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Analyse — Mai 2009

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Après avoir enregistré une hausse en avril, l’emploi a fléchi de 42 000 en mai, entraîné à la baisse par des pertes additionnelles survenues dans le secteur de la fabrication en Ontario. Le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 8,4 %, son plus haut niveau depuis onze ans. Depuis le sommet atteint en octobre dernier, l’emploi s’est replié de 363 000 ou 2,1 %.

Bien que l’Ontario ait enregistré un recul important de l’emploi en mai, des hausses ont été observées au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan, alors que l’emploi a peu bougé dans les autres provinces.

En mai, le recul de l’emploi s’est manifesté non seulement dans le secteur de la fabrication, mais aussi dans le transport et l’entreposage. Les seules hausses appréciables de l’emploi ont été observées dans les administrations publiques.

Le repli de l’emploi en mai a principalement touché les hommes et les femmes de 25 à 54 ans, tandis que les femmes âgées de 55 ans et plus ont profité d’une progression de l’emploi.

De fortes diminutions ont été relevées dans le travail à temps plein (-59 000) en mai, ce qui a porté à 406 000 (-2,9 %) les baisses totales de l’emploi à temps plein depuis octobre dernier. Au cours de cette période, le travail à temps partiel a poursuivi sa tendance à la hausse, en progression de 44 000 (+1,4 %).

En mai, le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 3,4 % par rapport au même mois un an plus tôt, ce qui représente la plus faible croissance sur douze mois en deux ans.

Déclin persistant de l’emploi en Ontario

L’Ontario a été la seule province à connaître un recul substantiel de l’emploi en mai (-60 000) et les baisses totales depuis octobre dernier se sont élevées à 234 000 ou 3,5 %. L’Ontario regroupe 39 % de l’ensemble de la population en âge de travailler, et cette province a enregistré 64 % du repli global de l’emploi depuis le début du mouvement de déclin du marché du travail.

En mai, le taux de chômage en Ontario a grimpé de 0,7 point de pourcentage par rapport au mois précédent, pour atteindre 9,4 %, son niveau le plus élevé en quinze ans.

Toujours en mai, l’emploi dans les secteurs de la fabrication et de la construction a continué de fléchir en Ontario. Depuis octobre, le nombre de travailleurs a diminué de 14,0 % dans le secteur de la fabrication et de 9,3 % dans celui de la construction.

L’emploi est resté inchangé au Québec en mai. Une augmentation du nombre de personnes sur le marché du travail a fait monter le taux de chômage, qui s’est fixé à 8,7 %. Depuis octobre dernier, l’emploi a diminué de 0,7 % au Québec.

En mai, l’emploi a augmenté au Manitoba et en Saskatchewan, en hausse de 3 900 et de 3 100 respectivement. Ces deux provinces ont affiché un taux de chômage de 4,9 %, le taux le plus bas au pays. Ce sont aussi les deux seules provinces à avoir connu une croissance de l’emploi depuis octobre dernier.

Après deux baisses mensuelles consécutives, l’emploi a progressé de 3 600 en Nouvelle-Écosse au cours du mois de mai.

Forte diminution de l’emploi dans le secteur de la fabrication

L’emploi dans le secteur de la fabrication a poursuivi son mouvement de déclin, en baisse de 58 000 en mai, principalement en Ontario. Ce recul a porté à 186 000 ou 9,4 % les baisses observées depuis octobre, le repli le plus marqué s’étant manifesté dans l’industrie du matériel de transport. C’est l’Ontario qui a connu l’essentiel des baisses de l’emploi manufacturier au cours de cette période.

En mai 2009, le nombre de travailleurs dans le secteur de la fabrication en Ontario a atteint 778 000, son plus bas niveau depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 1976. L’emploi dans le secteur de la fabrication en Ontario avait atteint un sommet en novembre 2002, soit 1 115 000 travailleurs.

En mai, l’emploi a également fléchi dans le secteur du transport et de l’entreposage. Le repli de 16 000 a porté les baisses totales de l’emploi dans cette branche d’activité à 48 000 (-5,5 %) depuis octobre. Seul le secteur des administrations publiques a connu une hausse appréciable de l’emploi en mai (+19 000).

Le nombre de travailleurs indépendants a diminué de 32 000 en mai, ce qui a effacé la progression inscrite le mois précédent. Le nombre d’employés du secteur privé a continué de fléchir, en baisse de 36 000 en mai, tandis que le nombre d’employés du secteur public a augmenté de 27 000, surtout en raison de la croissance de l’effectif des administrations publiques.

Depuis octobre, le nombre d’employés a diminué de 2,9 % dans le secteur privé et de 1,3 % dans le secteur public. Au cours de la même période, le nombre de travailleurs indépendants a peu varié.

Baisse du nombre de travailleurs de 25 à 54 ans

En mai, l’emploi a fléchi de 50 000 dans le groupe des 25 à 54 ans, les baisses s’élevant à 28 000 chez les hommes et à 22 000 chez les femmes. Depuis le début du mouvement de déclin du marché du travail, ce sont surtout les hommes de ce groupe d’âge qui ont connu la majeure partie du déclin de l’emploi. L’emploi dans ce groupe a diminué de 3,4 % au cours de cette période, alors qu’il diminué de 1,1 % chez les femmes du principal groupe d’âge actif.

L’emploi chez les femmes âgées de 55 ans et plus a progressé de 16 000 en mai. Depuis octobre dernier, l’emploi a crû de 3,1 % dans le groupe des femmes plus âgées, alors qu’il a peu bougé chez les hommes plus âgés.

Bien que l’emploi se soit légèrement replié chez les jeunes de 15 à 24 ans en mai, ce groupe a connu un recul important au cours du repli actuel du marché du travail, les baisses depuis octobre dernier atteignant 134 000 ou 5,1 %. En mai, le taux de chômage des jeunes a grimpé pour se fixer à 14,9 %, son plus haut niveau depuis 1999.

Début difficile de l’été pour les étudiants de 20 à 24 ans

De mai à août, l'Enquête sur la population active recueille des renseignements sur le marché du travail concernant les jeunes de 15 à 24 ans qui fréquentaient l'école à temps plein en mars et qui ont l'intention de retourner aux études à l'automne. Les résultats de l'enquête pour mai fournissent les premiers indicateurs du marché des emplois d'été, particulièrement pour les étudiants de 20 à 24 ans, puisque les étudiants âgés de 15 à 19 ans n'ont pas encore terminé les cours pour l'été. Les données de juin, de juillet et d'août fourniront d'autres renseignements sur le marché des emplois d'été. Les estimations publiées ne sont pas désaisonnalisées, et les comparaisons ne peuvent donc être faites que d'une année à l'autre.

Les emplois d’été commencent en mai pour les étudiants âgés de 20 à 24 ans. Le nombre d’étudiants occupant un emploi a diminué de 59 000 par rapport à ce qu’il était un an plus tôt, et toute la baisse est survenue dans le travail à temps plein. Parallèlement, l’activité de ce groupe sur le marché du travail a considérablement fléchi, passant de 75,2 % à 68,6 %. En mai, le taux de chômage s’est élevé à 18,3 % pour ce groupe d’étudiants, comparativement à 15,4 % en mai 2008.

Note aux lecteurs

Les estimations tirées de l’Enquête sur la population active sont fondées sur un échantillon et sont donc sujettes à la variabilité d’échantillonnage. Les estimations visant de petites régions géographiques ou de petites branches d’activité seront associées à une variabilité plus importante. Pour une explication de la variabilité d’échantillonnage des estimations et de la méthode d’évaluation de cette variabilité à l’aide de l’erreur-type, veuillez consulter la section traitant de la qualité des données dans cette publication.

Les variations dans les salaires horaires moyens sont affectées par des changements dans la composition de la population active canadienne. Par exemple, une baisse de l’emploi dans les professions ou branches d’activités à faible salaire contribuera à l’augmentation du salaire horaire moyen national.

Le CD-ROM de la Revue chronologique de la population active de 2008 (71F0004XCB, 209 $) est maintenant en vente.