Le document de référence de l’Indice des prix à la consommation canadien
Chapitre 2 – Disponibilité et utilisations

Disponibilité des données

2.1 L’Indice des prix à la consommation (IPC) d’ensemble, divers indices agrégés, ainsi que des indices agrégés spéciaux sont produits et publiés mensuellement pour le Canada, les provinces, Whitehorse et Yellowknife. En outre, l’IPC d’ensemble et l’Indice des prix du logement sont produits et publiés pour 16 villes.Note  L’IPC d’ensemble est le seul indice publié pour Iqaluit.

2.2 Les séries de l’IPC pour les huit agrégats principaux au niveau du Canada sont également disponibles sous forme désaisonnalisée. Chaque année en janvier, au moment de la diffusion de l’IPC de décembre, des indices annuels moyens sont produits pour tous les indices mensuels publiés. Les indices annuels moyens sont calculés sous forme de moyenne arithmétique non pondérée des 12 indices mensuels dans l’année. Les indices mensuels et les indices annuels moyens pour l’IPC d’ensemble pour le Canada sont disponibles sous forme de série enchaînée remontant jusqu’à 1914. Pour les autres domaines géographiques et/ou agrégats, les indices sont disponibles à partir de diverses périodes, selon le moment où ils sont entrés dans le programme statistique de l’IPC.

2.3 En plus des séries mensuelles et annuelles de l’IPC, on estime et publie mensuellement des prix de détail moyens (et non les indices des prix) pour les aliments et certains autres articles pour le Canada et pour les dix provinces, ainsi que les prix de détail moyens de l’essence et du mazout pour le Canada et 18 villes.Note 

2.4 Toutes les statistiques mensuelles de l’IPC sont disponibles à 8 h 30, heure de l’Est, le jour de la diffusion. Habituellement, la diffusion a lieu la troisième semaine du mois qui suit la période d’observation des prix. Ainsi, l’IPC pour la période d’observation des prix correspondant à novembre 2018 a été diffusé le 19 décembre 2018.

2.5 À l’heure actuelle, il existe deux moyens principaux de diffusion des données de l’IPC :

Le Portail de l’Indice des prix à la consommation offre des renseignements concernant l’ensemble des données de l’IPC, des publications, des outils interactifs et des annonces relatives aux nouveaux produits et aux changements qui seront apportés à l’IPC.

2.6 Le Quotidien est le principal bulletin de diffusion de données de Statistique Canada et la première ligne de communication de l’organisme avec les médias et le public. Le Quotidien donne un aperçu des données mensuelles de l’IPC en mettant l’accent sur les indices qui ont contribué le plus à l’augmentation ou à la diminution des variations en pourcentage d’une année à l’autre (sur 12 mois) et mensuelles de l’IPC.

2.7 Une fois publiées, les statistiques officielles de l’IPC ne sont pas révisées. Les indices des prix désaisonnalisés sont les seules séries de l’IPC qui sont révisées. Ces données sont révisées un mois après la diffusion. Puis, chaque année, au moment de la diffusion de l’IPC de janvier, les données désaisonnalisées portant sur les 36 mois précédents sont révisées.

2.8 Contrairement à l’IPC officiel, les trois mesures de l’inflation fondamentale de la Banque du Canada, soientt l’IPC-tronq, l’IPC-méd et l’IPC-comm, sont sujettes à révision. Pour ce qui est de l’IPC-méd et de l’IPC-tronq, les révisions résultent du fait que ces mesures sont construites sur la base de séries d’indices de prix désaisonnalisés. Dans le cas de l’IPC-comm, les révisions sont le résultat de la technique statistique utilisée comme étant un modèle de facteur étant estimé sur l’ensemble des données historiques disponibles.

Interprétation des variations en pourcentage

2.9 L’IPC est un indice composite de prix, qui compare les prix des produits de consommation à diverses périodes d’observation des prix (qui peuvent correspondre à des mois ou à des années) aux prix à la période de base de l’indice (également appelée période de référence de l’indice). La valeur de l’IPC est fixée arbitrairement à 100 à la période de base de l’indice. Par conséquent, toutes les valeurs de l’indice expriment la variation en pourcentage des prix comparativement à la période de base de l’indice. Par exemple, si l’indice est égal à 123,4, cela signifie que les prix ont augmenté de 23,4 % depuis la période de base. À l’heure actuelle, la période de base de l’IPC est 2002.

2.10 La période de base de l’IPC peut être modifiée facilement en multipliant toutes les séries de l’IPC par un facteur de conversion constant égal à 100, divisé par l’indice moyen pour une autre période particulière. On parle alors de changement de base d’un indice. Les variations des prix de période en période ne sont pas affectées par le changement de base d’un indice.Note 

2.11 Voici d’autres comparaisons temporelles faites dans le cas de l’IPC :

2.12 Des indices agrégés spéciaux sont calculés et publiés mensuellement et annuellement pour le Canada, les provinces, Whitehorse et Yellowknife. 

2.13 Les agrégats spéciaux représentent des combinaisons différentes d’agrégats élémentaires. En sont souvent exclues certaines classes de produits, afin de fournir aux utilisateurs des renseignements supplémentaires sur la façon dont évoluent les prix à la consommation. Ces indices fournissent d’autres mesures de l’inflation des prix à la consommation.

2.14 Lorsqu’un agrégat spécial exclut certaines classes de produits, la pondération de ces dernières est soustraite du total. Ainsi, les parts des biens et services retenus dans l’agrégat spécial gagnent en importance relative.

2.15  Les mesures privilégiées de l’inflation fondamentale de la Banque du Canada (IPC-tronq, IPC-méd et IPC-comm) sont fondées sur une désagrégation de l’IPC d’ensemble en 55 composantes exhaustives et mutuellement exclusives.Note  La mesure IPC-tronq exclut de l’IPC les composantes dont les taux de variation, au cours d’un mois donné, se situent dans les queues de la distribution des variations de prix. Cette mesure permet de cerner et d’exclure les variations de prix extrêmes qui pourraient être causées par des facteurs spécifiques à certaines composantes. En particulier, IPC-tronq retranche de la distribution des variations de prix les 20 % inférieurs et supérieurs des variations mensuelles pondérées des prix. Elle exclut donc toujours 40 % du panier total de l’IPC. Les composantes exclues du calcul de l’IPC-tronq peuvent varier d’un mois à l’autre, selon celles qui sont extrêmes en un mois donné. Cette approche diffère des mesures traditionnelles fondées sur l’exclusion mensuelle a priori d’une liste prédéterminée de composantes de l’IPC. La mesure IPC-méd correspond à la variation de prix se situant au 50e centile de la distribution des variations de prix au cours d’un mois donné (pondérées selon les poids des composantes dans le panier de l’IPC). Cette mesure permet de cerner et d’exclure les variations de prix extrêmes spécifiques à certaines composantes. Cette approche est similaire à celle de l’IPC-tronq, puisqu’elle élimine toutes les variations mensuelles pondérées autant du bas que du haut de la distribution des variations de prix dans un mois donné, à l’exception de la variation de prix de la composante qui est le point médian de cette distribution. La mesure IPC-comm extrait les mouvements communs des prix entre les catégories du panier de l’IPC.

Arrondissement de l’Indice des prix à la consommation

2.16 Durant les différentes étapes de leur construction, tous les indices de l’IPC sont calculés en gardant plusieurs décimales. Cependant, conformément à la pratique internationale, les indices sont arrondis à la première décimale lors de leur publication. Les variations en pourcentage (mensuelles, sur 12 mois et annuelles moyennes) qui figurent dans les publications de Statistique Canada sont toujours calculées en se servant des indices arrondis publiés. Ces variations sont également arrondies à la première décimale. De cette façon, les utilisateurs peuvent toujours reproduire les variations en pourcentage publiées.

2.17 Ces deux étapes d’arrondissement peuvent entraîner une faible perte d’exactitude des variations en pourcentage. Par conséquent, les petites fluctuations (+/- 0,1) des variations en pourcentage des indices doivent être interprétées avec prudence.

2.18 Un autre effet secondaire de l’arrondissement des indices est que, parfois, il peut sembler exister des incohérences entre les variations en pourcentage des indices agrégés et celles de leurs sous-agrégats. En d’autres termes, la variation en pourcentage arrondie d’un indice agrégé pourrait ne pas être centrée parmi les variations en pourcentage arrondies des indices sous-agrégés constitutifs.

2.19 La perte de précision due à l’arrondissement est amplifiée lorsque la valeur des indices est faible. Par conséquent, le changement de base d’un indice, qui produit généralement des valeurs plus faibles de l’indice pour le passé, peut réduire la précision des variations en pourcentage calculées. Par exemple, pour une période de base de l’indice correspondant à 1914 = 100, une augmentation de 0,1 % de l’IPC d’ensemble entre 1914 et 1915 se traduirait par une valeur de l’indice de 100,100, arrondie à 100,1. Cependant, avec une période de base de l’indice correspondant à 2002 = 100, la valeur de l’indice de 1914 recalculée en changeant l’année de base serait de 6,0. La même augmentation de 0,1 % de l’IPC d’ensemble entre 1914 et 1915 se traduit par une valeur de l’indice de 6,006, arrondie à 6,0.

2.20  Par conséquent, l’arrondissement des indices réduit la précision des variations en pourcentage pour les périodes du passé. La perte de précision dans les chiffres historiques doit être prise en considération lorsque l’on décide de changer l’année de base d’un indice.

Utilisations de l’Indice des prix à la consommation

2.21 En tant qu’indice composite de prix, l’IPC est une mesure officielle de l’évolution des prix à la consommation au cours du temps. Il présente un intérêt pour les administrations publiques, les syndicats, les associations d’entreprises, les établissements de recherche et de très grands segments du grand public. L’IPC est indubitablement l’une des séries statistiques les plus connues, citées et utilisées au Canada. Si sa notoriété témoigne de son acceptation générale, elle pose aussi des problèmes parce que l’IPC ne peut pas servir parfaitement et uniformément à tous les usages. Il est donc conseillé aux utilisateurs de se servir de l’IPC avec prudence, surtout lorsqu’ils le font à des fins qui dépassent le cadre de son objectif principal.

2.22 L’IPC est souvent utilisé pour ajuster les revenus, les salaires et d’autres paiements en vue de maintenir le pouvoir d’achat antérieur en réponse aux variations des prix à la consommation. Dans certains cas, des modifications périodiques de paiements particuliers sont faites en utilisant un facteur d’ajustement intégré, dans lequel le taux de variation de l’IPC est appliqué entièrement ou partiellement. Actuellement, il en est ainsi pour des paiements effectués par l’administration publique en vertu de programmes sociaux tels que la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti. Certains contrats patronaux-syndicaux contiennent aussi des clauses d’ajustement en fonction du coût de la vie, qui relient les salaires et traitements à l’IPC de diverses façons. Encore plus fréquemment, l’IPC sert de point de référence pour la négociation des traitements et salaires sans être appliqué comme un facteur d’ajustement intégré. De nombreux autres arrangements financiers font référence à l’IPC pour ajuster les modalités de paiement.Note  Enfin, il est probable que nombre de Canadiens surveillent l’IPC pour juger si leurs revenus (ou leurs dépenses) sont en harmonie avec l’évolution des prix à la consommation.

2.23 À titre de facteur d’ajustement, qu’il soit utilisé automatiquement ou comme simple point de référence, l’IPC a une incidence sur la plupart des Canadiens, et il joue un rôle très important dans les affaires économiques et sociales du pays. Ainsi, l’IPC est un bon indicateur des variations du pouvoir d’achat du dollar du consommateur. Cependant, l’indice ne dicte pas quels doivent être les ajustements particuliers qu’il faut apporter aux salaires et à d’autres formes de revenu. Il revient aux parties contractantes de déterminer la proportion des variations du pouvoir d’achat qui doit être compensée. Les éléments qui suivent doivent être pris en considération par ceux qui utilisent l’IPC comme facteur d’ajustement du revenu.

2.24 L’IPC est souvent utilisé comme un indicateur général de l’inflation au Canada. Conjuguée à d’autres séries statistiques, une analyse de l’IPC peut révéler des tendances fondamentales dans l’économie. L’IPC joue donc un rôle important dans la formulation des politiques et la prévision économique. La comparaison des variations courantes de l’IPC à leurs variations précédentes ou à des indices similaires d’autres pays, aide les analystes à évaluer l’efficacité de nombreuses décisions économiques. Bien que l’IPC soit souvent utilisé comme indicateur général de l’inflation, il importe de souligner certaines de ses limites importantes à cet égard. 

2.25 L’indice implicite des prix ou l’indice-chaîne de Fisher pour les dépenses intérieures finales dans le Système de comptabilité nationale du Canada (SCNC), qui est exempt des limites susmentionnées en plus d’être calculé avec une formule d’indice pondérée symétriquement, est un indicateur plus complet de l’inflation globale. Toutefois, il est diffusé trimestriellement, deux mois après un trimestre donné, se rapporte aux segments non marchands ainsi que marchands de l’économie et s’appuie sur des prix imputés pour certaines composantes importantes, notamment celle du logement en propriété. Il est également sujet à des révisions sur plusieurs années à mesure que des données statistiques supplémentaires deviennent disponibles.Note 

2.26 L’importance de l’IPC en tant qu’indicateur général de l’inflation est devenue plus évidente depuis février 1991, quand la Banque du Canada est passée à un régime de ciblage de l’inflation en prenant l’IPC d’ensemble comme indicateur cible. Bien que l’IPC ait toujours été une mesure statistique clé utilisée par la Banque du Canada pour établir sa politique monétaire, l’adoption d’un régime de ciblage de l’inflation a accru l’attention portée à l’IPC en tant qu’indicateur général de l’inflation. Encore une fois, pour lui faciliter l’atteinte de la cible, la Banque du Canada a défini un ensemble de mesures privilégiées de l’inflation fondamentale qui sont calculées et publiées par Statistique Canada. Ces mesures visent à refléter les fluctuations persistantes des prix en éliminant les fluctuations transitoires ou les effets des variations de prix spécifiques à certaines composantes de l’IPC.


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