Analyse - Octobre 2007
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En octobre, les investisseurs non-résidents ont réduit leurs avoirs en titres canadiens de portefeuille d'un montant record de 24,3 milliards de dollars, sous l'effet d'une importante activité de prises de contrôle étrangères et du retrait d'actions canadiennes de portefeuille qui en a découlé sur les marchés boursiers.
Entre-temps, alors que le dollar canadien s'approchait de sa valeur la plus élevée jamais enregistrée, les résidents ont cherché des occasions d'investissement à l'étranger, ayant acheté pour 4,8 milliards de dollars de titres étrangers en octobre, somme répartie également entre des obligations et des actions.
Désinvestissement record en actions canadiennes enraison de l'activité liée aux prises de contrôle étrangères
En octobre, les investisseurs non résidents ont réduit leurs avoirs d'actions canadiennes de portefeuille d'un montant inégalé de 23,4 milliards de dollars, principalement en raison d'acquisitions étrangères. Cette réduction a été légèrement atténuée par le fait que les investisseurs étrangers ont ajouté 1,3 milliard de dollars en actions canadiennes à leur portefeuille en octobre. À cet égard, des actions du secteur des ressources naturelles ont fait l'objet d'achats alors que celles du secteur bancaire ont été vendues.
Renseignements complémentaires concernant les marchés financiers
En octobre, les taux d'intérêt à court terme au Canada ont reculé de 1 point de base pour descendre à 3,96 %, alors que ceux aux États-Unis ont légèrement augmenté pour se fixer à 3,90 %. Le différentiel de 0,06 % entre les deux pays, en légère baisse par rapport à celui de 0,08 % affiché en septembre, favorisait toujours l'investissement au Canada.
Entre-temps, le différentiel des taux d'intérêt à long terme entre le Canada et les États-Unis a fléchi pour se fixer à 0,17 %. Les taux canadiens ont régressé de 10 points de base pour se situer à 4,31 %, tandis que les taux américains ont perdu 15 points de base pour s'établir à 4,48 %.
Le cours des actions canadiennes a fait un bond de 3,7 % en octobre, l'indice composite Standard and Poor's / Toronto Stock Exchange clôturant le mois à un niveau record de 14 625,0. Parallèlement, le cours des actions américaines a continué de progresser, l'indice composite Standard and Poor's clôturant le mois à un niveau record de 1 549,4, soit une hausse mensuelle de 1,5 %.
En octobre, le dollar canadien s'est apprécié de 5,33 cents US de plus, ce qui a porté le taux de change à la fin d'octobre à 105,83 cents US, soit son niveau de fin de mois le plus élevé enregistré depuis juillet 1950. L'appréciation marquée de 25 % du dollar canadien par rapport à son homologue américain depuis le début de 2007 constitue l'un des plus forts rendements parmi les devises activement échangées dans le monde.
Définitions
Les séries sur les opérations internationales en valeurs mobilières ont trait aux opérations de portefeuille en actions, en obligations et en instruments (ou effets) du marché monétaire tant pour les émissions canadiennes qu'étrangères.
Les actions comprennent les actions ordinaires et privilégiées ainsi que les bons de souscription.
Les titres d'emprunt comprennent les obligations et les instruments du marché monétaire.
Les obligations ont une échéance de plus d'une année.
Les instruments du marché monétaire ont une échéance d'une année ou moins.
L'activité liée aux prises de contrôle d'entreprises canadiennes par des intérêts étrangers s'est fortement intensifiée depuis 2006, ce qui fait en sorte que d'importants avoirs étrangers de portefeuille en actions canadiennes ont été vendus à des investisseurs directs. De plus, la forte activité liée aux prises de contrôle a sans doute eu un effet sur le cours des actions en bourse lorsque les acquisitions ont été annoncées, sans toutefois avoir été réalisées. Le marché boursier canadien a enregistré une hausse de près de 20 % entre octobre 2006 et octobre 2007.
Les non-résidents privilégient les obligationsde sociétés canadiennes
Dans l'ensemble, les acquisitions étrangères d'obligations canadiennes ont été modestes en octobre (88 millions de dollars), l'investissement en obligations de sociétés ayant compensé la réduction des obligations des administrations publiques.
En raison de nouvelles émissions, les investissements étrangers en obligations d'entreprises publiques fédérales et de sociétés privées ont atteint respectivement 1,5 milliard de dollars et 1,6 milliard de dollars. Les nouvelles émissions d'obligations de sociétés étaient toutes libellées en dollars américains et offraient des rendements attrayants.
Le désinvestissement étranger se concentrait dans les obligations du gouvernement fédéral. Les non-résidents ont réduit leurs avoirs d'obligations du gouvernement du Canada de 2,1 milliards de dollars, somme répartie également entre les remboursements nets et les ventes d'obligations en circulation. Les ventes portaient surtout sur les obligations ayant une échéance de deux ans ou moins, alors que les non-résidents ont continué d'acquérir des obligations à échéance plus éloignée (principalement de deux à cinq ans).
Quant aux transactions en obligations canadiennes en circulation, les non-résidents en ont vendu pour 642 millions de dollars, montant réparti également entre des obligations libellées en dollars américains et canadiens. Ce retrait contrastait nettement avec l'investissement de 5,6 milliards de dollars effectué au cours des deux mois précédents (entièrement en obligations libellées en dollars canadiens). Sur le plan géographique, les États-Unis se classent en tête et ont vendu pour 2,3 milliards de dollars d'obligations en circulation. L'appréciation rapide du dollar canadien et le redressement des marchés boursiers nord-américains pourraient avoir incité les investisseurs à délaisser les obligations canadiennes en circulation.
Les investisseurs étrangers se départissentde leurs titres d'emprunt canadiens à court terme
En octobre, les non-résidents ont retiré 968 millions de dollars de leurs avoirs en instruments du marché monétaire canadien. Ce désinvestissement étranger se concentrait dans les titres d'emprunt à court terme émis par des entreprises publiques fédérales (1,1 milliard de dollars) et mettait fin à cinq mois consécutifs au cours desquels les investisseurs étrangers avaient investi au total 1,5 milliard de dollars dans ces instruments.
Parallèlement, les non-résidents ont réduit leurs avoirs en bons du Trésor fédéral de 271 millions de dollars. Par contre, ils ont investi 446 millions de dollars en effets d'administrations publiques provinciales, après quatre mois consécutifs de désinvestissement totalisant 617 millions de dollars.
Les acquisitions d'actions américaines demeurent soutenuesalors que leur prix continue de croître
En octobre, les Canadiens ont investi la somme appréciable de 2,7 milliards de dollars en actions étrangères, surtout des actions américaines. À l'instar du marché haussier des actions aux États-Unis, qui a atteint un sommet en octobre, les résidents ont investi 2,2 milliards de dollars en actions américaines. Après une faible baisse en septembre, l'investissement en actions non américaines complétait le tout.
Les obligations du gouvernement américain alimententles acquisitions d'obligations étrangères
L'attrait des Canadiens pour les obligations étrangères est réapparu en octobre alors qu'ils y ont investi un montant net total de 2,3 milliards de dollars. Les acquisitions enregistrées en octobre portaient surtout sur les obligations du gouvernement américain (1,6 milliard de dollars). De plus, les Canadiens ont ajouté 707 millions de dollars d'obligations de sociétés étrangères à leur portefeuille, dont le tiers était en obligations feuille d'érable. La situation était différente au cours des deux dernières années, la croissance ayant été alimentée par les acquisitions d'obligations feuille d'érable.
En octobre, l'investissement en obligations du gouvernement américain visait surtout des titres à plus courte échéance, les Canadiens ayant vendu des obligations à échéance plus éloignée. En octobre, la différence entre les taux d'intérêt à long terme des obligations de référence sur 10 ans du Canada et des États-Unis s'est rétrécie. Toutefois, les écarts de rendement entre les obligations de référence sur deux ans se sont creusés, les investisseurs se tournant vers des obligations du gouvernement américain à plus court terme.
Faible désinvestissement en instruments du marchémonétaire étranger
En octobre, les Canadiens ont réduit leurs avoirs en instruments du marché monétaire étranger d'une somme modeste de 197 millions de dollars, après deux mois consécutifs de désinvestissement record ayant grugé plus de la moitié des avoirs que les Canadiens détenaient à la fin de juillet.
La réduction des effets émis par les banques européennes s'est poursuivie en octobre, les Canadiens ayant canalisé leurs investissements vers les titres d'emprunt à court terme émis par des sociétés financières autres que des banques. Sur le plan des devises, les résidents ont vendu des effets étrangers libellés en dollars canadiens tout en acquérant des effets étrangers libellés en euros.
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