Logo StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleurLa volonté des Canadiens de se faire vacciner contre la COVID-19 : différences entre les groupes et raisons de la réticence à la vaccination

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par Kristyn Frank et Rubab Arim

Début de l’encadré

Cet article fournit des données désagrégées pour améliorer la compréhension des répercussions de la COVID-19 sur des groupes particuliers. Visitez le Carrefour de statistiques sur le genre, la diversité et l’inclusion pour obtenir plus d’analyses ainsi que des données désagrégées sur le travail, la sécurité publique, la santé et bien plus encore.

Fin de l’encadré

Le développement d’un vaccin contre la COVID-19 a été reconnu comme un facteur déterminant pour arrêter la pandémie et amorcer le retour à la normale (Dourado, 2020). Bien qu’un vaccin contre la COVID-19 n’ait pas encore été mis au point, on sait déjà que son efficacité dépendra de la proportion de la population qui sera disposée à se faire vacciner (Thunstrom et coll., 2020).

La réticence à la vaccination, définie comme le refus de se faire vacciner ou l’hésitation à l’égard des vaccins, peut avoir des répercussions sur la mise en œuvre d’une stratégie de vaccination contre la COVID-19 (Thunstrom et coll., 2020). Désignée par l’Organisation mondiale de la Santé comme l’une des plus grandes menaces pesant sur la santé publique (OMS, 2019), la réticence à la vaccination peut être attribuée à différentes raisons et ne signifie pas nécessairement une méfiance généralisée à l’égard des vaccins (Thunstrom et coll., 2020). Certaines personnes, par exemple, sont plus susceptibles d’attendre avant de recevoir un vaccin nouvellement développé, en raison de préoccupations concernant son efficacité ou ses effets secondaires (Dubé et coll., 2013; Thunstrom et coll., 2020). Par conséquent, la nouveauté d’un vaccin contre la COVID-19 pourrait jouer un rôle dans la volonté des Canadiens de se faire vacciner, en plus de leurs raisons personnelles de choisir ne pas le faire.

Selon une étude récente fondée sur les résultats d’une initiative de collecte de données par approche participative, menée du 26 mai au 8 juin 2020, a un peu plus des deux tiers des participants sont très susceptibles de se faire vacciner contre la COVID-19 lorsqu’un vaccin sera disponible (Frank et Arim, 2020a). Cependant, puisque la méthode de collecte par approche participative n’est pas fondée sur un plan d’échantillonnage probabiliste, il n’est pas possible d’appliquer ces résultats à l’ensemble de la population canadienne et, par conséquent, d’examiner les différences entre les groupes. La présente étude corrige ces limitations en utilisant des données de la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes (SEPC), qui sont représentatives de la population canadienne des 10 provincesNote . Ainsi, en plus d’examiner la volonté des Canadiens de se faire vacciner contre la COVID-19, cette étude traite des différences entre les groupes et des raisons de ne pas avoir l’intention de recevoir un vaccin.

La majorité des Canadiens sont très susceptibles de recevoir un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible

Plus de la moitié des Canadiens (57,5 %) ont indiqué qu’il était très probable qu’ils se fassent vacciner contre la COVID-19 lorsqu’un vaccin sera disponible, et 19,0 % ont déclaré qu’il était plutôt probable qu’ils le fassent (graphique 1). Environ 1 Canadien sur 7 a dit qu’il était plutôt improbable (5,1 %) ou très improbable (9,0 %) qu’il reçoive un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible, et un peu moins de 1 Canadien sur 10 (9,4 %) ne savait encore s’il se ferait vacciner ou non.

Graphique 1

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Volonté de recevoir un vaccin contre la COVID-19 (titres de rangée) et pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Volonté de recevoir un vaccin contre la COVID-19 pourcentage
Très probable 57,5
Plutôt probable 19,0
Plutôt improbable 5,1
Très improbable 9,0
Ne sait pas 9,4

Les Canadiens plus âgés et ceux ayant un niveau de scolarité plus élevé sont plus susceptibles de se faire vacciner contre la COVID-19

Certaines différences entre les groupes ont été observés entre les Canadiens ayant indiqué qu’il était très probable qu’ils se fassent vacciner contre la COVID-19 et les autres (tableau 1).

Les écarts selon le groupe d’âge et les niveaux de scolarité étaient particulièrement prononcés. Les Canadiens plus âgés étaient proportionnellement plus nombreux à indiquer qu’il était très probable qu’ils se fassent vacciner contre la COVID-19 que les Canadiens plus jeunes, le taux chez les participants de 65 ans s’élevant à 70,3 %, alors que chez les participants de 15 et 64 ans, il variait de 52 % à 58 %. Par ailleurs, plus de 7 Canadiens sur 10 titulaires d’un grade supérieur au baccalauréat (72,7 %) ont indiqué qu’il était très probable qu’ils reçoivent un vaccin une fois qu’il sera disponible comparativement à 6 titulaires d’un baccalauréat sur 10 (60,3 %) (catégorie de référence). Cependant, une plus petite proportion de Canadiens titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’une école de métiers, d’un collège, d’un cégep ou d’une université en dessous du niveau du baccalauréat (52,9 %) ont dit qu’il était très probable qu’ils se fassent vacciner contre la COVID-19.

D’autres écarts, de plus petite ampleur, ont été observés selon d’autres caractéristiques sociodémographiques. Par exemple, les Canadiens sans enfants de moins de 18 ans (60,4 %) étaient proportionnellement plus nombreux que les autres (51,6 %) à déclarer qu’il était très probable qu’ils reçoivent un vaccin contre la COVID-19, et les personnes nées au Canada (59,4 %) étaient plus susceptibles que les personnes immigrantes (52,0 %) d’indiquer qu’il était très probable qu’ils le fassent. Par ailleurs, les deux tiers environ des résidents des provinces de l’Atlantique (67,7 %) ont dit qu’il était très probable qu’ils se fassent vacciner, comparativement à 58,8 % des résidents de l’Ontario (catégorie de référence).

Autre fait intéressant à noter, bien qu’une autre étude fondée sur la SEPC ait montré que les Canadiens en emploi, mais absents du travail durant la même semaine de référence étaient plus susceptibles de prévoir passer un test de dépistage pour la COVID-19 que les Canadiens en emploi et au travail (Frank et Arim, 2020b), la présente étude ne dégage aucune différence statistiquement significative quant à la volonté des Canadiens de recevoir un vaccin contre la COVID-19 selon leur situation d’emploi.


Tableau 1
Volonté des Canadiens de recevoir un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible, par caractéristique sociodémographique
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Volonté des Canadiens de recevoir un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible Volonté de recevoir un vaccin contre la COVID-19, Très probable et Peu probable, calculées selon pourcentage et intervalles de confiance à 95 % unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Volonté de recevoir un vaccin contre la COVID-19
Très probable Peu probable
pourcentage intervalles de confiance à 95 % pourcentage intervalles de confiance à 95 %
Sexe
Hommes (groupe de référence) 55,9 51,9 59,9 44,1 40,1 48,1
Femmes 58,9 55,3 62,5 41,1 37,5 44,7
Groupe d’âge
15 à 24 ans 58,1Note * 47,1 68,3 41,9Note * 31,7 52,9
25 à 44 ans 51,6Note * 47,4 55,9 48,4Note * 44,1 52,6
45 à 64 ans 54,8Note * 51,1 58,4 45,2Note * 41,6 48,9
65 ans et plus (groupe de référence) 70,3 65,3 74,9 29,7 25,1 34,7
Plus haut niveau de scolarité atteint
Diplôme d’études secondaires ou études postsecondaires partielles 56,3 50,7 61,7 43,7 38,3 49,3
Certificat ou diplôme d’une école de métiers, d’un collège, d’un cégep ou d’une université en dessous du niveau du baccalauréat 52,9Note * 48,8 57,0 47,1Note * 43,0 51,2
Baccalauréat (catégorie de référence) 60,3 55,3 65,1 39,7 34,9 44,7
Supérieur au baccalauréat 72,7Note * 66,6 77,9 27,3Note * 22,1 33,4
Situation d’emploi
En emploi et au travail une partie au moins de la semaine de référence (catégorie de référence) 56,3 52,8 59,7 43,7 40,3 47,2
En emploi, mais absence du travail non liée à la COVID-19 58,0 43,4 71,3 42,0 28,7 56,6
En emploi, mais absence du travail liée à la COVID-19 52,7 40,4 64,6 47,3 35,4 59,6
Sans emploi 59,2 54,8 63,5 40,8 36,5 45,2
État matrimonial
Marié ou vivant en union libre (catégorie de référence) 58,0 55,0 60,9 42,0 39,1 45,0
Veuf, séparé ou divorcé 56,3 49,1 63,3 43,7 36,7 50,9
Célibataire, jamais marié 56,8 50,4 63,0 43,2 37,0 49,6
Avait un enfant de moins de 18 ans au 15 juin 2020
Non (catégorie de référence) 60,4 57,3 63,5 39,6 36,5 42,7
Oui 51,6Note * 46,4 56,9 48,4Note * 43,1 53,6
Statut d’immigrant
Né au Canada (catégorie de référence) 59,4 56,3 62,4 40,6 37,6 43,7
Immigrant reçu 52,0Note * 46,1 58,0 48,0Note * 42,0 53,9
Pas un immigrant reçu 47,6 31,3 64,5 52,4 35,5 68,7
Région de résidence
Provinces de l’Atlantique 67,7Note * 62,4 72,5 32,3Note * 27,5 37,6
Québec 54,3 47,6 60,8 45,7 39,2 52,4
Ontario (catégorie de référence) 58,8 54,2 63,3 41,2 36,7 45,8
Région des Prairies 56,2 51,5 60,9 43,8 39,1 48,5
Colombie-Britannique 55,5 49,2 61,6 44,5 38,5 50,8

Les Canadiens qui sont peu susceptibles de se faire vacciner sont surtout préoccupés par la sécurité du vaccin, les risques et les effets secondaires

Les Canadiens ayant indiqué qu’il était plutôt improbable ou très improbable qu’ils reçoivent un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible ont été invités à en donner la raison (graphique 2). Les deux principales raisons invoquées étaient le manque de confiance à l’égard de la sécurité du vaccin (54,2 %) et les inquiétudes relatives aux risques et aux effets secondaires (51,7 %). Le tiers environ des Canadiens peu susceptibles de se faire vacciner ont dit qu’ils attendraient que le vaccin semble sécuritaire (34,8 %) et environ le quart, qu’ils ne croyaient pas que le vaccin était nécessaire (25,9 %).

Graphique 2

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Raisons de ne pas se faire vacciner (titres de rangée) et pourcentage(figurant comme en-tête de colonne).
Raisons de ne pas se faire vacciner pourcentage
Je n’ai pas confiance en la sécurité du vaccin 54,2
J'ai des inquiétudes quant aux risques et effets secondaires 51,7
J'attendrai jusqu'à ce que le vaccin semble sécuritaire 34,8
Je ne crois pas que le vaccin est nécessaire 25,9
Je ne crois pas en la vaccination 9,7
Je n’ai pas encore pris ma décision 8,9
Autre raison 8,3
J’ai un problème de santé préexistant 8,0
J’ai déjà eu ou je pense avoir eu la COVID-19 6,7

Pour 1 Canadien sur 10 peu susceptible de se faire vacciner contre la COVID-19, un scepticisme général à l’égard de la vaccination était la raison invoquée, 9,7 % des participants ayant dit ne pas croire en la vaccination. Cependant, des raisons ont aussi été données sans lien avec la confiance à l’égard de la vaccination. Par exemple, 8,0 % ont précisé ne pas avoir l’intention de se faire vacciner en raison d’un problème de santé préexistant et 6,7 %, ont dit que c’était parce qu’ils ont déjà eu ou pensaient avoir eu la COVID-19. En outre, 8,9 % des Canadiens peu susceptibles de recevoir un vaccin ont indiqué ne pas encore avoir décidé s’ils le feraient ou non.

Méthodologie

Cette étude repose sur les données du troisième volet de la série d’enquêtes par panel de Statistique Canada, soit la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes (SEPC) – Reprise des activités économiques et sociales pendant la COVID-19, dont la collecte s’est déroulée du 15 au 21 juin 2020. La SEPC est un ensemble d’enquêtes en ligne, réalisées auprès des résidents des 10 provinces canadiennes, pour connaître leurs points de vue relatifs à la pandémie de COVID-19. Environ 4 000 personnes ont participé à ce troisième volet de la SEPC, et y ont fait connaître leur perspective de la reprise des activités au pays. Puisque la SEPC est menée auprès d’un sous-échantillon de l’Enquête sur la population active (EPA), plusieurs variables démographiques (âge, sexe, plus haut niveau de scolarité, lieu de naissance) sont tirées des données de l’EPA. La volonté des Canadiens de se faire vacciner a été mesurée à partir des réponses à la question suivante de la SEPC : « Lorsqu’un vaccin contre la COVID-19 sera disponible, quelle est la probabilité que vous choisissiez de le recevoir? »

Références

Dourado, E. 2020. Accelerating availability of vaccine candidates for COVID-19. Mercatus Center Research Paper Series. Arlington, VA: George Mason University.

Dubé, E., C. Laberge, M. Guay, P. Bramadat, R. Roy, et J.A. Bettinger. 2013. « Vaccine hesitancy: an overview ». Human Vaccines & Immunotherapeutics 9 (8) : 1763 à 1773. DOI : 10.4161/hv.24657

Frank, K., et R. Arim. 2020a. « La volonté des Canadiens d’obtenir un vaccin contre la COVID-19 lorsqu’il sera disponible : quel rôle joue la confiance? » Produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada. no 00043 . Ottawa : Statistique Canada.

Frank, K., et R. Arim. 2020b. « Dépistage de la COVID-19 : les Canadiens prévoient-ils passer un test et pourquoi? » Produit no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada.  no 00072. Ottawa : Statistique Canada.

Organisation mondiale de la Santé (OMS). 2019. Ten threats to global health in 2019. Disponible au lien suivant : https://www.who.int/news-room/feature-stories/ten-threats-to-global-health-in-2019 (consulté le 14 juillet 2020).

Thunstrom, L., M. Ashworth, D. Finoff, et S.C. Newbold. 2020. Hesitancy towards a COVID-19 vaccine and prospects for herd immunity. Disponible au lien suivant : https://ssrn.com/abstract=3593098 (consulté le 17 juillet 2020).

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