Rapports économiques et sociaux
Les résultats des immigrants sur le marché du travail en période de récession : comparaison entre la récession du début des années 1990, celle de la fin des années 2000 et celle liée à la COVID-19

Date de diffusion : le 23 février 2022

DOI : https://doi.org/10.25318/36280001202200200003-fra

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Résumé

En période de récession, les immigrants récents sont souvent plus durement touchés que les personnes nées au Canada en ce qui a trait à leurs résultats sur le marché du travail. Intégrer le marché du travail en pleine récession peut également avoir des effets durables pour les travailleurs immigrants aussi bien que pour les travailleurs nés au Canada. Cependant, les récessions étant d’ampleur et de durée très différentes, leur effet sur les résultats des immigrants variera en conséquence. Le présent article propose une analyse comparée des résultats des immigrants lors des trois dernières récessions au Canada. La récession du début des années 1990 a été plus profonde et a duré plus longtemps que celle de 2008-2009. Alors que la première a eu des répercussions différentielles importantes sur les taux d’emploi et les gains des immigrants récents par rapport aux personnes nées au Canada, la deuxième, plus modérée, a eu des effets différentiels relativement minimes. Les deux récessions ont frappé les industries productrices de biens le plus durement, et ont touché les hommes, les jeunes travailleurs, les travailleurs moins scolarisés et ceux ayant peu d’ancienneté de manière disproportionnée. Pendant le ralentissement économique provoqué par la COVID-19, ce sont les secteurs des services d’hébergement et de restauration et du commerce de détail qui ont été les plus touchés, et les travailleurs à faible revenu qui en ont le plus ressenti les effets, de même que les travailleurs moins scolarisés et les jeunes femmes. Pendant la récession liée à la pandémie, l’augmentation du taux de chômage était plus prononcée chez les femmes ayant immigré récemment que chez celles nées au Canada, en partie à cause de leur surreprésentation dans certains de ces groupes. Il n’y avait qu’une légère différence entre les hommes ayant immigré récemment et les hommes nés au Canada en ce qui concerne les taux d’emploi et de chômage pendant la récession liée la COVID-19. Les résultats indiquent la possibilité d’effets durables sur les gains à long terme des immigrants qui sont arrivés pendant la récession du début des années 1990, mais par pour ceux qui sont arrivés pendant la récession de 2008-2009. Il est encore trop tôt pour déterminer les conséquences à long terme du ralentissement économique provoqué par la COVID-19.

Auteurs

Feng Hou travaille à la Division de l’analyse sociale et de la modélisation, au sein de la Direction des études analytiques et de la modélisation de Statistique Canada. Garnett Picot travaille à la Direction de la recherche et de l’évaluation d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Remerciements

Cette étude a été menée en collaboration avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Les auteurs tiennent à remercier Cédric de Chardon, Rebeka Lee, René Morissette et Mikal Skuterud de leurs conseils et leurs commentaires sur une version antérieure du document.

Introduction

En période de récession, les résultats sur le marché du travail sont souvent plus négativement touchés que ceux des personnes nées au pays. Au Canada, Aydemir (2003) a constaté qu’un taux de chômage plus élevé au cours de l’année de l’arrivée au Canada, habituellement pendant une récession, a un effet négatif sur la probabilité de participation à la population active et d’emploi des immigrants par rapport aux personnes nées au Canada. Abbott et Beach (2011) ont observé des résultats similaires dans le contexte des récessions du début des années 1980 et du début des années 1990. Hou et Picot (2014) ont montré que parmi les immigrants admis entre 1980 et 2010, un taux de chômage national ayant augmenté de 1,0 point de pourcentage sur un an était associé à une baisse de 2,9 points de pourcentage pour les gains des hommes immigrants arrivés la même année. Kelly et coll. (2011) ont constaté que l’écart entre le taux de chômage des immigrants et celui des personnes nées au Canada s’est creusé pendant et après la récession de 2008-2009, bien qu’il y ait eu d’importantes variations régionales. Par ailleurs, aux États-Unis, Orrenius et Zavodny (2009) ont conclu que les résultats économiques des immigrants sont plus étroitement liés au cycle économique que ceux des personnes nées au pays. Enfin, au Royaume-Uni et en Allemagne, Dustmann et coll. (2010) ont observé que les chocs économiques avaient des effets plus prononcés sur le taux de chômage des immigrants que sur celui des personnes nées au pays.

D’autres chercheurs se sont intéressés aux effets « durables » de l’entrée sur le marché du travail en pleine récession, l’idée étant que lorsqu’une personne intègre le marché du travail en période de chômage élevé, non seulement les effets négatifs sont-ils immédiats, mais ils peuvent aussi persister pendant de nombreuses années. Des études américaines et britanniques ont constaté cette même tendance (Rothstein, 2020; Tumino, 2015). Selon les résultats d’une récente analyse, le consensus est que les effets durables sont importants (Borland, 2020).

De tels effets durables peuvent également être observés chez les immigrants. Aydemir (2003) a conclu que le fait d’arriver au Canada pendant une période de chômage élevé a eu une incidence négative sur la trajectoire d’intégration économique des immigrants au cours des années suivantes. Une étude aux États-Unis menée par Mask (2018) a révélé que pour chaque augmentation de 1,0 point de pourcentage du taux de chômage à l’échelle nationale au moment de leur arrivée, les réfugiés ont connu une diminution salariale de 3,5 points de pourcentage après cinq ans, et une diminution de 3,7 points de pourcentage de l’emploi après quatre ans.

Caractéristiques des trois dernières récessions

L’ampleur des effets durables varie sans doute d’une récession à l’autre, selon la nature du ralentissement économique observé. La récession liée à la COVID-19 est très différente des récessions de 2008-2009Note et de 1990-1992Note . Pendant la récession relativement modérée de 2008-2009, l’emploi a atteint son plus faible niveau au bout de huit mois environ, lorsqu’il s’est situé à 98 % de son niveau antérieur. Lors de la récession du début des années 1990, l’emploi atteint son plus bas niveau après 2,5 ans, lorsqu’il s’est situé à 96,5 % de son niveau d’avant la récession. En comparaison, lors du ralentissement économique associé à la COVID-19, l’emploi a diminué rapidement pour se situer à environ 87 % de son niveau antérieur après deux mois seulement, mais la reprise a également été beaucoup plus rapide qu’aux récessions précédentes. Lors de la récession des années 1990, l’emploi est revenu à son niveau antérieur au bout de 53 mois, comparativement à 27 mois pour celle de 2008-2009 (Gilmore et Larochelle-Côté, 2011). L’issue de la récession liée à la COVID-19 reste à voir, mais en septembre 2021, l’emploi total était revenu à son niveau d’avant la récession.

D’importantes différences ont été observées dans les industries le plus durement touchées par ces trois récessions. Les effets négatifs du ralentissement économique associé à la COVID-19 se sont surtout fait sentir sur industries des services de l’hébergement et de restauration et du commerce de détail (Statistique Canada, 2021). En revanche, lors de la récession de 2008-2009 et celle de 1990 à 1992, la baisse du PIB a été concentrée dans les industries productrices de biens, notamment celles de la fabrication et de la construction. Les services axés sur la consommation, comme le commerce de détail et les services d’hébergement et de restauration, ont enregistré des diminutions beaucoup moins prononcées (Cross, 2011).

Puisque les conséquences des récessions varient d’une industrie à l’autre, leurs effets varient aussi d’un groupe de population à l’autre, et certains groupes en subissent des effets plus prononcés. Puisque les industries productrices de biens sont celles qui ont le plus souffert lors des deux premières récessions, ce sont les travailleurs de ces industries — principalement des hommes, des jeunes travailleurs, des travailleurs moins scolarisés et des travailleurs ayant peu d’ancienneté — qui ont été les plus touchés (Chan et coll., 2011). Cependant, pendant le ralentissement associé à la pandémie, ce sont les travailleurs à faible revenu, tout particulièrement, qui ont été les plus touchés. Le taux moyen de mises à pied au cours des premiers mois de 2020, soit au plus fort du ralentissement, était d’environ 13 % pour les travailleurs du quartile de revenu inférieur, alors qu’il a varié de 2 % à 3 % pour ceux du quartile supérieur. Parmi les personnes occupées, la proportion de celles qui travaillaient au moins la moitié de leurs heures habituelles au plus fort du ralentissement (avril 2020) a diminué de 65 % par rapport aux niveaux prépandémie pour les personnes du décile de revenu inférieur, mais a augmenté de 15 % pour celles du décile supérieur (Statistique Canada, 2021). Parmi les autres groupes qui ont subi d’importantes pertes d’emploi pendant la pandémie, mentionnons les immigrants récents et les jeunes femmes de 18 à 24 ans. Les femmes et les hommes de 25 à 54 ans ont affiché des tendances similaires de perte d’emploi et de chômage pendant le ralentissement et la reprise (Statistique Canada, 2020 et 2021).

En plus de l’ampleur et de la durée de chaque récession, d’autres facteurs peuvent aussi avoir une incidence sur les résultats relatifs des immigrants récents. Par exemple, depuis le début des années 2010, de plus en plus de nouveaux immigrants sont sélectionnés dans le bassin de travailleurs étrangers temporaires. Ils sont généralement mieux établis sur le plan économique et peuvent être moins touchés par les récessions que les immigrants admis directement de l’étranger, comme c’était surtout le cas dans les années 1990.

Résultats relatifs des immigrants récents pendant les récessions des années 1990 et de 2008-2009

La récession du début des années 1990 a eu des répercussions différentielles beaucoup plus prononcées sur les immigrants récentsNote que la récession de 2008-2009, plus modérée. De 1993 à 1994, le niveau d’emploiNote chez les immigrants récents de sexe masculin a diminué de 14 points de pourcentage par rapport aux niveaux d’avant la récession, comparativement à seulement 6 points de pourcentage chez les hommes du groupe de référence (y compris les hommes nés au Canada et les immigrants de longue date établis au pays au moins 10 ans plus tôt et âgés de 20 à 49 ans). Des résultats similaires ont été observés chez les femmesNote . L’effet différentiel a été plus faible pour la récession de 2008-2009. En effet, de 2008 à 2010, la diminution du niveau d’emploi a été légère pour les hommes ayant immigré récemment aussi bien que pour leur groupe de référence (1,5 point de pourcentage), et seulement un peu plus prononcée pour les immigrantes récentes (2,0 points de pourcentage par rapport à 1,2 point de pourcentage pour le groupe de référence) (graphique 1).

Graphique 1 Niveau d'emploi des immigrants récents et du groupe de référence

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 Immigrants récents, Groupe de référence, Immigrants récents (hommes) , Immigrants récents (femmes), Groupe de référence (hommes) et Groupe de référence (femmes), calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Immigrants récents Groupe de référence
Immigrants récents (hommes) Immigrants récents (femmes) Groupe de référence (hommes) Groupe de référence (femmes)
pourcentage
1988 92,1 77,5 93,8 79,1
1989 91,6 77,7 93,4 79,8
1990 89,4 76,2 91,9 79,5
1991 84,9 72,1 90,2 78,4
1992 81,6 68,7 89,0 77,5
1993 78,5 63,3 87,8 75,8
1994 78,3 62,1 87,8 75,8
1995 78,0 61,3 87,7 76,3
1996 78,3 60,4 87,6 76,5
1997 79,3 60,8 88,3 77,6
1998 80,5 61,8 88,7 78,7
1999 82,0 63,1 89,1 79,5
2000 83,1 64,8 89,2 80,6
2001 83,8 65,5 90,6 82,7
2002 83,2 64,9 90,0 82,5
2003 83,6 65,2 90,0 82,9
2004 84,3 65,8 90,1 83,2
2005 86,1 66,5 90,7 83,6
2006 85,6 67,2 90,3 83,7
2007 86,4 68,1 90,4 83,9
2008 87,1 68,5 90,2 84,0
2009 85,5 66,9 89,0 83,1
2010 85,6 66,5 88,7 82,8
2011 86,6 67,0 89,2 83,2
2012 87,3 67,4 89,3 83,2
2013 87,8 67,8 89,1 83,2
2014 88,7 68,9 89,2 83,4
2015 89,0 69,9 89,0 83,5
2016 89,6 70,8 88,9 83,6
2017 90,6 71,4 89,4 83,9
2018 91,8 73,5 89,6 84,4

Les gains annuels médians des personnes ayant enregistré des gains positifs révèle une situation similaire (graphique 2). Pendant la récession du début des années 1990, le revenu annuel des immigrants récents a affiché une baisse marquée : chez les hommes, il a fléchi de 24 % du sommet au creux de la crise, et chez les femmes, il a reculé de 15 %. Pour ce qui est du groupe de référence, les gains des hommes ont fléchi de 8 %, mais ceux des femmes n’ont pas diminué. Pendant la récession de 2008-2009, les gains des femmes ayant immigré récemment ainsi que ceux de leur groupe de référence n’ont pratiquement pas diminué, alors que ceux des hommes ayant immigré récemment ont affiché une légère baisse (graphique 2). Dans l’ensemble, les immigrants récents ont été beaucoup plus durement touchés, tant en termes absolus que par rapport au groupe de référence, lors de la récession du début des années 1990 que lors de celle de 2008-2009.

Graphique 2 Gains médians des immigrants récents et du groupe de référence

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Immigrants récents, Groupe de référence, Immigrants récents (hommes) , Immigrants récents (femmes), Groupe de référence (hommes) et Groupe de référence (femmes), calculées selon dollars de 2018 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Immigrants récents Groupe de référence
Immigrants récents (hommes) Immigrants récents (femmes) Groupe de référence (hommes) Groupe de référence (femmes)
dollars de 2018
1988 33 893 21 550 48 957 27 914
1989 35 682 22 690 49 404 28 417
1990 34 030 22 596 48 425 28 738
1991 29 894 21 132 46 345 28 291
1992 28 382 20 791 46 534 28 979
1993 27 250 20 176 45 906 28 815
1994 27 803 19 725 46 629 29 186
1995 27 948 19 611 46 266 28 950
1996 28 269 19 378 45 996 28 759
1997 29 520 19 614 46 332 29 041
1998 31 482 20 429 47 007 29 792
1999 33 489 20 885 47 423 30 318
2000 35 436 21 506 47 921 30 806
2001 35 445 21 142 47 869 31 138
2002 33 782 20 134 47 746 31 106
2003 32 860 19 742 47 450 31 090
2004 33 356 20 071 47 779 31 372
2005 33 937 20 204 48 196 31 623
2006 34 675 20 699 49 008 32 453
2007 35 566 21 279 49 570 33 370
2008 36 360 21 992 50 017 34 077
2009 34 860 22 114 48 815 34 477
2010 34 351 22 075 49 196 34 334
2011 34 333 22 117 49 558 34 341
2012 35 660 22 628 50 469 34 815
2013 36 621 23 232 51 188 35 305
2014 37 662 23 672 51 413 35 410
2015 38 832 24 807 51 168 35 839
2016 38 848 25 135 50 358 35 875
2017 40 592 26 116 51 310 36 455
2018 42 939 28 223 52 089 37 354

Parmi les immigrants arrivés au Canada lors des récessions des années 1990 et de 2008-2009, quelle a été leur situation économique au cours des années subséquentes?

Compte tenu des inquiétudes concernant la possibilité d’effets durables, il est utile d’examiner comment les immigrants qui se sont établis au Canada pendant l’une ou l’autre des deux premières récessions s’en sont tirés pendant les années ayant suivi, sur le plan économique, comparativement aux immigrants qui sont arrivés avant ces récessions, lorsque la conjoncture était plus favorable.

En ce qui concerne la récession des années 1990, la baisse du niveau d’emploi observée parmi les cohortes successives de nouveaux immigrants entre 1988 et le milieu des années 1990 est évidente dans le graphique 3. Chez les immigrants qui sont arrivés au Canada au cours de la période de 1991 à 1993, le niveau d’emploi peu après leur établissement était beaucoup plus bas. Toutefois, environ 7 à 15 ans après l’établissement, il y avait relativement peu de différences en ce qui a trait au niveau d’emploi entre les cohortes qui sont arrivées au Canada avant la récession (en 1988 ou en 1989) et celles qui sont arrivées pendant celle-ci (de 1991 à 1993). Parmi les cohortes qui sont arrivées pendant la récession, il y a peu d’indications de résultats plus faibles, à long terme, sur le marché du travail.

Graphique 3 Niveau d'emploi selon l’année d’immigration et le nombre d’années depuis l’immigration, personnes âgées de 20 à 44 ans au moment de l’immigration, cohortes d’arrivée de 1988 à 1993

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Nombre d’années depuis l’immigration (titres de rangée) et 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 1993, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d’années depuis l’immigration 1988 1989 1990 1991 1992 1993
pourcentage
1 84,4 82,5 76,7 72,7 67,2 67,1
2 83,3 79,0 74,2 70,6 68,5 68,7
3 79,6 76,3 72,1 70,9 69,4 69,8
4 77,2 72,9 71,9 71,0 70,1 71,4
5 73,0 72,4 71,5 71,3 71,5 72,9
6 72,9 72,8 72,4 73,1 73,6 74,1
7 73,5 74,0 74,4 75,0 74,7 74,9
8 74,6 75,7 76,3 75,8 75,5 76,3
9 76,1 77,2 76,5 76,0 77,0 76,0
10 77,6 77,4 76,8 77,8 76,8 76,1
11 77,5 77,3 78,1 77,4 76,9 76,3
12 77,4 79,1 77,8 77,5 76,8 78,1
13 79,3 78,5 78,0 77,3 78,7 77,3
14 79,0 78,6 78,0 79,3 77,9 77,6
15 78,8 78,5 79,7 78,3 78,1 77,7
16 78,4 80,1 78,7 78,6 78,1 76,5
17 79,8 79,0 78,6 78,5 76,9 76,0
18 78,7 78,9 78,4 77,5 76,4 76,5
19 78,4 78,6 77,4 76,8 76,6 76,3
20 77,9 77,5 76,6 77,2 76,2 76,2

Les données sur les gains médians brossent un tableau différent (graphique 4). Comme on peut s’y attendre, les gains annuels médians des immigrants arrivés au Canada pendant la récession (les cohortes d’immigrants de 1991, 1992 et 1993) étaient beaucoup plus faibles que ceux des immigrants qui sont arrivés avant la récession, en 1988 ou en 1989Note . Toutefois, cette différence a persisté au fil du temps. Même 20 ans après leur entrée sur le marché du travail, les immigrants de la cohorte de récession (cohorte de 1992) ont gagné 13 % de moins que ceux de la cohorte de 1988. Ce résultat peut être en partie attribuable aux différences dans les caractéristiques observables des cohortes d’immigrants ou aux différences dans la situation économique au cours des années. Toutefois, même en tenant compte de ces facteursNote , les différences, bien que réduites, ont perduréNote . Par exemple, 20 ans après leur établissement, la différence sur le plan des gains entre les cohortes de 1988 et de 1992 était de 7 % plutôt que de 13 %.

Graphique 4 Gains médians selon l’année d’immigration et le nombre d’années depuis l’immigration, personnes âgées de 20 à 44 ans au moment de l’immigration, cohortes d’arrivée de 1988 à 1993

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Nombre d’années depuis l’admission (titres de rangée) et 1988, 1989, 1990, 1991, 1992 et 1993, calculées selon dollars de 2018 unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Nombre d’années depuis l’admission 1988 1989 1990 1991 1992 1993
dollars de 2018
1 25 820 23 270 19 580 18 580 18 640 18 740
2 29 530 25 070 22 650 21 340 21 940 21 930
3 29 560 26 920 24 660 23 820 23 720 23 530
4 31 170 28 320 26 900 25 460 25 280 25 740
5 32 250 30 560 28 550 27 120 27 340 28 020
6 34 290 31 860 30 310 29 290 29 540 30 090
7 35 570 33 550 32 280 31 500 31 580 32 130
8 36 760 35 280 34 160 33 120 33 540 33 170
9 38 450 37 220 35 830 34 770 34 190 34 160
10 40 170 38 700 37 250 35 540 35 060 34 830
11 41 590 40 030 38 230 36 380 35 670 36 140
12 42 410 40 490 39 060 37 020 36 960 36 820
13 42 800 41 210 39 340 38 220 37 440 37 840
14 43 350 41 750 40 390 38 680 38 600 38 890
15 43 840 42 650 41 010 39 840 39 500 39 370
16 44 890 43 170 41 820 40 640 40 090 39 270
17 45 160 44 070 42 650 41 090 39 800 40 080
18 46 170 44 710 43 120 40 930 40 500 40 210
19 46 760 45 080 42 810 41 490 40 460 40 840
20 46 820 44 630 43 500 41 530 41 110 41 460

Ensemble, ces résultats suggèrent que les immigrants arrivés au Canada au cours de la récession du début des années 1990 avaient un taux d’emploi plus faible que les immigrants arrivés avant la récession, mais cette différence ne semblait pas persister plusieurs années après leur arrivée. Les écarts dans les gains annuels moyens entre les cohortes d’avant la récession et de la récession ont persisté pendant de nombreuses années par la suite.

Une analyse similaire a été effectuée pour les immigrants établis au Canada au cours des années entourant la récession de 2008-2009. Les résultats en matière d’emploi et de gains jusqu’à 10 ans après l’établissement ont été examinés pour toutes les cohortes d’immigrants admises entre 2006 et 2013. Les résultats indiquent une amélioration soutenue du taux d’emploi et des gains de la cohorte de 2006 à la cohorte de 2013, soit immédiatement après l’établissement et après 10 ans au Canada. Ce résultat concorde avec ceux de travaux antérieurs ayant noté une amélioration des gains initiaux des immigrants au cours de ces années (Hou et coll., 2020). Rien n’indique que les cohortes arrivées en 2008 ou en 2009 ont connu de moins bons résultats à plus long terme que les autres cohortes, et ce, malgré leur arrivée pendant une récession. Cela peut être lié au fait que la récession a été relativement modérée et que, pendant cette période, un plus grand nombre d’immigrants économiques ont été sélectionnés parmi le bassin de travailleurs étrangers temporaires.

Résultats relatifs des immigrants récents pendant la récession liée à la COVID-19

Il est trop tôt pour connaître les effets à long terme que la récession liée à la COVID-19 aura sur les résultats économiques des immigrants récents. Toutefois, il est possible de se pencher sur leur expérience vécue pendant la récession, par rapport à celle des personnes nées au Canada. Les immigrants récents, en particulier les femmes, sont surreprésentés dans le secteur des services d’hébergement et de restauration, occupent des emplois moins bien rémunérés et ont tendance à avoir des durées d’emploi plus courtesNote que les personnes nées au Canada. Les immigrants récents ont souvent de la difficulté à mettre à profit leurs titres scolaires et leurs qualifications professionnelles pour en tirer des résultats positifs sur le marché du travail et à trouver un emploi stable avec un bon salaire. Il est donc possible que la récession liée à la COVID-19 ait des conséquences plus lourdes pour les immigrants récents que pour les personnes nées au Canada.

Les immigrantes récentes ont connu de moins bons résultats que leurs homologues nées au Canada, enregistrant des taux de chômage plus élevés et des taux d’emploi plus faibles, avant la récession et pendant celle-ci. Au cours des deux périodes, les résultats en matière d’emploi et de chômage des immigrants récents étaient comparables à ceux des personnes nées au Canada (graphiques 5 et 6). En ce qui concerne la variation relative de ces résultats pendant la récession, les résultats indiquent un effet légèrement plus prononcé sur les taux d’emploi et de chômage des immigrants récents (âgés de 20 à 54 ans) que sur ceux de leurs homologues nés au Canada. Les immigrantes récentes ont connu un effet différentiel plus important en ce qui concerne le chômage et le taux d’emploi, principalement en mai et en juin 2020Note . Dans l’ensemble, l’effet différentiel de la récession liée à la COVID-19 sur le chômage chez les immigrantes récentes était important, alors qu’il était relativement faible chez les immigrants récents.

Graphique 5 Taux de chômage mensuel selon le statut d’immigration, personnes âgées de 20 à 54 ans, 2019 à 2021

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5 Hommes nés au Canada, Immigrants récents (hommes), Femmes nées au Canada et Immigrants récents (femmes)(figurant comme en-tête de colonne).
Hommes nés au Canada Immigrants récents (hommes) Femmes nées au Canada Immigrants récents (femmes)
pourcentage Marge d'erreur (pourcentage) pourcentage Marge d'erreur (pourcentage) pourcentage Marge d'erreur
(pourcentage)
pourcentage Marge d'erreur (pourcentage)
2019
Janvier 6,9 0,4 5,9 1,1 4,3 0,3 8,1 1,3
Février 6,7 0,4 5,6 1,1 4,1 0,3 8,3 1,4
Mars 6,3 0,4 6,7 1,2 4,3 0,3 8,0 1,3
Avril 6,2 0,3 6,2 1,1 4,3 0,3 7,4 1,3
Mai 5,5 0,3 5,7 1,1 4,1 0,3 7,7 1,3
Juin 5,1 0,3 5,5 1,0 3,7 0,3 8,5 1,3
Juillet 5,2 0,3 5,7 1,1 4,8 0,3 8,9 1,4
Août 5,3 0,3 7,3 1,2 5,9 0,3 9,6 1,4
Septembre 4,6 0,3 4,9 1,0 4,0 0,3 8,7 1,3
Octobre 4,6 0,3 4,8 1,0 3,8 0,3 8,7 1,3
Novembre 5,6 0,3 6,6 1,1 3,9 0,3 9,2 1,4
Décembre 5,3 0,3 6,4 1,1 3,5 0,3 8,8 1,4
2020
Janvier 6,5 0,4 5,8 1,1 3,9 0,3 11,2 1,5
Février 6,2 0,4 5,5 1,1 3,8 0,3 10,5 1,5
Mars 8,2 0,4 7,2 1,3 7,1 0,4 13,7 1,8
Avril 13,8 0,6 12,4 1,7 11,2 0,5 19,2 2,2
Mai 13,4 0,5 14,1 1,8 11,8 0,5 21,7 2,2
Juin 10,7 0,5 12,0 1,7 10,1 0,5 19,7 2,2
Juillet 10,1 0,5 10,7 1,6 9,0 0,5 20,1 2,2
Août 9,4 0,5 9,3 1,5 10,2 0,5 15,2 1,9
Septembre 7,9 0,4 8,8 1,5 6,6 0,4 10,8 1,6
Octobre 7,4 0,4 9,9 1,6 6,3 0,4 10,5 1,6
Novembre 7,7 0,4 9,2 1,5 6,0 0,4 11,3 1,7
Décembre 7,9 0,5 9,3 1,5 5,9 0,4 10,5 1,6
2021
Janvier 9,6 0,5 9,8 1,6 7,9 0,5 12,7 1,8
Février 8,5 0,5 9,7 1,5 6,0 0,4 11,9 1,7
Mars 8,3 0,5 8,6 1,4 5,3 0,4 12,9 1,8
Avril 8,3 0,5 9,0 1,4 6,1 0,4 10,8 1,7
Mai 7,6 0,4 9,9 1,5 6,3 0,4 13,0 1,8
Juin 6,6 0,4 9,4 1,4 5,1 0,3 11,0 1,6
Juillet 6,6 0,4 9,2 1,4 6,4 0,4 11,6 1,7
Août 6,5 0,4 7,7 1,3 7,5 0,5 11,8 1,6
Septembre 6,2 0,4 6,3 1,1 4,8 0,4 9,0 1,5
Octobre 6,0 0,4 1,2 1,2 0,3 0,3 11,1 1,6
Novembre 5,5 0,4 1,1 1,1 0,3 0,3 8,3 1,3
Décembre 5,1 0,4 5,1 1,0 3,6 0,3 8,7 1,4

Graphique 6 Taux d’emploi mensuel selon le statut d’immigration, personnes âgées de 20 à 54 ans, 2019 à 2021

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6 Hommes nés au Canada, Immigrants récents (hommes), Femmes nées au Canada et Immigrants récents (femmes)(figurant comme en-tête de colonne).
Hommes nés au Canada Immigrants récents (hommes) Femmes nées au Canada Immigrants récents (femmes)
pourcentage Marge d'erreur (pourcentage) pourcentage Marge d'erreur (pourcentage) pourcentage Marge d'erreur (pourcentage) pourcentage Marge d'erreur (pourcentage)
2019
Janvier 81,3 0,5 84,4 1,6 80,9 0,5 64,4 2,0
Février 81,8 0,5 84,4 1,7 81,1 0,5 65,9 2,0
Mars 82,5 0,5 83,7 1,7 80,7 0,5 64,9 2,0
Avril 83,3 0,5 84,2 1,6 81,1 0,5 66,8 2,0
Mai 85,7 0,5 84,6 1,6 82,5 0,5 66,8 2,0
Juin 86,2 0,5 85,0 1,6 83,1 0,5 66,6 1,9
Juillet 86,1 0,5 85,1 1,6 80,9 0,5 65,7 2,0
Août 86,0 0,5 83,6 1,6 81,4 0,5 66,3 1,9
Septembre 85,5 0,5 85,3 1,5 82,0 0,5 66,6 1,9
Octobre 84,9 0,5 85,8 1,5 82,3 0,5 66,1 1,9
Novembre 84,2 0,5 84,5 1,6 82,1 0,5 65,7 1,9
Décembre 83,7 0,5 84,0 1,6 82,5 0,5 66,5 1,9
2020
Janvier 82,0 0,5 83,9 1,6 81,5 0,5 65,0 2,0
Février 82,9 0,5 84,1 1,6 81,7 0,5 64,3 2,0
Mars 80,1 0,6 79,5 1,8 76,8 0,6 59,2 2,2
Avril 71,5 0,7 71,4 2,1 69,9 0,7 52,2 2,3
Mai 75,0 0,6 72,4 2,1 71,9 0,7 53,6 2,3
Juin 79,8 0,6 77,9 2,0 76,2 0,6 57,1 2,3
Juillet 80,9 0,6 80,1 2,0 76,3 0,6 58,7 2,3
Août 81,6 0,6 81,8 1,9 76,7 0,6 62,2 2,3
Septembre 82,0 0,6 81,9 1,9 79,3 0,6 66,4 2,2
Octobre 82,5 0,6 80,9 1,9 79,5 0,6 66,8 2,2
Novembre 82,0 0,6 82,8 1,8 79,6 0,6 65,2 2,2
Décembre 81,1 0,6 81,8 1,8 79,3 0,6 65,1 2,2
2021
Janvier 79,1 0,6 81,7 1,9 77,0 0,6 64,6 2,3
Février 80,3 0,6 80,8 1,9 78,6 0,6 64,2 2,2
Mars 81,1 0,6 82,5 1,8 79,6 0,6 64,1 2,2
Avril 81,3 0,6 82,5 1,8 79,2 0,6 66,1 2,2
Mai 83,3 0,6 81,8 1,8 79,7 0,6 64,2 2,2
Juin 84,3 0,5 82,0 1,7 81,6 0,6 67,1 2,1
Juillet 84,4 0,6 83,1 1,8 79,6 0,6 66,6 2,1
Août 84,7 0,6 83,5 1,7 79,6 0,6 67,7 2,1
Septembre 84,2 0,6 84,5 1,6 81,3 0,6 70,2 2,0
Octobre 84,2 0,5 85,0 1,7 81,2 0,6 70,0 2,0
Novembre 84,3 0,5 86,2 1,6 81,8 0,6 71,0 2,0
Décembre 84,3 0,6 86,3 1,6 81,9 0,6 70,2 2,0

Dans une étude antérieure, on a examiné le taux de transition des travailleurs qui ont quitté un emploi ou ont commencé en emploi pendant le ralentissement et la reprise (Hou et coll., 2020). Le taux de transition mensuel entre l’emploi et le chômage correspond à la part des personnes occupées au cours du mois qui ne sont pas occupées au cours du mois suivant. Avant le confinement, ce taux était faible et similaireNote pour les immigrants récents et les personnes nées au Canada. Au début de la pandémie, il est passé à 17 % chez les immigrants récents, comparativement à 13 % chez les personnes nées au Canada. À la fin de 2020, le taux était revenu au niveau approximatif d’avant la récession, se situant à environ 4 % pour les deux groupes. Le taux de transition entre périodes d’emploi était le plus élevé chez les femmes ayant immigré récemment, atteignant 20 % en avril 2020, soit 7 points de pourcentage de plus que pour des femmes nées au Canada. Selon l’analyse statistique, cet écart est en grande partie attribuable à la surreprésentation des femmes ayant immigré récemment et occupant un emploi faiblement rémunéré, un emploi de plus courte durée ou un emploi dans les services d’hébergement et de restaurationNote .

En plus de perdre leur emploi à un taux plus élevé, les immigrants récents sont également retournés en emploi à un taux plus faible pendant la période initiale de repriseNote (Hou et coll., 2020). Encore une fois, la transition vers l’emploi pendant le début de la reprise était la plus faible chez les femmes ayant immigré récemment, et le taux chez ces dernières était plus faible que celui affiché par les femmes nées au Canada. Cette différence s’explique par la croissance différentielle de l’emploi entre les immigrantes récentes et les femmes nées au Canada dans les industries de services (notamment les services d’hébergement et de restauration) et les emplois faiblement rémunérés.

Résumé

Cet article fait état des résultats des immigrants sur le marché du travail par rapport à ceux des personnes nées au Canada au cours des trois dernières récessions, lesquelles étaient d’ampleur et de durée variables. La récession du début des années 1990 a été la plus profonde, l’emploi étant resté en deçà des niveaux d’avant la récession pendant plus de quatre ans. Celle de 2008-2009 a été beaucoup moins prononcée et les effets sur l’emploi ont duré un peu plus de deux ans. Au cours de chacune de ces deux récessions, ce sont les industries productrices de biens qui ont été les plus durement touchées, notamment celles des secteurs de la fabrication et de la construction. Par conséquent, les hommes, les jeunes travailleurs, les travailleurs moins scolarisés et ceux ayant peu d’ancienneté ont été particulièrement touchés. Le ralentissement économique provoqué par la COVID-19 a été très différent, car il a découlé des fermetures imposées par le gouvernement pour freiner la pandémie. La baisse de l’emploi a été rapide et prononcée, mais de courte durée par rapport aux deux récessions précédentes. Les industries productrices de services ont été les plus durement frappées, notamment celles du secteur des services d’hébergement et de restauration et du secteur du commerce de détail. Par conséquent, ce sont les travailleurs à faible revenu, les travailleurs moins scolarisés et les jeunes femmes qui ont été les plus touchés par les baisses.

La récession plus sévère du début des années 1990 a eu un effet différentiel négatif beaucoup plus prononcé sur les immigrants récents que celle de 2008-2009 ou celle liée à la COVID-19. Sur le plan du taux d’emploi et des gains, la récession de 2008-2009 a eu peu d’effet différentiel entre les immigrants récents et les personnes nées au Canada. Une étude antérieure a constaté une augmentation un peu plus marquée du taux de chômage chez les immigrants récents (Kelly et coll., 2011). Les résultats indiquent aussi la possibilité d’un effet durable et marqué sur les gains futurs des immigrants qui sont arrivés au Canada pendant la récession du début des années 1990, mais il y avait peu d’indications d’un tel effet pendant la récession de 2008-2009.

Au creux du ralentissement économique provoqué par la COVID-19, le taux de chômage des immigrantes récentes a augmenté davantage que celui de leurs homologues nées au Canada. Cette situation est partiellement attribuable à plus forte augmentation du taux de transition entre périodes d’emploi pendant le ralentissement chez ces dernières, laquelle s’explique à son tour par la surreprésentation des femmes ayant immigré récemment occupant des emplois faiblement rémunérés et de courte durée dans le secteur des services d’hébergement et de restauration. Toutefois, ces effets différentiels ont été de courte durée. Entre huit mois et un an après le début de la récession, ils avaient en grande partie disparu. Il y avait peu de différence entre les immigrants récents de sexe masculin et leurs homologues nés au Canada en ce qui concerne l’effet de la récession liée à la COVID-19 sur les taux d’emploi et de chômage.

Il est trop tôt pour dire si la récession liée à la COVID-19 aura des effets durables sur les résultats des immigrants sur le marché du travail. Alors que les hausses du taux de chômage ont été prononcées, elles n’ont pas atteint les niveaux observés au début des années 1990 et elles ont été de plus courte durée. Par contre, le chômage de longue durée, lequel est plus susceptible d’engendrer des effets durables que de courtes périodes de chômage, a augmenté beaucoup plus rapidement et a atteint des niveaux plus élevés pendant la récession liée à la COVID-19 que lors de récessions précédentesNote .

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