Logo StatCan et la COVID-19: Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur Pandémie de COVID-19 : Répercussions scolaires sur les étudiants du niveau postsecondaire au Canada

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Perturbation généralisée de l’apprentissage chez les étudiants du niveau postsecondaire

Alors que les effets de la pandémie de COVID-19 entraînaient la fermeture des collèges et des universités partout au Canada, les étudiants du niveau postsecondaire ont vu leur milieu d’enseignement évoluer rapidement, les cours étant convertis en apprentissage en ligne ou repoussés et, dans certains cas, annulés.

Une collecte de données fondée sur l’approche participative, menée récemment par Statistique Canada, et à laquelle ont participé plus de 100 000 étudiants du niveau postsecondaire du 19 avril au 1er mai 2020 permet de comprendre les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur leurs études. Les lecteurs doivent noter que les données obtenues à l’aide de l’approche participative ne reposent pas sur les principes de l’échantillonnage. Par conséquent, les résultats présentés ci-après ne peuvent s’appliquer à l’ensemble des étudiants du niveau postsecondaire au Canada. Cependant, compte tenu du grand nombre de participants, les résultats offrent de précieux renseignements sur ce que vivent les étudiants participants (voir la section de la méthodologie).

D’après les résultats de cette collecte de données fondée sur l’approche participative, plus du quart (26 %) des participants ont vu une partie de leurs cours repoussés ou annulés en raison de la pandémie. Cette proportion était semblable parmi ceux qui étudiaient pour obtenir un diplôme d’études collégiales ou de cégep (25 %), un diplôme de premier cycle (26 %) ou une maîtrise ou un grade professionnel (28 %). La proportion était plus faible parmi les étudiants au doctorat (14 %), qui habituellement suivent moins de cours et consacrent davantage de temps à la recherche.

Ce type de perturbation scolaire variait beaucoup en fonction du domaine d’études; c’est pour ceux qui étudiaient dans les domaines des services (56 %), des métiers (53 %), ou des soins de santé (41 %) qu’il était le plus élevé. Ces domaines d’études sont plus susceptibles d’inclure des placements en milieu de travail ou des activités comme des travaux de laboratoire, de l’apprentissage appliqué ou de la formation pratique qui ne peuvent pas être offerts en ligne.

Graphique 1 Proportion de participants ayant déclaré que certains de leurs cours avaient été annulés ou repoussés cette session-ci, par domaine d’études

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de donnéées du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de donnéées du graphique 1. Les données sont présentées selon Domaine d'études (titres de rangée) et Cours repoussés/annulés, calculées selon proportion unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Domaine d'études Cours repoussés/annulés
pourcentage
Arts, sciences humaines et sciences sociales 25
Commerce et administration 18
Soins de santé 41
Éducation 25
Droit 25
Sciences 24
Génie et technologie du génie 18
Mathématiques et informatique 18
Services 56
Métiers 53

La fermeture des établissements d’enseignement en raison de la COVID-19 a fait augmenter l’apprentissage en ligne. Presque tous les participants ont vu une partie (17 %) ou la totalité (75 %) de leurs cours convertis en apprentissage en ligne. Une petite proportion n’a vu aucun de leurs cours passer à l’apprentissage en ligne (2 %) ou ne suivait pas de cours (p. ex., préparation d’une thèse, placement en milieu de travail, 6 %).

Le passage à l’apprentissage en ligne a permis à de nombreux étudiants de continuer à faire leurs travaux et de terminer leurs cours. En même temps, le passage rapide à l’enseignement en ligne pourrait poser des difficultés aux étudiants qui n’étaient pas en mesure de s’adapter à cette façon d’apprendre, soit parce qu’ils apprennent mieux en assistant aux cours en personne, parce qu’ils n’ont pas les outils nécessaires ou parce que leur milieu familial ne favorise pas l’apprentissage en ligne. De plus, l’adaptation à l’enseignement en ligne peut avoir été impactée par le stress additionnel causé à faire face à la pandémie de COVID-19.

Parmi les participants qui ont déclaré que tous leurs cours avaient été convertis en apprentissage en ligne, près d’un sur dix (7 %) ont déclaré qu’ils n’avaient pas pu terminer une partie ou la totalité de ces cours. Cette proportion était légèrement plus élevée chez ceux qui étudiaient pour obtenir un diplôme d’études collégiales ou de cégep (9 %), comparativement à ceux qui étudiaient pour obtenir un baccalauréat (7 %), une maîtrise ou un grade professionnel (6 %) ou un doctorat (6 %). Cette proportion variait également en fonction du domaine d’études, allant de 5 % pour les participants étudiant le génie et la technologie du génie à 13 % pour ceux qui apprenaient un métier.

Graphique 2 Proportion de participants à l’approche participative qui n’ont pas pu terminer une partie ou la totalité des cours qui ont été convertis en apprentissage en ligne, par domaine d’études

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Domaine d'études (titres de rangée) et Cours repoussés/annulés, calculées selon proportion unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Domaine d'études Incapable de terminer une partie ou la totalité des cours
pourcentage
Arts, sciences humaines et sciences sociales 9
Commerce et administration 7
Soins de santé 9
Éducation 6
Droit 7
Sciences 6
Génie et technologie du génie 5
Mathématiques et informatique 9
Services 10
Métiers 13

Les résultats obtenus au moyen de l’approche participative ont montré que, outre la perturbation des études des étudiants du niveau postsecondaire attribuable au report ou à l’annulation de cours ou à leur conversion en apprentissage en ligne, les étudiants sont également préoccupés par l’avenir de leurs études. Leurs préoccupations portent notamment sur leurs notes, leur capacité à obtenir leur diplôme comme prévu ou encore le fait que leur diplôme ne soit pas équivalent à celui d’étudiants qui n’ont pas été touchés par la pandémie de COVID-19 (voir l’infographie). D’autres études de la série porteront sur l’effet de la pandémie sur les placements en milieu de travail et examineront les préoccupations financières qui s’y rattachent.

Méthodologie

Le présent article est fondé sur un questionnaire administré selon l’approche participative, qui a été rempli par plus de 100 000 étudiants du niveau postsecondaire du 19 avril au 1er mai 2020. Les lecteurs doivent noter que contrairement à celles d’autres enquêtes de Statistique Canada, les données qui sont recueillies selon l’approche participative ne le sont pas au moyen d’un plan de sondage probabiliste. Les données ont été étalonnées au nombre d’étudiants par province ou territoire d’études, niveau d’études et genre selon le Système d’information sur les étudiants postsecondaires. Les résultats pourraient être biaisés étant donné que les réponses des participants ne sont pas nécessairement représentatives des non-participants. Il faut donc faire preuve de prudence lors de l’interprétation des résultats, et aucune conclusion ne doit être tirée quant à l’ensemble des étudiants du niveau postsecondaire au Canada.

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