Faits saillants
L’indice des prix à la consommation (IPC) a affiché une hausse de 2,8 % en mai 2006 comparativement au même mois l’an dernier. Il s’agit d’une hausse substantielle par rapport à la variation de 2,4 % observée entre avril 2005 et avril 2006, largement attribuable à la chute relativement plus prononcée des prix à la pompe entre avril et mai l’année dernière par rapport à la baisse enregistrée cette année.
En excluant les prix de l’énergie, la variation sur 12 mois de l’IPC a augmenté, passant de 1,6 % en avril à 1,8 % en mai.
La variation sur 12 mois de l’IPC d’ensemble sans les huit composantes volatiles telles que définies par la Banque du Canada aux fins de la politique monétaire a grimpé à 2,0 % en mai 2006, en progression comparativement à 1,6 % le mois précédent. Il s’agit de la plus forte variation de cet indice depuis la hausse de 2,2 % enregistrée en décembre 2003.
Sur une base mensuelle, l’indice d’ensemble s’est accru de 0,5 %, une hausse identique à celle observée lors des deux mois précédents. Après avoir fléchi de 0,1 % en avril, l’indice d’ensemble excluant l’énergie a augmenté de 0,5 %, soit la plus forte hausse mensuelle depuis novembre 2004.
La même tendance a été affichée par l’indice d’ensemble sans les huit composantes volatiles, telles que définies par la Banque du Canada. Cet indice a augmenté de 0,5 % au mois de mai après une baisse de 0,1 % constatée le mois précédent.
Variation sur 12 mois de l’IPC, en pourcentage : +2,8 %
Variation sur 12 mois de l’IPC sans l’énergie, en pourcentage : +1,8 %
En mai 2006, l’IPC a affiché une hausse de 2,8 % comparativement à mai 2005. La hausse des prix de l’essence payés à la pompe par les consommateurs a été la principale source de ce bond, suivi de l’augmentation du coût de remplacement par le propriétaire et du prix de l’électricité. Ces hausses ont été contrebalancées légèrement par des prix plus faibles pour le matériel et les fournitures informatiques et le matériel vidéo.
La variation sur 12 mois de l’indice des prix à la pompe a continué son ascension passant de 15,8 % à 18,6 %. La principale raison est que les prix ont fortement diminué (-3,1 %) en mai 2005, comparativement à la faible baisse enregistrée cette année (-0,8 %). Des augmentations de prix supérieures à 17 % ont été enregistrées dans toutes les provinces, les plus fortes hausses (+22,9 %) étant survenues en Alberta. L’augmentation du prix du pétrole brut sur l’ensemble des marchés internationaux au cours de la dernière année explique cette hausse généralisée des prix de l’essence à travers l’ensemble du Canada, contribuant à la hausse de l’IPC d’ensemble.
Le coût de remplacement par le propriétaire, qui représente la portion usée de la structure des logements et qui est estimé à partir des prix des maisons neuves (excluant le terrain), a augmenté de 7,2 % entre mai 2005 et mai 2006. Toutes les provinces ont affiché des majorations de prix, la plus importante (+29,8 %) ayant été relevée en Alberta avec une hausse près de quatre fois plus rapide que celle observée dans l’ensemble du Canada. L’augmentation des mises en chantier dans cette province s’est traduite par des pressions à la hausse des coûts des matériaux et de la main d’œuvre, contribuant ainsi à l’augmentation de l’IPC.
Les prix de l’électricité ont grimpé de 6.2 % entre mai 2005 et mai 2006. L’Ontario a affiché le plus fort accroissement de prix (+10,3 %) notamment en raison des hausses de tarifs récemment approuvées par la Commission de l’énergie de l’Ontario qui ont pris effet en mai. Ces hausses ajoutées à celles de 4,3 % enregistrées en avril dernier au Québec ont fait bondir l’indice national de l’électricité au cours de la dernière année. La déréglementation du secteur de la production énergétique au cours des dernières années s’est traduite par davantage de volatilité des prix.
Taux de variation par rapport au mois correspondant de l’année précédente, Canada

Atténuant la tendance à la hausse de l’indice d’ensemble sur 12 mois, l’indice du matériel et des fournitures informatiques a fléchi de 14,1 %. Les prix du matériel vidéo ont aussi eu un effet modérateur sur la hausse de l’IPC, baissant de 11,8 %. Les baisses de prix sont le reflet combiné de plusieurs facteurs. Entre autre, l’appréciation du dollar canadien permet d’acquérir des produits importés à moindres coûts. Les progrès technologiques ont aussi permis de réduire les coûts de fabrication pour ces catégories de produits.
Impact sur l’IPC de la diminution de la taxe sur les produits et les services
Le gouvernement canadien a annoncé récemment que le taux applicable pour la taxe sur les produits et les services (TPS) sera réduit de 7 % à 6 % à compter du 1er juillet 2006. Comme les variations de prix mesurés par l’IPC comprennent la valeur des taxes à la consommation payées par les Canadiens, cette diminution de 1 % aura un impact sur l’IPC. L’estimation sommaire de l’impact de cette baisse sur le niveau de l’IPC suggère une diminution de l’ordre de 0,6 %. Cette estimation est basée sur l’hypothèse que la totalité de cette baisse est transférée aux consommateurs et que la structure industrielle qui sous-tend la détermination des prix demeure la même. Puisque certains produits sont exemptés de la TPS, comme plusieurs aliments vendus dans les supermarchés, la diminution résultante sera nécessairement inférieure à 1 %.
Variation mensuelle de l’IPC, en pourcentage : +0,5 %
Variation mensuelle de l’IPC, sans l’énergie, en pourcentage : +0,5 %
Entre avril et mai 2006, l’indice d’ensemble a augmenté de 0,5 %. Les pressions à la hausse sur l’IPC sont venues principalement de l’augmentation des prix de l’hébergement pour voyageurs et de l’électricité. Ce mouvement d’ensemble à la hausse a toutefois été atténué par une diminution des prix de l’essence, des véhicules automobiles et du gaz naturel.
Les prix de l’hébergement pour voyageurs étaient en hausse de 17,3 %, de nombreux exploitants hôteliers ayant commencé à appliquer leurs tarifs d’été. Cette tendance saisonnière est habituelle puisqu’à chaque année ce secteur de l’IPC affiche des hausses au mois de mai. La fluctuation est toutefois plus importante cette année en raison de taux d’occupation élevés dans plusieurs villes canadiennes qui ont fait bondir les prix.
Les prix de l’électricité ont grimpé de 3,9 % entre avril et mai 2006. L’accroissement provient essentiellement des hausses de 11,0 % enregistrées en Ontario qui découlent des augmentations de tarifs approuvées par la Commission de l’énergie de l’Ontario ayant pris effet en mai.
Poussant l’indice d’ensemble vers le bas, les prix de l’essence ont reculé de 0,8 % entre avril et mai 2006. Les prix à la pompe ont toutefois fluctué différemment à travers le Canada. Alors que l’Ontario (-3,3 %) et le Québec (-2,7 %) ont enregistré des baisses, la Colombie-Britannique (+5,2 %) et l’Alberta (+2,8 %) ont été les plus grands contributeurs des effets à la hausse.
Ajoutant aux pressions à la baisse sur l’IPC, les prix d’achat et de location à bail de véhicules automobiles ont diminué de 0,5 % en mai. Les incitations financières offertes par certains constructeurs automobiles ont fait baisser cet indice.
Le fléchissement de 0,8 % du prix du gaz naturel a aussi ramené l’indice d’ensemble vers le bas. En Alberta, la baisse de 3,8 % du prix du gaz naturel a contribué en grande partie à ce fléchissement. Au Québec, les augmentations de 2,4 % enregistrées dans la région de Montréal ont toutefois poussé l’indice à la hausse.
L’IPC désaisonnalisé a augmenté de 0,2 % entre avril et mai
Après ajustement pour tenir compte des variations saisonnières, l’IPC a augmenté de 0,2 % entre avril et mai 2006. La pression à la hausse est venue principalement de la composante du logement (+0,7 %) en raison de hausses de tarifs d’électricité en Ontario, mais aussi de la composante des loisirs, de la formation et de la lecture (+0,5 %) en raison des augmentations de prix constatées dans l’hébergement pour les voyageurs.
L’indice désaisonnalisé a toutefois été poussé à la baisse principalement par l’indice des boissons alcoolisées et des produits du tabac (-0,4 %) et celui des transports (-0,1 %).
L’IPC désaisonnalisé sans les huit composantes volatiles telles que définies par la Banque du Canada a augmenté de 0,4 % entre avril et mai 2006. Il s’agit de la plus forte hausse de cet indice depuis mai 2003. Le prix de l’électricité avait alors beaucoup fluctué en raison d’un remboursement octroyé aux résidents ontariens par le gouvernement provincial.
Agrégats spéciaux
Indice d’ensemble sans les huit composantes volatiles (définition de la Banque du Canada)
Pour mesurer l’inflation de base aux fins de la politique monétaire, la Banque du Canada emploie, entre autre, l’IPC sans huit composantes identifiées comme volatiles par celle-ci. L’augmentation sur 12 mois de cet l’indice a été de 2,0 % en mai 2006. Les principaux facteurs ayant contribué à cette hausse ont été le coût de remplacement par le propriétaire (+7,2 %), l’achat et la location à bail de véhicules automobiles (+2,2 %), le prix de l’électricité (+6,2 %) et les repas achetés au restaurant (+3.0 %). La hausse a été atténuée par une diminution des prix du matériel et des fournitures informatiques (-14,1 %), du matériel vidéo (-11,8 %) et des vêtements pour hommes (-2,1 %).
Entre avril et mai 2006, l’indice d’ensemble sans les huit composantes volatiles, telles que définies par la Banque du Canada a augmenté de 0,5 %. Cette augmentation fait suite à une baisse de 0,1 % constatée le mois précédent. Il s’agit de la plus forte hausse de cet indice depuis novembre 2004. Les facteurs principaux exerçant un mouvement à la hausse ont été l’hébergement pour voyageurs (+17,3 %), l’électricité (+3,9 %) et le coût de remplacement par le propriétaire (+1,0 %). Les facteurs ayant eu un effet à la baisse sur l’indice sont l’achat et la location à bail des véhicules automobiles (-0,5 %), le pain (-1,1 %) ainsi que le porc (-2,3 %).
Énergie
Après avoir augmenté de 7,4 % en mars et de 11,2 % en avril, l’indice de l’énergie a poursuivi son ascension entre mai 2005 et mai 2006 en augmentant de 14,1 %.
Bien que toutes les composantes aient contribué à la hausse de l’indice de l’énergie, l’essence (+18,6 %) a été le facteur principal. Viennent ensuite l’électricité (+6,2 %), le gaz naturel (+15,6 %), le mazout (+13,5 %) et le carburant, les pièces et les fournitures pour véhicules de loisirs (+11,7 %).
Sur une base mensuelle, l’indice de l’énergie a augmenté de 0,6 % entre avril et mai 2006, principalement en raison de la hausse des prix de l’électricité (+3,9 %) qui a atténué la baisse des prix de l’essence (-0,8 %). L’indice du mazout (+1,9 %) a poussé l’indice de l’énergie vers le haut, mais ceux du gaz naturel (-0,8 %) et du carburant, des pièces et des fournitures pour véhicules de loisirs (-0,2 %) l’ont fait descendre.
Biens et services
L’indice des biens était en hausse de 3,0 % entre mai 2005 et mai 2006. Cette hausse a été attribuable à la majoration des biens non durables (+5,3 %) tandis que les biens semi-durables (-1,0 %) et les biens durables (-0,1 %) ont enregistré une diminution.
En mai, le mouvement à la hausse de l’indice des biens non durables a été attribuable aux prix de l’essence (+18,6 %), de l’électricité (+6,2 %) et du gaz naturel (+15,6 %). Ces augmentations de prix ont été contrebalancées en partie par la baisse du prix du porc (-6,1 %), des fruits frais (-1,8 %), et du jambon et bacon (-5,2 %).
La baisse de 1,0 % de l’indice des biens semi-durables est attribuable principalement aux prix plus faibles des vêtements pour hommes (-2,1 %) et des jouets, des jeux et du matériel pour passe-temps (-4,1 %), mais elle a été toutefois atténuée en partie par la hausse des prix des revues et des périodiques (+4,7 %).
L’indice des biens durables a diminué de 0,1 % principalement sous l’effet de la diminution des prix du matériel et des fournitures informatiques (-14,1 %) et du matériel vidéo (-11,8 %). La majoration des prix à l’achat des véhicules automobiles (+2,3 %) et des prix des meubles en bois (+3,2 %) a fait contrepoids au mouvement à la baisse.
L’indice des services en mai 2006 a augmenté de 2,8 % par rapport au mois de mai de l’an dernier. La hausse du coût de remplacement par le propriétaire (+7,2 %), des impôts fonciers (+3,2 %) et des prix des repas achetés au restaurant (+3,0 %) est la principale cause de cette augmentation. La plus grande partie de la pression à la baisse a été causée par des coûts plus bas des voyages organisés (-0,9 %).
Sur une base mensuelle, l’indice des biens a augmenté de 0,3 % entre avril et mai, principalement en raison du mouvement à la hausse de l’indice des biens non durables (+0,5 %), mais aussi de celui de l’indice des biens semi-durables (+0,3 %). L’indice des biens durables a quant à lui diminué (-0,1 %).
La majoration des prix de l’électricité (+3,9 %) a été le principal facteur ayant contribué à la tendance à la hausse de l’indice des biens non durables, alors que l’accroissement des prix des vêtements pour hommes (+0,7 %) explique en grande partie le bond de l’indice des biens semi-durables. Le fléchissement du prix d’achat des véhicules automobiles (-0,5 %) explique en partie le mouvement à la baisse de l’indice des biens durables.
Entre avril et mai, le coût des services a augmenté de 0,6 %. La hausse provient principalement des mouvements à la hausse dans les prix de l’hébergement pour voyageurs (+17,3 %) et du coût de remplacement par le propriétaire (+1,0 %).
|