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Les recherches antérieures font valoir la nécessité de constater, au moment de comparer les utilisateurs et les non-utilisateurs d’Internet, l’ampleur de l’utilisation, car il est probable que le temps passé en ligne influence les décisions sur la répartition de la part de temps restante (Nie et Hillygus 2002). Aux fins de comparaison, les répondants ont été répartis comme il suit en fonction du temps passé à naviguer sur Internet : ceux qui n’ont pas déclaré avoir utilisé Internet une fois pendant cinq minutes au moins au cours de la journée de référence (les « non-utilisateurs »); ceux qui ont fait un usage personnel d’Internet pour une période de cinq minutes à une heure (p. ex. consultation de courriels, navigation de nature récréative, clavardage, autres communications Internet) (les « utilisateurs modérés »); ceux qui ont fait un usage d’Internet à des fins personnelles pendant plus d’une heure (les « grands utilisateurs »). L’approche représente un effort préliminaire visant à mesurer l’ampleur de l’effet du temps passé en ligne sur les autres activités. Des chercheurs voudront peut-être peaufiner la comparaison à l’avenir en tenant compte de catégories détaillées ou en recourant à une mesure continue du temps passé en ligne1.
Les grands utilisateurs possédaient des caractéristiques démographiques sensiblement différentes de celles des utilisateurs modérés et des non-utilisateurs2. D’abord, ils tendaient à être plus jeunes que les membres des deux autres groupes (tableau 1). De plus, le groupe des grands utilisateurs comptait une plus grande part d’étudiants et de chômeurs. Par ailleurs, tandis que les non-utilisateurs et les utilisateurs modérés étaient répartis relativement également entre hommes et femmes, le groupe des grands utilisateurs comportait une part beaucoup plus élevée d’hommes.
Les caractéristiques de base des différents groupes ont de l’importance parce qu’elles élucident en partie les écarts entre les profils généraux d’emploi du temps des utilisateurs et des non-utilisateurs d’Internet. La figure 1 montre que la principale différence entre les trois groupes tient à ce que les grands utilisateurs d’Internet aient passé beaucoup moins de temps à travailler au cours du jour de référence que ne l’ont fait les utilisateurs modérés ou les non-utilisateurs3. Au contraire des membres des autres groupes, ils ont également consacré moins de temps aux travaux domestiques, et les soins personnels et le divertissement ont occupé une part quelque peu réduite de leur temps en comparaison des non-utilisateurs. Pour tout dire, les grands utilisateurs ont consacré un peu plus de 10 % du temps total dont ils disposaient (soit environ 2,5 heures par jour en moyenne) à l’utilisation d’Internet à des fins personnelles, une estimation devancée uniquement par le temps passé à dormir (environ 35 % du temps total), à travailler ou à étudier (15 %) et à écouter la télévision ou à faire usage d’autres médias (11 %). De plus, l’estimation s’ajoute au temps consacré à Internet pour le travail ou les études. Les utilisateurs modérés d’Internet ont passé le plus de temps à travailler et un peu moins de 3 % du temps total dont ils disposaient (environ 40 minutes en moyenne) à naviguer dans Internet à des fins personnelles. Ceux qui n’ont pas fait usage d’Internet pendant le jour de référence étaient plus âgés, et le groupe comptait donc une part relativement élevée de retraités. Malgré cela, dans l’ensemble, ils ont consacré plus de temps au travail, tant le travail rémunéré que les travaux domestiques, que ne l’ont fait les grands utilisateurs d’Internet. Ces constatations témoignent du rapport positif constaté entre l’ampleur de l’utilisation faite d’Internet et le temps discrétionnaire (ou libre) dont disposaient les répondants.
L’ampleur de l’écart entre le temps que les grands utilisateurs d’Internet ont passé à travailler et celui que les utilisateurs modérés et les non-utilisateurs ont consacré à cette activité rend difficile toute tentative de discerner des rapports entre l’utilisation d’Internet et d’autres occupations. Cela s’explique simplement du fait que le temps passé à travailler est capable d’exercer un effet appréciable sur les décisions relatives à d’autres emplois du temps. Voilà pourquoi l’analyse comprend un ajustement au titre du temps consacré au travail, c’est-à-dire afin qu’il soit possible de comparer les utilisateurs et les non-utilisateurs en posant un temps de travail égal.
Les résultats non corrigés sont également présentés afin que le lecteur puisse saisir dans quelle mesure le temps de travail influence parfois les autres décisions (l’encadré 1 offre plus de particularités à ce sujet).
Les sections qui suivent examinent l’intégration de l’utilisation d’Internet et des autres activités quotidiennes, y compris à la fois des activités non discrétionnaires comme le travail et celles dont les répondants, à leur gré, occupent leurs loisirs.
Les analyses font appel, pour plusieurs raisons, à des méthodes simples bivariées et multivariées. L’analyse bivariée est un moyen efficace d’examiner et de reconnaître les principaux profils d’emploi du temps des personnes et de les communiquer relativement aisément. Toutefois, les résultats de recherches nous ont appris que tout examen de la répartition du temps des personnes doit tenir compte de l’éventail de facteurs sociaux et économiques qui façonnent leur mode de vie et constituent le contexte dans lequel des décisions sont prises (voir, notamment, Nie et Hillygus 2002, de Haan et Huysmans 2002, Pronovost 2002, Anderson et Tracey 2001, Nie 2001, Franzen 2000). Il est donc indispensable de faire appel à des méthodes multivariées pour examiner les différences dans les profils d’emploi du temps des personnes, tout en tenant compte de facteurs autres capables d’influencer dans l’ensemble le comportement et les décisions, par exemple l’âge, le sexe, la situation d’activité, le niveau de scolarité et la présence ou l’absence d’enfants du ménage.
Les méthodes particulières utilisées comprennent la régression multiple et l’analyse de classification multiple (ACM), lesquelles servent à estimer le temps que les individus appartenant à divers groupes consacrent à des activités particulières, tant avant qu’après ajustement pour tenir compte de variables de contrôle pertinentes (énumérées au bas de chaque tableau). Les données corrigées et non corrigées sont présentées afin que le lecteur puisse comprendre l’effet de l’ajustement. Les deux méthodes peuvent produire les résultats escomptés, et le choix de l’ACM est affaire de préférence du chercheur quant aux entrées, aux sorties et à la présentation (pour en savoir plus long sur l’ACM, voir Andrews, Morgan, Sonquist et Klem 1973). Le lecteur devrait noter que les différences présentées entre les estimations corrigées et non corrigées peuvent avoir été arrondies.
Fait à noter, les résultats relatifs à l’emploi du temps dont fait état la présente étude n’offrent aucun renseignement sur la causalité des rapports entre l’utilisation d’Internet et le temps consacré à d’autres activités. Ils révèlent plutôt l’existence d’associations entre le temps consacré à Internet et d’autres activités, ainsi que la solidité de ces associations.
1. Quelques facteurs supplémentaires ont également influencé le classement des utilisateurs d’Internet. Un classement par catégorie a été retenu afin de faciliter la présentation et l’interprétation des résultats. Par souci de préserver la qualité des données, les catégories « utilisateurs modérés » et « grands utilisateurs » n’ont pas été réparties en sous-groupes à cause de problèmes posés par la taille de l’échantillon. Le lecteur notera que, bien que les « utilisateurs modérés » aient passé entre cinq minutes et une heure en ligne, la majorité d’entre eux (79 %) ont déclaré avoir utilisé Internet pendant 30 minutes au moins. Les utilisateurs modérés ont passé, en moyenne, 40 minutes en ligne, tandis que la donnée correspondante concernant les grands utilisateurs était de plus de 150 minutes (la valeur médiane était de 120 minutes, mais certaines valeurs élevées extrêmes ont haussé la moyenne). Les grands utilisateurs représentaient 43 % des internautes à l’étude.
2. Le lecteur prendra note que, aux fins de l’étude, des données ont été recueillies seulement à l’égard des personnes qui ont consulté Internet au moins une fois pendant cinq minutes au cours de la période de 24 heures, ce dont témoigne le journal. L’encadré “Note aux lecteurs” offre plus de précision à ce propos.
3. Fait à noter en parcourant les données seulement les deux tiers environ (65,5 %) des répondants ont déclaré que travailler ou être aux études constituait leur principale activité dans la semaine qui a précédé l’enquête. Il faudra donc tenir compte de cette réalité, de même que de la collecte de données dans le journal les fins de semaine, afin d’interpréter les valeurs déclarées relatives au temps consacré au travail et aux activités éducatives.