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Les sociétés canadiennes ont enregistré 65,4 milliards de dollars de bénéfices d'exploitation au quatrième trimestre de 2008, en baisse de 16,3 % par rapport au troisième trimestre. Il s'agit du plus fort repli trimestriel observé en 16 ans. Ce dernier a été généralisé alors que 16 des 22 industries ont vu leurs bénéfices reculer.
Les bénéfices des industries non financières ont fléchi de 14,4 % et se sont établis à 49,5 milliards de dollars, tandis que ceux des industries financières ont diminué de 21,8 % pour se chiffrer à 15,8 milliards de dollars. Cette baisse des bénéfices au cours du trimestre s'explique par la diminution des revenus et est principalement attribuable aux entreprises d'extraction du pétrole et du gaz, aux entreprises d'intermédiation financière par le biais de dépôts et aux fabricants.
Les entreprises d'extraction du pétrole et du gaz et les raffineries (les fabricants de produits du pétrole et du charbon) ont enregistré un recul de leurs bénéfices, les deux ayant subi les contrecoups d'une baisse des prix du pétrole et du gaz. Les bénéfices dans le secteur du pétrole et du gaz ont totalisé 7,1 milliards de dollars, en baisse de 41,2 % par rapport au trimestre précédent. Les fabricants de produits du pétrole et du charbon ont vu leurs bénéfices régresser de 47,3 % pour se fixer à 2,3 milliards de dollars, à la suite de hausses d'au moins 10 % affichées au cours des deux trimestres précédents.
Les fabricants ont dégagé 10,5 milliards de dollars au quatrième trimestre, en baisse de 16,7 %, la majeure partie de la diminution ayant été imputable au secteur du pétrole et du charbon.
Ces statistiques financières trimestrielles sont fondées sur une enquête-échantillon et représentent les activités de toutes les entreprises au Canada, à l'exclusion des sociétés gouvernementales et des sociétés sans but lucratif. Une entreprise peut être une société unique ou un regroupement de sociétés sous une même propriété et un même contrôle et pour lequel des états financiers consolidés sont produits.
Les bénéfices dont il est question dans la présente analyse sont les bénéfices d'exploitation réalisés dans le cours normal des activités des entreprises, sans les réévaluations. Dans le cas des industries non financières, les rentrées d'intérêts et de dividendes ainsi que les gains et les pertes en capital se trouvent exclus. Dans le cas des industries financières, les recettes sous forme d'intérêts et de dividendes, les gains et les pertes en capital ainsi que les intérêts versés sur les dépôts entrent dans le calcul des bénéfices d'exploitation.
Les bénéfices d'exploitation diffèrent des bénéfices nets. Les bénéfices nets correspondent aux bénéfices réalisés par les sociétés après impôts et après les gains ou pertes extraordinaires.
Les données sur les bénéfices trimestriels indiquées dans le texte sont désaisonnalisées.
Le ratio de liquidité est défini comme étant les actifs à court terme moins les stocks, divisés par les passifs à court terme. Il mesure la capacité de rembourser le passif à court terme, c'est-à-dire le passif qui doit être acquitté au cours de l'année.
Les fabricants de produits chimiques, de plastique et de produits de caoutchouc ont vu leurs bénéfices baisser de 8,0 % et se fixer à 1,9 milliard de dollars, tandis que les producteurs d'engrais ont temporairement fermé des usines au cours du trimestre, en raison d'un affaiblissement de la demande.
Les fermetures d'usines anormalement longues en décembre chez les fabricants de véhicules automobiles et de pièces ont fait en sorte que les bénéfices d'exploitation ont continué à baisser. Ces sociétés ont enregistré une perte de 1,4 milliard de dollars, soit une quatrième perte consécutive.
Les détaillants ont affiché des bénéfices de 4,5 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2008, en baisse de 3,2 %. Il s'agit de leur première diminution trimestrielle en près de trois ans. Ces reculs proviennent en partie des concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces, dont les ventes ont ralenti. Les résultats de l'Enquête sur les ventes de véhicules neufs ont montré que le nombre de véhicules vendus avait baissé chaque mois au cours du quatrième trimestre.
Les banques ont mené le recul des bénéfices des industries financières, en raison des pertes subies sur l'échange d'instruments financiers. Les banques et les autres entreprises d'intermédiation financière par le biais de dépôts ont affiché des bénéfices de 3,8 milliards de dollars, en baisse de 35,5 % comparativement au troisième trimestre.
En dépit des reculs observés au quatrième trimestre, les bénéfices des sociétés ont crû de 5,4 % par rapport à 2007 pour se chiffrer à 283,6 milliards de dollars en 2008. Cette croissance a été attribuable en grande partie aux sociétés d'extraction pétrolière et gazière, lesquelles ont vu leurs bénéfices augmenter de 43,2 % pour s'élever à 37,8 milliards de dollars, et au secteur de la fabrication de produits du pétrole et du charbon, dont les bénéfices ont enregistré une hausse de 17,9 % pour s'établir à 13,7 milliards de dollars. Cette croissance est survenue en raison des prix élevés du pétrole et du gaz observés durant le premier semestre de l'année.
Entre-temps, les banques et les entreprises d'intermédiation financière par le biais de dépôts ont fait reculer les bénéfices des industries financières, étant donné que les sommes mises de côté en vue de futures pertes découlant des placements, des prêts et des autres éléments d'actif ont plus que doublé en 2008. Les banques ont enregistré des bénéfices de 22,4 milliards de dollars, en baisse de 20,2 % par rapport à 2007.
Le montant des capitaux d'emprunt figurant dans le bilan des sociétés, tel que mesuré par le ratio des dettes à l'avoir, a poursuivi sa tendance à la baisse à long terme notée en 2008 pour toutes les industries.
Au même moment, les liquidités dans les industries non financières, telles que mesurées par le ratio de liquidité, ont continué d'augmenter pour atteindre leur niveau le plus élevé en près de 10 ans. Les secteurs du commerce de gros, des mines et du transport et de l'entreposage ont tous terminé l'année en affichant des ratios de liquidité plus élevés.