Statistiques sur le logement au Canada
Mesure des besoins insatisfaits et de l’instabilité en matière de logement dans les ménages comptant des colocataires ou de la famille élargie
par Aaron Gorski, David Heisel et Jerry Situ
Passer au texte
Début du texte
Points saillants
- En 2021, 1,65 million de ménages étaient composés de colocataires ou de la famille élargie partageant un espace de vie. La répartition entre les ménages composés de colocataires et ceux comptant de la famille élargie était à peu près égale, chaque groupe représentant environ 800 000 ménages.
- Environ 1 ménage comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie sur 5 (21,7 %) vivait dans un logement surpeuplé, comparativement à 3,4 % des autres ménages. En revanche, les ménages comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie (16,7 %) étaient moins susceptibles de vivre dans un logement inabordable que les autres ménages (21,5 %).
- Environ 900 000 personnes vivaient avec des membres de leur famille élargie sans contribuer aux coûts du logement, et près de la moitié d’entre elles (47,5 %) n’avaient pas de revenu ou avaient un revenu inférieur à 30 000 $.
- Un peu moins de 400 000 personnes vivaient avec des personnes non apparentées sans contribuer aux coûts du logement, et plus du tiers d’entre elles (36,6 %) vivaient dans la pauvreté.
- Les estimations du nombre de personnes vivant dans un logement partagé et se trouvant dans une situation d’instabilité ou ayant des besoins insatisfaits en matière de logement variaient selon les critères utilisés pour définir ces concepts. Selon une estimation, 71 000 personnes présentaient plusieurs facteurs de risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement, comme le fait de vivre avec des personnes non apparentées, de ne pas contribuer aux coûts du logement, d’avoir un revenu inférieur à 30 000 $ ou de vivre dans la pauvreté, et de vivre dans un logement surpeuplé. Une autre estimation indiquait qu’un peu moins de 1,7 million de personnes pourraient se trouver dans une situation d’instabilité ou avoir des besoins insatisfaits en matière de logement si cela reposait uniquement sur le fait de vivre dans un logement surpeuplé.
Introduction
Le Canada est confronté à des défis en matière d’abordabilité du logement. En 2021, 1 ménage sur 5 (20,9 %) vivait dans un logement inabordable, c’est-à-dire un ménage consacrant 30 % ou plus de son revenu total aux coûts du logement (Statistique Canada, 2022c). Selon certaines estimations, il faudrait 3,5 millions de logements supplémentaires d’ici 2030 pour rétablir l’abordabilité du logement (Société canadienne d’hypothèques et de logement, 2022).
Le fait de vivre avec des colocataires ou des membres de la famille élargie est une stratégie pouvant être utilisée pour gérer les problèmes d’abordabilité du logement. Les ménages de colocataires, soit deux personnes ou plus vivant ensemble sans constituer une famille de recensement, représentaient une faible proportion (4 %) des ménages canadiens en 2021. Néanmoins, il s’agissait du type de ménage connaissant la croissance la plus rapide, le nombre de ménages de colocataires ayant augmenté de 54 % de 2001 à 2021. De plus, les ménages multigénérationnels, les ménages comptant plusieurs familles de recensement et les ménages comptant une famille de recensement plus une personne supplémentaire ont également connu une croissance relativement rapide de 2001 à 2021 (45 %) et représentaient 7 % (soit 986 400) de tous les ménages en 2021 (Statistique Canada, 2022b).
Même si le fait de vivre avec d’autres peut améliorer l’abordabilité pour le ménage, des membres individuels du ménage peuvent toujours être à risque de perdre leur logement (appelé l’« instabilité en matière de logement » dans le présent document) ou peuvent ne pas avoir de logement répondant à leurs besoins individuels (appelées les « besoins insatisfaits en matière de logement » dans le présent document).
L’examen de ces ménages peut révéler des sources de risque d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement qui ne sont pas évidentes dans les projections du nombre de ménages ou les statistiques sur l’abordabilité selon les ressources combinées de tous les membres du ménage. Des études menées aux États-Unis ont examiné l’évolution du niveau de ménages « partagés », c’est-à-dire les ménages comptant un ou plusieurs adultes en plus du chef du ménage et de son conjoint ou partenaire, comme indicateur de vulnérabilité liée au logement (Housing and Urban Development, s.d.). De même, des études menées au Royaume-Uni et dans des pays européens ont examiné les besoins en matière de logement des ménages « cachés » (unités familiales ou adultes célibataires vivant au sein de ménages « hôtes »), l’itinérance cachée et l’incidence en matière de surpeuplement (Bramley et coll., 2010; Office for National Statistics, 2023).
Ce ne sont pas tous les ménages comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie qui sont à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement, car les raisons de la cohabitation peuvent être d’ordre social, culturel et non seulement économique. Des mesures internationales, comme les ménages partagés ou cachés, tiennent souvent compte d’autres caractéristiques, comme le revenu, la fréquentation scolaire, l’âge et le surpeuplement. D’autres études ont appliqué des exclusions supplémentaires dans le but de mettre l’accent sur les ménages plus à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement. Les définitions varient d’une étude à l’autre, souvent en fonction de l’objectif analytique et des données disponibles (Richard et coll., 2022).
Le présent article utilise les données du Recensement de la population de 2021 pour jeter un regard nuancé sur les ménages comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie. Premièrement, il décrit la situation des particuliers dans les ménages et le partage des coûts de logement entre les membres de ces ménages. Deuxièmement, il examine les caractéristiques socioéconomiques et relatives au logement des personnes visées par ces situations de partage du logement et de coûts pour illustrer les divers niveaux de risques d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement. Enfin, il évalue certains profils de risque pour estimer la taille de la population faisant partie de ces ménages qui pourrait être à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement.
Cette analyse décrit les caractéristiques des ménages comptant des colocataires et de la famille élargie pour orienter la discussion sur la meilleure façon de mesurer et d’assurer un suivi de l’instabilité et des besoins insatisfaits en matière de logement au sein de ces ménages.
Méthodologie
L’approche utilisée dans le présent document emprunte à la recherche sur les ménages partagés menée aux États-Unis (Richard et coll., 2022). Plus précisément, elle examine les ménages non constitués d’une famille nucléaire et utilise des caractéristiques supplémentaires pour déterminer les sous-groupes les plus à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement.
La présente analyse utilise les données du Recensement de la population de 2021. Le recensement est une source de données appropriée parce qu’il recueille des renseignements détaillés sur les relations et les caractéristiques du logement, qui sont nécessaires pour classer les ménages partagés. Toutefois, comme le recensement dénombre les personnes en fonction de leur lieu habituel de résidenceNote , il ne tient pas compte de la situation des colocataires dans un ménage dont les membres sont dénombrés ailleurs. Des exemples de ces ménages de colocataires sont les colocataires étudiants dénombrés au domicile de leurs parents ou les travailleurs partageant un logement, mais qui retournent à leur domicile habituel ailleurs.
La définition de ménages partagés ne met pas l’accent sur un type particulier d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement. En fait, il n’existe aucune mesure normalisée de l’instabilité en matière de logement (Frederick et coll., 2014). De même, les besoins insatisfaits en matière de logement peuvent avoir diverses significations et être définis en fonction de nombreuses dimensions, comme le surpeuplement, la qualité convenable et l’abordabilité du logement. Malgré les différences quant au niveau et au type particuliers d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement selon différentes définitions de ménages partagés, leur mesure au fil du temps assure un suivi des changements et des tendances en matière d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement.
La population analysée dans le présent article comprend les ménages comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie. Ces ménages sont semblables aux ménages non constitués d’une famille nucléaire qui sont utilisés dans les mesures internationales. Le terme « partage du logement » est utilisé dans le présent article pour représenter la situation des particuliers au sein d’un ménage non constitué d’une famille nucléaire et est semblable aux concepts de ménages partagés ou cachés. Dans le présent article, le partage du logement désigne un ménage privé comptant deux personnes ou plus ne faisant pas partie de la même famille de recensement (il s’agit généralement de ménages comptant des colocataires ou de la famille élargie)Note . Dans le cadre du Recensement de 2021, les ménages partageant un logement représentaient 1,65 million sur 15,0 millions de ménages privés. Les autres ménages, comprenant les ménages comptant une seule personne et les ménages comptant une seule famille de recensement, ne sont pas considérés comme des ménages partageant un logement et sont exclus de cette analyse.
Les caractéristiques examinées dans le présent article se fondaient sur des attributs clés décrits dans la littérature qui étaient importants pour la définition de ménages partagés et qui faisaient partie des données du recensement. Ces caractéristiques comprennent notamment
- la situation des particuliers dans le ménage;
- la contribution financière des membres du ménage aux coûts du logement;
- les indicateurs de besoins en matière de logement, comme le surpeuplement et les besoins impérieux en matière de logement;
- les indicateurs de difficultés économiques, comme le faible revenu, la pauvreté et l’abordabilité.
L’annexe A présente la définition de chacune de ces variables et le contexte dans lequel elles ont été incluses dans la présente analyse.
La répartition des 1,65 million de ménages comptant des colocataires ou de la famille élargie était à peu près égale entre ceux composés de personnes non apparentées et ceux composés de personnes apparentées seulement
En 2021, on recensait 1,65 million de ménages comptant des colocataires ou des membres de la famille élargie (ce qu’on appelle un partage du logement). Parmi ces ménages, la répartition était à peu près égale entre les ménages composés de personnes apparentées seulement et ceux composés de personnes non apparentées (chacun des groupes représentant environ 800 000 ménages). Alors que le nombre de ménages était à peu près le même, les ménages composés de personnes apparentées seulement et les ménages composés de personnes non apparentéesNote étaient des types de ménages différents, comme le présente le tableau 1.
En ce qui concerne les situations de partage du logement parmi les ménages composés de personnes apparentées seulement, bon nombre d’entre eux étaient des ménages multigénérationnels (53,3 % pour les ménages à payeur unique, et 43,3 % pour les ménages à payeurs multiples)Note . Même si une cohabitation multigénérationnelle peut être motivée par les coûts du logement, elle peut être motivée par d’autres raisons, comme les soins, le regroupement familial ou les préférences culturelles ou individuelles (Statistique Canada, 2022b).
Pour ce qui est du partage du logement entre personnes non apparentées, la plupart des ménages (54,3 % pour les ménages à payeur unique, et 70,3 % pour les ménages à payeurs multiples) étaient des personnes hors famille de recensement, comme des colocataires. Ce groupe, en particulier les personnes partageant également les coûts du logement, comprend majoritairement des locataires. La location d’un logement avec des colocataires est une étape courante dans l’échelle du logement, souvent associée à une période de transition ou à des contraintes financières.
La façon dont les coûts du logement étaient partagés entre les membres du ménage différait également entre les ménages composés de personnes apparentées seulement et les ménages composés de personnes non apparentées. Le partage des coûts du logement entre les membres du ménage était plus courant dans les ménages comptant des personnes non apparentées que dans ceux composés de personnes apparentées seulement. Parmi les ménages composés de personnes apparentées seulement, les ménages à payeur unique étaient plus nombreux que les ménages à payeurs multiples, tandis que le contraire était vrai pour les ménages composés de personnes non apparentées. Cette différence indique que les modes de partage des coûts devraient être envisagés dans le cadre de situations de partage du logement. Si le partage du logement se fait entre personnes apparentées, les liens familiaux peuvent atténuer les risques associés au fait de ne pas contribuer aux coûts du logement.
Le classement des ménages selon leurs modes de partage du logement et de partage des coûts peut révéler différentes raisons de cohabitation et, par conséquent, différents risques d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement. Le partage du logement avec des personnes apparentées était associé à des modes de cohabitation souvent motivés par des raisons non économiques (p. ex. la cohabitation multigénérationnelle), tandis que le partage du logement avec des personnes non apparentées était associé à des modes de cohabitation souvent motivés par les coûts (p. ex. la location avec des colocataires).
| Type de ménage | Groupe de ménages fondé sur la situation des particuliers dans le ménage et le soutien du ménage | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Personnes apparentées seulement, payeurs multiples | Personnes apparentées seulement, payeur unique | Personnes non apparentées, payeurs multiples | Personnes non apparentées, payeur unique | Total | |
| nombre de ménages | |||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |||||
| Ménage multigénérationnel | 159 880 | 265 420 | 12 760 | 7 640 | 445 700 |
| Autre ménage de famille de recensement : ménage comptant plusieurs familles de recensement | 30 040 | 36 585 | 17 625 | 6 550 | 90 800 |
| Autre ménage de famille de recensement : ménage comptant une seule famille de recensement avec des personnes supplémentaires | 84 495 | 139 300 | 134 335 | 91 940 | 450 070 |
| Ménage composé de deux personnes ou plus sans famille de recensement | 94 405 | 56 245 | 390 600 | 125 940 | 667 190 |
| Total | 368 825 | 497 550 | 555 325 | 232 065 | 1 653 760 |
| pourcentage de ménages | |||||
| Ménage multigénérationnel | 43,3 | 53,3 | 2,3 | 3,3 | 27,0 |
| Autre ménage de famille de recensement : ménage comptant plusieurs familles de recensement | 8,1 | 7,4 | 3,2 | 2,8 | 5,5 |
| Autre ménage de famille de recensement : ménage comptant une seule famille de recensement avec des personnes supplémentaires | 22,9 | 28,0 | 24,2 | 39,6 | 27,2 |
| Ménage composé de deux personnes ou plus sans famille de recensement | 25,6 | 11,3 | 70,3 | 54,3 | 40,3 |
| Total | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
Environ 1 ménage comptant des colocataires ou de la famille élargie sur 5 vivait dans un logement surpeuplé
La section précédente a démontré que le fait de distinguer les ménages composés de colocataires de ceux comptant de la famille élargie en fonction de leurs modes de partage du logement et des coûts peut permettre de les classer en groupes présentant des niveaux potentiellement différents de risque d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement. La présente section examine les caractéristiques du logement de ces groupes afin de déterminer s’il existe effectivement des indications de niveaux de risque plus élevés.
Dans les différents types de situations de partage du logement, environ 1 ménage sur 5 (21,7 %) vivait dans un logement surpeuplé, comparativement à 3,4 % des ménages ne partageant pas de logement (tableau 2)Note . Le surpeuplement est une variable courante utilisée à l’échelle internationale pour cerner les situations reflétant une instabilité ou des besoins insatisfaits en matière de logementNote .
La proportion de ménages vivant dans un logement nécessitant des réparations majeures était également plus élevée pour les ménages partageant un logement (7,5 %) que pour les ménages ne partageant pas de logement (6,0 %). Les logements surpeuplés sont souvent plus susceptibles d’avoir besoin de réparations majeures que les logements non surpeuplés (Lorentzen et coll., 2022).
Alors que l’incidence de surpeuplement et le besoin de réparations majeures étaient plus élevés parmi les ménages partageant un logement, l’incidence d’un logement inabordable était plus faible (16,7 % pour les ménages partageant un logement par rapport à 21,5 % pour les ménages ne partageant pas de logement). Toutefois, comme l’indicateur d’abordabilité des logements est fondé sur le revenu total des ménages, il ne reflète pas l’abordabilité du logement pour les membres individuels d’un ménage. De plus, comme de nombreux ménages partageant un logement comptent des membres ne contribuant pas aux coûts du logement, le revenu total d’un ménage pourrait ne pas refléter exactement l’abordabilité du logement pour les membres responsables des coûts du logement.
Le niveau de besoins impérieux en matière de logement était également plus faible chez les ménages partageant un logement (6,8 %) que chez les ménages ne partageant pas de logement (10,5 %). Tout comme l’indicateur d’abordabilité des logements, les besoins impérieux en matière de logement sont calculés en fonction du revenu combiné de tous les membres du ménage.
La plus faible incidence de logement inabordable et de besoins impérieux en matière de logement parmi les ménages partageant un logement renforce le fait que les contributions aux coûts du logement peuvent être un facteur important pour différencier les risques en matière de logement. Alors que les indicateurs d’abordabilité des logements et de besoins impérieux en matière de logement peuvent ne pas refléter exactement la situation lorsque les coûts du logement ne sont pas partagés, la plus faible incidence de l’inabordabilité et des besoins impérieux en matière de logement lorsque les coûts sont partagés sont des preuves de risques plus faibles.
En résumé, les ménages partageant un logement présentent un risque plus élevé d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement que les ménages ne partageant pas de logement, comme l’indique la prévalence plus élevée de surpeuplement et de besoin de réparations majeures. Toutefois, d’autres indicateurs de risque ou des besoins insatisfaits en matière de logement, y compris l’abordabilité et les besoins impérieux en matière de logement, n’étaient pas plus élevés, ce qui pourrait indiquer un plus faible risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement (surtout lorsque les coûts du logement sont partagés entre les membres du ménage).
| Caractéristiques du ménage | Partage du logement : groupe de ménages selon la situation des particuliers dans le ménage et le soutien du ménage | Pas de partage du logement | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Personnes apparentées seulement, payeurs multiples | Personnes apparentées seulement, payeur unique | Personnes non apparentées, payeurs multiples | Personnes non apparentées, payeur unique | Total | ||
| nombre de ménages | ||||||
|
||||||
| Tous les ménages | 368 825 | 497 550 | 555 325 | 232 065 | 1 653 760 | 13 325 180 |
| pourcentage de ménages | ||||||
| Rapport des frais de logement au revenu Tableau 2 — Caractéristiques du ménage selon le mode de partage du logement, la situation des particuliers dans le ménage et le soutien du ménage, Canada, 2021 Note 1 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Moins de 30 % | 85,2 | 86,9 | 78,6 | 84,5 | 83,3 | 78,5 |
| 30 % ou plus | 14,8 | 13,1 | 21,4 | 15,5 | 16,7 | 21,5 |
| Surpeuplement | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Pas surpeuplé | 77,4 | 79,0 | 77,6 | 79,7 | 78,3 | 96,6 |
| Surpeuplé | 22,6 | 21,0 | 22,4 | 20,3 | 21,7 | 3,4 |
| État du logement | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Entretien régulier ou réparations mineures nécessaires | 92,2 | 93,0 | 92,4 | 92,5 | 92,5 | 94,0 |
| Réparations majeures requises | 7,8 | 7,0 | 7,6 | 7,5 | 7,5 | 6,0 |
| Besoins impérieux en matière de logement Tableau 2 — Caractéristiques du ménage selon le mode de partage du logement, la situation des particuliers dans le ménage et le soutien du ménage, Canada, 2021 Note 2 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| N’ayant pas de besoins impérieux en matière de logement | 93,7 | 94,3 | 92,3 | 92,2 | 93,2 | 89,5 |
| Ayant des besoins impérieux en matière de logement | 6,3 | 5,7 | 7,7 | 7,8 | 6,8 | 10,5 |
| Mode d’occupation Tableau 2 — Caractéristiques du ménage selon le mode de partage du logement, la situation des particuliers dans le ménage et le soutien du ménage, Canada, 2021 Note 3 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Propriétaire | 64,8 | 82,9 | 33,7 | 67,6 | 60,0 | 67,6 |
| Locataire | 35,2 | 17,1 | 66,3 | 32,4 | 40,0 | 32,4 |
| Taille du ménage | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| 1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 33,0 |
| 2 | 22,1 | 9,7 | 51,2 | 44,5 | 31,3 | 34,6 |
| 3 | 20,1 | 19,2 | 23,1 | 21,9 | 21,1 | 13,9 |
| 4 | 18,5 | 22,4 | 12,1 | 14,2 | 16,9 | 12,9 |
| 5 | 16,9 | 23,6 | 6,5 | 9,9 | 14,4 | 4,2 |
| 6 | 11,8 | 15,3 | 3,5 | 5,3 | 9,1 | 1,1 |
| 7 | 5,6 | 5,9 | 1,8 | 2,3 | 3,9 | 0,3 |
| 8 ou plus | 5,1 | 3,8 | 1,9 | 2,0 | 3,2 | 0,1 |
Un peu moins de 400 000 personnes vivaient avec des personnes non apparentées sans contribuer aux coûts du logement, et plus du tiers d’entre elles (36,6 %) vivaient dans la pauvreté
La section précédente a montré que les ménages ayant différents modes de partage du logement et de ses coûts pouvaient présenter des risques différents d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement selon des indicateurs de logement communs. La présente section examine les caractéristiques des personnes vivant dans des situations de partage du logement afin de comprendre leurs risques individuels et leur capacité à les gérer.
Le tableau 3 présente les caractéristiques des personnes vivant dans des situations de partage du logement avec des personnes apparentées seulement et avec des personnes non apparentées, classées selon leur contribution ou celle de leur famille de recensement aux coûts du logementNote . Cette distinction est faite en raison du rôle important que peuvent jouer les contributions aux coûts du logement dans le risque de besoins insatisfaits et d’instabilité en matière de logement.
| Caractéristiques | Partage du logement entre personnes apparentées | Partage du logement entre personnes non apparentées | Total — Partage du logement | Pas de partage du logement | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| La personne ou la famille contribue aux coûts du logement Tableau 3 — Caractéristiques des personnes selon le mode de partage du logement, la relation et la contribution aux coûts du logement, Canada, 2021 Note 4 | Ni la personne ni la famille ne contribue aux coûts du logement | La personne ou la famille contribue aux coûts du logement Tableau 3 — Caractéristiques des personnes selon le mode de partage du logement, la relation et la contribution aux coûts du logement, Canada, 2021 Note 4 | Ni la personne ni la famille ne contribue aux coûts du logement | |||
| nombre de personnes | ||||||
|
||||||
| Population totale | 2 891 190 | 899 695 | 2 049 915 | 388 415 | 6 229 220 | 30 099 260 |
| pourcentage de la population | ||||||
| Genre Tableau 3 — Caractéristiques des personnes selon le mode de partage du logement, la relation et la contribution aux coûts du logement, Canada, 2021 Note 1 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Femmes+ Tableau 3 — Caractéristiques des personnes selon le mode de partage du logement, la relation et la contribution aux coûts du logement, Canada, 2021 Note 2 | 51,7 | 56,1 | 45,6 | 46,5 | 50,0 | 50,7 |
| Hommes+ Tableau 3 — Caractéristiques des personnes selon le mode de partage du logement, la relation et la contribution aux coûts du logement, Canada, 2021 Note 3 | 48,3 | 43,9 | 54,4 | 53,5 | 50,0 | 49,3 |
| Âge | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Moins de 15 ans | 18,7 | 19,3 | 8,3 | 4,4 | 14,5 | 16,9 |
| 15 à 24 ans | 12,9 | 13,5 | 21,2 | 22,7 | 16,3 | 10,5 |
| 25 à 34 ans | 14,5 | 15,3 | 27,9 | 24,3 | 19,7 | 12,2 |
| 35 à 44 ans | 13,7 | 8,2 | 12,7 | 12,8 | 12,5 | 13,6 |
| 45 à 54 ans | 13,5 | 5,0 | 10,9 | 11,0 | 11,3 | 13,1 |
| 55 à 64 ans | 13,8 | 8,6 | 10,6 | 12,2 | 11,9 | 14,7 |
| 65 à 74 ans | 8,5 | 14,1 | 5,9 | 8,1 | 8,4 | 11,5 |
| 75 à 84 ans | 3,3 | 10,8 | 2,0 | 3,4 | 4,0 | 5,7 |
| 85 ans et plus | 1,1 | 5,2 | 0,5 | 1,0 | 1,5 | 1,8 |
| Fréquentation scolaire des personnes de 15 ans et plus | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| N’a pas fréquenté d’école | 85,7 | 86,9 | 79,4 | 81,2 | 83,3 | 87,0 |
| A fréquenté une école primaire ou secondaire seulement | 5,1 | 5,0 | 2,7 | 4,9 | 4,2 | 4,6 |
| A fréquenté un établissement postsecondaire | 9,2 | 8,1 | 17,9 | 13,8 | 12,4 | 8,3 |
| Situation d’activité des personnes de 15 ans et plus | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Personne active, occupée | 58,2 | 33,3 | 64,5 | 49,2 | 56,4 | 57,2 |
| Personne active, au chômage | 7,6 | 6,9 | 9,3 | 9,3 | 8,2 | 6,2 |
| Personne inactive | 34,1 | 59,8 | 26,2 | 41,5 | 35,3 | 36,6 |
| Situation de pauvreté selon la mesure fondée sur un panier de consommation | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Ne s’applique pas (réserves) | 2,5 | 4,7 | 0,7 | 1,7 | 2,2 | 0,8 |
| En situation de pauvreté | 3,7 | 4,8 | 24,4 | 36,6 | 12,7 | 7,1 |
| Pas en situation de pauvreté | 93,8 | 90,5 | 74,9 | 61,7 | 85,1 | 92,2 |
| Revenu de la famille de recensement ou de la personne ne faisant pas partie d’une famille de recensement | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Sans revenu total | 0,4 | 9,2 | 1,8 | 8,1 | 2,6 | 0,2 |
| Inférieur à 10 000 $ (y compris les pertes de revenu) | 1,7 | 10,1 | 5,1 | 11,0 | 4,6 | 0,9 |
| 10 000 $ à 19 999 $ | 3,0 | 9,9 | 9,0 | 13,8 | 6,7 | 1,8 |
| 20 000 $ à 29 999 $ | 6,3 | 18,3 | 14,7 | 20,4 | 11,7 | 4,4 |
| 30 000 $ à 39 999 $ | 6,6 | 12,9 | 12,7 | 14,5 | 10,0 | 5,1 |
| 40 000 $ à 49 999 $ | 6,7 | 8,7 | 10,4 | 10,0 | 8,4 | 5,9 |
| 50 000 $ à 59 999 $ | 6,9 | 6,8 | 8,4 | 6,8 | 7,4 | 6,2 |
| 60 000 $ à 69 999 $ | 6,9 | 5,2 | 6,8 | 4,5 | 6,5 | 6,4 |
| 70 000 $ à 79 999 $ | 6,7 | 4,2 | 5,5 | 3,2 | 5,7 | 6,4 |
| 80 000 $ à 89 999 $ | 6,4 | 3,3 | 4,5 | 2,2 | 5,1 | 6,3 |
| 90 000 $ à 99 999 $ | 6,2 | 2,6 | 3,7 | 1,5 | 4,5 | 6,1 |
| 100 000 $ à 149 999 $ | 22,4 | 6,3 | 10,2 | 3,0 | 14,8 | 23,9 |
| 150 000 $ et plus | 19,7 | 2,6 | 7,1 | 1,0 | 11,9 | 26,4 |
On a recensé 6,2 millions de personnes vivant en situation de partage du logement. Parmi celles-ci, 60,9 % vivaient avec des personnes apparentées seulement, et 39,1 % vivaient avec des personnes non apparentées. Environ 900 000 personnes ne contribuaient pas aux coûts du logement dans les ménages composés de personnes apparentées seulement, et 388 000 personnes ne contribuaient pas aux coûts du logement dans les ménages composés de personnes non apparentées.
Dans les ménages composés de personnes apparentées seulement, les personnes contribuant aux coûts du logement avaient généralement un profil de caractéristiques semblable à celui des personnes ne partageant pas de logement. En particulier, la répartition du revenu était semblable, et l’incidence de la pauvreté était plus faible. Par conséquent, aucune caractéristique particulière n’indique que ce groupe présente un risque plus élevé d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement.
En revanche, les personnes ne contribuant pas aux coûts du logement dans les ménages composés de personnes apparentées seulement présentaient des caractéristiques différentes de celles des ménages ne partageant pas de logement. Plus précisément, une proportion plus élevée de personnes ne contribuant pas aux coûts au sein de ménages composés de personnes apparentées seulement étaient plus âgées (30,1 % étaient âgées de 65 ans et plus par rapport à 19,0 % pour les personnes dans les ménages ne partageant pas de logement) et étaient des femmes (56,1 % par rapport à 50,7 %). De plus, en ce qui concerne les caractéristiques financières, une proportion plus élevée de personnes ne contribuant pas aux coûts au sein de ménages composés de personnes apparentées seulement ne faisaient pas partie de la population active (59,8 % par rapport à 36,6 % pour les personnes ne partageant pas de logement; population âgée de 15 ans et plus) et avaient un revenu plus faibleNote (47,5 % n’avaient aucun revenu ou avaient un revenu inférieur à 30 000 $ en 2020 par rapport à 7,3 % pour les personnes vivant dans des ménages ne partageant pas de logement).
Le profil caractéristique des personnes vivant dans un ménage composé de personnes non apparentées, qu’elles contribuent ou non aux coûts du logement, était différent de celui des personnes ne partageant pas de logement. Une proportion plus élevée de personnes partageant un logement étaient des hommes (54,3 % comparativement à 49,3 % pour les personnes ne partageant pas de logement), étaient âgées de 15 à 34 ans (48,8 % par rapport à 22,7 %), vivaient dans la pauvreté (26,3 % par rapport à 7,1 %) et n’avaient aucun revenu ou avaient un revenu inférieur à 30 000 $ en 2020 (34,2 % par rapport à 7,3 %).
Parmi les personnes vivant dans un ménage composé de personnes non apparentées, celles ne contribuant pas aux coûts du logement étaient particulièrement défavorisées sur le plan économique. Plus du tiers d’entre elles (36,6 %) vivaient dans la pauvreté, et 53,3 % n’avaient aucun revenu ou avaient un revenu inférieur à 30 000 $. Parmi les personnes de 15 ans et plus, 41,5 % ne faisaient pas partie de la population active, et 9,3 % étaient en chômage.
Des différences de caractéristiques entre les groupes apparaissaient lorsqu’ils étaient classés en fonction des modes de partage du logement et des coûts. Ces différences font ressortir différents niveaux de risque d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement. Les personnes au sein de ménages composés de personnes apparentées seulement contribuant aux coûts du logement étaient semblables à celles faisant partie de ménages ne partageant pas de logement, et les personnes faisant partie d’autres groupes présentaient des caractéristiques indiquant un risque plus élevé d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement. Les caractéristiques des ménages composés de personnes non apparentées ne contribuant pas aux coûts du logement indiquent qu’elles présentaient le niveau de risque le plus élevé parmi les groupes.
Les estimations du nombre de personnes partageant un logement et se trouvant dans une situation d’instabilité ou ayant des besoins insatisfaits en matière de logement variaient de 71 000 à un peu moins de 1,7 million, selon les critères utilisés dans la définition
Les sections précédentes ont démontré qu’une proportion plus élevée de personnes vivant dans un ménage partageant un logement présentait certaines caractéristiques liées à l’instabilité et aux besoins insatisfaits en matière de logement, comparativement aux personnes vivant dans un ménage ne partageant pas de logement. Toutefois, aucun ensemble unique de caractéristiques ne permet de cerner de façon définitive les besoins insatisfaits en matière de logement ni de déterminer l’instabilité en matière de logement. Par conséquent, la présente section fournit des estimations de certains profils de risque pour orienter et stimuler la discussion sur la façon de définir des mesures comme les ménages partagés, qui peuvent être utilisées pour assurer un suivi des tendances en matière d’instabilité et de besoins insatisfaits en matière de logement au sein des ménages partageant un logement.
Le tableau 4 présente les profils de risque et les estimations correspondantes. Le premier profil à estimer est le nombre de personnes vivant dans un logement surpeuplé. Ce profil a été pris en considération parce que, selon certaines mesures des besoins en matière de logement comme un logement acceptable, le surpeuplement indique des besoins insatisfaits en matière de logement. Parmi les 6,2 millions de personnes vivant dans un ménage partageant un logement, un peu moins de 1,7 million de personnes vivaient dans un logement surpeuplé.
Le profil suivant comprenait les personnes sans revenu familial, les personnes dont le revenu familial était inférieur à 30 000 $ et les personnes vivant dans la pauvreté. Ce profil a été pris en considération parce que, selon certaines mesures du logement comme les besoins impérieux en matière de logement, le revenu peut indiquer les autres solutions disponibles et, par conséquent, la capacité de faire face à une instabilité en matière de logement. Un peu moins de 1,7 million de personnes se trouvaient dans cette situation.
Le fait de ne pas contribuer aux coûts du logement au sein d’un ménage composé de personnes non apparentées constituait également un profil puisque les personnes se trouvant dans cette situation avaient des liens plus faibles avec le reste des membres du ménage, ce qui pouvait accroître leur risque de connaître une instabilité en matière de logement. Un peu moins de 400 000 personnes cohabitaient avec des personnes non apparentées sans contribuer aux coûts du logement.
Des combinaisons des profils de risque mentionnés précédemment ont également été examinées pour déterminer de plus petits groupes présentant un risque plus élevé d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement. À titre d’exemple, 122 000 personnes cohabitant avec des personnes non apparentées sans contribuer aux coûts du logement vivaient également dans un logement surpeuplé. Lorsque ce groupe se limitait davantage aux personnes sans revenu familial, dont le revenu familial était inférieur à 30 000 $ ou qui vivaient dans la pauvreté, le nombre de ces personnes s’établissait à 71 000.
La question de savoir s’il fallait inclure les personnes fréquentant un établissement d’enseignement postsecondaire a également été prise en considération, étant donné qu’elles sont traitées différemment selon d’autres indicateurs de logement, comme les besoins impérieux en matière de logement. Les estimations correspondant à ces deux options figurent dans le tableau 4. Le fait d’exclure les personnes poursuivant des études postsecondaires a réduit l’estimation d’environ 12 % à 21 %, selon le scénario. Dans le scénario le plus restrictif, l’estimation passe de 71 000 à 56 000.
Les estimations du nombre de personnes partageant un logement et étant à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement variaient selon la définition de l’indicateur utilisé. En se fondant uniquement sur le faible revenu ou le surpeuplement, l’estimation pouvait atteindre 1,7 million de personnes. Toutefois, elle avait une valeur aussi faible que 71 000 lorsqu’elle était fondée sur de multiples critères, y compris le faible revenu, le surpeuplement et le fait de vivre avec des personnes non apparentées sans contribuer aux coûts du logement.
| Profil de risque | Vivant dans un ménage partageant un logement (A) |
Vivant dans un ménage partageant un logement, mais ne fréquentant pas d’établissement postsecondaire (B) |
Vivant dans un ménage partageant un logement et fréquentant un établissement postsecondaire (A moins B) |
|---|---|---|---|
| nombre de personnes | |||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |||
| Population totale | 6 229 220 | 5 566 685 | 662 535 |
| Vivait dans un logement de taille non convenable | 1 687 220 | 1 476 545 | 210 675 |
| N’avait pas de revenu, avait un revenu inférieur à 30 000 $ ou vivait dans la pauvreté | 1 689 445 | 1 387 910 | 301 535 |
| Ne contribuait pas aux coûts du logement dans un ménage composé de personnes non apparentées | 388 415 | 336 985 | 51 430 |
| Ne contribuait pas aux coûts du logement dans un ménage composé de personnes non apparentées et vivait dans un logement de taille non convenable | 121 500 | 101 995 | 19 505 |
| Ne contribuait pas aux coûts du logement dans un ménage composé de personnes non apparentées, vivait dans un logement de taille non convenable et n’avait pas de revenu, avait un revenu inférieur à 30 000 $ ou vivait dans la pauvreté | 70 960 | 56 145 | 14 815 |
Conclusion
Ces résultats du Recensement de 2021 brossent un tableau nuancé des ménages comptant des colocataires ou de la famille élargie, et font ressortir les sous-groupes plus susceptibles d’avoir des besoins insatisfaits en matière de logement et de connaître une instabilité en matière de logement. Les données révèlent que les ménages partageant un logement présentaient une incidence plus élevée de surpeuplement (21,7 % par rapport à 3,4 % pour les ménages ne partageant pas de logement), mais également une incidence plus faible de logement inabordable (16,7 % par rapport à 21,5 %) et de besoins impérieux en matière de logement (6,8 % par rapport à 10,5 %).
La désagrégation des situations de partage du logement en fonction de la situation des particuliers dans le ménage et de la responsabilité à l’égard des coûts du logement a révélé des groupes distincts présentant des risques variables de besoins insatisfaits et d’instabilité en matière de logement. Notamment, environ 900 000 personnes partageaient un logement avec des personnes apparentées seulement sans payer de frais de logement; près de la moitié d’entre elles (47,5 %) avaient un revenu familial inférieur à 30 000 $. De plus, un peu moins de 400 000 personnes partageaient un logement avec des personnes non apparentées sans payer de frais de logement; plus du tiers d’entre elles (36,6 %) vivaient dans la pauvreté.
Divers profils de risque ont été examinés pour déterminer un éventail d’estimations de la population faisant partie de ménages partageant un logement qui pourrait être à risque d’instabilité ou de besoins insatisfaits en matière de logement. On estime à 71 000 le nombre de personnes présentant de multiples facteurs de risque, y compris le fait de vivre avec des personnes non apparentées et de ne pas contribuer aux coûts du logement, d’avoir un revenu inférieur à 30 000 $ ou de vivre dans la pauvreté et de résider dans un logement surpeuplé. En revanche, les estimations étaient plus élevées en ne tenant compte que d’un seul facteur de risque. À titre d’exemple, ce nombre de personnes pouvait atteindre 1,7 million, ce qui correspond à l’estimation du nombre de personnes vivant dans un logement surpeuplé.
Malgré les variations des estimations de l’instabilité et des besoins insatisfaits en matière de logement dans les ménages partageant un logement en fonction des groupes considérés à risque, une augmentation de la prévalence du partage du logement, comme il a été récemment observé au Canada, peut être un indicateur des niveaux croissants de besoins insatisfaits et d’instabilité en matière de logement. Cette constatation souligne l’importance de tenir compte de ces groupes lorsque l’on étudie et relève les défis de l’offre et de la demande en logements.
Annexe A : Définitions des concepts utilisés dans l’analyse
La présente annexe fournit la définition des variables utilisées dans l’analyse et le contexte expliquant les raisons pour lesquelles elles ont été incluses.
Situation des particuliers dans le ménage
L’examen du partage d’un logement entre des personnes apparentées ou non permet de différencier les ménages selon la situation de ses membres dans le ménage. Le partage d’un logement avec des personnes apparentées par rapport à des personnes non apparentées constitue une distinction importante pour comprendre les raisons sociales et culturelles de la cohabitation. La situation des particuliers dans un ménage multigénérationnel joue un rôle croissant dans les réseaux de soins et de soutien social (Statistique Canada, 2022b). De même, la façon dont les ressources économiques sont combinées varie probablement entre les personnes apparentées et les personnes non apparentées.
Des études menées aux États-Unis sur les ménages partagés ont également différencié les ménages comptant des petits-enfants, d’autres personnes apparentées et des personnes non apparentées (Richard et coll., 2022). De plus, une recherche qualitative a permis d’établir une dynamique importante en matière de soins et de responsabilités parentales dans les ménages partagés composés de personnes apparentées (Harvey et coll., 2021).
Dans le présent article, le partage d’un logement avec des personnes apparentées ou non se fonde sur les définitions d’une famille de recensement et d’une famille économique. Une famille de recensement désigne un couple, avec ou sans enfants, ou une famille monoparentale. Une famille économique comprend toutes les personnes liées par le sang, le mariage, l’union libre, l’adoption ou une relation de famille d’accueil. Toute personne faisant partie d’une famille de recensement fait également partie de la même famille économique (Statistique Canada, 2022a).
Selon ces variables, les ménages sont classés en deux groupes : les ménages composés de personnes non apparentées et les ménages composés de personnes apparentées seulement. Les ménages composés de personnes non apparentées désignent ceux comptant au moins deux personnes qui ne font pas partie de la même famille économique. Cependant, au sein de ces ménages, il est toujours possible que des personnes soient apparentées, comme deux couples mariés qui cohabitent. Tous les autres ménages sont composés de personnes apparentées seulement.
Contribution financière des membres du ménage aux coûts du logement
Pour différencier les ménages en fonction de leurs contributions individuelles aux coûts du logement, on utilise le soutien du ménage. Une personne âgée de 15 ans et plus contribuant aux coûts du logement mensuels réguliers est appelée « soutien du ménage »Note . Les renseignements recueillis dans le cadre du recensement indiquent seulement si une personne contribue financièrement; ils ne tiennent pas compte du montant, de l’existence d’un contrat de location ou de contributions non monétaires.
Le nombre de soutiens du ménage et les membres du ménage qui le sont peuvent différencier les ménages pour de nombreuses raisons. Premièrement, sur le plan économique, un plus grand nombre de soutiens du ménage indique un degré plus élevé de combinaison des ressources financières.
Deuxièmement, le fait d’être un soutien du ménage peut être lié à l’amélioration de la sécurité d’occupation, légalement et de façon non officielle. Dans certaines provinces ou certains territoires, lorsque les paiements de logement sont liés à un contrat de location, cela confère souvent des droits légaux contre l’expulsion en vertu de la législation sur la protection des locataires (Société canadienne d’hypothèques et de logement, s.d.).
Des recherches menées aux États-Unis sur les ménages partagés ont montré, tant quantitativement que qualitativement, des différences entre les avantages et les risques pour la famille hôte et la famille invitée. Dans le contexte canadien, le fait d’être un soutien du ménage n’indique pas précisément si la personne fait partie de la famille hôte ou de la famille invitée, car la famille invitée pourrait également payer des frais de logement. Néanmoins, des études aux États-Unis appuient fortement l’importance de la dynamique financière entre les membres d’un ménage.
Selon la variable du soutien du ménage, les ménages sont divisés en deux groupes : les ménages dans lesquels les frais du logement sont payés par au moins deux personnes ne faisant pas partie de la même famille de recensement et les ménages dans lesquels ces frais sont entièrement payés par une personne ou une famille de recensement. Cette approche reflète les liens sociaux et économiques solides au sein d’une famille de recensement.
Surpeuplement et besoins impérieux en matière de logement
Pour différencier les ménages en fonction d’indicateurs de logement communs, on utilise les variables du recensement sur le surpeuplement et les besoins impérieux en matière de logement.
Un ménage vit dans un logement surpeuplé si le logement ne comporte pas suffisamment de chambres pour la taille et la composition du ménage; ce calcul s’appuie sur la Norme nationale d’occupation (Statistique Canada, 2022d). Le surpeuplement est un indicateur souvent utilisé pour déterminer les besoins en matière de logement. Il s’agit de l’une des trois normes de logement utilisées au Canada pour définir les besoins impérieux en matière de logement et les besoins de logement acceptable. L’Australie ajoute des estimations du surpeuplement dans ses statistiques sur l’itinérance (Australian Bureau of Statistics, 2012). Selon la littérature sur les ménages partagés, le surpeuplement est une expérience courante et négative pour les familles (Bush et Shinn, 2017).
On dit qu’un ménage privé éprouve des besoins impérieux en matière de logement s’il vit dans un logement qui ne respecte pas le seuil d’au moins un des indicateurs de qualité, d’abordabilité et de taille du logement et s’il doit consacrer 30 % ou plus de son revenu total avant impôt pour payer le loyer médian d’un autre logement acceptable (qui respecte les seuils des trois indicateurs de logement) dans sa collectivité. La Société canadienne d’hypothèques et de logement et les organismes de logement utilisent l’indicateur des besoins impérieux en matière de logement pour élaborer des programmes de logement répondant aux besoins en matière de logement (Société canadienne d’hypothèques et de logement, 2019).
Le surpeuplement et les besoins impérieux en matière de logement sont des variables utilisées dans la pratique pour déterminer les ménages ayant des besoins insatisfaits en matière de logement.
Difficultés économiques
Pour différencier les ménages en fonction des difficultés économiques, différentes options sont disponibles dans le recensement, y compris l’abordabilité du logement, la situation de pauvreté et le revenu.
L’indicateur d’abordabilité des logements utilisé dans le recensement est le rapport des frais de logement au revenu. Un ménage vit dans un logement inabordable si les occupants du logement consacrent 30 % ou plus du revenu total du ménage pour payer les frais de logement.
L’indicateur de pauvreté utilisé dans le recensement repose sur la mesure fondée sur un panier de consommation (MPC), la mesure officielle de la pauvreté au Canada. La MPC est fondée sur le coût d’un panier de biens et de services précis correspondant à un niveau de vie de base modeste.
L’indicateur de revenu utilisé dans le présent article est le revenu total. Il reflète le revenu combiné de la famille de recensement ou le revenu de la personne si elle ne fait pas partie d’une famille de recensement, qui correspond au revenu des sous-groupes qui demeureraient probablement ensemble s’ils obtenaient leur propre logement.
L’abordabilité du logement et la pauvreté ont l’avantage d’être des indicateurs établis liés aux difficultés économiques. Toutefois, ils sont fondés sur le revenu combiné des membres du ménage ou des membres de la famille économique, ce qui ne permet pas de déterminer les difficultés vécues par les groupes individuels qui cohabitent (surtout s’ils ne combinent pas leurs revenus).
L’examen direct du revenu permet d’évaluer la situation économique des sous-groupes de membres du ménage qui cohabitent. Toutefois, il n’existe pas de seuil de revenu convenu pour déterminer si le logement est inabordable. Dans le cadre de la présente analyse, un seuil de moins de 30 000 $ en 2020 a été utilisé. Toutefois, des seuils plus élevés pourraient être utilisés pour tenir compte d’un plus grand nombre de personnes.
Dans le présent article, les trois mesures (l’abordabilité du logement, la situation de pauvreté et un revenu de moins de 30 000 $) sont examinées afin de mieux comprendre les difficultés financières liées aux différentes situations des particuliers dans le ménage et de partage des coûts.
Références
Australian Bureau of Statistics. 2012. « Methodology for Estimating Homelessness from the Census of Population and Housing », site Web d’Australian Bureau of Statistics
Bramley, G. et coll. 2010. Estimating Housing Need, rapport de recherche. Communities and Local Government, London.
Bush, H. et M. Shinn. 2017. « Families’ Experiences of Doubling Up After Homelessness », Cityscape, vol. 19, no 3, p. 331-356.
Frederick, T.J. et coll. 2014. « How Stable Is Stable? Defining and Measuring Housing Stability », Journal of Community Psychology, vol. 42, no 8, p. 964-979.
Harvey, H., R. Dunifon et N. Pilkauskas. 2021. « Under whose roof? Understanding the living arrangements of children in doubled-up households », Demography, vol. 58, no 3, p. 821-846.
Housing and Urban Development. s.d. « American Housing Survey Reveals Rise in Doubled-Up Households During Recession », PD&R Edge, site Web de Housing and Urban Development.
Lorentzen, J.C. et coll. 2022. « Overcrowding and Hazardous Dwelling Condition Characteristics: A Systematic Search and Scoping Review of Relevance for Health », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 19, no 23, p. 15542.
Office for National Statistics. 29 mars 2023. « “Hidden” homelessness in the UK: evidence review », site Web de l’Office for National Statistics.
Richard, M. et coll. 2022. « Quantifying Doubled-Up Homelessness: Presenting a New Measure Using U.S. Census Microdata », Housing Policy Debate, vol. 34, no 1, p. 3-24.
Société canadienne d’hypothèques et de logement. 2019. « Comprendre les besoins impérieux en matière de logement », site Web de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Société canadienne d’hypothèques et de logement. 23 juin 2022. « Pénurie de logements au Canada : Rétablir l’abordabilité d’ici 2030 », L’Observateur du logement, site Web de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Société canadienne d’hypothèques et de logement. s.d. « Plaintes et expulsions », site Web de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (Consulté le 9 avril 2024).
Statistique Canada. 13 juillet 2022a. Guide de référence sur les familles, les ménages et l’état matrimonial, Recensement de la population, 2021, produit no 98-500-X au catalogue de Statistique Canada, no 2021002.
Statistique Canada. 13 juillet 2022b. « Seul chez soi : Le nombre de personnes vivant seules est plus élevé que jamais, mais les colocataires sont le type de ménage qui connaît la plus forte croissance », Le Quotidien.
Statistique Canada. 21 septembre 2022c. « Acheter ou louer : le marché du logement continue d’être transformé par plusieurs facteurs alors que les Canadiens sont à la recherche d’un chez-soi abordable », Le Quotidien.
Statistique Canada. 30 novembre 2022d. Guide de référence sur les caractéristiques des logements, Recensement de la population, 2021, produit no 98-500-X au catalogue de Statistique Canada, no 2021005.
- Date de modification :