2007
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Les statistiques présentées dans cette publication se rapportent à l’exercice se terminant le 31 août et couvrent la période de 2003 à 2007. L’analyse qui suit comprend quelques références à des périodes précédentes lorsqu’il est utile de présenter le rendement récent du secteur dans un contexte historique.
Les recettes d'exploitation du secteur de la télédiffusion 1 ont atteint 6,2 milliards de dollars en 2007, en hausse de 3,0 % par rapport à 2006, soit la plus faible augmentation d’une année à l’autre depuis 1997. Cette croissance est également près de trois fois moins importante que celle réalisée en 2006.
Le bilan pour l’ensemble du secteur cache toutefois des résultats très différents d’une industrie à l’autre.
Les recettes de la télévision généraliste publique et privée ont diminué de 1,3 % en 2007 -une première en 10 ans - pour s’établir à un peu moins de 3,5 milliards de dollars.
L’année a été particulièrement difficile pour la télévision publique et sans but lucratif. Ses ventes de temps d’antenne ont dégringolé de 8,2 % et ses subventions ont diminué de 4,9 %. L’ensemble des recettes de ce segment a été de 1,3 milliard de dollars en 2007, soit 70,8 millions de dollars de moins qu’en 2006.
La télévision généraliste privée a quant à elle généré des recettes de 2,2 milliards de dollars en 2007, en hausse de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit pour ce segment d’une modeste reprise après avoir connu une année de stagnation en 2006.
Les statistiques historiques démontrent sans équivoque que le rendement plutôt modeste de la télévision généraliste en 2007 s’inscrit dans une tendance lourde. Ainsi, ce segment s’est approprié 55,9 % de l’ensemble des recettes du secteur en 2007, contre 64,4 % en 2002 et 79,4 % en 1997. Cette érosion constante et rapide est due principalement à la concurrence de la télévision spécialisée et à la fragmentation de l’auditoire qui en découle.
Le défi est particulièrement grand pour la télévision généraliste privée dont le modèle d’affaires est fondé presque exclusivement sur les ventes de publicité. Elle en retire environ 94,0 % de ses recettes année après année. Or, le marché de la publicité est à la fois très concurrentiel et en faible croissance.
C’est dans ce contexte que le CRTC a rendu une décision le 17 mai 2007 qui permettra aux télédiffuseurs traditionnels d’augmenter graduellement le nombre de minutes de publicité durant les heures de grandes écoutes. Cette décision est entrée en vigueur le 1er septembre 2007 et n’a donc pas eu de répercussions sur les résultats présentés ici.
Les ventes de temps d’antenne des télédiffuseurs canadiens ont atteint 3,3 milliards de dollars en 2007, en progression de 1,8 % comparativement à l’année précédente. C’est la deuxième fois seulement au cours des dix dernières années que le marché de la publicité télévisuelle croît à un rythme annuel inférieur à 2,0 %, les deux fois au cours des trois dernières années.
Les télédiffuseurs traditionnels, ont été plus durement atteints par la faiblesse du marché. Les ventes de temps d’antenne de l’ensemble des télédiffuseurs généralistes ont légèrement baissé (-0,3 %), passant de 2,38 milliards de dollars en 2006 à 2,37 milliards de dollars en 2007. Celles des télédiffuseurs publics et sans but lucratif ont atteint 322,3 millions de dollars en 2007, en chute de 8,2 % comparativement à l’année précédente.
La télévision spécialisée a obtenu de bien meilleurs résultats. Ses ventes de publicité ont augmenté de 7,5 % pour s’établir à 948,3 millions de dollars, grâce en partie à une augmentation de sa part de l’auditoire de 25,4 % en 2006 à 28,0 % en 2007 2 . Il s’agit malgré tout de la plus faible augmentation d’une année à l’autre en 10 ans des recettes publicitaires de ce segment.
La part des recettes publicitaires dans le modèle d’affaires du secteur de la télévision s’est effritée avec les années. En 2007, cette source représentait 53,7 % des recettes totales du secteur, comparativement à 59,7 % dix ans plus tôt.
En contrepartie, les recettes d’abonnements exclusives à la télévision payante et spécialisée occupent une place de plus en plus importante.
Pendant que la télévision généraliste connaissait une année difficile, les recettes des chaînes payantes et spécialisées ont grimpé de 9,1 % en 2007 pour s’établir à 2,7 milliards de dollars.
C’est le segment de la télévision payante qui a connu la plus forte croissance en 2007. Ses recettes ont grimpé de 13,5 % pour atteindre 547,4 millions de dollars. L’appétit grandissant des téléspectateurs pour les émissions à la carte et la vidéo sur demande y est pour beaucoup. Les recettes provenant de ces services ont bondi de 25,8 % en 2007 pour s’établir à 197,8 millions de dollars. Cela explique près des deux tiers de la croissance du segment de la télévision payante.
Le segment de la télévision spécialisée n’est pas en reste. Ses recettes ont atteint 2,2 milliards de dollars, en hausse de 8,0 % comparativement à l’année précédente.
Les deux principales sources de recettes des chaînes spécialisées – les recettes d’abonnements et les recettes publicitaires - ont augmenté quoique moins rapidement qu’en 2006. Les ventes de temps d’antenne ont progressé de 7,5 % pour atteindre 948,4 millions de dollars, et les recettes d’abonnements de 8,2 %, pour s’élever à 1,2 milliard de dollars.
Les chaînes spécialisées numériques 5 - dont les plus anciennes sont apparues dans le paysage télévisuel en 2002 – gagnent en importance. Elles ont réalisé près de 11,0 % des recettes de la télévision spécialisée en 2007, comparativement à 3,6 % cinq ans plus tôt. Les 93 chaînes numériques en onde en 2007 ont généré des recettes de 233,2 millions de dollars, soit 18,9 % de plus qu’en 2006. La croissance de ce segment a été presque trois fois plus rapide que celle des chaînes analogues.
La télévision spécialisée a donc continué de gagner en importance et s’apprête à devancer la télévision généraliste privée au premier rang du secteur pour ce qui est des recettes. Il y a dix ans, la taille du segment de la télévision spécialisée était à peine plus du tiers de celui de la télévision généraliste privée.
La faible croissance des recettes en 2007 n’a pas trop nui à la rentabilité des télédiffuseurs privés. La marge bénéficiaire avant intérêt et impôt de ce groupe est passée de 14,2 % en 2006 à 15,5 % en 2007, et ses bénéfices d’exploitation de 663,8 millions de dollars à 763,2 millions de dollars. Les chaînes payantes et spécialisées ont réalisé près de 85,0 % des bénéfices de la télévision privée en 2007.
Les résultats d'ensemble masquent toutefois une réalité qui diffère considérablement d'un segment à l'autre. Par exemple, la marge bénéficiaire des chaînes spécialisées est passée de 22,2 % en 2006 à 24,4 % en 2007 alors que celle des chaînes traditionnelles est passée de 4,2 % à 5,3 % au cours de cette période.
Les chaînes spécialisées ont généré une marge supérieure à 20 % pour la troisième année consécutive. Les chaînes généralistes quant à elle ont réalisé une marge inférieure à 10 % pour une troisième fois seulement au cours des dix dernières années.
Les chaînes payantes ont perdu en 2007 le titre de segment le plus rentable du secteur qu’elles détenaient depuis 2001 aux mains des chaînes spécialisées. Ceci étant dit, la télévision payante a généré en 2007 plus de 21 cents de bénéfice avant intérêts et impôts pour chaque dollar de recettes.
Fait à souligner, les chaînes spécialisées numériques ont réalisé pour la première fois des bénéfices avant intérêts et impôts après cinq années de pertes. Les bénéfices de 2,1 millions ont toutefois été modestes, soit moins d’un cent de bénéfices par dollars de recettes.