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Les différentes façons dont les utilisateurs et les non-utilisateurs d’Internet répartissent leur temps se traduisent vraisemblablement par des différences entre les lieux fréquentés. Comme les grands utilisateurs d’Internet ont travaillé moins que les autres groupes, ils ont passé sensiblement plus de temps à la maison que ne l’ont fait les utilisateurs modérés et les non-utilisateurs (tableau 7).
Si les utilisateurs d’Internet avaient tendance à passer plus de temps à l’école que ne l’ont fait les non-utilisateurs, des facteurs démographiques expliquent la quasitotalité de l’écart : lorsque des répondants ayant le même âge ont été comparés, les différences dans le temps passé à l’école n’étaient plus significatives.
L’une des mesures peut-être les plus révélatrices du point de vue social est celle du temps passé à la maison d’une autre personne. À première vue, les utilisateurs et les non-utilisateurs d’Internet semblaient différer peu sous l’aspect du temps passé dans des foyers autres que le leur, mais, après avoir tenu compte de facteurs pertinents comme l’âge et le sexe, il a été constaté que les utilisateurs d’Internet avaient passé beaucoup moins de temps que les autres à rendre visite à d’autres. On ne s’en étonnera pas, l’intensité de l’usage fait d’Internet a joué, car l’écart entre les grands utilisateurs et les utilisateurs modérés est considérable.
Tableau 7
Comparaison du temps passé à divers endroits
De plus, les grands utilisateurs ont passé moins de temps à l’extérieur que les non-utilisateurs. Cela valait également pour les utilisateurs modérés, quoique l’écart entre eux et les non-utilisateurs ait été modeste.
Afin de mieux comprendre les rapports entre l’utilisation d’Internet et d’autres activités, il est utile de compléter l’information sur l’emploi du temps par des renseignements sur l’effet des changements de comportement sur les lieux fréquentés. La perspective de la « substitution spatiotemporelle » facilite l’interprétation de l’incidence des nouvelles technologies sur l’économie urbaine, entre autres (Kwan 2003). En substance, la souplesse temporelle et spatiale restreinte de certaines activités limite les choix possibles concernant d’autres activités effectuées au cours de la journée. Ainsi, un parent peut se trouver pressé de modifier ses heures de travail en fonction de l’heure d’ouverture et de l’emplacement de la garderie de son enfant.
Si Internet et d’autres technologies de l’information et des communications (TIC) sont souvent crédités de leur capacité d’aplanir les obstacles imposés par la distance, des facteurs spatiaux demeurent pertinents pour plusieurs raisons, même en ce qui concerne l’utilisation de la technologie. Même si l’Internet devient de plus en plus accessible, il ne l’est pas du tout à certains endroits. La communication relative à certaines applications, les courriels par exemple, est parfois retardée. Dans le cas d’autres technologies, comme la messagerie instantanée et le téléphone cellulaire, le moment auquel des participants sont en mesure de communiquer entre eux et l’emplacement des services disponibles sont parfois fixes (Kwan 2001, Harvey et MacNab 2000). Si les progrès technologiques en général favorisent l’assouplissement des contraintes spatiales, certains soutiendront que, de fait, les nouvelles technologies engendrent de nouvelles obligations de déplacement. Cela s’expliquerait peut-être par le potentiel de communication accru qu’elles offrent et leur capacité à renseigner les utilisateurs sur l’activité d’autrui (Mokhtarian et Meenakshisundaram 1999). Au bas mot, de tels arguments suscitent des interrogations sur le concept de la « fin de la distance » (Sciadas 2006 (à paraître)).
Les résultats de l’enquête révèlent que les grands utilisateurs d’Internet se sont déplacés moins que les autres groupes le jour de référence, quoique la différence — près de 14 minutes après correction, en comparaison des non-utilisateurs — ait été relativement modeste, compte tenu du fait que le temps de déplacement dépassait généralement une heure au cours de la journée. Le temps de déplacement probable des utilisateurs modérés d’Internet était comparable à celui des non-utilisateurs.
La question déborde le champ de la présente étude, mais le télétravail est un phénomène qui témoignerait éventuellement du potentiel offert par les TIC (tout particulièrement l’ordinateur, Internet et le téléphone cellulaire) de déplacer l’activité tant dans le temps que dans l’espace. Les études sur le télétravail et son incidence sur la gestion du temps et d’autres décisions présentent de l’importance pour qui souhaite comprendre les rôles que jouent les TIC en façonnant la vie des gens à la maison et au travail (voir, notamment, Duxbury et Higgins 2003).