur approximatif que l'emploi principal du travailleur ne lui fournit pas les avantages économiques nécessaires, ce qui l'amène à trouver un deuxième emploi pour joindre les deux bouts. Une enquête menée en 1995 a révélé que près des deux tiers (65 %) des Canadiens cumulant des emplois le faisaient pour s'acquitter de leurs dépenses courantes, rembourser des dettes, acheter quelque chose de spécial ou économiser pour l'avenir 16  .

En 2008, les immigrants occupés étaient tout aussi susceptibles que les personnes nées au Canada d'occuper plus d'un emploi (tableau 3). Il n'y avait que peu de différence selon la période d'établissement de l'immigrant.

4.1.4  Les immigrants occupant plus d'un emploi travaillaient un plus grand nombre d'heures au total que leurs homologues nés au Canada

Même si les immigrants étaient aussi susceptibles que les personnes nées au Canada de cumuler des emplois simultanés, ceux qui le faisaient avaient de plus longues heures dans tous leurs emplois que les personnes nées au Canada occupant plus d'un emploi. En 2008, les immigrants qui avaient plus d'un emploi travaillaient en moyenne 50,0 heures, soit 2,3 heures de plus par semaine que les travailleurs nés au Canada occupant plus d'un emploi (tableau 3). Cet écart était évident pour tous les immigrants, peu importe le moment de leur établissement au Canada, mais plus particulièrement pour ceux établis avant 1998.

4.1.5  La proportion d'immigrants effectuant des heures supplémentaires dans leur emploi principal était plus faible que chez leurs homologues nés au Canada

En 2008, 20,3 % de tous les employés immigrants de 25 à 54 ans effectuaient des heures supplémentaires, ce qui est inférieur à la proportion pour les employés nés au Canada (26,6%); cette proportion plus faible a été notée peu importe la période d'établissement de l'immigrant (tableau 3).

Dans le cas des employés qui effectuaient des heures supplémentaires, la proportion d'employés immigrants qui étaient rémunérés pour au moins une certaine partie de ces heures était légèrement plus élevée que pour leurs homologues nés au Canada (48,9 % comparativement à 46,0 %).

4.2  Travail à temps partiel et travail à temps partiel involontaire

La majorité des travailleurs au Canada travaillent à temps plein dans leur emploi principal. Ceux qui travaillent à temps partiel par choix le font pour un certain nombre de raisons : ils ont des responsabilités familiales, ou encore ils fréquentent l'école ou ils sont malades ou ils ont une incapacité. Il s'agit de choix destinés à établir un équilibre entre le travail et la vie familiale ou la santé. Même si la majeure partie des personnes travaillant à temps partiel le font par choix, celles qui travaillent à temps partiel de façon involontaire (c.-à-d. qui aimeraient travailler à temps plein, mais ne peuvent obtenir un emploi à temps plein) représentent un indicateur important de la qualité de l'emploi.

4.2.1  La proportion d'immigrants du principal groupe d'âge actif travaillant à temps partiel était similaire à celle des travailleurs nés au Canada

En 2008, la proportion d'immigrants du principal groupe d'âge actif qui travaillaient à temps partiel était similaire à celle des personnes occupées nées au Canada (11,5 % comparativement à 11,7 %; tableau 3). Parmi les travailleurs plus âgés, toutefois, la proportion d'immigrants travaillant à temps partiel était plus faible que chez les travailleurs plus âgés nés au Canada (19,2 % comparativement à 23,7 %; appendice IV).

4.2.2  Une proportion plus élevée d'immigrants travaillaient à temps partiel de façon involontaire

La plupart des travailleurs du principal groupe d'âge actif au Canada qui travaillent à temps partiel le font volontairement – par préférence personnelle, parce qu'ils fréquentent l'école ou parce qu'ils ont des responsabilités familiales. Toutefois, certaines personnes qui travaillent à temps partiel le font involontairement; elles aimeraient travailler à temps plein, mais sont incapables d'obtenir un emploi à temps plein pour diverses raisons.

En 2008, parmi les travailleurs à temps partiel, la proportion d'immigrants indiquant travailler à temps partiel de façon involontaire était plus élevée que chez les travailleurs à temps partiel nés au Canada (tableau 3). Même si cet écart persistait, peu importe la période d'établissement, il était le plus étroit dans le cas des personnes établies plus de dix ans auparavant, mais plus large entre celles établies au cours des cinq dernières années et les personnes nées au Canada (41,0 % comparativement à 29,9 %).

4.3  Conditions de travail souples

4.3.1  Les conditions de travail souples étaient plus répandues chez les travailleurs immigrants établis depuis plus de dix ans auparavant

Le fait de donner aux travailleurs un plus grand contrôle sur leur horaire de travail est considéré comme leur permettant de mieux répondre à leurs besoins personnels et familiaux, et contribue indirectement à la productivité 17 . Les conditions de travail comprennent notamment les semaines de travail réduites, les horaires souples ou les semaines de travail comprimées.

Selon les dernières données sur ce sujet pour 2005, environ 6 employés sur 100 âgés de 25 à 54 ans avaient conclu une entente avec leur employeur pour avoir une semaine de travail réduite, et il y avait peu de différences dans la proportion de personnes nées au Canada ou d'immigrants profitant de telles conditions de travail (tableau 3). En outre, un peu plus du tiers de tous les travailleurs occupés du principal groupe d'âge actif – nés au Canada ou ailleurs – avaient des horaires de travail souples en 2005.

La semaine de travail comprimée, toutefois, était moins répandue chez les employés immigrants que chez les employés nés au Canada en 2005, même s'ils s'étaient établis au Canada depuis plus de dix ans auparavant (tableau 3).

5   Stabilité et sécurité d'emploiainsi que protection sociale

La qualité de l'emploi peut aussi être mesurée du point de vue de la stabilité et de la sécurité d'emploi d'une personne. On peut notamment mesurer la proportion d'employés occupant des emplois temporaires et l'ancienneté des travailleurs dans leur emploi actuel.

5.1  Les postes temporaires étaient plus répandus chez les immigrants établis plus récemment

Le fait d'occuper un poste permanent fournit au titulaire un certain niveau de sécurité d'emploi, qui peut contribuer au sentiment global de bien-être et de stabilité économique. Réciproquement, les postes temporaires, offrent moins de sécurité et ont une durée fixe.

En 2008, une proportion légèrement plus élevée d'immigrants que d'employés nés au Canada occupaient des postes temporaires (9,7 % comparativement à 8,3 %; tableau 4). La proportion d'immigrants établis au cours des cinq dernières années et occupant des postes temporaires représentait près du double de celle de leurs homologues nés au Canada, tandis que la proportion de ceux qui s'étaient établis depuis plus de dix ans auparavant et qui occupaient des emplois temporaires était plus faible que chez les employés nés au Canada.

5.2  Les travailleurs du principal groupe d'âge actif nés au Canada étaient plus susceptibles d'avoir une très longue ancienneté, même en comparaison avec les immigrants établis depuis plus de dix ans auparavant

L'ancienneté est considérée comme un autre aspect important de la sécurité d'emploi. Plus quelqu'un occupe longtemps un emploi particulier pour un organisme déterminé, plus il est probable que d'autres mesures, comme la permanence de l'emploi, la rémunération et les avantages non salariaux, s'amélioreront 18 , 19 , 20 .

Tout compte fait, les écarts dans l'ancienneté entre les immigrants et les personnes nées au Canada sont facilement prévisibles, la plupart des immigrants n'ayant pas été au Canada suffisamment longtemps pour que leur ancienneté avec leur employeur actuel soit très longue. En 2008, une proportion plus grande d'immigrants que de personnes occupées de 25 à 54 ans nées au Canada avaient une ancienneté de 12 mois ou moins, ou de 13 à 60 mois, et une proportion beaucoup plus faible d'immigrants avaient une ancienneté de plus de 20 ans comparativement aux personnes nées au Canada (tableau 4).

En moyenne, les travailleurs immigrants de 25 à 54 ans occupaient leur emploi actuel depuis deux années et demie de moins que leurs homologues nés au Canada (74,1 mois comparativement à 103,1 mois). La durée moyenne de l'emploi différait considérablement selon le délai écoulé depuis l'établissement, allant de 26,4 mois pour les personnes établies au cours des cinq dernières années à 95,0 mois pour celles établies depuis plus de dix ans.

Ce n'est que parmi les immigrants établis au Canada depuis plus de 20 ans que nous voyons des durées d'emploi supérieures pour les immigrants que pour les personnes nées au Canada. En 2008, les immigrants qui se sont établis il y a 20 ans auparavant ou plus représentent le tiers de tous les travailleurs immigrants du principal groupe d'âge actif. Ces immigrants de longue date ont tous une proportion plus élevée d'ancienneté de plus de 20 ans (14,0 % comparativement à 12,6 %), ainsi que des anciennetés moyennes globales plus longues (112,3 mois comparativement à 103,1 mois) que les personnes nées au Canada.

6   Dialogue social et rapports en milieu de travail

De façon générale, le dialogue social a trait à la liberté et au droit de s'organiser et de négocier collectivement. La syndicalisation est une caractéristique de la qualité de l'emploi qui est liée à d'autres indicateurs mentionnés dans le présent rapport, y compris la rémunération et les avantages non salariaux 21 , 22 , 23 . Elle est aussi liée à l'ancienneté dans l'emploi actuel et à la profession.

6.1  La syndicalisation est plus répandue chez les employés nés au Canada

En 2008, la syndicalisation chez les employés immigrants de 25 à 54 ans était plus faible que chez les personnes nées au Canada, peu importe la période d'établissement (graphique 2). Par exemple, la proportion d'employés nés au Canada membres d'un syndicat était près de 1,5 fois plus élevée que pour les immigrants globalement, et 1,3 fois plus élevée que pour les immigrants établis depuis plus de dix ans auparavant.

La différence dans le taux de syndicalisation était moins grande chez les employés plus âgés. En 2008, 37,7 % des employés canadiens plus âgés étaient syndiqués, comparativement à 34,4 % des employés immigrants établis au Canada depuis plus de dix ans auparavant (appendice IV).

7   Mise en valeur des compétences et apprentissage continu

L'accès à la formation, formelle ou informelle, est considéré comme une caractéristique d'emploi importante. La formation fournit non seulement à l'employé l'occasion d'apprendre et de se perfectionner, mais aussi d'améliorer sa sécurité au travail.

7.1  Des proportions similaires de travailleurs immigrants et de travailleurs nés au Canada ont reçu de la formation en cours d'emploi

En 2005, il y avait peu de différences dans les proportions d'immigrants et d'employés nés au Canada ayant reçu de la formation en cours d'emploi au cours des 12 mois précédents (tableau 5). Toutefois, les employés nés au Canada du principal groupe d'âge actif étaient plus susceptibles d'avoir reçu de la formation en salle de classe que les immigrants (40,6 % comparativement à 32,3 %); l'écart était le plus grand entre les personnes nées au Canada et les immigrants établis depuis plus de dix ans, ce groupe étant le moins susceptible d'avoir reçu de la formation en salle de classe au cours des 12 mois précédents.

7.2  Proportion beaucoup plus forte d'immigrants occupés titulaires d'un diplôme universitaire ayant une scolarité plus élevée que celle requise pour leur profession que chez leurs homologues nés au Canada.

Lorsque l'on compare ce qui est habituellement requis pour l'emploi à la scolarité que les employés ont dans les faits, on a une bonne idée de la mesure dans laquelle certains employés sont surqualifiés ou sous-qualifiés pour l'emploi qu'ils occupent. Une matrice, élaborée par Ressources humaines et Développement social Canada (RHDSC), de concert avec un consortium de chercheurs universitaires, d'employeurs, de syndicats et de représentants gouvernementaux, est destinée à déterminer le niveau de scolarité « normalement exigé » pour un groupe professionnel particulier 24  .

D'autres recherches ont démontré que la surqualification de tous les travailleurs peut être associée à l'âge, au travail à temps plein ou à temps partiel, à la syndicalisation, à la taille de l'entreprise où la personne est employée, au domaine d'études et au secteur d'emploi des immigrants. Elle peut aussi être associée aux barrières institutionnelles et linguistiques, aux difficultés concernant la reconnaissance des titres et de l'expérience acquis à l'étranger; ainsi qu'à une gamme variée de facteurs connexes, comme la discrimination dont sont victimes certains immigrants 25 , 26  .

En 2008, plus de 3 000 000 de travailleurs de 25 à 54 ans au Canada avaient un niveau de scolarité supérieur aux exigences normales de leur emploi. Plus de deux cinquième (42,1 %) des travailleurs immigrants de ce groupe d'âge avaient un niveau de scolarité plus élevé que ce qui était normalement exigé pour leur emploi, tandis qu'un peu plus du quart (28,1 %) des travailleurs nés au Canada étaient surqualifiés (tableau 5). Peu importe la période d'établissement, les immigrants affichaient des proportions plus fortes de surqualification que les personnes nées au Canada.

En 2008, plus de 1 100 000 de travailleurs de 25 à 54 ans titulaires d'un diplôme universitaire occupaient des professions dont les exigences normales étaient au maximum un diplôme collégial ou un diplôme d'apprenti. La proportion d'immigrants titulaires de diplôme qui étaient surqualifiés était 1,5 fois plus élevée que chez leurs homologues nés au Canada (60,1 % comparativement à 40,5 %; tableau 5).

La surqualification était particulièrement répandue en 2008 chez les immigrants titulaires d'un diplôme universitaire qui s'étaient établis au cours des cinq dernières années; les deux tiers travaillaient dans des professions exigeant normalement des études collégiales ou d'apprenti au maximum (tableau 5); des résultats similaires ont été notés dans des recherches récentes à partir des données du Recensement de 2006 27  . Selon la période d'établissement, en 2008, la proportion de travailleurs surqualifiés autres que ceux de la gestion était la plus faible chez les immigrants établis depuis plus de 10 ans (54,8 %), mais était tout de même 1,4 fois plus élevée que pour les personnes nées au Canada.

Les proportions de travailleurs surqualifiés peuvent varier selon le groupe professionnel. Ces données, tant pour les immigrants que les personnes nées au Canada titulaires d'un diplôme universitaire qui occupent des professions nécessitant habituellement un niveau inférieur d'études, sont présentées à l'appendice III.

8   Nature intrinsèque du travail

Cet aspect de la qualité de l'emploi vise à jeter de la lumière sur les impressions des travailleurs concernant le travail qu'ils effectuent, peu importe leur rémunération, leurs avantages ou leurs conditions de travail. Il existe un indicateur qui peut nous éclairer à ce sujet, à savoir la satisfaction au travail. Généralement, la satisfaction au travail est relativement stable et positive dans la plupart des enquêtes nationales depuis les années 70 28  .

8.1  Le niveau de satisfaction au travail est élevé chez les immigrants et les personnes nées au Canada, même si ceux se disant « très satisfaits » étaient plus nombreux chez les employés nés au Canada

En 2005, la plupart des employés de 25 à 54 ans ont déclaré des niveaux très élevés de satisfaction au travail. Au total, 91,9 % des employés nés au Canada et 89,4 % des employés immigrants ont dit être satisfaits ou très satisfaits dans leur emploi.

Cependant, la proportion d'immigrants dans le principal groupe d'âge actif déclarant être « satisfaits » au travail était beaucoup plus élevée, et la proportion de ceux étant « très satisfaits » au travail était beaucoup plus faible que chez les employés nés au Canada, peu importe la période d'établissement (graphique 3).

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