Statistiques sur le logement au Canada
Les millénariaux sur le marché canadien du logement : une comparaison intergénérationnelle

Date de diffusion : le 6 mai 2026

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Aperçu

Dans un contexte de préoccupations croissantes au sujet de l’abordabilité du logement pour les jeunes Canadiens, le présent article examine les résultats des millénariaux sur le marché du logement comparativement à ceux des membres de la génération X et des baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge (25 à 39 ans). À l’aide des données des recensements de la population de 1991, 2006 et 2021, cet article examine l’évolution des résultats sur le marché du logement de chaque cohorte générationnelle en lien avec le départ du domicile parental, la formation d’une famille et le statut d’accession à la propriété.

Principaux résultats

  • En 2021, la proportion de millénariaux âgés de 25 à 39 ans qui vivaient dans une famille de recensement avec leurs parents (16,3 %) était environ deux fois supérieure à celle des baby-boomers qui avaient le même âge en 1991 (8,2 %). Cette tendance s’est manifestée progressivement au fil du temps et était commune aux grandes villes étudiées.
  • Après la prise en compte de ceux qui vivaient avec leurs parents, les millénariaux affichaient le plus faible taux d’accession à la propriété (49,9 %), comparativement aux membres de la génération X (56,2 %) et aux baby-boomers (55,9 %) lorsqu’ils étaient âgés de 25 à 39 ans.
  • La proportion de millénariaux âgés de 25 à 39 ans mariés et ayant des enfants (26,6 %) était inférieure à celle observée chez les membres de la génération X (34,5 %) et les baby-boomers (46,6 %) lorsqu’ils avaient le même âge. Ce type de ménage est celui ayant historiquement affiché le plus haut taux d’accession à la propriété.
  • Les millénariaux propriétaires, après la prise en compte de ceux qui vivaient avec leurs parents, étaient moins susceptibles de vivre dans une maison individuelle non attenante que les générations précédentes, particulièrement parmi ceux qui habitaient à Toronto et à Vancouver.

Introduction

Les coûts du logement ont augmenté au cours des dernières années, ce qui a entraîné des préoccupations croissantes relatives aux problèmes d’abordabilité du logement auxquels doivent faire face les jeunes Canadiens (Banque Royale du Canada, 2025). L’idée que l’accession à la propriété est de plus en plus hors de portée pour les jeunes générations, y compris les millénariaux et les membres de la génération Z, est largement répandue (Ipsos, 2024). En effet, comme c’est le cas aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, le Canada a vu ses taux d’accession à la propriété diminuer au cours des dernières années (Ronald, 2018; Statistique Canada 2022a). Après avoir atteint un sommet au Recensement de 2011, les taux d’accession à la propriété ont diminué dans tous les groupes d’âge, en particulier chez les jeunes Canadiens (Statistique Canada 2022a). Cette situation a suscité des préoccupations quant aux inégalités intergénérationnelles sur le marché du logement (Cecco, 2022; Ipsos, 2024), car l’accession à la propriété est souvent perçue comme une aspiration, faisant partie du « rêve canadien », et comme un élément de l’identité de la classe moyenne au Canada (ministère des Finances Canada, 2024).

Dans ce contexte, il est important de comprendre les différences en matière de logement entre générations. Le présent article porte sur les caractéristiques du logement des millénariaux au CanadaNote . À l’aide des données tirées de trois cycles de recensement, il examine la situation des millénariaux en matière de logement par rapport à celle des baby-boomers et des membres de la génération X. Plus précisément, il porte sur les résultats en matière de logement des personnes âgées de 25 à 39 ans aux recensements de 1991, 2006 et 2021, ce qui correspond à la majorité des personnes appartenant respectivement aux générations du baby-boom, de la génération X et de la génération du millénaire lors de ces années de recensementNote . Cette approche permet de comparer les trois générations lorsqu’elles avaient le même âge.

L’article fait suite à deux analyses récentes axées sur les résultats intergénérationnels sur le marché du logement réalisées par le Programme de la statistique du logement canadien de Statistique Canada (Mirdamadi et Khalid, 2023; Khalid, Gordon et Mirdamadi, 2024). Cet article s’appuie également sur un vaste corpus de recherches universitaires, qui continue de croître, au sujet des millénariaux sur le marché du logement au Canada et dans d’autres pays (Lennartz et coll., 2016; Green, 2017; Hoolachan et coll., 2017; Ronald, 2018; Howard, Hochstenbach et Ronald, 2024). Statistique Canada a réalisé un grand nombre d’autres études sur les résultats en matière de logement des jeunes Canadiens (Statistique Canada, 2022a; Statistique Canada, 2022b; Gellatly et coll., 2024; Gauthier et McCormack, 2024). Cependant, le présent article est l’un des premiers à adopter explicitement une perspective générationnelle et une approche comparative, en analysant les résultats en matière de logement pour différentes cohortes générationnelles (Statistique Canada, 2017).

Le présent article contribue aux discussions sur les parcours de logement des jeunes adultes et sur l’accès à la propriété d’une génération à l’autre. La première section présente un aperçu des principales perspectives qui sous-tendent cette analyse des résultats en matière de logement. La deuxième section de l’article examine la situation des particuliers dans le ménage des millénariaux comparativement à celle des générations précédentes, et plus particulièrement en ce qui concerne la tendance de vivre plus longtemps avec leurs parents. Enfin, la troisième section présente les différents résultats en matière d’accession à la propriété des membres des trois générations lorsqu’ils avaient le même âge, soit de 25 à 39 ans.

Perspectives qui éclairent l’analyse des résultats en matière de logement

Afin d’interpréter les résultats en matière de logement des jeunes Canadiens, on peut faire appel à trois grandes perspectives théoriques interreliées.

La première perspective porte sur l’incidence des difficultés croissantes en matière d’abordabilité du logement sur le report ou le retard des résultats des millénariaux sur le marché du logement, comme l’achat d’une maison (Hochstenbach et Boterman, 2015; Green, 2017; Forrest et Hirayama, 2018; Ronald, 2018; Howard, Hochstenbach et Ronald, 2024) ou le départ du domicile parental (Flynn, 2017)Note . Selon ce point de vue, les changements observés dans les résultats en matière de logement entre les générations sont généralement attribuables à des pressions ou à des difficultés financières. Selon certaines mesures, la situation relative à l’abordabilité du logement dans de nombreuses villes canadiennes est la pire que l’on ait observée depuis plusieurs décennies, bien qu’une importante baisse de l’abordabilité soit survenue après le Recensement de 2021 (Statistique Canada, 2024d; Banque du Canada, 2025; Banque Royale du Canada, 2025; Cabral, 2025; Dahms et Ducharme, 2025).

La deuxième perspective porte sur les nombreux changements observés sur le marché du logement chez les jeunes Canadiens, qui font partie d’une tendance plus vaste vers un report de la formation des ménages ou des familles, ou vers un allongement des parcours de vie (Statistique Canada, 2022b; Statistique Canada, 2024a; Statistique Canada, 2026a). Selon cette perspective, à mesure que les sociétés vieillissent, les jeunes générations consacrent davantage de temps à chacune des étapes typiques de la vie moderne, un phénomène parfois décrit comme un « étirement du parcours de vie » (p. ex. vivre plus longtemps avec leurs parents ainsi que prendre plus de temps pour terminer les études postsecondaires, pour choisir une carrière, pour fonder une famille et avoir des enfants et pour partir à la retraite). En d’autres mots, la dynamique du parcours de vie s’allonge, et le report des jalons courants de la vie est en partie compensé par l’allongement de l’espérance de vie des générations plus jeunes (Murray, 2024)Note . Dans la mesure où le report de la formation des familles témoigne de ces dynamiques, cela aura une incidence importante sur les résultats en matière de logement, compte tenu du lien bien établi entre la mise en couple, le mariage et la naissance des enfants, d’une part, et la transition vers l’accession à la propriété, d’autre part (Statistique Canada, 2011a; Holland, 2011; Thomas et Mulder, 2016)Note .

Enfin, selon la troisième perspective, la composition de la population des jeunes adultes, marquée par une plus grande diversité ethnique, peut être associée à des résultats intergénérationnels distincts en matière de logement. En effet, une population plus diversifiée pourrait suivre des parcours différents pour former un ménage indépendant ou pour accéder à la propriété, ce qui rend compte des traditions culturelles apportées au Canada (Milan, 2016; Statistique Canada, 2019; Maroto et Severson, 2020; Stick, Hou et Schimmele, 2023; Haan et coll., 2023; Galbraith et Laflamme, 2025a; Galbraith et Laflamme, 2025b). En 1991, par exemple, 9,4 % de la population canadienne âgée de 25 à 39 ans a déclaré appartenir à un groupe racisé, alors qu’en 2021, cette proportion s’est chiffrée à 30,1 %, dont environ les deux tiers étaient des immigrantsNote . Par conséquent, les parcours de logement distincts suivis par les membres de ces groupes pourraient avoir une incidence plus marquée sur les résultats des millénariaux en matière de logement que chez les membres des générations précédentes.

Ces perspectives, à savoir l’abordabilité, l’étirement du parcours de vie et les changements démographiques, éclairent l’analyse des données du recensement présentée ci-dessous.

Les millénariaux vivent avec leurs parents plus longtemps que les jeunes adultes des générations précédentes

Pour mieux comprendre les résultats sur le marché du logement canadien de chaque génération, il est important d’avoir une meilleure idée du moment où les membres de ces générations ont quitté le domicile parental et formé leur propre ménage. Les millénariaux ont tendance à vivre plus longtemps chez leurs parents et à entrer plus tard sur le marché du logement, ce qui représente l’une des préoccupations soulevées (Haan et coll., 2023; Maroto et Severson, 2020). Cette section examine les différents types de situation des particuliers dans le ménage et de situation dans la famille de recensement des millénariaux en 2021 et les compare à ceux des membres de la génération X et des baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge (25 à 39 ans).

Au total, quatre grandes possibilités ont été examinées pour les personnes âgées de 25 à 39 ans selon les caractéristiques de la famille de recensement et de la situation des particuliers dans le ménage :

  1. vivre dans une famille de recensement avec ses parents (vivre avec ses parents sans conjoint, partenaire ou enfant);
  2. vivre uniquement avec des personnes non apparentées ou avec des membres de la famille autres que les parents (ne faisant pas partie d’une famille de recensement);
  3. vivre seul (ne faisant pas partie d’une famille de recensement);
  4. vivre avec un conjoint, un partenaire ou un enfant (dans une famille de recensement).

On considère que les trois dernières situations correspondent à un départ du domicile parental, bien qu’il puisse être question de personnes qui sont séparées de la famille de recensement de leurs parents tout en vivant dans le même logement que ces derniersNote .

Les trois générations présentaient des différences quant à la situation des particuliers dans le ménage lorsqu’elles étaient âgées de 25 à 39 ans. La proportion de personnes qui vivaient dans une famille de recensement avec leurs parents a doublé, passant de 8,2 % en 1991 à 16,3 % en 2021. En 2021, une plus grande proportion de personnes âgées de 25 à 39 ans vivaient seules ou avec des colocataires ou d’autres personnes apparentées. La prévalence de ces types de situation des particuliers dans le ménage a enregistré une légère hausse de 1991 à 2021. En revanche, la proportion de personnes vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant a considérablement diminué, passant d’environ 3 personnes sur 4 (74,4 %) en 1991 à moins de 2 personnes sur trois (62,8 %) en 2021.

Ces différences générationnelles s’expliquent en grande partie par les habitudes de vie des personnes à la fin de la vingtaine (de 25 à 29 ans) et au début de la trentaine (de 30 à 34 ans). Pour illustrer cela, le graphique 2 désagrège davantage les résultats du graphique 1 en trois tranches distinctes de cinq ans. Ainsi, le graphique 2 permet de déterminer si les millénariaux ont retardé la formation d’une famille comptant un couple ou s’ils ne l’ont pas formée alors qu’ils s’approchaient de la fin de la trentaine.

Graphique 1 Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans de trois générations

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du Graphique 1
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Proportion des Canadiens âgés de 25 à 39 ans (titres de rangée) et Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Proportion des Canadiens âgés de 25 à 39 ans Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 8,2 12,2 16,3
Vivant uniquement avec des personnes apparentées autres que les parents ou avec des personnes non apparentées 8,6 7,5 9,0
Vivant seuls 8,8 10,5 11,9
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 74,4 69,7 62,8

Graphique 2 Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans, selon des tranches de cinq ans

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du Graphique 2
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Proportion des Canadiens (titres de rangée) et Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Proportion des Canadiens Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
De 25 à 29 ans  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 15,7 23,8 31,1
Vivant uniquement avec des personnes apparentées autres que les parents ou avec des personnes non apparentées 12,9 12,0 13,8
Vivant seule 9,4 11,2 12,5
Vivant avec
un conjoint, un partenaire ou un enfant
61,9 53,1 42,7
De 30 à 34 ans  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 5,8 8,8 12,6
Vivant uniquement avec des personnes apparentées autres que les parents ou avec des personnes non apparentées 7,7 6,6 8,4
Vivant seule 8,8 10,7 12,6
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 77,7 74,0 66,4
De 35 à 39 ans  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 3,0 5,1 6,5
Vivant uniquement avec des personnes apparentées autres que les parents ou avec des personnes non apparentées 5,2 4,4 5,2
Vivant seule 8,2 9,8 10,7
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 83,5 80,7 77,5

On observe un phénomène pouvant être qualifié de « rattrapage » vers la fin de la trentaine, ce qui correspond en partie à l’idée d’étirement du parcours de vie. En 2021, les millénariaux âgés de 25 à 29 ans étaient 31,0 % moins susceptibles de vivre avec un conjoint, un partenaire ou un enfant que les baby-boomers qui avaient le même âge en 1991. Cependant, parmi les millénariaux âgés de 35 à 39 ans qui vivaient avec un conjoint, un partenaire ou un enfant, l’écart relatif s’est établi à 7,2 % par rapport aux baby-boomers en 1991. En outre, bien que la proportion de personnes âgées de 35 à 39 ans qui vivaient avec leurs parents soit environ deux fois plus élevée en 2021 qu’en 1991, ce type de situation des particuliers dans le ménage représente une part proportionnellement plus faible de l’ensemble des cas.

Diversité démographique et situation des particuliers dans le ménage

Les changements démographiques chez les jeunes Canadiens pourraient également contribuer à ces tendances. On a observé des différences persistantes entre les divers groupes ethniques en ce qui concerne le fait de vivre avec ses parents au début de l’âge adulte, lesquelles sont en partie liées à des tendances culturelles différentes. En 2021, 22,1 % des millénariaux racisés vivaient avec leurs parents, comparativement à 13,7 % des millénariaux non racisés et non autochtones. Toutefois, les parents d’une grande proportion de millénariaux racisés n’habitaient pas au Canada, puisque ces derniers étaient plus susceptibles d’être des immigrants récents. Après la prise en compte de ce facteur, la différence entre les deux grands groupes devient encore plus marquée. Par exemple, en 2021, parmi les millénariaux nés au Canada, les personnes racisées (39,4 %) étaient près de trois fois plus susceptibles de vivre avec leurs parents que les personnes non racisées et non autochtones (14,0 %).

Une différence importante entre ces deux grands groupes a été observée dans chacune des grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) à l’étude. Cette différence était en grande partie uniforme chez divers groupes racisésNote . La proportion plus élevée des jeunes adultes racisés qui vivaient avec leurs parents a déjà été observée en 1991 et en 2006. Cependant, la proportion de la population à l’étude (âgée de 25 à 39 ans) ayant déclaré appartenir à un groupe de population racisé était nettement plus élevée en 2021. Ces résultats concordent avec d’autres études réalisées sur le sujet (Stick, Hou et Schimmele, 2023; Haan, Cheng et Yu, 2023; Galbraith et Laflamme, 2025a; Galbraith et Laflamme, 2025b).

Situation des particuliers dans le ménage dans les grandes villes

La situation des particuliers dans le ménage et la famille variaient également selon les villes (tableau 1). La proportion de jeunes adultes qui vivaient avec leurs parents a augmenté dans chacune des huit grandes RMR analysée depuis 1991Note . Cette tendance a été observée chez les membres de la génération X en 2006 et chez les millénariaux en 2021. Dans la plupart des RMR, et dans l’ensemble du pays, la proportion de jeunes adultes qui vivaient avec leurs parents sans conjoint, partenaire ou enfant a augmenté de façon constante au fil du temps. L’analyse des cycles de recensement intermédiaires corrobore qu’il s’agit d’un processus à long terme, plutôt que d’un phénomène associé à une période particulière.

Tableau 1
Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement, 1991, 2006 et 2021 Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement, 1991, 2006 et 2021 Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents, Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées, Vivant seules, Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant, 1991, 2006, 2021, 1991, 2006, 2021, 1991, 2006, 2021, 1991, 2006 et 2021, calculées selon pourcent (%) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées Vivant seules Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant
1991 2006 2021 1991 2006 2021 1991 2006 2021 1991 2006 2021
pourcent (%)
Note : Les limites géographiques de recensement de ces régions métropolitaines de recensement ont été élargies au cours des trois cycles de recensement.
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax 7,3 9,2 10,8 10,4 10,7 12,9 8,6 11,8 13,2 73,7 68,3 63,1
Montréal 9,1 11,7 14,9 8,8 7,9 7,7 11,9 13,7 16,1 70,1 66,7 61,2
Ottawa–Gatineau 7,1 10,3 14,7 10,8 8,1 9,3 10,6 11,7 13,5 71,6 69,8 62,5
Toronto 11,3 18,6 26,1 12,8 7,9 9,7 8,8 9,0 10,4 67,0 64,5 53,8
Winnipeg 7,9 12,2 16,1 9,3 8,5 9,8 10,7 12,3 11,4 72,1 67,0 62,6
Edmonton 6,2 9,9 12,5 10,2 9,9 11,1 10,1 11,7 11,5 73,5 68,5 64,9
Calgary 5,5 8,0 12,8 12,7 12,3 10,8 10,0 11,7 11,7 71,9 68,0 64,7
Vancouver 8,3 15,4 19,3 13,5 9,2 11,3 11,4 12,3 13,1 66,9 63,1 56,3
Canada 8,2 12,2 16,3 8,6 7,5 9,0 8,8 10,5 11,9 74,4 69,7 62,8

Parmi les plus grandes RMR, l’augmentation du nombre de jeunes adultes qui vivaient avec leurs parents a été la plus prononcée à Toronto et à Vancouver, soit les deux RMR où les loyers et les prix des logements sont les plus élevés (graphique 3; Statistique Canada, 2025a). Dans la plupart des autres RMR présentées dans le tableau 1, la proportion de personnes qui vivaient avec leurs parents a presque doublé de 1991 à 2021, comme à Toronto et à Vancouver. Les exceptions étaient Halifax et Montréal, deux villes où cette proportion a augmenté d’environ la moitié et qui affichaient des loyers relativement peu élevés parmi les plus grandes RMR (Statistique Canada, 2025a).

Il convient toutefois de noter que la proportion de jeunes adultes de la génération X (2006) qui vivaient avec leurs parents avait déjà augmenté par rapport à celle des baby-boomers (1991), alors que les loyers avaient progressé en fonction de l’inflation dans la plupart des grandes RMR durant cette période. Par conséquent, les coûts de logement pourraient ne pas être le seul facteur à l’origine de ces changements, et d’autres facteurs, comme l’étirement du parcours de vie et les changements démographiques, pourraient aussi y avoir contribué.

Graphique 3 Frais de logement mensuels payés par les locataires sur trois générations, 1991, 2006 et 2021, en dollars constants de 2021

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du Graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 3 Frais de logement mensuels médians payés par les locataires, tous âges confondus, 1991, 2006 et 2021, calculées selon dollars constants de 2021 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Frais de logement mensuels médians payés par les locataires, tous âges confondus
1991 2006 2021
dollars constants de 2021
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax 980 970 1 250
Montréal 840 830 920
Ottawa–Gatineau 1 040 1 070 1 320
Toronto 1 180 1 270 1 600
Winnipeg 820 810 1 180
Edmonton 910 1 030 1 400
Calgary 1 040 1 170 1 450
Vancouver 1 160 1 130 1 600
Canada 890 930 1 170

La répartition de chaque cohorte en tranches d’âge de cinq ans dans les RMR (annexe A) révèle une dynamique similaire. À Vancouver et Toronto, où les marchés du logement sont les plus coûteux, près des trois quarts des millénariaux à la fin de la trentaine (âgés de 35 à 39 ans) vivaient avec un conjoint, un partenaire ou un enfant (74,0 % et 74,3 %, respectivement). Ces proportions étaient inférieures de 4,5 % et 6,1 %, respectivement, par rapport à celles des baby-boomers en 1991, ce qui était comparable aux autres RMR et à l’échelle nationale. Cependant, pour les personnes à la fin de la vingtaine, la proportion d’entre elles qui vivaient avec leurs parents a fortement augmenté. La proportion de personnes qui vivaient avec leurs parents dans une famille de recensement a doublé chez les personnes de 25 à 29 ans à l’échelle nationale, passant de 15,7 % en 1991 à 31,1 % en 2021. Au cours de la même période, cette proportion a également augmenté à Vancouver et à Toronto, passant de 16,7 % à 36,9 % à Vancouver et de 21,8 % à 48,6 % à Toronto, ce qui représente une augmentation supérieure au taux national. Ces résultats peuvent indiquer que les problèmes d’abordabilité du logement ont une incidence sur le moment du départ du domicile parental, mais qu’un certain rattrapage pourrait également se produire vers la fin de la trentaine en ce qui concerne la formation des familles et des ménages.

Les millénariaux affichent un taux d’accession à la propriété inférieur à celui des membres de la génération X et des baby-boomers

Cette section examine les résultats en matière d’accession à la propriété dans le contexte de transformations dans le marché du logement, y compris la hausse des prix des logements, le report du départ du domicile parental et la formation plus tardive des familles.

Fait largement reconnu, les prix des logements ont considérablement augmenté au cours des trente dernières années, même après correction pour tenir compte de l’inflation (graphique 4). Cette tendance a suscité des préoccupations quant à l’abordabilité du logement pour les millénariaux et à leur capacité d’accéder à la propriété. Comme la hausse des prix entraîne une augmentation de la mise de fonds requise pour l’obtention d’un prêt hypothécaire, un nombre croissant de jeunes acheteurs comptent sur des transferts de richesse intergénérationnels pour faciliter l’achat d’une propriété (McCormack et Sheridan, 2025). En revanche, les taux d’intérêt ont diminué depuis le début des années 1990 et les revenus ont augmenté, ce qui améliore la capacité des ménages à assumer des prêts hypothécaires plus élevés (Banque Royale du Canada, 2025). Les recherches futures examineront les coûts du logement par rapport aux revenus des ménages pour différentes générations.

Graphique 4 Valeurs médianes des logements estimées par leurs propriétaires, en dollars constants de 2021

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du Graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 4 Valeurs médianes des logements estimées par les propriétaires, tous âges confondus, selon l’année , 1991, 2006 et 2021, calculées selon dollars constants de 2021 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Valeurs médianes des logements estimées par les propriétaires, tous âges confondus, selon l’année
1991 2006 2021
dollars constants de 2021
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax 168 000 240 000 352 000
Montréal 214 000 260 000 448 000
Ottawa–Gatineau 256 000 324 000 580 000
Toronto 428 000 452 000 1 000 000
Winnipeg 154 000 198 000 348 000
Edmonton 188 000 324 000 400 000
Calgary 222 000 452 000 492 000
Vancouver 376 000 645 000 1 200 000
Canada 206 000 292 000 500 000

Ajustements apportés à la mesure de l’accession à la propriété chez les jeunes adultes

Dans le recensement, l’accession à la propriété est évaluée en fonction du mode d’occupation du ménage. Étant donné que le mode d’occupation est attribué au ménage, le mode d’occupation s’applique à chaque membre du ménage, qu’il soit responsable ou non du paiement du loyer, de l’hypothèque ou d’autres coûts liés au logement, ou qu’il soit inscrit ou non comme propriétaire sur le titre de propriété. Par conséquent, les taux d’accession à la propriété par âge tirés des données du recensement sont habituellement présentés selon la proportion de principaux soutiens du ménage (PSM), définis comme la première personne désignée comme étant responsable du paiement du loyer, de l’hypothèque ou d’autres frais associés à un logement dont ils sont propriétaires. Toutefois, comme les enfants adultes vivent plus longtemps avec leurs parents, moins de jeunes adultes deviennent des PSM dans la vingtaine et la trentaine. Par conséquent, les comparaisons entre les générations fondées sur le statut de principal soutien du ménage fournissent moins de renseignements concernant les résultats en matière d’accession à la propriété chez les jeunes adultes au CanadaNote .

Dans la présente étude, les résultats en matière d’accession à la propriété sont examinés à l’aide d’une variante ajustée de l’indicateur habituellement utilisé. Selon cette mesure ajustée, les personnes âgées de 25 à 39 ans sont considérées comme propriétaires si elles vivent dans un logement possédé et si elles ne vivent pas dans une famille de recensement avec leurs parentsNote . Il en résulte trois grandes catégories de mode d’occupation d’intérêt : vivre avec ses parents (vivre dans une famille de recensement), être locataire selon la mesure ajustée (vivre dans un logement loué et ne pas faire partie d’une famille de recensement avec ses parents) et être propriétaire selon la mesure ajustée (vivre dans un logement possédé et ne pas faire partie d’une famille de recensement avec ses parents).

Selon cette approche, les millénariaux affichaient le taux ajusté d’accession à la propriété le plus faible par rapport aux baby-boomers et aux membres de la génération X lorsqu’ils avaient le même âge (graphique 5). Bien que le taux ajusté d’accession à la propriété des millénariaux soit inférieur de 19,7 % par rapport à celui des baby-boomers à la fin de la vingtaine, cet écart était inférieur de 7,6 % pour ceux à la fin de la trentaine. Ces résultats indiquent un certain rattrapage, semblable à celui observé au chapitre de la formation des couples et des familles (graphique 2).

Graphique 5 Taux ajusté d’accession à la propriété chez les Canadiens âgés de 25 à 39 ans sur trois générations

Tableau de données du graphique 5
Tableau de données du Graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 5 Taux d'accession à la propriété ajusté, Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Taux d'accession à la propriété ajusté
Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Note : L’« accession à la propriété ajustée » mesure la proportion de personnes qui vivent dans un logement possédé dans un groupe d’âge donné, en excluant celles qui vivent dans un logement possédé tout en faisant partie d’une famille de recensement avec leurs parents propriétaires.
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Groupes d'âge de cinq ans 167,8 166,9 148,1
25 à 29 ans 39,0 38,0 31,3
30 à 34 ans 59,4 59,8 52,6
35 à 39 ans 69,5 69,1 64,2
Agrégés 55,9 56,2 49,9
25 à 39 ans 55,9 56,2 49,9

Le taux ajusté d’accession à la propriété des millénariaux était inférieur à celui des membres de la génération X et des baby-boomers dans chacune des plus grandes RMR. Toutefois, le graphique 6 montre des variations dans ce résultat global. Par exemple, à Montréal, la baisse régulière du taux ajusté d’accession à la propriété entre les trois générations était moins prononcée que dans la plupart des autres RMR. À Ottawa-Gatineau et à Calgary, la baisse observée entre les baby-boomers en 1991 et les millénariaux en 2021 était également moins importante que dans la plupart des autres grandes RMR, mais le taux d’accession à la propriété des membres de la génération X était nettement plus élevé en 2006.

À Toronto et à Vancouver, les taux d’accession à la propriété des millénariaux étaient inférieurs de 13,2 % et de 13,3 % respectivement à ceux des baby-boomers en 1991. Cette diminution était comparable à celle observée à l’échelle nationale, où une baisse relative de 10,7 % a été enregistrée entre les baby-boomers et les millénariaux de 1991 à 2021. Dans ces deux villes, les membres de la génération X affichaient également le taux le plus élevé d’accession à la propriété, mais cet écart était moins marqué qu’à Ottawa-Gatineau ou à Calgary. Il convient de noter que des villes où le logement était moins coûteux que Toronto et Vancouver, comme Halifax et Winnipeg, ont également enregistré des diminutions importantes au chapitre des taux d’accession à la propriété.

Graphique 6 Taux d’accession à la propriété ajusté chez les personnes âgées de 25 à 39 ans sur trois générations dans certaines grandes régions métropolitaines de recensement

Tableau de données du graphique 6
Tableau de données du Graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 6 Adjusted homeownership rate , Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Adjusted homeownership rate
Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Note : L’« accession à la propriété ajustée » mesure la proportion de personnes qui vivent dans un logement possédé dans un groupe d’âge donné, en excluant celles qui vivent dans un logement possédé tout en faisant partie d’une famille de recensement avec leurs parents propriétaires.
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax 51,2 52,7 44,3
Montréal 44,1 42,6 41,6
Ottawa–Gatineau 50,0 56,5 48,3
Toronto 47,6 51,2 41,3
Winnipeg 59,3 57,9 51,3
Edmonton 54,6 59,2 54,8
Calgary 55,7 64,7 53,5
Vancouver 47,5 48,7 41,2
Canada 55,9 56,2 49,9

Les millénariaux sont moins nombreux que les générations précédentes à posséder une maison individuelle non attenante

En plus d’un taux plus faible d’accession à la propriété ajustée chez les millénariaux, on constate également des changements notables dans les types de propriétés détenues par les jeunes adultes. Ces changements sont importants dans la mesure où des taux globaux d’accession à la propriété similaires peuvent en réalité cacher des différences importantes quant aux types de propriétés détenues, y compris une baisse de la propriété de logements plus spacieux (graphique 7).

Les changements dans le taux ajusté d’accession à la propriété selon le type de logement étaient particulièrement importants à Toronto et à Vancouver. Par exemple, à Vancouver, la proportion de baby-boomers âgés de 25 à 39 ans en 1991 qui étaient propriétaires de maisons individuelles non attenantes s’élevait à 36,3 %; chez les millénariaux du même groupe d’âge en 2021, cette proportion s’est chiffrée à 12,2 %. Les chiffres équivalents pour Toronto se sont établis à 32,7 % pour les baby-boomers en 1991 et à 19,4 % pour les millénariaux en 2021. Dans les deux villes, la proportion de jeunes adultes propriétaires d’appartements en copropriété a également augmenté à partir de 1991, y compris dans les immeubles de cinq étages ou plus, ce qui correspond aux tendances de construction observées dans ces villes depuis le début des années 1990.

Graphique 7 Taux d’accession à la propriété ajusté, selon le type de logement, sur trois générations

Tableau de données du graphique 7
Tableau de données du Graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 7 Taux d’accession à la propriété ajusté chez les Canadiens âgés de 25 à 39 ans, selon le type de logement , Maison individuelle non attenante, Maison jumelée ou maison en rangée, Maison mobile, Appartement dans un immeuble à hauteur restreinte et Appartement dans un immeuble de cinq étages ou plus, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Taux d’accession à la propriété ajusté chez les Canadiens âgés de 25 à 39 ans, selon le type de logement
Maison individuelle non attenante Maison jumelée ou maison en rangée Maison mobile Appartement dans un immeuble à hauteur restreinte Appartement dans un immeuble de cinq étages ou plus
pourcent
Source : L’« accession à la propriété ajustée » mesure la proportion de personnes qui vivent dans un logement possédé dans un groupe d’âge donné, en excluant celles qui vivent dans un logement possédé tout en faisant partie d’une famille de recensement avec leurs parents propriétaires.
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Montréal  
1991 30,0 6,2 0,2 7,2 0,5
2006 27,6 5,8 0,1 8,9 0,6
2021 22,7 5,6 0,1 11,3 1,9
Toronto  
1991 32,7 10,7 0,0 1,6 2,6
2006 27,0 13,3 0,0 5,1 5,7
2021 19,4 10,5 0,0 3,5 7,8
Calgary  
1991 47,5 5,9 0,7 1,4 0,2
2006 48,9 8,4 0,2 6,0 1,3
2021 36,8 9,6 0,1 5,3 1,6
Vancouver  
1991 36,3 3,9 0,4 6,4 0,6
2006 20,7 7,2 0,1 16,6 4,0
2021 12,2 7,9 0,1 14,5 6,5
Canada  
1991 45,7 5,2 1,6 2,8 0,6
2006 40,8 7,4 0,9 5,5 1,7
2021 34,1 7,3 0,6 5,4 2,5

Ces appartements en copropriété sont généralement plus petits que les maisons individuelles non attenantes, les maisons jumelées et les maisons en rangée, et leur superficie a progressivement diminué au cours des dernières décennies (Statistique Canada, 2024b). Cela peut fournir des renseignements quant aux préoccupations croissantes relatives à l’abordabilité du logement chez les jeunes adultes, puisque les types de logements généralement plus spacieux (et potentiellement mieux adaptés aux familles), y compris les maisons individuelles non attenantes, les maisons jumelées et les maisons en rangée, représentent une part de plus en plus faible des propriétés détenues par cette cohorte plus jeune.

Résultats en matière d’accession à la propriété et baisse du taux de formation des familles

La baisse des taux de formation des familles et de mariage (ou d’union libre) chez les jeunes adultes peut également expliquer une partie de la diminution des taux d’accession à la propriété chez les millénariauxNote . Bien que la tendance varie d’une RMR à l’autre, la proportion de personnes qui vivaient dans des familles comptant un couple ou dans des familles monoparentales a diminué d’environ 20 % ou plus chez les personnes âgées de 25 à 39 ans dans chaque grande RMR qui figure dans le tableau 1. Par ailleurs, les personnes de ce groupe d’âge étaient moins nombreuses que celles des générations précédentes à être parents, qu’elles fassent partie de familles comptant un couple (marié ou en union libre) ou de familles monoparentales (graphique 8). En 1991, environ la moitié des jeunes adultes âgés de 25 à 39 ans étaient parents dans la plupart des grandes RMR, alors qu’aujourd’hui, cette proportion se chiffre à environ 40 % ou moins.

Dans ce contexte, il convient de noter que le taux d’accession à la propriété chez les personnes vivant en union libre ou mariées est resté relativement stable ou a augmenté pour les trois générations (graphique 9). C’était le cas pour les couples avec ou sans enfants. En effet, le taux d’accession à la propriété chez les personnes mariées ayant des enfants était presque identique chez les baby-boomers en 1991 et les millénariaux en 2021. Cependant, le taux de mariage a diminué rapidement chez les jeunes adultes d’une génération à l’autre. Par exemple, en 1991, 58,0 % des baby-boomers âgés de 25 à 39 ans étaient mariés; en 2006, 44,4 % des membres de la génération X étaient mariés; et en 2021, 35,3 % des millénariaux étaient mariés (annexe B).

Chez les membres de la génération X, la proportion de personnes qui vivaient avec leurs parents a augmenté, tandis que la proportion de couples a diminué, malgré des taux d’accession à la propriété plus élevés pour chaque type de situation des particuliers dans le ménage comparativement aux baby-boomers. L’amélioration des conditions d’abordabilité de l’accession à la propriété à la fin des années 1990 et au début des années 2000 pourrait être à l’origine de cette différence entre les membres de la génération X et les baby-boomers (Banque du Canada, 2025; Dahms et Ducharme, 2025; Banque Royale du Canada, 2025).

Graphique 8 Proportion des personnes âgées de 25 à 39 ans qui sont parents dans une famille de recensement avec enfants

Tableau de données du graphique 8
Tableau de données du Graphique 8
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 8 Proportion des Canadiens âgées de 25 à 39 ans qui vivent dans une famille monoparentale ou dans une famille comptant un couple avec enfants, Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Proportion des Canadiens âgées de 25 à 39 ans qui vivent dans une famille monoparentale ou dans une famille comptant un couple avec enfants
Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax 52,8 44,4 37,3
Montréal 50,7 46,5 40,1
Ottawa–Gatineau 51,1 47,2 39,5
Toronto 48,1 45,4 33,5
Winnipeg 53,6 48,2 41,8
Edmonton 56,0 47,9 43,5
Calgary 52,0 45,0 41,2
Vancouver 46,4 40,9 31,3
Canada 57,0 50,8 42,0

Graphique 9 Proportion des Canadiens âgés de 25 à 39 ans qui vivent dans un logement possédé, selon certains types de situation des particuliers dans le ménage

Tableau de données du graphique 9
Tableau de données du Graphique 9
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Situation des particuliers dans le ménage selectionné (titres de rangée) et Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Situation des particuliers dans le ménage selectionné Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Personne vivant seule 23,4 36,7 36,9
Vivant avec des personnes non apparentées 33,7 37,4 33,8
Vivant avec des personnes apparentées autres que les parents 54,4 51,4 50,2
Parent dans une famille monoparentale 29,4 41,4 40,2
Partenaire en union libre sans enfants 40,9 54,3 53,3
Partenaire en union libre avec enfants 52,7 68,0 69,9
Conjoint marié sans enfant 62,8 71,5 66,0
Conjoint marié avec enfants 78,2 80,7 77,7

Conclusion

La situation des jeunes adultes au Canada a considérablement changé au cours des dernières décennies en termes de ménage et de résultats en matière d’accession à la propriété.

L’un des changements notables est que les jeunes adultes vivent plus longtemps chez leurs parents. Cette tendance de longue date s’est développée progressivement et est courante dans les grandes villes. Cependant, cette évolution progressive n’est pas uniquement attribuable aux difficultés plus récentes en matière d’abordabilité du logement qui ont été observées dans certaines des plus grandes villes du Canada. La formation plus tardive des familles et des parcours d’éducation plus longs, en partie liés à l’étirement du parcours de vie, ont probablement contribué à ce phénomène, tout comme des tendances culturelles distinctes de divers groupes démographiques.

Parallèlement, le taux d’accession à la propriété a diminué chez les millénariaux canadiens par rapport aux membres de la génération X et aux baby-boomers. Bien que cette baisse soit plus marquée sur les marchés du logement les plus coûteux, comme Toronto et Vancouver, elle ne se limite pas à ces villes. Encore une fois, les facteurs de causalité sont complexes, et une analyse causale détaillée dépasse le cadre du présent article. Toutefois, plusieurs éléments indiquent que la formation tardive des familles, un enjeu qui comporte plusieurs causes complexes, ainsi que les conditions d’abordabilité du logement ont joué un rôle important dans ces différents résultats en matière d’accession à la propriété.

Les recherches futures examineront les défis d’abordabilité auxquels sont confrontées les différentes générations, en analysant les coûts de logement par rapport aux revenus des ménages au fil du temps.

Début du texte de la boîte

Note aux lecteurs

Le présent article évalue les différences dans la situation des particuliers dans le ménage et les résultats en matière d’accession à la propriété de trois générations : les baby-boomers, les membres de la génération X et les millénariaux. La population cible, ou population d’intérêt, comprend les personnes qui étaient âgées de 25 à 39 ans lors des recensements de 1991, 2006 et 2021, ce qui correspond globalement à ces trois générations lorsqu’elles se trouvaient dans ce groupe d’âge. L’analyse porte sur les citoyens canadiens et les résidents permanents (c.-à-d. la population excluant les résidents non permanents) dans les ménages privés, à l’exclusion des logements de bande. Des données supplémentaires provenant des recensements de la population de 1996, 2001 et 2016, ainsi que de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, ont également été utilisées afin de vérifier les tendances à plus long terme de certains résultats de façon plus continue.

La variable utilisée pour mesurer la situation des particuliers dans le ménage est fondée sur la situation dans la famille de recensement et la situation des particuliers dans le ménage d’une personne. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le Guide de référence sur les familles, les ménages et l’état matrimonial, Recensement de la population, 2021. Il convient de noter que la définition de « vivre dans une famille de recensement avec un parent » était différente avant le Recensement de 2006. Selon l’ancienne définition, la présence d’un parent dans le ménage faisait en sorte que l’enfant de ce parent, quel que soit son âge, était considéré comme faisant partie de la famille de recensement de ce parent (Statistique Canada, 2011b). À partir de 2006, si une personne vivait avec un conjoint, un partenaire ou un enfant et que son propre parent vit dans le même ménage, elle n’est pas considérée comme faisant partie de la famille de recensement de son parent, mais plutôt comme formant une famille de recensement avec son conjoint, son partenaire ou son enfant. Ainsi, les chiffres déclarés en 1991 concernant le fait de vivre dans une famille de recensement avec des parents sont légèrement surestimés.

Les statistiques relatives à l’accession à la propriété reposent sur la variable du mode d’occupation du recensement. Ce concept s’applique de manière uniforme à chacun des cycles de recensement utilisés dans l’analyse. La variable du mode d’occupation est fondée sur le statut du ménage. Par conséquent, les statistiques présentées dans la présente étude, qui sont toutes calculées au niveau de la personne, témoignent du mode d’occupation du ménage auquel une personne appartient, plutôt que le fait que cette personne soit ou non inscrite comme propriétaire sur le titre de propriété du logement. Il est également possible que les personnes qui vivent dans une famille de recensement avec leurs parents soient les principaux soutiens du ménage (PSM). Toutefois, dans chacune des années de recensement examinées, moins de 2 % des PSM âgés de 25 à 39 ans vivaient dans une famille de recensement avec leurs parents.

Les statistiques présentées sur les groupes racisés sont fondées sur le concept de minorités visibles dans le recensement. La mobilisation consultative sur le concept de minorité visible, qui a pris fin en 2024, a donné lieu à des recommandations concernant la présentation des données et la catégorisation des groupes de population dans les publications futures, y compris pour le Recensement de 2026.

Fin du texte de la boîte

Annexe

Annexe A

Tableau A.1
Situation des particuliers dans le ménage et situation dans la famille de recensement, selon des tranches de cinq ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Situation des particuliers dans le ménage et situation dans la famille de recensement, selon des tranches de cinq ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement Personnes âgées de 25 à 29 ans, Personnes âgées de 30 à 34 ans, Personnes âgées de 35 à 39 ans, 1991, 2006, 2021, 1991, 2006, 2021, 1991, 2006 et 2021, calculées selon pourcent (%) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Personnes âgées de 25 à 29 ans Personnes âgées de 30 à 34 ans Personnes âgées de 35 à 39 ans
1991 2006 2021 1991 2006 2021 1991 2006 2021
pourcent (%)
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Halifax  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 12,7 16,6 19,2 5,3 6,5 8,4 3,0 4,6 4,8
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 17,2 19,7 21,6 8,3 8,9 10,6 5,1 4,9 6,5
Vivant seuls 8,5 13,0 14,4 8,8 11,5 13,7 8,9 11,8 11,4
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 61,6 50,7 44,7 77,6 73,1 67,3 82,9 78,6 77,4
Montréal  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 17,1 22,1 29,5 6,5 8,5 11,0 3,4 5,0 5,4
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 12,0 12,8 12,1 8,2 6,8 7,2 6,2 4,5 4,2
Vivant seuls 12,2 14,7 16,4 12,1 14,2 17,3 11,6 12,7 14,7
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 58,7 50,4 42,0 73,2 70,5 64,5 78,8 77,8 75,7
Ottawa–Gatineau  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 13,4 21,0 27,6 4,9 6,9 11,0 2,6 4,3 6,0
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 17,0 14,2 15,1 8,8 6,9 8,2 6,1 4,4 5,0
Vivant seuls 11,2 13,5 14,8 10,8 12,2 14,3 9,6 10,5 11,4
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 58,4 51,4 42,5 75,4 74,0 66,5 81,6 80,7 77,7
Toronto  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 21,8 38,3 48,6 7,6 13,7 20,5 3,5 6,7 10,1
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 18,7 11,7 14,0 11,6 7,5 9,4 7,4 5,1 5,7
Vivant seuls 8,7 8,8 9,7 9,2 9,7 11,7 8,5 8,6 9,9
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 50,8 41,3 27,7 71,5 69,1 58,4 80,5 79,6 74,3
Winnipeg  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 14,5 23,1 31,9 5,8 8,5 11,8 3,2 5,1 5,9
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 14,3 13,9 15,5 8,3 7,3 9,3 5,1 4,6 5,2
Vivant seuls 11,7 12,5 11,6 10,5 13,0 12,4 10,0 11,5 10,3
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 59,5 50,5 41,1 75,4 71,3 66,5 81,8 78,7 78,6
Edmonton  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 12,5 17,7 25,4 4,1 7,3 9,4 2,1 4,4 4,9
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 15,4 15,3 17,1 9,3 8,4 10,5 5,7 5,6 6,8
Vivant seuls 11,3 12,9 12,7 10,0 11,6 12,2 8,8 10,4 9,8
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 60,7 54,2 44,9 76,7 72,7 67,9 83,4 79,6 78,5
Calgary  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 11,0 16,0 28,3 3,8 5,2 9,6 1,9 3,1 4,3
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 19,9 19,9 16,6 11,1 10,4 10,4 7,1 6,8 6,8
Vivant seuls 10,9 12,5 12,9 10,0 11,9 12,4 9,1 10,7 10,1
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 58,2 51,6 42,2 75,1 72,4 67,6 81,9 79,4 78,8
Vancouver  
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 16,0 31,8 36,9 6,0 10,7 15,0 2,8 5,6 7,6
Vivant uniquement avec des personnes apparentées ou non apparentées 20,1 14,1 17,3 12,5 8,5 10,8 7,9 5,6 6,2
Vivant seuls 11,8 11,9 12,9 11,5 13,4 14,3 10,8 11,7 12,1
Vivant avec un conjoint, un partenaire ou un enfant 52,1 42,2 32,9 70,0 67,4 59,8 78,5 77,1 74,0

Annexe B

Tableau B.1
Proportion des Canadiens âgés de 25 à 39 ans, selon le type de situation des particuliers dans le ménage Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Situation des particuliers dans le ménage (titres de rangée) et Baby-boomers (1991), Génération X (2006) et Millénariaux (2021), calculées selon pourcent (%) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Situation des particuliers dans le ménage Baby-boomers (1991) Génération X (2006) Millénariaux (2021)
pourcent (%)
Source : Recensement de la population, 1991, 2006 et 2021 (3901).
Vivant dans une famille de recensement avec leurs parents 8,2 12,3 16,3
Vivant avec des personnes non apparentées 5,8 5,7 6,7
Vivant avec des personnes apparentées autres que les parents 2,8 1,8 2,3
Vivant seuls 8,8 10,5 11,9
Parent dans une famille monoparentale 5,1 6,1 5,1
Partenaire en union libre sans enfants 6,0 9,1 12,1
Partenaire en union libre avec enfants 5,3 10,2 10,3
Conjoint marié sans enfant 11,4 9,9 8,8
Conjoint marié avec enfants 46,6 34,5 26,6

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