Date de diffusion : le 26 novembre 2025 Date de correction : le 1 décembre 2025

Avis de correction

Dans l’article « Proximité géographique entre les enfants adultes et leurs parents au Canada », publié le 26 novembre 2025, une erreur a été relevée dans le graphique 1.

La correction suivante a été apportée :

Dans le graphique 1, les valeurs de l’axe des abscisses pour les probabilités prédites étaient exprimées en ratios (de 0,4 à 0,65) et ont été converties en pourcentages (de 40 à 65 %) pour correspondre à l’étiquette de l’axe.

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202501100002-fra

Passer au texte

Début du texte

La distance séparant le lieu de résidence des enfants adultes de celui de leurs parents vieillissants peut influer sur le soutien familial, la prestation de soins et les choix en matière d’emploi. Mais la plupart des données sont axées sur les personnes qui vivent dans le même foyer, comme avec leurs parents, et les suivent rarement sur de longues périodes, ce qui omet des moments clés lorsqu’elles quittent le foyer ou y retournent pour aider un parent vieillissant ou recevoir de l’aide de celui-ci. Cela signifie que les renseignements sur les membres de la famille qui ne résident plus dans le même ménage sont rares. En outre, malgré de nombreuses études internationales sur ce qui fait que les membres des familles continuent de résider près les uns des autres (Michielin et Mulder, 2007; Isengard, 2013; Compton et Pollak, 2015; Choi et coll., 2020), on en sait moins sur les façons dont les circonstances pendant l’enfance pourraient influer sur les décisions en matière de résidence plus tard dans la vie.

Un nouvel article intitulé « Geographic proximity between adult children and their parents in Canada : The role of childhood parental income » (en anglais seulement), traite de ces questions. L’étude, publiée dans la revue Population, Space and Place, utilise les données fiscales canadiennes pour déterminer les cohortes de personnes qui ont vécu avec leurs parents dans les années 1980 pendant leur adolescence, et suivre la distance séparant leur résidence de celle de leurs parents à l’âge adulte de 1997 à 2019 au moyen de leurs codes postaux. Cela offre à la fois un couplage entre les enfants adultes canadiens et leurs parents et une nouvelle perspective sur le passé pour étudier la façon dont les facteurs socioéconomiques pendant l’enfance, en particulier le revenu familial pendant l’adolescence, sont liés aux distances entre les résidences des enfants et celles de leurs parents tout au long de leur vie, y compris plusieurs décennies plus tard, lorsque les enfants adultes sont dans la cinquantaine. Ce résumé fournit un grand nombre des principaux points à retenir de l’article et un examen plus ciblé des différences entre les provinces.

Plus de la moitié des enfants adultes dans la cinquantaine vivaient à 20 kilomètres ou moins de leurs parents

Malgré la taille du Canada, les enfants adultes ont généralement continué de vivre près de leurs parents jusqu’à leur cinquantaine avancée. Pour les combinaisons enfant-parent étudiées qui résidaient au Canada, près des trois quarts vivaient à moins de 100 kilomètres les uns des autres, et plus près encore, un peu plus de la moitié vivaient à 20 kilomètres ou moins de distance. Parmi les enfants adultes qui vivaient le plus loin de leurs parents, environ 10 % à 12 % des combinaisons enfants-parents vivaient à 500 kilomètres ou plus les uns des autres, et 14 % à 16 % vivaient à une distance de 100 à 499 kilomètres. Ces résultats concordaient avec les données montrant que les enfants et les parents adultes ont tendance à vivre à proximité les uns des autres dans de nombreux pays (Michielin et Mulder,

2007; Isengard, 2013; Compton et Pollak, 2015; Choi et coll., 2020). Les enfants adultes, en particulier les filles, vivaient plus près de leur mère que de leur pèreNote . Cela cadre avec les recherches antérieures qui ont observé que les filles vivaient plus près de leurs parents vieillissants que les fils, et que cela pourrait être associé aux soins aux aînés qui sont plus fréquemment prodigués par les filles (Bookman et Kimbrel, 2011) ou à la garde des enfants qui est plus souvent assurée par les grands-parents maternels (Thomese et Liefbroer, 2013).

Les enfants adultes étaient les plus susceptibles de vivre à 20 kilomètres ou moins de leurs parents à l’Île-du-Prince-Édouard et les moins susceptibles en Saskatchewan

La distance intergénérationnelle différait également selon la province de résidence dans les années 1980. Les modèles multivariés fournissent des estimations de la probabilité de vivre à 20 kilomètres ou moins des parents des personnes (figure 1) et de la distance moyenne prévue pour ceux qui vivaient à une distance de plus de 20 kilomètres les uns des autres (figure 2), sans tenir compte d’autres caractéristiques (p. ex. l’âge des parents, le revenu familial). Cette spécification de modèle de régression reflète deux décisions distinctes en matière de résidence : le choix binaire de vivre à proximité de leurs parents (aussi appelé la « marge extensive ») et la distance qui les sépare de leurs parents pour les enfants qui ont décidé de vivre loin d’eux (aussi appelé la « marge intensive »). Même si la probabilité qu’une personne vive à 20 kilomètres ou moins de sa mère était généralement plus élevée, la distance moyenne entre les enfants adultes vivant à plus de 20 kilomètres de leurs parents était semblable pour les mères et les pères.

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données Graphique 1 Probabilité prévue que les enfants adultes vivent à 20 kilomètres ou moins de leurs parents, 2016 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilité prévue que les enfants adultes vivent à 20 kilomètres ou moins de leurs parents, 2016 à 2019 Probabilité prédite, Intervalle de confiance de 95 %, limite inférieure et limite supérieure, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Probabilité prédite Intervalle de confiance de 95 %
limite inférieure limite supérieure
pourcentage
Notes: Probabilité prévue que les enfants adultes vivent à 20 kilomètres ou moins de leurs parents, 2016 à 2019, selon des modèles tenant compte du sexe de l’enfant adulte, du nombre de frères et de sœurs, du revenu familial de l’enfant adulte, du revenu parental pendant l’adolescence, de la présence d’un époux, de la présence d’un enfant, de la résidence de l’enfant adulte en milieu rural, de l’âge du parent, de la présence de l’époux du parent, et de la résidence du parent en région rurale. Voir MacIsaac, Ostrovsky et Schellenberg (2025) pour obtenir de plus amples détails.
Source: Statistique Canada, Base de données sur la mobilité intergénérationnelle du revenu, calculs des auteurs.
Proximité du père  
Terre-Neuve-et-Labrador 53 52 53
Île-du-Prince-Édouard 58 57 60
Nouvelle-Écosse 52 51 53
Nouveau-Brunswick 48 47 49
Québec 56 56 56
Ontario 53 53 53
Manitoba 52 52 53
Saskatchewan 43 43 44
Alberta 49 48 49
Colombie-Britannique 50 50 50
Territoires 49 46 51
Proximité de la mère  
Terre-Neuve-et-Labrador 55 54 55
Île-du-Prince-Édouard 61 59 62
Nouvelle-Écosse 54 53 54
Nouveau-Brunswick 50 50 51
Québec 58 58 59
Ontario 55 55 56
Manitoba 55 54 55
Saskatchewan 45 45 46
Alberta 51 51 52
Colombie-Britannique 53 53 53
Territoires 55 53 57

On prévoyait qu’environ la moitié ou plus des enfants adultes qui vivaient dans les provinces de l’Atlantique à l’adolescence vivraient à 20 kilomètres ou moins de leurs parents dans la période de 2016 à 2019. Pourtant, parmi ceux qui vivaient à plus de 20 kilomètres de distance de 2016 à 2019, les enfants adultes avaient tendance à résider en moyenne très loin. Pour les enfants adultes résidant à plus de 20 kilomètres de distance, ceux de Terre-Neuve-et-Labrador (1 530 kilomètres), de la Nouvelle-Écosse (1 030 kilomètres) et de l’Île-du-Prince-Édouard (960 à 990 kilomètres) vivaient beaucoup plus loin de leurs parents une fois dans la cinquantaine comparativement aux enfants d’autres provinces. C’est en dépit du fait qu’environ 6 enfants adultes sur 10 (58 % à 61 %) qui vivaient à l’Île-du-Prince-Édouard habitaient à 20 kilomètres ou moins de leurs parents, ce qui représente la plus forte proportion parmi toutes les provinces.

Les personnes habitant au Québec vivaient beaucoup plus près de leurs parents. Les Québécois avaient une forte probabilité de vivre à 20 kilomètres ou moins de leurs parents (56 % et 58 % pour leur père et leur mère respectivement). Parmi ceux qui vivaient plus loin, l’éloignement de leurs parents est resté le plus court du pays : en moyenne environ 270 kilomètres.

Les enfants adultes de la Saskatchewan étaient les moins susceptibles de vivre à 20 kilomètres ou moins de leur père (43 %) et de leur mère (45 %). Mais pour ceux qui habitaient plus loin, la distance moyenne entre et leur résidence et celle de leurs parents était de 570 à 580 kilomètres. Les enfants adultes du Nouveau-Brunswick (48 % à 50 %), de l’Alberta (49 % à 53 %), de la Colombie-Britannique (50 % à 53 %) et des Territoires (49 % à 55 %) étaient aussi moins susceptibles de vivre à 20 kilomètres ou moins de leurs parents. Pour ceux qui habitaient plus loin, les habitants des territoires vivaient en moyenne de 1 050 à 1 080 kilomètres de leurs mères et de leurs pères, respectivement.

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données graphique 2 Kilomètres et Intervalle de confiance de 95 %, calculées selon limite inférieure et limite supérieure unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Kilomètres Intervalle de confiance de 95 %
limite inférieure limite supérieure
Notes : Distance géographique prévue (en kilomètres) entre les enfants adultes et leurs parents de 2016 à 2019, à condition qu’ils vivent à plus de 20 kilomètres de distance, selon des modèles tenant compte du sexe de l’enfant adulte, du nombre de frères et de sœurs, du revenu familial de l’enfant adulte, du revenu parental pendant l’adolescence, de la présence d’un époux, de la présence d’un enfant, de la résidence de l’enfant adulte en milieu rural, de l’âge du parent, de la présence de l’époux du parent, et de la résidence du parent en région rurale. Voir MacIsaac, Ostrovsky et Schellenberg (2025) pour obtenir de plus amples détails.
Source : Statistique Canada, Base de données sur la mobilité intergénérationnelle du revenu, calculs des auteurs.
Distance du père  
Terre-Neuve-et-Labrador 1 528,56 1 502,99 1 554,14
Île-du-Prince-Édouard 961,45 911,47 1 011,42
Nouvelle-Écosse 1 031,09 1 010,22 1 051,95
Nouveau-Brunswick 707,21 688,26 726,17
Québec 271,27 267,58 274,97
Ontario 471,35 467,01 475,68
Manitoba 761,67 750,65 772,69
Saskatchewan 579,96 571,85 588,06
Alberta 512,19 504,68 519,71
Colombie-Britannique 490,65 482,69 498,62
Territoires 1 077,39 1 009,91 1 144,87
Distance de la mère  
Terre-Neuve-et-Labrador 1 531,27 1 508,78 1 553,75
Île-du-Prince-Édouard 991,13 946,14 1 036,13
Nouvelle-Écosse 1 026,97 1 008,52 1 045,42
Nouveau-Brunswick 716,79 699,65 733,93
Québec 274,47 271,05 277,90
Ontario 464,37 460,50 468,24
Manitoba 746,54 737,19 755,88
Saskatchewan 574,78 567,68 581,88
Alberta 497,23 490,59 503,87
Colombie-Britannique 487,30 480,10 494,49
Territoires 1 049,42 994,61 1 104,23

Une perspective sur le passé : manière dont le revenu parental pendant l’adolescence importe des décennies plus tard

L’étude indique que, indépendamment des revenus du ménage des enfants adultes, le revenu de leurs parents pendant l’adolescence demeurait lié à une plus grande distance entre eux et leurs parents plus tard dans la vie, lorsqu’ils étaient dans la cinquantaine. L’effet variait considérablement dans la répartition des revenus.

Les enfants adultes du sommet de la répartition du revenu parental étaient beaucoup moins susceptibles de résider à 20 kilomètres ou moins de leurs parents. Un revenu parental plus élevé pendant l’adolescence des enfants adultes était lié à une probabilité plus faible de résider près de leurs parents, en particulier des pères. Pour les fils, ceux faisant partie du groupe des 75 % supérieurs en ce qui concerne le revenu parental étaient de 1,5 à 7,4 points de pourcentage moins susceptibles de vivre à 20 kilomètres ou moins de leur père que ceux du groupe des 5 % inférieurs pour le revenu parental. À titre comparatif, les fils de la moitié supérieure de la répartition du revenu parental étaient de 1,3 à 4,4 points de pourcentage moins susceptibles de vivre à proximité de leur mère que ceux des 5 % inférieurs de la répartition du revenu parental.

En outre, les enfants adultes dans la cinquantaine affichant un revenu du ménage plus bas, qui avaient des enfants vivant avec eux, dont les parents étaient plus âgés et dont les parents vivaient en milieu rural de 2016 à 2019 étaient plus susceptibles de vivre à 20 kilomètres ou moins de leurs parents.

Discussion

La distance entre les parents vieillissants et leurs enfants adultes peut avoir une incidence sur la capacité des familles à fournir des soins (Schoeni, Cho et Choi, 2022) et les liens familiaux (Gillespie et Treas, 2017). Parallèlement, davantage de jeunes adultes vivent avec leurs parents : la proportion des enfants de 20 à 34 ans vivant avec au moins un parent a augmenté pour passer de 31 % à 35 % entre 2001 et 2021 (Statistique Canada, 2022; Galbraith et Laflamme, 2025). Entre-temps, des données provenant d’autres pays ont montré que la proximité intergénérationnelle a diminué de 1940 à 1990 (Kalmijn, 2021), ce qui souligne le dynamisme de l’évolution des modèles résidentiels et de mobilité au fil du temps. Ces tendances font en sorte qu’il est crucial de comprendre où vivent les membres de la famille, comment les distances intergénérationnelles ont évolué au fil du temps, et comment ces choix peuvent avoir de l’importance pour les liens familiaux ainsi que pour les décisions en matière d’emploi et de prestation de soins.

Bien que le Canada soit un vaste pays, les gens vivent généralement à proximité de leurs parents, même lorsqu’ils vieillissent. Pourtant, des différences importantes entre les provinces signifient que les effets de la distance géographique sur les liens familiaux peuvent également varier. Cela pourrait avoir des répercussions variées sur les décisions en matière de soins entre les régions, y compris la possibilité pour les familles plus jeunes de bénéficier de l’aide des grands-parents pour s’occuper des enfants ou pour les parents vieillissants de bénéficier de soins informels de leurs enfants.

Auteurs

Samuel MacIsaac, Yuri Ostrovsky et Grant Schellenberg travaillent pour la Division de l'analyse et de la modélisation économiques sociales, Direction des études analytiques et de la modélisation, Statistique Canada.

Bibliographie

Bookman, A. et Kimbrel, D. (2011). « Families and elder care in the twenty-first century » (en anglais seulement). The Future of Children, vol. 21, no 2, p. 117 à 140.

Choi, H., Schoeni, R.F., Wiemers, E.E., Hotz, V.J. et Seltzer, J.A. (2020). « Spatial distance between parents and adult children in the United States » (en anglais seulement). Journal of Marriage and Family, vol. 82, no 2, p. 822 à 840.

Compton, J. et Pollak, R.A. (2015). « Proximity and co-residence of adult children and their parents in the United States: Descriptions and correlates » (en anglais seulement). Annals of Economics and Statistics, vol. 117/118, p. 91 à 114. https://doi.org/10.15609/annaeconstat2009.117-118.91

Galbraith, N. et Laflamme, N. (2025). « Être adultes ensemble : quand parents et enfants adultes cohabitent ». Documents démographiques, produit no 91F0015M au catalogue de Statistique Canada.

Gillespie, B.J. et Treas, J. (2017). « Adolescent intergenerational cohesiveness and young adult proximity to mothers » (en anglais seulement). Journal of Family Issues, vol. 38, no 6, p. 798 à 819.

Isengard, B. (2013). « "The Apple doesn’t Live Far from the Tree”: Living distances between parents and their adult children in Europe » (en anglais seulement). Comparative Population Studies, vol. 38, no 2.

Kalmijn, M. (2021). « Long‐term trends in intergenerational proximity: Evidence from a grandchild design » (en anglais seulement). Population, Space and Place, vol. 27, no 8, e2473.

MacIsaac, S., Ostrovsky, Y. et Schellenberg, G. (2025). « Geographic proximity between adult children and their parents in Canada: The role of childhood parental income » (en anglais seulement). Population, Space and Place, vol. 31, e70078.

Michielin, F. et Mulder, C. H. (2007). « Geographical distances between adult children and their parents in the Netherlands » (en anglais seulement). Demographic Research, vol. 17, p. 655 à 678.

Schoeni, R. F., Cho, T. C. et Choi, H. (2022). « Close enough? Adult child-to-parent caregiving and residential proximity » (en anglais seulement). Social Science & Medicine, vol. 292, p. 114627.

Statistique Canada. (2022). « Seul chez soi : Le nombre de personnes vivant seules est plus élevé que jamais, mais les colocataires sont le type de ménage qui connaît la plus forte croissance ». Le Quotidien, 13 juillet. Produit no 11-001-X au catalogue. Ottawa : Statistique Canada.

Thomese, F. et Liefbroer, A. C. (2013). « Child care and child births: The role of grandparents in the Netherlands ». Journal of marriage and Family, vol. 75, no 2, p. 403 à 421.

Date de modification :