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4. Analyse de l’utilisation des TIC selon des caractéristiques socio-démographiques

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Maintenant que nous avons établi clairement le lien entre les TIC et le revenu, et que nous avons exploré les rapports entre les TIC et les compétences, la présente section porte sur trois mesures de la connaissance et de l’utilisation des TIC, en rapport avec d’autres caractéristiques pertinentes des répondants; l’âge, le sexe et le niveau de scolarité sont examinés.

4.1 Âge

Certains s’inquiètent du fait que les travailleurs âgés possèdent peu de compétences en TIC, ce qui risque d’entraîner une détérioration de leur situation au sein de la population active (OCDE 2004). Un « fossé des générations » en matière d’exposition à l’ordinateur et à d’autres TIC serait à l’origine de la réduction des possibilités d’acquisition des compétences en TIC. Les jeunes adultes sont proportionnellement plus nombreux que les personnes de plus de 25 ans à grandir dans un foyer où ils ont accès à un ordinateur (DfES  2003). On craint une disparité croissante entre les compétences des travailleurs âgés et les compétences en demande, et on s’inquiète que l’absence de compétences cause un ralentissement dans l’adoption des TIC pour les emplois occupés par des travailleurs âgés, ce qui aurait des répercussions négatives sur la croissance de la productivité et la compétitivité d’une entreprise (OCDE 2004). Toutefois, jusqu’à maintenant, il n’existe pas de preuve évidente d’un tel désavantage concurrentiel, à tout le moins en ce qui a trait au rendement des compétences en TIC des travailleurs âgés sur le marché du travail (OCDE 2004).

Dans l’ensemble, et conformément aux recherches antérieures, l’âge comporte un lien étroit avec les modèles de connaissance et d’utilisation des TIC. Ces modèles étaient généralement similaires d’un pays à l’autre, affichant une baisse constante avec l’âge, particulièrement du point de vue de la diversité et de l’intensité de l’utilisation d’Internet, ainsi que de l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises (ce dernier élément figure dans le Graphique 11). Nombre de ces tâches précises sont liées à l’utilisation de l’ordinateur au travail, soit pour rédiger et modifier des textes, gérer des comptes ou des tableurs, programmer, créer des présentations et tenir un échéancier ou un calendrier. La baisse dans ces activités a été la plus marquée entre le groupe des 46 à 55 ans et celui des 56 à 65 ans, ce qui laisse supposer que les travailleurs âgés et les personnes à la retraite ne s’acquittent pas de telles tâches régulièrement.

Les jeunes utilisateurs de l’ordinateur présentent un intérêt parce que, à de nombreux égards, ils représentent un groupe de personnes ayant une perspective différente de la technologie. Même si à différents moments, une part importante de la population plus âgée a adopté les TIC, comme l’ordinateur et Internet, et a appris à adapter sa vie à l’utilisation de ces technologies, la génération plus jeune a grandi à une époque où ces technologies étaient déjà bien répandues. Les types d’activités à l’ordinateur et sur Internet auxquelles s’adonne la génération plus jeune se distinguent particulièrement des utilisations des personnes d’âge moyen et des personnes âgées. Étant donné qu’ils continueront d’utiliser des ordinateurs pendant longtemps encore, il est important de comprendre comment les jeunes se servent des TIC. Parallèlement, il est important de reconnaître que ces utilisations ne sont pas statiques et qu’elles sont susceptibles de changer au fil du temps.

Parmi les trois scores d’indices des TIC inclus dans la présente étude, les jeunes utilisateurs canadiens d’ordinateurs se différenciaient le plus du reste de la population du point de vue du niveau élevé de diversité et d’intensité de leur utilisation d’Internet (Graphique 12). Comme il est noté précédemment, ces jeunes utilisateurs ont aussi enregistré des indices élevés d’utilisation des ordinateurs en fonction de tâches précises et du point de vue de l’utilité perçue et de l’attitude à l’égard de l’ordinateur, mais ces différences n’étaient pas aussi marquées que l’écart entre les jeunes utilisateurs et les utilisateurs plus âgés en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet.

Le deuxième groupe en âge, c’est-àdire les 26 à 35 ans, ne venait pas loin derrière les utilisateurs les plus jeunes en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet. Il s’agit de personnes à la fin de leur adolescence ou dans la vingtaine, au milieu des années 90, et qui ont entrepris leur carrière à une époque où l’utilisation d’Internet commençait à prendre de l’importance comme phénomène.

Il n’est pas surprenant de constater, compte tenu des grandes différences du point de vue de l’attitude et de l’utilisation, que les jeunes Canadiens consacrent une part importante de leur temps à l’utilisation de l’ordinateur (Tableau 7). Une proportion importante d’utilisateurs canadiens âgés de 16 à 25 ans (43,3 %) utilisaient l’ordinateur au foyer en moyenne une heure ou plus par jour, tandis que 18,1 % l’utilisaient pendant deux heures ou plus. Compte tenu du temps passé à l’ordinateur au travail, à l’école et à d’autres endroits (qui n’est pas mesuré ici), le temps total consacré à l’ordinateur au cours d’une journée type est encore plus élevé.

Comparativement aux deux groupes les plus jeunes d’utilisateurs d’Internet, ceux à partir de la fin de la trentaine étaient plus susceptibles d’être des utilisateurs occasionnels, près de la moitié d’entre eux passant moins de 10 heures par mois (ou moins de 20 minutes par jour en moyenne) à l’ordinateur au foyer. En comparaison, seulement un peu plus du quart (27,3 %) des jeunes utilisateurs canadiens âgés de 16 à 25  ans étaient des utilisateurs occasionnels. Il est intéressant de constater que, même si l’intensité et la variété des activités exécutées au moyen des TIC tendent à diminuer avec l’âge, la proportion de personnes utilisant intensivement l’ordinateur (30 heures ou plus par mois) ne diminuait pas pour le groupe le plus âgé (26,0 %), en comparaison avec les 36 à 45 ans (22,6 %) et les 46 à 55 ans (20,6 %). Dans certains cas, il se peut que les personnes à la retraite aient davantage de temps libre que celles appartenant au groupe d’âge intermédiaire qui travaillent, et cela peut représenter pour certaines d’entre elles une occasion de passer plus de temps à l’ordinateur au foyer.

Les données de l’ELCA montrent que l’utilisation intensive de l’ordinateur est un phénomène particulièrement émergent en Amérique du Nord. La proportion d’utilisateurs d’ordinateurs âgés de 16 à 65 ans qui les utilisaient très intensivement au foyer (en moyenne deux heures par jour ou plus) était presque deux fois plus élevée au Canada (11,9 %) et aux États-Unis (11,1 %) que dans les autres pays (qui se situaient entre 4,8 % et 6,3 %).

Les expériences de navigation sur Internet pour les jeunes, les personnes d’âge moyen et les personnes âgées diffèrent parfois beaucoup (Tableau 8). Les jeunes utilisateurs canadiens âgés de 16 à 25  ans se démarquaient des groupes plus âgés, particulièrement en raison de leurs préférences en matière de téléchargement de musique, de participation à des forums de discussion et de participation à des jeux en ligne avec d’autres. En fait, la proportion de ces jeunes utilisateurs qui s’adonnaient à ces activités se situait à près du double de la proportion pour le groupe d’âge suivant, c’est-à-dire les 26 à 35 ans, et était plus de cinq fois plus élevée que le taux pour le groupe le plus âgé, c’est-à-dire celui des 56 à 65 ans. L’utilisation d’Internet pour obtenir ou sauvegarder de la musique constituait en fait la troisième activité la plus populaire en importance pour les jeunes internautes au Canada. Toutefois, l’utilisation élevée d’Internet par les jeunes Canadiens ne se limitait pas au divertissement, ceux-ci étant aussi plus susceptibles de participer à de la formation structurée et de communiquer avec des employeurs potentiels en ligne. Les sites Internet de recherche d’emploi et les sites d’entreprises sont devenus une source importante d’information sur l’emploi, et plus de 40 % des utilisateurs canadiens d’Internet des deux groupes les plus jeunes y ont eu recours pour chercher des offres d’emploi au cours d’un mois type en 2003. Les ressources en ligne au chapitre de l’emploi et de l’éducation deviennent des outils valables pour les employeurs et les enseignants, ce qui signifie que les Canadiens qui n’ont pas accès à Internet manqueront peut-être des occasions importantes.

Même si les jeunes Canadiens peuvent être décrits comme des internautes avertis, certaines activités importantes de navigation étaient plus répandues chez les utilisateurs plus âgés. De façon particulière, les Canadiens âgés de 16 à 25 ans étaient beaucoup moins susceptibles d’aller sur Internet pour chercher des renseignements sur la santé ou des renseignements gouvernementaux. Évidemment, les jeunes Canadiens ont peutêtre moins besoin de ce type de renseignements, mais la situation change rapidement pour le groupe des 26 à 35 ans et au-delà. Environ la moitié des personnes âgées de plus de 25  ans se sont adonnées à ces activités au cours d’un mois type en 2003.

Même si peu de Canadiens d’un peu moins ou d’un peu plus de 20 ans manifestaient un intérêt ou un besoin à l’égard des services bancaires en ligne, plus de la moitié (51,2 %) des personnes âgées de 26 à 35 ans avaient des activités bancaires en ligne au cours d’un mois type. Les achats ou la recherche de produits sur Internet étaient aussi les activités les plus populaires chez les personnes dans la fin de la vingtaine et jusqu’au milieu de la trentaine (49,4 %), même si elles intéressaient la plupart des autres groupes d’âge dans une moindre mesure1.

On a noté relativement peu de différences dans la proportion d’utilisateurs d’Internet des divers groupes d’âge au Canada s’adonnant à certaines des activités les plus populaires sur Internet, comme naviguer en général, envoyer des courriers électroniques et lire les nouvelles ou suivre l’actualité. Ces activités semblent être essentielles pour une majorité des internautes de tous les âges.

Les Canadiens âgés de 16 à 25 ans qui utilisent l’ordinateur étaient aussi les plus actifs lorsqu’il s’agissait de rédiger ou de modifier des textes (84,8 %), de participer à des jeux (68,3 %), de lire de l’information sur un CD-ROM ou un DVD (65,2 %), de créer des graphiques, des dessins, des images et des présentations (52,2 %) et de programmer (17,3 %) (Tableau 9). L’infographie et la conception de sites Internet (non mesurées dans le cadre de l’ELCA) ont aussi émergé comme des programmes d’études postsecondaires populaires auprès des jeunes. Parallèlement, les activités ayant tendance à être liées au travail, comme gérer des comptes ou des tableurs ou tenir un échéancier ou un calendrier, étaient plus populaires chez les adultes d’âge intermédiaire. Dans l’ensemble, les différences selon l’âge dans le cas des activités informatiques autres que sur Internet n’étaient pas aussi importantes que les différences observées quant à l’utilisation d’Internet.

En ce qui a trait à l’attitude des Canadiens à l’égard de l’ordinateur, le groupe des 16 à 25 ans comptait la proportion la plus élevée d’utilisateurs affichant une attitude positive dans la plupart des domaines (Tableau 10). La seule exception avait trait à la perception selon laquelle les ordinateurs avaient aidé les utilisateurs à atteindre leurs objectifs professionnels, les personnes âgées de 26 à 35 ans étant plus susceptibles d’avoir cette impression (54,9 %). Il s’agit d’un résultat attendu, étant donné que certaines personnes du groupe des 16 à 25 ans n’ont pas encore entrepris leur carrière.

La plus grande utilité perçue des ordinateurs chez les jeunes utilisateurs en général n’est peut-être pas surprenante, compte tenu de la gamme variée d’activités auxquelles les jeunes s’adonnent à l’ordinateur, du temps qu’ils consacrent à ces activités, et du fait qu’ils ont grandi à une époque où l’utilisation de l’ordinateur était généralisée. Parmi les mesures obtenues, celle qui a varié le plus avait trait à la capacité des utilisateurs d’installer et de mettre à jour un logiciel. Une majorité (59,0 %) des personnes appartenant aux groupes plus jeunes étaient d’avis qu’ils étaient à l’aise pour exécuter ces tâches, tandis que seulement une minorité de celles âgées de plus de 35  ans étaient de cet avis. Il convient de souligner que, même si le groupe le plus jeune comptait la proportion la plus forte d’utilisateurs ayant une attitude positive à l’égard de l’utilisation de l’ordinateur, cette attitude était aussi assez répandue dans tous les autres groupes d’âge. En fait, les attitudes positives étaient courantes, mais les utilisateurs étaient divisés sur la question de savoir s’ils étaient à l’aise pour installer un logiciel à leur ordinateur et si, en fait, les ordinateurs les avaient aidés à atteindre leurs objectifs professionnels.

4.2 Sexe

Bon nombre d’études ont relevé des écarts entre les sexes dans les tendances de l’utilisation de l’ordinateur. Au Canada, par exemple, une étude a révélé qu’à l’exception du traitement de texte, les hommes étaient proportionnellement plus nombreux que les femmes à utiliser l’ordinateur pour diverses tâches courantes (Marshall 2001). Au Royaume-Uni, il semble aussi que les hommes obtiennent des résultats légèrement supérieurs à ceux des femmes lors d’une évaluation pratique du rendement des compétences en TIC, et qu’ils possèdent une meilleure connaissance des TIC (DfES   2003). Le fait que les hommes soient plus portés à utiliser souvent l’ordinateur expliquerait en grande partie l’écart observé dans le rendement (DfES 2003). C’est chez les femmes en chômage que l’accès aux TIC s’avère le plus faible (Commission des communautés Européennes 2002).

Dans le cadre de cette étude, les différences quant à la connaissance et à l’utilisation des TIC selon le sexe étaient évidentes en Suisse, en Norvège et en Italie (Graphique 13). Dans chacun de ces pays les hommes ont obtenu de meilleurs résultats pour chacune de ces trois mesures — utilité perçue et attitude à l’égard de l’ordinateur, diversité et intensité de l’utilisation d’Internet, utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises. Les tendances étaient différentes de celles notées en Amérique du Nord, où les différences entre les Bermudes, le Canada et les États-Unis étaient beaucoup plus faibles. En Suisse, en Norvège et en Italie, les hommes affichent aussi des taux plus élevés d’accès à l’ordinateur et à Internet que les femmes, mais dans les pays d’Amérique du Nord visés par cette étude, ces différences étaient à peu près inexistantes. Lorsque l’on examine les modèles d’utilisation des TIC selon le sexe, il devient par conséquent très important de se reporter au contexte national, qui peut varier substantiellement. Ailleurs, les recherches ont permis de déterminer que les écarts entre les sexes du point de vue de l’utilisation des TIC sont particulièrement grands dans les pays en développement (Huyer, Hafkin, Ertl et Dryburgh 2005).

Bien qu’il semble exister une relation entre le sexe et l’utilisation des TIC, le sexe ne constitue pas le seul facteur. De nombreuses données révèlent que les écarts entre les sexes au chapitre de l’utilisation des TIC sont considérables aux premières étapes de l’adoption de nouvelles TIC, mais qu’ils diminuent avec le temps. Il faut donc analyser les écarts entre les sexes en tenant compte de la pénétration des TIC. De même, on a déterminé que l’âge exerce une influence indépendante. Par ailleurs, dans cette étude, les hommes ont obtenu des résultats plus élevés du point de vue de la connaissance et de l’utilisation des TIC que les femmes en Italie, mais les scores pour les hommes en Italie étaient généralement inférieurs à ceux des femmes de tous les autres pays examinés. En Suisse, les différences selon le sexe étaient assez marquées, les hommes de ce pays obtenant le score le plus élevé pour l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises par rapport à tous les autres pays. L’intensité et la diversité de l’utilisation d’Internet étaient les plus élevées pour les hommes en Norvège, tandis que le groupe obtenant les scores les plus élevés en ce qui a trait à l’utilité perçue et à l’attitude à l’égard de l’ordinateur était celui des femmes aux Bermudes. Les données recueillies montrent qu’il existe des différences significatives en ce qui a trait aux écarts entre les sexes, le cas échéant, selon le pays.

4.3 Scolarité

Une personne peut maîtriser certaines compétences – par exemple, la capacité de produire des tableaux et des graphiques au moyen d’un logiciel tableur – mais les compétences en TIC ont la particularité d’être souvent le produit d’un processus d’apprentissage continu (DRHC 2002, Bertelsmann Foundation et AOL Time Warner Foundation 2002, Committee on Information Technology Literacy 1999, Ginsburg et Elmore 1998). Le processus d’apprentissage étant continu, les apprenants ont souvent recours à plusieurs méthodes, structurées et non structurées, pour acquérir les compétences nécessaires en informatique, et s’en tiennent rarement à une seule méthode d’apprentissage. Les méthodes structurées comprennent les cours parrainés par l’employeur, alors que parmi les méthodes moins structurées figurent l’aide de collègues ou de la famille, la consultation de manuels et d’ouvrages, l’observation des autres ou l’auto apprentissage par tâtonnement (Dryburgh 2002; Felstead et al. 2002). C’est en raison des changements particulièrement rapides qui touchent la technologie sousjacente (p. ex., l’avènement de nouvelles versions de logiciels, de matériel de soutien ou de technologies d’interface) que les demandes de compétences changent. Ainsi, la capacité d’apprendre et de tenir à jour des connaissances propres à une application, tout en développant et en maintenant un ensemble de plus en plus grand de compétences génériques de base, devient essentielle pour participer à l’ère numérique.

Parallèlement, le rôle de la scolarité dans la formation des travailleurs possédant des compétences en TIC fait actuellement l’objet d’un débat. Même si la scolarité en bonne et due forme, comme la formation dans les collèges et les universités, peut constituer un moyen efficace d’atteindre la main-d’oeuvre future, la rapidité des changements technologiques et des progrès dans le monde des TIC fait ressortir la nécessité d’un apprentissage permanent plutôt que d’une formation ponctuelle. Néanmoins, la scolarité peut constituer un moyen important de développer au moins des compétences de base en TIC, et l’avènement relativement récent des TIC dans les écoles peut signifier qu’au fur et à mesure que le temps passera, plus de personnes seront susceptibles d’utiliser les TIC à l’école (OCDE 2004). Dans le cadre d’une étude, on a déterminé que les personnes ayant un niveau plus élevé de scolarité ont davantage de compétences en TIC, mais on suppose que les personnes plus scolarisées ont tendance à travailler avec des ordinateurs, ce qui rend difficile de déterminer si c’est la scolarité ou l’emploi qui a les répercussions les plus grandes sur les niveaux de compétences en TIC (DfES   2003). Même si cet aspect dépasse le cadre de la présente étude, il faut s’efforcer davantage à l’avenir de mesurer directement les compétences en TIC pour mieux comprendre leur acquisition et leur évolution.

Les différences quant à la connaissance et à l’utilisation des TIC selon le niveau de scolarité en 2003 étaient les plus marquées aux Bermudes et en Italie, et légèrement plus faibles au Canada, aux États-Unis, en Norvège et en Suisse (Graphique 14). Au Canada, l’écart entre les personnes ayant fait des études au 2e cycle du secondaire (diplôme d’études secondaires) et celles qui n’ont pas terminé leurs études secondaires était plus grand que l’écart entre les personnes titulaires d’un diplôme d’études secondaires et celles ayant fait des études postsecondaires. Même si les différences dans l’intensité et la diversité de l’utilisation d’Internet, de même que pour l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises, étaient évidentes, les différences selon le niveau de scolarité étaient moins marquées en ce qui a trait à l’utilité perçue et à l’attitude à l’égard de l’ordinateur.

4.4 Synthèse

Pour mieux comprendre certains des facteurs ayant des répercussions sur l’utilisation des TIC, l’indice mesurant l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises a été examiné de façon plus détaillé. Dans la suite de la présente section, on utilise une régression logistique pour mesurer le degré d’influence des différents facteurs sur la probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur en fonction de tâches précises (voir l’encadré 3).

Encadré 3: Mesure de la probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur

Les données de la présente section proviennent d’une régression logistique conçue pour mesurer la probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur en fonction de tâches précises. Nous définissons l’utilisation intensive comme celle des répondants qui se situent dans le quartile supérieur (25 % les plus élevés) de l’échelle mesurant l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises.

Alors que la section précédente mesurait les variables isolément, la présente section utilise un modèle de régression logistique qui intègre plusieurs variables dans l’analyse. Le modèle a servi à étudier l’influence de l’âge, du sexe, du niveau de scolarité, de la situation d’emploi, du revenu du ménage et des compétences en littératie sur l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises. À partir de cette technique, il est possible d’isoler l’influence de chaque variable en contrôlant toutes les autres variables du modèle. Par exemple, l’influence de la scolarité peut être examinée chez les personnes ayant le même âge, sexe, situation d’emploi, etc.

Les résultats variaient substantiellement selon le pays. Dans certains pays, le sexe exerçait une influence particulièrement marquée sur l’utilisation de l’ordinateur en fonction de tâches précises. Compte tenu de l’effet d’autres facteurs, les hommes en Italie, en Norvège et en Suisse continuaient d’être plus susceptibles d’utiliser intensivement l’ordinateur. Par contre, et conformément avec les résultats indiqués précédemment dans le présent document, les différences selon le sexe en ce qui a trait aux TIC étaient plus faibles en Amérique du Nord. En fait, aux Bermudes, il n’existait pas de différence entre les hommes et les femmes dans la probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur.

L’analyse a aussi confirmé que la scolarité comporte un lien étroit avec l’utilisation de l’ordinateur. Aux États- Unis et en Italie, les adultes ayant fait des études secondaires de deuxième cycle étaient plus de deux fois plus susceptibles d’utiliser intensivement l’ordinateur que ceux ayant un niveau inférieur de scolarité. Dans les pays qui restent, la probabilité était environ deux fois plus élevée pour les adultes ayant fait des études postsecondaires que pour ceux ayant un niveau d’études inférieur au deuxième cycle du secondaire, même une fois contrôlées les autres variables.

Les résultats confirment également que les personnes dont le ménage a un revenu élevé étaient plus susceptibles d’utiliser intensivement l’ordinateur. Dans la plupart des pays, les répondants dont le revenu se situe dans le quartile de revenu supérieur étaient environ deux fois plus susceptibles d’utiliser intensivement l’ordinateur en fonction de tâches précises que ceux ayant un revenu plus faible.

Les compétences en littératie se sont révélées comporter un niveau élevé de corrélation avec l’utilisation de l’ordinateur. Au fur et à mesure de l’augmentation des niveaux de compétences en littératie2, la probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur augmentait. Par exemple, aux États-Unis et en Suisse, un répondant affichant des compétences élevées en compréhension de textes suivis (niveaux 4 et 5) avaient des quotients de probabilité près de deux fois plus élevés d’utiliser intensivement l’ordinateur que les répondants ayant de faibles niveaux de littératie (niveaux 1 et 2). Le rapport entre les compétences en littératie et l’utilisation de l’ordinateur était encore plus étroit au Canada, aux Bermudes et en Norvège, où les répondants ayant des niveaux élevés de compétences en littératie avaient des quotients de probabilité de deux à plus de trois fois plus élevés d’utiliser intensivement l’ordinateur que ceux ayant de faibles compétences en littératie. Par ailleurs, dans tous les pays, sauf la Norvège, les écarts entre les groupes ayant des niveaux de littératie faibles et moyens étaient plus grands que les écarts dans les quotients de probabilité entre les personnes ayant des niveaux de littératie moyens et élevés. Le Tableau 11 décrit les quotients de probabilité d’utiliser intensivement l’ordinateur, selon les divers niveaux de littératie.

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  1. On estime à 3,2 millions le nombre de ménages canadiens ayant participé activement au commerce électronique en 2003, avec des dépenses d’un peu plus de 3,0 milliards de dollars pour les achats par Internet. Même si ces dépenses augmentent chaque année, elles n’ont représenté qu’une fraction des 688 milliards de dollars des dépenses totales des particuliers au Canada en 2003 (Statistique Canada 2004).
  2. Pour une description détaillée des niveaux de littératie, voir Statistique Canada et OCDE (2005), Apprentissage et réussite : Premiers résultats de l’Enquête sur la littératie et les compétences des adultes, Ottawa et Paris.