Rapports économiques et sociaux
Les entreprises créées depuis le début de la pandémie de COVID-19
DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202400600003-fra
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Résumé
Au début de la pandémie de COVID-19, en 2020, il y avait moins de nouvelles entreprises et celles-ci étaient de plus petite taille que les entreprises créées précédemment. Cette situation aurait été problématique si elle s’était poursuivie en 2021 et en 2022, car les nouvelles entreprises sont considérées comme des vecteurs importants d’innovation et de renouveau économique. Ce constat est particulièrement pertinent dans le contexte actuel où la croissance de la productivité est faible. Le présent article révèle que, malgré leur effectif de départ réduit et leur nombre plus restreint, les entreprises créées en 2020 étaient moins endettées, avaient plus de liquidités, étaient plus rentables et étaient plus productives durant l’année de leur entrée que les cohortes précédentes. En outre, ces caractéristiques expliquent probablement la raison pour laquelle, au cours de leurs deux premières années d’existence, les entreprises de la cohorte de 2020, qui n’étaient pas admissibles aux programmes de soutien liés à la COVID-19, affichaient des taux de survie plus élevés que ceux des cohortes précédentes au même moment de leur cycle de vie et étaient en mesure de rattraper leur retard en ce qui concerne la taille moyenne de leur effectif au cours de la deuxième année suivant leur entrée. Par ailleurs, le taux d’entrée et la taille moyenne des entreprises créées en 2021 et en 2022 ont en grande partie retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie. Les caractéristiques des entreprises créées en 2021 sont également plus proches de celles des entreprises créées en 2020, en comparaison avec celles des entreprises créées au cours des années précédant la pandémie. Cette observation donne à penser que les faibles taux d’entrée ou que les faibles entreprises nouvellement créées ne sont probablement pas à l’origine de l’absence de croissance de la productivité dans l’économie canadienne actuellement. Cela dit, on disposera de données probantes plus concluantes lorsque des microdonnées plus actualisées seront disponibles.
Auteurs
Amélie Lafrance-Cooke travaille à la Division de l’analyse économique à Statistique Canada. Danny Leung travaille à la Division des études économiques et de l’analyse des politiques au ministère des Finances Canada.
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier Lyming Huang, d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada, et Robert Petrunia, de l’Université Lakehead, de leurs commentaires utiles.
Avertissement
Les opinions exprimées dans le présent article ne représentent pas, de quelque manière que ce soit, les opinions du ministère des Finances Canada.
Introduction
Les entreprises ont rencontré de nombreuses difficultés depuis le début de la pandémie de COVID-19. Les restrictions de santé publique sur les activités commerciales et personnelles visant à endiguer la propagation du virus ont entraîné un ralentissement de l’activité économique (Clarke et coll., 2022). En 2022, lorsque la plupart des restrictions ont été levées, les entreprises ont dû faire face à une pénurie de main-d’œuvre (Statistique Canada, 2022), à un niveau d’inflation jamais atteint en 40 ans (Statistique Canada, 2023a) et à des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement (Tam et coll., 2022).
Afin de soutenir les entreprises, le gouvernement du Canada a mis en place des subventions pour le salaire et le loyer, ainsi que des prêts sans intérêt pour aider les entreprises à payer leurs dépenses ne pouvant pas être reportéesNote . Pour avoir accès à ces mesures de soutien, les entreprises devaient démontrer qu’elles perdaient des revenus ou qu’elles avaient des dépenses ne pouvant pas être reportées. Par conséquent, seules les entreprises qui existaient avant la pandémie étaient admissibles, et avaient donc le droit de présenter une demande d’aide. Malgré ce contexte difficile et sans pouvoir accéder à ces mesures de soutien, 15 583 nouvelles entreprises, en moyenne, sont entrées dans l’économie chaque mois de mars 2020 à juin 2023, ce qui est comparable au nombre de nouvelles entreprises observé au cours de la période précédant la pandémie (de janvier 2015 à décembre 2019) [Statistique Canada, 2023b].
Le présent article permet d’examiner la situation des entreprises créées après le début de la pandémie par rapport aux cohortes précédentes. Cette question est importante parce que les nouvelles entreprises contribuent au renouvellement de l’économie. Elles apportent de nouvelles idées, inventions et technologies et remplacent des entreprises plus anciennes et moins productives (Schumpeter, 1934). Des études ont montré que plus le nombre de petites entreprises et de jeunes entreprises est grand, plus la croissance économique est élevée. Par exemple, Audretsch et Thurik (2001) ont montré le lien qui existe entre la croissance du produit intérieur brut et la croissance relative des petites entreprises par rapport aux grandes entreprises dans les pays européens, et Erken et coll. (2018) ont présenté des données probantes transnationales mettant en lumière la relation positive entre la croissance de la productivité totale des facteurs et le taux de propriété d’entreprises. Almodovar-Gonzalez et coll. (2020) ont établi une relation positive entre l’entrepreneuriat et la croissance économique dans leur analyse de 74 économies, mais les résultats dépendent du fait que l’entrepreneuriat est motivé par des occasions à saisir ou par la nécessité. Dans le contexte canadien actuel, où la productivité du travail observée au deuxième trimestre de 2023 était inférieure de 2,1 % à celle affichée au dernier trimestre de 2019, il est important de comprendre les facteurs possibles de la croissance économique, comme la contribution des nouvelles entreprises (Statistique Canada, 2023c).
Au début de la pandémie, Lafrance-Cooke (2021) a constaté qu’il y avait moins de nouvelles entreprises en 2020 par rapport aux années précédentes. Les nouvelles entreprises étaient plus petites en moyenne et plus susceptibles d’être concentrées dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques et dans celui de l’industrie de l’information et de l’industrie culturelle, où l’incidence de la distanciation physique était plus faible par rapport à tous les autres secteurs d’industrieNote . Le fait qu’une entreprise soit de petite taille au départ pourrait avoir de l’importance pour sa croissance ultérieure, étant donné que Dixon et Rollin (2012) ont constaté que la croissance de l’emploi est positivement liée à la taille des entreprises de moins de 20 employés. Cependant, pour le Canada, il y a peu de données probantes sur la façon dont les entreprises créées en période de ralentissement économique ont évolué au fil du temps. À l’aide d’une source de données moins récente que celle utilisée dans le présent article, Brown et Fan (2022) ont constaté que, pour la période allant de 1985 à 2019, la création d’entreprises est procyclique et que celles qui ont vu le jour pendant des périodes de croissance économique ralentie ont tendance à rattraper les entreprises créées pendant une période économique favorable. Ce résultat varie néanmoins d’une industrie à l’autre. En revanche, aux États-Unis, Moreira (2017) et Sedlacek et Sterk (2017) ont découvert que la taille de l’entreprise à sa création est procyclique et que les différences de taille des nouvelles entreprises persistent d’une cohorte à l’autre. Autrement dit, les entreprises créées en période de ralentissement économique sont plus petites, et ces différences persistent par la suite, ce qui a une incidence permanente sur l’emploi global. De plus, Lee et Mukoyama (2015) et Huynh et coll. (2010) ont révélé d’autres données probantes pour les États-Unis et le Canada, respectivement, indiquant que le taux d’entrée pour les entreprises du secteur de la fabrication est procyclique et que la sélection au moment de la création de l’entreprise est importante. Le présent article portera sur la situation de la cohorte canadienne des entreprises créées en 2020 et permettra de comparer ses expériences avec celles des cohortes précédentes et des entreprises qui ont vu le jour en 2021 et en 2022. La cohorte de 2020 présente un intérêt particulier, car l’année en question correspond au début de la pandémie et aux fermetures prolongées d’entreprises non essentielles, en plus d’avoir créé des conditions uniques à la création d’entreprise.
Le taux d’entrée d’entreprises et la taille moyenne des nouvelles entreprises se sont rétablis en 2021 et en 2022
Le graphique 1 montre le taux annuel d’entrée d’entreprises et la taille moyenne de l’effectif des nouvelles entreprises. Bien que les données mensuelles de Statistique Canada sur les ouvertures et les fermetures d’entreprises soient utiliséesNote , dans l’article, on définit les nouvelles entreprises sur une base annuelle pour éviter d’avoir à composer avec la saisonnalitéNote . Une nouvelle entreprise est celle qui a eu un effectif pendant au moins un mois au cours de l’année et aucun effectif l’année précédente, quel que soit le mois. L’effectif d’une nouvelle entreprise correspond à son effectif moyen sur la période de 12 mois suivant sa création.

Tableau de données du graphique 1
| Taux d’entrée (axe de gauche) | Nombre moyen d’employés (axe de droite) | |
|---|---|---|
| pourcentage | nombre | |
| 2015 | 16,8 | 1,9 |
| 2016 | 16,4 | 2,2 |
| 2017 | 15,7 | 2,1 |
| 2018 | 16,2 | 2,1 |
| 2019 | 14,7 | 2,2 |
| 2020 | 13,3 | 1,8 |
| 2021 | 15,1 | 2,1 |
| 2022 | 15,0 | 2,1 |
| Source : Statistique Canada, Ouvertures et fermetures mensuelles d’entreprises, calculs des auteurs. | ||
Comme l’indiquent les travaux de Lafrance-Cooke (2021), le taux d’entrée en 2020 était inférieur à celui des années précédant la pandémie. Ce taux se situait à 13,3 % en 2020, par rapport à la moyenne de 16,0 % pour la période allant de 2015 à 2019. En 2021 et en 2022, le taux d’entrée s’est redressé pour s’établir à 15,1 % et à 15,0 %, respectivement. Les taux de 2021 et de 2022 étaient tous deux plus élevés que le taux de 14,7 % observé en 2019, juste avant la pandémie.
Le taux d’entrée s’est redressé au même titre que la taille des nouvelles entreprises. En 2020, l’effectif moyen d’une nouvelle entreprise était de 1,8 employéNote . À titre de comparaison, l’effectif moyen était de 2,1 employés avant la pandémie et de 2,1 employés en 2021 et en 2022.
Malgré leur effectif de départ réduit, les entreprises créées en 2020 ont maintenant un effectif de la même taille que celui des cohortes précédentes
Le tableau 1 montre l’effectif moyen d’une nouvelle entreprise selon l’année d’entrée et selon les années suivant sa création. Par exemple, l’effectif moyen d’une entreprise créée en 2020 était de 1,8 employé. En 2021, un an après leur création, l’effectif moyen des entreprises créées en 2020 comptait 4,0 employés. En 2022, deux ans après leur entrée, l’effectif moyen des entreprises créées en 2020 était de 5,3 employés. À titre de comparaison, l’effectif moyen des cohortes d’entreprises créées avant 2020 variait de 3,8 à 4,5 employés au cours de la première année d’entrée, ce qui correspond à une moyenne de 4,2. Au cours de la deuxième année suivant leur entrée, leur effectif variait de 4,8 à 5,7 employés, soit une moyenne de 5,2. Par conséquent, même si leur effectif était réduit au départ, la cohorte d’entreprises créées en 2020 a rattrapé les cohortes précédentes à des périodes semblables de leur cycle de vie.
| Année de création | Années suivantes | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | |
| nombre | ||||||||
| 2015 | 1,9 | 3,8 | 4,8 | 5,5 | 6,2 | 5,9 | 7,0 | 8,0 |
| 2016 | 2,2 | 4,6 | 5,7 | 6,6 | 6,7 | 7,6 | 8,6 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2017 | 2,1 | 4,1 | 5,1 | 5,2 | 6,5 | 7,7 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2018 | 2,1 | 4,5 | 4,9 | 6,2 | 7,3 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2019 | 2,2 | 4,0 | 5,6 | 6,4 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2020 | 1,8 | 4,0 | 5,3 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2021 | 2,1 | 4,4 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2022 | 2,1 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
|
... n'ayant pas lieu de figurer Source : Statistique Canada, Ouvertures et fermetures mensuelles d’entreprises, calculs des auteurs. |
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Les entreprises qui ont été créées en 2021 ne peuvent être suivies que jusqu’en 2022, soit un an après leur création. Le tableau 1 montre que l’effectif moyen d’une entreprise créée en 2021 (2,1 employés) était semblable à celui observé au cours des années précédant la pandémie. De plus, l’effectif moyen d’une nouvelle entreprise de 2021 un an après sa création (4,4 employés) était également proche de celui observé au cours des années précédant la pandémie.
En résumé, le taux d’entrée et l’effectif moyen des nouvelles entreprises se sont rétablis depuis 2020, la cohorte de 2020 a rattrapé celles d’avant la pandémie au chapitre de l’effectif, et l’effectif initial de la cohorte de 2021 ainsi que sa croissance sont semblables à ceux des cohortes précédentes. Contrairement à la situation aux États-Unis, rien ne semble indiquer que les ralentissements économiques auront des effets durables.
Malgré leur petite taille initiale, les entreprises créées en 2020 sont plus fortes que les cohortes précédentes dans d’autres aspects
La baisse du taux d’entrée et la réduction de l’effectif des nouvelles entreprises en 2020 s’expliquent par la piètre situation économique à laquelle celles-ci devaient faire face. Cela dit, les entreprises créées en 2020 pourraient ne pas être faibles à d’autres égards. Si un entrepreneur était prêt à démarrer une entreprise en cette période difficile, il devait s’attendre à des rendements élevés ou être certain d’avoir les moyens financiers de surmonter l’incertitude au début de la pandémie. Le tableau 2 montre que, même si elles étaient de plus petite taille, les nouvelles entreprises de 2020 avaient, à la médianeNote , un ratio d’endettement plus faible, un fonds de roulement plus important (actifs à court terme moins passifs à court terme) et un rendement de l’actif plus élevé (revenu net divisé par le total de l’actif), et elles étaient aussi plus productivesNote . Fait intéressant, les entreprises créées en 2021 sont encore plus fortes que celles créées en 2020Note .
| Année de création | |||
|---|---|---|---|
| 2015 à 2019 | 2020 | 2021 | |
| ratio | |||
| Ratio d’endettement médian | 0,858 | 0,821 | 0,767 |
| Fonds de roulement médian | 0,111 | 0,229 | 0,232 |
| Rendement de l’actif médian | 0,095 | 0,119 | 0,165 |
| dollars | |||
| Productivité du travail médiane | 83 000 | 91 000 | 84 000 |
|
Notes : Les statistiques pour les entreprises créées de 2015 à 2019 correspondent à la moyenne des données pour ces années. La productivité du travail est déflatée à l’aide de l’indice implicite de prix pour le secteur des entreprises du tableau 36-10-0206-01 de l’Entrepôt commun de données de sortie, 2015 étant l’année de référence. Source : Statistique Canada, Ouvertures et fermetures mensuelles d’entreprises, Indices de la productivité du travail, du coût unitaire de main-d’œuvre et des mesures connexes dans le secteur des entreprises, désaisonnalisées, calculs des auteurs. |
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Les entreprises créées en 2020 et en 2021 affichent des taux de survie plus élevés que celles créées avant la pandémie
L’augmentation de l’effectif moyen des cohortes de nouvelles entreprises au tableau 1 vient probablement du fait que les petites entreprises étaient plus susceptibles de sortir du marché ou que les entreprises survivantes ont connu une croissance.
Le tableau 3 présente le taux de survie des entreprises selon l’année de création et les années suivant leur création. Conformément à leurs caractéristiques observées au cours de l’année de création, les cohortes de 2020 et de 2021 ont des taux de survie plus élevés que les cohortes précédentes au cours de leur cycle de vie. Parmi les entreprises créées en 2020, 73,1 % ont survécu à leur première année, et 50,5 %, à leur deuxième année. Il s’agit de valeurs plus élevées que les taux de survie de n’importe quelle autre cohorte de 2015 à 2019. Le taux de survie à la première année pour la cohorte des entreprises créées en 2021, qui s’établit à 71,2 %, est également plus élevé que ceux observés par le passé. Cela donne à penser que le rattrapage en matière d’effectif moyen de la cohorte de 2020 était attribuable à une croissance plus forte parmi les entreprises survivantes, plutôt qu’à un nombre de sorties plus important parmi les entreprises plus faibles. Une décomposition de la croissance sur deux ans de l’effectif moyen par cohorte de nouvelles entreprises montre que les nouvelles entreprises (ou celles qui ont survécu) qui affichaient une croissance représentaient 43,2 % de l’augmentation de l’effectif moyen pour la cohorte de 2020, mais 56,8 % de la croissance observée était attribuable aux disparitions. En revanche, en moyenne, les nouvelles entreprises en croissance de 2015 à 2019 représentaient 36,8 % de l’augmentation sur deux ans de l’effectif moyen, tandis que les disparitions représentaient les 63,2 % restants. Autrement dit, la croissance de l’effectif moyen était principalement attribuable à la croissance des entreprises survivantes parmi celles créées en 2020. Cette observation concorde avec le fait que la cohorte de 2020 est moins endettée, a plus de liquidités et est plus productive à l’entrée.
| Année de création | Années suivantes | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | |
| pourcentage | |||||||
| 2015 | 70,1 | 48,5 | 39,1 | 32,8 | 28,4 | 24,8 | 22,5 |
| 2016 | 69,2 | 49,1 | 39,3 | 33,4 | 28,9 | 26,2 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2017 | 69,9 | 47,0 | 37,8 | 32,0 | 28,6 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2018 | 69,8 | 48,9 | 40,0 | 35,2 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2019 | 69,0 | 46,9 | 38,9 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2020 | 73,1 | 50,5 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| 2021 | 71,2 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
|
... n'ayant pas lieu de figurer Source : Statistique Canada, Ouvertures et fermetures mensuelles d’entreprises, calculs des auteurs. |
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Conclusion
La baisse de la productivité canadienne observée depuis le début de la pandémie nous pousse à examiner les facteurs qui stimulent la productivité. L’un des facteurs qui contribuent à la croissance est la création d’entreprises et le rôle qu’elles jouent dans le renouvellement de l’économie. Des études antérieures ont montré que les nouvelles entreprises étaient moins nombreuses et de plus petite taille en 2020, au début de la pandémie. Cela aurait pu être une source de préoccupation, car les faits observés aux États-Unis semblent indiquer que le lancement d’une entreprise en période de ralentissement économique a des effets négatifs qui persistent. De plus, comme seules les entreprises bien établies ont eu droit à de l’aide du gouvernement, il est possible que les nouvelles entreprises aient rencontré plus de difficulté au chapitre de la concurrence pour les parts de marché et les intrants. Cependant, des données récentes montrent que, même si elles étaient de plus petite taille, les entreprises créées en 2020 étaient moins endettées, avaient un fonds de roulement plus important et étaient plus rentables et plus productives que les cohortes d’avant la pandémie. Ces caractéristiques leur ont permis d’afficher de meilleurs taux de survie au cours de leurs premières années et de rattraper les cohortes précédentes au même point de leur cycle de vie pour ce qui est de l’effectif.
Des travaux futurs pourraient porter sur le rôle des nouvelles entreprises et des entreprises qui disparaissent ainsi que sur la réaffectation parmi les entreprises bien établies en vue de brosser un tableau complet du rôle de la dynamique des entreprises dans la stimulation de la croissance de la productivité.
Bibliographie
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