Rapports économiques et sociaux
Des laboratoires de recherche jusqu’aux portes d’embarquement : rétention au pays et résultats sur le marché du travail des boursiers postdoctoraux étrangers au Canada

Date de diffusion : le 24 juin 2026

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202600600005-fra

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Résumé

À l’aide des données de la Base de données longitudinales sur l’immigration, le présent article permet d’examiner les récentes tendances en ce qui concerne l’admission, la rétention au pays et les résultats sur le marché du travail des boursiers postdoctoraux étrangers au Canada. Les boursiers postdoctoraux étrangers s’entendent des personnes dont le premier permis de travail canadien a été délivré en vertu du code de dispense de l’étude d’impact sur le marché du travail relatif aux nominations postdoctorales au titre du Programme de mobilité internationale (PMI). Leurs résultats sont comparés à ceux d’autres titulaires de permis de travail en vertu du PMI, de participants au Programme des travailleurs étrangers temporaires et d’immigrants qui sont arrivés au Canada directement en tant que résidents permanents.

L’analyse a révélé que les flux migratoires annuels de boursiers postdoctoraux étrangers ont oscillé entre 2 000 et 3 300 dans les années 2000 et 2010, mais ont diminué de 2021 à 2024. Environ 28 % des boursiers postdoctoraux étrangers ayant obtenu leur premier permis de travail au cours de la période allant de 2000 à 2004 se sont vu accorder la résidence permanente dans les 10 ans suivant leur première arrivée au pays. Ce taux a diminué à 22 % pour les immigrants arrivés au cours de la période allant de 2010 à 2014. Parmi les personnes qui ont obtenu le statut de résidents permanents, la présence active au Canada, mesurée par la production de déclarations de revenus, a chuté progressivement au fil du temps.

Malgré une rétention à long terme au pays relativement faible, les boursiers postdoctoraux étrangers qui ont maintenu une présence active au Canada et qui ont conservé leur emploi présentaient de bons résultats sur le marché du travail après avoir obtenu leur résidence permanente. Les revenus observés et ajustés par régression étaient plus élevés que ceux d’autres groupes d’immigrants dans les premières années suivant l’admission et à plus long terme.

Ces résultats, qui concordent avec le caractère de mobilité internationale des marchés du travail postdoctoraux, font ressortir l’importance d’interpréter les résultats de la rétention au pays dans le contexte de carrières dans le milieu de la recherche, branchées sur le monde.

Auteurs

Feng Hou travaillent à la Division de l’analyse et de la modélisation économiques et sociales, au sein de la Direction des études analytiques et de la modélisation de Statistique Canada.

Remerciements

L’auteur tient à remercier Youssouf Azmi, Mark Kinack, Alda Kokallaj et Zofia Olszowka pour leurs conseils et leurs commentaires relatifs à une version antérieure du présent article.

Introduction

Dans les dernières années, les économies avancées ont de plus en plus misé sur le déplacement de chercheurs à l’échelle mondiale pour soutenir l’innovation et la compétitivité scientifique. Les chercheurs postdoctoraux, dont plusieurs sont nés à l’étranger et détiennent le statut de résident temporaire, jouent un rôle crucial dans l’avancement des connaissances scientifiques et le maintien de la productivité et de la vitalité des établissements de recherche (Kahn et MacGarvie, 2024; Youyou et Feng, 2025). Les boursiers postdoctoraux dirigent souvent des projets indépendants, collaborent avec des chercheurs d’autres disciplines, soutiennent la formation aux cycles supérieurs et contribuent grandement aux publications scientifiques et à la diffusion des connaissances. Par conséquent, ils sont indispensables pour repousser les limites scientifiques et s’attaquer aux défis sociaux complexes grâce à l’innovation et aux approches interdisciplinaires.

La nature des nominations postdoctorales est intrinsèquement temporaire et transitoire. Ces postes sont souvent des contrats à durée déterminée, qui durent généralement quelques années, et permettent aux chercheurs postdoctoraux d’acquérir une formation et une expérience supplémentaires indispensables à la poursuite d’une carrière universitaire ou autre. La nature temporaire de ces fonctions fait ressortir l’importance de la mobilité sur le plan de la discipline, sur le plan institutionnel et sur le plan géographique. Les chercheurs postdoctoraux déménagent souvent à l’étranger pour profiter de ces occasions, suivre des programmes spécialisés ou tirer profit de financement qui favorise l’échange de connaissances transfrontalier (OCDE, 2021; Thomas, 2025).

Le Canada a activement tenté d’attirer des boursiers postdoctoraux étrangers grâce à une combinaison de politiques d’immigration et de financements de recherche ciblés qui facilitent la mobilité des personnes possédant des compétences très spécialisées. À l’échelon fédéral, les prestigieuses bourses de recherche ouvertes à l’échelle internationale offertes par les trois conseils témoignent d’un engagement envers les talents mondiaux et intègrent les boursiers postdoctoraux aux principaux programmes de recherche (Gouvernement du Canada, n.d.). Ces volets de financement sont jumelés à certains parcours d’immigration qui permettent aux universités de recruter des boursiers postdoctoraux étrangers. Les personnes titulaires d’un poste postdoctoral sont admissibles à un permis de travail temporaire en vertu du Programme de mobilité internationale (PMI) (IRCC, n.d.). Leur expérience de travail au Canada peut également soutenir leur transition ultérieure vers la résidence permanente. Ensemble, ces mesures créent un environnement politique qui réduit les obstacles administratifs, élargit les possibilités de recherche et renforce l’attrait du Canada comme destination pour les chercheurs postdoctoraux formés dans d’autres pays.

D’un point de vue des politiques, la compréhension de la rétention au pays des boursiers postdoctoraux étrangers et de leurs résultats sur le marché du travail après l’obtention de leur résidence permanente est indispensable pour orienter à la fois la stratégie d’immigration et de recherche. En particulier, l’enjeu de la rétention au pays des postdoctorants se trouve à l’intersection des grands débats portant sur la « circulation des compétences » et de l’« exode des cerveaux ». Bien que le recrutement de boursiers postdoctoraux étrangers soit avantageux pour le Canada, garantir leur séjour à long terme et leur réussite sur le marché du travail est essentiel pour réaliser les gains économiques et scientifiques durables qu’ils peuvent générer. Des études menées aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne ont recensé les difficultés de convertir la mobilité temporaire des chercheurs en installation définitive, attribuant souvent le faible taux de rétention au pays aux conditions d’emploi précaires, à l’avancement professionnel limité et à des parcours d’immigration restrictifs (Aksenfeld et Ahart, 2025; OCDE, 2021; Stephan, 2012). Pourtant, des données probantes systématiques pour le Canada sont rares.

Le présent article vise à combler cette lacune en examinant les récentes tendances en ce qui concerne l’admission, le taux de rétention au pays et les résultats sur le marché du travail des boursiers postdoctoraux étrangers admis au Canada à titre de travailleurs étrangers temporaires en vertu du PMI. Les boursiers postdoctoraux étrangers s’entendent des personnes dont le premier permis de travail a été délivré en vertu du code de dispense de l’étude d’impact du marché du travail relatif aux boursiers postdoctoraux (C44). Pour être admissibles à ce programme, les ressortissants étrangers « doivent être nommés à un poste d’une durée limitée dans un domaine lié à celui pour lequel ils ont obtenu ou sont en voie d’obtenir leur doctorat; doivent recevoir un traitement ou un salaire en échange de périodes d’enseignement, d’études supérieures ou de recherche; [et] être choisis en fonction de l’excellence de leur parcours universitaire » (IRCC, n.d.). Les permis de travail dans le cadre de ce programme sont délivrés en fonction d’un employeur en particulier, c’est-à-dire que les titulaires de permis sont autorisés à travailler seulement pour l’employeur qui les a recrutés.

L’analyse permet également de comparer les boursiers postdoctoraux étrangers à d’autres titulaires de permis de travail en vertu du PMI et à des participants au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET)Note afin de relever les différences dans les tendances liées au taux de rétention au pays et aux résultats sur le marché du travail. La comparaison des résultats sur le marché du travail porte également sur les résidents permanents qui ont été admis directement de l’étranger.

Diminution des flux migratoires et changement des pays d’origine

Dans les années 2000 et 2010, le nombre de boursiers postdoctoraux étrangers arrivés au Canada à titre de travailleurs étrangers temporaires a fluctué de 2 100 à 3 400 annuellement (graphique 1). Cependant, après une reprise suivant un déclin marqué en 2020 au plus fort de la pandémie de COVID-19, la tendance semble être à la baisse. De 2021 à 2024, les flux migratoires ont chuté, atteignant des niveaux inférieurs à ceux observés au début des années 2000.Note

Il est utile de situer les tendances liées aux boursiers postdoctoraux étrangers dans le contexte de l’évolution plus générale touchant les travailleurs étrangers temporaires au Canada. Bien que l’afflux de boursiers postdoctoraux étrangers ait diminué dans les dernières années, le nombre des autres travailleurs étrangers temporaires a augmenté considérablement, particulièrement depuis le milieu des années 2010. Par conséquent, la proportion de boursiers postdoctoraux étrangers parmi tous les titulaires d’un permis de travail temporaire à des fins de travail (y compris les permis de travail du PTET et du PMI) a diminué, passant d’à peu près 3 % au début des années 2000 à environ 0,3 % en 2024 (graphique 1). La forte baisse dans la proportion relative de boursiers postdoctoraux est principalement attribuable à la croissance plus générale observée dans les autres catégories de travailleurs étrangers temporaires.

Graphique 1 : Nombre de boursiers postdoctoraux étrangers et proportion de ces derniers dans le nombre total de nouveaux titulaires d'un permis de travail, âgés de 20 à 54 ans

Tableau de données du graphique 1
Graphique 1. Nombre de boursiers postdoctoraux étrangers et proportion de ces derniers dans le nombre total de nouveaux titulaires d'un permis de travail, âgés de 20 à 54 ans
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Graphique 1. Nombre de boursiers postdoctoraux étrangers et proportion de ces derniers dans le nombre total de nouveaux titulaires d'un permis de travail, âgés de 20 à 54 ans , calculées selon (figurant comme en-tête de colonne).
  Nouveaux boursiers postdoctoraux Proportion dans le total des nouveaux titulaires d'un permis de travail
Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024.
2000 2130 3,0
2001 2386 3,3
2002 2413 3,5
2003 2335 3,6
2004 2274 3,1
2005 2302 2,8
2006 2189 2,3
2007 2394 2,1
2008 2581 2,0
2009 2508 2,2
2010 2592 2,3
2011 2992 2,6
2012 3225 2,5
2013 3231 2,4
2014 3376 2,6
2015 2894 2,6
2016 2806 2,1
2017 3362 2,1
2018 3201 1,7
2019 3299 1,5
2020 1260 1,0
2021 2811 1,5
2022 2787 0,8
2023 2191 0,4
2024 1550 0,3

On observe une tendance semblable lorsqu’on examine la contribution des boursiers postdoctoraux étrangers à l’offre de main-d’œuvre au niveau du doctorat au Canada. De 2010 à 2023, le nombre annuel de nouveaux diplômés qui ont obtenu leur diplôme au Canada et qui sont titulaires d’un doctorat ou d’un diplôme équivalent a augmenté de 5 950 à 8 810 (Statistique Canada, n.d.). Par conséquent, la proportion de boursiers postdoctoraux étrangers a diminué comparativement à celle des titulaires d’un doctorat obtenu au Canada, passant de 0,44 en 2010 à 0,25 en 2023. Cela laisse entendre que les boursiers postdoctoraux étrangers sont une importante source de main-d’œuvre titulaire d’un doctorat au Canada, même si leur importance relative a diminué.

Pour ce qui est des caractéristiques sociodémographiques, la plupart des boursiers postdoctoraux étrangers étaient des hommes, bien que leur proportion ait chuté, de 70 % pour la cohorte de 2000 à 2004 à 60 % pour la cohorte de 2020 à 2024 (tableau 1). Dans l’ensemble des cohortes, de 47 % à 58 % des boursiers postdoctoraux étaient âgés de 30 à 39 ans, et de 30 % à 46 % étaient âgés de 20 à 29 ans.

Tableau 1
Nombre de personnes ayant reçu leur premier permis de travail à titre de boursiers postdoctoraux, selon l'année de délivrance du permis et les caractéristiques sociodémographiques, âgées de 20 à 54 ans au moment de l'obtention du premier permis de travail Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre de personnes ayant reçu leur premier permis de travail à titre de boursiers postdoctoraux, selon l'année de délivrance du permis et les caractéristiques sociodémographiques, âgées de 20 à 54 ans au moment de l'obtention du premier permis de travail Année de la délivrance du premier permis de travail, 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014, 2015 à 2019 et 2020 à 2024, calculées selon nombre et pourcentage2 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Année de la délivrance du premier permis de travail
2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019 2020 à 2024
nombre
Note 1

Le pourcentage pour les hommes et les femmes ne totalise pas 100 % parce que certaines personnes ont déclaré d'autres genres.

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Note 2

Les pourcentages pour une variable donnée pourraient ne pas totaliser 100 % en raison de l'arrondissement.

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Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024.
Nombre total de nouveaux boursiers postdoctoraux 11540 11970 15420 15560 10600
  pourcentage Tableau 1 Note 2
Genre Tableau 1 Note 1  
Hommes 69,6 66,7 62,3 59,6 59,5
Femmes 30,4 33,3 37,7 40,4 40,5
Groupe d'âge  
20 à 29 ans 30,1 37,4 46,3 43,8 33,8
30 à 39 ans 53,2 51,5 46,5 49,3 57,8
40 à 54 ans 16,7 11,1 7,3 7,0 8,3
Région d'origine  
États-Unis 3,5 4,6 4,8 5,7 6,1
Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du Sud 6,9 8,5 16,4 15,5 13,2
Europe du Nord et Europe de l'Ouest 24,1 24,6 22,2 16,5 17,1
Europe du Sud et Europe de l'Est 12,1 13,2 9,2 8,2 7,7
Afrique 3,8 5,6 8,8 5,3 7,6
Asie du Sud 5,0 8,5 8,3 8,8 12,2
Asie du Sud-Est 1,9 2,5 2,2 1,7 2,1
Asie de l'Est 32,4 25,1 20,3 29,8 23,2
Asie de l'Ouest 8,3 5,8 6,3 7,2 9,7
Autres régions 2,3 1,6 1,5 1,3 1,1

Les boursiers postdoctoraux étrangers provenaient de régions d’origine de plus en plus diversifiées (tableau 1). L’Asie de l’Est, ainsi que l’Europe du Nord et l’Europe de l’Ouest sont depuis longtemps les deux plus importantes régions d’origine, mais leur proportion combinée a diminué, passant de 57 % pour la cohorte de 2000 à 2004 à 40 % pour la cohorte de 2020 à 2024. La proportion attribuée à l’Europe du Sud et à l’Europe de l’Est a en outre chuté, alors qu’une proportion croissante de boursiers postdoctoraux provenaient de l’Asie du Sud, des Caraïbes, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et des États-Unis.

Environ 1 boursier postdoctoral étranger sur 4 a obtenu sa résidence permanente dans les 10 ans suivant son arrivée

Les boursiers postdoctoraux étrangers peuvent rester au Canada à long terme s’ils obtiennent la résidence permanente ou s’ils détiennent un permis de résidence temporaire (aux fins de travail ou d’études, ou un autre type de permis de résidence temporaire). Parmi les personnes qui sont arrivées pour la première fois de 2000 à 2014, une proportion modérée a obtenu la résidence permanente et quelques-unes ont maintenu une résidence temporaire au Canada après 10 ansNote (tableau 2).

Plus précisément, 10 ans après avoir reçu leur premier permis de travail au titre de la catégorie des boursiers postdoctoraux, 28 % des personnes de la cohorte de 2000 à 2004 étaient devenues des résidents permanents. Ce pourcentage a changé à 26 % pour la cohorte de 2005 à 2009 et a diminué encore plus pour s’établir à 22 % pour la cohorte de 2010 à 2014 (tableau 2). En ce qui a trait aux deux premières cohortes, pour lesquelles on dispose de données portant sur des années supplémentaires, les taux cumulatifs pour la résidence permanente n’ont augmenté que légèrement après 10 ans, affichant 1 point de pourcentage de plus à la 15e année.

Tableau 2
Taux cumulatifs de l'obtention de la résidence permanente et pourcentage de titulaires d'un permis valide de résidence non permanente parmi les boursiers postdoctoraux étrangers, selon le nombre d'années depuis l'obtention du premier permis de travail Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Nombre d'années depuis l'obtention du premier permis de travail (titres de rangée) et Taux cumulatifs de l'obtention de la résidence permanente (Année de délivrance du premier permis de travail) et Pourcentage de titulaires d'un permis valide de résidence non permanente (Année de délivrance du premier permis de travail), calculées selon 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014, 2015 à 2019, 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014, 2015 à 2019 et percent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d'années depuis l'obtention du premier permis
de travail
Taux cumulatifs de l'obtention
de la résidence permanente
(Année de délivrance du premier permis de travail)
Pourcentage de titulaires d'un permis valide
de résidence non permanente
(Année de délivrance du premier permis de travail)
2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019 2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019
pourcentage
Note ..

indisponible pour une période de référence précise

Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024.
1 3,9 3,3 1,4 1,8 81,0 84,3 78,3 81,3
2 9,7 8,6 4,1 7,9 45,8 51,7 49,1 46,5
3 16,0 15,1 9,5 13,2 25,8 30,0 29,1 25,9
4 20,8 19,6 14,1 17,0 14,5 17,1 17,0 15,5
5 23,5 22,2 16,8 19,5 9,3 10,8 10,9 9,7
6 24,9 23,8 18,5 .. indisponible pour une période de référence précise 6,6 7,3 7,3 .. indisponible pour une période de référence précise
7 26,0 24,8 19,6 .. indisponible pour une période de référence précise 4,8 5,2 5,1 .. indisponible pour une période de référence précise
8 26,6 25,5 20,6 .. indisponible pour une période de référence précise 3,8 3,9 3,6 .. indisponible pour une période de référence précise
9 27,1 26,0 21,2 .. indisponible pour une période de référence précise 3,0 3,0 2,5 .. indisponible pour une période de référence précise
10 27,5 26,3 21,6 .. indisponible pour une période de référence précise 2,4 2,2 1,8 .. indisponible pour une période de référence précise
11 27,8 26,6 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise 2,0 1,7 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
12 28,0 26,9 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise 1,7 1,3 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
13 28,2 26,9 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise 1,4 1,1 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
14 28,3 27,1 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise 1,1 0,8 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
15 28,4 27,2 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise 0,9 0,6 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise

Ces tendances diffèrent de celles d’autres travailleurs étrangers temporaires. Parmi les titulaires d’autres permis de travail au titre du PMI, le taux cumulatif de l’obtention de la résidence permanente après 10 ans a augmenté de 15 % pour la cohorte de 2000 à 2004 à 25 % pour la cohorte de 2005 à 2009, puis à 28 % pour la cohorte de 2010 à 2014 (données non présentées). Pour les titulaires d’un permis délivré en vertu du PTET, le taux cumulatif après 10 ans a augmenté, passant de 29 % à 48 %, puis à 49 % pour l’ensemble des trois cohortes (données non présentées). Des études antérieures laissent entendre que les différences entre les groupes dans les taux de transition vers la résidence permanente chez les travailleurs étrangers temporaires sont déterminées à la fois par les motivations et les possibilités (Prokopenko et Hou, 2018). Bien que les possibilités soient généralement plus nombreuses puisque le Canada choisit de plus en plus de résidents permanents au sein de la population des travailleurs étrangers temporaires, les motivations pour demander la résidence permanente chez les boursiers postdoctoraux étrangers pourraient avoir diminué au fil du temps.

Parmi les boursiers postdoctoraux étrangers, une proportion semblable d’hommes et de femmes ont obtenu la résidence permanente, selon des taux cumulatifs de cinq ans (tableau 3). On observe des taux plus élevés chez les personnes âgées de 30 à 39 ans au moment de recevoir leur premier permis de travail que chez les personnes des groupes d’âge de 20 à 29 ans et de 40 à 54 ans. Le groupe d’âge de 20 à 29 ans affichait les taux les plus faibles et une nette tendance à la baisse dans toutes les cohortes, mais on constate un taux légèrement plus élevé de titulaires d’un permis de résidence non permanente que chez les deux groupes plus âgés.

Tableau 3
Taux cumulatifs de l'obtention de la résidence permanente et pourcentage de titulaires d'un permis valide de résidence non permanente parmi les boursiers postdoctoraux cinq ans après l'obtention du premier permis de travail, selon les caractéristiques sociodémographiques Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux cumulatifs de l'obtention de la résidence permanente et pourcentage de titulaires d'un permis valide de résidence non permanente parmi les boursiers postdoctoraux cinq ans après l'obtention du premier permis de travail, selon les caractéristiques sociodémographiques Taux cumulatif de l'obtention de la résidence permanente (Année de délivrance du premier permis de travail), Pourcentage de titulaires d'un permis valide de résidence non permanente (Année de délivrance du premier permis de travail), 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014, 2015 à 2019, 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014 et 2015 à 2019, calculées selon unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Taux cumulatif de l'obtention
de la résidence permanente
(Année de délivrance du premier permis de travail)
Pourcentage de titulaires d'un permis valide
de résidence non permanente
(Année de délivrance du premier permis de travail)
2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019 2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019
Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024.
  pourcentage
Genre  
Hommes 23,0 21,9 16,4 19,2 9,5 10,9 11,5 10,0
Femmes 24,6 22,7 17,3 19,9 8,8 10,6 10,0 9,2
Âge au moment de l'obtention du premier permis de travail  
20 à 29 ans 17,9 17,3 10,4 9,3 6,6 6,1 7,0 6,2
30 à 39 ans 28,0 26,8 22,8 25,9 3,7 4,9 4,3 3,8
40 à 54 ans 21,6 22,1 15,1 16,6 3,3 2,5 2,6 4,3
Région d'origine  
États-Unis 17,1 12,7 10,2 14,9 8,3 7,3 5,0 5,0
Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du Sud 17,6 16,3 8,7 14,9 7,1 6,7 6,2 6,8
Europe du Nord et Europe de l'Ouest 18,2 19,2 16,5 19,0 5,3 6,0 5,1 3,4
Europe du Sud et Europe de l'Est 22,4 19,9 19,0 18,6 4,8 4,7 4,0 3,7
Afrique 48,0 40,0 22,0 33,6 3,0 2,8 6,1 8,4
Asie du Sud 37,3 35,1 25,7 37,6 3,9 3,6 3,3 5,0
Asie du Sud-Est 18,0 16,6 14,1 23,1 6,8 4,4 3,8 5,4
Asie de l'Est 28,0 24,7 16,8 9,3 2,5 4,1 5,2 3,5
Asie de l'Ouest 22,8 31,2 27,9 35,9 4,1 5,1 7,4 7,6
Autres régions 10,1 16,6 15,6 20,6 9,7 4,8 5,5 5,5

Dans les grandes régions d’origine, les personnes originaires d’Afrique, de l’Asie du Sud et de l’Asie de l’Ouest affichaient les taux les plus élevés d’obtention de la résidence permanente, tandis que les personnes originaires des États-Unis, des Caraïbes, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud affichaient les taux les plus faibles. Pour ce qui est des boursiers postdoctoraux de l’Asie de l’Est, on constate une diminution constante dans les taux cumulatifs sur cinq ans, passant de 28 % pour la cohorte de 2000 à 2004 à 9 % pour la cohorte de 2015 à 2019, soit le taux le plus faible de cette cohorte. Cette importante diminution était liée aux proportions croissantes de boursiers postdoctoraux de la Chine et à la baisse constante dans leurs taux d’obtention de la résidence permanente, probablement attribuable à l’augmentation des possibilités d’emploi dans le milieu universitaire et dans d’autres secteurs en ChineNote .

Environ 70 % des boursiers postdoctoraux étrangers ont maintenu une présence active au Canada 10 ans après avoir obtenu la résidence permanente

Bien que le fait d’obtenir la résidence permanente permette aux immigrants de demeurer et de travailler au Canada indéfiniment, ce ne sont pas tous les résidents permanents qui maintiennent une présence active au Canada chaque année. Le tableau 4 présente les taux de déclarations de revenus des anciens boursiers postdoctoraux étrangers qui sont devenus des résidents permanents pour chaque année depuis l’obtention de la résidence permanenteNote . Cette mesure a été utilisée pour indiquer la présence active des immigrants au Canada (Hou, 2024).

Dans l’ensemble des cohortes, environ 86 % à 89 % d’anciens boursiers postdoctoraux ont produit une déclaration de revenus au cours de la première année civile complète suivant leur admission (tableau 4). Ce taux a diminué à environ 78 % à 82 % 5 ans après leur admission, puis de 69 % à 74 % 10 ans après leur admission. On n’observe aucune tendance claire à la hausse ou à la baisse dans les autres cohortes admises par la suite.

Tableau 4
Taux de production de déclarations de revenus parmi les boursiers postdoctoraux étrangers qui sont devenus des résidents permanents, selon le nombre d'années depuis l'admission en tant que résidents permanents, chez les personnes âgées de 20 à 54 ans au moment de l'admission Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Nombre d'années depuis l'admission (titres de rangée) et Année de l'admission en tant que résident permanent, calculées selon 2000 à 2004, 2005 à 2009, 2010 à 2014, 2015 à 2019 et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d'années depuis l'admission Année de l'admission en tant que résident permanent
2000 à 2004 2005 à 2009 2010 à 2014 2015 à 2019
pourcentage
Note ..

indisponible pour une période de référence précise

Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024.
1 89,4 86,7 85,9 88,4
2 88,4 84,7 84,0 86,5
3 86,6 82,8 82,8 84,8
4 83,6 80,3 81,9 83,4
5 81,7 78,4 79,3 80,9
6 79,7 76,5 76,8 .. indisponible pour une période de référence précise
7 77,8 74,7 75,2 .. indisponible pour une période de référence précise
8 76,3 72,8 73,8 .. indisponible pour une période de référence précise
9 75,0 71,0 72,3 .. indisponible pour une période de référence précise
10 74,2 69,2 70,2 .. indisponible pour une période de référence précise
11 72,5 68,2 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
12 71,4 67,0 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
13 69,9 66,2 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
14 68,9 65,4 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise
15 68,1 64,5 .. indisponible pour une période de référence précise .. indisponible pour une période de référence précise

Les taux de production d’une déclaration de revenus après 10 ans étaient généralement plus faibles que ceux d’autres anciens travailleurs étrangers temporaires. Parmi les participants au PMI qui sont devenus des résidents permanents, le taux de production d’une déclaration de revenus après 10 ans a augmenté, passant de 75 % pour la cohorte de 2000 à 2004, à 82 % pour la cohorte de 2010 à 2014 (données non présentées). Pour ce qui est des anciens travailleurs du PTET, le taux sur 10 ans a augmenté de 85 % à 91 % pour l’ensemble des cohortes. Pour les immigrants qui n’étaient pas des résidents temporaires avant leur admission (immigrants sélectionnés dans le cadre d’un processus de sélection en une étape), le taux a augmenté de 80 % à 83 % (données non présentées).

Les boursiers postdoctoraux étrangers ont touché des revenus plus élevés que les autres immigrants

Parmi les immigrants ayant maintenu une présence active et travaillant au Canada, les anciens boursiers postdoctoraux ont touché un revenu plus élevé par année que les autres immigrants, à la fois dans les premières années après l’admission et à plus long terme. Le graphique 2 permet de comparer les revenus annuels observés et ajustés (revenus totaux tirés d’un emploi en 2023 en dollars constants) de l’année 1 à l’année 15 suivant l’admission. Les revenus ajustés sont estimés à partir d’un modèle de régression qui tient compte des différences dans les caractéristiques sociodémographiques entre les anciens boursiers postdoctoraux et les personnes d’autres groupes d’immigrantsNote .

Graphique 2 : Revenus observés et ajustés des immigrants, selon le programme de permis de travail préalable à l'admission et le nombre d'années depuis l'admission, chez les personnes âgées de 20 à 54 ans au moment de l'admission, admises de 2000 à 2022

Tableau de données du graphique 2
Revenus observés et ajustés des immigrants, selon le programme de permis de travail préalable à l'admission et le nombre d'années depuis l'admission, chez les personnes âgées de 20 à 54 ans au moment de l'admission, admises de 2000 à 2022
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Observed and adjusted earnings of immigrants by pre-admission work permit program and year since admission, aged 20 to 54 at admission, admitted from 2000 to 2022 Boursiers postdoctoraux,, Autre Programme de mobilité internationale, et Programme des travailleurs étrangers temporaires,, calculées selon observed, adjusted, observed, adjusted, observed et adjusted unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Boursiers postdoctoraux, Autre Programme de mobilité internationale, Programme des travailleurs étrangers temporaires,
observed adjusted observed adjusted observed adjusted
Source : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration, 2024
1 69560 59679 61520 51302 57896 54555
2 77366 66112 65952 55077 60234 56597
3 82472 72122 69515 58636 61660 58607
4 87749 77712 71979 61978 62997 60586
5 92632 82879 74791 65103 64293 62533
6 96734 87626 76727 68012 65799 64448
7 100405 91951 77814 70704 67402 66333
8 103847 95854 79424 73180 68508 68185
9 106932 99336 81188 75439 70221 70006
10 108876 102396 82219 77481 72103 71796
11 111863 105035 83973 79307 73400 73554
12 115044 107253 86263 80916 74352 75281
13 116618 109049 88798 82308 75729 76976
14 118573 110423 90847 83484 77751 78640
15 121200 111376 92674 84443 79536 80272

Les anciens boursiers postdoctoraux affichaient des revenus observés et ajustés plus élevés que les autres anciens titulaires d’un permis de travail au titre du PMI. L’écart s’élevait à environ 15 % au cours de la première année complète suivant l’admission et s’est accentué pour atteindre environ 31 % huit ans après l’admission. On observe peu de variations par la suite. Les anciens boursiers postdoctoraux ont gagné environ 20 % de plus que les anciens titulaires d’un permis de travail en vertu du PTET pour ce qui est des revenus observés et environ 9 % de plus en revenus ajustés au cours de la première année complète après l’admission. Ces écarts se sont creusés pour atteindre respectivement environ 51 % et 43 % la 10e année et ont peu changé à la 15e année. Les anciens boursiers postdoctoraux ont gagné à peu près le double de ce qu’ont gagné les immigrants sélectionnés dans le cadre d’un processus de sélection en une étape de l’année 1 jusqu’à l’année 15 après l’admission. Cet écart s’est réduit à environ 80 % après l’ajustement pour tenir compte des différences sociodémographiques.

Conclusion

La présente étude a permis d’examiner les tendances récentes en ce qui concerne l’admission, la rétention au pays et les résultats sur le marché du travail des boursiers postdoctoraux étrangers au Canada, comparativement à d’autres groupes de résidents temporaires et permanents. Les résultats révèlent que les flux migratoires des boursiers postdoctoraux étrangers ont diminué au cours des dernières années, et leurs proportions parmi les travailleurs étrangers temporaires et dans le cadre de l’offre de main-d’œuvre au niveau du doctorat ont baissé considérablement. Les taux de transition vers la résidence permanente chez les boursiers postdoctoraux étrangers 10 ans après l’obtention de leur premier permis de travail ont diminué, passant de 28 % pour les arrivées de 2000 à 2004 à 22 % pour les arrivées de 2010 à 2014. Parmi les personnes ayant obtenu la résidence permanente, la présence active au Canada (comme mesurée par les taux de production de déclarations de revenus) a diminué progressivement au fil du temps. Toutefois, parmi les personnes qui ont maintenu une présence active et qui ont conservé leur emploi, les anciens boursiers postdoctoraux gagnaient beaucoup plus que d’autres groupes d’immigrants, à la fois dans les premières années suivant l’admission et à plus long terme, même après avoir pris en compte les caractéristiques sociodémographiques.

Ces tendances concordent avec le contexte institutionnel et du marché du travail dans lequel se déroule la formation postdoctorale. Les nominations postdoctorales sont généralement temporaires et intégrées dans des systèmes de recherche connectés à l’échelle internationale, où la mobilité géographique est courante et souvent attendue. Par conséquent, des taux plus faibles de rétention à long terme au pays parmi les anciens boursiers postdoctoraux s’expliquent probablement par le caractère très international de la recherche avancée sur les marchés du travail plutôt qu’à une plus faible intégration dans le marché du travail. Dans ce contexte, la mobilité après la formation postdoctorale peut représenter l’avancement professionnel au sein de réseaux de recherche et universitaires mondiaux, les établissements de recherche canadiens jouant un rôle important, bien que souvent temporaire, dans ces parcours.

D’un point de vue des politiques, les constats laissent entendre que les indicateurs de la rétention au pays à eux seuls ne saisissent pas pleinement la contribution des boursiers postdoctoraux étrangers à l’écosystème de recherche au Canada. Bien que l’établissement permanent demeure l’une des voies possibles, les avantages économiques et scientifiques associés aux boursiers postdoctoraux peuvent aussi découler d’une participation à plus court terme aux établissements de recherche au Canada et d’une mobilité internationale subséquente. Les politiques d’immigration et de recherche qui offrent une certaine souplesse dans la résidence temporaire, la résidence permanente et la mobilité par la suite peuvent par conséquent bien s’aligner avec la structure des carrières postdoctorales.

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