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Les utilisateurs d’Internet ont passé moins de temps que les autres non seulement à travailler et à faire des travaux domestiques, mais aussi à effectuer un assortiment d’activités sociales (tableau 3). Cela s’avère général, même si l’analyse considère comme constants les facteurs relatifs à l’activité sociale, par exemple la taille du ménage et la présence de certains membres de la famille (voir les notes au tableau 3). De façon générale, les internautes ont passé moins de temps que les autres à effectuer des activités sociales en général de même qu’à jouer avec les enfants. Par ailleurs, ils ont passé plus de temps au téléphone, ce qui peut également être considéré comme une activité sociale1. Ce résultat est intéressant, car, même si Internet offre de nombreuses possibilités de communication, les internautes avaient néanmoins plus tendance que les autres à recourir à une technologie beaucoup plus ancienne. La notion de « multiplexité médiatique » laisse entendre que les personnes qui ont des communications fréquentes se servent à cette fin de multiples médias, si bien que les individus qui consacrent beaucoup de temps à une technologie particulière seront vraisemblablement des utilisateurs assidus d’une autre technologie (Boase, Horrigan, Wellman et Rainie 2006, Sciadas 2006 (à paraître)).
Tableau 3
Comparaison du temps consacré aux activités sociales
Ce qui est sans doute le plus révélateur d’après le tableau 3 c’est la probabilité que les utilisateurs d’Internet passent plus de temps seuls que les non-utilisateurs, peu importe que les données soient ajustées ou non pour tenir compte des facteurs sociaux et démographiques. La différence est relativement modeste en ce qui concerne les utilisateurs modérés, compte tenu de la durée de la journée (après ajustement, les utilisateurs modérés ont passé environ 26 minutes seuls de plus que les non-utilisateurs), mais l’écart qui concerne les grands utilisateurs est frappant. En gardant la taille du ménage constante, les grands utilisateurs ont passé environ deux heures (119 minutes) de plus seuls que ne l’ont fait les non-utilisateurs le jour de référence.
Fait intéressant, les non-utilisateurs ont partagé leur temps également entre les membres du ménage et des personnes de l’extérieur. Les utilisateurs modérés ont passé moins de temps avec les membres du ménage que ne l’ont fait les non-utilisateurs, mais le temps qu’ils ont consacré à des personnes de l’extérieur n’était pas sensiblement différent. Par contre, les grands utilisateurs ont consacré passablement moins de temps aux deux groupes.
Le temps passé avec d’autres ne concernait pas seulement l’intensité de l’utilisation d’Internet, mais également le moment de l’usage. Ainsi, l’utilisation d’Internet la fin de semaine, plutôt que la semaine, était associée à une diminution prononcée du temps passé avec des amis et d’autres personnes en dehors du ménage. Ces résultats font écho à ceux d’autres chercheurs (Nie et Hillygus 2002).
Les répondants ont également été interrogés au sujet du type et du nombre de personnes dont ils se sentaient proches, c’est-à-dire leur réseau social immédiat en dehors du foyer2. À quelques exceptions négligeables près, le nombre de personnes avec qui les utilisateurs d’Internet avaient des liens étroits n’était généralement pas sensiblement différent de celui qui se rapportait aux non-utilisateurs (tableau 4).
Fait intéressant, les utilisateurs et les non-utilisateurs d’Internet ont déclaré avoir des réseaux sociaux de taille comparable, même si les utilisateurs ont consacré moins de temps aux rapports personnels avec d’autres. Il est probable que certains utilisateurs aient communiqué avec des membres de leur milieu social immédiat pendant qu’ils étaient en ligne. Il importe de préciser que la durée des contacts ne témoigne pas toujours de la qualité du temps consacré aux autres. À n’en point douter, la valeur des communications par Internet par opposition à l’interaction personnelle suscite d’abondants débats (voir, notamment, Boase, Horrigan, Wellman et Rainie 2006, Suler 2004, Minerd 1999, Flaherty, Pearce et Rubin 1998).
Aucune distinction n’est à signaler entre les utilisateurs et les non-utilisateurs d’Internet quant au nombre de voisins qu’ils considéraient comme des proches et dont la moyenne se chiffrait entre un et deux. Cependant, les non-utilisateurs avaient légèrement plus tendance à déclarer qu’ils connaissaient la « plupart » des résidents ou « de nombreux » résidents de leur voisinage (45,8 %), en comparaison des utilisateurs modérés (42,6 %) et des grands utilisateurs (39,9 %)3. Un petit nombre de non-utilisateurs (31,6 %) ont qualifié de « plus ou moins » ou de « très » faible leur sentiment d’appartenance à la communauté locale, tandis que la donnée correspondante était de 35,2 % pour les utilisateurs modérés et de 38,5 % pour ceux qui ont fait usage d’Internet pendant plus d’une heure le jour de référence4. Il est clair qu’Internet appelle une notion de « communauté » aux antipodes de celle qui répond à la définition classique.
En ce qui a trait aux activités récréatives et communautaires, par exemple la participation à des sports, à des passe-temps, à des groupes culturels et au bénévolat, les utilisateurs modérés se comparaient étroitement aux non-utilisateurs (tableau 5). En revanche, une fois corrigées les données, les grands utilisateurs d’Internet ont passé moins de temps que les autres groupes à participer à des activités sportives, à des activités communautaires et au bénévolat, à assister à des manifestations sportives et autres et à aller au cinéma. En ce qui concerne les activités sportives, il était particulièrement important d’opérer un ajustement pour tenir compte de l’effet de l’âge à cause du rapport entre l’âge et la participation au sport et du fait que les grands utilisateurs étaient plus jeunes de presque huit ans que les non-utilisateurs (voir le tableau 1 ci-dessus).
Tableau 5
Comparaison du temps consacré aux activités récréatives et communautaires
1. Le lecteur se rappellera que les répondants n’étaient pas invités à déclarer les activités continues d’une durée inférieure à cinq minutes. Voilà pourquoi les données ne tiennent pas compte des communications téléphoniques de courte durée, pourtant très répandues.
2. L’intervieweur a posé la question suivante au répondant : « Les personnes que vous considérez comme vos proches peuvent être celles avec qui vous discutez de questions importantes ou avec qui vous communiquez souvent, ou encore celles sur qui vous pouvez compter lorsque vous avez besoin d’aide. Compte tenu de toutes les personnes qui correspondent à cette description et qui n’habitent pas avec vous, combien sont : … des membres de votre famille immédiate? … d’autres parents? … des connaissances du travail? … des voisins? … d’autres personnes?
3. Seul l’écart entre les grands utilisateurs et les non-utilisateurs était statistiquement significatif (p <0,05), tandis que l’écart entre les utilisateurs modérés et les non-utilisateurs n’était significatif qu’à un niveau de confiance de 94 % (p = 0,06).
4. Une fois de plus, la différence entre les grands utilisateurs et les non-utilisateurs était statistiquement significative (p <0,05).