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Industries de la télédiffusion

2006

56-207-XWF


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Télédiffusion

Les statistiques présentées dans cette publication se rapportent à l’exercice se terminant le 31 août et couvrent la période de 2002 à 2006. Le texte ci-dessous comprend quelques références à des périodes précédentes lorsqu’il est utile de présenter le rendement récent du secteur dans un contexte historique.

Les recettes des télédiffuseurs bondissent après une période d’essoufflement

Les recettes d’exploitation des industries de la télédiffusion 1  ont tout juste franchi la barre des 6,0 milliards de dollars en 2006, en progression de 8,2 % par rapport à 2005. Cette hausse surpasse par une bonne marge la croissance moyenne de 5,4 % 2  pour les dix dernières années. Il s’agit en fait de la troisième plus importante augmentation des recettes d’une année à l’autre au cours de cette période.

Ce regain de vie survient après deux années de ralentissement notable de la croissance alors que les recettes ont progressé de seulement 3,3 % en 2005 et de 4,3 % en 2004.

Les deux principales sources de recettes commerciales des télédiffuseurs ont augmenté plus rapidement en 2006 qu’au cours des deux années précédentes. Ainsi, les ventes de temps d’antenne ont progressé de 7,6 % pour atteindre 3,3 milliards de dollars, et les recettes d’abonnements de 11,3 %, pour atteindre 1,6 milliard de dollars. En comparaison, les ventes de temps d’antenne et les recettes d’abonnements ont augmenté de 1,8 % et 6,6 % respectivement en 2005.

Il en a été de même pour les subventions 3  qui sont passées de 791,8 millions de dollars en 2005 à 848,2 millions de dollars en 2006, en hausse de 7,1 %.

Le bilan pour l’ensemble du secteur cache toutefois des résultats forts différents d’un segment à l’autre.

La télévision classique privée en perte de vitesse  4 

Les recettes de la télévision traditionnelle privée ont atteint 2,2 milliards de dollars en 2006, inchangées par rapport à l’année précédente.

La stagnation des recettes n’est pas un phénomène nouveau pour ce segment puisque c’est la troisième fois en cinq ans qu’elles augmentent de moins de 1,0 % d’une année à l’autre.

Fait nouveau toutefois, le plafonnement des recettes a été accompagné en 2006 d’une chute spectaculaire de plus de 62,5 % des bénéfices avant intérêts et impôts qui sont passés de 242,7 millions de dollars en 2005 à 90,9 millions de dollars en 2006. C’est la première fois en 15 ans que ce segment engendre des bénéfices avant intérêts et impôts de moins de 100 millions de dollars. La marge bénéficiaire de 4,1 % est la plus modeste des trente dernières années.

Tous les épisodes récents de faible croissance des recettes ont été accompagnés d’une baisse des bénéfices, quoique beaucoup moins importante qu’en 2006. Une gestion serrée des dépenses a permis à l’industrie d’atténuer l’effritement des bénéfices jusqu’à cette année. Ce ne fut toutefois pas le cas en 2006 alors que les dépenses d’exploitation ont augmenté de 7,7 %, en raison surtout de la hausse des dépenses d’émissions (+10,0 %) et de promotion (+9,3 %). Il s’agit la de dépenses stratégiques dans un marché de plus en plus fragmenté ou la concurrence pour attirer les téléspectateurs est de plus en plus vive.

Un défi de taille pour la télévision classique privée

Contrairement à la télévision publique et à la télévision spécialisée, le modèle d’affaires de la télévision classique privée est fondé presque exclusivement sur la vente de publicité. Elle est donc plus vulnérable aux conditions prévalant dans ce marché.

Or, la croissance des recettes publicitaires pour l’ensemble de l’industrie de la télédiffusion a été relativement modeste au cours des dernières années et il y a plus en de plus de joueurs qui se partagent la tarte. De 1996 à 2006, les recettes publicitaires de l’ensemble des télédiffuseurs ont cru à un taux annuel composé de 5,1 % passant de 2,0 milliards à 3,2 milliards de dollars. Le nombre de stations de télévision classique est demeuré à peu près inchangé durant cette période alors que le nombre de réseaux spécialisés est passé de 21 à 136.

Le nombre grandissant de joueurs, y inclut ceux d’autres médias, a évidemment amené une concurrence accrue pour les dollars des annonceurs, mais également une pression à la baisse sur le prix des publicités. Durant cette période, la part du marché de la publicité des télédiffuseurs classiques privés a chuté de 73,8 % à 62,2 %.

C’est dans ce contexte que les télédiffuseurs classiques privés ont récemment demandé au CRTC un changement au modèle d’affaire qui leur donnerait accès aux redevances des abonnés de la télévision par câble et par satellite. Il s’agit d’une source de recettes exclusive aux chaînes payantes et spécialisées. Ces recettes ont triplé de 1996 à 2006, passant de 0,5 milliard à 1,5 milliard de dollars.

La demande a été refusée, le CRTC optant plutôt pour une augmentation graduelle du temps alloué à la publicité pour chaque heure de diffusion. Cela devrait permettre aux diffuseurs d’augmenter leurs recettes, quoique les répercussions de cette décision sur le marché de la publicité restent inconnues.

De bien meilleurs résultats pour la télévision spécialisée  5 ,  6 

Les recettes d’exploitation de la télévision spécialisée ont franchi la barre des 2 milliards de dollars en 2006, en hausse de 11,2 % par rapport à 2005.

Les recettes publicitaires ont bondi de 14,7 % pour atteindre 0,9 milliard de dollars tandis que les recettes d’abonnements ont atteint 1,1 milliard de dollars, près de 9,0 % de plus que l’année précédente. Il s’agit dans les deux cas d’une amélioration par rapport aux augmentations observées en 2005. Une partie de la croissance de 2006 s’explique par l’entrée en onde de 13 nouveaux réseaux numériques.

Malgré ces bons résultats, on remarque une très nette tendance à la baisse dans le rythme de croissance des recettes depuis quelques années déjà. Ainsi, la croissance annuelle moyenne des recettes a été de 10,8 % au cours des cinq dernières années alors qu’elle était de 17,3 % au cours des cinq années précédentes. Ce phénomène a touché tout autant les recettes publicitaires que les recettes d’abonnements.

Un tel essoufflement était à prévoir. Lancée il y a plus de deux décennies, la télévision spécialisée n’est plus une nouvelle industrie en période initiale de croissance accélérée. L’industrie a plutôt atteint un palier où l’on observe une décélération de la croissance.

Autre tendance lourde, la télévision spécialisée dépend de plus en plus des recettes publicitaires pour assurer sa croissance. La publicité représentait 43,8 % des recettes de ce segment en 2006, comparativement à 36,4 % en 2001 et 28,6 % en 1996.

La télévision spécialisée a engendré des bénéfices avant intérêts et impôts de 447,8 millions de dollars, légèrement inférieurs aux bénéfices de 449,2 millions de dollars réalisés en 2005. Le segment a donc généré 22,2 cents de bénéfices pour chaque dollar de recettes en 2006, la deuxième meilleure performance en 10 ans.

Les chaînes numériques en pleine expansion  7 

En 2002, la télévision canadienne est entrée dans une nouvelle ère avec le lancement de 49 nouvelles chaînes spécialisées numériques. Ces chaînes faisaient dès lors partie de l’offre audiovisuelle aux ménages qui avaient choisi de se doter d’un récepteur numérique fourni soit par leur câblodistributeur, soit par un fournisseur de services de télévision par satellite. Plusieurs chaînes se sont depuis ajoutées et on en comptait 87 en 2006.

La télévision numérique demeure un petit joueur dans l’industrie pour ce qui est des recettes, mais sa croissance est très rapide. Ses recettes ont pratiquement quadruplé en 5 ans. En 2006, les recettes combinées des 87 chaînes se chiffraient à 192,9 millions de dollars, soit un peu moins de 10 % des recettes pour l’ensemble des chaînes spécialisées. En 2002 elles étaient de 49,4 millions de dollars et représentaient moins de 4% des recettes de l’industrie de la télévision spécialisée.

Plus de 80 % des recettes de 2006 provenaient des abonnés, ces chaînes n’ayant pas encore fait une percée importante dans le marché publicitaire. La croissance dans le segment numérique est donc intimement liée au choix des téléspectateurs puisque ces chaînes ne sont pas offertes dans les forfaits de base des distributeurs.

Le segment numérique est demeuré déficitaire en 2006, mais il se rapproche rapidement du seuil de la rentabilité. Les pertes avant intérêts et impôts ont été de 18,1 millions de dollars en 2006, soit un peu plus de 9 cents par dollar de revenu. C’est presque trois fois moins qu’en 2005.

Bonne année pour la télévision payante

Les recettes de la télévision payante, à la carte et sur demande ont bondi de 17,7 % en 2006 pour atteindre 482,3 millions de dollars. Cette forte hausse survient après trois années de croissance des recettes bien en dessous de la normale pour cette industrie.

Plus du quart des recettes ont été retournées aux propriétaires sous la forme de bénéfices avant intérêts et impôts. Dans ce cas-ci, les bonnes affaires continuent puisque la marge bénéficiaire de ce segment oscille au-dessus de 20 % depuis 2001. Ce segment a d’ailleurs été le plus profitable de l’industrie de la télédiffusion au cours des cinq dernières années.

La forte croissance des recettes de ce segment s’explique en grande partie par la popularité grandissante de la télévision à la carte et de la vidéo sur demande. Les recettes provenant de ces services ont bondi de 41 % en 2006 pour s’établir à 157,4 millions de dollars en 2006.

Retour à la normale pour la télévision publique

Après avoir connu une chute spectaculaire de plus de 25 % de ses recettes publicitaires en 2005, ce fut un retour à une situation plus normale pour la télévision publique en 2006. La rentrée des joueurs de la ligne nationale de hockey au bercail après une saison complète d’absence a eu un effet bénéfique sur les recettes publicitaires qui ont atteint 351,1 millions de dollars, la deuxième meilleure performance des dix dernières années. Les subventions se sont établies à 848,2 millions, en hausse de 7,1 % par rapport à 2005. Cela a permis un investissement de plus de 975 millions de dollars dans les émissions, soit 14,4 % de plus qu’en 2005.