Rapports économiques et sociaux
Concordance professionnelle et résultats économiques des immigrants récents : évaluation globale
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202600500004-fra
Début du texte
Cette étude a été réalisée conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Statistique Canada.
Résumé
Cet article présente une évaluation globale de la concordance professionnelle et des résultats connexes en matière de revenus parmi les immigrants admis au Canada de 2010 à 2020. À l’aide de données couplées provenant de la Base de données longitudinales sur l’immigration et du Recensement de la population de 2021, cette étude analyse la mesure dans laquelle les immigrants récents exercent des professions qui correspondent à leur profession envisagée au moment de leur admission, détermine les caractéristiques associées à la concordance professionnelle, et analyse les conséquences pour les gains selon qu’il y a ou non concordance avec la profession envisagée.
Les constatations indiquent qu’environ un immigrant récent sur cinq a exercé la profession particulière envisagée en 2021, mais les taux de concordance étaient plus élevés à des niveaux de profession plus larges. La concordance professionnelle variait considérablement entre les groupes sociodémographiques : elle était plus élevée parmi les personnes ayant un diplôme d’études supérieures, celles originaires de pays plus développés, et les immigrants ayant une expérience de travail antérieure au Canada. Une proportion élevée des personnes qui n’ont pas exercé leur profession envisagée se sont tournées vers des emplois moins spécialisés, et les immigrants plus âgés, les femmes, les personnes n’ayant aucune connaissance des langues officielles et les personnes n’ayant aucune expérience de travail au Canada étaient les plus susceptibles de connaître une mobilité descendante. Les écarts de revenus entre les personnes qui ont exercé leur profession envisagée et celles qui ne l’ont pas exercée étaient importants. Celles qui ont exercé leur profession envisagée ont gagné près de 50 % de plus en moyenne, ce qui met en évidence le coût considérable du déséquilibre des compétences. Les répercussions de l’inadéquation professionnelle sur les revenus étaient particulièrement prononcées chez les immigrants très scolarisés.
Auteurs
Jianwei Zhong et Haozhen Zhang travaillent à la Division de la recherche et de la mobilisation des connaissances d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Hanqing Qiu et Feng Hou travaillent à la Division de l’analyse et de la modélisation économiques et sociales, au sein de la Direction des études analytiques et de la modélisation de Statistique Canada.
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier Winnie Chan, Chantal Goyette et Kathrine Wall de leurs conseils et commentaires relatifs à une version antérieure de cet article.
Introduction
La concordance des immigrants avec les professions, souvent appelée la mesure dans laquelle les immigrants maintiennent ou obtiennent un emploi conformément à leurs compétences et qualifications préalables à la migration, représente non seulement l’efficience de la transférabilité des compétences, mais aussi la capacité d’inclusion sur le marché du travail du pays d’accueil. Des recherches ont souligné que la concordance professionnelle constitue un marqueur important d’une intégration économique réussie (Schimmele et Hou, 2024). Certains immigrants peuvent connaître un déclassement professionnel, selon lequel ils sont employés en deçà de leur niveau de scolarité et d’expérience préalable à la migration (Reitz, 2001; Chiswick et Miller, 2009). Cette inadéquation, parfois qualifiée de gaspillage de cerveaux, mine le bien-être économique des immigrants et représente une perte de productivité potentielle pour les sociétés d’accueil (Mattoo, Neagu et Özden, 2008). La concordance professionnelle est donc essentielle afin de maximiser le rendement du capital humain des immigrants et de veiller à ce que les systèmes d’immigration répondent effectivement aux besoins du marché du travail (Houle et Yssaad, 2010).
Au niveau individuel, la capacité de conserver sa situation professionnelle présente une forte corrélation avec le revenu, la satisfaction au travail et les résultats en santé mentale (Zikic, Bonache et Cerdin, 2010). Inversement, une sous-utilisation persistante des compétences peut conduire à une mobilité descendante et à des désavantages à long terme, limitant ainsi l’avancement économique et social (Fuller et Martin, 2012). Au niveau systémique, une faible concordance professionnelle est souvent signe d’obstacles structurels plus larges tels que la non‑reconnaissance des titres de compétence étrangers, le manque d’expérience dans le pays d’accueil et des pratiques d’embauche discriminatoires (Sweetman et Warman, 2014).
Par conséquent, l’étude sur la concordance professionnelle procure des renseignements empiriques et pertinents pour l’élaboration des politiques. Elle permet de saisir la mesure dans laquelle les intentions professionnelles des immigrants sont réalisées sur le marché du travail canadien. Bien que la concordance professionnelle offre des renseignements utiles sur l’harmonisation entre les compétences et l’efficacité des politiques de sélection, elle doit être interprétée à la lumière de facteurs systémiques tels que la demande et l’offre sur le marché du travail, la reconnaissance des titres de compétence étrangers, et les exigences relatives à l’octroi de permis, qui peuvent avoir une incidence considérable sur les résultats professionnels.
Cet article vise les immigrants récents admis de 2010 à 2020. Il fournit une évaluation globale de leur concordance professionnelle, examine les tendances de mobilité vers des emplois moins spécialisés au moment de changer de profession, et évalue les répercussions de l’inadéquation professionnelle sur les revenus des immigrants.
Plus précisément, cet article aborde trois questions de recherche clés. D’abord, dans quelle mesure les immigrants récents exercent-ils une profession qui concorde avec leur profession envisagée au moment de leur admission? Ensuite, quels groupes sont plus susceptibles de passer à une profession moins spécialisée? Et, enfin, en quoi la concordance professionnelle influe-t-elle sur les revenus provenant d’un emploi?
Données et méthode
La Base de données longitudinales sur l’immigration et le Recensement de la population de 2021 ont été couplés afin d’analyser la concordance professionnelle et le changement de profession chez les immigrants. La population cible comprend les immigrants âgés de 18 à 54 ans au moment de leur admission qui ont été admis de 2010 à 2020 et qui avaient une profession
La profession est examinée à l’aide de la Classification nationale des professions (CNP) de 2016, à plusieurs niveaux. La concordance professionnelle est définie comme la concordance entre la profession envisagée par les personnes au moment de leur admission et leur profession réelle indiquée dans le Recensement de 2021, au niveau à deux chiffres (grand groupe), à trois chiffres (sous-grand groupe) ou à quatre chiffres (sous-groupe). Si les codes de la profession envisagée et de la profession réelle sont différents à un niveau donné, on estime que la personne présente une inadéquation professionnelle à ce niveau de la CNP.
Le degré de concordance professionnelle chez les immigrants récents
Taux de concordance globaux
La concordance professionnelle au niveau à quatre chiffres de la CNP s’établissait à 20 % en 2021 chez les immigrants récents admis de 2010 à 2020, ce qui indique qu’environ 1 immigrant sur 5 exerçait sa profession envisagée particulière (tableau 1). Les taux de concordance étaient plus élevés aux niveaux à trois chiffres (27 %) et à deux chiffres (32 %), car ces catégories plus larges combinent des groupes de base étroitement liés, ce qui signifie que les changements observés parmi les professions semblables au niveau à quatre chiffres ne sont pas considérés comme de la mobilité à ces niveaux.
Taux de concordance selon les caractéristiques sociodémographiques
Au-delà des tendances globales, la concordance professionnelle variait considérablement selon plusieurs caractéristiques sociodémographiques, et ces variations étaient généralement constantes dans les niveaux à deux chiffres, à trois chiffres et à quatre chiffres de la
Les immigrants qui étaient âgés de 18 à 24 ans au moment de leur admission affichaient des taux de concordance professionnelle plus bas que les immigrants des groupes d’âge plus avancés aux niveaux à deux chiffres, à trois chiffres et à quatre chiffres de la CNP. Les différences entre les groupes d’âge de 25 à 34 ans, de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans étaient relativement faibles. Selon le genre, chez les immigrants récents, les hommes affichaient toujours des taux de concordance professionnelle plus élevés que les femmes. L’écart observé des taux de concordance entre les genres s’est rétréci de 57 % au niveau à quatre chiffres et de 27 % au niveau à deux chiffres, après correction pour tenir compte des différences dans les covariables décrites dans le tableau 1, y compris la présence d’enfants âgés de 18 ans ou moins dans la
La scolarité et la compétence linguistique constituaient également des facteurs importants. Un niveau de scolarité plus élevé était associé à une concordance professionnelle plus élevée, et les titulaires d’un grade supérieur au baccalauréat affichaient les taux les plus élevés. Même si cette association s’appliquait aux trois niveaux de chiffres de la CNP, elle était particulièrement prononcée au niveau à deux chiffres. En ce qui concerne la connaissance des langues officielles, les immigrants récents qui connaissaient l’anglais seulement affichaient le taux de concordance professionnelle le plus élevé comparativement aux immigrants qui déclaraient d’autres profils de langues officielles. Toutefois, après correction pour tenir compte des covariables du tableau 1, les différences dans les taux de concordance entre les immigrants qui parlaient l’anglais seulement et ceux qui parlaient le français seulement ou étaient bilingues n’étaient plus statistiquement significatives.
La concordance professionnelle variait aussi selon la catégorie d’immigration. Les immigrants de la catégorie économique affichaient des taux de concordance professionnelle plus élevés que les immigrants de la catégorie du regroupement familial, et les immigrants de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) affichaient les taux de concordance professionnelle les plus élevés parmi les immigrants de la catégorie économique. Toutefois, après correction pour tenir compte des différences relatives à l’expérience de travail au Canada acquise avant leur admission, les immigrants admis dans le cadre de la CEC et ceux admis dans le cadre du Programme fédéral des travailleurs qualifiés affichaient des taux de concordance professionnelle semblables aux niveaux à deux chiffres et à trois chiffres de la CNP, tandis que les différences entre les taux de concordance des immigrants admis dans le cadre de la CEC et de ceux admis dans le cadre du Programme des candidats des provinces étaient considérablement réduites. Ces résultats donnent à penser que l’expérience de travail au Canada acquise avant l’admission constitue le facteur clé sous-jacent aux différences concernant les taux de concordance professionnelle entre les groupes selon la catégorie d’immigration parmi les immigrants économiques.
Les tendances par pays d’origine révèlent un contraste notable. Les immigrants provenant de pays plus développés comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la France affichaient des taux de concordance professionnelle considérablement plus élevés que les immigrants venant des autres principaux pays d’origine. Ces trois pays partagent également l’une des langues officielles du Canada. Les immigrants des Philippines avaient tendance à afficher les taux de concordance les plus faibles à tous les niveaux de la CNP, même après correction pour tenir compte des différences entre les groupes dans d’autres covariables du tableau 1.
L’expérience de travail au Canada acquise avant l’admission était liée à un écart considérable dans les taux de concordance professionnelle. Les immigrants récents possédant une expérience de travail préalable au Canada affichaient des taux de concordance professionnelle beaucoup plus élevés que ceux sans cette expérience, soit de 10 points de pourcentage au niveau à quatre chiffres de la CNP et de 12 points de pourcentage au niveau à deux chiffres. Ces différences restaient inchangées même après correction pour tenir compte d’autres covariables dans le tableau 1. Ces résultats correspondent aux résultats de recherches antérieures selon lesquels l’expérience de travail au Canada acquise avant l’admission fait intervenir à la fois la sélection par les employeurs, qui peut améliorer la concordance entre les compétences des immigrants et les besoins des employeurs, et l’autosélection, étant donné que certains travailleurs étrangers temporaires connaissant moins de succès peuvent choisir de ne pas rechercher la résidence permanente (Hou et Bonikowska, 2018; Lu et Hou, 2020).
Les immigrants récents ayant une expérience d’études préalable au Canada affichaient des taux de concordance professionnelle légèrement plus élevée que ceux sans cette expérience. Toutefois, cette relation s’est inversée une fois que les différences de l’expérience de travail au Canada acquise avant l’admission et d’autres caractéristiques sociodémographiques ont été prises en compte dans l’analyse multivariable. De même, selon des recherches antérieures (p. ex. Crossman et Hou, 2022), les anciens étudiants internationaux qui n’ont pas d’expérience de travail au Canada n’obtiennent pas de meilleurs résultats sur le marché du travail après avoir obtenu la résidence permanente que les autres immigrants.
| Caractéristiques sociodémographiques |
Nombre de personnes | Correspondance au niveau à quatre chiffres de la CNP |
Correspondance au niveau à trois chiffres de la CNP |
Correspondance au niveau à deux chiffres de la CNP |
|---|---|---|---|---|
| nombre | pourcentage | |||
| Note : CNP = Classification nationale des professions.
Sources : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration et Recensement de la population de 2021. |
||||
| Tous | 568 150 | 20,4 | 27,1 | 32,1 |
| Groupe d’âge au moment de l’admission | ||||
| 18 à 24 ans | 22 340 | 17,0 | 21,6 | 26,6 |
| 25 à 34 ans | 339 690 | 20,5 | 27,8 | 32,9 |
| 35 à 44 ans | 166 660 | 20,4 | 26,7 | 31,4 |
| 45 à 54 ans | 39 460 | 21,7 | 26,7 | 30,6 |
| Genre | ||||
| Hommes | 345 470 | 21,4 | 29,4 | 34,9 |
| Femmes | 222 680 | 18,8 | 23,7 | 27,7 |
| Niveau de scolarité en 2021 | ||||
| Diplôme d’études secondaires ou niveau de scolarité inférieur | 45 080 | 18,8 | 23,4 | 27,6 |
| Études postsecondaires inférieures au baccalauréat | 105 180 | 20,2 | 24,7 | 29,6 |
| Baccalauréat | 202 760 | 19,6 | 26,6 | 30,9 |
| Études postsecondaires supérieures au baccalauréat | 215 130 | 21,5 | 29,6 | 35,4 |
| Langue officielle au moment de l’admission | ||||
| Anglais seulement | 435 470 | 22,0 | 29,0 | 33,6 |
| Français seulement | 36 080 | 14,8 | 20,7 | 26,0 |
| Anglais et français | 78 660 | 15,7 | 22,0 | 28,6 |
| Ni l’anglais ni le français | 17 720 | 13,5 | 18,4 | 22,8 |
| Catégorie d’immigration | ||||
| Programme fédéral des travailleurs qualifiés | 146 730 | 20,4 | 27,7 | 32,3 |
| Programme des candidats des provinces | 168 330 | 22,6 | 28,2 | 32,9 |
| Catégorie de l’expérience canadienne | 100 670 | 26,8 | 36,5 | 41,8 |
| Autres catégories économiques | 136 420 | 13,6 | 19,4 | 24,7 |
| Regroupement familial | 16 000 | 14,7 | 18,9 | 22,9 |
| Dix principaux pays d’origine | ||||
| Inde | 133 620 | 20,3 | 30,0 | 34,2 |
| Philippines | 77 190 | 17,3 | 20,5 | 23,4 |
| Chine | 48 020 | 17,3 | 24,3 | 30,0 |
| Pakistan | 13 860 | 17,9 | 23,8 | 28,4 |
| Iran | 19 690 | 18,9 | 24,7 | 31,7 |
| États-Unis | 9 500 | 37,0 | 43,7 | 48,9 |
| France | 21 080 | 25,1 | 33,3 | 40,4 |
| Royaume-Uni | 15 290 | 33,5 | 38,4 | 44,7 |
| Syrie | 16 300 | 19,1 | 24,2 | 28,3 |
| Nigéria | 12 310 | 28,3 | 36,0 | 40,5 |
| Expérience de travail antérieure au Canada | ||||
| Oui | 298 720 | 25,1 | 32,6 | 37,7 |
| Non | 269 430 | 15,2 | 21,1 | 25,8 |
| Expérience d’études antérieure au Canada | ||||
| Oui | 142 440 | 21,7 | 28,2 | 33,6 |
| Non | 425 710 | 20,0 | 26,8 | 31,6 |
| Fréquentation scolaire au cours des neuf mois précédents | ||||
| Oui | 56 790 | 14,7 | 19,2 | 23,4 |
| Non | 511 360 | 21,0 | 28,0 | 33,0 |
| Présence d’enfants de 18 ans ou moins | ||||
| Oui | 304 570 | 19,6 | 26,3 | 31,1 |
| Non | 263 580 | 21,3 | 28,1 | 33,2 |
Taux de concordance selon la profession envisagée
Les taux de concordance variaient considérablement selon la profession envisagée (graphique 1). Par exemple, au niveau à deux chiffres de la CNP, les professions des sciences naturelles et appliquées affichaient le taux de concordance le plus élevé (57 %), suivies des professions en gestion des affaires et en finance (31 %) et des professions en services d’enseignement (29 %). Au niveau à trois chiffres, les taux de concordance les plus élevés étaient observés parmi les professionnels/professionnelles en informatique (67 %), le personnel professionnel en soins infirmiers (46 %) et les professionnels/professionnelles en finance, en vérification et en comptabilité (35 %). Au niveau des professions à quatre chiffres, les infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées affichaient le taux de concordance le plus élevé (45 %), suivis des ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel (37 %) et des analystes et consultants/consultantes en informatique

Tableau de données du graphique 1
| Pourcentage | |
|---|---|
| Note : CNP = Classification nationale des professions.
Sources : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration et Recensement de la population de 2021. |
|
| Principales professions à quatre chiffres de la CNP | |
| Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées | 44,8 |
| Analystes et consultants/consultantes en informatique | 33,5 |
| Ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel | 36,6 |
| Principales professions à trois chiffres de la CNP | |
| Professionnels/professionnelles en informatique | 66,5 |
| Professionnels/professionnelles en finance, en vérification et en comptabilité | 34,6 |
| Personnel professionnel en soins infirmiers | 46,2 |
| Principales professions à deux chiffres de la CNP | |
| Personnel professionnel des sciences naturelles et appliquées | 57,1 |
| Personnel professionnel en gestion des affaires et en finance | 31,4 |
| Personnel professionnel en services d’enseignement | 29,4 |
Les groupes plus susceptibles de passer à une profession moins spécialisée
Parmi les immigrants récents qui n’exerçaient pas leur profession envisagée, 42 % sont passés à une profession moins spécialisée au niveau à quatre chiffres de la CNP, 46 % au niveau à trois chiffres, et 49 % au niveau à deux chiffres. Cette tendance variait selon les caractéristiques sociodémographiques des immigrants. Les variations selon les covariables sélectionnées dans la probabilité de passer à une profession moins spécialisée étaient en grande partie semblables aux niveaux à trois chiffres et à quatre chiffres après correction pour tenir compte d’autres caractéristiques individuelles dans l’analyse de régression logistique
| Se tourner vers une profession moins spécialisée au niveau à quatre chiffres de la CNP | Se tourner vers une profession moins spécialisée au niveau à trois chiffres de la CNP | |
|---|---|---|
| différence prédite de probabilité | ||
Sources : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration et Recensement de la population de 2021. |
||
| Groupe d’âge au moment de l’admission (référence : 35 à 44 ans) | ||
| 18 à 24 ans | -0,067 Tableau 2 Note *** | -0,078 Tableau 2 Note *** |
| 25 à 34 ans | -0,064 Tableau 2 Note *** | -0,066 Tableau 2 Note *** |
| 45 à 54 ans | 0,092 Tableau 2 Note *** | 0,092 Tableau 2 Note *** |
| Genre (référence : hommes) | ||
| Femmes | 0,032 Tableau 2 Note *** | 0,020 Tableau 2 Note *** |
| Niveau de scolarité en 2021 (référence : baccalauréat) | ||
| Diplôme d’études secondaires ou niveau de scolarité inférieur | 0,098 Tableau 2 Note *** | 0,086 Tableau 2 Note *** |
| Études postsecondaires inférieures au baccalauréat | 0,034 Tableau 2 Note *** | 0,022 Tableau 2 Note *** |
| Études postsecondaires supérieures au baccalauréat | -0,049 Tableau 2 Note *** | -0,051 Tableau 2 Note *** |
| Langue officielle au moment de l’admission (référence : anglais seulement) | ||
| Français seulement | 0,049 Tableau 2 Note *** | 0,053 Tableau 2 Note *** |
| Anglais et français | 0,022 Tableau 2 Note *** | 0,025 Tableau 2 Note *** |
| Ni l’anglais ni le français | 0,037 Tableau 2 Note *** | 0,034 Tableau 2 Note *** |
| Catégorie d’immigration (référence : Programme fédéral des travailleurs qualifiés) | ||
| Programme des candidats des provinces | -0,024 Tableau 2 Note *** | -0,033 Tableau 2 Note *** |
| Catégorie de l’expérience canadienne | -0,019 Tableau 2 Note ** | -0,012 |
| Autres catégories économiques | -0,028 Tableau 2 Note *** | -0,034 Tableau 2 Note *** |
| Regroupement familial | -0,009 | -0,017 |
| Pays d’origine (référence : États-Unis) | ||
| Inde | 0,119 Tableau 2 Note *** | 0,141 Tableau 2 Note *** |
| Philippines | 0,141 Tableau 2 Note *** | 0,126 Tableau 2 Note *** |
| Chine | 0,071 Tableau 2 Note *** | 0,080 Tableau 2 Note *** |
| Pakistan | 0,124 Tableau 2 Note *** | 0,121 Tableau 2 Note *** |
| Iran | 0,060 Tableau 2 Note *** | 0,058 Tableau 2 Note *** |
| France | -0,032 Tableau 2 Note * | -0,040 Tableau 2 Note * |
| Royaume-Uni | 0,053 Tableau 2 Note ** | 0,036 Tableau 2 Note * |
| Syrie | 0,110 Tableau 2 Note *** | 0,104 Tableau 2 Note *** |
| Nigéria | 0,097 Tableau 2 Note *** | 0,112 Tableau 2 Note *** |
| Autres pays américains | 0,064 Tableau 2 Note *** | 0,067 Tableau 2 Note *** |
| Autres pays européens | 0,075 Tableau 2 Note *** | 0,070 Tableau 2 Note *** |
| Autres pays africains | 0,047 Tableau 2 Note ** | 0,044 Tableau 2 Note ** |
| Autres pays asiatiques | 0,080 Tableau 2 Note *** | 0,083 Tableau 2 Note *** |
| Océanie et autres régions | 0,065 Tableau 2 Note ** | 0,053 Tableau 2 Note * |
| Expérience de travail antérieure au Canada (référence : oui) | ||
| Non | 0,240 Tableau 2 Note *** | 0,235 Tableau 2 Note *** |
| Expérience d’études antérieure au Canada | ||
| Non | -0,017 Tableau 2 Note *** | 0,014 Tableau 2 Note * |
| Fréquentation scolaire au cours des neuf mois précédents (référence : oui) | ||
| Non | -0,041 Tableau 2 Note *** | -0,032 Tableau 2 Note *** |
| Présence d’enfants de 18 ans ou moins (référence : oui) | ||
| Non | -0,016 Tableau 2 Note *** | -0,017 Tableau 2 Note *** |
L’âge au moment de l’admission et le genre jouaient tous deux un rôle. Les immigrants qui étaient admis à l’âge de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans étaient beaucoup plus susceptibles de se tourner vers un emploi moins spécialisé que les immigrants plus jeunes, à condition de ne pas exercer une profession envisagée. Par exemple, l’écart de la mobilité professionnelle descendante entre les personnes admises à l’âge de 35 à 44 ans et celles admises à l’âge de 18 et 24 ans se chiffrait à 7 points de pourcentage au niveau à trois chiffres de la CNP et à 8 points de pourcentage au niveau à quatre chiffres. Parmi les immigrants, les femmes étaient légèrement plus susceptibles que les hommes de se tourner vers un emploi moins spécialisé.
La scolarité et les langues officielles comptaient également. Les immigrants récents dont le niveau de scolarité était plus élevé étaient moins susceptibles de se tourner vers un emploi moins spécialisé lorsqu’ils changeaient de profession. Par exemple, les immigrants qui détenaient un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur étaient 10 points de pourcentage plus susceptibles de se tourner vers une profession moins spécialisée au niveau à quatre chiffres de la CNP que les immigrants titulaires d’un baccalauréat. Selon le profil de connaissance des langues officielles, les personnes qui connaissaient le français seulement étaient les plus susceptibles de se tourner vers un emploi moins spécialisé. Parmi les principaux pays d’origine, les immigrants venant des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni étaient les moins susceptibles de se tourner vers un emploi moins spécialisé.
De légères différences selon la catégorie d’immigration ont été constatées. Les immigrants admis dans le cadre du Programme fédéral des travailleurs qualifiés avaient tendance à afficher une probabilité plus élevée de se tourner vers une profession moins spécialisée que les autres immigrants économiques lorsqu’ils ne trouvaient pas un emploi concordant à la profession qu’ils envisageaient.
Lorsqu’ils changeaient de profession, les immigrants récents n’ayant pas une expérience de travail antérieure au Canada affichaient une probabilité plus élevée de se tourner vers un emploi moins spécialisé au niveau à trois chiffres ou à quatre chiffres, soit d’environ 24 points de pourcentage de plus que les immigrants qui avaient une telle expérience de travail. Les immigrants qui n’avaient pas déjà étudié au Canada affichaient une probabilité légèrement plus élevée (au niveau à trois chiffres) ou plus faible (au niveau à quatre chiffres) de se tourner vers un emploi moins spécialisé comparativement à ceux ayant déjà étudié au Canada.
Résultats en matière de revenus liés à la concordance professionnelle
L’incidence de la concordance professionnelle sur les résultats sur le marché du travail a été évaluée en comparant le revenu d’emploi touché en 2020 entre les immigrants qui avaient exercé leur profession envisagée (personnes en situation fixe) et ceux qui ne l’avaient pas exercée (personnes en situation
| Immigrants ayant changé de profession au niveau à deux chiffres de la CNP | Immigrants ayant continué d'exercer dans leur profession envisagée au niveau à deux chiffres de la CNP | Différence | Variation en pourcentage |
|
|---|---|---|---|---|
| dollars | pourcentage | |||
| Notes : CNP = Classification nationale des professions. Les poids du recensement sont utilisés. L’échantillon inclut les immigrants de la Base de données longitudinales sur l'immigration qui ont été admis de 2010 à 2020 et qui étaient âgés de 18 à 54 ans au moment de l’admission, qui ont été couplés au Recensement de 2021 et dont on détenait des renseignements valides sur la profession envisagée d’après les données d’admission et la profession réelle indiquée dans le recensement.
Sources : Statistique Canada, Base de données longitudinales sur l'immigration et Recensement de la population de 2021. |
||||
| Tous | 44 000 | 65 600 | 21 600 | 49,1 |
| Groupe d’âge au moment de l’admission | ||||
| 18 à 24 ans | 41 900 | 52 800 | 10 900 | 26,0 |
| 25 à 34 ans | 46 200 | 67 400 | 21 200 | 45,9 |
| 35 à 44 ans | 42 300 | 65 500 | 23 200 | 54,8 |
| 45 à 54 ans | 35 200 | 55 700 | 20 500 | 58,2 |
| Genre | ||||
| Hommes | 50 100 | 72 800 | 22 700 | 45,3 |
| Femmes | 36 600 | 52 500 | 15 900 | 43,4 |
| Niveau de scolarité en 2021 | ||||
| Aucun certificat, diplôme ou grade | 32 900 | 41 400 | 8 500 | 25,8 |
| Diplôme d’études secondaires | 37 700 | 47 700 | 10 000 | 26,5 |
| Études postsecondaires inférieures au baccalauréat | 38 700 | 50 000 | 11 300 | 29,2 |
| Baccalauréat | 44 500 | 67 300 | 22 800 | 51,2 |
| Études postsecondaires supérieures au baccalauréat | 49 600 | 77 600 | 28 000 | 56,5 |
| Langue officielle au moment de l’admission | ||||
| Anglais seulement | 45 000 | 66 400 | 21 400 | 47,6 |
| Français seulement | 38 100 | 54 900 | 16 800 | 44,1 |
| Anglais et français | 44 100 | 67 400 | 23 300 | 52,8 |
| Ni l’anglais ni le français | 33 500 | 57 500 | 24 000 | 71,6 |
| Catégorie d’immigration | ||||
| Programme fédéral des travailleurs qualifiés | 48 000 | 71 800 | 23 800 | 49,6 |
| Programme des candidats des provinces | 42 100 | 57 300 | 15 200 | 36,1 |
| Catégorie de l’expérience canadienne | 56 300 | 78 200 | 21 900 | 38,9 |
| Autres catégories économiques | 38 600 | 59 000 | 20 400 | 52,8 |
| Regroupement familial | 34 500 | 55 400 | 20 900 | 60,6 |
| Les 10 principaux pays d’origine | ||||
| Inde | 43 900 | 71 200 | 27 300 | 62,2 |
| Philippines | 43 200 | 50 900 | 7 700 | 17,8 |
| Chine | 36 000 | 62 600 | 26 600 | 73,9 |
| Pakistan | 39 400 | 68 600 | 29 200 | 74,1 |
| Iran | 36 600 | 69 700 | 33 100 | 90,4 |
| États-Unis | 68 300 | 99 100 | 30 800 | 45,1 |
| France | 57 500 | 75 500 | 18 000 | 31,3 |
| Royaume-Uni | 69 700 | 87 100 | 17 400 | 25,0 |
| Syrie | 42 800 | 64 700 | 21 900 | 51,2 |
| Nigéria | 31 100 | 39 900 | 8 800 | 28,3 |
| Expérience de travail antérieure au Canada | ||||
| Oui | 49 700 | 68 400 | 18 700 | 37,6 |
| Non | 38 700 | 61 300 | 22 600 | 58,4 |
| Expérience d’études antérieure au Canada | ||||
| Oui | 49 700 | 65 800 | 16 100 | 32,4 |
| Non | 42 200 | 65 500 | 23 300 | 55,2 |
Les résultats ont montré que les personnes en situation professionnelle fixe avaient un revenu d’emploi médian systématiquement plus élevé que les personnes en situation changeante. Dans l’ensemble, les personnes en situation professionnelle fixe gagnaient 49 % de plus que les personnes en situation changeante. Ces résultats peuvent être associés à une harmonisation entre les compétences des immigrants et la demande sur le marché du travail, bien que d’autres facteurs, tels que les structures salariales des secteurs et la reconnaissance des titres de compétence, puissent également y contribuer. Les personnes qui n’ont pas exercé leur profession envisagée peuvent l’avoir fait involontairement et avoir été forcées de se tourner vers une profession moins bien rémunérée.
Sous l’angle de la scolarité, l’écart entre les personnes en situation professionnelle fixe et les personnes en situation changeante était plus grand parmi les immigrants titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur que parmi les immigrants dont le niveau de scolarité était moins élevé. Cette constatation donne à penser que les immigrants ayant un niveau de scolarité plus élevé peuvent subir une perte de revenus plus importante lorsque leurs compétences ne sont pas pleinement utilisées, ce qui témoigne de leur coût de renonciation plus élevé lié à la mobilité professionnelle descendante.
Les écarts entre les personnes en situation professionnelle fixe et les personnes en situation changeante étaient plus grands parmi les immigrants admis à un âge plus avancé, parmi ceux qui ne parlaient pas de langue officielle au moment de l’admission, et parmi ceux qui n’avaient pas déjà travaillé ou déjà étudié au Canada. Ces immigrants peuvent avoir plus de difficulté à trouver un emploi relativement bien rémunéré lorsqu’ils ne pouvaient pas exercer leur profession envisagée.
Dans l’ensemble des principaux pays d’origine, les immigrants venant du Royaume-Uni, de la France et des États-Unis avaient tendance à afficher de plus petits écarts de revenus entre les personnes en situation professionnelle fixe et les personnes en situation changeante, en grande partie parce que les personnes en situation changeante originaires de ces pays ont également été en mesure d’obtenir un travail relativement bien rémunéré. Pour une raison différente, les immigrants philippins présentaient le plus petit écart de revenus entre les personnes en situation professionnelle fixe et les personnes en situation changeante : même parmi les personnes en situation professionnelle fixe, les revenus moyens étaient relativement faibles. Cette constatation témoigne probablement du fait qu’une grande partie de leurs professions envisagées appartenaient à des catégories moins
Conclusion
Les résultats de cette étude brossent un tableau d’ensemble de la concordance professionnelle chez les immigrants admis de 2010 à 2020. Les constatations montrent qu’une minorité d’immigrants récents (environ 1 sur 5) exerçait sa profession envisagée particulière (niveau à quatre chiffres de la CNP) en 2021, même si le taux de concordance augmentait pour passer à environ 1 immigrant récent sur 3 au niveau professionnel à deux chiffres plus général. La concordance professionnelle variait systématiquement entre les groupes sociodémographiques : elle était plus élevée pour les immigrants de la catégorie économique, ceux ayant un diplôme d’études supérieures, ceux venant de pays d’origine plus développés et ceux possédant une expérience de travail au Canada acquise avant leur admission. Ces tendances donnent à penser que les mécanismes de sélection et l’exposition préalable au marché du travail canadien constituent deux facteurs importants pour déterminer la capacité des immigrants à occuper leur emploi envisagé.
Parallèlement, les résultats indiquent une mobilité professionnelle descendante considérable parmi les personnes qui n’exerçaient avec leur profession envisagée, et elles étaient nombreuses à se tourner vers un emploi moins spécialisé. Les immigrants plus âgés, ceux dont les connaissances des langues officielles étaient plus faibles et ceux sans expérience de travail antérieure au Canada étaient particulièrement susceptibles de se tourner vers une profession moins spécialisée après leur admission.
Ces changements de profession revêtaient une grande importance pour les résultats économiques : dans presque tous les sous-groupes, les immigrants qui continuaient d’exercer leur profession envisagée gagnaient considérablement plus que ceux qui changeaient de profession, soit près de 50 % de plus en moyenne. Le revenu d’emploi nettement plus faible des personnes en situation professionnelle changeante indique que bon nombre d’entre elles ont connu une mobilité descendante, en acceptant un emploi moins bien rémunéré. Les écarts de revenus plus importants observés entre les personnes en situation professionnelle fixe et les personnes en situation changeante parmi les immigrants très scolarisés font ressortir le coût économique élevé de la sous‑utilisation des compétences. Par ailleurs, les écarts moins importants rattachés à certains pays d’origine soulignent en quoi les structures professionnelles et la segmentation du marché du travail déterminent le retour à la concordance professionnelle.
Mises ensemble, ces constatations ont des conséquences importantes, tant sur le plan social que sur celui de l’élaboration des politiques. Premièrement, elles renforcent l’importance des voies permettant d’obtenir une expérience de travail antérieure au Canada, laquelle semble améliorer l’harmonisation professionnelle et réduire le risque de mobilité descendante. Deuxièmement, la faible concordance professionnelle et les écarts de revenus qui y sont associés parmi les personnes en situation changeante font ressortir les difficultés liées à l’intégration au marché du travail. Cette situation est probablement attribuable aux possibilités limitées dans la profession envisagée de ces personnes ou à la difficulté à obtenir un emploi dans leur domaine voulu. La détermination des facteurs clés qui sous-tendent ces transitions est essentielle afin d’élaborer des stratégies à l’appui d’une intégration plus harmonieuse au sein de la population active. Troisièmement, compte tenu des importantes variations des taux de concordance dans les professions envisagées, les stratégies de sélection des immigrants qui ciblent des professions envisagées particulières peuvent être moins efficaces si les taux de concordance sont faibles dans ces professions. Enfin, les répercussions sur les revenus associées à l’inadéquation professionnelle indiquent que l’amélioration de la concordance professionnelle n’est pas qu’une question de réussite économique individuelle : elle est en outre essentielle afin de maximiser les contributions globales des immigrants sur le marché du travail.
Références
Chiswick, B. R., et P. W. Miller (2009). The international transferability of immigrants’ human capital. Economics of Education Review, vol. 28, no 2, p. 162 à 169.
Crossman, C., et F. Hou (2022). International students as a source of labour supply: Pre-immigration study in Canada and post-immigration earnings. Economic and Social Reports,vol. 2, no 2, p. 1 à 12.
Fuller, S., et T. F. Martin (2012). Predicting immigrant occupational skill utilization: The role of job search and networks. International Migration Review, vol. 46, no 4, p. 1161 à 1201.
Hou, F., et A. Bonikowska (2018). Selections before the selection: Earnings advantages of immigrants who were former skilled temporary foreign workers in Canada. International Migration Review,vol. 52, no 3, p. 695 à 723.
Houle, R., et L. Yssaad (2010). Reconnaissance des diplômes et de l’expérience de travail acquis à l’étranger des nouveaux immigrants. Statistique Canada.
Lu, Y., et F. Hou (2020). Immigration system, labor market structures, and overeducation of high-skilled immigrants in the United States and Canada. International Migration Review, vol. 54, no 4, p. 1072 à 1103.
Mattoo, A., I. C. Neagu et Ç. Özden (2008). Brain waste? Educated immigrants in the US labor market. Journal of Development Economics, vol. 87, no 2, p. 255 à 269.
Reitz, J. G. (2001). Immigrant skill utilization in the Canadian labour market: Implications of human capital research. Journal of International Migration and Integration, vol. 2, no 3, p. 347 à 378.
Schimmele, C., F. Hou (2024). Trends in education–occupation mismatch among recent immigrants with a bachelor’s degree or higher, 2001 to 2021. Economic and Social Reports,vol. 4, no 5, p. 1 à 7.
Sweetman, A., C. Warman (2014). Former temporary foreign workers and international students as sources of permanent immigration. Analyse de Politiques, vol. 40, no 4, p. 391 à 407.
Zikic, J., J. Bonache et J.-L. Cerdin (2010). Crossing national boundaries: A typology of qualified immigrants’ career orientations. Journal of Organizational Behavior, vol. 31, no 5, p. 667 à 686.
- Date de modification :