Rapports économiques et sociaux
Marges bénéficiaires brutes et inflation : des données probantes au niveau de l’entreprise

Date de diffusion : le 28 juin 2023

DOI: https://doi.org/10.25318/36280001202300600004-fra

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Début du texte

Résumé

Au cours des deux dernières années, le Canada a connu des taux d’inflation sans précédent au cours des deux dernières décennies. L’augmentation de la marge bénéficiaire brute, c’est-à-dire le prix sur le coût marginal, peut être l’un des facteurs à l’origine ou des amplificateurs potentiels de l’inflation. La présente étude utilise des données au niveau de l’entreprise pour estimer les marges bénéficiaires brutes au Canada avant et pendant la pandémie de la COVID-19. Les résultats indiquent que les marges bénéficiaires brutes agrégées pour les entreprises non financières, à l’exclusion des industries pétrolières et gazières, ont augmenté de 2,6 % entre les deux années précédant le début de la COVID-19 et le deuxième trimestre de 2022. Comparativement à une gamme de mesures de l’inflation au cours de la même période, l’augmentation estimée des marges bénéficiaires brutes est relativement faible. Par exemple, au cours de la même période, l’inflation des prix à la consommation, si l’on exclut le secteur de l’énergie, a augmenté de 10,5 %.

Mots-clés : Marges, inflation, concurrence imparfaite, COVID-19, chocs d'offre et de demande

Auteurs

Hassan Faryaar et Danny Leung travaillent à la division de l’analyse économique, Statistique Canada. Alexandre Fortier-Labonté travaille à la division de l'organisation et finances de l'industrie, Statistique Canada.

Introduction

Depuis le début de la récession provoquée par la pandémie, le monde a connu diverses perturbations, y compris des confinements liés à la COVID-19, des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement et des tensions géopolitiques. Ces perturbations ont eu une incidence sur l’économie, tant sur le plan de l’offre que de la demande. Par conséquent, les prix ont augmenté (graphique 1) et l’inflation élevée est devenue l’une des principales préoccupations des ménages canadiens (Statistique Canada, le 9 juin 2022; Argitis, 2022). L’inflation est passée d’une moyenne de 2 % d’une année à l’autre au cours de la période ayant précédé la pandémie à environ 8 % d’une année à l’autre au milieu de 2022.

Graphique 1 Indices de prix, 2012=100

Description du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Indice des prix à la consommation, tous les éléments , Indice des prix à la consommation, tous les éléments sans l’énergie et Indice des prix du produit intérieur brut, au prix du marché, calculées selon niveau de prix unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Indice des prix à la consommation, tous les éléments Indice des prix à la consommation, tous les éléments sans l’énergie Indice des prix du produit intérieur brut, au prix du marché
niveau de prix
2018
Trimestre 1 108,53 109,29 107,7
Trimestre 2 109,40 109,77 108,4
Trimestre 3 109,92 110,39 108,6
Trimestre 4 109,59 110,64 107,2
2019
Trimestre 1 110,28 111,62 108,6
Trimestre 2 111,75 112,51 109,6
Trimestre 3 112,05 113,10 109,7
Trimestre 4 111,89 113,05 110,6
2020
Trimestre 1 112,27 113,77 109,5
Trimestre 2 111,78 114,03 108,2
Trimestre 3 112,35 114,03 110,9
Trimestre 4 112,76 114,42 112,5
2021
Trimestre 1 113,88 115,09 116,0
Trimestre 2 115,52 116,24 118,6
Trimestre 3 116,92 117,41 120,1
Trimestre 4 118,09 118,37 122,4
2022
Trimestre 1 120,52 120,27 126,2
Trimestre 2 124,24 122,90 130,0
Trimestre 3 125,28 124,66 128,5
Trimestre 4 125,96 125,67 127,6

L’inflation peut être causée par des chocs négatifs de l’offre, comme les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, et des chocs positifs de la demande, surtout pendant la reprise après la pandémie de la COVID-19 (Eickmeier et Hofmann, 2022; Shapiro, 2022)Note . En supposant un marché parfaitement concurrentiel, Chen et Tombe (2023) constatent que les chocs à la fois positifs et négatifs de l’offre ont joué un rôle important dans la hausse de l’inflation au Canada.

Que les chocs de l’offre ou de la demande dominent ou non, les chercheurs ont fait valoir que le pouvoir de marché peut également contribuer à l’inflation dans des marchés imparfaitement concurrentiels. Par exemple, les chercheurs australiens Quiggin et Menezes (2022) prétendent que lorsqu’il y a une augmentation de la demande, les entreprises ayant du pouvoir de marché augmentent leurs prix pour toute quantité fournie. Une entreprise qui augmente ses prix subirait normalement une baisse de sa quantité vendue et de ses revenus lorsque la demande est stable, mais cet effet est atténué lorsque la demande est en hausse. Ils font valoir que même si le pouvoir du marché n’est pas la cause de l’inflation, il peut l’amplifier lorsque la demande augmente. En revanche, Stiglitz et Regmi (2022) constatent que la consommation agrégée aux États-Unis au cours des deux dernières années est demeurée principalement inférieure à sa tendance à long terme et n’a que légèrement supérieure à celle-ci. Les auteurs font valoir que la demande agrégée n’est pas le principal facteur à l’origine de l’inflation; elle est plutôt en grande partie attribuable aux chocs de l’offre, aux changements de la demande sectorielle et à l’exercice du pouvoir de marché dans ce contexte. Pour le Canada, Tombe (2022) souligne que plus de 70 % de l’augmentation des niveaux de bénéfice au Canada peut être attribuée aux activités minières, pétrolières et gazières, y compris les industries du raffinage, où les entreprises n’ont pas de pouvoir de marché parce que les prix sont fixés par les marchés mondiaux. Il laisse entendre que le pouvoir de marché n’a pas joué un rôle important dans l’explication de l’augmentation des profits à l’extérieur de ces zones, mais il n’examine pas les mesures du pouvoir de marché en soi.

Cet article utilise des données au niveau de l’entreprise pour estimer les marges bénéficiaires brutes, c.‑à‑d. le prix par rapport aux coûts marginaux (le coût différentiel de la production de l’unité de production finale), et examine la hausse possible des marges bénéficiaires brutes comme l’une des causes potentielles de l’inflation récente. Des marges bénéficiaires brutes ont été utilisées pour étudier l’évolution de la pression concurrentielle dans l’économie au fil du temps. Avant la pandémie, de nombreuses économies exerçaient déjà un pouvoir de marché croissant (De Loecker et Eeckhout, 2018; Díez et Duval, 2019). Il est important de comprendre le degré de concurrence dans une économie. Des marchés plus concurrentiels sont associés à une hausse de l’emploi, du bien-être et de la productivité, ainsi qu’à des prix plus bas. De plus, l’augmentation du pouvoir de marché au cours des années postérieures à la COVID-19 pourrait menacer la reprise économique, car elle pourrait constituer un obstacle à l’entrée de nouvelles entreprises (Georgieva et coll., 2021)Note .

Le présent document présente les estimations des marges bénéficiaires brutes de 2018 à 2022. Il met l’accent sur l’association entre les variations de la marge bénéficiaire brute et l’inflation, plutôt que sur les marges bénéficiaires brutes comme mesure du degré de concurrence dans l’économie, car les fluctuations à court terme des marges bénéficiaires brutes peuvent ne pas refléter un changement structurel permanent de la nature de la concurrence.

Certaines études ont porté sur la rentabilité des industries canadiennes pendant la pandémie à l’aide de données à l’échelle de l’industrie. Cet article porte sur l’estimation des marges bénéficiaires brutes à l’aide de données au niveau de l’entreprise. Bien qu’une mesure de la rentabilité comme la marge bénéficiaire (revenus moins coûts, divisés par revenus) soit déterminée par le prix par rapport aux coûts moyens, la marge bénéficiaire brute est axée sur le prix par rapport aux coûts marginaux, la mesure de coût la plus pertinente pour les décisions de production et de prix d’une entreprise. Les marges bénéficiaires peuvent augmenter si les coûts fixes (qui ne varient pas en fonction du volume de production) diminuent, alors que les marges bénéficiaires brutes ne le font pas nécessairement.

Fluctuations de la demande et de l’offre et marges bénéficiaires brutes

Dans un environnement parfaitement concurrentiel, les prix sont fixés par le marché, et les décisions de production d’une seule entreprise n’ont pas d’incidence sur la valeur marchande. Lorsque l’économie s’écarte de la concurrence parfaite, une entreprise individuelle a un certain pouvoir de fixation des prix. Elle peut fixer un prix plus élevé et produire et vendre moins, ou elle peut fixer un prix plus bas et produire et vendre plus. Une entreprise peut avoir un pouvoir de marché parce que, par exemple, elle vend un produit différencié ou parce qu’il y a des obstacles qui empêchent ses concurrents de s’introduire sur le marché. Les entreprises qui maximisent les profits augmentent leur production et établissent leur prix lorsque l’augmentation des revenus tirés de la vente de l’unité finale de production équivaut au coût différentiel de production, où les revenus marginaux correspondent au coût marginal. Le prix est supérieur au revenu marginal et au coût marginal parce que le prix s’applique non seulement à l’unité finale vendue, mais à toutes les unités venduesNote . Les entreprises qui ont plus de pouvoir de marché subissent une plus faible baisse de la quantité de production vendue lorsqu’elles augmentent leurs prix, de sorte que l’écart entre leur prix et le coût marginal seront plus élevés. Le rapport entre le prix et le coût marginal correspond à la marge bénéficiaire brute :

P t Marg e t *M C t                                                        ( 1 ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGqbWdamaaBaaaleaapeGaamiDaaWdaeqaaOWdbiaad2eacaWG HbGaamOCaiaadEgacaWGLbWdamaaBaaaleaapeGaamiDaaWdaeqaaO WdbiaacQcacaWGnbGaam4qa8aadaWgaaWcbaWdbiaadshaa8aabeaa k8qacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaai iOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGG GcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacc kacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiO aiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGc GaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaaccka caGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOai aacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGa aiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckapa WaaeWaaeaapeGaaGymaaWdaiaawIcacaGLPaaaaaa@9692@

P t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGqbWdamaaBaaaleaapeGaamiDaaWdaeqaaaaa@383F@  et M C t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaam4qa8aadaWgaaWcbaWdbiaadshaa8aabeaaaaa@3904@  sont le prix et le coût marginal d’une entreprise ayant le pouvoir de marché au moment t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@3710@  . Du point de vue des affaires, des coûts marginaux ou des marges bénéficiaires brutes plus élevés, ou les deux, peuvent entraîner une variation des prixNote .

Une augmentation de la demande peut augmenter les coûts marginaux en raison de la diminution des rendements (chaque quantité supplémentaire d’intrants génère moins d’extrants). Par exemple, Jarsulic (2022) constate qu’aux États-Unis, la demande est passée des services au secteur des produits pendant la pandémie, ce qui pourrait avoir fait augmenter les coûts marginaux pour les producteurs de produits. Par conséquent, une partie de l’augmentation des prix est liée à l’augmentation des coûts marginaux. Dans certains cadres et dans certaines conditions, les marges bénéficiaires brutes peuvent également augmenter. L’augmentation de la demande pourrait s’accompagner d’une moindre sensibilité des consommateurs aux augmentations de prix. Par exemple, après l’assouplissement des restrictions, les gens peuvent être si enthousiastes qu’ils sont prêts à voyager, malgré les prix plus élevés. Les entreprises qui maximisent les bénéfices et qui exercent un pouvoir de marché en tiennent compte et augmentent leurs marges bénéficiaires brutes et leurs prix. Cependant, différents cadres prédisent des résultats différents, de sorte que la relation entre les marges bénéficiaires brutes et les chocs de la demande est une question empiriqueNote .

Les coûts et les prix marginaux peuvent également augmenter en cas de chocs négatifs de l’offre. Par exemple, la hausse des prix de l’énergie ou une augmentation du prix d’autres intrants liés aux problèmes de la chaîne d’approvisionnement feront augmenter le coût de production et, par conséquent, les prix à la production, pour une quantité donnée (Kilian et Zhou, 2022). De plus, la nécessité d’adapter les processus de production aux réalités postérieures à la COVID-19 a peut-être entraîné une baisse de la productivité et une augmentation des coûts (Statistique Canada, 2023). Parallèlement, les marges bénéficiaires brutes peuvent également changer face aux chocs de l’offre. Les pénuries d’intrants et la hausse des coûts pourraient entraîner la fermeture d’entreprises moins productives, ce qui augmenterait le pouvoir de marché et la marge bénéficiaire brute des entreprises restantes. Dans d’autres conditions et d’autres cadres, les marges bénéficiaires brutes peuvent également diminuer en cas de chocs négatifs de l’offreNote , de sorte que des estimations empiriques sont nécessaires.

Méthodologie

Pour estimer les marges bénéficiaires brutes, cet article suit l’étude de De Loecker et Warzynski (2012) et celle de De Loecker et coll. (2020), qui est fondé sur les travaux de Hall (1988). En particulier, les entreprises réduisent leurs coûts au minimum et, à partir de leurs conditions de premier ordre, l’équation suivante peut être obtenue :

Marg e it = β v   Re v it Variable_Cos t it                                                                         ( 2 ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaamyyaiaadkhacaWGNbGaamyza8aadaWgaaWcbaWdbiaa dMgacaWG0baapaqabaGcpeGaeyypa0JaeqOSdi2damaaBaaaleaape GaamODaaWdaeqaaOWdbiaacckadaWcaaWdaeaapeGaamOuaiaadwga caWG2bWdamaaBaaaleaapeGaamyAaiaadshaa8aabeaaaOqaa8qaca WGwbGaamyyaiaadkhacaWGPbGaamyyaiaadkgacaWGSbGaamyzaiaa c+facaWGdbGaam4BaiaadohacaWG0bWdamaaBaaaleaapeGaamyAai aadshaa8aabeaaaaGcpeGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaaccka caGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOai aacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGa aiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckaca GGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaa cckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaai iOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGG GcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacc kacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiO aiaacckacaGGGcWdamaabmaabaWdbiaaikdaa8aacaGLOaGaayzkaa aaaa@AA43@

Marg e it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGnbGaamyyaiaadkhacaWGNbGaamyza8aadaWgaaWcbaWdbiaa dMgacaWG0baapaqabaaaaa@3CDD@  est la valeur de la marge bénéficiaire brute pour l’entreprise i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbaaaa@3705@  au moment t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@3710@ . Re v it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGsbGaamyzaiaadAhapaWaaSbaaSqaa8qacaWGPbGaamiDaaWd aeqaaaaa@3B14@  et Variable_Cos t it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGwbGaamyyaiaadkhacaWGPbGaamyyaiaadkgacaWGSbGaamyz aiaac+facaWGdbGaam4BaiaadohacaWG0bWdamaaBaaaleaapeGaam yAaiaadshaa8aabeaaaaa@4436@  sont les revenus et le coût des intrants des variables (c.‑à‑d. les dépenses d’exploitationNote ) pour l’entreprise i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbaaaa@3705@  au moment t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG0baaaa@3710@ . β v MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qacaWG2baapaqabaaaaa@390D@ est l’élasticité de sortie des entrées de variables pour les entreprises déterminée i MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbaaaa@3705@  au niveau de l’industrie catégorisée en fonction du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) à deux chiffres. Cet article fait suite à De Loecker et Warzynski (2012) et Ackerberg et coll. (2015) pour obtenir l’élasticité, β v MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qacaWG2baapaqabaaaaa@390D@ . En particulier, le document estime la fonction de production Cobb-Douglas suivante :

  q it  =  β v v it  +  β k k it  +  ω it  +  it  ,                                          ( 3 ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaGGGcGaamyCa8aadaWgaaWcbaWdbiaadMgacaWG0baapaqabaGc peGaaiiOaiabg2da9iaacckacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qacaWG2b aapaqabaGcpeGaamODa8aadaWgaaWcbaWdbiaadMgacaWG0baapaqa baGcpeGaaiiOaiabgUcaRiaacckacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qaca WGRbaapaqabaGcpeGaam4Aa8aadaWgaaWcbaWdbiaadMgacaWG0baa paqabaGcpeGaaiiOaiabgUcaRiaacckacqaHjpWDpaWaaSbaaSqaa8 qacaWGPbGaamiDaaWdaeqaaOWdbiaacckacqGHRaWkcaGGGcaccaGa e8hcI48damaaBaaaleaapeGaamyAaiaadshacaGGGcaapaqabaGcpe GaaiilaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaaccka caGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOai aacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGa aiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckaca GGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaa cckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaai iOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGG GcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacc kacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiO a8aadaqadaqaa8qacaaIZaaapaGaayjkaiaawMcaaaaa@B280@

q it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGXbWdamaaBaaaleaapeGaamyAaiaadshaa8aabeaaaaa@394E@ , v it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWG2bWdamaaBaaaleaapeGaamyAaiaadshaa8aabeaaaaa@3953@ , k it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGRbWdamaaBaaaleaapeGaamyAaiaadshaa8aabeaaaaa@3948@  et ω it MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHjpWDpaWaaSbaaSqaa8qacaWGPbGaamiDaaWdaeqaaaaa@3A25@  sont respectivement les registres des revenus, des dépenses d’exploitation, du capital et de la productivité déflatés. β v MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qacaWG2baapaqabaaaaa@390D@  et β k MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacqaHYoGypaWaaSbaaSqaa8qacaWGRbaapaqabaaaaa@3902@  sont l’élasticité des intrants variables et en capital, et it  MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaccaaeaaaaaa aaa8qacqWFiiIZpaWaaSbaaSqaa8qacaWGPbGaamiDaiaacckaa8aa beaaaaa@3B03@  est une i.i.d. MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaWGPbGaaiOlaiaadMgacaGGUaGaamizaiaac6caaaa@3AF2@  erreur de mesureNote .

Données

L’article utilise des données au niveau de l’entreprise tirées des Enquêtes financières trimestrielles (EFT) produite par Statistique Canada. L’enquête recueille des données sur les états financiers des entreprises cotées en bourse et non cotées en bourse au Canada. Une entreprise peut être une seule société ou une famille de sociétés appartenant à des intérêts communs ou sous contrôle commun qui produisent des états financiers consolidés.

Les EFT comportent trois catégories d’entreprises qui sont classées en fonction de leurs actifs et de leurs revenus dans chaque industrie :

  • entreprises à tirage complet ou grandes entreprises qui sont toujours sondées
  • entreprises de taille moyenne qui font l’objet d’un sondage aléatoire;
  • petites entreprises à tirage nul ou les petites entreprises qui sont sous le seuil de l’industrie pour les actifs et les revenus — les petites entreprises ne sont pas échantillonnées; elles sont plutôt calculées en appliquant le mouvement d’un trimestre à l’autre des réponses de l’échantillon aux données annuelles compilées à partir de données administrativesNote .

Les EFT ne couvrent pas les entreprises commerciales contrôlées par des gouvernements ou des entreprises sans but lucratif. De plus, le présent article exclut les industries de la finance et de l’assurance (SCIAN 52) et de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 21), car les premiers présentent des états financiers différents de ceux du reste de l’économie et les seconds sont en grande partie déterminés par l’évolution des marchés mondiaux. Les microdonnées sur lesquelles repose l’estimation représentent environ 80 % du revenu total déclaré dans les estimations officielles agrégées du revenu total provenant des EFT qui comprennent une imputation pour la partie à tirage nul. Par conséquent, les variations de la marge brute estimée au fil du temps à l’aide des EFT devraient refléter largement les variations de la marge bénéficiaire brute agrégée réelle. De plus, l’exercice du pouvoir de marché est généralement associé à des entreprises plus grandes et dominantes, plutôt qu’à de petites entreprises.

Résultats

Marge bénéficiaire agrégée

Les résultats montrent que la marge bénéficiaire brute a commencé à augmenter au troisième trimestre de 2020, après le début de la pandémie. Le graphique 2 présente la marge brute moyenne pondérée estimée du premier trimestre de 2018 au deuxième trimestre de 2022. La marge bénéficiaire brute de chaque entreprise est pondérée en fonction de ses revenus afin d’obtenir une marge bénéficiaire applicable au produit agrégé produit par toutes les entreprises sondées. Autrement dit, la pondération tient compte du fait qu’une petite entreprise contribue moins à la production agrégée dans l’économie qu’une grande.

Les résultats montrent que, à l’exclusion du secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz, du secteur de la finance et de l’assurance et des organismes sans but lucratif, les marges bénéficiaires brutes ont augmenté de 2,6 %, comparativement à la marge bénéficiaire brute moyenne des deux années précédant la pandémie. En particulier, la marge bénéficiaire brute est passée de 1,103 en 2018 et 2019 à 1,132 au deuxième trimestre de 2022.

Graphique 2 Marges bénéficiaires brutes moyennes globales pondérées

Description du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Niveau de marge bénéficiaire brute (figurant comme en-tête de colonne).
Niveau de marge bénéficiaire brute
2018
Trimestre 1 1,10
Trimestre 2 1,10
Trimestre 3 1,11
Trimestre 4 1,11
2019
Trimestre 1 1,10
Trimestre 2 1,10
Trimestre 3 1,10
Trimestre 4 1,11
2020
Trimestre 1 1,10
Trimestre 2 1,09
Trimestre 3 1,11
Trimestre 4 1,11
2021
Trimestre 1 1,11
Trimestre 2 1,12
Trimestre 3 1,12
Trimestre 4 1,12
2022
Trimestre 1 1,12
Trimestre 2 1,13

Comme il en a été discuté, les marges bénéficiaires brutes peuvent être un facteur potentiel d’inflation. Pour estimer l’incidence des marges bénéficiaires brutes, la différence logarithmique de l’équation (1) est prise pour obtenir la relation suivante entre la croissance des prix, les marges bénéficiaires brutes et les coûts marginaux :

Δln P t =Δln μ t +ΔlnM C t                                                      ( 4 ) MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qacaqGuoGaamiBaiaad6gacaWGqbWdamaaBaaaleaapeGaamiDaaWd aeqaaOWdbiabg2da9iaabs5acaWGSbGaamOBaiabeY7aT9aadaWgaa WcbaWdbiaadshaa8aabeaak8qacqGHRaWkcaqGuoGaamiBaiaad6ga caWGnbGaam4qa8aadaWgaaWcbaWdbiaadshaa8aabeaak8qacaGGGc GaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaaccka caGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOai aacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGa aiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckaca GGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaa cckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaai iOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGG GcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacc kacaGGGcGaaiiOaiaacckacaGGGcGaaiiOaiaacckapaWaaeWaaeaa peGaaGinaaWdaiaawIcacaGLPaaaaaa@9DFA@

où la gauche représente la croissance des prix, c’est-à-dire l’inflation cumulative, au cours de la période d’échantillonnage, et la droite est la croissance des marges bénéficiaires brutes et des coûts marginaux. L’indice des prix du produit intérieur brut (PIB) et l’indice des prix à la consommation (IPC), excluant et incluant l’énergie, sont utilisés pour mesurer la croissance des prix. Le tableau 1 compare la croissance de la marge bénéficiaire brute avec les autres taux de croissance des prix, c.-à-d. Δln μ t Δln P t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qadaWcaaWdaeaapeGaeuiLdqKaamiBaiaad6gacqaH8oqBpaWaaSba aSqaa8qacaWG0baapaqabaaakeaapeGaaeiLdiaadYgacaWGUbGaam iua8aadaWgaaWcbaWdbiaadshaa8aabeaaaaaaaa@41D9@ , pour chaque indice de prix. Quelle que soit la mesure de prix utilisée, la croissance des marges bénéficiaires brutes représente une fraction relativement faible de la croissance des prixNote . La croissance de la marge bénéficiaire brute est de 24,7 %, 20,8 % et 13,4 % de la croissance de l’IPC hors énergie, IPC incluant l’indice des prix de l’énergie et du PIB, respectivement. Comme mentionné précédemment, la marge bénéficiaire brute moyenne pondérée s’applique davantage aux données agrégées. Par conséquent, l’indice de prix du PIB peut être un indice de prix plus approprié pour évaluer la relation entre l’inflation et la marge bénéficiaire brute, mais l’indice de prix du PIB, à l’exclusion du secteur du pétrole et du gaz, n’était pas disponible pour les auteurs.


Tableau 1
Marge bénéficiaire brute par rapport à la croissance des prix
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Marge bénéficiaire brute par rapport à la croissance des prix Avant la pandémie
(2018 à 2019), 2022
(deuxième trimestre), Croissance et Croissance de la marge bénéficiaire brut par rapport à
la croissance des prix, c.-à-d. Δlnμ_t/ΔlnP_t , calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Avant la pandémie
(2018 à 2019)
2022
(deuxième trimestre)
Croissance Croissance de la marge bénéficiaire brut par rapport à
la croissance des prix, c.-à-d. Δln μ t Δln P t MathType@MTEF@5@5@+= feaagKart1ev2aqatCvAUfeBSjuyZL2yd9gzLbvyNv2CaerbuLwBLn hiov2DGi1BTfMBaeXatLxBI9gBaerbd9wDYLwzYbItLDharqqtubsr 4rNCHbGeaGqiVu0Je9sqqrpepC0xbbL8F4rqqrFfpeea0xe9Lq=Jc9 vqaqpepm0xbba9pwe9Q8fs0=yqaqpepae9pg0FirpepeKkFr0xfr=x fr=xb9adbaqaaeGaciGaaiaabeqaamaabaabaaGcbaaeaaaaaaaaa8 qadaWcaaWdaeaapeGaeuiLdqKaamiBaiaad6gacqaH8oqBpaWaaSba aSqaa8qacaWG0baapaqabaaakeaapeGaaeiLdiaadYgacaWGUbGaam iua8aadaWgaaWcbaWdbiaadshaa8aabeaaaaaaaa@41D9@
pourcentage
Marge bénéficiaire brute 1,1 1,1 2,6 Note ...: n'ayant pas lieu de figurer
IPC excluant l’énergie 111,2 122,9 10,5 24,7
IPC, y compris l’énergie 110,4 124,2 12,5 20,8
Indice des prix du PIB 108,8 130,0 19,4 13,4

Les conclusions de ce document concordent avec celles d’études qui ont estimé les marges bénéficiaires brutes à l’aide de données au niveau de l’entreprise aux États-Unis. Par exemple, Konczal et Lusiani (2022) constatent que les marges bénéficiaires brutes après le début de la pandémie aux États-Unis ont augmenté au rythme annuel le plus rapide depuis 1955 et ont atteint leur niveau le plus élevé jamais enregistré. Ils utilisent l’ensemble de données Compustat, qui contient les états financiers de seulement les entreprises cotées en bourse. En revanche, l’ensemble de données EFT utilisé dans le présent article couvre toutes les entreprises canadiennes cotées en bourse et partiellement non cotées en bourse. Dans un autre document, Jarsulic (2022) utilise des données au niveau de l’industrie et montre que les marges bénéficiaires brutes aux États-Unis ont augmenté pendant les périodes de reprise. L’auteur fait valoir que l’augmentation des marges bénéficiaires brutes lors de la reprise de 2020 a été plus élevée que lors de la reprise de 2009 et que, lors de la reprise de 2020, les marges bénéficiaires brutes ont augmenté les prix d’environ un point de pourcentage de plus que lors de la reprise de 2009. Jarsulic (2022) indique que bien que l’augmentation des coûts de production puisse être le principal facteur d’inflation, cela ne peut pas être le seul. Le pouvoir de marché et la hausse des marges bénéficiaires brutes, du moins en partie, peuvent expliquer la hausse de l’inflation.

Marges bénéficiaires brutes au niveau de l’industrie

Le graphique 3 illustre les marges bénéficiaires brutes au niveau de l’industrie pour les trois secteurs de la fabrication (SCIAN 31, 32 et 33), du commerce de gros (SCIAN 41) et du commerce de détail (SCIAN 44 et 45)Note . La marge bénéficiaire brute estimée est pondérée par le revenu des entreprises. Les résultats montrent que la marge bénéficiaire brute du secteur de la fabrication est passée de 1,093 avant la pandémie à 1,151 au deuxième trimestre de 2022. Pour le secteur du commerce de gros, ils ont augmenté de 2 points de pourcentage, passant de 1,066 à 1,083. Enfin, pour le secteur du commerce de détail, la marge bénéficiaire brute moyenne est passée de 1,038 à 1,063. Contrairement au secteur de la fabrication, qui a connu une chute marquée de ses marges bénéficiaires brutes au début de la pandémie, les marges bénéficiaires brutes dans les secteurs du commerce n’ont pas affiché de baisse significative. Cela pourrait être lié à la demande accrue de biens liés à la santé et d’épicerie au début de la pandémie. De plus, les industries du commerce de détail ont été moins touchées par les mesures de confinement liées à la COVID-19 en raison de la nécessité de leurs services. Par exemple, les clients du commerce de détail ont dépensé 669,6 milliards de dollars au Canada en 2020, ce qui a entraîné une légère baisse de 0,1 % des revenus d’exploitation par rapport à l’année précédente. Toutefois, les marges brutes des détaillants ont légèrement augmenté, passant de 26,5 % en 2019 à 26,8 % en 2020. Parallèlement, leurs dépenses totales d’exploitation, y compris les dépenses de main-d’œuvre, ont diminué de 1,3 % en 2020 (Statistique Canada, 2022, 7 avril).

 

Description du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 Fabrication, Commerce de gros et Commerce de détail, calculées selon niveau de marge bénéficiaire brute unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Fabrication Commerce de gros Commerce de détail
niveau de marge bénéficiaire brute
2018
Trimestre 1 1,09 1,07 1,04
Trimestre 2 1,09 1,07 1,04
Trimestre 3 1,09 1,07 1,04
Trimestre 4 1,09 1,06 1,03
2019
Trimestre 1 1,10 1,07 1,04
Trimestre 2 1,09 1,06 1,04
Trimestre 3 1,09 1,07 1,04
Trimestre 4 1,10 1,07 1,04
2020
Trimestre 1 1,05 1,05 1,03
Trimestre 2 1,06 1,07 1,03
Trimestre 3 1,09 1,08 1,06
Trimestre 4 1,09 1,08 1,07
2021
Trimestre 1 1,10 1,08 1,07
Trimestre 2 1,12 1,09 1,06
Trimestre 3 1,12 1,09 1,06
Trimestre 4 1,14 1,09 1,06
2022
Trimestre 1 1,13 1,08 1,06
Trimestre 2 1,15 1,08 1,06
Graphique 3 Marge bénéficiaire moyenne pondérée au niveau de l’industrie

Conclusion

L’inflation constante depuis le début de la pandémie est devenue l’une des principales préoccupations des ménages canadiens (Statistique Canada, 2022, le 9 juin; Argitis, 2022). Que les chocs négatifs de l’offre (Stiglitz et Regmi, 2022), les chocs positifs de la demande (Tombe, 2022) ou à la fois les chocs de l’offre et de la demande (Chen et Tombe, 2023) soient les principaux facteurs à l’origine de l’inflation, des études montrent que les marges bénéficiaires brutes peuvent jouer un rôle potentiel dans l’amplification de l’inflation (Quiggin et Menezes, 2022).

Cette étude utilise des données au niveau de l’entreprise pour estimer les marges bénéficiaires brutes, comme mesure du pouvoir de marché, au Canada. Le document révèle que la marge bénéficiaire brute moyenne au Canada, à l’exclusion des deux secteurs des finances et de l’assurance (SCIAN 52) et de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 21), est passée de 1,103 au cours de la période ayant précédé la pandémie à 1,132 au deuxième trimestre de 2022. Autrement dit, les marges bénéficiaires brutes ont augmenté de 2,6 % au cours de la période à l’étude. À titre de comparaison, l’IPC incluant l’énergie a augmenté de 12,5 %, l’IPC excluant l’énergie a augmenté de 10,5 % et le déflateur du PIB a augmenté de 19,4 %. Par conséquent, bien que la hausse des marges bénéficiaires brutes ait contribué à l’augmentation de l’inflation, elle ne semble pas être le principal facteur.

La théorie économique ne donne pas de prédictions claires sur la façon dont les marges bénéficiaires brutes répondent aux chocs de la demande et de l’offre, de sorte qu’il n’est pas possible de déterminer si les changements observés dans les marges bénéficiaires brutes correspondent au comportement normal de maximisation des bénéfices des entreprises. De plus, les variations de la marge bénéficiaire brute au cours du cycle économique dépendent également du modèle, de sorte qu’on ne sait pas trop si l’augmentation observée des marges bénéficiaires brutes s’inversera lorsque l’incidence des récents chocs de l’offre et de la demande s’atténuera. Toutefois, si les marges bénéficiaires brutes élevées persistent, elles pourraient indiquer une puissance de marché croissante, ce qui pourrait nuire à la croissance économique et à la compétitivité à l’avenir. En plus de fournir des mises à jour sur l’évolution des marges bénéficiaires brutes, de futurs travaux pourraient estimer les changements dans la dispersion des marges bénéficiaires brutes afin de déterminer si l’augmentation des marges bénéficiaires brutes s’applique à toutes les entreprises, ou si elle est concentrée parmi celles ayant déjà des marges bénéficiaires brutes élevées. De plus, le rôle de la dynamique des entreprises dans la prise en compte des variations des marges bénéficiaires brutes pourrait également être exploré. La marge bénéficiaire brute agrégée pourrait être attribuable à la sortie d’entreprises à faible marge bénéficiaire ou à la réaffectation de parts de marché à des entreprises ayant des marges bénéficiaires brutes plus élevées.

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