Statistiques sur le logement au Canada
Estimation des taux de pauvreté énergétique en utilisant le Recensement de la population de 2021
Passer au texte
Début du texte
Faits saillants
- Selon les données du Recensement de 2021, 822 000 ménages au Canada (5,6 %) étaient en situation de pauvreté énergétique, et cette situation était plus courante dans les provinces de l’Atlantique, où les taux allaient de 10,7 % à 13,7 %. Les ménages étaient considérés comme étant en situation de pauvreté énergétique si 10 % ou plus de leur revenu après impôt était consacré aux factures d’énergie de leur logement (électricité et combustibles).
- Le taux de ménages en situation de pauvreté énergétique variait d’un territoire à l’autre, se situant à 11,1 % au Yukon, à 9,5 % dans les Territoires du Nord-Ouest et à 3,7 % au Nunavut.
- Les ménages d’une seule personne (10,4 %) et les ménages habitant dans un logement qui nécessitait des réparations importantes (9,7 %) étaient près de deux fois plus susceptibles d’être en situation de pauvreté énergétique que l’ensemble des ménages (5,6 %).
Ce travail a été réalisé en partenariat avec Ressources naturelles Canada.
En 2022, Ressources naturelles Canada a demandé à Statistique Canada de préparer un court texte et des tableaux statistiques décrivant la pauvreté énergétique des ménages en utilisant les données du Recensement de la population de 2021. Les résultats ont été traités conjointement par les deux organismes afin de mieux les présenter, et ils devraient s’avérer utiles pour le vaste public que ce domaine intéresse.
Introduction
La pauvreté énergétique a une incidence sur les conditions de vie des Canadiennes et Canadiens. Quand les coûts énergétiques sont inabordables, les ménages peuvent devoir composer avec des coupures de courant, éprouver des difficultés en raison de la réduction de leur consommation d’énergie (p. ex. en réglant la température à un niveau bas en hiver), ou faire des compromis entre l’énergie et d’autres nécessités, ce qui peut avoir une incidence négative sur eux.
Les données de l’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) de 2019 ont montré que 860 000 ménages dans les provinces étaient considérés comme étant en situation de pauvreté énergétique, ce qui signifie que le ménage consacre 10 % ou plus de son revenu après impôt aux factures d’énergie de son logement. Elles ont aussi montré que la pauvreté énergétique variait selon les régions et les caractéristiques des ménages et des logements.
Les statistiques sur la pauvreté énergétique peuvent également être calculées à partir des données du Recensement de la population de 2021Note . Bien que l’EDM soit réalisée à des intervalles plus fréquents que le recensement, ce dernier offre certains avantages. Notamment, les données sont recueillies dans les réserves et dans les territoires et l’échantillon est de très grande taille, ce qui permet d’examiner les données plus en détail, selon diverses caractéristiques.
La présente étude s’appuie sur les données du Recensement de 2021 pour répondre à deux questions sur la mesure de la pauvreté énergétique :
- Quels sont les taux de pauvreté énergétique fondés sur le recensement?
- Le calcul actuel de la pauvreté énergétique ne prend en compte que les coûts énergétiques des logements facturés directement, ce qui correspond aux renseignements disponibles dans l’EDM. Comment les paiements indirects des coûts de l’énergie du logement, c’est-à-dire les paiements inclus dans le loyer ou d’autres paiements, auraient-ils une incidence sur les taux de pauvreté énergétique s’ils pouvaient être inclus dans le calcul de la pauvreté énergétique?
Partie 1 : Taux de pauvreté énergétique fondés sur le recensement
Selon les données du Recensement de 2021, 822 000 ménages au Canada (5,6 %) étaient en situation de pauvreté énergétique. Le graphique 1 présente les taux par province et territoire. Les taux relatifs de pauvreté énergétique dans les provinces étaient semblables à ceux observés dans le cadre de l’EDM, et le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont enregistré les taux les plus faibles de ménages en situation de pauvreté énergétique, suivis par les provinces des Prairies et les provinces de l’Atlantique.
Les taux de ménages en situation de pauvreté énergétique variaient selon le territoire. Le Yukon (11,1 %) et les Territoires du Nord-Ouest (9,5 %) avaient des taux qui se rapprochaient de la limite supérieure de la fourchette des provinces. Toutefois, le taux du Nunavut (3,7 %) était le plus faible de l’ensemble des provinces et des territoires. Bien que le climat plus froid et l’éloignement du Nunavut puissent être associés à une plus grande consommation d’énergie et à un coût de livraison plus élevé, le faible taux de ménages en situation de pauvreté énergétique rend compte de la forte proportion de logements locatifs subventionnés. Environ 70 % des ménages du Nunavut vivent dans des logements locatifs subventionnés.

Description du graphique 1
| Tous les ménages | |
|---|---|
| pourcentage de ménages consacrant 10 pourcentage ou plus de leur revenu après impôt à l’énergie | |
| Can. | 5,6 |
| T.-N.-L. | 13,7 |
| Î.-P.-É. | 11,4 |
| N.-É. | 12,5 |
| N.-B. | 10,7 |
| Qc | 4,2 |
| Ont. | 4,8 |
| Man. | 5,6 |
| Sask. | 6,9 |
| Alb. | 7,3 |
| C.-B. | 4,9 |
| Yn | 11,1 |
| T.N.-O. | 9,5 |
| Nun. | 3,7 |
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |
En plus des taux de ménages en situation de pauvreté énergétique dans les territoires, le recensement permet d’obtenir les taux dans les réserves. Il y avait 119 000 ménages dans les réserves (0,8 %), et la proportion de ménages en situation de pauvreté énergétique dans les réserves (12,9 %) était plus du double du taux pour l’ensemble des ménages (5,6 %).
Le graphique 2 montre les taux de ménages en situation de pauvreté énergétique selon différentes caractéristiques. Les taux de pauvreté énergétique étaient plus élevés que la moyenne nationale (5,6 %) parmi les ménages dont le principal soutien était âgé de 55 ans ou plus (6,9 %), les ménages monoparentaux (6,4 %) et les ménages d’une seule personne (10,4 %). Les ménages propriétaires de leur logement (6,1 %) affichaient aussi des taux de pauvreté énergétique plus élevés que la moyenne nationale, tout comme les ménages habitant dans une maison individuelle non attenante (6,8 %), construite en 1960 ou avant (7,7 %) ou nécessitant des réparations importantes (9,7 %).

Description du graphique 2
| Characteristics | Pourcentage de ménages consacrant 10 pourcentage ou plus de leur revenu après impôt à l’énergie |
|---|---|
| Panneau A – Certaines caractéristiques du logement | |
| Âge du principal soutien | |
| 15 à 29 ans | 4,8 |
| 30 à 39 ans | 3,7 |
| 40 à 54 ans | 4,5 |
| 55 à 64 ans | 6,5 |
| 65 ans et plus | 7,2 |
| Type de ménage | |
| Couple avec enfants | 2,4 |
| Couple sans enfants | 3,8 |
| Monoparentale | 6,4 |
| Ménage d’une seule personne | 10,4 |
| Autre | 3,4 |
| Type de construction | |
| Maison individuelle non attenante | 5,6 |
| Jumelée, en rangée, jardin, duplex | 5,0 |
| Appartement ou autre | 3,8 |
| Panneau B – Certaines caractéristiques du logement | |
| Période de construction | |
| 1960 ou avant | 7,7 |
| 1961 à 1980 | 5,9 |
| 1981 à 2000 | 4,9 |
| 2001 à 2021 | 4,2 |
| État du logement | |
| Seuls un entretien normal et des réparations mineures sont nécessaires |
5,3 |
| Des réparations importantes sont nécessaires | 9,7 |
| Mode d'occupation du logement | |
| Propriétaires | 6,1 |
| Locataires | 4,3 |
| Tous les ménages | 5,6 |
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |
Partie 2 : Paiements indirects de coûts d’énergie du logement relativement aux taux de pauvreté énergétique
Les taux de pauvreté énergétique indiqués dans la partie 1, ainsi que ceux calculés à l’aide de l’EDM, sont fondés sur les paiements d’électricité et de combustible versés directement par le ménage. En d’autres termes, ils ne tiennent pas compte des paiements qui ont été inclus ailleurs, par exemple dans le loyer ou les charges de copropriété.
Dans le cadre du Recensement de 2021, 15,8 % des ménages ont déclaré que les coûts d’électricité ou de combustible étaient compris dans d’autres paiements. Parmi les 84,2 % de ménages ayant déclaré des coûts directs d’électricité ou de combustible, 36,0 points de pourcentage correspondaient à des ménages ayant déclaré « 0 $ » pour l’électricité ou le combustible. Les 48,2 points de pourcentage restants ont déclaré un paiement non nul pour l’électricité et le combustible (voir le graphique 3).
Lorsque l’électricité et le combustible ont été examinés séparément, les ménages ont déclaré des paiements indirects pour l’électricité dans une proportion comparable à celle du combustible (10,7 % pour l’électricité et 12,5 % pour le combustible). Cependant, les ménages qui ont déclaré un coût nul l’ont fait principalement pour le combustible (38,5 %) et non pour l’électricité (4,7 %). Cela pourrait être lié aux ménages qui se chauffent à l’électricité et non au combustible. Dans l’ensemble, 84,6 % des ménages ont déclaré un paiement non nul pour l’électricité, et 49,0 % un paiement non nul pour le combustible.

Description du graphique 3
| Pourcentage | |
|---|---|
| Électricité | |
| Inclus | 10,7 |
| Zéro dollar | 4,7 |
| Non nul | 84,6 |
| Combustible | |
| Inclus | 12,5 |
| Zéro dollar | 38,5 |
| Non nul | 49,0 |
| Électricité ou combustible | |
| Au moins une incluse | 15,8 |
| Aucune incluse (au moins un « zéro dollar ») | 36,0 |
| Aucune incluse (tous deux sont « non nulle ») | 48,2 |
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. | |
La proportion de ménages ayant déclaré des paiements indirects pour l’électricité ou le combustible varie en fonction de certaines caractéristiques, en particulier le mode d’occupation du logement, la subvention du logement, la province ou le territoire et le type de construction (voir le tableau 1). Plus d’un quart des ménages locataires ont déclaré des paiements indirects d’électricité (27,3 %) et de combustible (28,5 %), tandis que parmi les ménages propriétaires, 2,5 % ont déclaré des paiements indirects pour l’électricité et 4,5 % des paiements indirects pour le combustible. La prévalence de l’inclusion de cette source d’énergie dans les autres paiements variait également entre les provinces et les territoires, en particulier pour les coûts du combustible chez les ménages locataires, qui variaient de 13,0 % à Terre-Neuve-et-Labrador, à 58,9 % au Nunavut. Parmi les ménages propriétaires, ceux qui vivent en appartement sont plus susceptibles de voir leurs paiements d’électricité (11,5 %) et de combustible (22,6 %) inclus avec d’autres paiements, possiblement dans les charges de copropriété. Enfin, les locataires de logements subventionnés étaient plus susceptibles de payer indirectement cette source d’énergie que les locataires versant un loyer selon le marché (41,2 % par rapport à 25,5 % pour l’électricité; 33,5 % par rapport à 27,9 % pour le combustible).
| Caractéristiques | Ménages ayant déclaré que l’énergie est incluse dans d’autres paiements | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Électricité | Combustible | |||||
| Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | |
| pourcentage | ||||||
| Âge du principal soutien | ||||||
| 15 à 29 ans | 5,2 | 30,8 | 22,8 | 9,0 | 35,3 | 27,0 |
| 30 à 39 ans | 2,6 | 25,1 | 12,2 | 5,6 | 28,7 | 15,4 |
| 40 à 54 ans | 1,9 | 23,7 | 8,3 | 3,5 | 24,5 | 9,7 |
| 55 à 64 ans | 1,9 | 26,2 | 7,9 | 3,3 | 25,3 | 8,8 |
| 65 ans et plus | 3,0 | 31,2 | 10,4 | 5,0 | 29,2 | 11,4 |
| Type de ménage | ||||||
| Couple avec enfants | 1,4 | 21,2 | 5,1 | 2,5 | 23,1 | 6,3 |
| Couple sans enfants | 2,0 | 24,4 | 6,8 | 3,9 | 28,7 | 9,2 |
| Monoparentale | 2,7 | 23,9 | 12,1 | 4,3 | 23,9 | 13,0 |
| Ménage d’une seule personne | 4,4 | 31,0 | 17,8 | 8,3 | 30,5 | 19,5 |
| Autre | 3,5 | 30,2 | 16,2 | 5,1 | 33,8 | 18,7 |
| Type de construction | ||||||
| Maison individuelle non attenante | 1,0 | 22,4 | 3,0 | 1,5 | 20,2 | 3,3 |
| Jumelée, en rangée, jardin, duplex | 1,8 | 26,0 | 11,0 | 2,8 | 25,5 | 11,4 |
| Appartement ou autre | 11,5 | 28,9 | 23,9 | 22,6 | 31,4 | 28,8 |
| Période de construction | ||||||
| 1960 ou avant | 1,4 | 25,5 | 10,0 | 2,1 | 26,6 | 10,8 |
| 1961 à 1980 | 2,9 | 29,8 | 13,5 | 3,9 | 30,0 | 14,2 |
| 1981 à 2000 | 2,9 | 29,5 | 10,6 | 4,9 | 28,5 | 11,7 |
| 2001 à 2021 | 2,5 | 23,5 | 8,6 | 6,2 | 28,3 | 12,6 |
| État du logement | ||||||
| Seuls un entretien normal et des réparations mineures sont nécessaires | 2,5 | 27,4 | 10,7 | 4,5 | 28,6 | 12,4 |
| Des réparations importantes sont nécessaires | 2,6 | 26,2 | 12,0 | 4,5 | 27,3 | 13,5 |
| Province ou territoire | ||||||
| T.-N.-L. | 0,6 | 19,7 | 5,2 | 0,8 | 13,0 | 3,8 |
| Î.-P.-É. | 0,7 | 21,3 | 7,1 | 1,5 | 48,5 | 16,2 |
| N.-É. | 0,7 | 23,9 | 8,3 | 1,8 | 37,8 | 13,6 |
| N.-B. | 0,9 | 27,9 | 8,0 | 1,2 | 21,0 | 6,4 |
| Qc | 1,3 | 21,0 | 9,1 | 1,4 | 12,6 | 5,9 |
| Ont. | 3,6 | 33,7 | 13,1 | 4,8 | 36,3 | 14,7 |
| Man. | 2,0 | 33,5 | 11,7 | 6,6 | 33,3 | 14,7 |
| Sask. | 1,4 | 24,5 | 7,8 | 3,3 | 35,7 | 12,2 |
| Alb. | 3,2 | 28,3 | 10,4 | 8,1 | 42,3 | 18,0 |
| C.-B. | 1,9 | 25,2 | 9,6 | 7,2 | 31,2 | 15,1 |
| Yn | 1,2 | 26,5 | 9,6 | 1,9 | 31,5 | 11,8 |
| T.N.-O. | 0,8 | 20,9 | 10,1 | 4,5 | 50,6 | 25,8 |
| Nt | 1,5 | 18,6 | 15,3 | 5,2 | 58,9 | 48,6 |
| Hypothèque | ||||||
| Non | 2,6 | ... | ... | 4,4 | ... | ... |
| Oui | 2,4 | ... | ... | 4,5 | ... | ... |
| Loyer subventionné | ||||||
| Non | ... | 25,5 | ... | ... | 27,9 | ... |
| Oui | ... | 41,2 | ... | ... | 33,5 | ... |
| Tous les ménages | 2,5 | 27,3 | 10,7 | 4,5 | 28,5 | 12,5 |
|
… n’ayant pas lieu de figurer Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
||||||
Les ménages qui payaient indirectement l’électricité ou le combustible étaient moins susceptibles d’être en situation de pauvreté énergétique, étant donné que la mesure n’inclut pas les paiements indirects. En raison de la définition de la pauvreté énergétique, les ménages dont les paiements d’électricité et de combustible sont inclus dans d’autres paiements ne peuvent pas être considérés comme étant en situation de pauvreté énergétique. Pour les ménages dont l’une des deux sources d’énergie était incluse dans d’autres paiements, 3,27 % étaient en situation de pauvreté énergétique. Dans le cas des ménages pour lesquels aucune des deux sources d’énergie n’était incluse dans d’autres paiements, 6,3 % étaient en situation de pauvreté énergétique.
Étant donné que les taux de ménages payant les sources d’énergie de façon indirecte varient en fonction des caractéristiques, il est possible que les différences entre les taux de pauvreté énergétique en fonction de ces caractéristiques n’illustrent pas les véritables différences dans l’abordabilité de l’énergie. Pour inclure les paiements indirects de l’énergie dans la mesure de la pauvreté énergétique, une approche pourrait consister à estimer et à inclure la part des paiements indirects d’électricité et de combustible.
Pour illustrer l’incidence potentielle de l’inclusion des paiements indirects de l’énergie, une méthode d’estimation a été élaborée pour créer les taux de pauvreté énergétique du tableau 2. La méthode est fondée sur une analyse présentée à l’annexe A.
Pour les estimations de la pauvreté énergétique du tableau 2, lorsque l’électricité ou le combustible étaient payés indirectement, un pourcentage des frais totaux de logement a été inclus dans la mesure de la pauvreté énergétique. Le pourcentage a été calculé séparément pour l’électricité et les combustibles. Il était fondé sur le pourcentage moyen payé par les ménages qui payaient les deux sources d’énergie directement et qui partageaient la même catégorie pour les caractéristiques suivantes : mode d’occupation, hypothèque, loyer subventionné, province ou territoire, type de construction et type de ménageNote . Des recherches futures utilisant d’autres méthodes d’estimation, telles que l’imputation par donneur, sont également à l’étude pour améliorer les estimations de la pauvreté énergétique lorsque les paiements indirects de l’énergie sont inclus.
Le tableau 2 montre que, lorsque les paiements indirects de l’énergie sont inclus, le taux de pauvreté énergétique est presque deux fois plus élevé pour les ménages locataires (passant de 4,3 % à 8,3 %), alors que le taux pour les ménages propriétaires est resté à peu près le même (passant de 6,1 % à 6,5 %). Ce résultat concorde avec le fait que les locataires sont plus susceptibles de payer l’énergie de façon indirecte.
Étant donné qu’une faible proportion de ménages propriétaires payaient l’énergie de façon indirecte, les taux de pauvreté énergétique pour ce groupe n’ont pas beaucoup changé lorsque les paiements indirects ont été inclus. Le seul groupe de ménages propriétaires qui a connu un changement important est celui des ménages dans les immeubles d’appartements, c’est-à-dire le groupe où les paiements indirects sont plus fréquents. Lorsque les coûts énergétiques indirects ont été inclus dans la mesure de la pauvreté énergétique, les ménages propriétaires dans les immeubles d’appartements ont affiché un taux de 7,6 % (par rapport 5,1 %), un taux supérieur à celui des ménages propriétaires de maisons individuelles non attenantes (6,6 %).
En tenant compte des coûts énergétiques indirects, les coûts énergétiques annuels moyens des ménages propriétaires dans les immeubles d’appartements sont passés de 1 460 $ à 2 060 $, mais sont restés inférieurs à la moyenne (3 160 $) des ménages propriétaires de maisons individuelles non attenantes. Ainsi, la plus forte prévalence de pauvreté énergétique parmi les ménages propriétaires d’appartements, par rapport aux propriétaires de maisons individuelles non attenantes, était également liée au revenu plus faible de ces ménages.
Parmi les ménages locataires, le taux de pauvreté énergétique a fortement changé lorsque les paiements indirects ont été inclus. En outre, les tendances relatives de l’ensemble des caractéristiques ont changé. Les ménages locataires dont le principal soutien est âgé de 15 à 29 ans et les ménages d’une seule personne ont connu des augmentations plus importantes du taux de pauvreté énergétique que les autres ménages locataires. L’écart entre les provinces et les territoires s’est également creusé, et le taux de pauvreté énergétique des locataires de l’Île-du-Prince-Édouard a presque triplé, passant de 6,3 % à 18,4 %, tandis que celui des locataires du Québec est passé de 3,8 % à 6,4 % (moins du double). Enfin, le taux de pauvreté énergétique des ménages locataires subventionnés était plus élevé que celui des ménages locataires non subventionnés (10,9 % par rapport à 8,0 %), alors que sans les paiements indirects de l’énergie, les taux étaient similaires (4,6 % par rapport à 4,3 %).
En conclusion, les taux de pauvreté énergétique ont augmenté lorsque les paiements indirects de l’énergie ont été inclus dans la mesure (passant de 5,5 % à 7,1 %). L’augmentation était plus prononcée pour les ménages locataires pour qui le taux est passé de 4,3 % à 8,3 %, mais plus faible pour les ménages propriétaires pour qui le taux est passé de 6,1 % à 6,5 % chez ceux-ci. Ce changement est lié à la prévalence des paiements indirects de l’énergie parmi les différents modes d’occupation. Pour les ménages locataires, les tendances relatives de la pauvreté énergétique pour l’ensemble des caractéristiques ont changé lorsque les paiements indirects de l’énergie ont été inclus. Les ménages locataires qui ont connu les plus fortes augmentations du taux de pauvreté énergétique étaient les ménages dont le soutien était âgé de moins de 30 ans, les ménages d’une seule personne, les ménages de l’Île-du-Prince-Édouard et les ménages bénéficiant d’un loyer subventionné.
| Caractéristiques | Pauvreté énergétique (en tenant compte des paiements directs seulement) | Pauvreté énergétique (en tenant compte de l’estimation des paiements indirects) |
||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | |
| pourcentage de ménages | ||||||
| Âge du principal soutien | ||||||
| 15 à 29 ans | 6,3 | 4,0 | 4,7 | 7,4 | 9,8 | 9,1 |
| 30 à 39 ans | 3,7 | 3,6 | 3,7 | 4,0 | 6,5 | 5,0 |
| 40 à 54 ans | 4,3 | 4,6 | 4,4 | 4,5 | 7,4 | 5,4 |
| 55 à 64 ans | 6,8 | 5,6 | 6,5 | 7,1 | 9,5 | 7,7 |
| 65 ans et plus | 8,3 | 4,1 | 7,2 | 9,0 | 8,9 | 9,0 |
| Type de ménage | ||||||
| Couple avec enfants | 2,2 | 2,9 | 2,4 | 2,3 | 3,9 | 2,6 |
| Couple sans enfants | 4,1 | 2,5 | 3,8 | 4,2 | 4,0 | 4,2 |
| Monoparentale | 7,3 | 5,0 | 6,3 | 7,6 | 7,3 | 7,5 |
| Ménage d’une seule personne | 15,2 | 5,6 | 10,3 | 16,5 | 12,3 | 14,4 |
| Autre | 3,7 | 2,9 | 3,3 | 4,0 | 5,7 | 4,8 |
| Type de construction | ||||||
| Maison individuelle non attenante | 6,5 | 8,4 | 6,7 | 6,6 | 13,3 | 7,2 |
| Jumelée, en rangée, jardin, duplex | 5,2 | 4,6 | 5,0 | 5,3 | 7,6 | 6,2 |
| Appartement ou autre | 5,1 | 3,3 | 3,8 | 7,6 | 7,3 | 7,4 |
| Période de construction | ||||||
| 1960 ou avant | 9,1 | 5,4 | 7,7 | 9,2 | 8,9 | 9,1 |
| 1961 à 1980 | 7,0 | 4,1 | 5,9 | 7,4 | 7,5 | 7,4 |
| 1981 à 2000 | 5,2 | 4,1 | 4,9 | 5,7 | 7,8 | 6,3 |
| 2001 à 2021 | 4,2 | 4,0 | 4,1 | 4,7 | 9,4 | 6,1 |
| État du logement | ||||||
| Seuls un entretien normal et des réparations mineures sont nécessaires | 5,8 | 4,2 | 5,3 | 6,2 | 8,2 | 6,9 |
| Des réparations importantes sont nécessaires | 12,0 | 5,9 | 9,5 | 12,4 | 9,2 | 11,1 |
| Province ou territoire | ||||||
| T.-N.-L. | 14,1 | 12,4 | 13,7 | 14,2 | 18,4 | 15,2 |
| Î.-P.-É. | 13,8 | 6,3 | 11,4 | 14,0 | 18,4 | 15,4 |
| N.-É. | 14,8 | 7,8 | 12,5 | 15,1 | 20,4 | 16,8 |
| N.-B. | 11,9 | 7,6 | 10,7 | 12,0 | 14,4 | 12,6 |
| Qc | 4,5 | 3,8 | 4,2 | 4,6 | 6,4 | 5,3 |
| Ont. | 5,2 | 3,8 | 4,8 | 5,7 | 7,8 | 6,4 |
| Man. | 5,9 | 4,5 | 5,5 | 6,1 | 8,7 | 6,9 |
| Sask. | 6,9 | 5,5 | 6,5 | 7,2 | 9,5 | 7,8 |
| Alb. | 7,9 | 5,6 | 7,2 | 8,7 | 10,8 | 9,3 |
| C.-B. | 5,4 | 3,7 | 4,8 | 5,9 | 7,4 | 6,4 |
| Yn | 12,4 | 7,7 | 10,8 | 12,7 | 15,6 | 13,7 |
| T.N.-O. | 12,4 | 6,2 | 9,5 | 12,6 | 12,8 | 12,6 |
| Nt | 10,1 | 2,2 | 3,7 | 10,3 | 3,9 | 5,2 |
| Hypothèque | ||||||
| Non | 8,0 | ... | ... | 8,6 | ... | ... |
| Oui | 4,9 | ... | ... | 5,1 | ... | ... |
| Loyer subventionné | ||||||
| Non | ... | 4,3 | ... | ... | 8,0 | ... |
| Oui | ... | 4,6 | ... | ... | 10,9 | ... |
| Tous les ménages | 6,1 | 4,3 | 5,5 | 6,5 | 8,3 | 7,1 |
|
… n’ayant pas lieu de figurer Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
||||||
Annexe A : Tendances des frais de logement lorsque les paiements d’électricité ou de combustible sont inclus dans d’autres paiements
La présente annexe décrit l’analyse de fond qui a mené à l’approche d’estimation utilisée dans le document principal et tire les conclusions suivantes.
Conclusion 1 — Les frais de logement étaient généralement moins élevés lorsque le coût de l’énergie était inclus dans d’autres paiements. Ainsi, l’estimation du coût de l’énergie en tant que pourcentage des frais de logement est un moyen de tenir compte de cette différence.
Conclusion 2 — Au niveau des subdivisions de recensement (SDR), il y avait presque toujours des répondants qui déclaraient les coûts énergétiques séparément. Il y a donc des répondants sur lesquels on peut baser une estimation. Toutefois, dans certaines régions, lorsque des caractéristiques supplémentaires sont utilisées pour regrouper des sous-populations, il peut être nécessaire d’utiliser des renseignements provenant de l’extérieur de la SDR afin d’avoir suffisamment de répondants pour produire une estimation des coûts énergétiques.
Conclusion 3 — Pour certains ménages, les paiements directs d’électricité pouvaient inclure les coûts du combustible, ou les coûts directs du combustible pouvaient inclure les paiements d’électricité. Il est important de rajuster l’estimation du coût de l’énergie pour éviter de comptabiliser deux fois les coûts du combustible ou de l’électricité.
A.1 Montants des frais de logement lorsque les coûts énergétiques étaient inclus dans d’autres paiements
Même si les principaux éléments des logements ont été recueillis dans le cadre du recensement, on ne sait pas lesquels de ces éléments comprenaient les coûts de l’électricité ou du combustible lorsque des paiements indirects de ces sources d’énergie ont été déclarés. Par conséquent, les frais totaux de logement constituent le premier choix à partir duquel on peut estimer les paiements indirects d’électricité et de combustible.
La répartition des frais de logement des ménages qui ont payé les coûts énergétiques directement ou indirectement a été examinée à l’aide d’une série d’histogrammes. Cet examen a été effectué séparément pour quatre groupes pour lesquels les frais de logement sont fondamentalement différents : les locataires d’un logement subventionné, les locataires d’un logement non subventionné, les propriétaires ayant une hypothèque et les propriétaires sans hypothèque. En outre, ces répartitions ont été examinées en fonction des différentes caractéristiques utilisées dans le document principal (âge du principal soutien, type de ménage, type de construction, période de construction, état du logement et province ou territoire), ainsi que de quelques variables supplémentaires (taille du ménage, nombre de chambres à coucher et nombre de pièces).
L’examen des histogrammes montre que les frais moyens de logement sont plus faibles lorsque l’électricité est payée indirectement plutôt que directement. Cette tendance se maintient généralement pour les locataires d’un logement subventionné ou les locataires d’un logement non subventionné, ainsi que lorsque les répartitions sont examinées en fonction des autres caractéristiques.
Un modèle de régression a confirmé qu’après correction pour tenir compte des autres variables, les frais de logement mensuels des ménages locataires d’un logement non subventionné qui payaient indirectement l’électricité étaient inférieurs de 113 $ par rapport à ceux qui payaient l’électricité directement. Parmi les ménages locataires d’un logement subventionné dans le modèle de régression, les frais de logement mensuels étaient inférieurs de 130 $ lorsque l’électricité était payée indirectement.
Un examen plus approfondi a révélé que non seulement les frais de logement combinés étaient inférieurs, mais aussi que le loyer exigé était inférieur lorsque l’électricité était incluse. Ce résultat est inattendu, car, toutes choses étant égales par ailleurs, les loyers devraient être plus élevés si l’électricité est incluse. Étant donné l’ampleur de la différence — qui est près du coût total de la source d’énergie elle-même pour un ménage —, cela laisse entendre que des caractéristiques non observées liées aux paiements indirects d’électricité ont fait en sorte que le loyer était plus bas dans ces logements. Par exemple, dans les annonces de logements moins convoités, il se peut que les services publics soient inclus pour attirer les locataires. Un autre exemple est que ces logements sont plus susceptibles d’être des transformations ou des appartements accessoires et non des locations construites à cet effet, parce que les premières sont moins susceptibles d’avoir leurs compteurs d’énergie.
La relation entre le paiement du combustible et les frais totaux de logement est comparable à celle qui existe entre ces frais et le paiement d’électricité. C’est-à-dire que les frais de logement mensuels moyens étaient moins élevés lorsque le paiement du combustible était indirect plutôt que direct. Toutefois, la différence était plus importante que celle observée pour les paiements d’électricité. La régression a montré que les ménages locataires d’un logement non subventionné avaient des frais de logement moyens inférieurs de 204 $ par mois lorsque le combustible était payé indirectement plutôt que directement. Pour les ménages locataires d’un logement subventionné, les frais de logement mensuels moyens étaient inférieurs de 252 $.
Pour les ménages propriétaires, la relation entre les frais de logement et les paiements indirects de l’énergie est moins manifeste. Les histogrammes montrent que les frais de logement moyens ne sont pas systématiquement inférieurs parmi les diverses caractéristiques lorsque les paiements sont indirects. Cela s’explique par le fait que, parmi les ménages propriétaires, les paiements indirects de l’énergie n’étaient pas courants et se produisaient principalement dans les appartements (probablement organisés en copropriété). Par conséquent, les différences des frais de logement entre les ménages qui paient l’énergie indirectement et ceux qui la paient directement tiennent probablement compte du type de ménages qui étaient susceptibles de vivre dans des appartements en copropriété et de l’endroit où ces appartements sont situés.
Un modèle de régression pour les ménages propriétaires comprenant un paramètre d’interaction pour la géographie et le type de construction a montré que les frais de logement moyens étaient plus souvent inférieurs lorsque les paiements de l’énergie étaient indirects plutôt que directs. De plus, l’examen des histogrammes pour chaque province et territoire et chaque type de construction a confirmé que les frais de logement moyens étaient inférieurs lorsque les paiements de l’énergie étaient indirects. Une exception a été relevée dans certaines régions où les frais de logement moyens dans les appartements étaient plus élevés pour les ménages qui payaient les coûts énergétiques indirectement. Cette exception est plus fréquente chez les propriétaires n’ayant pas d’hypothèque. Elle pourrait témoigner d’une plus grande concentration géographique infraprovinciale d’appartements occupés par leur propriétaire avec des coûts indirects.
En conclusion, les ménages qui paient indirectement les coûts énergétiques ont généralement des frais de logement moins élevés. Il existe des facteurs non observés qui mènent à des frais de logement inférieurs lorsque les coûts énergétiques sont indirects. L’analyse n’indique pas de méthode précise pour l’estimation des coûts énergétiques indirects. Elle met plutôt en évidence les différences entre le groupe des ménages qui paient directement l’énergie et celui des ménages qui la paient indirectement, ce qui indique qu’il pourrait être difficile d’estimer parfaitement les coûts énergétiques lorsqu’ils sont payés indirectement. Des hypothèses peuvent être nécessaires et il pourrait être nécessaire d’accepter un certain niveau d’imprécision.
L’estimation du coût de l’énergie en pourcentage des frais totaux de logement pourrait être un moyen de tenir compte des différences des frais de logement. On présume alors que toute réduction des frais de logement est proportionnellement allouée au loyer et à l’énergie.
A.2 Méthodes de paiement des coûts énergétiques au niveau des subdivisions de recensement
Dans certaines régions, il se peut que la facturation des frais d’électricité et de combustible ait été incluse dans les autres paiements pour tous les ménages. Il serait donc difficile de trouver des répondants locaux qui pourraient être utilisés pour estimer la part des frais de logement consacrée à l’énergie. Ces situations peuvent nécessiter l’utilisation de renseignements provenant de l’extérieur de la zone locale et peuvent conduire à des estimations moins précises.
Chaque subdivision de recensement (SDR) a été examinée afin de déterminer si les frais d’électricité ou de combustible étaient toujours payés indirectement. En général, la fréquence à laquelle cette situation s’était produite était faible. Sur l’ensemble des SDR pour lesquelles une estimation serait nécessaire, la plupart d’entre elles comptaient au moins 10 répondants ayant déclaré des paiements directs de l’énergie. Parmi les SDR qui ne comptaient pas au moins 10 répondants, la plupart ne comportaient pas non plus beaucoup de répondants ayant déclaré des paiements indirects (voir le tableau A.1).
Dans l’ensemble, sept SDR comptaient un nombre significatif de répondants ayant effectué des paiements indirects d’électricité et un nombre insuffisant de ménages ayant effectué des paiements directs. Ces sept SDR se trouvaient toutes dans le nord du Québec, de la SDR 2499075 à la SDR 2499140. Pour les paiements de combustible, 23 SDR étaient dans la même situation. Ces SDR comprenaient les mêmes SDR du nord du Québec, où l’électricité est également payée en grande partie indirectement, ainsi que plusieurs autres SDR (principalement des réserves) dans d’autres provinces.
| Électricité | Combustible | |
|---|---|---|
| Nombre de SDR dont le paiement de l’énergie est inclus dans d’autres paiements (une imputation des coûts énergétiques serait nécessaire) | 3 768 | 3 752 |
| Nombre de SDR comportant au moins 10 répondants (non pondéré) ayant déclaré des paiements directs de l’énergie | 3 665 | 3 500 |
| Nombre de SDR comportant moins de 10 répondants (non pondéré) ayant déclaré des paiements directs de l’énergie | 103 | 252 |
| Nombre de SDR comportant plus de 10 répondants dont les paiements de l’énergie sont inclus dans d’autres paiements | 7 | 23 |
|
Note : SDR est l’abréviation de subdivision de recensement. Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
||
En conclusion, au niveau des SDR, il y avait presque toujours des répondants qui ont déclaré les coûts énergétiques séparément. Il y avait donc des répondants sur lesquels on pouvait fonder une estimation. Pour les quelques SDR où les coûts énergétiques ont été essentiellement payés indirectement, il pourrait être nécessaire d’élaborer une méthode d’imputation différente. En outre, dans certaines régions, lorsque des caractéristiques supplémentaires sont utilisées pour regrouper des sous-populations, il peut être nécessaire d’utiliser des renseignements provenant de l’extérieur de la SDR afin d’avoir suffisamment de répondants pour produire une estimation des coûts énergétiques.
A.3 Paiements des combustibles inclus dans les paiements d’électricité, et paiements d’électricité inclus dans les coûts des combustibles
Pour certains ménages, il est également possible que les frais d’électricité et de combustible aient été facturés ensemble. Dans ces cas, les répondants ont peut-être déclaré la valeur combinée de l’une des deux sources d’énergie et indiqué que l’autre source d’énergie était incluse dans d’autres paiements.
Cela crée deux difficultés pour les estimations. Tout d’abord, si ces ménages sont utilisés pour estimer la proportion des frais totaux de logement consacrés à l’électricité ou au combustible qui est ensuite appliquée à d’autres ménages effectuant des paiements indirects, cela peut entraîner une surestimation des coûts énergétiques. Puis, pour ces ménages, lorsque le paiement indirect est estimé, puis ajouté au paiement qui couvre à la fois l’électricité et le combustible, cela peut donner lieu à une double comptabilisation de l’énergie qui a été payée indirectement.
Parmi les ménages qui ont été étudiés relativement à la pauvreté énergétique, 815 800 ont déclaré un paiement direct non nul d’électricité ou de combustible et ont indiqué que l’autre source d’énergie était incluse dans d’autres paiements. Parmi ces ménages, 90 400 ont déclaré une valeur non nulle correspondant à 90 % ou plus du coût des deux sources d’énergie pour des ménages similaires dans la région. Ces ménages pourraient être ceux pour lesquels le paiement direct inclut l’autre source d’énergie.
Pour atténuer le risque de surestimer la proportion des frais totaux de logement consacrés à l’une des sources d’énergie, une méthode consiste à ne calculer l’estimation qu’à partir des ménages qui ont payé directement à la fois l’électricité et le combustible. Cette approche garantit que les paiements d’électricité n’incluent pas les coûts du combustible et vice versa.
Pour limiter le risque de double comptabilisation, les 90 400 ménages mentionnés précédemment peuvent utiliser la source d’énergie qui a été déclarée comme coût de l’énergie total et éviter d’estimer le paiement indirect. Autrement dit, lorsque les ménages paient directement l’une des sources d’énergie et indirectement l’autre, et que le montant déclaré pour la source d’énergie payée directement est suffisamment élevé pour représenter les deux sources d’énergie, le montant déclaré peut être considéré comme étant le coût total de l’énergie qui représente à la fois les coûts de l’électricité et des combustibles.
En conclusion, une petite proportion des ménages peut avoir déclaré un paiement direct d’électricité ou de combustible qui comprenait l’autre source d’énergie. Dans ce cas, des stratégies d’atténuation peuvent être appliquées pour éviter la double comptabilisation et la surestimation des coûts énergétiques.
| Caractéristiques | Coûts annuels de l’énergie (en tenant compte des paiements directs seulement) | Coûts annuels de l’énergie (en tenant compte des paiements indirects estimés) |
Coûts annuels de l’énergie (en tenant compte des paiements directs seulement) uniquement pour les ménages qui déclarent les deux sources d’énergie | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | Propriétaires | Locataires | Tous les ménages | |
| moyenne ($) | |||||||||
| Âge du principal soutien | |||||||||
| 15 à 29 ans | 2 270 | 870 | 1 300 | 2 480 | 1 780 | 2 000 | 2 990 | 2 680 | 2 890 |
| 30 à 39 ans | 2 740 | 1 160 | 2 070 | 2 860 | 1 900 | 2 450 | 3 270 | 2 990 | 3 220 |
| 40 à 54 ans | 3 080 | 1 330 | 2 560 | 3 160 | 1 960 | 2 810 | 3 550 | 3 160 | 3 500 |
| 55 à 64 ans | 2 890 | 1 100 | 2 450 | 2 970 | 1 700 | 2 650 | 3 340 | 3 050 | 3 320 |
| 65 ans et plus | 2 650 | 920 | 2 190 | 2 780 | 1 700 | 2 490 | 3 110 | 2 910 | 3 100 |
| Type de ménage | |||||||||
| Couple avec enfants | 3 260 | 1 710 | 2 970 | 3 320 | 2 350 | 3 140 | 3 620 | 3 300 | 3 590 |
| Couple sans enfants | 2 740 | 1 110 | 2 390 | 2 840 | 1 840 | 2 630 | 3 160 | 2 790 | 3 140 |
| Monoparentale | 2 870 | 1 420 | 2 220 | 2 970 | 2 050 | 2 560 | 3 370 | 3 120 | 3 310 |
| Ménage d’une seule personne | 2 160 | 750 | 1 450 | 2 350 | 1 500 | 1 920 | 2 810 | 2 620 | 2 790 |
| Autre | 3 170 | 1 140 | 2 200 | 3 310 | 2 050 | 2 710 | 3 710 | 3 100 | 3 590 |
| Type de construction | |||||||||
| Maison individuelle non attenante | 3 130 | 2 120 | 3 030 | 3 160 | 2 960 | 3 140 | 3 430 | 3 360 | 3 420 |
| Jumelée, en rangée, jardin, duplex | 2 560 | 1 420 | 2 130 | 2 610 | 2 070 | 2 410 | 2 900 | 2 770 | 2 870 |
| Appartement ou autre | 1 460 | 740 | 950 | 2 060 | 1 480 | 1 640 | 2 830 | 2 620 | 2 760 |
| Période de construction | |||||||||
| 1960 ou avant | 2 950 | 1 200 | 2 320 | 2 990 | 1 830 | 2 570 | 3 280 | 3 080 | 3 260 |
| 1961 à 1980 | 2 830 | 1 010 | 2 110 | 2 920 | 1 720 | 2 440 | 3 250 | 3 100 | 3 230 |
| 1981 à 2000 | 2 800 | 1 080 | 2 300 | 2 920 | 1 810 | 2 600 | 3 330 | 3 040 | 3 300 |
| 2001 à 2021 | 2 750 | 1 090 | 2 270 | 2 900 | 1 960 | 2 620 | 3 370 | 2 770 | 3 310 |
| État du logement | |||||||||
| Seuls un entretien normal et des réparations mineures sont nécessaires | 2 800 | 1 070 | 2 230 | 2 910 | 1 810 | 2 550 | 3 290 | 2 960 | 3 260 |
| Des réparations importantes sont nécessaires | 3 110 | 1 330 | 2 380 | 3 220 | 1 950 | 2 700 | 3 660 | 3 460 | 3 630 |
| Province ou territoire | |||||||||
| T.-N.-L. | 3 560 | 1 860 | 3 150 | 3 580 | 2 440 | 3 310 | 4 260 | 4 310 | 4 260 |
| Î.-P.-É. | 3 930 | 1 360 | 3 130 | 3 970 | 2 540 | 3 520 | 4 280 | 3 710 | 4 230 |
| N.-É. | 3 720 | 1 360 | 2 940 | 3 770 | 2 530 | 3 360 | 4 170 | 3 920 | 4 150 |
| N.-B. | 3 350 | 1 370 | 2 830 | 3 380 | 2 190 | 3 060 | 4 030 | 3 920 | 4 020 |
| Qc | 2 400 | 1 000 | 1 840 | 2 430 | 1 420 | 2 030 | 3 080 | 2 980 | 3 070 |
| Ont. | 2 860 | 1 010 | 2 280 | 3 000 | 1 860 | 2 640 | 3 210 | 2 810 | 3 160 |
| Man. | 2 630 | 960 | 2 110 | 2 730 | 1 730 | 2 410 | 2 870 | 2 880 | 2 870 |
| Sask. | 2 930 | 1 340 | 2 480 | 3 000 | 2 070 | 2 730 | 3 160 | 2 850 | 3 120 |
| Alb. | 3 490 | 1 520 | 2 920 | 3 680 | 2 560 | 3 360 | 3 890 | 3 570 | 3 850 |
| C.-B. | 2 410 | 970 | 1 930 | 2 550 | 1 740 | 2 280 | 2 930 | 2 710 | 2 910 |
| Yn | 4 800 | 2 190 | 3 930 | 4 870 | 3 420 | 4 380 | 5 300 | 4 950 | 5 240 |
| T.N.-O. | 6 650 | 2 270 | 4 620 | 6 770 | 4 120 | 5 540 | 7 340 | 6 530 | 7 220 |
| Nt | 6 470 | 1 100 | 2 130 | 6 630 | 2 290 | 3 130 | 7 180 | 5 760 | 6 910 |
| Hypothèque | |||||||||
| Non | 2 630 | ... | ... | 2 750 | ... | ... | 3 110 | ... | ... |
| Oui | 2 950 | ... | ... | 3 050 | ... | ... | 3 440 | ... | ... |
| Loyer subventionné | |||||||||
| Non | ... | 1 130 | ... | ... | 1 850 | ... | ... | 3 000 | ... |
| Oui | ... | 730 | ... | ... | 1 550 | ... | ... | 2 930 | ... |
| Tous les ménages | 2 820 | 1 090 | 2 240 | 2 930 | 1 820 | 2 560 | 3 310 | 3 000 | 3 280 |
|
… n’ayant pas lieu de figurer Note : Les chiffres ont été arrondis à 10 $ près aux fins de confidentialité. Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021. |
|||||||||
- Date de modification :