Chapitre 1 - Introduction à l'Indice des prix à la consommation du Canada

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1.1 L’Indice des prix à la consommation (IPC) du Canada est un indicateur de l’évolution des prix à la consommation. Il mesure la variation des prix en comparant au fil du temps le coût d’un panier fixe de biens et de services de consommation. Puisque le panier contient des produits dont la quantité et la qualité ne changent pas ou demeurent équivalentes, l’indice reflète uniquement la variation « pure » des prix.

Disponibilité et utilisations

1.2 L’IPC est diffusé chaque mois, environ trois semaines après la période d’observation des prix. Une gamme de séries temporelles de données de l’IPC pour différentes classes de produits et domaines géographiques sont diffusées gratuitement sur le site Internet de Statistique Canada, au moyen de CANSIM, la base de données en ligne de Statistique Canada, et de publications analytiquesNote 1.

1.3 L’indice est utilisé à diverses fins par une variété d’utilisateurs. L’une de ses utilisations les plus importantes est celle qu’en font les administrations publiques, les entreprises et les particuliers pour ajuster, en fonction de l’inflation, certains paiements contractuels ou prévus par la loiNote 2. Relier un flux de paiements futurs à l’IPC permet de s’assurer que le pouvoir d’achat représenté par ces paiements ne soit affecté par la variation moyenne des prix à la consommation.

1.4 Pendant plus de deux décennies, la Banque du Canada a fondé sa politique monétaire sur le ciblage de l’inflation, en s’efforçant de maintenir le taux d’inflation, mesuré par l’IPC, entre 1 % et 3 %. En outre, les ministères des Finances fédéral et provinciaux conçoivent leur politique budgétaire en prenant pour cadre les comptes des revenus et dépenses qui, à leur tour, sont produits en se basant sur l’IPC, entre autres sources de données statistiques. L’IPC est mentionné régulièrement et à grande échelle par la presse et est la mesure classique de l’inflation utilisée par la plupart des Canadiens.

1.5 L’IPC proprement dit compare les prix durant le mois courant, t, aux prix durant la période de référence de l’indice, où l’indice est fixé arbitrairement à 100. À de nombreuses fins, il est également utile de calculer les variations d’un mois à l’autre ou les variations sur 12 mois, en comparant les prix durant le mois courant à ceux en vigueur le mois directement précédent ou le même mois un an plus tôt. Les contributions à la variation en pourcentage sont également utiles, parce qu’elles décrivent l’influence des variations des indices sous-agrégés sur les variations des indices agrégés. Dans les publications de l’IPC de Statistique Canada, tous les indices et toutes les variations en pourcentage sont arrondis à la première décimale.

1.6 Pour d’autres renseignements sur la disponibilité et les utilisations de l’IPC du Canada, ainsi que sur l’interprétation des variations en pourcentage et des contributions à la variation de l’IPC et l’effet de l’arrondissement statistique sur l’indice, consulter le chapitre 2.

Champ d'observation de l'indice

1.7 L’IPC ne vise pas à mesurer le mouvement moyen des prix de tous les produits achetés et vendus au Canada. Son champ d’observation est limité aux prix des biens et services achetés par les ménages au Canada. En outre, le champ d’observation englobe les achats de la plupart des ménages, mais non de tous. Les quelques exceptions comprennent les soldats qui vivent dans les bases militaires, les personnes qui habitent les réserves des Premières nations et les personnes placées en établissement, comme les détenus et les personnes qui résident dans des établissements de soins de longue durée. En outre, les ménages qui vivent dans les régions rurales des trois territoires du Nord, en dehors de Yellowknife, Whitehorse et Iqaluit, sont considérés comme étant hors du champ d’observation en raison de la difficulté et du coût du suivi des prix dans ces régions éloignées.

1.8 De nombreux produits ne sont pas inclus dans le champ d’observation de l’IPC. Ainsi, les prix des matières premières et d’autres produits intermédiaires achetés par les fabricants comme intrants dans leurs procédés de production ne sont pas inclus. Ne sont pas inclus non plus les prix payés par les administrations publiques pour l’équipement de bureau, les services de consultation et d’autres produits. De même, les prix payés par les entreprises établies dans d’autres pays pour les biens et services canadiens exportés sont exclus. L’IPC concerne uniquement les prix payés par les ménages pour les biens et services de consommation.

1.9 Les produits financiers, tels que les actions et les obligations, ne sont pas inclus non plus même s’ils peuvent être achetés par les consommateurs, car ils sont considérés comme des investissements financiers plutôt que des biens ou des services de consommation. Néanmoins, les prix des services qui facilitent l’achat de ce genre d’actifs financiers, comme les frais bancaires et les frais de courtage, sont compris dans le champ d’observation. Les produits illégaux, comme les narcotiques non prescrits, et quelques produits légaux, comme les services de jeux de hasard, sont également exclus, en raison des difficultés pratiques ou conceptuelles qu’ils posent.

1.10 L’IPC vise à mesurer les prix de transaction moyens au cours du mois de référence complet. Les prix reflétés dans l’indice sont ceux effectivement payés par les Canadiens pour acheter des biens et des services de consommation, y compris l’effet de toute remise ou solde et de toute taxe d’accise éventuellement applicable, telle que la taxe sur les produits et services. Par conséquent, les modifications des règles fiscales ou les variations des taux ont une incidence sur l’indice. L’indice ne comprend pas l’impôt sur le revenu des particuliers, parce que celui-ci n’est associé à l’achat d’aucun produit particulier.

1.11 Le chapitre 3 fournit une explication plus détaillée du champ d’observation de l’IPC.

Classifications

1.12 L’IPC couvre une grande gamme de biens et de services et une vaste région géographique, en faisant appel pour cela à des classifications des produits et des domaines géographiques. La classification des produits contient 691 classes de produits qui, ensemble, représentent la totalité des produits compris dans le champ d’observation appliqué pour le calcul de l’IPC. La classification géographique comprend 19 strates régionales représentant les 10 provinces, dont quatre en Ontario, trois au Québec, deux en Colombie-Britannique et une dans chacune des autres provinces, et l’agglomération de recensement primaire (ARP) de Yellowknife, Whitehorse et Iqaluit. L’IPC est construit en partant d’indices des prix pour des agrégats élémentaires, qui correspondent à des appariements de classes de produits et de domaines géographiques provenant de ces deux classifications. Pour plus de renseignements sur les classifications des produits et des domaines géographiques et sur les agrégats élémentaires associés, voir le chapitre 4 et l’annexe B.

Stratégie d'échantillonnage

1.13 Les ménages effectuent des millions de transactions chaque mois. La plupart des prix intervenant dans ces transactions sont inclus dans le champ d’observation de l’IPC. Cependant, comme il n’est pas pratique d’observer les prix pour toutes ces transactions, il faut adopter une approche d’échantillonnage statistique. Cette approche comprend une stratégie générale d’échantillonnage pour la plupart des prix, conjuguée à des stratégies plus spécialisées pour certaines classes particulières de produits.

1.14 L’échantillonnage général pour l’IPC se déroule en trois étapes. À la première étape, on sélectionne un ensemble de régions géographiques représentatives appelées régions de collecte, en considérant d’abord les subdivisions de recensement (essentiellement, les municipalités), puis des secteurs de recensement particuliers dans les subdivisions choisies (ceux-ci ressemblent aux quartiers dans les municipalités). L’échantillonnage des subdivisions de recensement (SDR) et des secteurs de recensement est effectué en se servant des chiffres de population comme variable de sélection.

1.15 La deuxième étape comprend la sélection de points de vente représentatifs dans la base de sondage des points de vente de l’IPC. Pour évaluer le degré de « représentativité » des points de vente, on se sert d’une variable comme le chiffre d’affaires annuel. À la troisième étape, on choisit dans chaque classe de produits un ensemble de produits représentatifs (PR) qui caractérisent l’ensemble des produits de la classe en question et dont les prix seront relevés dans les points de vente sélectionnés à la deuxième étape. L’échantillon de produits n’est pas probabiliste parce qu’il n’existe pas de base de sondage complète pour la totalité des transactions de consommation.

1.16 Pour la sélection des points de vente, l’objectif est de cerner les ventes par classe de produits et par type de point de vente (grands magasins de détail, petits magasins de détail, ventes par Internet, et ainsi de suite), afin de déterminer quels types de points de vente représentent la part la plus importante des achats des consommateurs. Après cela, des points de vente particuliers peuvent être choisis pour observer les prix de produits représentatifs particuliers. Pour quelques classes de produits, pour lesquelles l’établissement des prix à l’échelle nationale ou provinciale prédomine, les prix sont relevés sur Internet ou par d’autres moyens ne comprenant pas le relevé direct des prix dans les magasins. Cependant, dans la plupart des cas, les prix sont relevés localement dans les magasins de détail.

1.17 Dans chaque classe de produits, on choisit un petit échantillon de produits représentatifs caractéristiques de l’ensemble des produits de la classe. Idéalement, la sélection des produits représentatifs devrait être probabiliste, les pondérations associées traduisant l’importance relative de chaque produit dans la classe. Cela nécessiterait une « base de sondage » des produits – une liste exhaustive et à jour des produits accompagnée des montants associés des dépenses – à partir de laquelle sélectionner et pondérer l’échantillon de prix relevés. Des données de base de sondage de cette sorte sont disponibles pour quelques classes de produits particulières, mais font défaut à l’heure actuelle pour la majorité d’entre elles. Par conséquent, pour la plupart des classes de produits, la sélection des produits représentatifs est faite au jugé, en mettant l’accent sur les produits que l’on sait être parmi les plus demandés par les consommateurs.

1.18 Pour quelques classes de produits, aucun échantillonnage n’est nécessaire, parce qu’il est impossible d’observer les prix de toutes les transactions pour la classe complète de produits. Il en est surtout ainsi des passeports, des certificats d’immatriculation de véhicules particuliers et des permis de conduire. Dans certains cas, on fait appel à l’échantillonnage défini par un seuil d’inclusion. La méthode des profils est utilisée lorsque le marché donne habituellement lieu à l’établissement de prix pour des groupes de produits plutôt que des produits individuels, et la méthode des meilleurs vendeurs (succès de vente) est utilisée pour les produits dont les prix sont fondés sur des caractéristiques intangibles, comme la nouveauté du contenu.

1.19 La taille de l’échantillon est limitée par des considérations budgétaires. Étant donné une taille d’échantillon particulière, la répartition optimale de l’échantillon entre les paires produit/point de vente est un défi. Les principaux facteurs qui influencent cette répartition sont la volatilité du prix du produit, la pondération du panier pour la classe de produits en question et le coût du relevé des prix. L’échantillon pour un produit sera d’autant plus grand que la pondération du panier est grande, que le coût du relevé des prix est faible, et que le prix du produit est volatil.

1.20 Le chapitre 5 fournit des renseignements plus détaillés sur la stratégie d’échantillonnage pour l’IPC.

Relevé des prix

1.21 La plupart des prix observés utilisés pour calculer l’IPC sont relevés dans les points de vente échantillonnés à divers emplacements à travers le pays. Le relevé est effectué par des employés, appelés intervieweurs, supervisés par les bureaux régionaux de Statistique Canada. Chaque mois, le bureau central de Statistique Canada envoie une demande d’échantillon aux intervieweurs, qui relèvent les prix demandés, les enregistrent dans des appareils d’interview sur place assistée par ordinateur (IPAO) et transmettent les données au bureau central à Ottawa pour la poursuite du traitement.

1.22 Au bureau central, les prix observés sont examinés pour s’assurer qu’ils sont conformes à la demande d’échantillon, vérifiés afin de déceler les valeurs inhabituelles ou « aberrantes » et corrigés s’il y a lieu, ajustés pour tenir compte des changements de qualité au besoin (comme il est expliqué au chapitre 7) et préparés d’une manière générale pour le calcul de l’IPC.

1.23 Pour en savoir davantage sur le relevé des prix de l’échantillon et les procédures de traitement, consulter les chapitres 5 et 7.

Calcul de l'Indice des prix à la consommation

1.24 Le calcul de l’IPC comprend deux étapes. La première, appelée calcul de niveau inférieur, consiste à calculer les ratio de prix, ou rapports de prix, en utilisant une approche d’appariement de modèles, puis à prendre leur moyenne pour obtenir les indices élémentaires des prix. La deuxième étape, appelée calcul de niveau supérieur, comprend l’estimation des indices agrégés des prix sous forme de moyennes pondérées des indices élémentaires des prix.

1.25 Les calculs de niveau inférieur sont effectués principalement en utilisant une équation de moyenne géométrique implicitement pondérée, appelée formule de Jevons. Il existe toutefois certaines exceptions où l’on utilise d’autres formules. Ces cas particuliers comprennent notamment les classes élémentaires de produits pour les frais d’intérêt hypothécaire (voir le chapitre 10), les loyers des logements, les assurances de biens et d’automobile, les services bancaires et les services d’enseignement postsecondaire (voir le chapitre 6 et l’annexe B).

1.26 Les calculs de niveau supérieur sont effectués selon une formule d’indice à panier fixe de Lowe, qui consiste à appliquer des pondérations en quantités fixes aux indices élémentaires des prix afin de les agréger. Les pondérations du panier déterminent l’importance relative des différentes classes de produits et domaines géographiques dans l’IPC d’ensemble.

1.27 La structure et la méthodologie de l’IPC sont techniquement complexes et le résumé qui vient d’être donné omet de nombreux détails. Une description complète figure au chapitre 6. En outre, les formules mathématiques pour l’agrégation de l’IPC sont données à l’annexe A.

Changements de qualité et ajustement

1.28 L’IPC vise à mesurer les variations « pures » des prix en faisant appel à la méthode d’ « appariement de modèles » pour l’échantillonnage. Cependant, que se passe-t-il lorsqu’un certain produit échantillonné n’est plus vendu par un point de vente particulier ou quand le point de vente dans lequel le prix du produit a été relevé a fermé ses portes? Dans une telle situation, il faut choisir un produit de substitution ou un point de vente de remplacement et ajuster la variation du prix durant le mois concerné pour tenir compte de toute différence de qualité qui pourrait exister entre le nouveau et l’ancien produit.

1.29 Les ajustements pour tenir compte des changements de qualité posent souvent des difficultés et représentent un grand défi pour les statisticiens qui produisent les indices. Diverses méthodes sont employées selon les circonstances.

1.30 Pour certains produits, les changements de qualité sont peu probables et aucun ajustement n’est donc nécessaire. L’électricité, le gaz naturel, l’essence pour moteur, et le sucre et la farine raffinés en sont des exemples. Pour certains produits emballés, il y a peu de chance que la qualité change considérablement, mais la quantité contenue dans l’emballage peut augmenter ou diminuer. Lorsque cela se produit, la variation des prix observée est ajustée pour la normaliser en fonction de la quantité. Les céréales, les détergents pour la lessive et les sucreries en tablettes sont des exemples de tels traitements de standardisation. Les cas d’ajustement de la qualité les plus difficiles comprennent des produits tels que les automobiles, les produits de haute technologie, les articles vestimentaires et de nombreux types de services. Ces produits présentent de plus importants changements de la qualité inhérente au produit au fil du temps en raison des innovations technologiques, de l’évolution de la mode ou d’autres facteurs.

1.31 Une discussion complète du traitement des changements de qualité dans l’IPC figure au chapitre 7. Comme il est expliqué dans ce chapitre, diverses méthodes sont appliquées pour les différentes classes de produits. Ces méthodes comprennent des techniques implicites, telles que la comparaison directe des prix, le chevauchement des observations, l’imputation par la moyenne globale et l’enchaînement avec hypothèse d’absence de variation des prix (ou enchaînement automatique). Quand un ajustement implicite n’est pas possible, diverses méthodes d’ajustement explicite pour tenir compte de la qualité, y compris la modélisation hédonique, la méthode du coût des options ou le jugement d’un expert, sont utilisées. Le tableau de l’annexe B comprend une colonne indiquant la méthode d’ajustement de la qualité utilisée pour chaque classe de produits publiée.

Pondérations et mises à jour du panier

1.32 Les classifications des produits et des domaines géographiques, discutées au chapitre 4, sont importantes pour l’IPC à de nombreux égards. Elles offrent aux utilisateurs de l’indice une foule de détails qui sont utiles pour analyser les tendances inflationnaires. Elles constituent le fondement de la stratégie d’échantillonnage des prix, comme il est exposé au chapitre 5. En outre, elles sont au cœur du concept du « panier fixe » qui sous-tend le calcul de niveau supérieur de l’IPC.

1.33 Pour bien saisir intuitivement le concept du panier fixe, considérons l’exemple qui suit. Une personne entre dans un magasin, remplit un panier à commissions de divers produits et paie ces articles à la caisse. Le mois suivant, cette personne retourne dans le même magasin et achète exactement les mêmes produits en même quantité. Autrement dit, la personne achète un « panier fixe » de biens et de services. Le coût des produits achetés le deuxième mois divisé par le coût des mêmes articles achetés le premier mois est un ratio de prix agrégés. Si la valeur de l’indice est de 100 le premier mois, le second l’indice sera égal à 100 multiplié par le ratio de prix qui vient d’être calculé. C’est ce que l’on entend par concept de panier fixe. L’IPC est essentiellement un indice à panier fixe de ce type, excepté que le « panier » de l’IPC ne contient pas seulement un ou deux produits particuliers, mais plutôt tous les biens et services compris dans le champ d’observation qui sont achetés par les ménages au Canada.

1.34 Chacune des classes élémentaires possède comme pondération une quantité fixe qui est utilisée dans le processus d’agrégation de l’IPC – c’est-à-dire pour combiner les indices élémentaires des prix afin de produire l’IPC d’ensemble. Cependant, les données sur les dépenses de consommation sont plus faciles à obtenir que celles sur les quantités achetées. Puisque la formule de Lowe peut être exprimée en fonction des quantités, des dépenses ou des parts des dépenses, on se sert des dépenses agrégées pour chaque classe élémentaire. Ces dépenses sont égales au produit de quantités non observées et de prix observés. Afin de respecter le concept de quantités fixes de l’indice, les dépenses utilisées dans le calcul doivent faire l’objet d’une actualisation par les prix en tenant compte des variations des prix observées.

1.35 Les pondérations en dépenses entrant dans le calcul de l’IPC sont estimées principalement au moyen de données tirées de l’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) de Statistique Canada, qui est réalisée annuellement et donne des estimations statistiques des dépenses des ménages par classe de produits et par région, environ 11 mois après l’année de référence. Naturellement, les habitudes de dépenses des ménages évoluent constamment en réponse aux changements démographiques, au cycle économique, au mouvement des prix relatifs et à d’autres facteurs. La pratique courante consiste à mesurer les pondérations en dépenses des ménages de manière globale pour une période de 12 mois et de les rafraîchir tous les deux ans. Ce processus de recalcul des pondérations est appelé « mise à jour du panier ».

1.36 L’IPC est une série d’indices à panier fixe, qui ont été enchaînés les uns aux autres, possédant chacun leur propre schéma de pondérations du panier. À l’heure actuelle, les mises à jour du panier ont lieu tous les deux ans environ, mais par le passé, elles étaient moins fréquentes. L’annexe C donne une chronologie détaillée des paniers mis en œuvre depuis le lancement de l’IPC en 1913. La série chronologique de l’IPC s’étendant sur 100 ans, qui est disponible dans CANSIM, est en réalité une série de nombreux IPC en chaîne.

1.37 Il importe de distinguer la période de référence des pondérations, la période de référence de l’indice et la période de référence des prix. La première de ces périodes correspond à la période où les dépenses de consommation servant de pondération dans le calcul de l’IPC ont été observées. La période de référence de l’indice est la période durant laquelle la valeur de l’indice est arbitrairement fixée à 100. À l’heure actuelle, pour l’IPC du Canada, cette période de référence est 2002. Le choix de la période de référence de l’indice n’a pas d’effet sur les variations en pourcentage de l’indice. Les utilisateurs peuvent facilement modifier la période de référence de l’indice en changeant tout simplement l’échelle en conséquence. Statistique Canada tient aussi à jour dans CANSIM quelques autres séries de l’IPC correspondant à différentes périodes de référence de l’indice, pour faciliter la tâche des utilisateurs. Enfin, la période de référence des prix est la période à laquelle les prix sont comparés. Elle figure au dénominateur des rapports de prix et est habituellement désignée période 0.

1.38 Le chapitre 4 contient une discussion plus approfondie des systèmes de classification de l’IPC, tandis que le chapitre 8 porte sur les pondérations et sur les mises à jour du panier, ainsi que sur la période de base de l’indice.

Fiabilité et incertitude

1.39 L’erreur statistique correspond, à la différence entre la valeur « vraie » inconnue et la valeur mesurée. L’IPC est une statistique fondée sur un échantillon et, comme toute statistique de ce genre, est sujet à plusieurs types d’erreur. L’erreur peut avoir lieu durant les calculs au niveau inférieur ou les calculs au niveau supérieur.

1.40 Un biais statistique se produit lorsque le résultat moyen prévu sur de nombreux échantillons diffère de la valeur « vraie ». Dans le cas de l’IPC, un biais peut avoir lieu pour plusieurs raisons. Quand les statisticiens doivent remplacer un produit par un autre et qu’ils font un ajustement de la qualité connexe, un biais statistique risque d’être introduit si la méthode d’ajustement présente une tendance persistante à sous-estimer ou à surestimer l’importance réelle du changement de qualité. Le biais pourrait aussi être inhérent à certaines procédures de contrôle, mais naturellement, Statistique Canada s’efforce d’éviter ce genre de biais.

1.41 Les lancements de nouveaux produits et les substitutions de points de vente sont des sources possibles de biais. Le lancement de nouveaux produits entraîne un biais si des produits novateurs font leur apparition sur le marché et ne sont pas représentés sans délai dans l’échantillon de produits de l’IPC. Un certain nombre de mesures sont prises pour éviter ce biais, mais il est difficile de l’éviter entièrement, compte tenu en particulier de la méthode de détermination des prix par appariement de modèles. Le biais de substitution de points de vente se produit lorsque de nouveaux magasins entrent sur le marché en offrant des prix plus bas et par conséquent incitent les consommateurs à changer de point de vente. De nouveau, il s’agit d’une source de biais possible qu’il est difficile d’éviter complètement, mais des efforts sont faits pour rafraîchir périodiquement l’échantillon de points de vente afin de réduire au minimum ce genre de biais.

1.42 La variance d’échantillonnage est une caractéristique de l’erreur qui diffère fortement du biais statistique. Elle représente l’importance de la dispersion des estimations, obtenues sur de nombreux échantillons, autour de la valeur « vraie ». Dans un contexte statistique, la variance est d’autant plus faible que les échantillons sont grands. Une estimation statistique efficace signifie une variance minimale étant donné la taille de l’échantillon. Il est fort possible d’avoir un biais nul et une variance positive. Toutefois, le seul moyen d’obtenir une variance d’échantillonnage nulle consiste à mesurer la totalité de la population cible, ce qui, dans le cas de l’IPC, est impossible.

1.43 La plupart des programmes d’enquête de Statistique Canada communiquent des estimations numériques de la grandeur de la variance d’échantillonnage. Ces estimations donnent aux utilisateurs des statistiques une idée de la fiabilité statistique. Donc, lorsqu’une estimation statistique particulière est diffusée, la variance pourrait être utilisée pour calculer que la valeur « vraie » devrait être comprise entre des bornes numériques particulières 19 fois sur 20. Malheureusement, comme l’indique le chapitre 5, cela n’est pas possible dans le cas de l’IPC, car les produits sont presque toujours échantillonnés au jugé plutôt qu’aléatoirement si bien que l’on ne peut pas calculer les variances d’échantillonnage.

1.44 L’IPC peut aussi être sujet à divers types d’erreurs non dues à l’échantillonnage. Les erreurs d’écriture et de transcription entrent dans cette catégorie, quoique le processus de production mensuel de l’IPC comprenne un certain nombre de contrôles en vue de déceler et de corriger ce genre d’erreur. Les erreurs et omissions présentes dans la base de sondage (liste) des entreprises utilisée pour sélectionner l’échantillon de points de vente pour le relevé des prix représentent une autre source d’erreurs non dues à l’échantillonnage. De nouveau, des moyens sont mis en œuvre pour réduire au minimum ce genre d’erreurs, mais il est presque impossible de garder la liste des commerces de détail constamment à jour et exempte d’erreurs.

1.45 Une autre source notable d’erreur possible dans l’IPC a trait aux agrégats élémentaires qui sont estimés par imputation plutôt que par relevé direct des prix. La classification des produits utilisée dans l’IPC comprend plusieurs classes résiduelles, qui contiennent habituellement une grande variété de biens et de services distincts, mais dont les pondérations du panier sont comparativement faibles. Pour ces agrégats élémentaires, la variation des prix est estimée indirectement, par imputation, par souci d’économie. Le coût du relevé direct des prix dans ces cas ne serait pas justifié étant donné leurs faibles pondérations du panier et leur caractère hétérogène.

1.46 Les prix varient au fil du temps et à mesure qu’ils le font, les consommateurs ont tendance à substituer des biens et services qui sont devenus relativement bon marché à ceux qui sont devenus relativement chers. Par exemple, si les prix de la viande de porc augmentent moins rapidement que ceux de la viande de bœuf, les consommateurs sont incités à acheter plus de porc que de bœuf. Ce phénomène a tendance à rendre les pondérations du panier obsolètes au fur et à mesure que le temps passe et cause un problème appelé biais de substitution, qui influence le calcul de niveau supérieur de l’IPC.

1.47 Idéalement, les pondérations du panier devraient refléter les habitudes d’achat des consommateurs au cours des deux périodes pour lesquelles les prix sont comparés. Autrement dit, si l’indice compare deux mois particuliers, les pondérations devraient traduire les habitudes d’achat des consommateurs durant les deux mois en question. Cela n’est pas faisable à l’heure actuelle. En fait, les pondérations ne sont pas issues des deux mois pour lesquels les prix sont comparés, mais d’une certaine période (habituellement une année) antérieure à la période de référence des prix (0) et à la période d’observation des prix (t). Il s’agit de la source principale du biais de substitution dans l’IPC. Normalement, cette source de biais sera d’autant moins importante que la période d’après laquelle les pondérations sont calculées est proche des deux mois comparés. Quand, en 2013, Statistique Canada a augmenté la fréquence à laquelle les pondérations du panier sont mises à jour pour passer de tous les quatre ans à tous les deux ans, cela a réduit le biais de substitution.

1.48 En outre, les calculs de niveau supérieur sont affectés par l’erreur statistique dans l’EDM, dont les données sont utilisées pour estimer les pondérations du panier.

1.49 Le chapitre 9 offre une discussion nettement plus complète de la fiabilité, des propriétés des erreurs et du biais statistique de l’IPC.

Traitement du logement en propriété

1.50 Le logement en propriété est une composante importante de l’IPC, dont la pondération du panier est élevée et qui pose des problèmes conceptuels et méthodologiques particulièrement difficiles. Il n’existe aucun consensus international quant à la meilleure façon de définir et de mesurer le prix du logement en propriété, et les pays ont adopté diverses approches. Par conséquent, les comparaisons internationales de l’inflation posent un défi.

1.51 La difficulté découle ici du fait que le logement en propriété peut, à certaines fins, être considéré comme un bien d’investissement plutôt qu’un bien de consommation. Comme tous les biens d’investissement, il fournit un flux de services sur une longue période. L’approche adoptée par Statistique Canada consiste à mesurer l’effet des variations des prix sur les coûts assumés par les propriétaires d’un logement pendant qu’ils occupent celui-ci. Ces coûts comprennent l’intérêt hypothécaire, le coût de remplacement (dépréciation), l’impôt foncier, l’assurance habitation et l’assurance hypothécaire, l’entretien et les réparations, et d’autres dépenses. Les trois premières de ces catégories de coût représentent les trois quarts de la valeur totale de la pondération du panier appliquée au logement en propriété.

1.52 L’indice des prix du logement en propriété est expliqué au chapitre 10.

Produits saisonniers

1.53 Certains produits dont les prix sont mesurés par l’IPC sont très saisonniers, en ce qui concerne tant les quantités achetées chaque mois par les consommateurs que les prix demandés par les détaillants à différentes périodes durant l’année. Il en est ainsi des fruits et des légumes frais, de certains types de vêtements et de certains services récréatifs, par exemple.

1.54 Comme pour les produits non saisonniers, les pondérations du panier applicables aux produits saisonniers sont estimées en utilisant des données annuelles sur les dépenses des ménages. Elles sont, par conséquent, non saisonnières, même si les achats mensuels effectués par les consommateurs peuvent varier considérablement au cours de l’année. En effet, pour certains produits durant certains mois, les achats des consommateurs sont nuls – les arbres de Noël en juillet en sont un exemple. Pour traiter ce genre de cas, Statistique Canada impute le mouvement des prix en se fondant sur celui de produits saisonniers similaires. Le fait que les achats réels de produits saisonniers pour un mois donné puissent être très différents des achats qui sont reflétés par les pondérations du panier (qui reflettent une année) est une autre source de biais statistique dans l’IPC. Ce biais, en moyenne, est vraisemblablement presque nul pour l’année dans son ensemble, mais qui peut être important dans les comparaisons d’un mois à l’autre. Le biais est discuté au chapitre 9.

1.55 Le fait que des facteurs saisonniers puissent influer considérablement sur les variations mensuelles est un sujet apparenté. Pour toute variation en pourcentage d’un mois à l’autre donnée, les utilisateurs de l’indice trouvent souvent utile de faire la distinction entre la partie de cette variation qui est attribuable à des causes saisonnières ordinaires et la partie non saisonnière restante. La partie saisonnière est prévisible, donc moins intéressante. La partie non saisonnière reflète la tendance sous-jacente des prix, ainsi que des facteurs spéciaux temporaires, et mérite plus d’attention.

1.56 La partie non saisonnière des variations de prix est habituellement désignée comme étant la version « désaisonnalisée » de l’indice. Statistique Canada fournit les versions désaisonnalisées de l’IPC d’ensemble, des huit agrégats principaux et de quatre agrégats spéciaux. Ces indices sont ajustés indépendamment l’un de l’autre, ce qui implique qu’ils ne sont pas cohérents à l’état agrégé, et ils sont aussi sujets à révision au cours du temps, contrairement aux indices non désaisonnalisés qui ne sont pas révisés.

1.57 L’influence de la saisonnalité sur l’IPC est discutée au chapitre 10.

Historique de l'Incide des prix à la consommation du Canada

1.58 L’IPC du Canada compte un siècle d’histoire. L’indice a été amélioré considérablement au cours de cette longue période. L’intervalle entre les modifications du panier de biens et de services a été réduit en plusieurs étapes, pour passer de 13 années la première fois que le panier a été mis à jour en 1926 à tout juste deux années à l’heure actuelle. Les estimations des pondérations du panier ont été considérablement améliorées grâce au lancement de l’Enquête sur les dépenses des familles en 1938. Le champ d’observation de l’indice a été élargi plusieurs fois, d’un certain nombre de façons. La taille de l’échantillon a augmenté, diminué et de nouveau augmenté, témoignant ainsi de l’évolution des priorités budgétaires. En outre, alors que l’indice a été révisé fréquemment au cours des quelques premières décennies, à partir de la période d’après-guerre, la politique a été d’éviter les révisions statistiques des données non désaisonnalisées, par souci de commodité pour les utilisateurs.

1.59 Pour en savoir davantage sur l’historique de l’IPC du Canada, consulter le chapitre 11 et l’annexe C.

Notes

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