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Télédiffusion

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Les statistiques présentées dans cette publication se rapportent à l’exercice se terminant le 31 août et couvrent la période de 2004 à 2008. L’analyse qui suit comprend quelques références à des périodes précédentes lorsqu’il est utile de présenter le rendement récent du secteur dans un contexte historique.

Les recettes des télédiffuseurs se maintiennent

Les recettes d'exploitation du secteur de la télédiffusion 1  ont atteint 6,5 milliards de dollars en 2008, en hausse de 5,4 % par rapport à 2007. Cette hausse survient après une année de plus faible croissance, les recettes ayant augmenté de 3,0 % de 2006 à 2007. La croissance des recettes de 2007 à 2008 se rapproche de la croissance moyenne de 5,6 % 2  depuis 1999. Le bilan pour l’ensemble du secteur ne rend toutefois pas compte des résultats très différents d’un segment à l’autre de l’industrie.

Dure année pour la télévision classique privée

Les recettes de la télévision traditionnelle privée ont atteint 2,1 milliards de dollars en 2008, en baisse de 1,8 % par rapport à 2007. Il s’agit de la plus importante baisse annuelle de recettes pour ce segment en plus de 30 ans et d’une deuxième diminution annuelle des recettes en trois ans.

La télévision généraliste privée traverse une période difficile sur le plan financier depuis quelques années en raison de la perte de parts de marché de la publicité télévisuelle au profit de la télévision spécialisée. En 2008, elle s’est accaparée 58,8 % de ce marché de 3,4 milliards de dollars. Cinq ans auparavant, en 2003, cette proportion était de 68,1 %. Le marché de la publicité est d’autant plus important pour la télévision généraliste qu’elle y puise la presque totalité de ses recettes.

L’effet combiné du fléchissement de 1,8 % des recettes d’exploitation et de l’augmentation de 3,4 % des dépenses d’exploitation s’est soldé par une baisse substantielle des bénéfices avant intérêts et impôts des télédiffuseurs généralistes privés. Ceux-ci sont passés de 116,0 millions de dollars en 2007 à 4,8 millions de dollars en 2008, soit une baisse de 95,8 %. Ce sont les bénéfices avant intérêts et impôts les plus modestes des trente dernières années et ce n’est que la deuxième fois en 15 ans qu’ils passent sous la barre des 100 millions de dollars. En 2006, les bénéfices avant intérêts et impôts ont été de 90,9 millions de dollars.

Les stations généralistes privées ont réalisé en 2008 une marge bénéficiaire avant intérêt et impôt inférieure à 1 %. Près de la moitié des stations généralistes privées ont subi des pertes avant intérêts et impôts en 2008.

La télévision traditionnelle privée du Québec a été la seule à voir ses bénéfices augmenter en 2008 par rapport à 2007 (+8,1 %). Pour la première fois en près de 15 ans, les stations généralistes privées en Ontario ont enregistré des pertes, soit 22,5 millions de dollars. Dans les provinces de l’Atlantique, la situation est aussi difficile puisque depuis 1999 les stations de ce segment n’ont pas enregistré de bénéfices avant intérêts et impôts. Dans l’Ouest canadien, les bénéfices ont diminué de 68,3 % en un an.

Continuité pour la télévision payante 3  et spécialisée 4 

Les segments de la télévision spécialisée et de la télévision payante ont vu leurs recettes d’exploitation augmenter respectivement de 6,5 % et de 11,8 % en 2008 par rapport à 2007. Ces hausses d’une année à l’autre sont cependant les plus faibles en 3 ans pour ces segments. Pour la télévision spécialisée, les recettes d'abonnements (+5,4 %) et les recettes publicitaires (+8,1 %) ont toutes deux contribué à cette croissance. La percée de la télévision sur demande est quant à elle à l'origine de la progression pour la télévision payante. Les recettes provenant de ce type de service ont atteint 269,6 millions de dollars en 2008, en hausse de 36,3 % par rapport à 2007.

Autre signe des changements profonds qui touchent l’industrie de la télévision, le segment de la télévision spécialisée est passé en 2008 au premier rang de l’industrie pour ce qui est des recettes (2,3 milliards de dollars), délogeant la télévision généraliste privée qui l’occupait depuis de nombreuses années. En fait, il y a 10 ans, en 1998, avec 19,0 % de l’ensemble des revenus de la télévision, la télévision spécialisée était derrière la télévision traditionnelle privée (48,2 %) et la télévision publique (29,5 %). En 2008, la télévision spécialisée s’est appropriée 35,7 % des revenus de l’industrie de la télévision au Canada comparativement à 32,9 % pour la télévision traditionnelle privée et 22,0 % pour la télévision publique. La télévision payante avec ses revenus de 612,0 millions de dollars occupe le quatrième rang avec 9,4 % des revenus.

Les bénéfices avant intérêts et impôts de la télévision payante et spécialisée se sont élevés à 686,1 millions de dollars en 2008, ce qui représente plus de 99 % des bénéfices de la télévision privée.

Ensemble, les chaînes spécialisées ont généré une marge bénéficiaire avant intérêts et impôts supérieure à 20,0 % pour la quatrième année consécutive et les chaînes payantes pour une septième année de suite.

La télévision publique se redresse

La montée de 5,4 % des recettes d’exploitation pour l’ensemble du secteur est en partie imputable à un redressement ponctuel de 13,2 % des recettes de la télévision publique et sans but lucratif après une baisse de 5,3 % de 2006 à 2007. Les recettes publicitaires provenant de la diffusion des Jeux olympiques d’été et la hausse substantielle des subventions sont à l’origine de cette augmentation.

La hausse des revenus a été accompagnée d’une hausse de 14,5 % des dépenses d’exploitation, soit la plus forte de tous les segments. Les dépenses de programmation sont responsables d’une bonne part de cette hausse alors qu’ils ont augmenté de 17,1 %.

La transformation du marché de la publicité télévisuelle se poursuit

Les revenus publicitaires ont continué de se déplacer de la télévision traditionnelle privée vers la télévision spécialisée. Ainsi, la part de marché de la publicité télévisuelle pour la télévision traditionnelle privée était de 58,8 % en 2008 alors que cinq ans plus tôt cette proportion était de 68,1 %. Pendant cette période de cinq ans, la part de marché de la télévision spécialisée est passée de 21,4 % à 30,0 % et celle de la télévision publique est restée pratiquement inchangées à près de 11 %.

Le marché de la publicité télévisuelle s’est accru de 2,8 % en 2008 pour atteindre 3,4 milliards de dollars, presque le double de la croissance de 1,8 % de l’année précédente.

Dépenses de programmation et de production : La concurrence aussi à ce niveau

La concurrence que se livre les différents segments du secteur de la télévision sur le marché de la publicité se reflète dans la lutte qu’ils se font pour attirer les auditoires et, ultimement, dans les dépenses de programmation et de production. Ainsi, les diffuseurs ont dépensé 10,2 % de plus à ce titre en 2008 qu’en 2007, surpassant la croissance des revenus par une bonne marge.

Dans le cas de la télévision traditionnelle privée, les dépenses de programmation et de production ont augmenté de 3,8 % de 2007 à 2008 malgré la baisse des revenus. En fait, les dépenses de programmation et de production ont représenté 68,8 % des revenus d’exploitation de ces chaînes, alors qu’il y a 5 ans, en 2003, ce ratio était de 56,8 %.

Pour ce qui est de la télévision spécialisée et de la télévision payante, la croissance des dépenses de programmation a suivi le rythme de la croissance des recettes. Elles ont augmenté de 13,1 % et de 8,6 % respectivement, de 2007 à 2008. Pour l’ensemble de ces réseaux, les dépenses de programmation ont représenté en 2008 54,5 % des recettes. Ce ratio est stable depuis 5 ans.