Portrait des jeunes au Canada : Rapport statistique
Chapitre 6 : La participation politique, l’engagement civique et la prestation de soins chez les jeunes au Canada

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Introduction

Les recherches montrent que la participation politique et l’engagement civique sont des facteurs importants dans le développement des jeunes — ils peuvent effectivement apprendre leurs droits, leurs obligations et leurs responsabilités en tant que citoyens par l’intermédiaire d’une variété d’activités d’engagement, qui peuvent servir de fondement pour leur transition à l’âge adulteNote . Cependant, il n’est pas facile de définir la participation ou l’engagement civique. En gros, l’engagement est la participation au processus politique et à des organismes, à des groupes ou à des réseaux bâtis autour d’un intérêt commun. Parfois, le but consiste à se pencher sur d’importantes questions sociales, alors que dans d’autres cas, il s’agit simplement d’un loisir. L’engagement peut aussi comprendre la prestation de soins, lorsque des personnes prodiguent des soins et offrent un accompagnement aux membres de leurs familles et de leurs collectivités. Fondé sur les données d’enquête de Statistique Canada, le présent rapport décrit les activités d’engagement civique et la participation politique des jeunes au Canada, qui sont définis comme les personnes de 15 à 30 ansNote .

La première section du présent rapport porte sur la participation politique. On y examine plus précisément les indicateurs tels que la participation électorale aux élections fédérales, provinciales et municipales, les raisons principales pour lesquelles les jeunes ne votent pas et si les jeunes planifient voter à l’avenir. Voter n’est toutefois pas la seule forme d’engagement politique : la présente analyse porte donc aussi sur les activités politiques non électorales telles que le fait d’exprimer ses points de vue sur Internet, de signer des pétitions et de participer à des marches et à des manifestations.

La deuxième section explore d’autres dimensions de l’engagement civique comme la participation à des groupes, à des organismes et à des associations, et le bénévolat encadré et non organisé. La recherche actuelle montre que la participation à de telles activités peut aider les jeunes à acquérir de bonnes aptitudes démocratiquesNote ainsi que des compétences utiles telles que la collaboration et la résolution de problèmesNote . L’engagement civique peut aussi améliorer la santé et le bien-être des jeunesNote , et il joue un rôle important dans le maintien et l’amélioration du bien-être des collectivitésNote .

La dernière section du présent rapport porte sur les soins non rémunérés comme forme d’engagement, en insistant sur le type de soins fournis et le lien entre le proche aidant et le principal bénéficiaire de soins. Le fait de prodiguer des soins à des membres de la famille ou à des amis peut avoir de nombreux avantages, tels que de réduire le coût social de la santé et d’autres services institutionnelsNote . Cependant, les recherches montrent aussi que la prestation de soins a des répercussions négatives sur les proches aidants, et les jeunes aidants en particulier. Bien que de nombreux jeunes aidants voient cela comme une expérience positive, il y a de plus grands risques sur les plans social et scolaire de même que des risques pour la santé mentale et physique, lorsque la prestation de soins entre en conflit avec d’autres activitésNote .

La pandémie de COVID-19 a eu d’énormes répercussions sur l’endroit où les jeunes peuvent faire du bénévolat, prodiguer des soins et participer à des activités politiques et sociales, et la façon de le faire. Bien que certaines des données utilisées dans le présent rapport remontent à avant la pandémie, elles donnent un aperçu des défis et des possibilités liés à l’engagement des jeunes. Entre-temps, les données sur l’engagement politique et la participation à des organismes et à des groupes ont été recueillies pendant la pandémie, et celles-ci indiquent comment les jeunes ont poursuivi leur engagement civique tout en étant confrontés aux restrictions en matière de santé publique.

Section 1 : L’engagement politique des jeunes au Canada

Les jeunes de 15 à 30 ans sont moins susceptibles d’être intéressés à la politique que les adultes plus âgés

Selon les résultats de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2020 sur l’identité sociale, 60 % des jeunes de 15 à 30 ans ont déclaré être quelque peu intéressés ou très intéressés à la politique, ce qui constitue un taux beaucoup plus faible que celui de 68 % chez les personnes de 31 à 46 ans et celui de 74 % chez les personnes de 47 ans et plus.

Chez les jeunes de 15 à 30 ans, une proportion plus élevée d’hommes (62 %) que de femmes (56 %) ont déclaré être très intéressés ou quelque peu intéressés à la politique; cependant, la différence n’est pas significative.

Les résultats montrent aussi que les jeunes qui appartiennent à des groupes de population désignés comme minorités visiblesNote étaient nettement moins susceptibles que leurs homologues n’appartenant pas à une minorité visible de déclarer être intéressés à la politique. Plus précisément, un peu plus de la moitié (52 %) des jeunes qui appartiennent à des groupes de population désignés comme minorités visibles ont déclaré être très intéressés ou quelque peu intéressés à la politique, alors que la proportion se situait à 64 % chez les personnes n’appartenant pas à une minorité visibleNote .

Plus des trois quarts des jeunes Canadiens ont voté lors des élections fédérales de 2019

Même si de nombreux facteurs sont liés à la participation électorale, tels que le niveau de scolarité et le statut d’immigrant, l’âge joue un rôle important dans la participation au scrutin au CanadaNote . Chez les personnes admissibles à voter, les jeunes Canadiens de 18 à 30 ans étaient nettement moins susceptibles de voter lors des élections fédérales de 2019 (80 %) comparativement à 86 % des personnes de 31 à 46 ans et à 90 % des personnes de 47 ans et plus (tableau 1). Ces données concordent avec celles des élections fédérales précédentes, lors desquelles les jeunes représentaient aussi le groupe le moins susceptible de voterNote .

Les études antérieures et les enquêtes suivant les élections ont montré de façon constante des taux de scrutin plus élevés que les taux publiés par Élections CanadaNote . Par exemple, les données d’Élections Canada ont révélé que 54 % des jeunes de 18 à 24 ans ont voté lors des élections fédérales de 2019, comparativement à 78 % de ceux ayant déclaré des données dans le cadre de l’ESG de 2020Note . Même si les données de l’ESG surestiment les taux de scrutin, les études existantes ont montré que les principales caractéristiques démographiques liées au vote (p. ex. l’âge et le genre) sont habituellement les mêmes entre les données de l’ESG et celles d’Élections CanadaNote . L’utilisation des données de l’ESG nous permet d’examiner les caractéristiques allant au-delà de l’âge et du genre, ainsi que les raisons pour lesquelles les personnes choisissent de ne pas voter.


Tableau 1
Taux de participation aux élections fédérales, provinciales et municipales, selon le groupe d’âge, 2020
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de participation aux élections fédérales. Les données sont présentées selon Type d'élections (titres de rangée) et 18 à 30 ans (réf.), 31 à 46 ans et 47 ans et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type d'élections 18 à 30 ans (réf.) 31 à 46 ans 47 ans et plus
pourcentage
Dernières élections fédérales 79,7 85,5Note * 89,9Note *
Dernières élections provinciales 72,7 84,8Note * 88,7Note *
Dernières élections municipales 52,5 68,2Note * 77,7Note *

Les résultats au tableau 1 montrent aussi que les jeunes sont moins susceptibles de voter aux élections provinciales et municipales que les Canadiens plus âgés. Par exemple, chez les personnes admissibles à voter, 73 % des jeunes de 18 à 30 ans ont voté aux dernières élections provinciales, tandis que les proportions étaient plus élevées chez les personnes de 31 à 46 ans et chez celles de 47 ans et plus (85 % et 89 %, respectivement). Le même schéma est évident pour le vote à l’échelle municipale, même si la participation électorale est la plus faible dans ce type d’élections.

Lorsqu’on examine la participation électorale des jeunes selon le genre, les résultats montrent que 81 % des hommes et 77 % des femmes ont voté lors des élections fédérales de 2019. De plus, les jeunes qui appartiennent à des groupes de population désignés comme minorités visibles étaient moins susceptibles de voter (73 %) que ceux qui n’appartiennent pas à des minorités visibles (82 %)Note .

Plus de 4 jeunes sur 10 ont déclaré ne pas avoir voté aux élections fédérales de 2019 pour des raisons liées à la vie courante

Parmi les répondants ayant affirmé ne pas avoir voté lors des plus récentes élections fédérales, on a demandé quelle en était la raison principale. Les obligations liées à la vie courante ont représenté la plus grande proportion de toutes les raisons de ne pas avoir voté données par les jeunes (voir la section Données, méthodes et définitions). Plus précisément, il s’agit de la raison principale donnée par 42 % des jeunes de 18 à 30 ans, comparativement au tiers des personnes de 31 à 46 ans et des personnes de 47 ans et plus (tableau 2). Lorsqu’on examine les réponses possibles liées à la vie courante ou à la santé, 17 % des jeunes ont indiqué un conflit avec leur horaire de travail ou d’école comme raison principale pour ne pas voter, suivis de 14 % qui ont indiqué être à l’extérieur de la ville ou du domicile.

De plus, le tiers des jeunes ont déclaré des raisons politiques comme raison principale de ne pas avoir voté lors des dernières élections fédérales. Plus précisément, les jeunes étaient moins susceptibles que les adultes plus âgés de déclarer un manque d’intérêt comme raison principale de ne pas voter : 11 % des jeunes par rapport à 17 % des personnes de 31 à 46 ans et à 19 % des personnes de 47 ans et plus. Cependant, une proportion plus élevée de jeunes ont déclaré ne pas être informés sur les enjeux politiques comme raison principale (12 %), suivis de 8 % des personnes de 31 à 46 ans et de 5 % des personnes de 47 ans et plusNote .


Tableau 2
Raisons principales pour ne pas voter selon le groupe d’âge, élections fédérales de 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Raisons principales pour ne pas voter selon le groupe d’âge. Les données sont présentées selon Raisons pour ne pas voter (titres de rangée) et 18 à 30 ans (réf.), 31 à 46 ans et 47 ans et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Raisons pour ne pas voter 18 à 30 ans (réf.) 31 à 46 ans 47 ans et plus
pourcentage
Raisons liées à la vie courante ou à la santé 41,46 32,5 32,7
Maladie ou incapacité personnelle 2,2 4,2 11,4Note *
À l’extérieur de la ville ou du domicile 13,7 6,1Note * 9,8
Trop occupé 8,5 9,6 6,1
Conflits d’horaires de travail ou d’école 16,5 6,8Note * 3,1Note *
Raisons politiques 32,4 42,4 38,2
Pas intéressé 11,3 16,7 18,6
Impression que le vote ne changerait pas les résultats des élections 4,6 8,2 8,3
N’aimait pas les candidats ou les sujets de la campagne 4,8 10,0 6,3
Pas informé sur les questions politiques 11,7 7,5 4,9Note *
Raisons liées au processus électoral 2,7 1,3 3,6
Autres raisons 23,5 23,8 25,5

Moins de jeunes ont déclaré qu’ils sont très susceptibles de voter aux prochaines élections fédérales comparativement aux adultes plus âgés

Dans le cadre de l’ESG de 2020, on a demandé aux répondants de 17 ans et plus dans quelle mesure ils étaient susceptibles de voter aux prochaines élections fédérales. Les résultats montrent que la majorité des jeunes (69 %) ont déclaré qu’ils étaient très susceptibles de voter aux prochaines élections fédérales. À titre de comparaison, les proportions se situaient à 76 % chez les personnes de 31 à 46 ans et à 82 % chez les personnes de 47 ans et plus.

Chez les jeunes, aucune différence entre les genres n’a été observée quant à la probabilité de voter aux prochaines élections fédérales. Plus précisément, 68 % des hommes et 70 % des femmes ont déclaré qu’ils seraient susceptibles de voter. Il y avait toutefois des différences significatives selon l’appartenance à une minorité visible. Un peu plus de la moitié (54 %) des jeunes qui appartiennent à des groupes de population désignés comme minorités visibles ont déclaré être susceptibles de voter aux prochaines élections fédérales, ce qui représente une proportion nettement plus faible que celle de 77 % enregistrée chez les personnes n’appartenant pas à une minorité visible. La différence pourrait être en partie attribuable au fait que les jeunes appartenant à une minorité visible sont plus susceptibles de se buter à des obstacles lorsqu’ils demandent des renseignements à propos du processus électoral, et ils sont aussi moins susceptibles de percevoir les politiciens et les partis politiques comme étant sensibles à leurs intérêts et à leurs besoinsNote .

Les jeunes sont plus susceptibles de signer des pétitions sur Internet et de participer aux manifestations que les adultes plus âgés

Le fait de voter n’est pas la seule forme d’engagement politique. Les personnes peuvent aussi participer à des activités politiques non électorales telles que faire du bénévolat pour un parti politique, boycotter certains produits pour des raisons éthiques, signer des pétitions et participer à des marches et à des manifestations. Cela mérite d’être pris en compte lorsqu’on se concentre sur les jeunes, puisque certaines recherches ont laissé entendre que les jeunes sont plus susceptibles de devenir engagés autrement que par le voteNote .

Selon les données de l’ESG de 2020, un peu moins des trois quarts (67 %) des jeunes de 15 à 30 ans ont cherché de l’information sur un enjeu politique au cours des 12 mois précédents. De plus, 37 % ont boycotté ou choisi un produit pour des raisons éthiques.

Les principales activités politiques non électorales étaient en général les mêmes pour les personnes de 31 à 46 ans et celles de 47 ans et plus. Cependant, il existe quelques différences significatives qui valent la peine d’être soulignées. Par exemple, les jeunes étaient nettement plus susceptibles de signer une pétition sur Internet au cours des 12 mois précédents (48 %), comparativement aux adultes plus âgés (37 % des personnes de 31 à 46 ans, et 23 % de celles de 47 ans et plus). Les jeunes étaient aussi beaucoup plus susceptibles d’exprimer leurs points de vue sur un enjeu par l’intermédiaire d’un forum sur Internet ou d’un site Web de nouvelles (24 %), comparativement à 20 % des personnes de 31 à 46 ans et à 14 % des personnes de 47 ans et plus. De plus, 15 % des jeunes ont déclaré porter un macaron ou un t-shirt ou afficher une pancarte pour manifester leur appui ou leur opposition à une cause politique ou sociale, comparativement à 12 % des adultes de 31 à 46 ans et à 8 % de ceux de 47 ans et plus. Enfin, les jeunes étaient aussi beaucoup plus susceptibles de participer à une manifestation ou à une marche (14 %) que les adultes plus âgés (8 % des personnes de 31 à 46 ans, et 4 % de celles de 47 ans et plus).

Il est important de se rappeler que ces données ont été recueillies pendant la pandémie, alors il se pourrait que les restrictions de santé publique et les fermetures d’écoles aient grandement limité les possibilités d’engagement en personne.

Section 2 : L’engagement civique des jeunes au Canada

La participation à des organismes civiques est souvent motivée par les intérêts personnels des personnes et elle apporte de nombreux avantages tant pour les participants que pour la collectivité dans son ensemble. Par exemple, les jeunes sont souvent exposés à des possibilités sociales et culturelles uniques par lesquelles ils peuvent entretenir leurs intérêts dans des activités sportives, récréatives et scolairesNote .

La participation à des groupes et à des organismes permet aux participants d’élargir leurs réseaux sociaux en y ajoutant de nouveaux amis et contacts. Les organismes peuvent aussi rassembler des personnes de différents antécédents culturels et de différentes générations. Cette participation peut avoir une incidence positive sur le bien-être général, alors que la connectivité, le soutien social et le sentiment d’appartenance sont des prédicteurs bien connus de bons résultats en matière de santéNote . Enfin, à l’échelle de la collectivité, une large participation à ces organismes peut favoriser la confiance du public et la cohésionNote .

Les jeunes de 15 à 30 ans sont plus susceptibles de participer à des activités sportives ou récréatives qu’à d’autres organismes ou associations

Les données de l’ESG de 2020 montrent que 59 % des jeunes de 15 à 30 ans ont participé à un groupe, à un organisme ou à une association au cours des 12 mois précédents. Les proportions sont similaires pour les autres groupes d’âge (61 % chez les personnes de 31 à 46 ans et 59 % chez les personnes de 47 ans et plus).

Les résultats indiquent aussi que les jeunes étaient plus enclins à participer à des organismes sportifs ou récréatifs et à des organismes culturels, éducatifs ou de loisirs (tableau 3). Plus précisément, plus de la moitié (52 %) des jeunes étaient membres d’organismes sportifs ou récréatifs, ce qui est similaire à la proportion d’adultes de 31 à 46 ans (51 %), mais de loin supérieur aux 42 % des personnes de 47 ans et plus. En outre, le tiers (34 %) des jeunes ont participé à des organismes culturels, éducatifs ou de loisirs, tandis que 26 % des jeunes étaient membres de groupes scolaires, d’associations de quartier, d’associations de citoyens ou de groupes communautaires. La participation à des organismes jeunesse est aussi plus courante chez les jeunes (16 %), par rapport à 8 % des personnes de 31 à 46 ans et à 5 % des personnes de 47 ans et plus.


Tableau 3
Participation à des groupes, à des organismes et à des associations, selon le type de groupe ou d’organisme et le groupe d’âge, 2020
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Participation à des groupes. Les données sont présentées selon Type de groupe ou d'organisme (titres de rangée) et 15 à 30 ans (réf.), 31 à 46 ans et 47 ans et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de groupe ou d'organisme 15 à 30 ans (réf.) 31 à 46 ans 47 ans et plus
pourcentage
Organisme sportif ou récréatif 52,9 51,1 41,7Note *
Organisme culturel, éducatif ou de loisirs 34,4 29,2 32,5
Syndicat ou association professionnelle 23,5 45,7Note * 31,5Note *
Parti ou groupe politique 4,3 6,8Note * 8,8Note *
Groupe d’appartenance religieuse 17,2 18,2 24,0Note *
Groupe scolaire, association de quartier, association de citoyens ou groupe communautaire 25,9 30,7Note * 23,9
Organisme humanitaire, œuvre de bienfaisance ou association philanthropique 16,5 18,4 25,3Note *
Groupe pour personnes âgées 2,0 2,3 21,0Note *
Organisme jeunesse 15,0 8,4Note * 4,8Note *
Club ou association d'immigrants ou ethnique 4,3 6,3Note * 5,5
Groupe environnemental 8,6 7,2 8,3

En revanche, comparativement aux personnes plus âgées, les jeunes de 15 à 30 ans étaient moins susceptibles de participer à des organismes tels que des syndicats ou des associations professionnelles, des partis ou groupes politiques et des groupes d’appartenance religieuse. Ces conclusions concordent avec les travaux précédents qui ont révélé un engagement moindre chez les jeunes dans ces types d’organismesNote .

La participation à des groupes, à des organismes ou à des associations varie selon le genre

Les recherches existantes ont montré que chez les jeunes, les femmes sont plus susceptibles de participer à des organismes civiques que les hommes, mais aussi que les femmes pourraient participer à différents types de groupes, d’organismes ou d’associationsNote .

Les résultats montrent que la participation à des groupes ou à des organismes a varié selon le genre en 2020, mais la plupart des différences ne sont pas significatives. Par exemple, les jeunes femmes étaient plus susceptibles que les jeunes hommes de participer à des organismes culturels, éducatifs ou de loisirs (36 % par rapport à 32 %) et à des organismes humanitaires, à des œuvres de bienfaisance ou à des associations philanthropiques (20 % par rapport à 13 %) au cours des 12 mois précédents (graphique 1). De plus, les jeunes femmes étaient plus susceptibles que les jeunes hommes de participer à des groupes d’appartenance religieuse (20 % par rapport à 15 %).

On observe toutefois quelques différences significatives : les jeunes femmes sont considérablement plus susceptibles d’être membres d’organismes jeunesse (18 % par rapport à 11 %) et de groupes environnementaux (12 % par rapport à 6 %), et les hommes étaient nettement plus susceptibles que les femmes de participer à des organismes sportifs ou récréatifs (61 % par rapport à 45 %). Ces résultats concordent avec les recherches précédentes qui ont révélé que les jeunes femmes continuent de se buter à une variété d’obstacles à la participation à des organismes sportifs et à d’autres organismes récréatifs, tels que des stéréotypes liés au genre, un manque d’administratrices et d’entraîneuses, et une couverture médiatique inégale des femmes et des hommes qui participent à des activités physiquesNote .

Graphique 1 ZZZ

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Type de groupe ou d'organisme (titres de rangée) et Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de groupe ou d'organisme Hommes Femmes
pourcentage
Organisme sportif ou récréatif 60,5 44,5Note *
Organisme culturel, éducatif ou de loisirs 32,3 36,0
Syndicat ou association professionnelle 20,4 27,0
Parti ou groupe politique 4,5Note E: à utiliser avec prudence 3,6Note E: à utiliser avec prudence
Groupe d’appartenance religieuse 14,8 19,7
Groupe scolaire, association de quartier, association de citoyens ou groupe communautaire 25,4 26,0
Organisme humanitaire, œuvre de bienfaisance ou association philanthropique 13,3 19,8
Organisme jeunesse 11,4 17,8Note *
Club ou association d'immigrants ou ethnique 4,7Note E: à utiliser avec prudence 3,8Note E: à utiliser avec prudence
Groupe environnemental 5,8 11,8Note *

Les jeunes appartenant à une minorité visible sont plus susceptibles de participer à des groupes scolaires, à des associations de quartier, à des associations de citoyens ou à des groupes communautaires que les jeunes n’appartenant pas à une minorité visible

En 2020, les jeunes qui appartiennent à des groupes de population désignés comme minorités visibles étaient beaucoup plus susceptibles de participer à des groupes scolaires, à des associations de quartier, à des associations de citoyens ou à des groupes communautaires que ceux qui n’appartiennent pas à des minorités visibles (32 % par rapport à 23 %). Ils étaient aussi plus susceptibles de participer à des groupes d’appartenance religieuse (26 % par rapport à 12 %), à des organismes jeunesse (21 % par rapport à 12 %) et à des clubs ou associations d’immigrants ou ethniques (9 % par rapport à 2 %). Ces résultats concordent avec les recherches précédentes qui ont révélé que les groupes d’appartenance religieuse et les organismes d’immigrants et ethniques sont des endroits importants pour les groupes de population désignés comme minorités visibles, particulièrement les immigrants, pour leur intégration économique, sociale, culturelle et politiqueNote . Les résultats présentés dans cet article illustrent que cette tendance se manifeste également chez les jeunes appartenant à une minorité visible.

En revanche, une proportion nettement plus faible de jeunes appartenant à une minorité visible (45 %) participe à des organismes sportifs ou récréatifs que de jeunes n’appartenant pas à une minorité visible (57 %). Les recherches antérieures laissent entendre que les minorités visibles sont moins susceptibles de participer à des activités récréatives que les personnes n’appartenant pas à une minorité visible, constatation attribuable en partie à l’utilisation de langues non officielles à la maison, à un manque de connaissances à propos de telles activités et à des obstacles financiersNote .

Le bénévolat chez les jeunes

Une autre façon d’examiner l’engagement chez les jeunes est de se concentrer sur le bénévolat. Le bénévolat est la participation d’une personne à une activité non rémunérée à laquelle elle prend part de façon intentionnelle dans le but d’offrir de l’aideNote . Il peut comprendre différentes activités pour profiter à une gamme d’organismes ou de groupes, et il peut se faire occasionnellement au cours de l’année ou sur une base plus régulièreNote .

Bien que les données utilisées dans la présente section aient été recueillies avant la pandémie de COVID-19, elles fournissent néanmoins un aperçu du bénévolat chez les jeunes et des défis et des possibilités auxquels ils sont confrontés actuellement. Il est aussi important de noter que le bénévolat renvoie tant au bénévolat encadré que non organisé. Plus précisément, les bénévoles qui œuvrent dans un cadre organisé sont ceux qui font des activités sans rémunération au nom d’un groupe ou d’un organisme, tandis que les bénévoles qui œuvrent dans un cadre non organisé travaillent pour améliorer leur collectivité par eux-mêmes ou accompagnent directement les personnes à l’extérieur de leur ménage, y compris des amis, des voisins ou des personnes apparentées.

Le taux de bénévolat encadré est de 46 % chez les jeunes de 15 ans à 30 ans

Selon les données issues de l’ESG de 2018 sur les dons, le bénévolat et la participation, le taux de bénévolat encadré était le plus élevé chez les jeunes de 15 à 30 ans, alors que 46 % d’entre eux ont donné volontairement de leur temps. Conformément aux recherches existantesNote , les taux de bénévolat baissent avec l’âge : 44 % des personnes de 31 à 46 ans et 38 % des personnes de 47 ans et plus ont œuvré comme bénévoles en 2018Note .

En 2018, aucune différence significative n’a été observée dans le taux de bénévolat entre les hommes et les femmes chez les jeunes de 15 à 30 ans (42 % et 49 %, respectivement). Cependant, chez les groupes plus âgés, les femmes étaient nettement plus susceptibles de faire du bénévolat que les hommes.

Le taux plus élevé de bénévolat encadré chez les jeunes pourrait être partiellement influencé par le bénévolat « obligatoire »Note . Chez les jeunes de 15 à 30 ans, 16 % étaient obligés de faire une activité non rémunérée par l’école ou d’une autre manière en 2018Note . Les proportions étaient considérablement moins élevées pour les autres tranches d’âge : 5 % chez les personnes de 31 à 46 ans et 3 % chez les personnes de 47 ans et plus.

Lorsqu’on examine uniquement les jeunes de 15 à 19 ans, les résultats montrent que 31 % étaient obligés de faire une activité de bénévolat non rémunérée. Chez ceux de 15 à 19 ans ayant déclaré qu’ils étaient obligés de faire une activité non rémunérée, la plupart (91 %) ont indiqué qu’ils étaient obligés par l’école dans le cadre d’une exigence pour l’obtention du diplôme, ou dans le cadre d’un programme coop. Cependant, il est important de noter que le bénévolat obligatoire est une proportion relativement faible du total des heures que les jeunes ont consacrées au bénévolatNote .

Près du quart des jeunes ont consacré bénévolement leur temps à des organismes fournissant des services sociaux

Le bénévolat chez les jeunes varie selon les différents types d’organismes. Plus précisément, les jeunes bénévoles étaient plus susceptibles de donner de leur temps aux organismes de services sociaux (24 %), de recherche et d’éducation (22 %), de sports et de loisirs (18 %) et religieux (16 %) en 2018 (graphique 2). Ces résultats concordaient avec des études ayant révélé que ces organismes sont ceux au sein desquels la plus grande proportion des personnes font du bénévolatNote .

Graphique 2 ZZZ

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Type d'organisme (titres de rangée) et 47 ans et plus, 31 à 46 ans et 15 à 30 ans, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type d'organisme 47 ans et plus 31 à 46 ans 15 à 30 ans
pourcentage
Organisations internationales 1,5 1,4 2,6
Associations d’affaires et professionnelles 2,9 2,9 3,3
Subventionnement et collecte de fonds 3,8 3,1 3,7
Droit, défense des intérêts et politique 4,7 3,1 3,6
Hôpitaux 6,0 2,7 4,6
Universités et collèges 2,2 4,0 9,9
Environnement 6,1 6,5 5,7
Arts et culture 7,6 4,9 6,1
Développement et logement 12,0 9,7 9,0
Santé 10,9 10,0 9,6
Religion 23,3 14,7 16,0
Éducation et recherche 8,8 23,4 21,5
Sports et loisirs 22,2 24,9 17,7
Services sociaux 27,9 27,6 24,3

L’organisation ou la supervision d’événements et les collectes de fonds sont les principales activités bénévoles chez les jeunes

Le bénévolat peut englober une vaste gamme d’activités variant sur le plan des niveaux d’engagement ainsi que des compétences et de l’expérience nécessairesNote . Les jeunes de 15 à 30 ans ont participé le plus souvent à l’organisation d’événements et à des collectes de fonds au nom d’un organisme. En 2018, 21 % des jeunes ont déclaré organiser, superviser ou coordonner des événements, et 17 % ont contribué à des collectes de fonds (graphique 3). Parmi les autres activités de bénévolat encadré les plus courantes figuraient le fait d’enseigner, de donner de la formation ou d’offrir du mentorat (15 %), de recueillir, de servir ou de distribuer de la nourriture (10 %), et de siéger à un comité ou à un conseil d’administration (10 %).

Graphique 3 ZZZ

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Type d'activité (titres de rangée) et Jeunes (15-30), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type d'activité Jeunes (15-30)
pourcentage
Sollicitation 3,6
Transport 3,8
Conservation ou protection de l’environnement 5,4
Entretien et réparations 5,5
Travail de bureau 5,6
Assurer des soins de santé ou offrir un accompagnement 6,4
Agir comme entraîneur, arbitre ou officiel 7,6
Services de consultation ou conseils 9,1
Siéger à un comité ou à un conseil d’administration 9,6
Recueillir, servir ou distribuer de la nourriture 10,0
Enseigner, donner de la formation ou offrir du mentorat 15,0
Solliciter des fonds 17,0
Organiser ou superviser des événements 21,3

Plus des trois quarts des jeunes ont participé à des activités de bénévolat non organisé en 2018

En 2018, plus des trois quarts (77 %) des jeunes de 15 à 30 ans étaient des bénévoles non encadrés, c’est-à-dire qu’ils ont offert un accompagnement direct à des personnes à l’extérieur de leur ménage ou qu’ils ont participé à l’amélioration de la collectivité en dehors d’un groupe ou d’un organisme. Les proportions se situaient à 77 % chez les personnes de 31 à 46 ans et à 70 % chez les personnes de 47 ans et plusNote .

Chez les jeunes, 74 % ont offert un accompagnement direct à des personnes en leur fournissant de l’aide pour des activités telles que des travaux ménagers et l’entretien résidentiel, le magasinage, le transport au magasin ou à des rendez-vous, du travail de bureau, les soins personnels ou de santé, enseigner, donner de la formation ou offrir du mentoratNote . La proportion était la même chez les personnes de 31 à 46 ans, et légèrement inférieure chez les personnes de 47 ans et plus (67 %).

Pour ce qui est d’améliorer la collectivité directement (soit de faire l’entretien d’un parc ou d’un espace public, de participer à des rencontres publiques, de diffuser de l’information, de coordonner un groupe ou un événement, de mettre en place un projet économique ou social), 3 jeunes sur 10 ont participé à de telles activités. Encore une fois, aucune différence significative n’a été observée selon le groupe d’âge : 30 % des personnes de 31 à 46 ans et 25 % des personnes de 47 ans et plus ont participé à des activités pour améliorer la collectivité directement.

Section 3 : La prestation de soins chez les jeunes au Canada

De nombreux Canadiens, y compris les jeunes, jouent un rôle de premier plan dans la prestation de soins à des membres de la famille ou à des amis ayant un problème de santé de longue durée, une incapacité physique ou mentale, ou des problèmes liés au vieillissement. Bien que les jeunes aidants partagent de nombreuses similitudes avec les aidants plus âgés, ils constituent aussi un groupe unique puisqu’ils sont à une étape de leur vie où ils n’ont pas encore arrêté leurs plans et leurs choix de vieNote . Par conséquent, le fait d’être un jeune aidant, plus particulièrement un aidant principal assumant de nombreuses responsabilités, pourrait éventuellement entrer en conflit avec les plans de vie tels que les études et le développement de carrière, ou le désir de quitter la maison et de fonder une famille.

Environ 1 jeune sur 5 est un proche aidant

Selon l’ESG de 2018 sur les soins donnés et reçus, environ 19 % (1,5 million de personnes) des jeunes de 15 à 30 ans ont prodigué des soins ou offert un accompagnement à des membres de la famille ou à des amis ayant un problème de santé de longue durée, une incapacité physique ou mentale, ou des problèmes liés au vieillissement (tableau 4). À titre de comparaison, 21 % des personnes de 31 à 46 ans étaient des aidants, tandis que la proportion était beaucoup plus élevée (31 %) chez les personnes de 47 ans et plus.


Tableau 4
Proportion de personnes ayant agi en tant qu’aidants au cours des 12 derniers mois, selon le genre et le groupe d'âge, 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion de personnes ayant agi en tant qu’aidants au cours des 12 derniers mois. Les données sont présentées selon Groupe d'âge (titres de rangée) et Total, Hommes et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge Total Hommes Femmes
pourcentage
15 à 30 ans (réf.) 19,2 20,6 17,9
31 à 46 ans 20,9 19,4 22,4
47 ans et plus 30,5Note * 27,3Note * 33,5Note *

Des études antérieures ont montré que les femmes sont plus susceptibles d’occuper le rôle d’aidants que les hommesNote . Cependant, dans le cas des jeunes, la proportion des aidants était similaire chez les hommes (21 %) et les femmes (18 %). Chez les adultes plus âgés, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles de prodiguer des soins.

Les jeunes sont plus susceptibles de prodiguer des soins à des grands-parents

Les recherches ont révélé que les jeunes aidants sont les plus susceptibles de prodiguer des soins et d’offrir un accompagnement à leurs grands-parentsNote . C’était le cas en 2018, alors que le tiers des jeunes aidants avaient prodigué des soins principalement à leurs grands-parents au cours des 12 mois précédents (tableau 5). Venaient ensuite les soins prodigués principalement aux parents (31 %), à des amis, à des collègues ou à des voisins (19 %), et à d’autres membres de la famille (12 %).

Ces données ont été recueillies avant la pandémie de COVID-19. En raison des restrictions de santé publique et des mesures d’isolement, il se pourrait que de nombreux jeunes aidants qui aidaient leurs grands-parents à l’extérieur de leur résidence n’aient pas été en mesure de prodiguer des soins comme ils le faisaient habituellement. Parallèlement, il se pourrait que les jeunes qui prodiguaient des soins à leurs parents dans leur résidence aient vu leur fardeau de soins augmenter, compte tenu du manque possible de soutien externe.


Tableau 5
Lien entre l’aidant et le principal bénéficiaire de ses soins, selon l’âge de l’aidant, 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Lien entre l’aidant et le principal bénéficiaire de ses soins. Les données sont présentées selon Âge de l’aidant (titres de rangée) et Principal bénéficiaire de soins, Conjoint ou
partenaire, Enfant, Parent, Beau-parent, Grand-parent, Autre membre de la famille et Ami, collègue ou voisin, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Âge de l’aidant Principal bénéficiaire de soins
Conjoint ou
partenaire
Enfant Parent Beau-parent Grand-parent Autre membre de la famille Ami, collègue ou voisin
pourcentage
15 à 30 ans (réf.) 2,8Note E: à utiliser avec prudence Note F: trop peu fiable pour être publié 30,8 Note F: trop peu fiable pour être publié 33,3 11,9 18,7
31 à 46 ans 7,9Note * 12,8 38,5 8,6 12,6Note * 7,9 11,5
47 ans et plus 17,6Note * 8,4 40,7Note * 10,5 Note F: trop peu fiable pour être publié 9,3 13,2

Dans le cycle de vie, la relation entre l’aidant et le principal bénéficiaire de soins change. À mesure que les gens vieillissent, ils sont moins susceptibles de prendre soin principalement des grands-parents et plus susceptibles de prendre soin de parents, d’un conjoint ou d’une conjointe, ou des enfants. Par exemple, environ 40 % des aidants de 31 à 46 ans et de 47 ans et plus prenaient soin principalement de leurs parents. Parallèlement, 13 % des personnes de 31 à 46 ans prodiguaient des soins à leurs enfants, et 18 % des personnes de 47 ans et plus prodiguaient des soins à un conjoint ou à une conjointe.

La participation des jeunes aux activités liées à la prestation de soins varie selon le genre

Une recherche antérieure a montré que les activités liées à la prestation de soins tendent à se répartir selon le genre. Les femmes déclareront plus souvent aider pour les tâches ménagères et les soins personnels, tandis que les hommes apporteront plus souvent leur aide dans l’entretien de la maison et les travaux extérieursNote .

Graphique 4 ZZZ

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Activité de soins (titres de rangée) et Hommes (réf.) et Femmes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Activité de soins Hommes (réf.) Femmes
pourcentage
Soins personnels 12,7Note E: à utiliser avec prudence 27,7Note *
Traitements médicaux 13,0Note E: à utiliser avec prudence 26,0Note *
Gestion des finances 7,5Note E: à utiliser avec prudence 8,1Note E: à utiliser avec prudence
Organisation et planification des rendez-vous 9,6Note E: à utiliser avec prudence 20,9Note *
Entretien de la maison et travaux extérieurs 70,0 39,2Note *
Travaux ménagers 46,3 62,1Note *
Transport 51,2 51,4

Parmi les jeunes aidants, par exemple, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’apporter leur aide dans l’entretien de la maison et les travaux extérieurs (70 % par rapport à 39 %) (graphique 4). De plus, les jeunes femmes étaient plus susceptibles que les jeunes hommes de participer aux travaux ménagers, comme la préparation de repas, le ménage et la lessive (62 % par rapport à 46 %), de même qu’à l’organisation et à la planification des rendez-vous pour le bénéficiaire des soins (21 % par rapport à 10E %). Les femmes étaient en outre plus susceptibles que les hommes de prendre part à des activités liées à la prestation de soins qui doivent souvent être accomplies de façon régulière ou selon un horaire fixe, comme les traitements médicaux et les soins personnels (p. ex. le bain ou la coupe des ongles). Plus particulièrement, 26 % des jeunes femmes ont apporté leur aide pour des traitements médicaux, comparativement à 13E % des jeunes hommes. Enfin, 28 % des femmes ont donné des soins personnels, comparativement à 13E % des hommes.

Conclusion

La participation politique, l’engagement civique et la prestation de soins chez les jeunes sont des domaines importants à examiner puisqu’ils ont d’énormes répercussions sur le développement des jeunes, non seulement pour ce qui est d’apprendre leurs droits et responsabilités, mais aussi en raison de l’incidence que l’engagement peut avoir sur leur santé et leur bien-être.

Les résultats publiés dans le présent chapitre montrent que bien que les jeunes soient moins intéressés par la politique que les adultes plus âgés et qu’ils soient moins susceptibles de voter aux élections, ils participent néanmoins à des activités politiques non électorales, par exemple, en cherchant de l’information sur des enjeux politiques, en signant des pétitions ou en boycottant ou en choisissant des produits pour des raisons éthiques.

Les jeunes participent aussi à des groupes, à des organismes ou à des associations, plus particulièrement ceux qui sont liés aux sports et aux loisirs. Il existe toutefois des différences selon le genre, ainsi que chez les jeunes qui appartiennent à des groupes désignés comme des minorités visibles. Les jeunes sont également un peu plus susceptibles que les personnes des autres groupes d’âge de faire du bénévolat encadré, ce qui peut jouer un rôle important dans l’amélioration du bien-être des collectivités.

Enfin, de nombreux jeunes jouent un rôle de premier plan dans l’aide et la prestation de soins à des membres de la famille ou à des amis ayant un problème de santé de longue durée, une incapacité physique ou mentale, ou des problèmes liés au vieillissement. Bien que la prestation de soins puisse gruger beaucoup de temps et entrer en conflit avec les études, le travail ou le désir de quitter la maison, elle peut aussi représenter une expérience positive en procurant le sentiment de redonner à un être cher et renforcer la relation entre la personne qui donne les soins et celle qui les reçoit.

Même si le présent rapport a utilisé de multiples sources de données pour fournir un aperçu complet de l’engagement des jeunes au Canada, il comporte certaines limites clés. Plus particulièrement, en traduisant la nature diversifiée des points de vue des jeunes, nous avons examiné dans quelle mesure leur engagement était touché par des facteurs démographiques clés tels que le genre et l’appartenance à une minorité visible, lorsque cela était possible. Cependant, en raison de la petite taille de l’échantillon, il n’a pas été possible de désagréger les données davantage pour mettre en évidence, par exemple, l’expérience des répondants non binaires ou de diverses identités de genre ou encore de groupes de population particuliers.

Il est aussi essentiel de tenir compte du contexte de la pandémie de COVID-19 pour tenter de mieux comprendre l’engagement des jeunes, notamment en raison du fait que certaines des données comprises dans le rapport étaient fondées sur une période ayant précédé la pandémie. La mise en œuvre des mesures de santé publique et des restrictions a forcé les jeunes à modifier leur façon de fréquenter l’école, de travailler et de fonctionner dans d’autres sphères de leur vie. Il est important que Statistique Canada poursuive ses travaux pour comprendre les répercussions sur les jeunes pendant et après la pandémie de COVID-19.

Sources des données, définitions et méthodes

Sources des données

Le présent rapport est fondé sur les données tirées de trois différents cycles de l’Enquête sociale générale (ESG) : l’ESG de 2020 sur l’identité sociale, l’ESG de 2018 sur le don, le bénévolat et la participation, et l’ESG de 2018 sur les soins donnés et reçus. La population cible de ces enquêtes se composait de l’ensemble des personnes de 15 ans et plus résidant dans les 10 provinces et ne vivant pas en établissement.

Méthodologie

Toutes les estimations du présent rapport reposant sur les données tirées de l’ESG sont fondées sur des poids de sondage qui tiennent compte du plan d’échantillonnage, de la non-réponse et des totaux de population connus. Une technique bootstrap a été appliquée lors du calcul de toutes les estimations de la variance. Les valeurs manquantes « Ne sait pas », « Non déclaré » et « Refus » ont été exclues du dénominateur au moment du calcul des pourcentages. Par conséquent, les pourcentages peuvent varier d’un produit à un autre, comme les documents analytiques et les tableaux de données.

Définitions

La question « quelle est la principale raison pour laquelle vous n’avez pas voté lors des dernières élections fédérales? » comprenait 17 catégories divisées en 4 vastes groupes pour cette publication :

Raisons liées à la vie courante ou à la santé : maladie ou incapacité; à l’extérieur de la ville ou du domicile; trop occupé; obligations familiales; conflits d’horaires de travail ou d’école.

Raisons politiques : pas intéressé; impression que le vote ne changerait pas les résultats des élections; n’aimait pas les candidats ou les sujets de la campagne; pas informé sur les questions politiques; n’a pas voté pour protester.

Raisons liées au processus électoral : pas sur la liste électorale ou problèmes concernant les exigences relatives à l’identification; trop difficile; problèmes de transport; trop loin pour se déplacer.

Autres raisons : conditions météorologiques; oublié de voter; convictions religieuses; incertain; autres.

Références

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