Série thématique sur les peuples autochtones
Les locuteurs silencieux d’une langue autochtone au Canada : une analyse sociodémographique et géographique

Date de diffusion : le 18 juin 2026

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Introduction

Selon les données du Recensement de la population de 2021, il y avait au Canada 14 020 personnes ayant une langue maternelle autochtone qui, alors qu’elles comprenaient encore cette langue, ne la parlaient plus suffisamment bien pour mener une conversation. Ces personnes, que les chercheurs et les défenseurs des langues désignent comme « locuteurs silencieux », sont reconnues comme pouvant jouer un rôle essentiel dans la revitalisation des langues autochtones (First Peoples’ Cultural Council, 2021).

Grâce à leur compréhension réceptive, les locuteurs silencieux possèdent une « oreille » très fine pour leur langue, ce qui leur permet de vérifier la prononciation et la cadence traditionnelles. Au-delà des aspects linguistiques, ils connaissent souvent les protocoles, les traditions orales et les contextes culturels — soit le « comment et le moment » — de la communication traditionnelle (Ross, 2025). Ainsi, ils constituent un lien essentiel entre les aînés parlant couramment la langue et les nouveaux apprenants.

En 2021, les locuteurs silencieux représentaient 7,6 % des 185 510 personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelle; les autres (171 490 personnes) étaient des locuteurs actifs, c’est-à-dire qu’ils parlaient encore suffisamment bien la langue pour avoir une conversation. En moyenne, les locuteurs silencieux étaient légèrement plus âgés que les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone (40 ans par rapport à 38 ans). Bien que la population autochtone soit plus jeune que la population non autochtone, elle vieillit elle aussi (Statistique Canada, 2022), et cette réalité accentue l’importance de mieux comprendre la population des locuteurs silencieux.

Cette recherche vise à analyser les caractéristiques de la population des locuteurs silencieux au Canada. Au cours de la période de 2016 à 2021, le nombre d’Autochtones capables de parler une langue autochtone a diminué, et l’ensemble de ces langues demeure à risque. Les locuteurs silencieux représentent un important réservoir de connaissances culturelles et linguistiques. Compte tenu du rôle qu’ils peuvent jouer dans les efforts de revitalisation linguistique, il est essentiel de mieux comprendre leurs caractéristiques, leur répartition géographique et l’évolution de leur nombre au fil du temps. L’analyse de leur profil permet de dégager des tendances en matière de changement linguistique, de préservation des langues et de possibilités de revitalisation. En s’appuyant sur des données du recensement sur plusieurs années, cette étude vise à mettre en lumière la composition démographique, la répartition géographique et les tendances à long terme de ce groupe important.

Méthodologie

Pour déterminer quelles langues autochtones pourraient le plus bénéficier de la participation de locuteurs silencieux aux efforts de revitalisation, deux indicateurs principaux sont utilisés. Le premier indicateur est la proportion de locuteurs silencieux au sein de la population de langue maternelleNote . Une proportion élevée peut indiquer que la langue est particulièrement menacée. Elle peut aussi être le signe d’un réservoir latent de personnes qui pourraient être mobilisées grâce à des programmes de revitalisation ciblés.

Le deuxième indicateur est le nombre absolu de locuteurs silencieux par langue. Cet indicateur permet de repérer les langues comptant la plus forte population de locuteurs silencieux, quelle que soit leur proportion au sein de la population de langue maternelle autochtone.

Pour certaines des langues autochtones les plus en danger, les locuteurs silencieux représentent le quart ou plus de la population de langue maternelle autochtone

Alors que dans l’ensemble, les locuteurs silencieux représentaient 7,6 % de la population de langue maternelle autochtone, cette proportion variait fortement d’une langue à l’autre. Parmi les langues autochtones pour lesquelles des données pouvaient être fourniesNote , on comptait plus d’une douzaine de langues pour lesquelles les locuteurs silencieux représentaient plus de 25 % de la population de langue maternelle autochtone. Ces langues appartenaient à la fois aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuit et comprenaient, par exemple, les langues tutchones (46 % de locuteurs silencieux), le mitchif (25 % de locuteurs silencieux) et l’inuvialuktun (33 % de locuteurs silencieux). Parmi les autres langues comptant une forte proportion de locuteurs silencieux figuraient l’oneida, le ktunaxa, le tlingit, le nuu-chah-nulth, le gwich’in, le squamish, le lillooet, le salish des détroits, le cri de Moose, le haïda, le gitxsan et le wetsuwet’en-babine. Parmi ces 15 langues, plus de la moitié (8) étaient associées à des Premières Nations de la Colombie-Britannique, où la diversité linguistique est très riche, et où les langues autochtones sont en situation grave ou critique de disparation (Moseley, 2010).

On a observé une relation inverse entre le nombre de personnes ayant déclaré cette langue comme langue maternelle et le pourcentage de locuteurs silencieux parmi la population de langue maternelle autochtone (graphique 1).

En ce qui concerne le nombre de locuteurs silencieux, la plupart d’entre eux (59 %) avaient pour langue maternelle une langue crie (41 %) ou une langue ojibwée (18 %). Ces résultats indiquent que le suivi des locuteurs silencieux est important pour la revitalisation de l’ensemble des langues autochtones, et non seulement des langues le plus gravement menacées.

Graphique 1 : Nombre de locuteurs actifs et de locuteurs silencieux d'une langue autochtone et proportion de locuteurs silencieux, selon la langue autochtone, Canada, 2021

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Langue maternelle autochtone et Proportion de locuteurs silencieux, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Langue maternelle autochtone Proportion de locuteurs silencieux
nombre pourcentage
Notes : N.d.a. = non déclaré ailleurs et n.i.a. = non inclus ailleurs.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021.
Langues cries 66 210 9
Inuktitut 37 520 2
Langues ojibwées 15 890 16
Oji-cri 11 930 4
Déné, n.d.a. 9 820 5
Innu (Montagnais) 9 435 2
Mi’kmaq 6 495 10
Atikamekw 6 305 1
Pied-noir 4 945 6
Langues esclave-lièvre 1 850 10
Tlicho (flanc-de-chien) 1 790 9
Anicinabemowin (algonquin) 1 080 10
Dakelh (porteur) 1 005 15
Mitchif 1 010 25
Dakota 915 18
Inuinnaqtun (inuvialuktun) 805 19
Gitxsan (gitksan) 775 25
Naskapi 740 0
Tsilhqot'in (chilcotin) 635 5
Nisga’a 610 11
Stoney 545 10
Inuinnaqtun 500 10
Mohawk 500 26
Deh Gah Ghotie Zhatie (esclave du Sud) 470 11
Wolastoqewi (malécite) 445 15
Secwepemctsin (shuswap) 420 19
Halkomelem 410 18
Nuu-chah-nulth (nootka) 320 35
Inuvialuktun 305 33
Kwak’wala (kwakiutl) 260 18
Syilx (okanagan) 240 19
Gwich’in 225 35
Ntlakapamux (thompson) 225 18
Dane-zaa (castor) 220 16
Assiniboine 215 14
Tsimshian 210 24
Haisla 215 12
Heiltsuk 195 23
Ililimowin (cri de Moose) 190 30
Wetsuwet’en-babine 185 25
Langues siouennes, n.i.a. 185 11
Tahltan 185 14
Langues tutchones 180 46
Straits 175 31
Daawaamwin (odawa) 130 19
Lillooet 125 32
Cayuga 115 13
Kaska (nahani) 110 9
Haïda 105 29
Langues autochtones, n.i.a. 85 44
Tsuu T’ina (sarsi) 80 0
Oneida 80 50
Langues salishennes, n.i.a. 85 44
Tlingit 75 40
Langues athapascanes, n.i.a. 65 38
Tse'khene (sekani) 60 17
Ktunaxa (kutenai) 60 42
Langues inuktut (inuites), n.i.a. 45 22
Squamish 55 33
Langues wakashanes, n.i.a. 30 29
Langues algonquiennes, n.i.a. 25 0

Les locuteurs silencieux sont plus susceptibles d’être des femmes et des filles que les locuteurs actifs d’une langue autochtone

Alors que la proportion de femmes et de filles au sein de la population de langue maternelle autochtone (52,1 %) était plus élevée qu’au sein de l’ensemble de la population autochtone et non autochtone au Canada (50,6 %), elle était encore plus élevée parmi les locuteurs silencieux : les femmes et les filles représentaient 55,3 % de la population de locuteurs silencieux, comparativement à 51,9 % de la population de locuteurs actifs d’une langue autochtone.

Les locuteurs silencieux sont plus âgés en moyenne que les locuteurs actifs d’une langue autochtone

En moyenne, les locuteurs silencieux d’une langue autochtone étaient plus âgés que les locuteurs actifs (40 ans par rapport à 38 ans). Le graphique 2 montre la répartition selon l’âge des locuteurs silencieux par rapport à l’ensemble des personnes de langue maternelle autochtone. On y voit que chez les hommes aussi bien que les femmes, la proportion de locuteurs silencieux est plus faible que la proportion de locuteurs actifs parmi les personnes de moins de 25 ans, et plus élevée parmi les personnes de 50 ans et plus.

Graphique 2 : Pyramide des âges, locuteurs silencieux d'une langue autochtone et personnes ayant déclaré une langue autochtone comme langue maternelle, Canada, 2021

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Locuteurs silencieux, Langue maternelle, Hommes+, Femmes+, Hommes+ et Femmes+, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Locuteurs silencieux Langue maternelle
Hommes+ Femmes+ Hommes+ Femmes+
pourcentage
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021.
100 ans et plus 0 0 0 0
95 à 99 ans 0 0 0 0
90 à 94 ans 0 0 0 0
85 à 89 ans 1 1 0 1
80 à 84 ans 1 2 1 2
75 à 79 ans 3 3 2 3
70 à 74 ans 4 5 4 4
65 à 69 ans 5 6 5 5
60 à 64 ans 7 8 6 7
55 à 59 ans 8 8 7 8
50 à 54 ans 7 8 7 8
45 à 49 ans 6 6 6 7
40 à 44 ans 6 5 6 6
35 à 39 ans 5 6 6 6
30 à 34 ans 7 8 7 7
25 à 29 ans 7 7 7 7
20 à 24 ans 5 5 6 6
15 à 19 ans 7 6 7 6
10 à 14 ans 7 6 8 7
5 à 9 ans 7 6 7 6
0 à 4 ans 6 6 8 7

Près de 1 Métis sur 5 ayant une langue maternelle autochtone était un locuteur silencieux

Si l’on examine la proportion de la population de langue maternelle autochtone en fonction de l’identité autochtone, les résultats montrent que parmi les Métis ayant une langue autochtone comme langue maternelle, 18 % étaient des locuteurs silencieux. Chez les Premières Nations et les Inuit, les proportions correspondantes étaient de 8,4 % et de 2,1 %.

Au sein de la population de langue maternelle autochtone, les personnes des Premières Nations ayant le statut d’Indien inscrit ou d’Indien des traités étaient moins susceptibles d’être des locuteurs silencieux (8,3 %) que ceux qui n’avaient pas ce statut (12,1 %). Les Inuit qui ont déclaré être inscrits en vertu d’un accord sur les revendications territoriales des Inuit ou être bénéficiaires d’un tel accord étaient moins susceptibles d’être des locuteurs silencieux (1,9 %) que ceux qui n’ont pas déclaré en être bénéficiaires (6,4 %). De manière similaire, les Métis de langue maternelle autochtone étaient moins susceptibles d’être des locuteurs silencieux s’ils avaient déclaré être membres d’une organisation signataire de l’Accord Canada–Nation métisse (16,7 %) ou d’un établissement métis de l’Alberta (11,7 %) que s’ils n’avaient pas indiqué en être membres (22,2 %).

Comparativement aux locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone, les locuteurs silencieux vivaient le plus souvent seuls ou avec des personnes ne faisant pas partie de leur famille

Il est important de comprendre la composition du ménage des locuteurs silencieux, car les politiques qui leur sont destinées peuvent varier selon qu’ils vivent seuls, avec leur famille élargie ou avec leurs enfants. Les personnes vivant seules, ou sans membres de leur famille, sont plus susceptibles d’être des locuteurs silencieux.

En ce qui concerne la structure de la famille économique, les locuteurs silencieux se distinguaient des locuteurs actifs de deux manièresNote . Ils étaient plus susceptibles de ne pas faire partie d’une famille économique (17 %) que les locuteurs actifs (10 %). Parmi les 17 % de locuteurs silencieux qui ne faisaient pas partie d’une famille économique, 13 % vivaient seuls et 4 % vivaient avec des personnes avec qui ils n’avaient pas de lien de parenté. Cette proportion plus élevée de locuteurs silencieux hors famille économique, comparativement aux locuteurs actifs, s’observait aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Inuit Nunangat, ainsi que dans les réserves et hors réserve. L’absence de membres de la famille avec qui parler une langue autochtone peut contribuer à faire en sorte que les gens deviennent des locuteurs silencieux.

Le niveau de scolarité des locuteurs silencieux était généralement plus élevé que celui des locuteurs actifs

Le niveau de scolarité des locuteurs silencieux d’une langue autochtone était plus élevé que celui de la population de langue maternelle autochtone dans son ensemble (graphique 3). Les locuteurs silencieux étaient moins susceptibles que les locuteurs actifs de ne détenir aucun certificat, diplôme ou grade et, à l’inverse, ils étaient plus susceptibles qu’eux d’être titulaires d’un diplôme d’études secondaires ou postsecondaires. Cette différence ne s’explique pas uniquement par l’âge moyen plus élevé des locuteurs silencieux, car les résultats sont les mêmes lorsque l’analyse se limite au groupe d’âge actif principal, composé des personnes de 25 à 54 ans, plutôt qu’à l’ensemble de la population de 15 ans et plus. Elle n’est pas non plus attribuable à des variations provinciales ou territoriales dans la répartition des locuteurs silencieux, car l’écart entre les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs s’observe dans toutes les provinces et tous les territoires. Cependant, une partie de la différence peut être liée au fait que les locuteurs silencieux étaient plus susceptibles de vivre hors réserve et à l’extérieur de l’Inuit Nunangat que les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone, et que les profils linguistiques diffèrent selon que les personnes vivent dans une réserve ou hors réserve, et à l’intérieur de l’Inuit Nunangat ou à l’extérieur de celui-ci.

Les différences au chapitre du niveau de scolarité entre les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone étaient similaires entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, 25 % des locuteurs silencieux et 20 % des locuteurs actifs avaient fait des d’études postsecondaires. Chez les femmes, les proportions correspondantes étaient de 33 % et de 25 %, respectivement. Ainsi, les écarts dans le niveau de scolarité ne peuvent s’expliquer entièrement par les différences dans la répartition selon le genre entre les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone.

Malgré un niveau de scolarité plus élevé, les locuteurs silencieux avaient généralement des revenus légèrement inférieurs et des indicateurs du marché du travail moins favorables

Par rapport aux locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone, les locuteurs silencieux affichaient des taux d’emploi plus faibles, des taux de chômage plus élevés et des taux d’activité plus bas (graphique 3).

Le revenu moyen après impôt des locuteurs silencieux était légèrement inférieur (35 600 $) à celui de l’ensemble des personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelle (36 800 $). À titre de référence, le revenu moyen après impôt au sein de l’ensemble de la population canadienne était de 44 920 $. En ce qui concerne l’appartenance à un ménage à faible revenu (MFR-ApINote ), 29 % des locuteurs silencieux vivaient dans un ménage à faible revenu, comparativement à 25 % de l’ensemble des personnes ayant une langue maternelle autochtone.

Il convient de noter que les locuteurs silencieux avaient des revenus plus faibles et des indicateurs du marché du travail moins favorables, malgré leur niveau de scolarité plus élevé et leur répartition plus urbaine.

Les écarts sur le plan des revenus et des caractéristiques de la population active ne peuvent s’expliquer par des différences dans la répartition selon le genre entre les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone. Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, les locuteurs silencieux affichaient des taux de chômage plus élevés (+4 points de pourcentage), des taux d’emploi plus faibles (-2 points de pourcentage) et des taux d’activité plus bas (-3 points de pourcentage) que les locuteurs actifs de langues autochtones. Parmi les locuteurs silencieux d’une langue maternelle autochtone, les hommes gagnaient en moyenne 1 500 $ de moins et les femmes gagnaient en moyenne 1 450 $ de moins que les locuteurs actifs. En réalité, ces résultats montrent que parmi la population de langue maternelle autochtone, contrairement à la population générale, les revenus après impôt et les caractéristiques de la population active étaient plus favorables chez les femmes que chez les hommes, ce qui signifie que les différences dans la répartition selon le genre masquaient en partie les différences dans les  caractéristiques de la population active et de revenus entre les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone.

Graphique 3 : Niveau de scolarité et caractéristiques de la population active, locuteurs silencieux et locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone et personnes n’ayant pas une langue maternelle autochtone, Canada, 2021

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Statistiques sur le niveau de scolarité et la population active (titres de rangée) et Aucun certificat, diplôme ou grade, Diplôme d’études secondaires ou certificat équivalent, Études postsecondaires, Taux d’emploi, Taux de chômage et Taux d’activité, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Statistiques sur le niveau de scolarité et la population active Aucun certificat, diplôme ou grade Diplôme d’études secondaires ou certificat équivalent Études postsecondaires Taux d’emploi Taux de chômage Taux d’activité
pourcentage
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021.
Locuteurs actifs 52 20 28 39 17 48
Locuteurs silencieux 39 25 36 36 22 46
Sans langue maternelle autochtone 16 27 57 57 10 64

La plupart des locuteurs silencieux vivent dans les provinces des Prairies, mais ils représentent la plus grande proportion de la population de langue maternelle autochtone au Yukon, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Colombie-Britannique

La majorité des locuteurs silencieux d’une langue autochtone vivaient dans les provinces des Prairies (54 %), mais on en comptait également un grand nombre en Ontario (15 %) et en Colombie-Britannique (12 %).

En pourcentage de la population de langue maternelle autochtone, les locuteurs silencieux étaient proportionnellement moins nombreux au Québec (2 %), au Nunavut (2 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (4 %), mais proportionnellement plus nombreux au Yukon (28 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (25 %) et en Colombie-Britannique (20 %).

Graphique 4 : Nombre de locuteurs silencieux et proportion de locuteurs silencieux parmi la population de langue maternelle autochtone, provinces et territoires, Canada, 2021

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Province ou territoire (titres de rangée) et Nombre de locuteurs silencieux d'une langue maternelle autochtone, 2021 et Proportion de locuteurs silencieux au sein de population de langue maternelle autochtone, 2021, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province ou territoire Nombre de locuteurs silencieux d'une langue maternelle autochtone, 2021 Proportion de locuteurs silencieux au sein de population de langue maternelle autochtone, 2021
nombre pourcentage
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021.
Saskatchewan 2 585 10
Manitoba 2 525 10
Alberta 2 460 10
Ontario 2 150 11
Colombie-Britannique 1 655 20
Québec 885 2
Territoires du Nord-Ouest 520 12
Nunavut 375 2
Nouvelle-Écosse 320 8
Nouveau-Brunswick 305 12
Yukon 135 28
Terre-Neuve-et-Labrador 80 4
Île-du-Prince-Édouard 20 25

Dans l’Inuit Nunangat, de nombreux locuteurs silencieux se trouvaient à Iqaluit

En 2021, on dénombrait 880 locuteurs silencieux de l’inuktut, ce qui correspond à 2 % de la population ayant l’inuktut comme langue maternelle. La plupart des locuteurs silencieux de l’inuktut (58 %) vivaient dans l’Inuit Nunangat, soit environ 4 % de l’ensemble des locuteurs silencieux de toutes les langues autochtones.

La répartition des locuteurs silencieux de l’inuktut dans l’Inuit Nunangat variait considérablement d’une région à l’autre : au Nunavik, 0,3 % des personnes ayant l’inuktut comme langue maternelle étaient des locuteurs silencieux, alors que dans la région des Inuvialuit, le pourcentage se situait à 25 %. Au Nunavut et au Nunatsiavut, les pourcentages étaient de 2 % et de 9 %, respectivement. C’est au Nunavut (375) et dans la région des Inuvialuit (85) que l’on comptait le plus grand nombre de locuteurs silencieux de l’inuktut au sein de l’Inuit Nunangat. Dans la région des Inuvialuit, on dénombrait également 20 locuteurs silencieux d’autres langues autochtones, représentant probablement des locuteurs silencieux de la langue gwitchin, car deux communautés chevauchent les frontières des territoires traditionnels des Inuvialuit et des Gwitchin. La plupart des locuteurs silencieux de l’inuktut au Nunavut se trouvaient dans la ville d’Iqaluit (135), à Kugluktuk (45) ou à Baker Lake (40), tandis que dans la région des Inuvialuit, la plupart des locuteurs silencieux d’une langue autochtone se trouvaient à Inuvik (40) ou à Tuktoyaktuk (35).

Parmi les villes, Winnipeg et Edmonton comptent le plus grand nombre de locuteurs silencieux.

En dehors de l’Inuit Nunangat, près de la moitié (47 %, soit 6 370) des locuteurs silencieux vivaient dans une réserve. Cette proportion est inférieure à la proportion de personnes de langue maternelle autochtone en dehors de l’Inuit Nunangat qui vivaient dans une réserve, ce qui était le cas pour les deux tiers d’entre eux (67 %).

Parmi les résidents des réserves, les locuteurs silencieux étaient plus nombreux, en proportion, dans les zones considérées comme rurales (83 %) que l’ensemble de la population de langue maternelle autochtone (70 %). Cette situation s’explique notamment par des différences entre l’Ontario, le Manitoba et, dans une moindre mesure, la Nouvelle-Écosse. Dans toutes les autres provinces et tous les territoires, les locuteurs silencieux et les locuteurs actifs d’une langue maternelle autochtone dans les réserves étaient répartis de manière similaire.

En dehors des réserves et de l’Inuit Nunangat, la plupart des locuteurs silencieux vivaient dans de grands centres urbains.

Les locuteurs silencieux étaient proportionnellement plus nombreux à vivre dans des centres de population de plus de 100 000 habitants que l’ensemble des personnes de langue maternelle autochtone (20 % par rapport à 8 %). Ils étaient également deux fois plus susceptibles de vivre dans des centres de population de taille moyenne, comptant de 30 000 à 99 999 habitants (8 % par rapport à 4 %).

En 2021, il y avait 14 régions métropolitaines de recensement et agglomérations de recensement comptant au moins 100 locuteurs silencieux. Parmi celles-ci, deux comptaient plus de 650 locuteurs silencieux, soit Winnipeg (685) et Edmonton (665). Toutes les autres en comptaient moins de 300.

Le nombre et la proportion de locuteurs silencieux ont légèrement augmenté de 2001 à 2021

En ne retenant que les communautés ayant participé à chaque recensement de 2001 à 2021Note , il est possible d’examiner les tendances relatives à la proportion et au nombre de locuteurs silencieux d’une langue autochtone au fil des cycles de recensement. Dans cette section, l’analyse s’intéressera aux deux périodes de 10 ans allant de 2001 à 2011 et de 2011 à 2021, ainsi qu’à l’évolution globale de 2001 à 2021.

Selon les résultats, le nombre de locuteurs silencieux semble avoir augmenté de manière substantielle de 2001 à 2011 pour passer de 11 075 à 13 595 au cours de cette période de 10 ans. De 2011 à 2021, le nombre est resté assez stable, passant de 13 595 à 13 590.

Cependant, la proportion de locuteurs silencieux s’est accrue pour passer de 5,9 % de la population de langue maternelle en 2001 à 7,1 % en 2011 et à 7,6 % en 2021. L’augmentation enregistrée au cours de la période de 2011 à 2021 s’explique par la baisse de la population de langue maternelle, qui est passée de 190 480 à 177 975. Les tendances variaient d’une région à l’autre. Par exemple, en Ontario, le nombre de locuteurs silencieux a augmenté tandis que la population de langue maternelle a diminué, ce qui a entraîné une forte croissance de la proportion de locuteurs silencieux, celle-ci ayant progressé de 5,4 points de pourcentage de 2001 à 2021. Au Québec, la population de langue maternelle s’est accrue au cours de la même période, mais à un rythme plus lent que celui des locuteurs silencieux; par conséquent, la proportion de locuteurs silencieux a augmenté de 1,2 point de pourcentage. En Colombie-Britannique, la forte baisse du nombre de personnes ayant une langue maternelle autochtone a été accompagnée d’une diminution du nombre de locuteurs silencieux. Ainsi, c’est en Colombie-Britannique que l’augmentation de la proportion de locuteurs silencieux a été la moins prononcée (+1,1 point de pourcentage).

À l’échelle des régions, de 2001 à 2021, la proportion de locuteurs silencieux a augmenté dans toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador. Le nombre de locuteurs silencieux s’est accru dans la plupart des provinces et des territoires, mais a diminué en Colombie-Britannique, au Yukon, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Tableau 1
Locuteurs silencieux et population de langue maternelle autochtone, proportion de locuteurs silencieux et variation entre 2001, 2011 et 2021, par province et territoire, Canada Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Locuteurs silencieux et population de langue maternelle autochtone, proportion de locuteurs silencieux et variation entre 2001, 2011 et 2021, par province et territoire, Canada Année , Variation , 2001, 2011, 2021, 2001 à 2011, 2011 à 2021 et 2001 à 2021, calculées selon unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Année Variation
2001 2011 2021 2001 à 2011 2011 à 2021 2001 à 2021
Notes : Les variations dans les chiffres de population sont exprimées en changement numérique. Les variations dans la proportion de locuteurs silencieux sont exprimées en points de pourcentage. Les données comprennent uniquement les communautés dénombrées lors des recensements de 2001, de 2006, de 2016 et de 2021, ainsi que de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2001 et 2021; Enquête nationale auprès des ménages, 2011.
Canada  
Locuteurs silencieux 11 075 13 595 13 590 2 520 -5 2 515
Population de langue maternelle autochtone 186 280 190 480 177 975 4 200 -12 505 -8 305
Locuteurs silencieux (%) 5,9 7,1 7,6 1,2 0,5 1,7
Terre-Neuve-et-Labrador  
Locuteurs silencieux 100 125 85 25 -40 -15
Population de langue maternelle autochtone 2 140 2 755 2 085 615 -670 -55
Locuteurs silencieux (%) 4,7 4,5 4,1 -0,1 -0,5 -0,6
Île-du-Prince-Édouard  
Locuteurs silencieux 60 15 20 -45 5 -40
Population de langue maternelle autochtone 240 105 75 -135 -30 -165
Locuteurs silencieux (%) 25,0 14,3 26,7 -10,7 12,4 1,7
Nouvelle-Écosse  
Locuteurs silencieux 215 390 315 175 -75 100
Population de langue maternelle autochtone 4 185 4 800 4 145 615 -655 -40
Locuteurs silencieux (%) 5,1 8,1 7,6 3,0 -0,5 2,5
Nouveau-Brunswick  
Locuteurs silencieux 300 295 305 -5 10 5
Langue maternelle 3 195 2 580 2 545 -615 -35 -650
Locuteurs silencieux (%) 9,4 11,4 12,0 2,0 0,6 2,6
Québec  
Locuteurs silencieux 270 535 875 265 340 605
Langue maternelle 34 625 41 500 45 235 6 875 3 735 10 610
Locuteurs silencieux (%) 0,8 1,3 1,9 0,5 0,6 1,2
Ontario  
Locuteurs silencieux 1 395 1 665 1 865 270 200 470
Langue maternelle 15 070 13 865 12 690 -1 205 -1 175 -2 380
Locuteurs silencieux (%) 9,3 12,0 14,7 2,8 2,7 5,4
Manitoba  
Locuteurs silencieux 1 595 1 755 2 490 160 735 895
Langue maternelle 31 450 30 890 25 635 -560 -5 255 -5 815
Locuteurs silencieux (%) 5,1 5,7 9,7 0,6 4,0 4,6
Saskatchewan  
Locuteurs silencieux 2 285 2 505 2 550 220 45 265
Langue maternelle 33 330 32 845 26 420 -485 -6 425 -6 910
Locuteurs silencieux (%) 6,9 7,6 9,7 0,8 2,0 2,8
Alberta  
Locuteurs silencieux 1 850 2 390 2 395 540 5 545
Langue maternelle 23 940 22 350 23 095 -1 590 745 -845
Locuteurs silencieux (%) 7,7 10,7 10,4 3,0 -0,3 2,6
Colombie-Britannique  
Locuteurs silencieux 2 390 2 615 1 650 225 -965 -740
Langue maternelle 12 525 10 245 8 160 -2 280 -2 085 -4 365
Locuteurs silencieux (%) 19,1 25,5 20,2 6,4 -5,3 1,1
Yukon  
Locuteurs silencieux 180 300 140 120 -160 -40
Langue maternelle 915 995 480 80 -515 -435
Locuteurs silencieux (%) 19,7 30,2 29,2 10,5 -1,0 9,5
Territoires du Nord-Ouest  
Locuteurs silencieux 315 715 520 400 -195 205
Langue maternelle 5 620 5 630 4 455 10 -1 175 -1 165
Locuteurs silencieux (%) 5,6 12,7 11,7 7,1 -1,0 6,1
Nunavut  
Locuteurs silencieux 120 290 380 170 90 260
Langue maternelle 19 045 21 925 22 950 2 880 1 025 3 905
Locuteurs silencieux (%) 0,6 1,3 1,7 0,7 0,3 1,0

Discussion

La population de locuteurs silencieux d’une langue maternelle autochtone se distingue de celle des locuteurs actifs. En moyenne, les locuteurs silencieux sont généralement plus âgés et plus susceptibles d’être des femmes ou des filles, de vivre en milieu urbain et d’avoir un niveau de scolarité plus élevé que les locuteurs actifs, mais ils sont aussi plus susceptibles d’appartenir à un groupe défavorisé et de vivre seuls. La combinaison de ces caractéristiques laisse penser à un possible détachement des locuteurs silencieux à l’égard de leur culture et à des occasions peut nombreuses d’utiliser sa langue maternelle autochtone à la maison, à l’école ou au travail.

Les données montrent que le nombre et la proportion de locuteurs silencieux au sein de la population de langue maternelle ont augmenté au cours de la période de 2001 à 2021, et que la hausse récente de cette proportion s’explique par la baisse de la population de langue maternelle autochtone.

Par ailleurs, il en ressort que les locuteurs silencieux représentent une part importante de la population de langue maternelle pour de nombreuses langues autochtones en danger critique. Les locuteurs silencieux jouent également un rôle important pour les langues en danger moins critique, qui comptent une population relativement importante de locuteurs silencieux. De plus, de nombreux locuteurs silencieux vivent dans de grandes villes, notamment les locuteurs silencieux de langues ojibwées à Winnipeg, de langues cries à Edmonton et de l’inuktut à Iqaluit. Ces conclusions ont toutes des conséquences pour la mise en œuvre d’initiatives de revitalisation ciblant les locuteurs silencieux.

Remerciements

Le présent rapport a été préparé par Henry Robertson, du Centre de la statistique et des partenariats autochtones de Statistique Canada, avec le soutien financier du Commissariat aux langues autochtones (CLA). Nous tenons à remercier le CLA de son travail et de son engagement soutenu à l’égard promotion de la recherche sur les langues autochtones. Sans son appui, la production de ce rapport n’aurait pas été possible.

Références

Anderson, T et M.J. Norris. 2025. Familles de langues autochtones : isolats linguistiques et autres langues autochtones, Série thématique sur les peuples autochtones, 31 mars 2025, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/41-20-0002/412000022025008-fra.htm.

Elijah, K. A. 2020. Saiakwatsirón:ni—We are reigniting the fire: Regeneration of Kanien’kéha silent speakers, mémoire de maîtrise non publié, Université de Victoria, Canada, https://dspace.library.uvic.ca/handle/1828/11873

First Peoples’ Cultural Council. 2021. Reclaiming My Language Program, https://fpcc.ca/program/silent-speaker/

Moseley, Christopher (dir.). 2010. Atlas of the World’s Languages in Danger, 3e éd, Paris, Éditions de l’UNESCO, Paris.

Ross, C. 2025. Adult Silent Speakers: A nīhithaw Perspective, thèse de doctorat, Université de Victoria, Canada.

Statistique Canada. 2022. « La population autochtone continue de croître et est beaucoup plus jeune que la population non autochtone, malgré un ralentissement de son rythme de croissance », Le Quotidien, https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/220921/dq220921a-fra.htm.

Annexe

Tableau A1
Locuteurs actifs et locuteurs silencieux d’une langue maternelle autochtone, proportion de locuteurs silencieux au sein de la population de langue maternelle autochtone, et subdivision de recensement comptant le plus grand nombre de locuteurs silencieux, selon la langue, le groupe linguistique et la famille linguistique, Canada, 2021 Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Langue autochtone (titres de rangée) et Locuteurs actifs de langue maternelle autochtone, Locuteurs silencieux, Proportion de locuteurs silencieux, Subdivision de recensement comptant le plus grand nombre de locuteurs silencieux et Nombre de locuteurs silencieux dans la subdivision de recensement, calculées selon nombre, pourcentage et nombre unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Langue autochtone Locuteurs actifs de langue maternelle autochtone Locuteurs silencieux Proportion de locuteurs silencieux Subdivision de recensement comptant le plus grand nombre de locuteurs silencieux Nombre de locuteurs silencieux dans la subdivision de recensement
nombre pourcentage nombre
Note ...

n'ayant pas lieu de figurer

Notes : N.d.a. = non déclaré ailleurs et n.i.a. = non inclus ailleurs.
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021.
Langues autochtones 171 490 14 020 7,6 Winnipeg 685
Langues algonquiennes 113 100 10 035 8,1 Winnipeg 385
Pied-noir 4 630 315 6,4 Blood 148 110
Langues cries-innues 76 625 6 005 7,3 Edmonton 355
Atikamekw 6 225 80 1,3 Québec, La Tuque, Communauté Atikamekw de Manawan 10
Langues cries 60 440 5 770 8,7 Edmonton 355
Ililimowin (cri de Moose) 135 55 29,7 Timmins 15
Inu Ayimun (Cri du Sud‑Est) 655 45 6,4 Waskaganis, Lac Simon, Nemaska 10
Iyiyiw-Ayimiwin (Cri du Nord‑Est) 3 655 195 5,1 Wemindji 35
Nehiyawewin (Cri des marais) 2 775 360 11,5 Winnipeg 85
Nehiyawewin (Cri des plaines) 5 650 1 080 16,0 Edmonton 115
Nihithawiwin (Cri des bois) 3 260 500 13,3 Edmonton 60
Cri, n.d.a. 44 300 3 555 7,4 Edmonton 160
Innu (Montagnais) 9 280 155 1,6 Maliotenam 30
Naskapi 740 0 0,0 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Langues algonquiennes de l’est 6 250 685 9,9 Richibucto 15 120
Mi’kmaq 5 870 625 9,6 Richibucto 15 120
Wolastoqewi (malécite) 380 65 14,6 Tobique 20 15
Langues ojibwé-potawatomi 25 810 3 080 10,7 Winnipeg 395
Anicinabemowin (algonquin) 975 105 9,7 Kitigan Zibi 30
Oji-cri 11 460 470 3,9 Winnipeg 60
Langues ojibwées 13 380 2 510 15,8 Winnipeg 335
Anishinaabemowin (Chippewa) 640 125 16,3 Brandon 15
Daawaamwin (odawa) 105 25 18,5 Wikwemikong, territoire non cédé 10
Saulteau (Ojibway occidental) 2 065 520 20,1 Winnipeg 65
Ojibway, n.d.a. 10 660 1 845 14,8 Winnipeg 255
Langues algonquiennes, n.i.a. 25 0 0,0 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Langues athabascanes 15 005 1 370 8,4 Yellowknife 125
Langues athabascanes du nord 14 915 1 315 8,1 Yellowknife 125
Dakelh (porteur) 855 150 14,9 Vanderhoof 15
Dane-zaa (castor) 185 35 15,9 Fort Good Hope, Fort St. John, East Moberly Lake 169, West Moberly Lake 168A 10
Déné, n.d.a. 9 285 535 5,5 La Loche 55
Gwich’in 145 80 34,8 Inuvik, Fort McPherson 15
Langues esclave-lièvre 1 670 180 9,7 Déline 20
Deh Gah Ghotie Zhatie (esclave du Sud) 420 50 10,6 Edmonton, Fort Simpson, Bushe River 10
Satuotine Yati (esclave du Nord) 310 35 10,3 Norman Wells 15
Esclave, n.d.a. 945 95 9,1 Déline 15
Langues tahltan 255 35 12,1 Dease Lake 9 10
Kaska (nahani) 100 10 9,1 Lac Watson 10
Tahltan 160 25 14,3 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Tlicho (flanc-de-chien) 1 620 170 9,5 Yellowknife 110
Tse'khene (sekani) 50 10 16,7 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Tsilhqot'in (chilcotin) 605 30 4,8 Redstone Flat 1  Stone 1 10
Tsuu T’ina (sarsi) 80 0 0,0 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Langues tutchones 100 80 45,7 Ibex Valley 40
Tutchone du Nord 55 20 25,0 Carmacks 10
Tutchone du Sud 30 40 61,5 Ibex Valley 35
Tutchone, n.d.a. 20 15 37,5 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Wetsuwet’en-babine 140 45 25,0 Hagwilget 1  East Saanich 2  Moricetown 1  Coryatsaqua (Moricetown) 2 10
Tlingit 45 30 40,0 Whitehorse 10
Langues athapascanes, n.i.a. 40 25 38,5 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Haïda 75 30 28,6 Vancouver 10
Langues inuktut (inuites) 37 470 880 2,3 Iqaluit 140
Inuinnaqtun (inuvialuktun) 655 150 18,6 Tuktoyaktuk, Inuvik 30
Inuinnaqtun 450 50 10,0 Kugluktuk 20
Inuvialuktun 205 100 32,8 Tuktoyaktuk 35
Inuktitut 36 790 730 1,9 Iqaluit 140
Langues inuktut (inuites), n.i.a. 35 10 22,2 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Langues iroquoiennes 510 185 26,6 London 25
Cayuga 100 15 12,5 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Mohawk 370 130 26,0 Cornwall 15
Oneida 40 40 50,0 London 20
Langues iroquoiennes, n.i.a. 0 0 0,0 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Ktunaxa (kutenai) 35 25 41,7 Cranbrook 15
Mitchif 755 255 25,4 Winnipeg 45
Langues salishennes 1 340 380 22,1 Williams Lake 20
Halkomelem 335 75 18,1 North Cowichan 20
Lillooet 85 40 32,0 Slosh 1  Mount Currie 10
Ntlakapamux (thompson) 185 40 17,8 Fraser Valley A, Nicola Mameet 1, Coldwater 1, Nooaitch 10 10
Secwepemctsin (shuswap) 340 80 19,0 Williams Lake 15
Squamish 40 15 33,3 Capilano 5 10
Straits 120 55 31,4 Cole Bay 3  Sliammon 1 10
Syilx (okanagan) 195 45 18,8 Penticton 1  Chopaka 7 & 8  Nicola Lake 1  Ashnola 10 10
Langues salishennes, n.i.a. 50 35 43,8 Bella Coola 1 10
Langues siouennes 1 480 270 15,5 Nation Dakota de Sioux Valley 35
Assiniboine 185 30 13,6 Regina, Mosquito 109 10
Dakota 750 165 18,0 Sioux Valley Dakota Nation 35
Stoney 490 55 10,1 Alexis 133 25
Langues siouennes, n.i.a. 165 20 11,1 ... n'ayant pas lieu de figurer 0
Langues tsimshennes 1 285 315 19,8 Gitsegukla 1 55
Gitxsan (gitksan) 580 195 25,0 Gitsegukla 1 55
Nisga’a 545 65 10,7 Nisga’a 15
Tsimshian 160 50 23,8 Prince Rupert 20
Langues wakashanes 785 240 23,4 Marktosis 15 55
Haisla 190 25 11,9 Kitamaat 2 10
Heiltsuk 150 45 22,5 Bella Bella 1 15
Kwak’wala (kwakiutl) 215 45 17,6 Tsulquate 4  Alert Bay 10
Nuu-chah-nulth (nootka) 205 115 34,8 Marktosis 15 55
Langues wakashanes, n.i.a. 20 10 28,6 Malachan 11 10
Langues autochtones, n.i.a. 45 40 44,4 Blood 148 10
Langues autochtones, n.d.a. 270 115 29,9 Edmonton, Calgary, East Saanich 2, South Saanich 1, Bonaparte 3 10
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