StatCan et la COVID-19: Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur Travailleurs autochtones recevant des paiements de la Prestation canadienne d'urgence en 2020
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par Kelsang Yangzom et Huda Masoud
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Introduction
La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions socioéconomiques disproportionnées sur les peuples autochtones, ce qui rend compte en partie de plus grandes vulnérabilités préexistantes, comme les faibles revenus, les niveaux plus élevés de pauvreté et l’insécurité alimentaire (Arriagada et coll., 2020a).
La recherche basée sur les données recueillies par approche participative a permis de découvrir qu’une proportion plus élevée de participants autochtones (36 %) ont déclaré que la pandémie de COVID-19 a eu une incidence élevée ou modérée sur leur capacité de s’acquitter de leurs obligations financières ou de satisfaire à leurs besoins essentiels, comme le loyer ou l’hypothèque, les services publics et l’épicerie, par rapport aux participants non autochtones (25 %). De plus, parmi ceux qui ont perdu leurs emplois ou qui ont dû réduire leurs heures de travail, 65 % des participants autochtones ont déclaré des répercussions financières majeures ou modérées, tandis que 56 % des participants non autochtones ont déclaré la même chose (Arriagada et coll., 2020b).
Bien que les répercussions initiales de la pandémie sur le marché du travail étaient semblables chez les personnes autochtones et non autochtones, la relance a été plus lente chez les personnes autochtones au cours des six mois suivant le début de la pandémie (de mars à août 2020), en particulier chez les femmes et les jeunes autochtones (Bleakney, Masoud et Robertson, 2020).
Les répercussions historiques et actuelles de la colonisation, y compris le retrait des terres et des moyens de subsistance traditionnels ainsi que les obstacles au chapitre de l’accès aux études, ont été bien documentées et continuent d’entraîner des conditions et des expériences économiques et du marché du travail moins favorables pour les Autochtones (Reading et Wien, 2009).
En réponse au ralentissement économique causé par la COVID-19, le gouvernement fédéral a lancé le programme de Prestation canadienne d’urgence (PCU) le 6 avril 2020 parmi plusieurs programmes visant à fournir du soutien financier aux travailleurs canadiens qui ont été touchés par la pandémie. Le programme était offert du 15 mars 2020 au 26 septembre 2020 et fournissait jusqu’à 500 $ par semaine aux Canadiens admissibles jusqu’à un maximum de 14 000 $ sur 28 semaines.
Le programme de PCU était offert aux personnes résidant au Canada qui avaient au moins 15 ans et qui avaient cessé de travailler involontairement (c.-à-d. qui n’ont pas choisi de quitter leur travail) ou qui travaillaient un nombre réduit d’heures en raison de la COVID-19. Il fallait également qu’ils aient gagné un revenu d’emploi, de travail autonome, de prestations provinciales de congé de maternité ou parental ou de dividendes non admissibles d’au moins 5 000 $ en 2019 ou au cours des 12 mois précédant la date de la demande, n’aient pas reçu de prestations d’assurance-emploi au cours de la même période d’admissibilité et ne s’attendaient pas à gagner plus de 1 000 $ en revenu d’emploi ou provenant d’un travail autonome pendant au moins 14 jours consécutifs au cours d’une période de quatre semaines.
Le présent article s’appuie sur des données administratives du programme de PCU pour les travailleurs au Canada couplées aux données tirées du questionnaire détaillé du Recensement de 2016 afin d’analyser les caractéristiques socioéconomiques des travailleurs autochtones qui ont gagné au moins 5 000 $ en 2019 et ont reçu la PCU entre mars et septembre 2020. Ces caractéristiques comprennent le secteur d’emploi, le revenu, le type de revenu admissible principal (travailleur autonome, employé, autre), la taille de l’entreprise ainsi que la géographie. Les données sont désagrégées selon le sexe et le groupe d’âge et sont présentées séparément pour les Premières Nations, les Métis et les Inuits.
L’analyse complète un communiqué précédent qui examinait la proportion des travailleurs qui recevaient la PCU parmi ceux qui ont gagné au moins 5 000 $ en 2019, y compris par identité autochtone, sexe et âge (Morissette et coll., 2021). L’étude reflète l'engagement de Statistique Canada à utiliser des données désagrégées, ce qui permettra de mieux comprendre les expériences de groupes de population spécifiques, notamment ceux qui sont plus vulnérables aux répercussions économiques de la pandémie.
Environ 4 travailleurs autochtones sur 10 ont reçu la PCU en 2020
Parmi tous les travailleurs qui ont gagné au moins 5 000 $ en 2019, les travailleurs autochtones (39,2 %) étaient plus susceptibles d’avoir reçu la PCU que les travailleurs non autochtones (33,9 %) (tableau 1). Parmi les travailleurs des Premières Nations, 41,5 % ont reçu des paiements de la PCU en 2020. Les proportions correspondantes chez les travailleurs métis et inuits étaient de 36,2 % et de 40,3 %, respectivement.
En moyenne, les travailleurs autochtones ont reçu des versements de la PCU 0,6 semaine de plus que les travailleurs non autochtones (17,5 par rapport à 16,9 semaines).
Les proportions plus élevées de personnes recevant la PCU chez les travailleurs autochtones peuvent en partie s’expliquer par leur surreprésentation parmi les jeunes, dans des emplois moins bien rémunérésNote et dans certaines industries, comme les services d’hébergement et de restauration et la construction, qui ont été plus lourdement touchées pendant la pandémie.
Un peu plus de la moitié des jeunes autochtones et non autochtones ont reçu des paiements de la PCU
Les jeunes âgées de 15 à 24 ans ont représenté la plus grande proportion de travailleurs autochtones (51,6 %) et non autochtones (52,1 %) qui ont reçu la PCU (tableau 1), car les jeunes en général ont connu de plus grandes pertes d’emploi et un taux de chômage plus élevé au printemps et à l’été de 2020 (Bleakney, Masoud et Robertson, 2020). De plus, les jeunes autochtones représentent une plus grande proportion de la population globale des jeunes au Canada (6,7 %) que la proportion de personnes autochtones parmi la population du Canada (4,9 %)Note , ce qui explique en partie pourquoi les travailleurs autochtones étaient plus susceptibles de recevoir la PCU dans l’ensemble.
Plus de la moitié des jeunes des Premières Nations (52,8 %) et des jeunes Métis (51,0 %) ont reçu la prestation en 2020, et les jeunes femmes étaient plus susceptibles de la recevoir que les hommes. Parmi les Inuits, environ 41,9 % des travailleurs âgés de 15 à 24 ans ont reçu un paiement de la PCU, ce qui est semblable à la proportion parmi les travailleurs du principal groupe d’âge actif (25 à 54 ans). Les hommes inuits étaient plus susceptibles que les femmes inuites d’avoir reçu un paiement de la PCU dans les deux groupes d’âge.
La plus grande différence entre les proportions de travailleurs autochtones et non autochtones qui ont reçu la PCU, cependant, a été observée chez les travailleurs du principal groupe d’âge actif. Les travailleurs autochtones du principal groupe d’âge actif étaient plus susceptibles d’avoir reçu la PCU (38,2 %) que leurs homologues non autochtones (32,0 %), en particulier les hommes. Cela peut en partie être attribuable aux différences dans la réception de la PCU entre les travailleurs autochtones et non autochtones par industrie, comme il est discuté dans une section ultérieure. De plus, les hommes autochtones du principal groupe d’âge actifNote sont surreprésentés dans des industries telles que la construction et les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutienNote , qui étaient les troisième et cinquième industries les plus touchées en matière de pertes d’emploi en septembre 2020, par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie en février 2020 (Enquête sur la population active, 2020).
| 15 ans et plus | De 15 à 24 ans | De 25 à 54 ans | 55 ans et plus | |
|---|---|---|---|---|
| pourcentage | ||||
| Tous les travailleurs présents au Recensement de 2016Tableaux 1 Note 3 | 34,1 | 52,1 | 32,3 | 29,8 |
| AutochtonesTableaux 1 Note 2 | 39,2 | 51,6 | 38,2 | 31,4 |
| Premières Nations | 41,5 | 52,8 | 41,1 | 32,2 |
| Inscrits | 41,8 | 52,3 | 42,2 | 31,8 |
| Non inscrits | 40,5 | 53,7 | 38,2 | 33,2 |
| Métis | 36,2 | 51,0 | 34,1 | 30,5 |
| Inuits | 40,3 | 41,9 | 41,7 | 32,3 |
| Non autochtones | 33,9 | 52,1 | 32,0 | 29,8 |
| Femmes | 35,3 | 54,0 | 33,4 | 30,6 |
| AutochtonesTableaux 1 Note 2 | 39,5 | 53,5 | 38,4 | 31,2 |
| Premières Nations | 40,7 | 53,7 | 40,2 | 31,0 |
| Inscrits | 40,2 | 52,3 | 40,5 | 30,2 |
| Non inscrits | 41,9 | 56,6 | 39,4 | 33,8 |
| Métis | 38,1 | 54,7 | 35,8 | 31,4 |
| Inuits | 38,7 | 40,9 | 39,6 | 32,1 |
| Non autochtones | 35,2 | 54,0 | 33,2 | 30,5 |
| Hommes | 33,0 | 50,2 | 31,1 | 29,2 |
| AutochtonesTableaux 1 Note 2 | 38,9 | 49,6 | 38,1 | 31,5 |
| Premières Nations | 42,3 | 51,9 | 42,1 | 33,4 |
| Inscrits | 43,5 | 52,4 | 43,9 | 33,7 |
| Non inscrits | 39,0 | 50,8 | 36,9 | 32,6 |
| Métis | 34,4 | 47,5 | 32,4 | 29,7 |
| Inuits | 41,9 | 43,1 | 43,8 | 32,5 |
| Non autochtones | 32,7 | 50,2 | 30,8 | 29,1 |
|
||||
La moitié des hommes membres inscrits des Premières Nations du principal groupe d’âge actif vivant dans des réserves ont reçu la PCU en 2020, comparativement à 4 sur 10 vivant hors réserve
Selon le Recensement de 2016, environ les trois quarts de la population des Premières Nations (76,2 %) avaient un statut d’Indien inscrit ou d’Indien des traités conformément à la Loi sur les Indiens (ci-après appelés « membres inscrits des Premières Nations »). Environ 44,2 % des membres inscrits des Premières Nations vivaient dans une réserve, tandis que le reste vivait hors réserve.
Bien que les proportions de travailleurs membres inscrits des Premières Nations (41,8 %) et de travailleurs des Premières Nations non inscrits (40,5 %) ayant reçu la PCU étaient semblables, les travailleurs membres inscrits des Premières Nations âgés de 25 à 54 ans étaient plus susceptibles de recevoir la PCU (42,2 %) que ceux non inscrits (38,2 %).
De plus, les travailleurs membres inscrits des Premières Nations vivant dans des réserves étaient plus susceptibles (44,0 %) de recevoir la PCU que ceux vivant hors réserve (40,6 %), en particulier les hommes du principal groupe d’âge (25 à 54 ans) (tableau 1). Parmi les travailleurs membres inscrits des Premières Nations, environ la moitié (50,1 %) des hommes du principal groupe d’âge actif vivant dans des réserves recevaient la PCU, par rapport à 40,3 % des hommes du principal groupe d’âge actif qui vivaient hors réserve.

Tableau de données du graphique 1
| Total | Femmes | Hommes | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Dans une réserve | Hors réserve | Dans une réserve | Hors réserve | Dans une réserve | Hors réserve | |
| pourcentage | ||||||
| 15 ans et plus | 44,0 | 40,6 | 40,3 | 40,2 | 47,6 | 41,0 |
| De 15 à 24 ans | 51,0 | 53,0 | 50,0 | 53,3 | 51,9 | 52,7 |
| De 25 à 54 ans | 46,1 | 40,0 | 42,0 | 39,7 | 50,1 | 40,3 |
| 55 ans et plus | 32,5 | 31,3 | 29,2 | 30,8 | 36,1 | 32,0 |
|
||||||
Les travailleurs faiblement rémunérésNote font partie de ceux qui ont été le plus durement touchés par les confinements durant la pandémie. En 2015, le revenu d’emploi médian des membres inscrits des Premières Nations vivant dans des réserves était de 17 208 $, par rapport à 25 894 $ chez les membres inscrits des Premières Nations vivant hors réserve (Recensement, 2016). En particulier, le revenu d’emploi était considérablement plus faible chez les hommes membres inscrits des Premières Nations du principal groupe d’âge actif vivant dans des réserves (21 052 $) que chez ceux vivant hors réserve (41 313 $).
L'Alberta avait la proportion la plus élevée de travailleurs autochtones recevant la PCU
Dans chaque province et chaque région, les travailleurs autochtones étaient plus susceptibles de recevoir la PCU que les travailleurs non autochtones, et la proportion la plus élevée était en Alberta (43,2 %), suivie par la Saskatchewan (41,8 %) (graphique 2). Les travailleurs non autochtones, en revanche, étaient plus susceptibles de recevoir la PCU au Québec (37,0 %) et en Ontario (34,5 %).
La proportion élevée de travailleurs autochtones recevant la PCU en Alberta reflète probablement le fait que cette province a connu le plus grand déclin du taux d’emploi sur douze mois (-11,8 points) chez les Autochtones (à l’exclusion des Premières Nations vivant dans des réserves) au cours de la période de six mois allant de mars à août 2020 (Bleakney, Masoud et Robertson, 2021). D’un autre côté, l’emploi sur douze mois chez les Autochtones (à l’exclusion des Premières Nations vivant dans des réserves) a diminué le moins en Saskatchewan au cours de la même période. Cependant, la province a la deuxième proportion la plus élevée de Premières Nations vivant dans des réserves au Canada en 2016 (Recensement, 2016) et, parmi les travailleurs, plus de la moitié (52,6 %) ont reçu la PCU en 2020.

Tableau de données du graphique 2
| Autochtones | Non autochtones | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Colombie- Britannique |
39,6 | 32,7 |
| Alberta | 43,2 | 32,9 |
| Saskatchewan | 41,8 | 25,4 |
| Manitoba | 37,0 | 26,2 |
| Ontario | 36,5 | 34,5 |
| Québec | 39,9 | 37,0 |
| Provinces de l’Atlantique | 37,2 | 31,0 |
| Territoires | 40,2 | 18,3 |
|
||
Parmi les travailleurs des Premières Nations, ceux vivant dans les Prairies étaient les plus susceptibles de recevoir la PCU. Les proportions les plus élevées ont été vues chez les travailleurs de la Saskatchewan (48,3 %), suivies de l’Alberta (47,2 %) et du Manitoba (44,1 %), et les taux les plus élevés étaient parmi ceux qui vivaient dans les réserves dans les trois provinces (graphique 3). D’un autre côté, les travailleurs des Premières Nations vivant en Ontario (36,8 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (37,0 %) étaient les moins susceptibles de recevoir la PCU.
Chez les Métis, l’Alberta avait le pourcentage le plus élevé de travailleurs recevant la PCU (39,8 %), suivi par le Québec (37,9 %) et la Colombie-Britannique (37,6 %). Les travailleurs métis de la région du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest étaient les moins susceptibles de recevoir la PCU (28,2 %).

Tableau de données du graphique 3
| Premières Nations | Métis | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Colombie-Britannique | 40,8 | 37,6 |
| Alberta | 47,2 | 39,8 |
| Saskatchewan | 48,3 | 34,5 |
| Manitoba | 44,1 | 31,0 |
| Ontario | 36,8 | 36,1 |
| Québec | 40,6 | 37,9 |
| Provinces maritimes | 40,8 | 36,4 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 37,0 | 30,9 |
| Yukon et Territoires du Nord-Ouest | 43,2 | 28,2 |
|
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Les travailleurs inuits du principal groupe d’âge actif, habitant dans l’Inuit Nunangat étaient plus susceptibles de recevoir la PCU, alors que les travailleurs plus jeunes étaient plus susceptibles à l’extérieur de l'Inuit Nunangat
L’Inuit Nunangat est la patrie des Inuits au Canada. Elle comprend quatre régions inuites : le Nunatsiavut (côte nord du Labrador), le Nunavik (Nord du Québec), le Nunavut et la région inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest). En 2016, il y avait 65 025 Inuits au Canada et près du trois quarts (72,8 %) d’entre eux vivaient dans les quatre régions de l’Inuit Nunangat : 46,4 % au Nunavut, 18,1 % au Nunavik, 4,8 % dans la région d’Inuvialuit et 3,5 % au Nunatsiavut (Recensement, 2016).
Les travailleurs inuits vivant dans l’Inuit Nunangat étaient plus susceptibles de recevoir la PCU (42,1 %) que ceux vivant à l’extérieur (36,2 %) (graphique 4). La plus grande différence a été observée chez les hommes : 44,6 % de ceux qui vivaient dans l’Inuit Nunangat recevaient la PCU, par rapport à 35,5 % de ceux qui vivaient à l’extérieur. De plus, les hommes inuits dans l’Inuit Nunangat (44,6 %) étaient plus susceptibles de recevoir la PCU que les femmes (39,5 %), alors que peu de différences ont été observées entre les deux sexes à l’extérieur des régions inuites.
Chez les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat, la plus grande proportion de la PCU reçue en 2020 a été observée chez les personnes âgées de 25 à 54 ans (45,3 %), alors qu’à l’extérieur de ces régions, les Inuits âgés de 15 à 24 ans étaient plus susceptibles de recevoir des paiements (46,9 %).

Tableau de données du graphique 4
| Total | Femmes | Hommes | |
|---|---|---|---|
| pourcentage | |||
| À l'intérieur de l’Inuit Nunangat | 42,1 | 39,5 | 44,6 |
| À l'extérieur de l’Inuit Nunangat | 36,2 | 36,9 | 35,5 |
|
|||
Parmi les quatre régions de l’Inuit Nunangat, la proportion des travailleurs inuits qui recevaient la PCU en 2020 était plus élevée chez ceux vivant au Nunavik (47,1 %), suivis par ceux vivant au Nunavut (41,7 %) (graphique 5). Ceux vivant au Nunatsiavut étaient les moins susceptibles de recevoir la PCU (26,4 %).

Tableau de données du graphique 5
| pourcentage | |
|---|---|
| À l'intérieur de l’Inuit Nunangat | 42,1 |
| Inuvialuit | 36,1 |
| Nunatsiavut | 26,4 |
| Nunavik | 47,1 |
| Nunavut | 41,7 |
| À l'extérieur de l’Inuit Nunangat | 36,2 |
|
|
Plus des deux tiers des travailleurs autochtones dans les secteurs des arts, spectacles et loisirs ainsi que les services d’hébergement et de restauration ont reçu la PCU en 2020
Les travailleurs autochtones représentaient 3,3 % de l’ensemble de la population canadienne ayant un emploi en 2019, mais représentaient 4,5 % de tous les travailleurs dans les services d’hébergement et de restauration et de la constructionNote . Les baisses de l’emploi dans ces deux industries (-15,3 % et -8,1 %, respectivement) faisaient partie des deux plus grandes observées entre février et septembre 2020 (Statistique Canada, 2020). Cela pourrait en partie expliquer la proportion globale plus élevée de travailleurs autochtones qui reçoivent la PCU par rapport aux travailleurs non autochtones.
Comme pour leurs homologues non autochtones, les travailleurs autochtones employés dans l’industrie des arts, spectacles et loisirs ainsi que dans les services d’hébergement et de restauration étaient les plus susceptibles de recevoir la PCU en 2020. Parmi tous les travailleurs autochtones gagnant au moins 5 000 $ en 2019 et employés dans chacune de ces industries, environ le deux tiers recevaient des paiements de la PCU (graphique 6). Des conclusions semblables ont été observées chez les travailleurs membres inscrits des Premières Nations et pour ceux vivant dans des réserves ou hors réserve, ainsi que chez les travailleurs métis et inuits, lorsqu’ils ont été examinés séparément.
L’emploi dans l’industrie des arts, spectacles et loisirs ainsi que des services d’hébergement et de restauration a été durement touché par les interruptions de l’activité économique en 2020. Dans l’ensemble, les travailleurs dans ces deux industries ont connu le plus grand déclin du nombre d’heures effectivement travaillées, de 44,8 % et de 41,2 %, respectivement, entre la période de mars à septembre 2019 et celle de mars à septembre 2020 (Morissette et coll., 2021).
Près de la moitié des travailleurs autochtones dans l’industrie de la construction ont également reçu la PCU, avec des proportions plus élevées chez les travailleurs des Premières Nations (52,4 %) et inuits (53,9 %) que métis (44,5 %). Parmi les travailleurs des Premières Nations dans l’industrie de la construction, les membres des Premières Nations inscrits étaient plus susceptibles de recevoir la PCU (62,5 %), suivies par ceux vivant hors réserve (51,2 %) et les travailleurs des Premières Nations non inscrits (46,5 %).
Des conclusions semblables ont été observées chez les travailleurs autochtones dans l’industrie d’Agriculture, foresterie, pêche et chasse, avec la proportion recevant des paiements de la PCU plus de deux fois plus supérieure à celle des travailleurs non autochtones (43,2 % and 21,6 %, respectivement).

Tableau de données du graphique 6
| Secteur d'emploi principal en 2019Graphique 6 Note 2 | Autochtones | Non autochtones |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Arts, spectacles et loisirs | 67,6 | 62,6 |
| Services d’hébergement et de restauration | 67,4 | 67,6 |
| Autres services (sauf les administrations publiques) | 49,5 | 50,1 |
| Construction | 48,9 | 41,6 |
| Services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d’assainissement |
45,4 | 42,3 |
| Commerce de détail | 44,1 | 42,3 |
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 43,2 | 21,6 |
| Services immobiliers et services de location et de location à bail |
41,3 | 37,9 |
| Fabrication | 37,7 | 33,3 |
| Transport et entreposage | 36,1 | 35,4 |
| Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz | 35,0 | 25,6 |
| Soins de santé et assistance sociale | 34,6 | 30,6 |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 34,3 | 26,0 |
| Gestion de sociétés et d’entreprises | 33,3 | 22,3 |
| Services d’enseignement | 32,5 | 25,6 |
| Commerce de gros | 32,4 | 27,2 |
| Industrie de l’information et industrie culturelle | 29,2 | 21,9 |
| Administrations publiques | 24,2 | 10,1 |
| Finance et assurances | 16,7 | 11,7 |
| Services publics | 11,3 | 6,4 |
|
||
La proportion de personnes recevant la PCU était plus élevée chez les travailleurs autochtones faiblement rémunérés
Selon les données de l’Enquête sur la population active, les travailleurs faiblement rémunérésNote à l’échelle du Canada faisaient partie des plus durement touchés par le ralentissement du marché du travail causé par la COVID-19. Entre mars et août 2020, l’emploi chez les travailleurs faiblement rémunérés a chuté de 22,7 % en moyenne par rapport aux niveaux antérieurs à la pandémie en février 2020, alors qu’il a chuté de 5,4 % chez tous les autres employés, ce qui reflète les répercussions inégales des ralentissements économiques (Statistique Canada, 2020).
Conformément à cette tendance, les travailleurs autochtones ayant de faibles revenus annuels étaient également les plus susceptibles de recevoir des paiements de PCU. Parmi ceux ayant gagné au moins 5 000 $ en 2019 et qui se trouvaient dans le palier inférieur de 10 % de la répartition du revenu d’emploi, plus de la moitié (57,7 %) ont reçu des paiements de la PCU en 2020, alors que seulement 12,5 % de ceux se trouvant dans le palier supérieur de 10 % en ont reçus (graphique 7).
Une tendance semblable a été observée chez les travailleurs non autochtones recevant des paiements de la PCU dans l’ensemble de la répartition du revenu d’emploi.

Tableau de données du graphique 7
| Décile de revenu d'emploiGraphique 7 Note 2 en 2019 | Autochtones | Non autochtones |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Palier inférieur de 10 % | 57,7 | 55,4 |
| 2e | 60,6 | 57,7 |
| 3e | 55,0 | 53,9 |
| 4e | 45,5 | 46,2 |
| 5e | 37,0 | 37,6 |
| 6e | 28,7 | 29,7 |
| 7e | 23,8 | 24,0 |
| 8e | 19,1 | 19,1 |
| 9e | 16,3 | 15,9 |
| Palier supérieur de 10 % | 12,5 | 11,2 |
|
||
La proportion de personnes recevant la PCU était plus élevée chez les travailleurs autochtones qui étaient travailleurs autonomes
Parmi tous les travailleurs autochtones qui étaient travailleurs autonomesNote et avaient gagné au moins 5 000 $ en 2019, environ 58,3 % ont reçu la PCU en 2020, par rapport à 37,6 % des employésNote et 46,0 % de ceux ayant d’autres sources de revenusNote (graphique 8). Une tendance semblable a été vue chez les travailleurs non autochtones, bien que dans de plus faibles proportions.
Ces résultats ont également été observés chez les travailleurs membres inscrits des Premières Nations et pour ceux vivant dans des réserves ou hors réserve, ainsi que chez les travailleurs métis et inuits, lorsqu’ils ont été examinés séparément. Cependant, chez les Inuits, les travailleurs qui ont gagné un revenu d’autres sources étaient aussi susceptibles que les travailleurs autonomes de recevoir la PCU.
La proportion plus élevée de travailleurs recevant la PCU chez les travailleurs autonomes peut refléter en partie les répercussions sur le marché du travail différentes qu’ont eues sur eux et les employés les confinements causés par la COVID-19 entre mars et septembre 2020. En particulier, les travailleurs autonomes ont connu un plus grand déclin sur douze mois du nombre total d’heures effectivement travaillées (-25,8 %) par rapport aux employés (-11,7 %) (Enquête sur la population active, 2020). De plus, le nombre de travailleurs autonomes en septembre 2020 était en baisse de 6,0 % par rapport à son niveau antérieur à la pandémie en février 2020, par rapport à un déclin de 3,3 % chez les employés.

Tableau de données du graphique 8
| Autochtones | Non autochtones | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Employés | 37,6 | 30,5 |
| Travailleurs autonomes | 58,3 | 56,8 |
| Autres | 46,0 | 40,4 |
|
||
Les travailleurs autochtones travaillant dans de petites entreprises étaient plus susceptibles de recevoir la PCU
Entre mars et septembre 2020, un peu moins de la moitié (47,3 %) des travailleurs autochtones employés par de petites entreprises ayant de 1 à 99 employés ont reçu la PCU, par rapport à 40,5 % de ceux travaillant dans des entreprises de taille moyenne et 27,6 % de ceux travaillant dans de grandes entreprises comptant 500 employés ou plus (graphique 9). Des conclusions semblables ont été observées chez les travailleurs non autochtones, bien que la proportion des travailleurs autochtones recevant la PCU selon toute taille d’entreprise soit demeurée plus élevée.
Selon les données de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises (ECSE), bien que la majorité des entreprises au Canada aient été touchées par la pandémie, les petites entreprises ayant de 1 à 99 employés ont déclaré être davantage touchées (Tam et coll., 2020). Ils étaient plus susceptibles de déclarer une baisse de revenus de 40 % ou plus, d’être incapables de s’endetter davantage et de devoir par conséquent envisager une faillite.

Tableau de données du graphique 9
| Autochtones | Non autochtones | |
|---|---|---|
| pourcentage | ||
| Petite (1 à 99 employés) | 47,3 | 43,3 |
| Moyenne (100 à 499 employés) |
40,5 | 33,7 |
| Grande (500 employés et plus) | 27,6 | 21,3 |
|
1. Travailleurs qui ont gagné 5 000 $ ou plus en 2019. Source : Statistique Canada, Prestation canadienne d’urgence couplées à celles du questionnaire détaillé du Recensement de 2016, mars 2020 à septembre 2020. |
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Résumé
Le ralentissement économique avait des répercussions disproportionnées sur les peuples autochtones, qui étaient plus vulnérables en raison de disparités préexistantes, comme des revenus plus faibles, des niveaux plus élevés de pauvreté et de l’insécurité alimentaire, trouvant leurs racines dans les répercussions historiques et continues de la colonisation.
Le présent article, qui s’appuie sur les données administratives du programme de la PCU pour les travailleurs au Canada couplées aux données tirées du questionnaire détaillé du Recensement de 2016, a examiné les caractéristiques socioéconomiques des travailleurs autochtones qui ont reçu des paiements de la PCU entre mars et septembre 2020.
Dans l’ensemble, les travailleurs autochtones étaient plus susceptibles de recevoir des paiements de la PCU que les travailleurs non autochtones en 2020, et des tendances semblables ont été observées pour les travailleurs autochtones et non autochtones parmi tous les sexes, tous les secteurs d’emploi, tous les revenus et toutes les tailles d’entreprise.
Les travailleurs autochtones qui avaient de 15 à 24 ans, qui étaient employés dans l’industrie des arts, spectacles et loisirs et des services d’hébergement et de restauration, avec des gains annuels relativement faibles, et qui étaient travailleurs autonomes ou travaillaient dans de petites entreprises étaient les plus susceptibles de recevoir la PCU. Ces conclusions sont conformes aux données de l’Enquête sur la population active, qui montre que ces travailleurs étaient les plus durement touchés par les ralentissements économiques.
De plus, la proportion des travailleurs des Premières Nations inscrits et non inscrits recevant la PCU était semblable, bien que les travailleurs membres inscrits des Premières Nations travaillant dans des réserves étaient plus susceptibles de recevoir des paiements en 2020 que ceux vivant hors réserve. Les travailleurs autochtones en Alberta et en Saskatchewan étaient les plus susceptibles de recevoir la PCU, alors que chez les travailleurs inuits, ceux vivant dans l’Inuit Nunangat étaient plus susceptibles de recevoir la PCU que ceux vivant à l’extérieur.
La proportion globale plus élevée de travailleurs autochtones recevant la PCU peut refléter, en partie, leur surreprésentation parmi les jeunes, dans des emplois moins bien rémunérés et dans certaines industries comme les services d’hébergement et de restauration et la construction, qui ont connu les plus grandes pertes d’emploi liées à la pandémie. Cependant, les taux d’emplois chez les personnes autochtones, en particulier ceux vivant dans des réserves et les Inuits vivant dans l’Inuit Nunangat, sont beaucoup plus faibles que ceux observés chez les personnes non autochtones. Étant donné que les personnes au chômage n’auraient pas été admissibles à la PCU, mais ont également été touchées par la pandémie, les différences dans la réception de la PCU observées ici entre les travailleurs autochtones et non autochtones sous-estiment probablement les répercussions disproportionnées de la pandémie sur les personnes autochtones.
Source des données
Les données de la PCU utilisées dans la présente étude proviennent d’Emploi et Développement social Canada (EDSC) et contiennent des renseignements à propos des paiements de la PCU administrés en 2020 par EDSC et l’Agence du revenu du Canada. Sont compris dans les gains de 2019 le revenu d’un emploi selon le feuillet T4, le revenu net d’un travail autonome et les dividendes déterminés rapportés sur la déclaration T1.
Cette étude met l’accent sur les travailleurs qui ont reçu la PCU parmi ceux qui gagnaient au moins 5 000 $ en 2019. Les travailleurs qui gagnaient au moins 5 000 $ au cours des 12 moins précédant la date de la demande de PCU étaient également admissibles à la PCU, mais leurs renseignements sur l’emploi n’étaient pas disponibles à ce moment-là. De plus, ceux qui ont volontairement quitté leurs emplois n’étaient pas admissibles à la PCU, mais ces renseignements n’ont pas été intégrés dans l’ensemble de données.
L’ensemble de données sur la PCU a été couplé aux données du recensement, et seulement les enregistrements qui ont été couplés au questionnaire détaillé du Recensement de 2016 sont inclus dans cette analyse. Par exemple, ceux qui n’étaient pas au Canada au moment du Recensement et ceux vivant dans des logements collectifs sont exclus. L’ensemble des données est donc assujetti à la sous-couverture potentielle.
Dans la présente étude, les personnes autochtones sont celles qui se sont désignées comme des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits dans le questionnaire détaillé du Recensement de 2016. Le terme « Premières Nations » englobe les membres vivant dans des réserves ainsi que ceux vivant hors réserve, et comprend les Premières Nations inscrits et non inscrits.
Références
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Appendix
| Autochtones | Non autochtones | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Femmes | Hommes | Total | Femmes | Hommes | |
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 43,2 | 39,0 | 44,7 | 21,6 | 23,8 | 20,5 |
| Extraction minière, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz | 35,0 | 33,4 | 35,3 | 25,6 | 20,1 | 26,8 |
| Services publics | 11,3 | 10,6 | 11,5 | 6,4 | 6,2 | 6,4 |
| Construction | 48,9 | 46,3 | 49,3 | 41,6 | 38,4 | 42,1 |
| Fabrication | 37,7 | 40,5 | 36,7 | 33,3 | 36,9 | 31,9 |
| Commerce de gros | 32,4 | 36,7 | 30,6 | 27,2 | 29,8 | 25,9 |
| Commerce de détail | 44,1 | 46,6 | 40,9 | 42,3 | 44,8 | 39,4 |
| Transport et entreposage | 36,1 | 40,1 | 34,4 | 35,4 | 36,8 | 34,8 |
| Industrie de l’information et industrie culturelle | 29,2 | 32,8 | 25,9 | 21,9 | 24,3 | 20,4 |
| Finance et assurances | 16,7 | 17,4 | 15,3 | 11,7 | 11,6 | 11,9 |
| Services immobiliers et services de location et de location à bail | 41,3 | 41,8 | 40,9 | 37,9 | 38,0 | 37,8 |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 34,3 | 36,8 | 31,6 | 26,0 | 28,9 | 23,6 |
| Gestion de sociétés et d’entreprises | 33,3 | 33,9 | 32,8 | 22,3 | 23,0 | 21,6 |
| Services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et services d’assainissement | 45,4 | 47,2 | 44,2 | 42,3 | 45,6 | 39,7 |
| Services d’enseignement | 32,5 | 35,0 | 26,1 | 25,6 | 28,2 | 19,8 |
| Soins de santé et assistance sociale | 34,6 | 35,6 | 29,4 | 30,6 | 32,1 | 23,8 |
| Arts, spectacles et loisirs | 67,6 | 70,1 | 64,3 | 62,6 | 64,2 | 61,0 |
| Services d’hébergement et de restauration | 67,4 | 68,8 | 65,1 | 67,6 | 68,0 | 67,1 |
| Autres services (sauf les administrations publiques) | 49,5 | 53,8 | 43,3 | 50,1 | 56,7 | 42,4 |
| Administrations publiques | 24,2 | 23,7 | 24,9 | 10,1 | 11,0 | 9,0 |
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