Rapports économiques et sociaux
Utilisation des logements par les immigrants et les résidents temporaires sur les marchés de la propriété et de la location
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202500500003-fra
Début du texte
Cette étude a été menée conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Statistique Canada.
Résumé
Il est important de comprendre l’utilisation des logements par les immigrants et les résidents temporaires afin d’élaborer des politiques de logement et des stratégies de planification urbaine efficaces. À l’aide des données du Recensement de 2021, la présente étude permet d’estimer les taux d’occupation des unités de logement (définis comme le nombre de logements pour 1 000 habitants) pour les immigrants et les résidents temporaires. Ces taux reflètent que l’utilisation des logements est limitée par des facteurs comme les ressources financières, les préférences de modes de vie et l’offre de logements.
L’analyse des données du Recensement de 2021 indique que les immigrants affichent généralement des taux d’occupation des logements plus élevés sur les marchés de la propriété et de la location que ceux des personnes nées au Canada. En moyenne, les immigrants occupent 310 logements possédés et 151 logements locatifs pour 1 000 habitants, ce qui donne un total de 461 logements, comparativement à 397 logements pour les personnes nées au Canada. Les résidents temporaires, quant à eux, occupent 41 logements possédés et 316 logements locatifs pour 1 000 habitants, ce qui donne un total de 357 logements.
À mesure que les immigrants passent plus de temps au Canada, leur dépendance au marché locatif diminue et le nombre de propriétaires augmente. Au cours des premières années suivant l’admission, les immigrants affichent des taux d’occupation des logements inférieurs à ceux des personnes nées au Canada. Toutefois, au fil du temps, leur taux d’occupation de logements augmente de façon considérable, en raison d’une croissance importante du nombre de propriétaires, ce qui souligne l’incidence durable de l’immigration sur le marché de la propriété.
Les résultats laissent également entendre qu’une hausse de l’immigration augmenterait particulièrement la demande de maisons individuelles non attenantes sur le marché de la propriété et la demande d’appartements locatifs, tandis qu’une hausse du nombre de résidents temporaires augmenterait principalement la demande d’appartements locatifs. De plus, les immigrants et les résidents temporaires sont plus susceptibles d’être propriétaires de leur logement dans une petite municipalité que dans une grande municipalité, ce qui met l’accent sur les répercussions variables des immigrants et des résidents temporaires dans différents contextes municipaux.
Mots-clés : immigration, résidents temporaires, logement, propriété.
Auteurs
Haozhen Zhang travaille à la Division de la recherche et de la mobilisation des connaissances de la Direction de la recherche et des données à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Feng Hou travaille à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de la Direction des études analytiques et de la modélisation à Statistique Canada.
Remerciements
Il s’agit d’une étude conjointe menée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Statistique Canada. Les auteurs tiennent à remercier Rubab Arim, Chantal Goyette, Radu Parvulescu, Jerry Situ et Li Xue pour leurs conseils et leurs commentaires concernant une version antérieure du présent article.
Introduction
Ces dernières années, les immigrants et les résidents temporaires ont été à l’origine de presque toute la croissance démographique du Canada, devenant de plus en plus essentiels au paysage démographique et économique du pays. L’afflux croissant d’immigrants et de résidents temporaires a entraîné une augmentation importante de la demande de logements, ce qui pourrait avoir une incidence sur l’offre de logements, l’abordabilité et les décisions de planification urbaine à l’échelle nationale. Ayant des préférences et des besoins distincts en matière de logement, les immigrants et les résidents temporaires façonnent les marchés de la location et de la propriété de façons qui changent au fil du temps. Il est essentiel de comprendre les tendances en matière de logement de ces groupes pour élaborer des politiques de logement et des stratégies de planification urbaine efficaces. En analysant leur utilisation des logements, on obtient de précieux renseignements sur la façon dont le marché canadien du logement s’adapte aux changements démographiques, ce qui aide à anticiper les pressions futures sur l’offre de logements et l’abordabilité des logements.
Malgré l’importance de ce sujet, une lacune existe dans la documentation concernant l’utilisation distincte et quantifiable des logements par les immigrants et les résidents temporaires, surtout par rapport aux résidents nés au Canada. Dans la présente étude, on vise à combler cette lacune en examinant l’utilisation des logements par les immigrants et les résidents temporaires, en mettant l’accent sur les marchés de la propriété et de la location. À partir des données du Recensement de 2021, l’étude permet d’estimer l’utilisation des logements pour 1 000 habitants afin de fournir une vue nuancée de la façon dont les immigrants et les résidents temporaires interagissent avec le marché de l’habitation comparativement aux personnes nées au Canada. Dans la présente étude, « l’utilisation des logements pour 1 000 habitants » représente le nombre de logements nécessaires pour maintenir le niveau observé d’occupation des logements selon le Recensement de 2021. Ces tendances en matière d’utilisation des logements sont influencées par des facteurs comme les contraintes financières, les préférences de mode de vie et l’offre de logements au moment du recensement.
L’analyse de la présente étude s’articule autour de quatre principales questions de recherche. Premièrement, quel est l’utilisation des logements pour 1 000 habitants pour les logements possédés et loués par des immigrants, des résidents temporaires et des personnes nées au Canada? Deuxièmement, comment ces tendances en matière d’utilisation des logements varient-elles entre les collectivités de différentes tailles de population? Troisièmement, en quoi l’utilisation des logements diffère-t-elle selon les types de logements, comme les maisons individuelles non attenantes, les maisons jumelées ou en rangée et les appartements? Quatrièmement, comment les tendances en matière d’utilisation des logements des immigrants évoluent-elles selon la durée de résidence au Canada?
En traitant ces questions, la présente étude fait la lumière non seulement sur la situation actuelle de l’utilisation des logements selon le statut d’immigrant, mais elle fournit aussi une base pour prévoir les besoins futurs en matière de logement à mesure que les nouveaux immigrants et les résidents temporaires continuent de s’établir dans l’ensemble du pays. De plus, en faisant la distinction entre les marchés de la location et de la propriété, on quantifie, dans l’étude, les trajectoires habituelles des immigrants en matière de logement au Canada, qui commencent souvent par le marché locatif avant la transition vers l’accession à la propriété à mesure qu’ils s’établissent sur le plan économique.
Le présent document est structuré comme suit : la section 2 présente les données et les définitions utilisées dans l’étude, la section 3 décrit l’analyse portant sur les quatre principales questions de recherche et la section 4 conclut l’étude par des constatations et des répercussions.
Données et mesures
La présente analyse est fondée sur les données recueillies à partir du questionnaire détaillé du Recensement de la population de 2021 et porte sur les personnes vivant dans des ménages privésNote . Pour déterminer le statut d’immigrant dans le cadre du recensement, on utilise à la fois des données administratives d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et les réponses à la question du recensement sur le lieu de naissance. Ces renseignements permettent de distinguer les personnes en tant que non-immigrants, immigrants ou résidents temporaires (Statistique Canada, 2023).
Dans la présente étude, un immigrant désigne une personne qui est ou qui a déjà été un résident permanent. Un résident temporaire désigne une personne d’un autre pays dont le lieu de résidence habituel est le Canada et qui est titulaire d’un permis de travail ou d’études ou qui a demandé le statut de réfugié (demandeur d’asile, personne protégée et groupes apparentés). Les membres de la famille vivant avec des titulaires de permis de travail ou d’études sont également compris, sauf si ces membres de la famille sont déjà, eux-mêmes, citoyens canadiens, résidents permanents ou résidents temporaires.
L’occupation d’un logement est mesurée au niveau du ménage. Dans le contexte du recensement, un ménage désigne une seule personne ou un groupe de personnes vivant dans le même logement, ce qui signifie que le nombre total de ménages équivaut au nombre total de logements occupés. Par conséquent, le nombre de logements occupés par un groupe particulier, comme les nouveaux immigrants, équivaut au nombre de ménages au sein de ce groupe.
Le statut d’immigrant d’un ménage est représenté par le statut d’immigrant du principal soutien du ménage. Le principal soutien du ménage est la première personne désignée comme responsable du paiement du loyer, de l’hypothèque, des impôts ou des factures de services publics. Au sein des ménages dont les membres ont des statuts d’immigrant différents, seul le statut du principal soutien est pris en compte au niveau du ménage.
Dans les ménages de personnes nées au Canada, 94 % des membres sont nés au Canada. Pour les ménages d’immigrants, le pourcentage de ménages comptant uniquement des membres immigrants varie de 70 % pour les soutiens immigrants du ménage arrivés depuis un an ou moins à 51 % pour les soutiens immigrants de longue date. Dans ces ménages d’immigrants, les membres non immigrants sont principalement des enfants nés au Canada d’immigrants, surtout dans les ménages d’immigrants de longue date. Pour les ménages de résidents temporaires, la proportion de ménages comptant uniquement des membres qui sont résidents temporaires varie de 69 % pour les demandeurs d’asile à 84 % pour les titulaires de permis d’études.
Au niveau individuel, 91 % des immigrants vivent dans des ménages déclarés comme étant des ménages d’immigrants et les autres vivent principalement dans des ménages de personnes nées au Canada. De même, environ 77 % des résidents temporaires vivent dans des ménages déclarés comme étant des ménages de résidents temporaires et la plupart des autres vivent dans des ménages d’immigrants. Environ 88 % des personnes nées au Canada vivent dans des ménages déclarés comme étant des ménages de personnes nées au Canada, tandis que les autres vivent principalement dans des ménages dont le principal soutien est un immigrant.
Dans la présente étude, l’utilisation des logements pour un groupe est définie comme le nombre de logements occupés par le propriétaire et de logements loués dont le principal soutien est une personne du groupe en question. On la calcule en comptant le nombre de logements pour 1 000 habitantsNote . Cette mesure permet d’estimer le taux d’occupation des logements, qui reflète le nombre de logements requis pour maintenir les niveaux d’occupation observés selon le statut d’immigrant dans le cadre du Recensement de 2021. Elle ne tient pas compte de la taille convenable ni de l’abordabilité des logements.
Résultats
Utilisation des logements pour 1 000 habitants pour l’ensemble des groupes de personnes ayant un statut d’immigrant
L’analyse de l’utilisation des logements révèle des différences notables entre les groupes de personnes ayant un statut d’immigrant, y compris les personnes nées au Canada, les immigrants, les immigrants récents et les résidents temporaires. Ces variations mettent en évidence des tendances distinctes en matière d’utilisation à la fois pour la propriété et la location de logements.
Les immigrants affichent une plus grande utilisation des logements que les personnes nées au Canada. Les immigrants occupent en moyenne 310 logements possédés et 151 logements locatifs pour 1 000 habitants, ce qui donne un total de 461 logements (tableau 1). En revanche, les personnes nées au Canada occupent 271 logements possédés et 126 logements locatifs pour 1 000 habitants, ce qui donne un total combiné de 397 logements. Donc, par habitant, les immigrants utilisent plus de logements possédés et loués que les personnes nées au Canada.
| Logements possédés | Logements loués | Total des logements | |
|---|---|---|---|
| nombre | |||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021. | |||
| Personnes nées au Canada | 271 | 126 | 397 |
| Total des immigrants | 310 | 151 | 461 |
| Immigrants récents | 115 | 203 | 318 |
| Total des résidents temporaires | 41 | 316 | 357 |
| Demandeurs d’asile | 25 | 301 | 326 |
| Titulaires d’un permis de travail | 51 | 371 | 421 |
| Titulaires d’un permis d’études | 32 | 260 | 292 |
| Titulaires de permis de travail et d’études | 35 | 328 | 363 |
Le résultat ci-dessus ne semble pas concorder avec la tendance générale selon laquelle les immigrants, en moyenne, ont des ménages plus grands que la population née au Canada. Un groupe dont le ménage moyen est de plus grande taille utiliserait en effet moins de logements. Toutefois, cette incohérence apparente découle de la façon dont l’utilisation globale des logements d’un groupe est calculée, soit en fonction du nombre de ménages dont le principal soutien fait partie de ce groupe. Par exemple, le total des logements d’immigrants correspond au nombre de ménages dont le principal soutien est un immigrant. Il convient de noter que de nombreux ménages dont les principaux soutiens sont des immigrants (46 %) comprennent également des membres nés au Canada, principalement les enfants des immigrants. L’utilisation des logements par les membres nés au Canada de ménages dont le principal soutien est un immigrant est directement liée à l’immigration. Par conséquent, lors de l’estimation du nombre de logements pour 1 000 immigrants, les membres nés au Canada faisant partie de ménages dont le principal soutien est un immigrant sont exclus de la population de base. Cette méthodologie reflète l’objectif de l’étude, c’est-à-dire estimer le nombre de logements nécessaires pour « absorber » un nombre précis d’immigrants.
Par rapport aux immigrants, les résidents temporaires, y compris les titulaires de permis de travail ou d’études et les demandeurs d’asile, affichent des tendances distinctes en matière d’utilisation des logements. Les résidents temporaires ont une utilisation des logements occupés par le propriétaire considérablement plus faible par habitant, mais un nombre beaucoup plus élevé de logements locatifs que les immigrants et les personnes nées au Canada. Comme le montre le tableau 1, pour 1 000 résidents temporaires, 41 logements sont possédés et 316 sont loués, ce qui donne un total de 357 logements. Cette forte dépendance à l’égard des logements locatifs reflète le statut de transition des résidents temporaires et leur accès limité à la propriété.
En particulier, les titulaires de permis de travail affichent une plus grande utilisation des logements pour 1 000 habitants que les personnes nées au Canada, tandis que les autres catégories de résidents temporaires affichent une utilisation par habitant plus faible. Les titulaires de permis d’études ont le taux d’occupation des logements le plus faible. Ces constatations soulignent la diversité des tendances en matière d’utilisation des logements parmi les groupes d’immigrants et de résidents temporaires et, plus particulièrement, le rôle essentiel que joue le logement locatif pour répondre à leurs besoins.
Utilisation des logements selon la taille de la municipalité
À mesure que la taille de la municipalité diminue, les immigrants et les résidents temporaires sont plus portés à vivre dans des logements qui leur appartiennent et moins susceptibles de les louer. Cette tendance reflète probablement la baisse du coût de l’accession à la propriété dans les petites municipalités, ce qui accroît l’abordabilité pour ces groupes. Le tableau 2 montre que les immigrants possèdent systématiquement plus de logements pour 1 000 habitants que les personnes nées au Canada, et ce, peu importe la taille de la municipalité. En revanche, les résidents temporaires affichent une utilisation des logements possédés beaucoup plus faible que celle d’autres groupes, peu importe la taille de la municipalité, car leur utilisation des logements demeure axée sur le marché locatif.
En ce qui concerne les logements locatifs, les immigrants affichent des tendances différentes selon la taille de la municipalité. Ils louent plus de logements pour 1 000 habitants dans de très grandes villes (de plus de 500 000 habitants) ou de petites villes (de moins de 10 000 habitants) que les personnes nées au Canada. Les résidents temporaires, quant à eux, affichent systématiquement la plus grande utilisation des logements locatifs, quelle que soit la taille de la municipalité.
| Taille de la population | Personnes nées au Canada | Immigrants | Immigrants récents | Résidents temporaires |
|---|---|---|---|---|
| nombre | ||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021. | ||||
| Logements possédés | ||||
| 500 000 ou plus | 215 | 280 | 99 | 38 |
| 100 000 à 499 999 | 250 | 330 | 132 | 41 |
| 10 000 à 99 999 | 293 | 358 | 139 | 51 |
| Moins de 10 000 | 328 | 396 | 150 | 61 |
| Logements loués | ||||
| 500 000 ou plus | 163 | 184 | 234 | 334 |
| 100 000 à 499 999 | 135 | 117 | 171 | 300 |
| 10 000 à 99 999 | 117 | 109 | 154 | 274 |
| Moins de 10 000 | 84 | 91 | 138 | 269 |
Utilisation des logements selon le type de logement
Comme le présente le tableau 3, les immigrants ont tendance à préférer les maisons individuelles non attenantes en tant que propriétaires et les appartements en tant que locataires. Toutefois, les résidents temporaires ciblent majoritairement les appartements locatifs, ce qui reflète leur statut de résident temporaire et leur capacité financière potentiellement limitée pour l’accession à la propriété.
Selon le statut d’immigrant, les immigrants affichent une plus faible utilisation des maisons individuelles non attenantes par habitant comparativement à celle des personnes nées au Canada. Toutefois, les immigrants affichent une plus grande utilisation de maisons jumelées ou en rangée et d’ appartements sur les marchés de la propriété et de la location.
Les résidents temporaires, en revanche, affichent une forte utilisation d’appartements locatifs et une participation minimale au marché de la propriété. Leur utilisation des appartements locatifs est considérablement plus grande que celle des immigrants ou des personnes nées au Canada. Ces résultats indiquent qu’une augmentation du nombre de résidents temporaires intensifiera probablement le besoin d’appartements locatifs, tandis qu’un afflux d’immigrants pourrait particulièrement augmenter la demande de maisons individuelles non attenantes sur le marché de la propriété et d’appartements sur le marché locatif.
| Type de logement | Personnes nées au Canada | Immigrants | Immigrants récents | Résidents temporaires |
|---|---|---|---|---|
| nombre | ||||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021. | ||||
| Logements possédés | ||||
| Maison individuelle non attenante | 205 | 182 | 54 | 16 |
| Maison jumelée ou en rangée | 27 | 54 | 28 | 6 |
| Appartement | 33 | 72 | 33 | 19 |
| Logements loués | ||||
| Maison individuelle non attenante | 22 | 15 | 19 | 30 |
| Maison jumelée ou en rangée | 14 | 16 | 21 | 22 |
| Appartement | 88 | 119 | 163 | 262 |
Tendances en matière d’utilisation des logements selon le nombre d’années depuis l’immigration
Le graphique 1 illustre la variation de l’utilisation des logements par les immigrants selon les années écoulées depuis leur admission. On observe une tendance à la hausse de l’accession à la propriété et une tendance à la baisse de la location au fur et à mesure qu’augmente la durée de résidence des immigrantsNote . Au cours des cinq premières années suivant l’admission, ces changements s’équilibrent, ce qui fait en sorte que l’utilisation globale des logements demeure stable; elle s’établit à un peu plus de 300 logements pour 1 000 habitantsNote . Toutefois, après ces cinq premières années, l’utilisation des logements possédés devient plus prononcée, ce qui entraîne une augmentation globale de l’utilisation des logements. À la 10e année suivant l’admission, l’utilisation des logements par les immigrants atteint 367 logements pour 1 000 habitants, ce qui est considérablement plus élevé que celle des immigrants récents. À la 15e année suivant l’admission, l’utilisation des logements par les immigrants atteint 409 logements pour 1 000 habitants, ce qui dépasse le niveau moyen atteint pour les résidents nés au CanadaNote .
On peut comprendre ces tendances en examinant la composition des ménages. Les nouveaux arrivants ont tendance à avoir de plus grands ménages, car ils vivent souvent avec des membres de leur famille élargie (comme leurs parents et leurs grands-parents) afin de réduire les coûts et de faire face aux contraintes économiques. À mesure que les immigrants s’établissent, la taille des ménages diminue habituellement en raison du déménagement des enfants, de l’augmentation de la stabilité économique et de l’adaptation aux normes canadiennes en ce qui concerne les familles nucléaires. Au fil du temps, ces changements entraînent une augmentation de l’utilisation des logements par habitant à mesure que les immigrants passent de la location à l’accession à la propriété.

Tableau de données du graphique 1
| Années écoulées depuis l’admission | Logements possédés pour 1 000 immigrants | Logements loués pour 1 000 immigrants | Total des logements pour 1 000 immigrants |
|---|---|---|---|
| logements occupés | |||
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2021. | |||
| 0 | 52 | 269 | 321 |
| 1 | 70 | 236 | 306 |
| 2 | 89 | 216 | 305 |
| 3 | 125 | 202 | 327 |
| 4 | 146 | 186 | 332 |
| 5 | 147 | 170 | 317 |
| 6 | 177 | 164 | 341 |
| 7 | 195 | 160 | 355 |
| 8 | 197 | 154 | 351 |
| 9 | 211 | 147 | 358 |
| 10 | 218 | 150 | 367 |
| 11 | 233 | 145 | 379 |
| 12 | 242 | 142 | 383 |
| 13 | 246 | 141 | 387 |
| 14 | 252 | 144 | 396 |
| 15 | 267 | 143 | 409 |
| 16 | 282 | 137 | 418 |
| 17 | 290 | 138 | 428 |
| 18 | 304 | 135 | 439 |
| 19 | 311 | 133 | 445 |
| 20 | 321 | 132 | 454 |
Conclusions
La présente étude fournit une analyse approfondie de l’utilisation des logements chez les personnes nées au Canada, les immigrants et les résidents temporaires et révèle des tendances clés ayant des répercussions importantes sur les politiques de logement et la planification urbaine.
Premièrement, l’analyse montre que les immigrants utilisent généralement plus de logements sur les marchés de la propriété et de la location que les personnes nées au Canada. Les résidents temporaires, en revanche, affichent une utilisation des logements possédés considérablement plus faible, mais une utilisation des logements locatifs plus grande. Les données du Recensement de 2021 révèlent qu’en moyenne, les immigrants occupent 310 logements possédés et 151 logements locatifs pour 1 000 habitants, soit 461 logements au total, comparativement à 397 logements pour les personnes nées au Canada. Les résidents temporaires occupent 41 logements possédés et 316 logements locatifs pour 1 000 habitants, ce qui donne un total de 357 logements. Parmi les résidents temporaires, les titulaires de permis d’études affichent l’utilisation des logements la plus faible, tandis que les titulaires de permis de travail affichent la plus forte utilisation, particulièrement sur le marché locatif.
Deuxièmement, la taille d’une municipalité influence grandement les tendances en matière d’utilisation des logements. Dans les petites municipalités, les immigrants et les résidents temporaires sont plus enclins à être propriétaires de leur logement et moins susceptibles de le louer. Cette tendance est probablement attribuable au coût plus faible de l’accession à la propriété et au parc locatif relativement moins important dans les petites municipalités (Allen et coll., 2009). Ces résultats indiquent qu’une augmentation de l’immigration et des flux d’entrée de résidents temporaires pourrait accroître la pression sur les marchés de la location dans les grandes municipalités et sur les marchés de la propriété dans les petites municipalités.
Troisièmement, l’utilisation de différents types de logements varie selon le statut d’immigrant. Les immigrants sont plus portés à occuper des maisons individuelles non attenantes sur le marché de la propriété et des appartements sur le marché locatif, tandis que les résidents temporaires utilisent principalement des appartements locatifs. Cela indique que l’immigration accrue est susceptible de stimuler la demande de maisons individuelles non attenantes à acheter et d’appartements locatifs, tandis qu’une hausse des résidents temporaires augmenterait principalement la demande d’appartements locatifs.
Enfin, l’étude souligne la façon dont l’utilisation des logements par les immigrants évolue. Plus les immigrants passent d’années au Canada, moins ils sont dépendants au marché locatif, car leur utilisation de maisons dont ils sont propriétaires augmente. Au-delà des années initiales, l’utilisation totale des logements augmente considérablement en raison de l’augmentation du nombre de propriétaires. Cela met en évidence l’incidence à long terme de l’immigration sur le marché de la propriété. À l’avenir, des travaux de recherche devraient viser à prévoir ces tendances pour les futurs immigrants.
Les résultats de la présente étude ont d’importantes répercussions sur les politiques de logement et la planification urbaine au Canada. Ils fournissent des renseignements précieux sur les effets immédiats et à long terme de l’immigration et des flux de résidents temporaires sur les marchés de la location et de la propriété, en particulier dans les municipalités de diverses tailles. La demande croissante en matière d’accession à la propriété chez les immigrants de longue date souligne la nécessité de veiller à ce qu’il y ait un nombre acceptable de logements abordables, surtout dans les petites municipalités. Parallèlement, la forte dépendance des résidents temporaires à l’égard des appartements locatifs fait ressortir l’importance de maintenir un parc de logements locatifs robuste dans les grandes villes. Ces tendances et leurs variations régionales offrent des orientations essentielles aux fins d’élaboration de stratégies ciblées visant à répondre aux besoins changeants en matière de logement des immigrants et des résidents temporaires.
Bibliographie
Allen, J., R. Amano, D. Byrne et A. Gregory. (2009). Canadian city housing prices and urban market segmentation. Revue canadienne d’économique, 42 (3), 1132-1149.
Statistique Canada. (2023). Guide de référence sur le lieu de naissance, le statut des générations, la citoyenneté et l’immigration, Recensement de la population, 2021.
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