Rapports économiques et sociaux
Âge à l’arrivée et réseaux sociaux des immigrants au Canada

Date de diffusion : le 19 décembre 2024

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202401200002-fra

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Résumé

La présente étude repose sur l’Enquête sociale générale de 2020 et permet d’examiner le lien entre l’âge des immigrants à leur arrivée au Canada et leurs liens sociaux dans les communautés dans lesquelles ils s’établissent. Les immigrants qui sont arrivés pendant l’adolescence avaient moins d’amis proches que les Canadiens de la troisième génération ou plus, mais cette disparité n’a pas été observée pour les immigrants qui sont arrivés pendant l’enfance et il n’y avait pas de différence importante pour ceux qui sont arrivés à l’âge adulte, après avoir tenu compte des caractéristiques sociodémographiques. Le nombre de connaissances qu’avaient les immigrants diminuait lorsque l’âge à l’arrivée était plus élevé, et ceux qui arrivaient à l’âge adulte avaient beaucoup moins de connaissances que les Canadiens de la troisième génération ou plus. La proportion d’amitiés interethniques dans les réseaux sociaux des immigrants était systématiquement plus élevée que celle des Canadiens de la troisième génération ou plus. Les immigrants qui sont arrivés à l’adolescence ou à l’âge adulte avaient moins de contacts en personne avec leurs amis que les personnes de la troisième génération ou plus, mais n’étaient pas moins satisfaits des contacts qu’ils avaient.

Mots clés : âge à l’arrivée; immigrants; intégration sociale; réseaux sociaux

Auteurs

Maciej Karpinski et Amélie Arsenault travaillent à la Direction de la recherche et de la mobilisation des connaissances au sein d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Christoph Schimmele et Max Stick travaillent à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation de Statistique Canada.

Remerciements

Les auteurs remercient Feng Hou, Li Xue et Haozhen Zhang pour leurs commentaires et leurs conseils sur une version antérieure du présent article.

Introduction

L’âge à l’arrivée est un facteur de l’intégration socioéconomique des immigrants (Boyd et Tian, 2016; Lee et Edmonston, 2011). Des études antérieures ont montré que les immigrants arrivés au cours de la petite enfance (de 0 à 5 ans) possédaient des niveaux plus élevés de compétence en anglais ainsi qu’un niveau de scolarité et un niveau de réussite professionnelle plus élevés que les immigrants arrivés à la phase intermédiaire de l’enfance (de 6 à 12 ans) (Rumbaut, 2004). Les deux groupes ont obtenu de meilleurs résultats que les immigrants arrivés à des âges plus avancés. Toutefois, les immigrants arrivés à l’adolescence (de 13 à 17 ans) avaient un niveau de scolarité et un niveau de réussite professionnelle plus faibles que les immigrants arrivés à un âge plus élevé et ceux qui sont arrivés à un âge plus jeune. Des études plus récentes ont eu recours à une définition plus précise de la phase intermédiaire de l’enfance (de 6 à 9 ans) et ont déterminé la préadolescence (de 10 à 12 ans) comme un stade de vie qui différencie davantage les immigrants dans leurs chances d’intégration socioéconomique (Lee et Edmonston, 2011; Myers et coll., 2009).

L’âge à l’immigration est également un facteur de l’intégration sociale des immigrants. En Suède, Åslund et coll. (2015) ont comparé les frères et sœurs qui ont immigré en même temps, mais à des âges différents pendant l’enfance (de 0 à 14 ans) en ce qui concerne leur intégration sociale à l’âge adulte. Les auteurs ont montré que l’âge plus avancé à l’arrivée augmentait le niveau de distance sociale entre les immigrants et les personnes nées en Suède dans la vie quotidienne. Plus les immigrants arrivés pendant l’enfance étaient âgés à l’arrivée, moins ils étaient susceptibles d’avoir des collègues ou des voisins nés en Suède. Un âge plus avancé à l’arrivée réduisait également la probabilité d’un mariage mixte entre immigrants et Suédois, ce qui est l’un des indicateurs les plus forts de l’intégration sociale. De même, Choi et Tienda (2018) ont constaté que les mariages mixtes étaient plus faibles pour les immigrants aux États-Unis qui sont arrivés pendant l’adolescence que pour les immigrants qui sont arrivés pendant l’enfance ou l’âge adulte.

En général, la taille, la composition et la qualité des réseaux sociaux diffèrent selon que l’on est un immigrant ou une personne née au Canada. Kazemipur (2006) a constaté que les réseaux des immigrants étaient plus petits, qu’ils étaient composés de personnes ayant un statut socioéconomique inférieur et qu’ils transmettaient moins de ressources comparativement aux réseaux des personnes nées au Canada. Thomas (2011) a observé une différence entre les immigrants et les personnes nées au Canada dans divers types de liens sociaux. Les immigrants avaient moins de membres de la famille proche, d’amis proches et de connaissances et avaient aussi des réseaux moins diversifiés que les personnes nées au Canada. Turcotte (2015) a constaté que les immigrants récents et les immigrants établis étaient moins susceptibles d’avoir au moins 3 amis proches et 11 connaissances ou plus que les personnes nées au Canada, après avoir déterminé la durée de résidence dans la communauté locale et les caractéristiques sociodémographiques.

Les réseaux sociaux des immigrants au Canada sont déterminants pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces réseaux sont constitués de « liens étroits » avec la communauté locale, qui font référence aux membres de la famille et aux amis proches. Des liens étroits sont des sources de soutien social qui réduisent les coûts de l’immigration et aident à l’adaptation (Majerski, 2019). Deuxièmement, les réseaux sont aussi constitués de « liens faibles », ou de connaissances, qui sont des sources d’information qui ne sont pas disponibles à partir des liens étroits, mais qui sont essentielles à la mobilité de l’emploi, reliant les liens faibles à l’intégration socioéconomique des immigrants (Majerski, 2019). Enfin, les réseaux sont formés de « liens qui favorisent l’intégration », ou de relations qui traversent les frontières ethniques et se chevauchent avec les réseaux de personnes nées au Canada. Les immigrants ayant peu de liens qui favorisent l’intégration ont tendance à avoir des résultats socioéconomiques moins favorables que ceux qui ont des réseaux socialement vastes (Nakhaie et Kazemipur, 2013).

La présente étude permet de comparer les immigrants qui sont arrivés au Canada pendant l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte avec les Canadiens nés au Canada en ce qui a trait à la taille des réseaux sociaux locaux, aux types de liens sociaux et à la qualité des réseaux. Les immigrants ont été subdivisés en sept groupes d’âge à l’arrivée afin de donner un aperçu détaillé du rôle de l’âge à l’arrivée et de déterminer s’il y a des périodes critiques ou des stades de vie associés à des résultats moins favorables. Il y a des avantages pour les plus jeunes à leur arrivée, comme la scolarité et la socialisation au Canada, qui peuvent accroître les chances d’établir des réseaux sociaux au Canada. Toutefois, le stade de vie auquel l’immigration est survenue peut avoir des conséquences qui peuvent éclipser les avantages d’un âge à l’arrivée plus jeune (Choi et Tienda, 2018; Hermansen, 2017). Par exemple, la perturbation des réseaux de pairs liée à l’immigration pendant l’adolescence et la nécessité de s’adapter à un nouvel environnement social à ce stade de la vie pourraient avoir des effets néfastes.

Données et méthodes

Les données de la présente étude sont tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) sur l’identité sociale de 2020, une enquête transversale nationale portant sur les réseaux sociaux, la participation à la communauté et les perceptions à l’égard de la société canadienneNote . L’échantillon de l’étude comprenait 13 930 immigrants et 12 850 Canadiens de la troisième génération ou plus (parents nés au Canada) du groupe de la population blanche. Ce dernier est couramment utilisé comme groupe de référence pour évaluer les niveaux d’intégration des immigrants parce qu’il s’agit du groupe démographique le plus important au Canada et en raison de ses racines dans la société canadienne. La population des immigrants a été désagrégée entre les personnes arrivées au Canada au cours de la petite enfance (de 0 à 5 ans), de la phase intermédiaire de l’enfance (de 6 à 9 ans), de la préadolescence (de 10 à 12 ans), de l’adolescence (de 13 à 17 ans), après l’adolescence (de 18 à 24 ans), du début de l’âge adulte (de 25 à 34 ans) et au milieu de l’âge adulte (de 35 à 54 ans)Note .

L’étude comprend la mesure des amis et des parents proches (liens étroits), d’autres amis et de connaissances (liens faibles), et d’amitiés interethniques (liens qui favorisent l’intégration). Ces variables se limitaient aux liens sociaux que les répondants avaient dans la communauté locale (tableau 1). La qualité du réseau a été mesurée à l’aide de variables sur la fréquence des contacts avec les amis et la satisfaction à l’égard des contacts. Les moyennes pour le nombre de membres de la famille proche, d’amis proches, ainsi que d’autres amis et de connaissances ont été estimées pour chaque groupe d’âge à l’arrivée. On a utilisé des régressions logistiques pour estimer les probabilités prédites de :

  • 3 amis proches ou plus;
  • 10 autres amis et connaissances ou plus;
  • au moins la moitié des amis font partie d’un groupe ethnique « visiblement différent »;
  • contact hebdomadaire en personne et par téléphone avec des amis;
  • satisfaction à l’égard des contacts.
Tableau 1
Définition et mesure des variables dépendantes sur les réseaux sociaux Sommaire du tableau
Les données sont présentées selon Concept (titres de rangée) et , calculées selon (figurant comme en-tête de colonne).
Concept Question de l’enquête Mesure des résultats
Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale, 2020.
Liens étroits  
Membres de la famille proche Avec combien de membres de votre famille vous sentez-vous proche, c’est-à-dire ceux avec qui vous êtes à l’aise, à qui vous pouvez dire ce que vous pensez ou à qui vous pouvez demander de l’aide? Nombre de membres de la famille proche qui vivent dans la même ville ou la même communauté locale.
Ami(e)s proches Combien d’ami(e)s proches avez-vous, c’est-à-dire des personnes avec qui vous n’êtes pas parent, mais avec qui vous êtes à l’aise, à qui vous pouvez dire ce que vous pensez et à qui vous pouvez demander de l’aide? Nombre d’ami(e)s proches qui vivent dans la même ville ou la même communauté locale.
Liens faibles Sans compter vos ami(e)s proches ou votre parenté, combien d’autres ami(e)s avez-vous environ? Nombre d’autres ami(e)s qui vivent dans la même ville ou la même communauté locale.
Liens qui favorisent l'intégration Parmi tous les ami(e)s avec qui vous avez été en contact au cours du dernier mois, combien environ proviennent d’un groupe ethnique visiblement différent du vôtre? Pourcentage de répondants ayant 1) aucun(e) ou quelques ami(e)s appartenant à un groupe ethnique « visiblement différent »; 2) environ la moitié, la plupart ou la totalité de leurs ami(e)s appartenant à un groupe ethnique « visiblement différent ».
Qualité du réseau  
Fréquence des contacts En pensant à {votre ami(e)/tous vos ami(e)s}, au cours du dernier mois, à quelle fréquence avez-vous fait les choses suivantes?
(1) Voir {votre ami(e)/n’importe lequel de vos ami(e)s} en personne
(2) Parler à {votre ami(e)/n’importe lequel de vos ami(e)s} au téléphone
Répondants ayant au moins un contact par semaine; 1) en personne; 2) par téléphone avec leurs ami(e)s.
Satisfaction à l’égard des contacts Dans l’ensemble, dans quelle mesure êtes-vous satisfait(e) de la fréquence à laquelle vous communiquez avec votre ami(e)/vos ami(e)s? Pourcentage de répondants qui sont 1) très satisfaits ou satisfaits par rapport à 2) ni satisfaits ni insatisfaits, insatisfaits ou très insatisfaits de la fréquence de leurs communications avec leurs ami(e)s.

Les régressions comprenaient des contrôles pour le sexe, l’âge, le niveau de scolarité, le statut d’emploi et le fait que le répondant vivait dans une région métropolitaine de recensement (population de 100 000 habitants ou plus, dont au moins 50 000 résidaient dans le noyau urbain) ou dans une petite ville ou une zone ruraleNote . Les estimations ont été calculées à l’aide des poids d’enquête pour tenir compte de la surreprésentation ou de la sous-représentation possible de certains groupes démographiques. Des poids bootstrap ont également été utilisés pour calculer la signification statistique afin de tenir compte du plan d’enquête complexe de l’ESG.

Résultats

Le nombre moyen de liens sociaux que les immigrants avaient dépendait de leur âge à leur arrivée au Canada

Le nombre de parents proches que les immigrants avaient dans la communauté locale diminuait lorsque l’âge à l’arrivée au Canada était plus élevé (tableau 2). Les immigrants qui sont arrivés pendant l’adolescence (de 13 à 17 ans) et après l’adolescence (de 18 à 24 ans) avaient moins de trois membres de la famille proche, et ceux qui sont arrivés au début de l’âge adulte (de 25 à 34 ans) et au milieu de l’âge adulte (de 35 à 54 ans) avaient deux membres de la famille proche. En revanche, les immigrants qui sont arrivés pendant la petite enfance (de 0 à 5 ans), à la phase intermédiaire de l’enfance (de 6 à 9 ans) ou à la préadolescence (de 10 à 12 ans) avaient trois membres de la famille proche, ce qui est à peu près la même chose que les Canadiens de la troisième génération ou plus.

Tableau 2
Nombre et types de liens sociaux dans la communauté locale selon le statut d’immigrant et l'âge à l’arrivée au Canada Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre et types de liens sociaux dans la communauté locale selon le statut d’immigrant et l'âge à l’arrivée au Canada Taille de l'échantillon, Nombre de membres de la famille proche, Nombre d’ami(e)s proches et Nombre de connaissances, calculées selon nombre et moyenne unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Taille de l'échantillon Nombre de membres de la famille proche Nombre d’ami(e)s proches Nombre de connaissances
nombre moyenne
Note *

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,05)

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Note **

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,01)

Retour à la référence de note&nbsp;** referrer

Note ***

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,001)

Retour à la référence de note&nbsp;*** referrer

Note 1

Limité aux répondants du groupe de la population blanche.

Retour à la référence de note&nbsp;1 referrer

Note : Taille de l’échantillon arrondie à la dizaine près.
Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale, 2020.
Troisième génération ou plus (référence) Tableau 2 Note 1 12 850 3,3 4,1 16,1
Immigrants — total 13 930 2,6 Tableau 2 Note *** 3,8 Tableau 2 Note ** 13,1 Tableau 2 Note ***
Âge à l’arrivée  
0 à 5 ans 830 3,5 4,7 17,5
6 à 9 ans 630 3,1 3,9 16,7
10 à 12 ans 500 2,9 3,6 Tableau 2 Note * 16,8
13 à 17 ans 1 000 2,8 Tableau 2 Note * 3,2 Tableau 2 Note ** 14,0
18 à 24 ans 2 750 2,7 Tableau 2 Note *** 3,8 Tableau 2 Note * 12,6 Tableau 2 Note ***
25 à 34 ans 4 790 2,0 Tableau 2 Note *** 3,6 Tableau 2 Note ** 11,9 Tableau 2 Note ***
35 à 54 ans 3 120 2,1 Tableau 2 Note *** 4,1 11,2 Tableau 2 Note ***

Les immigrants âgés de 10 à 34 ans à l’arrivée (de la préadolescence au début de l’âge adulte) avaient moins d’amis proches (liens étroits) dans la communauté locale que les personnes de la troisième génération ou plus. La plus grande différence a été observée chez les immigrants qui sont arrivés pendant l’adolescence. Les immigrants qui sont arrivés pendant la petite enfance et à la phase intermédiaire de l’enfance avaient un nombre d’amis proches semblable à celui des Canadiens de la troisième génération ou plus. Les immigrants qui sont arrivés au milieu de l’âge adulte étaient également semblables au groupe de référence pour ce résultat.

Le nombre moyen de connaissances (liens faibles) que les immigrants avaient dans la communauté locale diminuait plus l’âge à l’arrivée était élevé. Les immigrants qui sont arrivés pendant la petite enfance avaient près de 18 connaissances, tandis que ceux qui sont arrivés au milieu de l’âge adulte avaient 11 connaissances. Les immigrants âgés de 18 à 54 ans à leur arrivée avaient moins de connaissances que les Canadiens de la troisième génération ou plus. Par exemple, les immigrants qui sont arrivés après l’adolescence avaient environ 3 connaissances de moins et ceux qui sont arrivés au milieu de l’âge adulte avaient environ 5 connaissances de moins.

L’étape de vie au moment de l’immigration était associée à la taille des réseaux

La mesure dans laquelle les immigrants ont des réseaux « anormalement » petits est examinée dans la présente section. En moyenne, les immigrants et les personnes nées au Canada avaient au moins 3 amis proches (liens étroits) et plus de 10 connaissances (liens faibles), comme indiqué ci-dessus. Ces seuils servent à comparer les immigrants et les personnes nées au Canada en ce qui a trait au pourcentage de personnes ayant des réseaux anormalement petits de liens étroits et de liens faibles dans la communauté locale.

Environ 58 % des Canadiens de la troisième génération ou plus devraient avoir au moins trois amis proches dans la communauté locale (tableau 3). Par comparaison, on prévoyait que 46 % des immigrants qui sont arrivés à l’adolescence auraient au moins 3 amis proches dans la communauté locale, soit 12 points de pourcentage de moins que les Canadiens de la troisième génération ou plus, après ajustement pour tenir compte des différences dans les caractéristiques sociodémographiques. Les différences entre les immigrants qui sont arrivés pendant l’enfance, la préadolescence, après l’adolescence et à l’âge adulte et les Canadiens de la troisième génération ou plus en ce qui a trait à la probabilité d’avoir au moins 3 amis proches étaient modestes et non statistiquement significatives.

Tableau 3
Probabilités prévues de la taille, de la composition et de la qualité des réseaux sociaux dans la communauté locale selon le statut d’immigrant et l’âge à l’arrivée au Canada Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Probabilités prévues de la taille, de la composition et de la qualité des réseaux sociaux dans la communauté locale selon le statut d’immigrant et l’âge à l’arrivée au Canada Trois amis proches ou plus, Dix connaissances ou plus, La moitié ou plus des amitiés sont interethniques, Contact en personne hebdomadaire, Contact par téléphone hebdomadaire et Satisfait du contact, calculées selon probabilité prévue1 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  Trois amis proches ou plus Dix connaissances ou plus La moitié ou plus des amitiés sont interethniques Contact en personne hebdomadaire Contact par téléphone hebdomadaire Satisfait du contact
probabilité prévue Tableau 3 Note 1
Note *

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,05)

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Note **

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,01)

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Note ***

valeur significativement différente de l'estimation pour la catégorie de référence (p<0,001)

Retour à la référence de note&nbsp;*** referrer

Note 1

Les probabilités prédites reposent sur des régressions logistiques qui tiennent compte du sexe, de l’âge, du niveau de scolarité, du statut d’emploi et du lieu de résidence dans une région métropolitaine de recensement (oui ou non). Les probabilités prédites ont été multipliées par 100 pour la présentation.

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Note 2

Limité aux répondants du groupe de la population blanche.

Retour à la référence de note&nbsp;2 referrer

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale, 2020.
Troisième génération ou plus (référence) Tableau 3 Note 2 58,2 56,4 16,8 40,0 40,4 75,8
Immigrants — âge à l’arrivée  
0 à 5 ans 61,3 58,4 33,0 Tableau 3 Note *** 37,0 41,2 75,9
6 à 9 ans 53,6 55,4 44,2 Tableau 3 Note *** 35,0 45,7 79,2
10 à 12 ans 56,1 52,3 33,0 Tableau 3 Note *** 44,9 45,6 83,5 Tableau 3 Note *
13 à 17 ans 46,2 Tableau 3 Note ** 50,4 34,0 Tableau 3 Note *** 30,5 Tableau 3 Note * 40,4 76,8
18 à 24 ans 55,3 49,7 Tableau 3 Note * 36,1 Tableau 3 Note *** 31,3 Tableau 3 Note *** 48,4 Tableau 3 Note ** 73,6
25 à 34 ans 54,4 46,2 Tableau 3 Note *** 36,4 Tableau 3 Note *** 30,6 Tableau 3 Note *** 52,6 Tableau 3 Note *** 79,6 Tableau 3 Note *
35 à 54 ans 53,9 44,5 Tableau 3 Note *** 35,5 Tableau 3 Note *** 32,0 Tableau 3 Note ** 49,4 Tableau 3 Note *** 79,0

La probabilité d’avoir 10 connaissances ou plus (liens faibles) diminuait lorsque l’âge à l’arrivée était plus élevé. On prévoyait que plus de 58 % des immigrants qui sont arrivés au cours de la petite enfance auraient au moins 10 connaissances; la proportion a diminué à moins de 45 % pour les immigrants qui sont arrivés au milieu de l’âge adulte. Comparativement aux Canadiens de la troisième génération ou plus, la probabilité d’avoir 10 connaissances ou plus était inférieure de 7 points de pourcentage pour les immigrants arrivés après l’adolescence, de 10 points de pourcentage pour ceux qui sont arrivés au début de l’âge adulte et de 12 points de pourcentage pour ceux qui sont arrivés au milieu de l’âge adulte.

Dans tous les groupes d’âge à l’arrivée, les réseaux d’amitié des immigrants étaient composés d’une plus grande proportion de personnes appartenant à un groupe ethnique « visiblement différent » que les réseaux de Canadiens de la troisième génération ou plus. Plus des deux cinquièmes (44 %) des immigrants qui sont arrivés à la phase intermédiaire de l’enfance ont indiqué que la moitié ou plus de leurs amis provenaient d’un groupe ethnique visiblement différent. Environ un tiers des immigrants des autres groupes d’âge à l’arrivée ont indiqué qu’au moins la moitié de leurs amis provenaient d’un groupe ethnique visiblement différent, comparativement à moins d’un cinquième (17 %) des Canadiens de la troisième génération ou plus.

Il y avait peu de différences entre les immigrants et les Canadiens de la troisième génération ou plus en ce qui concerne la qualité du réseau

En ce qui a trait à la probabilité de contacts hebdomadaires en personne avec des amis, il y avait une grande différence entre les immigrants âgés de 13 à 54 ans à leur arrivée et les Canadiens de la troisième génération ou plus. Parmi les personnes qui sont arrivées entre l’adolescence et le milieu de l’âge adulte, on prévoyait qu’environ 30 % auraient des contacts en personne avec des amis au moins une fois par semaine, comparativement à environ 40 % des Canadiens de la troisième génération ou plus. Étant donné que l’ESG de 2020 a été menée pendant la pandémie de COVID-19, il est probable que les mesures de distanciation physique ont diminué la fréquence des contacts en personne pour de nombreuses personnes, mais il n’est pas possible de déterminer si cela a contribué aux différences entre les immigrants et les Canadiens de la troisième génération ou plusNote .

La probabilité de contact téléphonique hebdomadaire avec des amis était plus élevée chez les immigrants âgés de 18 à 54 ans à leur arrivée que chez les Canadiens de la troisième génération ou plus. 

En général, la plupart des immigrants étaient satisfaits des contacts qu’ils avaient avec leurs amis. Environ 84 % des immigrants qui sont arrivés à la préadolescence et 80 % de ceux qui sont arrivés au début de l’âge adulte étaient satisfaits des contacts qu’ils avaient avec leurs amis. Ces proportions étaient plus élevées que pour les Canadiens de la troisième génération ou plus (76 %). D’autres groupes d’âge à l’arrivée avaient une probabilité de satisfaction à l’égard des contacts avec leurs amis semblable à celui des Canadiens de la troisième génération ou plus.

Résumé

La présente étude permet de déterminer si l’âge des immigrants à leur arrivée au Canada est associé à leur intégration sociale, en mettant l’accent sur la taille, la composition et la qualité de leurs réseaux sociaux dans les communautés dans lesquelles ils s’établissent. L’étude comprend plusieurs constatations clés :

  • Les réseaux sociaux des immigrants qui sont arrivés pendant la petite enfance, à la phase intermédiaire de l’enfance et à la préadolescence n’étaient pas différents sur le plan de la taille de ceux des Canadiens de la troisième génération ou plus.
  • Les immigrants qui sont arrivés pendant l’adolescence avaient moins d’amis proches dans la communauté locale et par conséquent, un pourcentage plus élevé d’entre eux avaient des réseaux « anormalement » petits de liens étroits que les Canadiens de la troisième génération ou plus.
  • Les immigrants arrivés après l’adolescence et au début de l’âge adulte avaient aussi moins d’amis proches dans la communauté locale que les Canadiens de la troisième génération ou plus, mais le pourcentage de ces groupes qui avaient des réseaux anormalement petits de liens étroits n’était pas plus élevé que chez les Canadiens de la troisième génération ou plus.
  • Les immigrants qui sont arrivés après l’adolescence, au début de l’âge adulte et au milieu de l’âge adulte avaient moins de connaissances dans la communauté locale, et un pourcentage plus élevé de ces groupes avaient des réseaux de connaissances qui étaient anormalement petits, comparativement à ceux des Canadiens de la troisième génération ou plus.
  • Les immigrants qui sont arrivés entre l’adolescence et le milieu de l’âge adulte avaient une probabilité plus faible de contact hebdomadaire avec leurs amis que les Canadiens de la troisième génération ou plus, mais il n’y avait aucune différence dans leur satisfaction à l’égard des contacts.

En résumé, les réseaux sociaux des immigrants sont plus petits lorsque l’âge à l’arrivée était plus élevé. D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre si les immigrants qui sont arrivés pendant l’adolescence sont désavantagés en raison de leurs réseaux anormalement petits de liens étroits. Des recherches plus poussées sont également nécessaires pour comprendre si les immigrants qui sont arrivés après l’adolescence et au milieu de l’âge adulte sont désavantagés en raison de leurs plus petits réseaux de connaissances, qui sont essentiels à la mobilité socioéconomique (Majerski, 2019).

Bibliographie

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